René Fouéré : Déconcertantes soucoupes ou l’Aérodynamique bafouée


18 May 2012

Nos lecteurs connaissent le René Fouéré s’intéressant à la vie intérieure et à l’œuvre de Krishnamurti. Ce même René Fouéré a été un des pionniers de la recherche dans le domaine des soucoupes volantes. Et c’est avec la même rigueur, précision et clarté qu’il aborda ce sujet. Les travaux de René Fouéré et de ses collaborateurs sur les soucoupes volantes ont été compilés par Mme Francine Fouéré en un coffret de 5 volumes et édité en 2008 aux éditions Le Courrier du Livre sous le titre « Phénomènes Spatiaux ».

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(Revue Psi International. No3. 1978)

L’étude du Lieutenant-colonel Alexis « A propos d’un phénomène spatial non-identifié dénommé O.V.N.I. », étude publiée in extenso dans le N° 48 (2e trimestre 1976) de notre revue « Phénomènes spatiaux », comporte une section dans laquelle l’auteur présente les thèses sur les O.V.N.I. qui s’affrontaient en France en 1975.

Dans cette section, sous la rubrique « La négation du phénomène », il expose sous la forme suivante deux des arguments majeurs invoqués par ceux qui se refusent à admettre la réalité spécifique et matérielle des soucoupes volantes : « Si ce phénomène était un phénomène physique, il devrait présenter les mêmes caractéristiques et produire les mêmes effets en raison de la cohérence des lois mathématiques et physiques qui régissent l’Univers ; si c’est un « objet » issu d’une super civilisation extra-terrestre, il est probable qu’il ne serait pas de formes aussi variées car le milieu spatial impose, quel que soit l’état de l’art, l’optimisation des structures aérospatiales ».

Nous avons déjà répondu à ces arguments en disant, en substance, que toutes les affirmations que nous pouvons formuler sont entièrement relatives à l’état présent de notre science, de notre technique et, en particulier, de notre connaissance actuelle du milieu spatial. Ce qui nous interdit de prétendre que ces affirmations resteront indéfiniment valables. En ce qui concerne, plus précisément, le second argument — qui se fonde sur la surprenante variété des formes des objets observés —, nous avons fait remarquer que l’importance critique que nous attribuons à ces formes et à leur diversité est en étroit rapport avec le seul mode de propulsion aérospatiale que nous connaissions et dont rien ne nous assure qu’aucun autre ne viendra jamais le remplacer. Ce qui remettrait en question toutes nos aventureuses certitudes.

Nous ne pouvons pas, en effet, savoir ce qui subsisterait de nos objections présentes à l’égard des objets insolites observés — y compris celle qui tire argument de l’inexistence d’un bang à des vitesses supersoniques en atmosphère dense — si un mode de propulsion nouveau et révolutionnaire était mis en œuvre par nous-mêmes dans l’avenir.

C’est pourquoi, nous souvenant de l’histoire des météorites et résolus à faire passer les faits — quand ils nous paraissent testimonialement bien établis — avant toutes les objections spéculatives, nous n’avons personnellement pas hésité à reconnaître et même à affirmer que les formes des soucoupes volantes décrites par les témoins pouvaient être « aussi peu aérodynamiques que possible ».

— LES FORMES DES SOUCOUPES

Si on laisse de côté certaines formes pouvant passer pour extravagantes, on rencontre, à titre principal, dans les descriptions des témoins, des objets qui — si l’on s’en tient à leur aspect général — peuvent être lenticulaires, fusiformes, ellipsoïdaux, ovoïdes, sphériques, cylindriques, en forme de parallélépipèdes rectangles ou même cubiques.

En ce qui concerne la qualité aérodynamique, les objets d’aspect fusiforme, ellipsoïdal ou ovoïde — surtout si les sections transversales de ces surfaces restent relativement minces — sont des candidats sinon tous brillants, du moins admissibles.

Les objets de forme lenticulaire ne soulèvent, non plus, aucune objection majeure. L’appareil « Avro car VZ-9V » de l’AVRO Air-craft (Canada), qui utilisait l’effet Coanda, était de forme lenticulaire et, en France, René Couzinet réalisa un prototype d’aérodyne lenticulaire. Le projet d’aérodyne à propulsion magnétohydrodynamique de R. H. B. Winder, publié dès la fin de 1966, et celui, récent, de Jean-Pierre Petit et Maurice Viton, se rapportent également à des engins lentiformes. Il y aurait lieu de signaler aussi bien d’autres projets antérieurs, et moins sophistiqués, d’aérodynes en forme de lentilles. On a même essayé, en avril 1975, dans un vieux hangar d’aviation, à Cardinal (Bedfordshire), un prototype de ballon lenticulaire de 9 mètres de diamètre, baptisé « SKY SHIP », ballon qui avait eu déjà en 1912 à Oakland (Californie) un prédécesseur qui fut détruit par incendie.

