Categories : M
Bréviaire noirs pour les temps par Jean Markale
Alors, que faire ? Devenir végétarien ? Un certain Adolf Hitler l’était, et cela n’a pas donné les résultats escomptés par certains théoriciens naturistes qui prétendent que le végétarisme rend pacifique. Manger de tout ? Illusion, pure illusion : il faut se rendre à l’évidence que nous devons manger avant tout ce qui est spécifique au pays où nous vivons. Cela rentre parfaitement dans le cadre de la lutte pour le droit à la différence. Il ne faut se laisser imposer par personne sa façon de manger, au même titre que sa façon de penser ou de faire l’amour. Il y a eu assez de tyrans pour nous enseigner « le bon choix ». Comme si quelque roitelet qui se prend pour un empeÂreur du monde pouvait, sans arrière-pensée de dominaÂtion, enseigner un quelconque « bon choix » ?. Le choix, il est en nous, comme le Graal. Il suffit de le réveiller s’il s’est endormi. Notre époque est celle de la fuite devant les responsabilités. C’est rassurant de ne pas être resÂponsable, c’est rassurant d’être conseillé par un personÂnage qui joue le rôle d’un père. Soyons adultes, que Diable… Le monde crève sous des puérilités que même des enfants désavoueraient.
L’ombre dans le ciel par Gérard Méchoulam
Toute démarche authentique qui s’attache réellement à percevoir les profondeurs de l’être s’accompagne d’une purification de nos fonctions tout en les simplifiant, aussi bien au niveau physique que psychologique. Si l’être accepte de laisser s’exprimer en lui des énergies plus subtiles – parce que moins engagées dans un processus mécanique – une libération conséquente va se charger d’équilibrer ses énergies, physiques, psychiques et spirituelles.
La dame à la licorne par Edouard Finn
La licorne a donc acquis d’abord une réputation terrible à la suite d’une erreur de traduction et à leur tour les pères de l’église assimileraient à la licorne tout ce qui résiste à l’enseignement du Christ. Certains écrits patristiques font de la licorne le symbole du monothéisme austère des juifs (uni-corne) tandis que d’autres voient dans notre animal fabuleux le diable lui-même. Avec le pape Grégoire le Grand, la licorne allait, si j’ose dire, redorer son blason. En effet, bien qu’assimilant la licorne au prince des ténèbres, Grégoire, dans un long traité théologique, ravale Saül de Tarse au rang de licorne durant la partie de sa vie où il persécuta les chrétiens ; une fois devenu l’apôtre Paul, cette « furie » s’est assagie et Grégoire conclut : « Dieu a placé sa confiance dans cette licorne. » Plus tard saint Ambroise, avec des réserves et saint Augustin plus franchement allaient réhabiliter la licorne en en faisant un symbole d’unité de la foi.
Les maitres de l’illusion par Gérard Méchoulam
Nous manquons de distance avec les choses et préférons nous perdre dans le tourbillon destructeur de la manifestation qui s’abîme dans l’ombre, plutôt que de découvrir en nous ce qui demeure par – delà toute fin et tout commencement. Les systèmes politiques autant que les institutions religieuses essaient tant bien que mal de canaliser et de justifier des actes essentiellement dominateurs ou récupérateurs afin de se faire les maîtres de l’illusion, les magiciens de l’ordre et de l’argent, mais ces positions n’ont aucune valeur réelle face à la globalité de ce qu’est l’être humain car elles tendent à favoriser et à encourager un comportement qui par essence est faussé par la primauté du «Moi» et de son excessive glorification.
Les silhouettes penchées sur la mort par Gérard Méchoulam
Quant aux plaisirs recherchés par le «Moi», ils font certainement partie des plus éphémères car ils précèdent toujours la lassitude, l’amertume, une insensibilisation progressive et il arrive que celui qui les poursuit est souvent brisé, tôt ou tard, par l’impermanence qui est la leur. L’ère du machinisme et de la technologie, par l’abondance et la saturation d’objets dont elle nous comble, nous évite la rencontre explosive avec ce vide qui s’exprime en nous. Elle nous l’évite peut-être, mais la loi des contrastes manifeste aussi sa fonction: le vide est d’autant plus proche et douloureux qu’il est mis en relief par la matérialité excessive du monde occidental.
Le monde des énergies par Gérard Méchoulam
L’énergie est unique dans son essence, mais extrêmement variée dans ses tendances, ses aspects et ses manifestations. De cosmique dans son expression de base, elle devient tour à tour universelle, en se liant au phénomène spatio-temporel, puis terrestre et vitale, lorsque les pensées et le psychisme, l’inconscient collectif de l’humanité planétaire s’en empare pour l’utiliser.
Le silence de la conscience par Gérard Méchoulam
Les choses, brusquement, nous apparaissent comme elles sont, tel un paysage après une forte pluie, lavé et intense. Ce n’est plus notre pensée qui, avide d’éprouver, s’empare de la première sollicitation venue, mais une vision différente s’est développée nous instruisant directement de la nature profonde des êtres et des choses, de l’univers dans leur note distinctive et représentative.
La fontaine magique par Jean Markale
C’est dire l’importance de la source dans le nemeton. Il s’agit d’un point où convergent toutes les forces du monde et de l’Autre Monde. Là , le prêtre ou le mage, en tous cas celui qui sait s’emparer de ces forces, peut connaître tous les secrets de la vie et de la mort et agir sur le déroulement des événements. Les trois éléments, Ciel, Terre et Eau, qui sont les seuls éléments permanents, seront alors transformés provisoirement, d’une façon toute transitoire, en ce qu’on a coutume de nommer le quatrième élément, le Feu, symbole de l’Esprit se manifestant et créant, l’un n’allant pas sans l’autre puisque toute création implique une incarnation et que toute manifestation requiert l’apparition d’un contraire grâce auquel l’être prend conscience de son existence.
Une approche essentielle de l’univers par Gérard Méchoulam
Notre approche des êtres et des choses n’est que le fidèle reflet de ce qui se vit à l’intérieur de nous-même. La matière dans son aspect de «surface» réagit en fonction de mécanismes, d’habitudes et d’automatismes. Cependant au fur et à mesure d’une «descente» à l’intérieur même de sa forme, les concepts de substance et de structure tendent à disparaître et à s’abolir complètement dans un monde de mouvements et de translations ininterrompues dont les positions spatiales et temporelles ne se déterminent plus selon les critères employés usuellement dans notre sphère dimensionnelle.
La ronde des pensées par Gérard Méchoulam
Une pensée surgit et nous voici à nouveau polarisé par sa trajectoire — comme aspirée par l’énergie dégagée — et qui lorsqu’elle s’épuisera, nous abandonnera sur l’étroite jetée d’une prochaine émission. Briser le cycle infernal de cette ronde incessante, c’est se libérer du rythme, du mouvement et des automatismes qui nous rendent imperméable à la réelle authenticité du monde manifesté. Mais arrêter cette agitation, ce n’est pas lui imposer une structure quelconque par l’intermédiaire d’un travail ou d’une discipline concentrée et soutenue qui l’enferment dans leur prison sans avoir résolu les causes essentielles.






