Yves Albert Dauge : Documents de travail élaborés


14 Feb 2012

(Revue Epignosis. No 2, Cahier 1. Octobre 1983)

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I. Tableau des Lettres-Nombres de l’alphabet hébraïque.

II. Interprétation dynamique du Nom divin sous sa double forme.

III. Tableau récapitulatif des plans ontologiques, des niveaux de conscience, et des phases de déchiffrement des ‘symboles, d’après les données de la Tradition et des sciences.

IV. Structure générale de l’entité humaine, et ses correspondances dans la pensée romaine (Virgile en particulier).

 

L’Aigle et les aiglons. Motif du vitrail symbolique de la cathédrale de Lyon

(voir ci-dessus).

TABLEAU DES LETTRES-NOMBRES DE L’ALPHABET HEBRAÏQUE

a) Lettres hébraïques.                      b) Noms.

c)Transcription.                                 d) Numération courte (NC) (J G. BARDET).

e) Numération traditionnelle (NT).     f) Numération polygonale (NP) (R.ABELLIO).

Document I

I. Tableau des Lettres- Nombres de l’alphabet hébraïque

La Cabbale n’est pas seulement profondeur philosophique et mystique; elle comporte une dimension mathématique, d’autant plus importante qu’elle complète et vérifie la révélation philosophique et mystique.

Chaque lettre hébraïque est en même temps un nombre. Aussi n’importe quel mot est-il — outre une suite de lettres — un total de nombres. On appelle guématrie cette discipline de traitement des valeurs numériques.

Naturellement, les clefs de numération varient.

La Tradition affecte aux 22 lettres (Aleph à Tav) des nombres de 1 à 400; elle peut aller jusqu’à 1000 en englobant les 5 « finales » et le Aleph terminal (cf. l’expression « mille et un », qui se réfère à la double valeur du Aleph).

R. Abellio, pensant aux 22 polygones d’angle au centre entier inscriptibles dans le cercle, fait correspondre les nombres de leurs côtés (de 3 à 360) à chacune des 22 lettres.

Quant à Jean-G. Bardet, incluant les finales dans son système, ii propose les valeurs de 1 à 27 (3 x 9).

Or, comme le prouvent les résultats de ces diverses numérations, ces clefs NE S’EXCLUENT PAS, et leur complémentarité révèle la prodigieuse richesse de la Torah.

La Tradition cultive les sens symbolique, mystique, et aussi théurgique. Abellio met en lumière une « science des orientations » et une « structure » universelle permettant d’observer le travail des Energies divines.

Bardet établit d’innombrables relations entre tous les niveaux du réel, principalement par une magistrale interprétation du Tétragramme.

On pourrait également utiliser la suite des nombres premiers…

Livres à consulter:

Annick DE SOUZENELLE, La Lettre, chemin de vie (Paris, Le Courrier du Livre, 1978).

Raymond ABELLIO, La fin de l’ésotérisme (Flammarion, 1973), pp.130 sq., Introduction à une théorie des nombres bibliques, en collaboration avec Charles Hirsch, (Gallimard, 1984).

Jean-G.BARDET, Les Clefs de la recherche fondamentale (Maloine, 1978).

* Notre tableau met en relation les trois types de numération décrits ci-dessus, à savoir:

col. d, la numération courte de Bardet (NC) — celle que, sauf indication contraire, nous utilisons dans nos calculs;

col. e, la numération traditionnelle (NT);

col. f, la numération polygonale d’Abellio (NP).

Calcul des coordonnées d’un mot.

Chaque mot est caractérisé par 3 nombres. Le premier résulte de l’addition pure et simple des valeurs numériques conférées aux lettres qui le forment. Le deuxième constitue une réduction du précédent: chaque valeur numérique est ramenée à un seul chiffre, et on additionne l’ensemble. Quant au troisième, il résulte d’une seconde et ultime réduction donnant un total d’un seul chiffre.

Quelle est la signification de ces trois nombres? Ils témoignent de la descente et de la remontée des Énergies, du déploiement de l’Esprit dans le multiple et de son retour aux essences.

— Sens du déploiement: a) le nombre-racine (le plus petit), représentatif du Père; b) le nombre médian, figurant le Fils; et c) le nombre développé (le plus grand), correspondant à la plus grande expansion de l’Esprit.