Les objets cylindriques ou en forme de parallélépipèdes rectangles sont aérodynamiquement médiocres. Le cas de la sphère — en artillerie, le boulet a été remplacé par l’obus ! — est franchement mauvais, mais celui du cube est le pire de tous. C’est un véritable défi à l’aérodynamique, dont il bafoue toutes les règles. Un défi qui a pourtant été jeté, car il paraît bien établi — et nous avions eu jadis la stupeur de nous en rendre compte — que des « soucoupes volantes » cubiques, ou peu s’en faut, ont été observées.

Nous dirons de même que nous avons eu connaissance à ce propos de trois observations en chaîne se confirmant les unes les autres.

— LA SOUCOUPE CARRÉE DE BOLAZEC

En janvier 1966, un de nos correspondants, M. Lévêque, résidant à Pléneuf, nous adressait un article, paru dans « Le télégramme de Brest et de l’Ouest », relatant une étrange rencontre faite, dans la nuit du 15 au 16 janvier 1966, par un jeune menuisier de 23 ans, Eugène Coquil, résidant à Bolazec, rencontre dont nous avons fait état, sous le titre « La soucoupe carrée de Bolazec ou le tracteur volant », dans le n° 7 (1er trimestre 1966) de « Phénomènes Spatiaux ». Revenant de Scrignac et circulant au volant de sa « Dauphine » sur la route Morlaix-Callac, le jeune homme s’approchait, vers 4 heures du matin, du carrefour Bolazec-Plougras lorsqu’il aperçut dans un champ des faisceaux lumineux de couleur rouge.

Comme aucun autre véhicule ne pouvait accéder à cet endroit, il pensa qu’il s’agissait d’un tracteur en difficulté et, arrêtant sa voiture, se rendit sur les lieux. C’est alors que, stupéfié, le témoin vit le présumé « tracteur » passer par-dessus un talus dans un silence total ! Se rendant compte qu’il se trouvait devant quelque chose d’insolite, il fut effrayé et alla se réfugier dans sa voiture, suivi par le mystérieux objet qui resta immobile à quelques mètres au-dessus de la « Dauphine », sans que le témoin entendît le moindre bruit et pût ressentir le plus léger souffle ou en percevoir l’effet sur les herbes proches. Il eut très peur, dans ce silence, durant le survol de sa voiture. Finalement, l’objet alla se poser sur un terre-plein de l’autre côté de la route.

Eugène Coquil décrivit cet objet comme ayant une base carrée, de 3 m 50 de côté, et portant quatre colonnes lumineuses — une à chaque angle — qui ressemblaient aux feux arrière d’une « 404 », mais dont la lumière était identique à celle des enseignes lumineuses au néon !

Drôle de machine volante, apparemment pilotée ou télécommandée, dont les constructeurs, s’agissant pourtant d’un engin susceptible de se déplacer en atmosphère dense, semblaient avoir mis au rencart toute considération aérodynamique ! Mais d’autres anomalies, telles que l’absence de bruit et l’absence de souffle, nous laissent à penser qu’un tel véhicule utilisait un système de propulsion et de sustentation sans aucun rapport avec ceux que nous aurions pu mettre en œuvre. A noter que, si l’on peut faire abstraction des qualités aérodynamiques, la forme cubique présente les plus grandes facilités d’occupation et d’aménagement.

Nous nous sommes personnellement entretenu avec Eugène Coquil et rien, absolument rien, ne nous permet de douter du sérieux, de l’honnêteté ou de l’équilibre mental de ce témoin.

Évoquant le moment où l’étrange objet avait survolé silencieusement sa voiture, il nous a dit : « Croyez que j’avais les cheveux raides sur la tête ! »

Toutes les personnes de notre connaissance qui ont interrogé Eugène Coquil ont été aussi convaincues que nous-mêmes de sa sincérité et de son désintéressement.

— UNE LECTRICE A LA PAROLE

Lorsque nous avions eu connaissance de l’incident, nous n’avions pas pu nous rendre sur place, mais nous avions suggéré à Hervé Marec, alors rédacteur à l’hebdomadaire « Noir et Blanc », d’envoyer un reporter sur les lieux. Ce reporter, M. Jean Alligny, écrivit un article, peu différent de celui du « Télégramme », qui parut dans « Noir et Blanc ».

