André A. Dumas : Fantômes de vivants et « Bilocation »


02 Jul 2017

(Extrait de La Science de l’Âme, 2e édition. Dervy-Livres 1980) 

L’action physique et psychique de l’homme n’est pas confinée à la périphérie de son corps.

Alexandre AKSAKOF

De la télépathie à la psychorragie

Analysant les cas d’apparitions de personnes vivantes, coïncidant avec quelque crise que ces personnes subissent à distance, Myers (55, p. 218-219) notait que certains de ces faits « ne se laissent pas réduire à la conception de la télépathie pure et simple, en admettant même que cette conception ait reçu sa forme définitive ».

Quelquefois, en effet, l’apparition est vue par plus d’une personne à la fois, résultat qui ne devrait pas se produire s’il ne s’agissait que d’une transmission d’impressions d’un esprit a un autre.

Dans d’autres cas, le percipient a eu l’impression d’avoir joué un rôle actif, c’est-à-dire d’avoir, de quelque manière, visité un lieu et noté une scène éloignés, sans que l’occupant de ce lieu ou l’acteur de cette scène ait une relation immédiate avec le percipient.

Quelquefois, la « clairvoyance télépathique » est réciproque : deux personnes s’apparaissent l’une à l’autre en même temps, la scène de leur rencontre étant la même dans la vision de chacune ou tout au moins, l’expérience de l’une et de l’autre comportant des éléments communs.

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Examinons, par exemple, le cas rapporté par Mrs Beauchamp inséré dans le Journal de la S.P.R., 4e volume (pp. 280-290) et cité par Bozzano (101, pp. 25-26). Il s’agit un petit chien hindou, répondant au nom de Mégatherium, qui dormait dans la chambre de la fille de la narratrice, à l’étage au-dessous. Une nuit, Mrs. Beauchamp se réveilla soudain en entendant autour de son lit le sautillement caractéristique du petit Meg ; son mari, réveillé à son tour, entendit aussi le même bruit.

Ils allumèrent une bougie, ne trouvèrent rien, constatèrent que la porte était bien fermée et que le petit chien n’avait pu ni entrer dans la chambre ni en ressortir. En fait, Meg, en remuant, s’était enroulé la courroie de son petit vêtement autour du cou, et il s’était presque étranglé. Délivré, il ne tarda pas à se ranimer et à se rétablir.

Cette audition de bruits de pattes est considérée par Bozzano comme une traduction symbolique, en l’esprit des percipients, de l’appel télépathique de secours urgent émis par le petit animal. Ce serait donc un phénomène subjectif. Toutefois, on peut remarquer que le sautillement a été perçu par deux personnes la fois, et que, généralement, lorsque plusieurs personnes perçoivent un appel télépathique, la forme symbolique sous laquelle il est perçu est différente Pour chaque personne réceptrice : par exemple l’une voit et n’entend rien, l’autre entend et ne voit rien, et une troisième peut avoir une impression vague, sans caractère sensoriel. La perception par deux personnes à la fois du bruit des pattes du chien autorise à admettre le caractère objectif du phénomène et à soutenir que « quelque chose » de l’animal était présent ; il semble qu’il y ait eu là un déplacement dynamique dans l’espace, ce que Myers appelait la psychorragie, terme transformé par le docteur Bret en « métapsychorraie » (146). Ce déplacement dynamique pourrait être interprété à l’aide des notions acquises par 1’étude de la « substance invisible » et de sa subordination à l’activité mentale.

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Le cas devenu classique de Mlle Sagée est dû au témoignage de la baronne Julie de Güldenstubbe. Aksakof (147) et Delanne (148) ont reproduit, d’après Dale Owen, l’exposé de ce cas, auquel Richet, du fait qu’il n’est appuyé que par un seul témoignage, n’accordait aucune valeur, pas plus d’ailleurs qu’aux autres faits de ce genre, dits de « dédoublement » ou de « bilocation ».

Une institutrice, originaire de Dijon, Mlle Sagée (ou Saget, d’après les recherches de Flammarion (150, p. 9) dans l’état civil), qui enseigna en 1845 et 1846 au pensionnat de Neuwelcke, institut pour jeunes filles nobles, près de Volmar, en Livonie, aurait donné lieu a d’étranges phénomènes, constatés pendant 18 mois. Alors qu’elle écrivait au tableau noir, les élèves, parmi lesquelles se trouvaient Mlle de Güldenstubbe, auraient vu tout à coup deux Sagée, l’une à côté de l’autre ; l’une écrivant effectivement avec un morceau de craie, l’autre imitant les mouvements de la première. Une autre fois, on la vit à la fois cueillir des fleurs dans le jardin et se trouver dans un fauteuil, où elle apparut soudain. Mais, à ce moment, dans le jardin, ses mouvements étaient plus lents et plus lourds. Deux élèves plus hardies auraient touché l’apparition dans le fauteuil et auraient rencontré une résistance comparable à celle qu’offrirait un léger tissu de mousseline ou de crêpe. Ces manifestations avaient lieu principalement à des moments où elle était très préoccupée ou très appliquée à sa tâche. Lorsqu’elle reçut son congé, par suite de ces faits bizarres qui effrayaient élèves et parents, on apprit qu’elle avait été, déjà, de 16 à 32 ans, institutrice dans dix-huit établissements et que les mêmes phénomènes avaient provoqué son renvoi.

