Wei Wu Wei : Beaucoup à enseigner : rien à apprendre


12 Jan 2013

(Revue Être. No 1. 1974. 2e Année)

Il se peut qu’il ne soit pas parfaitement vrai de dire que dans la Relativité il n’y a rien à enseigner, mais il est parfaitement vrai qu’il n’y a rien-qui-puisse-être-appris. Absolument, évidemment, il n’y a aucune différence.

Par exemple, il pourrait être possible de faire comprendre aux autres qu’il ne pourrait pas y avoir quoi que ce soit à apprendre. De ce fait ils pourraient, peut-être, apercevoir que ce qu’ils recherchent est déjà présent, ici et maintenant, et qu’il leur suffit de regarder directement au lieu d’indirectement, pour pouvoir en ‘re-connaissant’ devenir `re-connaissance’ de ce qui regarde, laquelle est ce qu’ils SONT-et-tout ce qu’à jamais ils peuvent ÊTRE.

Factuellement par Wei Wu Wei

 (Revue Être. No 2. 1974. 2e  année)

Quand je m’approche d’un miroir,

je, relativement absent, perçois un « moi-présent ».

Quand je me rase devant un miroir,

je, relativement absent, rase un « moi-présent ».

Relativement, je suis toujours absent,

relativement, « un moi » est toujours présent.

« Un moi » est conditionné à imaginer

qu’il se voit et qu’il se rase,

mais il n’est que l’instrument dans l’un et l’autre cas,

parce qu’il ne peut ni Regarder ni Agir.

« Un moi » ne peut que voir et faire

objectivement dans l’extension de l’espace-temps.

ENCORE UNE FOIS SUR LA BRÈCHE

C’est la présence des objets étendus dans l’espace,

et non pas leur absence,

qui doit être signifiée par le concept de l’espace,

étant donné que l’espace représente ce que SONT les objets.

Ceci contredit le sens habituel de l’espace.

Rétabli, de voir-mal devient regarder-vrai.

Regarder regarde toujours d’ICI,

alors que Voir voit toujours ce qui n’est pas LA.

L’objectivité relative de l’espace,

perçue comme la présence des objets

implique inévitablement et confirme

sa Subjectivité Absolue comme Absence.