A la suite de cette publication, l’hebdomadaire reçut d’une lectrice de la Côte d’Or une lettre assez étonnante qu’Hervé Marec nous autorisa à faire paraître et dont nous reproduisons le texte ci-après :

Le 4-5-66

Flavigny-sur-Ozerain, Côte d’Or

Monsieur,

« Je vous adresse ces lignes pour vous dire ma surprise en parcourant votre n° 1094 de « NOIR ET BLANC », février 1966.

« La soucoupe volante de Bretagne n’est pas une nouveauté, car en avril 1954 mon mari et moi-même, en rentrant vers 17 h d’une excursion botanique, avons été très surpris, et presqu’épouvantés, alors que le ciel était très clair, le temps très calme et personne dans la campagne au-dessus de la montagne, à 500 mètres de la première ferme du village.

« J’étais à peu près à 8 mètres en avant de mon mari et, brusquement, sans avoir rien vu, ni entendu le moindre bruit, un véritable déraillement de chemin de fer.

« Je me retourne et je vois mon mari sous une énorme masse carrée de fer arrêtée à 3 mètres au-dessus de lui. Me trouvant un peu en avant, j’ai très bien vu des raies de fer, et pas de roues, ni fenêtre — il est vrai qu’il faisait grand jour. Je n’ai pas eu le temps de dire à mon mari que tout était déjà disparu, sans aucun bruit, et pas plus visible que lorsqu’il était descendu sur nous.

« C’était la journée, nous avons eu moins peur que si c’était arrivé la nuit. Je vous prie de croire que nous avons été drôlement secoués.

« Puis, comme le dossier des soucoupes volantes était resté ouvert, j’ai cru bien faire de vous conter la chose. Maintenant je suis la seule à avoir vu cette chose, car mon époux est décédé il y a cinq ans, mais mes enfants étaient au courant et, dès qu’ils ont vu votre article, j’ai eu le numéro et j’ai très bien reconnu la chose d’il y a douze ans, c’est exactement pareil.

« Si ma lettre vous importune, excusez-moi … et sachez que le 15 juin prochain, j’entrerai dans mes 80 ans.

« Avec mes meilleures salutations ».

Mme Georges Desplantes

Flavigny-sur-Ozerain, Côte d’Or

Comme nous l’avons dit en commentant cette lettre lors de sa parution dans le n° 8 (2e trimestre 1966) de « Phénomènes Spatiaux », il n’y a aucune raison de douter du témoignage de Mme Desplantes, qui reconnaît dans la soucoupe de Bolazec l’objet qu’elle-même et son mari avaient vu quelque douze ans plus tôt. Nous avons toutefois fait remarquer que la soucoupe de Mme Desplantes avait fait, en apparaissant, un bruit violent tandis que celle d’Eugène Coquil était restée étrangement silencieuse. Mais, puisque Mme Desplantes disait que, bruyamment survenue, sa soucoupe avait disparu silencieusement, il n’était pas exclu qu’elle pût être tout à fait semblable à celle de Bolazec. Rien ne nous assure, en effet, que l’atterrissage ou le quasi-atterrissage de cette dernière ait été silencieux.

28 JUILLET 1966 : UN ÉTRANGE INCIDENT…

Nous aurions pu penser qu’en fait d’observations en France de soucoupes « carrées » les choses allaient en rester là, étant donné le caractère assez exceptionnel de ce genre de soucoupes. Il n’en fut rien cependant : une troisième surprise nous était réservée. Par des coupures de plusieurs journaux qui nous furent adressées, nous allions être informés d’un étrange incident survenu le 28 juillet 1966, vers 22 h 45, à la Momonière de Montsoreau, dans le Maine-et-Loire.

Nous reproduisons ci-dessous, en les réduisant quelque peu, la relation de cet incident et le commentaire que nous en avons fait.

« M. et Mme Lacoste, des photographes de Saumur qui ne croyaient pas aux soucoupes volantes, se rendaient le 28 juillet au soir sur les hauteurs de Montsoreau, où ils ont acheté une parcelle de terre, pour y admirer le paysage.

« Nous faisions le tour de notre parcelle de terre, raconte Mme Lacoste, lorsque soudain j’ai vu une boule rouge dans le ciel. J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait d’une étoile filante, mais plus la boule s’approchait de la terre, plus la lueur qu’elle dégageait devenait aveuglante ».