— Sens du retour: a) le nombre développé; b) le nombre médian; et c) le nombre-racine. Ainsi la série des 3 coordonnées doit-elle être lue et interprétée dans les deux sens, avec, pour caractéristique principale, le nombre-racine, qui se retrouve dans les deux autres sous des formes différentes.

Prenons un exemple. Soit le 5ème mot de la Genèse (1,1), en transcription: H Sh M Y M (ha-Shamaïm), « les cieux ». Voici ses coordonnées:

—  H  Sh   M   Y   M

1) 5   21 13 10 24                    = 73     nombre développé

2) 5     3   4   1   6                    = 19     nombre médian

3) réduction à un seul chiffre  = 1       nombre-racine

Sens du déploiement: 1 – 19 – 73

Sens du retour aux essences: 73 – 19 – 1

Ce mot, qu’on traduit par « les cieux », se décompose — mis à part l’article H — en  Sh, forme condensée de hA Sh (esh), le Feu, et M Y M (maïm), les eaux, les ondes. Il s’agit d’ondes de feu émanant de la Source primordiale, d’irradiations de la « Vibration Incréée », d’un ensemble énergétique tout-puissant ordonné à la création (cf. les « sept cieux » de la Cabbale). Il est donc normal que le nombre-racine reflète l’unité. Mêmes coordonnées de Tehillîm, les « Psaumes » (Th H L Y M), vibrations de l’âme humaine unifiée vers sa Source, ou de Shoshan (Sh W Sh N), le lis —blanc ou rouge —, la rose mystique du Cantique des Cantiques…

Calcul des nombres triangulaires.

« Les Grecs, et après eux saint Augustin, appelaient trigons ou nombres triangulaires les nombres obtenus par l’addition de tous les nombres précédant un nombre donné, plus ce nombre. Par exemple, le trigon du nombre 4 est: 1 + 2 + 3 + 4 = 10

C’est la tétraktys pythagoricienne (R. Abellio, op. cit., p.142), Appelés aussi « gloires » ou « valeurs secrètes », les trigons, notes par le signe ?, indiquent la construction des nombres dans l’espace-temps, leur expansion structurée, en quelque sorte. Voici la formule pour les calculer, n’étant un nombre quelconque: ?n =  n (n + 1) / 2

Ainsi, trigon de 6 = 6 (7) / 2 = 21.

Le Waw, qui vaut 6 et signifie le Verbe créateur, le Fils de Dieu qui appelle à l’être, a donc son déploiement structuré dans le Shin, qui vaut 21 et qui représente la perfection dialectique et vitale de la nature théandrique. Le Waw est rouge; le Shin est vert; couleurs complémentaires (cf. les Taras du tantrisme).

Cf. le dé, qui comporte 6 faces et 21 points (Bardet, op cit., p.260).

Une suite fameuse: ?8 = 36 et ?36 = 666.

II. Interprétation dynamique du Nom divin sous sa double forme.

N.B. Lire l’article Entretiens où l’on peut trouver des éléments de commentaire du schéma.

Document II


Interprétation dynamique du Nom divin sous sa double forme:

tétragrammique (Y H W H) et pentagrammique (Y H Sh W H).

Ce schéma est essentiel pour la compréhension de l’ésotérisme hébréo-chrétien et la mise en œuvre correcte des Energies divines.

Le Nom divin appelé Tétragramme (Y H W H) est représenté comme il se doit sous forme de circuit tournant perpétuellement sur lui-même. Les trois Wawim superposés, qui semblent constituer un manche de miroir, figurent les trois aspects fondamentaux du Fils, ou du Christ : ? sens d’incarnation,

? sens de libération

Le Shin au centre du cercle est la lettre qui, insérée dans le Tétragramme, le transforme en Pentagramme, donnant ainsi le Nom de Jésus (Y H Sh W H), Nom de Dieu POUR NOUS.

* Quelques calculs. Y H W H (Yeouah) nombre 26 – 17 – 8 (le nombre-racine 8 indique les justes circuits de l’Amour divin). YHWVH (Yeovah) nombre 32 – 23 – 5 (32: les « voies de la Sagesse »; 5: le rayonnement de l’Esprit).

Le triple Waw donne 6 6 6 : cf. le nombre 666 (qui, comme tous les nombres et les noms de puissance, peut être bénéfique ou maléfique).

