J. A. CACACÉ : DE L’OECUMÉNISME ET DU VÉRITABLE SENS DES MOTS


16 Feb 2010

Conférence donnée à Panharmonie le 19 Mars 1977

(Revue Panharmonie. No 169. Novembre 1977)

Je ne vous ferai pas une conférence, mais une causerie qui pourra se prolonger par une conversation entre nous tous. Le titre qu’on pourrait choisir — quoique ce ne soit pas de cela seulement que je voudrais vous parler — pourrait être le mot : œcuménisme. J’aurais pu prendre un autre terme, mais pour illustrer le fait qu’aujourd’hui nous sommes dans une situation mondiale où les slogans, les mots qu’on lance en l’air et qui prennent comme feu de paille, ont beaucoup de succès sans pour autant signifier quelque chose de clair, de précis ; j’ai choisi le mot œcuménisme et sa signification.

En questionnant dix personnes on aurait je crois, dix réponses différentes, car les mots aujourd’hui ont perdu leur valeur intrinsèque comme les pièces de monnaie trop souvent usées, sur lesquelles on ne voit plus ni l’effigie, ni ce qui est pile ou face. On sait que c’est une pièce de monnaie, mais on ne sait plus ce que cela représente réellement. Les mots sont usés, ils servent aujourd’hui à dire n’importe quoi, c’est-à-dire rien du tout. Un mot est lancé, devient à la mode, tout le monde s’en sert et si vous demandez quel est son sens, on vous répondra quelque chose d’imprécis. Or ce mot œcuménisme doit nous intéresser, nous qui sommes membres d’une Association qui s’occupe de choses qui ont trait au spirituel, à l’âme, à quelque chose, je ne dirai pas de très précis, mais de bien déterminé.

Œcuménisme a voulu dire beaucoup de choses depuis son origine. C’est un mot grec qui au début avait une signification toute autre que celle qu’on lui donne actuellement. Si on prend un dictionnaire grec ancien on peut en avoir une traduction. On s’en étonnerait, on penserait qu’il y a erreur, que celui qui a fait imprimer ce dictionnaire s’est trompé. Pas du tout, c’est le mot qui a changé de sens, qui a évolué, qui a pris des nuances différentes et qui, petit à petit s’est transformé complètement. Lorsque l’Eglise Catholique — déjà elle se nommait catholique — s’est établie en Europe, un Concile œcuménique voulait simplement dire : un Concile, une réunion de l’Église Catholique, présidée par le Pape. Rien de plus. Or lorsque nous disons aujourd’hui œcuménique, cela n’a rien à voir avec le Pape. Alors qu’est-ce aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Il y a un autre mot qui veut encore dire à peu près la même chose, mais dont beaucoup de gens ont adopté une des significations secondaires, très spécialisée. C’est le mot katholicos qui est aussi grec. Nous disons l’Eglise Catholique, quelque fois on ajoute Romaine, pourquoi ? Parce qu’il y a d’autres Eglises qui se disent catholiques, par exemple l’Eglise d’Orient qu’elle soit grecque ou russe, ou même l’Église Orthodoxe de France (Orthodoxe veut dire « selon la tradition »). Elles sont aussi catholiques, toutes sont universelles. L’Église Anglicane se dit également catholique, seulement elle a supprimé « de Rome », c’est toute la différence. Est orthodoxe, c’est-à-dire suivant la tradition, l’Église anglaise Anglicane, qui peut donc prétendre être plus orthodoxe que l’Église Catholique Romaine. Parce que le jour où elle s’est séparée, où elle n’a reconnu le Pape que comme elle reconnaissait tous les autres Archevêques ou Évêques, elle n’a rien changé à ce qu’elle avait hérité, elle n’a rien ajouté et rien retranché. Or, pendant des siècles, l’Église Catholique Romaine a beaucoup ajouté comme dogme, a beaucoup changé comme point de vue. Donc, vous voyez que ces mots ne veulent plus rien dire.

