SarahMaïa : Emergence, naissance, sortie des eaux


08 Feb 2011

(Revue CoEvolution. No 10. Automne 1982)

Dans la nature, comme en nous-même, tout est cyclique. De tous temps, les hommes ont observé le ciel et les mouvements cycliques des planètes. Longtemps ils ont cru que le Soleil naissait chaque matin et mourait chaque soir ; cette alternance du jour et de la nuit qui rythmait leur temps de veille et de repos peut être rapprochée de l’idée de réincarnation à l’instant de notre naissance « nous mourons à la nuit », nous émergeons des eaux maternelles comme le soleil de l’Océan, à l’instant de notre mort « nous mourons au jour » pour entrer dans la nuit comme le Soleil s’immerge dans la mer.

Naître ici en mourant à une autre dimension et mourir là en naissant ailleurs : deux versions d’un même processus !

Norbu, lama tibétain dont nous suivions l’enseignement, nous fit remarquer un jour sans préambule : « On ne dit jamais : un mort est né ! ».

L’Être humain arrive au monde lorsque la similitude entre son ciel intérieur et le Cosmos est parfaite. Tous les évènements qui ont pu avancer ou retarder le moment de sa naissance ne sont que des incidences destinées à permettre cette coïncidence. Par la naissance le corps s’inscrit dans cette coïncidence et nous avons l’être humain dont le destin est lié à celui de notre planète et dont l’idéogramme est identique à celui de la Terre (En numérologie naissance = 519111535 = 4 coïncidence = 16953945535 = 1).

Le ciel est le reflet agrandi de notre ciel intérieur et ses changements/mouvements vont nous permettre de comprendre nos comportements.

Les saisons se succèdent : les graines enfouies germent et sortent de l’obscurité, de la Terre, les fleurs s’épanouissent, les fruits mûrissent, les feuilles tombent, la neige recouvre la nature et tout s’éveille au printemps !

La Lune tourne autour de la Terre reflétant la lumière du Soleil et change d’apparence suivant cet éclairage. A la Nouvelle Lune communément appelée lune noire dans nos campagnes (à ne pas confondre avec cette expression inventée par Carteret et utilisée en astrologie dans un sens différent) le soleil et la lune (énergies yang et yin) sont confondus, unis dans un acte d’amour — astrologiquement, on dit qu’ils sont en conjonction ; on peut en lire le moment exact sur les éphémérides.

L’énergie yang au maximum en cet instant peut être captée par chacun ; il est important d’être en état d’éveil. Je suggère une méditation à faire de préférence pieds nus dans la nature. Debout les pieds parallèles écartés de la largeur des épaules, le dos droit, le menton légèrement rentré pour aligner les vertèbres cervicales, le regard posé dans l’espace droit devant soi, à une longueur de bras tendu balayé par la main perpendiculaire, les bras le long du Corps.

Respirer profondément, régulièrement en sentant l’énergie yang descendre à chaque exaltation. Sur une inspiration, monter les bras tendus ouverts en V de part et d’autre de la tête, les paumes des mains face à face. Rester quelques minutes dans la position en respirant longuement, profondément, puis très lentement, fléchir les coudes et descendre sans en perdre conscience la grande boule d’énergie que vous sentez entre vos mains à la hauteur du centre de la poitrine et commencer à presser cette énergie doucement en sentant son élasticité jusqu’à ce que vos mains se trouvent dans le mudra de la prière.

Inspirez, gardez le souffle et pressez vos mains de toutes vos forces l’une contre l’autre pour diffuser cette énergie dans le chakra du cœur. Continuez à respirer longuement et profondément dans la position puis sur une expiration descendez vos bras le long du corps.

La méditation pourra se poursuivre debout ou assis.

Dans les jours qui suivent la Nouvelle Lune nous voyons la Lune sous la forme d’un fin croissant qui de jour en jour s’épaissit dans le ciel. Une semaine après la nouvelle lune, la lune a la forme d’un demi-cercle (à l’école on nous a appris à faire mentalement un P pour mémoriser que c’est le premier quartier).