Le Pentagramme Y H Sh W H donne 47 – 20 – 2 (2 indiquant le Bipôle Père-Fils). Additionnés, le Tétragramme et le Pentagramme nombrent 73 – 37 – 1 (ce qui rappelle « les cieux »).

Le Shin, qui, ainsi qu’on l’a vu, est le trigon de 6 (Waw), représente aussi les trois « Personnes » de la Trinité, car Y + W + H = 21. D’où les deux directions d’interprétation:

sens Shin à Waw : Trinité à Avatar;

sens Waw à Shin : Fils-Dieu à Nature théandrique. En additionnant le Shin (21) et le Waw (6), on obtient 27, nombre de la Lumière, hA W R (Ôr). Cf. Jn. 8,12: « Je suis la Lumière du monde ».

Le total des 7 lettres-nombres du schéma est 59 – 32 – 5 (32 est également le nombre de hA Y Sh, Ish, l’Homme de feu, et celui de Z H R, Zohar, « qui brille par son enseignement »).

Le mouvement descendant Y H W W V vaut 33; de même le mouvement ascendant V W W H Y. Total 66, c’est-à-dire le triple Feu (hA Sh = 22×3), ou encore le fameux N Ts R écrit en Exode 34,7 avec une majuscule (doublant la valeur de la lettre), N Ts R, Natsor, d’où le Nazoréen ou le Veilleur, le Protecteur, surnom de Jésus.

Ce schéma doit être utilisé comme support de méditation pour s’insérer dans le Circuit Énergétique Divin: c’est ainsi que la puissance du NOM est salvatrice. Le Psaume 115 (v.1) dit: « Non pas à nous, Y H W H, non pas à nous, mais à ton Nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta vérité » (couple bonté – vérité, ou Hesed – Dîn, s’unissant dans la Sephirah centrale Tiphereth; cf. Jn. 1, 14: « Le Verbe a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité »). Non pas à nous, certes, en tant qu’individualités incarnées, et exemplaires du je humain ou de l’ego. Mais le Shin du Christ, par sa vertu dialectique et sa force de Vie, nous permet d’accéder à notre JE véritable de « jumeau du Christ », ou d’Isochrist, et alors, le Nom est notre Nom: Fils du Père, nous constituons avec Lui ce Bipôle qui est l’axe de lumière de la Trinité.

Ces quelques indications permettront, nous l’espérons, d’entrevoir les extraordinaires richesses de la gnose cabbalistique, dans ses entrelacs mathématiques et spirituels.

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III. Tableau récapitulatif des plans ontologiques, des niveaux de conscience, et des phases de déchiffrement des symboles, d’après les données de la Tradition et des sciences.

N.B. Ce tableau est extrait de notre ouvrage, sous presse aux Editions Archè (Milan), Virgile, maitre de sagesse. Mais il y a bien longtemps qu’il a été établi en tant qu’outil fondamental de travail.

On peut dire que le réel est constitué par une immense hiérarchie de plans différents, de niveaux d’être multiples, qui se distinguent par leurs proportions respectives d' »esprit » et de « matière », ou mieux par leur fréquence vibratoire. Dans l’univers, rien n’est absolument matériel, rien n’est absolument immatériel, mais tout est vibrations. C’est ce que dit le Kybalion en une formule célèbre (p.28): « Rien ne repose; tout remue; tout vibre ». Aussi « esprit » et « matière » représentent-ils à la fois des pôles complémentaires et des courants énergétiques. L’homme, qui est un microcosme, participe de tous les plans ontologiques, du moins virtuellement, et il a la faculté de tous les récapituler en lui. Chacun de ces plans a sa réalité propre, son essence et sa substance, ses modalités particulières d’expression. Ou mieux, chaque niveau a son propre espace-temps, sa propre source d’énergie, sa propre « conscience », son support ou véhicule, son information et sa fonction. Autant l’on peut en discerner, autant il y a de degrés d’interprétation du réel.

Notons qu’il n’y a pas de solution de continuité entre ces plans, qui glissent les uns sur les autres, s’informent mutuellement et interagissent. Mais il est indispensable de les définir aussi nettement que possible, pour que cette connaissance soit un outil efficace, et permette surtout de distinguer le domaine où s’affirment les Energies divines de celui où prédominent les forces psychosomatiques.