Que veut-on dire aujourd’hui lorsqu’on prêche l’œcuménisme ? Cherchons-en les possibilités de significations plus précises. Est-ce réunir les Eglises différentes ? Oui, il y a une certaine idée qui va dans ce sens. S’agit-il d’Eglises différentes provenant d’une même source ? Peut-être dans un temps très lointain. Ce serait donc réunir les Eglises qui ont hérité des Apôtres tout ce qu’elles contiennent, donc les Eglises christiques, chrétiennes ? Aujourd’hui nous nous trouvons en face de l’Eglise catholique romaine et de l’Église catholique anglicane non romaine. Il a fallu de très peu pour que nous ayons en France une Église gallicane non romaine. Deux fois on en a été à deux doigts dans l’histoire de l’Église en France. Mais cela n’a pas éclaté au grand jour. Lyon a toujours été le centre du Gallicanisme. Gallique veut dire gallois, comme anglican veut dire anglais.

Toutes les Eglises protestantes, toutes les Églises orthodoxes grecques, russes et autres, toutes se réclament de la chrétienté. Il y a des gens qui pensent que ce serait possible de les réunir, parce qu’elles ont beaucoup de choses en commun.

Ces Eglises qui se disent chrétiennes, de n’importe quel bord, de quelle origine se réclament-elles? Pas seulement des Apôtres, pas seulement des Evangiles, mais aussi de l’Ancien Testament. C’est une chose à ne pas oublier. Or l’Ancien Testament est aussi la base d’une autre Eglise et de ses ramifications, qui s’appelle la Tradition Judaïque. La tradition judaïque se réclame entièrement de l’Ancien Testament, comme d’ailleurs tous les Chrétiens se réclament de l’Ancien et du Nouveau Testament. N’oublions pas que tout ce qui est Islamique se réclame aussi de l’Ancien et du Nouveau Testament et, en plus, du Coran. Et c’est ainsi qu’est née cette appellation : « les Gens du Livre », c’est-à-dire ceux de l’Ancien Testament : les Musulmans, les Chrétiens de toutes sortes et les Judaïques. Alors, l’œcuménisme, comprendrait-il tout cela ? Cela complique déjà beaucoup les choses.

Et les autres croyances qui n’ont rien à voir avec ces Livres ? Il y a le Bouddhisme, il y a l’Hindouisme, ce dernier se divisant en plusieurs tranches, plusieurs tendances. Et les différents Bouddhismes ? Le Bouddhisme a cette particularité, après 2 500 ans de sa naissance, de ne plus exister dans son pays d’origine. Il n’y a plus ou très peu de Bouddhistes en Inde. Il y a un Bouddhisme tibétain, qui a beaucoup influencé le Taoïsme, le Confucianisme en Chine ; le Zen se dit Bouddhisme. A Sri Lanka, c’est-à-dire à Ceylan, en Birmanie, au Siam, au Cambodge, au Laos, mais pas en Inde, il y des tendances encore différentes. Toutes se réclament du Bouddha, toutes se réclament de la tradition bouddhique, mais chacune a son histoire ; ses développements. C’est comme un rayon qui part d’un même centre, mais plus il s’en éloigne, plus il s’écarte d’un autre rayon parti du même centre.

Avant d’employer ce mot d’œcuménisme, deux conditions sont à considérer. Est-ce utile et est-ce possible ? Si ce n’est pas possible, ce n’est pas la peine de se mettre dans de nouvelles complications. Nous en avons déjà suffisamment. Or ce n’est pas possible du fait que la notion de religion n’a pas le sens qu’on lui attribue communément. Religion veut dire religare, relier, lier, un lien, et le mot Eglise, comme aussi le mot Sangha, ont la même signification. Sangha peut se traduire par Eglise.

La première base du Bouddhisme, c’est le Bouddha, la notion que chaque homme peut tendre vers la perfection, à « l’état de Bouddha ». Le Bouddha n’est pas un dieu dans le sens occidental du mot. Et la deuxième, c’est le Dharma, la tradition, pas le dogme, la tradition. Il y a une somme de choses que l’on peut appeler la tradition ; quelque chose à transmettre, qu’on doit transmettre et tout ce qui se transmet de cette tradition forme une Sangha, qu’on peut appeler une Eglise.

