River Kanies : Le paradoxe comme fondement : les ombres dans les archétypes

River Kanies soutient que la nature paradoxale des archétypes psychologiques n’est pas contingente, mais qu’elle reflète la structure même de l’expérience : une structure où une tension non résoluble constitue à la fois l’élan de l’action et la substance du sens. La croyance selon laquelle un paradoxe archétypal peut être résolu — que la tension entre ordre et chaos, contrôle et liberté, soi et autre peut être définitivement tranchée en faveur d’un des pôles — révèle, selon lui, une incompréhension de la nature de la conscience. Elle confond une caractéristique structurelle avec un problème susceptible d’être résolu.

Shai Tubali : Comment l’IA modifie discrètement notre conception de l’esprit humain

Cette manière de penser, dit Seth, risque de « mécaniser nos esprits » d’une façon qui « réduit et appauvrit ce que signifie être humain ». Après tout, les êtres humains diffèrent des modèles de langage à bien des égards : par leur expérience vécue, leur conscience et leur constitution même. Si nous nous considérons comme des « algorithmes incarnés », soutient Seth, nous risquons de perdre « presque tout ce qu’il y a d’intéressant » — tout ce qui fait de nous ce que nous sommes. Peu à peu, cette conception nous sépare du reste de la nature, jusqu’à nous amener à nous considérer comme « appartenant au domaine de l’artificiel, du fabriqué, du non naturel ».

Denyse O’Leary : À quoi sert la conscience ? Seize théories tentent d’y répondre

Bien que l’étude scientifique de la conscience ait connu un essor considérable au cours des deux dernières décennies, une question centrale reste sans réponse : quelle est la fonction de la conscience ? Cela concerne à la fois les fonctions cognitives immédiates de la conscience et la valeur évolutive ultime de la conscience chez nos ancêtres. Les réponses à ces questions sont essentielles pour comprendre pourquoi certaines espèces (comme la nôtre) sont devenues conscientes, tandis que d’autres (comme les chênes) ne le sont pas.

David Bohm : Conversations : 2 - L’Imagination, le Temps et l’Être

Vous faites référence à trois niveaux ou aspects de l’imagination — primaire, secondaire et tertiaire. Vous suggérez que l’imagination primaire, plutôt que d’être un produit de la conscience, est en fait l’émergence ou la manifestation de la conscience elle-même. Et la secondaire est liée à l’insight. L’imagination tertiaire s’apparente au fantasme, ou à la fantaisie.

James Corbett : L’Illusion Claude

Et c’est là que réside le véritable danger de l’Illusion Claude. Ce n’est pas que les chatbots puissent nous plonger dans la psychose. Et ce n’est certainement pas que les chatbots puissent réellement être conscients. C’est que, lorsque nous affirmons que ces machines sont « conscientes » et « intelligentes », nous dévalorisons et négligeons ainsi notre propre humanité. Que nous en soyons conscients ou non, nous ne pouvons affirmer la conscience des machines qu’en nous abaissant à leur niveau.

Richard Smoley : Le spectre de la conscience. Entretien avec Ken Wilber

Chaque psychologue, sans le savoir, sélectionnait une intelligence multiple particulière et étudiait le développement de cette intelligence. Abraham Maslow choisit une hiérarchie des besoins comme ligne de développement. Jean Piaget choisit une ligne de développement cognitive. Lawrence Kohlberg choisit une ligne de développement morale. Jane Loevinger étudia le développement du moi. Chaque chercheur majeur sélectionnait un type particulier d’intelligence, étudiait les étapes de croissance qu’il traversait et constatait que tout le monde passait par ces étapes. S’ils continuaient à grandir et à se développer, ils passaient par environ huit niveaux principaux.

Gary Lachman : René Schwaller de Lubicz et l’intelligence du cœur

L’idée centrale de cet ouvrage se trouve au cœur de la pensée de Schwaller : la division inexplicable — ou « scission », comme il l’appelait — de l’Un non manifesté, l’Absolu, en la multiplicité — une question qui, sous une forme moins mystique, occupe aujourd’hui de nombreux cosmologistes de renom. Pour Schwaller, cette éruption « irrationnelle » de l’unité absolue dans le monde de l’espace et du temps est le mystère central de l’existence, le secret primordial qui échappera à jamais à la compréhension simplificatrice de l’esprit purement cérébral. Notre esprit rationnel est incapable de saisir ce mystère central, affirme-t-il, car notre « organisation sensorielle semble manifestement imparfaite ». Cette condition ne peut être atténuée que par un « perfectionnement de la conscience »…

Sri Nisargadatta Maharaj : Maya : Le corps-esprit et son monde

Commencez par le tout début. Dans ce monde grossier, j’ai commencé avec mes parents, car je savais parfaitement que mon principe résidait déjà là, dans l’ensemble de leurs éléments corporels d’où j’ai émané… En vérité, votre état est celui de la félicité absolue… Dans cet état, il n’y a aucune trace de misère ou de malheur, seulement une félicité sans mélange

Shreya Ishita : La rébellion de l’ordre : pourquoi votre existence défie les lois cosmiques

Ishita soutient que la vie, qui peut en un sens être considérée comme une « violation » locale de la deuxième loi de la thermodynamique — la tendance universelle au désordre —, trahit la présence d’une « directive première » universelle orientée vers la connaissance consciente de soi. Pour développer son argumentation, elle rassemble les idées de Thomas Campbell, Donald Hoffman et Federico Faggin, d’une manière qui met en évidence leur surprenante complémentarité. Selon Ishita, le deuxième principe de la thermodynamique n’est que le contexte nécessaire qui délimite le premier plan de la conscience de soi.

Nicholas Humphrey : L’invention de l’âme

Les âmes font partie de l’image manifeste que nous avons de ce que signifie être un être humain. Descartes a sans aucun doute saisi quelque chose d’important. Pourtant, en me rangeant de son côté, est-ce que je rends nerveux les lecteurs sceptiques ? Avez-vous failli fermer cet essai ? Voici la réserve majeure que je tiens à ajouter : cette âme humaine n’a pas été placée en nous par Dieu, mais elle n’a pas non plus été inscrite dans le cerveau par la sélection génétique. Non, le fait est que nos âmes ont été ajoutées par la culture humaine — une culture qui travaille avec la nature comme elle le fait toujours, mais libre d’inventer de remarquables châteaux en Espagne.