Son mari pensa à une météorite. « Lorsque la boule atteignit la terre, toutes les vignes furent embrasées, c’était extraordinaire, poursuit Mme Lacoste. Mais ce qui le fut davantage encore, c’est que la boule remonta. Elle se trouvait à quelques mètres du sol. Elle resta dans cette position quelques instants puis remonta. A vrai dire, elle paraissait téléguidée et, lorsqu’elle s’éleva une nouvelle fois, nous avons alors pensé qu’il pouvait s’agir d’un engin militaire participant à des manœuvres ». M. et Mme Lacoste tentèrent même de s’approcher de l’engin, qui effectuait des manœuvres à 300 ou 400 m de leur terrain.

« Nous n’étions pas rassurés, mais nous voulions voir de plus près. Nous étions à peine montés dans la voiture que la boule disparut derrière un bois. Nous vîmes encore des rayons lumineux à travers les arbres, puis … plus rien ».

L’apparition avait duré trois ou quatre minutes, et les témoins n’avaient perçu aucun bruit. Aucune manœuvre militaire n’ayant eu lieu ce jour-là, l’hypothèse d’un engin militaire paraît devoir être écartée.

« Mais le dimanche suivant, M. Alain Rouiller, viticulteur à Montsoreau, a découvert dans un champ de blé « un carré très bien dessiné où le blé a littéralement été écrasé », carré qui « se situe bien à l’endroit même où le mystérieux engin a évolué ». Le cultivateur a constaté avec surprise qu’aucun passage ne conduisait à ce carré. Selon « Le Courrier de l’Ouest », M. Rouiller aurait bien constaté que le blé couché « était recouvert d’une huile jaunâtre ».

« L’objet a été vu, non à Montsoreau même, mais à la Momonière de Montsoreau, un hameau proche de la localité. L’observation a eu lieu à 22 h 45, par nuit noire et vent nul. Il n’y avait pas d’orage. L’objet, descendu comme une étoile filante, s’est arrêté brusquement, « se dandinant sur lui-même », avant d’atterrir. Après un premier atterrissage, il est remonté pour atterrir une seconde fois. On n’a constaté ni bruit, ni odeur, ni chaleur, ni anomalie électrique, ni magnétisation d’objets. La lumière diffusée était féerique. L’objet, d’un rouge orangé, paraissait solide mais ne présentait aucun détail. Sa vitesse a été estimée supérieure à celle d’un avion à réaction.

« Selon M. Rouiller, la surface écrasée mesurait 2,50 m sur 3 m. Le blé avait été étrangement écrasé, l’espace marqué était nettement délimité. Pour rendre compte de l’empreinte « on peut imaginer, nous dit M. Rouiller, une table parachutée les pieds en l’air ». La découverte n’ayant été faite que plusieurs jours après l’observation de M. et Mme Lacoste, on n’a pas cru utile de procéder à une analyse chimique. L’opinion qu’il y avait « une huile jaunâtre » sur le chaume des graminées a été prêtée à M. Rouiller. En fait, cette opinion a été émise par d’autres et M. Rouiller lui-même ne la partage pas ».

« Il semble que, de Montsoreau, nous soyons très curieusement ramenés à Bolazec, et la correspondance entre les deux observations paraît d’une précision stupéfiante. Eugène Coquil parlait d’un engin carré de 3,50 m sur 3,50 m. Alain Bouiller parle d’une empreinte rectangulaire de 2,50 m sur 3 m. La forme géométrique et l’ordre de grandeur y sont. Est-ce la « soucoupe » de Bolazec qui est venue marquer de son empreinte le champ de blé de Montsoreau, ou l’une de ses sœurs quadrangulaires ? »

LE « SURNATUREL » EN QUESTION

Similitudes étonnantes dans cette série de trois observations ! Si étonnantes même qu’on serait tenté de parler de répétitions d’un même phénomène, les deux dernières observations, celles de Bolazec et de la Momonière de Montsoreau, ayant été très rapprochées dans le temps.

Ajoutons que tout cela s’est passé sur le seul territoire français métropolitain qui ne représente que 1/270e  de la surface des terres émergées. D’autre part, comment imaginer que la boule de la Momonière de Montsoreau aurait pu être une météorite ? Les météorites n’ont pas coutume de repartir quand elles ont touché le sol, et encore moins de laisser des traces rectangulaires !

Au surplus, si le blé a été couché, il n’a pas été brulé. Inutile de dire que l’hypothèse d’un débris d’engin spatial terrestre serait tout aussi invraisemblable.