Cette notion d’Eglise est très importante, car nous la comprenons mal, de même que nous comprenons mal la notion d’ethnie, de nation légale.

Nous allons faire une parenthèse : ceux qui se réclament du Judaïsme doivent former une Sangha — je ne veux pas employer le mot Eglise qui ferait mal comprendre ce que je veux dire. Employons le mot sanskrit ou pali. Or aujourd’hui, en Israël, sur une terre bien déterminée qui est le berceau d’où est partie cette tradition, il y a des gens qui viennent et qui reviennent sur la terre de leurs ancêtres et politiquement, nationalement, ils se disent Israéliens. Ce sont les citoyens d’Israël. Mais sont-ils tous Israélites ? Pas du tout, certains se disent même athés. Alors, qu’est-ce que cela veut dire ? Ce mélange de citoyenneté israélienne, mais non israélite, non-judaïque ? Comment se considèrent-ils ? Avant d’aller en Israël ils étaient peut-être russes, polonais, américains ou d’une autre nationalité encore. Pourquoi sont-ils venus en Israël ? Parce qu’ils se disent juifs. Mais pas dans le sens de la Sangha judaïque. Et c’est pourquoi aujourd’hui nous avons une confusion dans les esprits et que nous ne voyons plus clair.

Tous ceux qui se disent juifs, les polonais par exemple, sont loin du type des juifs d’Algérie, des juifs de n’importe quel autre pays. Vous voyez que l’ethnie, le sang, la formulation physiologique du corps, surtout extérieure, est une chose, et être juif de tradition religieuse en est une autre. Et une troisième est celle d’être citoyen d’un même pays qui s’appelle Israël. Ce sont trois choses très distinctes qu’il est difficile de réunir en une seule personne. Alors l’œcuménisme ce serait quoi ? Ce n’est pas le fait que chacun d’entre eux ait sa part aux siècles, aux décennies de leur histoire. Ce n’est pas avec les millénaires de formation, de culture, de façon de vivre, de langage, et ce n’est pas en corrigeant quelques commandements, en faisant une autre Table de la Loi et en prenant ce qu’il y a de meilleur dans toute cette tradition qui vient de très loin dans le passé, que nous pourrions réaliser une unité, un œcuménisme.

Je me rappelle avoir lu il y a déjà des années, le compte rendu d’une réunion des religions en Inde, provoquée par des Américains de très bonne volonté, où on discutait sur ce sujet là. On n’a peut-être pas employé le mot œcuménisme, mais on cherchait, on faisait des efforts, dans ce sens. Rabindranath Tagore (je le prononce comme il faut : Rab = fils, Indra = fils d’Indra, Nath = origine, de son pays, Tagore) assistait aux séances du matin, aux séances de l’après-midi et le lendemain il était encore là, mais jamais il ne dit un mot. Le Président lui demanda son avis, parce que tout le monde le respectait. Il a répondu cette phrase superbe : « J’ai suivi vos discussions et je vois que vous cherchez à faire un amalgame magnifique pour trouver une religion unique à présenter à l’humanité toute entière. Je ne vois pas comment cela serait possible, je vois plutôt une religion par personne. »

Cela vide de tout sens l’œcuménisme. On pourrait choisir une autre dénomination : vivre en bonne entente, sans se battre, sans s’entretuer, oui, mais œcuménisme, non, c’est impossible et inutile. Donc il faut changer le terme.

Un mot courant, ordinaire, doit être compris par tout le monde, même par les enfants. Or quand il est entendu par vingt personnes, il y a vingt appréhensions différentes de ce mot formulées par ces vingt différentes personnes.

Une dame : Toutes les religions relèvent de la même tradition, finalement, Dieu est toujours là.

Une autre dame : Pas dans le Bouddhisme.