L’être humain, de même que le cadre cosmique où il évolue, est constitué de trois sphères énergétiques principales, celle de l’Esprit, celle de l’Âme essentielle, et celle du Cœur incarné.

La sphère de l’Esprit comporte quatre degrés fondamentaux, selon lesquels se propagent la Vie et la Lumière d’en haut (analogie avec les quatre Sephiroth Hokhmah, Binah, Hesed et Dîn). L’Âme essentielle est une puissance médiatrice, une sorte de creuset où se « corporalisent » les esprits et se « spiritualisent » les corps (cf. Tiphereth).

Quant à la dernière sphère, elle comprend un « corps » (sur deux plans) et une psyché ou âme inférieure (sur deux plans également) qui servent d’enveloppes ou de milieu d’action à un Cœur, projection involuée de la Conscience divine et principe du retour vers le Soi (cf. les Sephiroth 7 à 10).

Le tableau hiérarchique que nous présentons comporte les quelques niveaux ontologiques indispensables à une bonne compréhension de l’être. On le lira de bas en haut, et de haut en bas, puis on en prendra une connaissance globale, en pensant qu’il s’applique au macrocosme (Nature, Création) comme au microcosme (Homme), et en sachant qu’il y a encore bien d’autres degrés d’être au-delà.

* Exemple d’analyse d’un plan donné: la psyché mentale.

Espace                         :           polymorphe et muable.

Temps                          :           visant à l’instantanéité.

Source d’énergie          :           le Cœur comme Intellect.

Conscience                  :           conscient clair-obscur et subconscient.

Véhicule                      :           le « corps mental » (représentations symboliques).

Information                 :           double (d’en haut et d’en bas) (cf. H.Corbin).

Fonction                      :           investigation pratique, réduction constructrice.

* Autre exemple: le plan supramental de l’Agapè.

Espace                         :           multidimensionnel, multipolaire, réticulé.

Temps                          :           spiraloïde (expansion, circularité).

Source d’énergie          :           l’Amour divin sous forme de Grâce, de Vie, de Liberté.

Conscience                  :           surconscient (conscience « mystique », participation-communion).

Véhicule                      :           le « corps de rayonnement » (symboles lumineux).

Information                 :           d’en haut (le circuit interpersonnel divin).

Fonction                      :           dialectique créatrice avec le 7e plan (Agapè / Logos, Vie / Vérité, Grâce / Loi, Hesed / Dîn, etc.).

Clef fondamentale n° 1:

Chaque plan doit être relié à tous les autres — sous peine d’illusion (Maya-création devient maya-illusion), de fermeture (réductionnismes destructeurs), de déséquilibre (folie).

Clef fondamentale n° 2:

Le plan créateur d’unité est celui du Cœur, sur lequel il faut travailler en priorité.

En ce qui concerne le déchiffrement des symboles, on en trouvera des exemples dans notre Virgile,  maitre de sagesse. Lorsque le symbole est « correctement » choisi et utilisé — c’est-à-dire par des initiés (cf. le feu dans l’Énéide, le miroir chez Rumi, l’arbre dans les Évangiles, etc.) —, il peut manifester, illustrer tous les plans de l’être avec toute la continuité et toute la clarté voulues. Par lui se révèle ce circuit énergétique universel qui constitue la texture de notre être et de notre devenir.

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DOCUMENT III

TABLEAU RÉCAPITULATIF DES PLANS ONTOLOGIQUES, DES NIVEAUX DE CONSCIENCE, ET DES PHASES DE DÉCHIFFREMENT DES SYMBOLES, D’APRÈS LES DONNÉES DE LA TRADITION ET DES SCIENCES.