Elle continue à grossir et bientôt nous la voyons toute ronde dans le ciel ; quinze jours se sont écoulés depuis la nouvelle lune, c’est la pleine lune. Pendant les quinze jours qui suivent, la lune va parcourir un chemin symétrique qui une semaine plus tard la mènera au dernier quartier et la ramènera à sa conjonction/union avec le Soleil 29 jours et demi après la nouvelle lune précédente.

Pour la commodité du raisonnement qui va suivre, nous arrondirons ce chiffre à 30 !

La lune fait le tour de la Terre en 28 jours. Pendant ces 28 jours, le Soleil a apparemment avancé de 28 degrés (en 365 jours, il semble en effet — vu de la Terre — parcourir 360°, ce qui fait une moyenne d’environ un degré par jour). Pour se trouver en conjonction/union avec le Soleil, il faudra environ deux jours de plus à la lune pour rattraper le Soleil (la vitesse de la Lune étant de 11 à 15 degrés par jour), donc :

— d’une nouvelle lune à la suivante il s’écoule 30 jours

— de la nouvelle lune à la pleine lune 15 jours (180°)

— de la nouvelle lune au premier quartier 7 jours et demi (90°).

Si nous comparons le Soleil à un homme et la Lune à une femme, la nouvelle lune, moment d’union, d’acte d’amour, peut être un moment de conception sur le plan biologique ; la lune/femme réceptive reçoit l’énergie (yang) du Soleil.

Entre la nouvelle lune et la pleine lune, la lune/femme prend des éléments pour se construire. Prend forme dans le ciel. Elle s’est aperçue qu’elle était enceinte dans les quelques jours qui ont suivi la Nouvelle Lune.

Au premier quartier elle a parcouru 90°, 7 jours et demi se sont écoulés depuis la nouvelle lune, elle doit modifier ses habitudes antérieures à la nouvelle lune pour permettre à l’enfant de prendre des éléments dont il a besoin pour se construire harmonieusement.

La pleine lune marquera l’accomplissement sur le plan physique : la naissance.

Alors que la nouvelle lune était un moment de subjectivité totale par manque de recul, la pleine lune marque l’objectivité, la prise de conscience : le yin et le yang se font face, de l’opposition naît la conscience.

A la pleine lune l’énergie yin qui monte de la Terre est à son maximum ; une méditation peut être faite pour la capter.

Commencez comme pour la méditation de la Nouvelle Lune. Restez quelques instants les bras tendus en V au-dessus de la tête puis sur une inspiration ouvrez vos bras tendus jusqu’à ce qu’ils viennent se surprendre à leur place de chaque côté du corps, formant un V renversé les paumes des mains de face (dans cette position, on peut sentir les rayons d’énergie qui partent de nos doigts). Restez quelques minutes dans cette position en respirant longuement, profondément, en sentant monter l’énergie Yin de la Terre que votre corps aspire à chaque inspiration. Sur une expiration fléchissez les coudes et accompagnez vos mains qui remontent et viennent se croiser devant la poitrine (la main droite sur la main gauche). Sentez que vous vous enveloppez de cette énergie comme d’une cape.

Pendant les quinze jours qui vont de la pleine lune à la prochaine nouvelle lune, la lune/femme disponible à nouveau, donne, transmet l’énergie dont elle s’est emplie pendant la phase croissante de son cycle.

Gardons l’image de la femme et de l’enfant, entre sa naissance — pleine lune — et le dernier quartier la mère donne une éducation à l’enfant.

Au dernier quartier elle se remet en cause, elle s’interroge sur la valeur de tout ce qu’elle a vécu depuis la nouvelle lune (22 jours et demi avant), cette remise en cause fondamentale la conduit à modifier sa pensée et elle se prépare à sa prochaine rencontre avec le Soleil qui à nouveau va la féconder.

Évidemment, ces exemples ne sont là que pour imaginer le déroulement de ce cycle accompli en un mois.

La lune, planète la plus rapide du zodiaque, reflétant la lumière du Soleil, source de vie, nous donne des indications sur le plan de la vie quotidienne.