Ces trois observations, difficilement contestables, nous paraissent présenter une convergence aussi indéniable que surprenante. Et elles portaient toutes sur des objets qui, soit à la vision directe, pour les deux premières, soit d’après les empreintes laissées, pour la troisième, se présentaient sous forme de cubes ou de parallélépipèdes rectangles ne différant guère de cubes.

Ces soucoupes « carrées » ne furent d’ailleurs pas les seules dont il ait été fait mention. Car, ayant exprimé dans « Phénomènes Spatiaux » notre surprise de l’observation d’un objet aérien de forme aussi paradoxale, nous reçûmes de M. Heinrich Ragaz et de notre défunt ami René Hardy des informations portant sur d’autres cas, relativement nombreux, d’observations de soucoupes « carrées ».

Nous ajouterons que, dans le tableau « Flying Saucers » publié en 1958 par Fred Keziah, d’Arlington (Virginie), on trouve, parmi de très nombreuses formes de soucoupes volantes observées, la forme cubique. Ce qui confirme non seulement les indications qui nous furent données par Heinrich Ragaz et René Hardy, mais encore ces observations françaises sur lesquelles nous avons nous-mêmes enquêté et dont nous venons de parler.

A notre avis, il n’y a, dans les observations de Flavigny-sur-Ozerain, de Bolazec et de la Momonière de Montsoreau, aucun relent parapsychologique. Leurs témoins — nous avons personnellement rencontré Eugène Coquil — n’étaient absolument pas à la recherche de visions, d’apparitions. Ce n’étaient ni des méditants, ni des contemplatifs se livrant à d’ardentes évocations intérieures qui auraient pu, à leurs yeux, se « matérialiser » au dehors, et qui plus est, laisser des traces pour autrui.

Ils n’étaient en quête de rien d’insolite, de « surnaturel », et ce qui leur est arrivé les a tous grandement surpris.

Eugène Coquil rentrait d’une soirée passée à Sérignac. Mme Desplantes revenait, avec son mari, d’une excursion botanique. Quant à M. et Mme Lacoste, ils étaient venus faire le tour d’une parcelle de terrain qu’ils avaient achetée. Enfin, M. Rouiller ne s’attendait pas à voir, dans un champ de blé, ce trou qu’il y a découvert. Et si, d’aventure, ces divers témoins avaient pensé à une machine aérienne, on a peine à croire qu’ils pussent l’imaginer cubique ! Surtout, on comprendrait mal que, s’ignorant les uns les autres, ils se fussent trouvés tous trois d’accord pour lui prêter une forme aussi aberrante, aussi éloignée de celles de tous les engins volants créés par l’industrie de leur temps et dont ils avaient pu garder le souvenir.

Il nous semble donc impossible que les témoins de Flavigny-sur-Ozerain, de Bolazec et de la Momonière de Montsoreau, n’aient pas effectivement vu ce qu’ils ont décrit, n’aient pas été les observateurs objectifs de « soucoupes » volantes « carrées ». Or, nous l’avons dit, pour des véhicules aériens, la forme cubique ou celle d’un parallélépipède rectangle presque cubique sont, du point de vue de la qualité aérodynamique, parmi les plus mauvaises qui soient et, dans le cadre de nos propres techniques de propulsion, elles conduiraient, en atmosphère dense, aux rendements les plus déplorables.

Ce qui nous contraint à penser que, si les soucoupes sont effectivement des machines — et il est bien difficile d’en douter — leurs constructeurs ne se sont pas souciés de la qualité aérodynamique de leur profil. Dans ces conditions, s’ils n’ont pas pour autant renoncé à tirer le meilleur parti de leurs engins, même en atmosphère dense, ces engins doivent être mus par un système de propulsion qui nous est inconnu et au regard duquel les considérations aérodynamiques sont sans intérêt, n’entrent pas en ligne de compte. Un tel système de propulsion doit, en conséquence, exclure le choc direct des molécules gazeuses du milieu ambiant contre l’extrémité antérieure du mobile et leur frottement contre ses parois latérales. L’existence même des soucoupes « carrées » tend donc à prouver que des constructeurs inconnus, mais que nous supposons attentifs au rendement de leurs véhicules aériens dans tous les milieux, ont découvert et mis en œuvre un système de propulsion qui nous échappe, mais qui pourrait être un système de propulsion « à la Plantier », c’est-à-dire un système de propulsion « par champ » éliminant les impacts moléculaires sur les parois et rendant inutile la recherche d’un profil aérodynamique optimal.