Échelle des plans Perspectives par rapport au « conscient » Phases du déchiffrement du symbole
« Saut transpersonnel » Vers le transconscient (ou Conscience inconditionnée).
I. SPHERE DE L’ESPRIT.10. Plan spirituel de la « gloire » divine: Esprit de miroir. Supraconscient: conscience du Soi (assimilation). Vision des reflets du Divin, des Vibrations incréées.10.
9. Plan spirituel de la « Synergie »: Esprit de Sagesse et d’Harmonie-Hiérarchie. Supraconscient: conscience du Soi (coopération). Introduction  à la Création/Formation, à l’Idée-Force.9.
8. Plan supramental de l « ‘Agapè »: Esprit d’Amour-Communion et de Liberté. Surconscients conscience « mystique » (participation). Introduction au Mouvement,  à la Vie.8.
7. Plan supramental du « Logos »: Esprit de Connaissance de la Loi cosmique. Subconscient (Intuition): conscience « cosmique » (perception). Introduction au Nombre,  à la Structure, aux Rapports.7.
II. SPHERE DE L’ÂME ESSENTIELLE.6. Plan surmental de l’Âme médiatrice. Conscient éveillé. Lecture « ouverte », compréhension de la circulation du sens.6.
III. SPHERE DU COEUR INCARNE.5. Plan du Cœur, Feu divin involué et principe-germe de la « gloire » spirituelle. Conscient en éveil. Dynamisme ascendant du symbole.5.
4. Plan de la psyché mentale, de l’âme intelligente, du « mental concret ». Conscient clair-obscur et subconscient. Lecture mentale (érudition)4.
3. Plan de la psyché affective, de l’âme sensitive, du « désir ». Conscient clair-obscur et subconscient. Lecture affective (sensibilité).3.
2. Plan physique subtil (corps vital). Conscient « corporalisé » et inconscient. Aura du symbole.2.
1. Plan physique dense (corps matériel). Conscient élémentaire, ou « coagulé », et inconscient. Support du symbole.1.

DOCUMENT IV

STRUCTURE GÉNÉRALE DE L’ENTITÉ HUMAINE

Le JE primordial. Vers Dieu, le Soi, la Déité. Le Soleil, Iuppiter summus.
« saut transpersonnel »,  passage par-delà la « condition humaine », déification réussie.
I. Sphère de l’ESPRIT.10. Plan spirituel de la filiation divine.

9. Plan spirituel de la « synergie ».

8. Plan supramental de l’Agapè (Vie, Grâce).

7. Plan supramental du Logos (Vérité, Loi).Esprit de « miroir » & corps de « gloire ».Esprit de sagesse & d’harmonie-hiérarchie, corps de « création ».

Esprit d’Amour-communion & corps de rayonnement.

Esprit de connaissance (de la Loi cosmique) et corps d’immortalité.Perfecta ratio (Esprit un).Recta ratio (Esprit inspiré).

Mens libera (Esprit transparent).

Mens bona (Esprit juste).Esprit Animus supérieur

Jupiter et Hercule (uera louis proles).

Apollon (Orphée) et Vesta.

Mens supérieure

Cybèle (Anguis d’Én.V et Aues    supérieur

d’Én.VI). Cf. Vénus.

Mercure et Minerve.

II. Sphère de l’ÂME essentiel6. Plan surmental de l’Âme médiatrice.

* Point de formation de l’Androgyne spécifique.Puissance de conversion & corps de mutation.Animus médian (Esprit révélé & Mental sublimé).ÂME médiatrice

Vulcain et Vénus.

III. Sphère du COEUR incarné.5. Plan du Cœur, Feu divin involué et principe-germe de la « gloire » spirituelle.Puissance d’éveil et corps causal.Cor, pectus, etc.CŒUR« Germes » de tous les dieux.?Domaine du divin, de l’impérissable.

? Domaine du changement, du mortel.

4. Plan de la psyché mentale,de l’âme intelligente.

3. Plan de la psyché affective, de l’âme sensitive.

2. Plan physique subtil.

1. Plan physique dense.

Conscience ordinaire et corps mental.Désir, sentiment, et corps « astral ».

« Âme vitale » et corps éthérique.

« Âme élémentaire » et corps matériel.

PSYCHÉ ou Âme inférieure. Animus inférieur.Mens inférieure (mental dit concret).

Adfectus (passions).

Anima (forme subtile).

Corpus (forme physique).

Le CORPS proprement dit. Niveau physique.

N. B. On peut retrouver tous ces éléments dans l’enseignement d’Anchise, Én.VI, 724-751.

IV. Structure générale de l’entité humaine, et ses correspondances dans la pensée romaine (Virgile en particulier).

N.B. Ce tableau a été composé à l’occasion d’un séminaire sur Virgile aux Universités de Lisbonne (1981), et il figure dans notre contribution de l’année 1983 aux Annales d’Eranos (Ascona, Suisse) : « Circuits de la Lumière: la transfiguration chez Virgile ».