A la nouvelle lune nous recevons l’inspiration, nous pouvons concevoir un projet que nous accomplirons à la pleine lune suivante, nous utiliserons le premier quartier pour modifier notre projet initial, et nous débarrasser d’habitudes antérieures qui freineraient cet accomplissement.

Au dernier quartier, nous nous interrogerons sur la valeur du projet, sur la façon dont nous l’avons réalisé, sur ce que nous avons fait pour le distribuer, pour le faire connaître — et nous nous préparerons à recevoir à la prochaine nouvelle lune une nouvelle inspiration.

Parce que la Terre tourne sur elle-même en 24 heures et autour du Soleil en un an ; qu’un jour dure 24 heures à l’équateur et un an au Pôle (six mois de jour et six mois de nuit) ; que dans la Bible, Dieu dit à l’homme « je te donnerai un an pour chacun de tes jours » ; nous transposons ce cycle réel de 30 jours sur 30 ans de vie.

Tous les 30 ans (le début de ce cycle étant fonction de l’angle soli-lunaire au moment de la naissance), l’homme fait l’expérience d’une nouvelle lune symbolique. Son psychisme (la lune) est fécondé par l’énergie de vie (le soleil) (Esprit).

Quinze ans plus tard, il arrive à l’accomplissement de ce qu’il a conçu, souvent inconsciemment, au moment de sa nouvelle lune symbolique ; c’est la pleine lune symbolique.

Au milieu de cette période, il vit un premier quartier symbolique : il a l’opportunité de quitter ce qu’il lui reste d’anciennes habitudes, de modifier ses actes de façon tangible.

Entre sa pleine lune symbolique et le dernier quartier symbolique, il donne, transmet, fait connaître ce qu’il a accompli/compris au moment de sa pleine lune symbolique.

Au dernier quartier symbolique, l’interrogation sur la valeur de tout ce qu’il a fait depuis 22 ans et demi le conduit à se poser la question : qu’est que je veux vraiment ? qu’est-ce que je désire ? — et l’oriente vers l’avenir de sa prochaine nouvelle lune symbolique. Pendant les trois ans qui précèdent cette nouvelle lune, il peut vivre des moments de doute, il a l’impression que ce qu’il entreprend n’aboutit pas. Ce sont des années-semences qui préparent la germination de la nouvelle lune suivante.

Savoir où nous en sommes de ce grand cycle permet de vivre plus consciemment les joies et les peines qui accompagnent chacune de ces périodes.

Savoir où en sont nos proches nous rend plus compréhensifs, plus tolérants à leur égard.

Vivre une évolution parallèle est un facteur de sympathie entre deux êtres.

Notre vie pourrait être comparée à un escalier en spirale dont chaque étage comporterait 12 marches ! 12 signes ! 12 maisons ! que nous aurions commencé à gravir dès l’instant de notre naissance. Chaque marche, chaque signe comprend 360°/12 = 30° ou 30 ans/ 12 = 2 1/2 ans de vie.

De la nouvelle lune à la pleine lune nous vivons une croissance organique, de la pleine lune à la nouvelle lune, une croissance psychique.

Chacune de nos énergies/planètes parcourt successivement et à son rythme cet escalier de la vie. Elles forment entre elles des angles qui varient au rythme des révolutions de chacune.

La relation évolutive que nous avons observée entre le soleil et la lune existe entre chaque couple de planètes et se déroule suivant le même principe.

A chacun, par ses observations sur lui-même, d’en tirer les enseignements qui y sont attachés.

En astrologie, rien n’est statique, tout est mouvement : évolution. L’astrologie ne peut être recevable que dans le cadre d’une philosophie qui englobe la réincarnation.

Nous sommes poussés par les vents de nos tendances vers une incarnation, des parents, un milieu social, des circonstances à partir desquelles nous évoluons.

L’astrologie est une connaissance (naitre avec) inscrite en nous. Nous pouvons par un long travail méditatif, avec des outils simples, la découvrir de l’intérieur en relation avec notre vécu.

L’étude de notre thème et de son évolution nous conduit à une meilleure connaissance de nous-même et a l’éveil de notre conscience.

Les lecteurs intéressés pourront suivre les activités de l’auteure sur son site et blog


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