Categories : Témoignage
Vision par D.E. Harding
Une tranquillité singulière, une sorte anormale d’alerte légèreté ou d’impotence me submergea. La raison, l’imagination, toute agitation mentale s’évanouirent. Pour une fois les mots manquèrent. Le passé et l’avenir avaient disparu. J’oubliai qui j’étais, ce que j’étais, mon nom, ma nature humaine, animale, tout ce que je pouvais appeler mien. C’était comme si à cet instant je venais de naître, refait à neuf, sans pensée, innocent de tout souvenir. Seul existait le Maintenant, ce moment présent et ce qu’il contenait clairement.
L’aube du message de Roger Godel par Maurice Lambilliotte
Il est des êtres « bénéfiques » — c’était une expression de Roger Godel. Elle s’appliquait tellement à lui qui certainement ne l’aurait pas admis tant étaient grande sa pudeur, son oubli de soi et cette humilité qui sont l’apanage de certains êtres exceptionnels et qui n’en sont pas moins rayonnants.
Les chemins de la montagne par Michel Jourdan
Faut-il suivre les chemins ou ouvrir de nouveaux chemins ? Que ceux qui se disent « contemplateurs du réel » bien à l’abri dans la schizophrénie du milieu urbain, aient durant quelques mois une vie en plein dans la matière, en corps à corps avec la réalité du vent, de la pluie et du soleil. Les arbres des haies torturés chaque année par la serpe des hommes. Le réel est le nirvana, la vie ordinaire c’est la vie divine mais nous ne le savons pas…
Le cactus sacré par Luc Houssard
Si pour moi le peyote fut toujours une plante somme toute assez neutre quant aux effets que j’en obtiens, chez les Indiens qui l’utilisent, son importance est par contre fondamentale. Diverses tribus le consomment rituellement aux États-Unis et surtout au Mexique où il tient un rôle central dans la vie des Huicholes, des Tarahumaras et, à un degré moindre, des Coras.
Notre première rencontre avec Sri Anandamayi Ma juillet 1963 par Madeleine Langevin
Toute de blanc vêtue celle-ci est assise aux pieds de son lit. Elle s’y installera plus tard. Ses traits sont harmonieux et beaux. Ses yeux sont très enfoncés dans leurs orbites, on a du mal à les distinguer, quoiqu’ils brillent d’un éclat très doux. Le regard n’est pas dirigé vers le monde extérieur, il a quelque chose de douloureux. Mais elle est souriante, simple, même amicale. Tout en la voyant là , parmi nous, j’ai l’impression qu’en réalité elle n’y est guère. Elle parle, mais elle n’est pas entièrement dans ce qu’elle dit.
Naissance à une autre culture par Marie-Joséphine Grojean
Il est surprenant de voir à quel point nous entrons vite dans une autre zone de réalité. Nous avons changé de référence. Sans aucune gêne, Alain raconte une de ses visions. Bernard dit que la veille avant de s’endormir, un aigle l’a entraîné à voler. Dès qu’il fut dans le ciel, le vent a retroussé les plumes de l’aigle qui se mirent à étinceler. Chaque visionnaire reçoit de « Daim Rapide » un nom en rapport avec sa vision. A la suite de quoi, en plus de Daim Timide et d’Oiseau Noir, ses deux épouses, de Petit Guerrier son fils, de Cheval Noir et d’Ours Blanc, il a aussi Donneur de Feu et Aigle d’Argent dans sa tribu.
Je connais toutes les religions : je reste chrétien par A.-M. Cocagnac
Seule la sensibilité peut permettre à la conscience de se retrouver dans le remous des paradoxes et des incohérences, des scandales et des étonnements, dans les parties absurdes que le monde nous contraint parfois à jouer. Radar secret à longue portée, la sensibilité balaye le champ de l’invisible. La grâce du Christ, cloué à vif sur l’arbre ancien de la souffrance humaine, peut dévoiler l’autre emploi d’un sens que l’on prendrait volontiers pour une faiblesse. C’est la sensibilité qui me rendra toujours résistant à toutes les formes de sectarisme, de jansénisme, de puritanisme, ou d’ascétisme stérile.
Quand l’esprit explose dans le quotidien par Jean Coulonval
L’infini ne peut s’atteindre par accumulation de morceaux. Cette démarche, en tant qu’ouvrier m’était profondément étrangère. C’est celle de l’étudiant et du chercheur, de l’«homme d’étude». Cependant, il m’était apparu que le fait d’être catholique, ou protestant, ou musulman, ou capitaliste, ou communiste, en religion, philosophie, science et tutti quanti, n’était que le résultat de conditionnements sociaux, géographiques, historiques, sentimentaux, scolaires etc. Et tous disent: «C’est ma vérité». Ça fait beaucoup trop de vérités alors que par définition il ne peut y en avoir qu’une. Tout cela n’est qu’«opinion», condensat psychique né de circonstances conditionnantes familiales, raciales, sociales, géographiques et autres. Et aucune opinion ne peut être «la vérité». Se casser la gueule pour défendre ce qui n’est qu’opinion c’est la connerie des conneries et pourtant c’est ainsi que le monde fonctionne.
Deux expériences intérieures en inde par Léon Bensimon
Ce que nous éprouvons réellement dans les profondeurs de notre âme ne peut être reproduit d’une manière authentique par le moyen de l’écriture ou du discours. Ceci parce qu’il existe un monde des idées sans forme et c’est là qu’il nous faut pénétrer, si nous désirons saisir ce qui est derrière et au-delà des paroles. Là existe un plan dont la dimension n’est pas communément saisie par le mental, le rationnel, le mécanisme courant du cerveau avec ses possibilités actuelles limitées. D’ailleurs la voie de l’Intelligence n’est-elle pas de voir au-delà des mots ?