C’est la reprise de l »‘échelle des plans » du tableau précédent, avec des précisions et des adjonctions.

Les précisions ont trait à cette échelle conjointe des « corps » et des « âmes » ou « esprits » qui caractérise la circulation des énergies à travers l’entité humaine. C’est ainsi qu’au plan le plus bas, il y a une « âme élémentaire » unie au corps matériel, et qu’au plan le plus élevé, il y a un « corps de gloire » uni à l’ »esprit de miroir ». Tel est l’enseignement de la 2e colonne.

On a aussi clairement distingué la région psychosomatique, ou plutôt le champ bio-énergétique, où dominent les phénomènes, le changement, de la région théo-énergétique, celle des noumènes, des mutations créatrices, de la Personnalité véritable. On a insisté sur la fonction médiatrice du Cœur et de l’Âme essentielle, qui sont comme des laboratoires d’expériences vitales, constitutrices d’être.

Adjonctions. La 3e colonne donne les expressions latines — telles qu’on les lit chez Cicéron, Virgile, Sénèque — qui équivalent à notre nomenclature de base. Il est précieux de reconnaître chez les Romains cette même structure générale, qui sous-tend toute leur philosophie, malgré les à peu près du vocabulaire. Consulter à ce sujet notre étude Le Barbare (sur l’énergétique de la romanité) (coll. « Latomus », Bruxelles, 1981), à partir de l’Index thématique.

La 4e colonne indique les correspondances entre niveaux ontologiques et divinités. Que sont en effet les « dieux » pour un initié romain? Des entités du monde d’en haut, de la sphère métaphysique; des fonctions, des attributs personnifiés de la Divinité, ou des Energies qualifiées comme les Sephiroth de la Cabbale… Mais aussi — chose capitale —les éléments immortels, divins, de la personnalité humaine, les images des fonctions et des niveaux essentiels inhérents à notre nature. Il y a ainsi une « théologie de l’être humain », qui n’est autre que cette « autologie » dont parle Coomaraswamy, et qui fait la liaison entre aspects intérieurs et extérieurs du Divin.

Exemple: Vénus est tout à la fois la Mère céleste, l’Amour créateur, la Beauté au cœur du monde, l’Ange préposé à l’éveil des « Fils de Dieu », et, en chacun de ceux-ci, l’image de leur Âme médiatrice, la figure de leur puissance de conversion, le « lieu » où l’Esprit se révèle au mental sublimé. Parfaite cohérence et infinie richesse.

Au-dessous du Cœur, qui, selon l’expression du Livre des Morts des Anciens Égyptiens, contient « les germes de tous les dieux », il n’y a plus de dieux, mais seulement des daïmones et des entités inférieures…

Sur la structure de l’être humain, consulter:

— David V. TANSLEY, Le corps subtil. Essence et ombre (tr. fr., Paris, Édit. du Seuil, 1977). — Aldous HUXLEY, La Philosophie éternelle (tr. fr., Paris, Plon, 1960). — Shri AUROBINDO, Métaphysique et psychologie (tr. fr., Paris, Albin Michel, 1976). — Jean PRIEUR, L’aura et le corps immortel (Paris, Robert Laffont, 1979). — Alice A. BAILEY, Traité sur le Feu cosmique (Genève, Édit. Lucis, 1973). — Eva MEYEROVITCH, Mystique et poésie en Islam (Paris, Desclée De Brouwer, 1972). —René GUÉNON, L’homme et son devenir selon le Védânta (Paris, Édit. Traditionnelles, 5e éd., 1970). — Julius EVOLA, La doctrine de l’éveil (tr. fr., Paris, Adyar, 1956; rééd. Milan, Édit. Archè). — Dr Thérèse BROSSE, La « Conscience-Énergie ». Structure de l’homme et de l’univers (Paris, Édit. Présence, 1978). — Charles BAUDOUIN, L’œuvre de Jung et la psychologie complexe (Paris, Payot, 1963). — Robert LINSSEN, Bouddhisme, taoïsme et Zen (Paris, Le Courrier du Livre, 1972). — Carlo SUARÉS, Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus (Paris, Robert Laffont, 1975). — Encyclopédie des mystiques, sous la dir. de M.-M. DAVY (4 vol., P., Seghers, 1978).