M. Cacacé : Je ne sais pas, l’homme n’a pas commencé à réfléchir de la même façon partout, ni géographiquement, ni dans le temps. L’homme a commencé à se poser des questions lorsqu’il a commencé à penser. Mais il ne l’a pas fait de la même façon. Il ne faut pas oublier que l’évolution va vers la pluralité, vers la multiplicité en partant de l’unité. Mais l’unité est abstraite. Cela commence par la dualité et chaque dualité se divise et se subdivise et ainsi de suite. Il n’y a pas dans le monde deux personnes semblables et nous sommes quatre milliards bientôt. Personne ne peut être comparé à une autre personne, ni même avec ceux qui sont déjà morts ou ceux qui vont naître. La multiplicité est une loi de la nature, et s’il y a multiplicité physiologiquement, il y en a encore bien plus dans le domaine de la pensée. I1 n’y a pas de limite.

Et c’est pour cela que nous avons en nous toutes les possibilités. Nous sommes différents les uns des autres, et c’est cela notre grande richesse.

Un échange de vue se fait au sujet des animaux et des plantes :

M. Cacacé : Ne vous laissez pas embarquer dans certaines erreurs. Vous avez plusieurs fois confondus les différents plans. Entre les arbres et nous il n’y a pas d’identité, il n’y a pas d’équivalence, mais il y a analogie. Les racines des arbres sont nos entrailles qui digèrent, les feuilles sont nos poumons qui respirent, la sève qui circule est la circulation de notre sang. Il y a analogie, mais pas identité. Chez les fleurs, le pollen et le systyle, c’est le sexe. Analogie, oui, mais pas identité. Et il en est de même pour les animaux. Nous sommes animal par notre corps, nous n’avons pas fini d’être animal. Par notre mental nous sommes hommes et non par notre corps.

Alors quand on change de plan, il faut changer de signe d’équivalence. Dans le système de Pythagore, il y a plus grand, plus petit, comme il en est en mathématiques. Il y a l’égal comme en arithmétique. Trois lignes signifient identité et trois lignes avec une barre, analogie. Les Grecs ont tout prévu. Les choses peuvent être comparées, mais pas identifiées. Il n’y a rien qui soit identique à autre chose. Il y a des ressemblances, il y a des analogies, mais jamais d’identité. Toutes ces choses sont très simples, c’est nous qui les compliquons.

Une question : Quand vous dites religion signifie relier, mais à quoi ? A Dieu ?

M. Cacacé : Relier ensemble, attention ! Le mot Sangha en pali veut dire réellement : mettre en groupe. Vous voulez absolument comprendre religion dans le sens que nous lui donnons actuellement, d’une structure qui a un chef, qui a un dogme, etc. En même temps vous voulez lui donner son sens premier qu’il avait autrefois. Religare, son sens premier, est actuellement employé dans le sens de religions. Le mot a changé de sens.

J’irai plus loin. Vous êtes tous ici dans un même groupe, vous suivez une même méthode, une même tradition, c’est cela être relié. C’est comme si vous aviez un lien entre vous tous. Mais, si vous voulez absolument parler de Dieu, moi, je ne sais pas ce que c’est, parce que je ne suis pas Dieu. Si je savais ce qu’il est, je serais peut-être lui, mais je ne sais pas ce qu’il est. C’est pourquoi je n’emploie pas ce terme. Supposons qu’il y ait quelque chose, quelque chose en quoi nous croyons et qui nous dépasse en tant que notre personne, en tant que ce que chacun nous sommes. Alors là il ne s’agit pas du groupe qui est relié mais de chacun de nous, le lien est direct.

Les mots sont traîtres, comme j’ai essayé de vous le faire comprendre à travers ce mot « œcuménisme ». Il faut faire très attention. C’est pourquoi les sages parlent peu. Seulement on est obligé d’employer des mots pour se faire comprendre.

Une question : Comment la sagesse peut-elle se transmettre sans mots ? Comment les sages peuvent-ils transmettre leur sagesse s’ils n’emploient pas de mots ?

M. Cacacé : Posez-vous la question et lorsque vous l’aurez bien posée, essayez d’observer un peu de silence. C’est une méthode très utile. Nous disons souvent : « Aimez-vous les uns les autres ». Jésus l’a dit, mais comment l’a-t-il dit ? « Je suis amour ». « Etre », il rayonne l’amour, il irradie l’amour, il distribue l’amour. Il n’emploie pas le mot « aimer », il emploie le mot « être ». Comme le soleil il ne bouge pas, ne s’active pas, il ne court pas à droite et à gauche, il irradie la lumière, il irradie la chaleur, il est sage.

Mme Langevin : Vous permettez que je donne un exemple ? Je me suis trouvée en présence de la dernière des Yoguin Ananda Mayee Ma qui est très connue. Elle parle le bengali, je ne comprends pas un mot de bengali. Nous étions en face d’elle, nous n’avons pas dit un mot, ni elle, ni nous. Il s’est produit quelque chose et un germe a été posé en nous, du moins je peux dire qu’un germe a été posé en moi et il s’est développé. Sans parler, elle a des trésors à donner. En général, les gens préparent des tas de questions et, quand ils sont devant elle, ils n’en posent plus, parce que la réponse leur a été donnée dans le silence. Avant d’aller la voir je me défendais d’avoir une idée préconçue, mais le fait d’être là en présence de cet être, m’a donné une paix tellement profonde que je n’avais plus aucun problème.

M. Cacacé : Ce n’est pas le seul cas, je vais en donner un autre, bien typique : quelqu’un de très rationaliste, qui raisonne, partant en Inde pour rencontrer un être de ce genre en compagnie d’amis aussi rationalistes que lui, avait préparé trois questions à poser. De retour en France, on lui demanda : « Alors quelles sont les réponses qui furent données à tes trois questions ? » Et voici ce qu’il raconta : « J’avais mon papier dans ma poche en sortant de ma chambre d’hôtel et je relisais les questions pour pouvoir les poser à travers l’interprète. Mais lorsque je me suis trouvé devant le Yoguin, il n’y avait plus de questions à poser ! ».

Mme Langevin : Quelqu’un de très connu ici, Karlfried Von Dürckheim, est parti en Inde pour la première fois. Il donne un enseignement extrêmement valable et a écrit des livres très importants, notamment sur le Zen, ayant passé des années au Japon avec un Maître Zen. En Inde, il est allé voir Ananda Mayee Ma. L’interprète lui a demandé : « Que désirez-vous ? » — « Je ne désire qu’une chose, c’est de faire une méditation avec elle. » Ce qu’il obtint. Et depuis ce voyage et ce contact avec la Yoguin, il s’est produit en lui un grand changement et les nouveaux livres qu’il a publiés ensuite, ne sont plus du tout pareils aux autres. Ses amis disent qu’il est complètement changé.

M. Cacacé : Il y a beaucoup d’exemples dans ce genre. Je viens de rencontrer, il y a quelques mois, un ami italien qui a suivi l’enseignement d’Evola. Et, un beau jour, ayant pris sa retraite, ayant entendu parler d’un grand Maître chinois qui habitait sur un bateau dans la ville flottante de Hong Kong, il est allé là-bas à sa recherche. Il le trouve, il est content. Le Maître lui dit : « Monsieur, on m’a dit que vous venez de très loin, pour quoi faire ? » — « Pour vous trouver. » — « Pour me trouver, mais qu’est-ce que vous désirez ? » — « Vous êtes un grand Maître, un grand sage… » — « Ah ! je regrette que vous ayez fait ce grand voyage pour rien, parce que si vous étiez resté chez vous, vous l’auriez trouvé en vous-même ! ».

Nous dépendons trop des autres. Il faut être autonome, c’est cela être libre. Vous verrez que le silence est très bénéfique pour soi-même et pour les autres. Nous ne laissons pas le temps à notre mental de faire un travail convenable. On le triture tout le temps, on le pique, on le pousse, il ne peut pas faire son travail, il devient paresseux. Laissez-le faire son travail dans le silence.