Cette histoire de « double » est très loin de présenter le même degré de certitude qu’une constatation expérimentale dans le laboratoire de l’I.M.I. de Paris ou dans le National Laboratory for Psychical Research de Londres.

Il faut être très circonspect en ce domaine, sans refuser cependant de l’étudier.

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Le cas Carne Raschse est appuyé par le témoignage de deux membres de la Chambre des Communes.

Quelque temps avant les vacances parlementaires de Pâques 1905, le major Sir Carne Raschse, député à la Chambre des Communes, tomba malade ; il avait de l’influenza, qui se compliqua de névrose, et son état devint assez grave pour l’empêcher de se rendre à son poste, bien qu’il fût très désireux d’appuyer le gouvernement dans la dernière séance précédant les vacances, qu’il estimait très importante.

Cependant, au cours du débat, les yeux de son ami Sir Gilbert Parker tombèrent sur Sir Carne Raschse, assis près de sa place habituelle. Il lui fit un signe amical, en lui disant, sachant qu’il avait été malade : « J’espère que vous allez mieux. » Mais à sa grande surprise, il ne fit aucun signe de réponse ; son visage était très pâle, il était assis, tranquille et appuyé sur une main ; l’expression de sa figure était impassible et dure. Sir Gilbert Parker songea un instant à ce qu’il devait faire, mais lorsqu’il se retourna vers son ami, il avait disparu. Il se mit aussitôt à sa recherche, espérant le trouver dans le vestibule, mais en vain ; il interrogea les huissiers et les cochers, personne n’avait vu Sir Carne Raschse.

Sir Gilbert Parker apprit que Sir Henry Meysey-Thompson l’avait aussi cherché sans résultat, mais c’était pour un motif parlementaire et il ne l’avait pas vu ; il fut très impressionné de ce que lui dit son collègue et prit note du jour et de l’heure de la vision (Empire, 14 mai 1905).

Un autre témoignage a confirmé celui de Sir Gilbert Parker : Sir Arthur Hayter a vu, lui aussi, Sir Carne Raschse et il a attiré l’attention de Sir Henry Bannerman sur la présence de leur collègue (Daily News, 17 mai 1905).

Celui-ci fut bien étonné, peu après, de recevoir les compliments de ses deux amis qui le félicitaient d’être encore en vie ; toute sa famille fut épouvantée par l’histoire de son apparition. Quant à lui, il fut convaincu d’être réellement apparu à la Chambre des Communes, préoccupé qu’il était par cette séance où il ne pouvait se rendre (A.S.P., juin 1905 ; 150, pp. 54-55 ; 146, pp. 73-74).

De la clairvoyance à la bilocation

Jusqu’ici, il s’agit de formes que la conscience ne semble pas animer, et les individus « dédoublés » n’ont pas éprouvé de visions ou de rêves qui pourraient faire penser à un déplacement, dans l’espace, de la conscience et de « quelque chose » qui serait doué, en quelque sorte, de propriétés sensorielles.

D’autres faits viennent précisément répondre à cette hypothèse.

On a souvent cité le cas classique de Goethe, se promenant en compagnie d’un ami, sur la route de Weimar et apercevant son ami Frédéric qu’il croyait se trouver à Francfort ; l’illustre poète s’étonna en riant : « Mais c’est bien lui ! Frédéric ! Toi ici à Weimar ? Mais, mon cher, comme te voilà fait ? Habillé de ma robe de chambre.., avec mon bonnet de nuit.., avec mes pantoufles aux pieds, ici, sur la grande route ! »

Tandis que le compagnon de route de Goethe, qui ne voyait absolument rien, s’épouvantait, croyant le poète subitement atteint de folie, Frédéric disparut brusquement aux yeux de celui-ci, qui comprit qu’il avait eu une vision et se demanda si son ami ne venait pas de mourir brusquement. Mais en rentrant chez lui, il trouva Frédéric, en chair et en os, à la maison.

Que s’était-il passé ? Frédéric était arrivé au logis de Goethe trempé par la pluie et il s’était revêtu des vêtements secs du poète ; puis il s’était endormi dans un fauteuil ; il avait rêve qu’il allait à la rencontre de Goethe et que celui-ci l’avait interpellé avec les paroles mêmes qu’il avait réellement prononcées.

C’est avec quelque légèreté, semble-t-il, que Flammarion a émis l’hypothèse (150, p. 43) qu’il s’agit ici d’une transmission d’images par ondes psychiques entre deux cerveaux harmonieusement accordés, l’un remplissant le rôle d’appareil émetteur d’ondes et l’autre de récepteur », et que « le rêve de l’ami a pu se transmettre à Goethe sous formes d’ondes éthérées, lesquelles, en frappant le cerveau du poète, ont reconstitué l’image réelle. » Car, si l’on peut admettre, à la rigueur, que la vision, avec ses particularités vestimentaires, a été provoquée télépathiquement par l’« image de soi » de Frédéric, il serait par contre tout à fait déraisonnable de soutenir que ce sont les paroles rêvées par celui-ci qui ont déterminé les paroles réelles prononcées par Goethe, alors que celles-ci ont été précisément provoquées par la vision et que ce sont elles qui, d’une manière ou d’une autre, ont déterminé la partie auditive du rêve de Frédéric.

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Dans d’autres phénomènes, il semble y avoir eu déplacement conscientiel et sensoriel, mais sans apparition visible. C’est le cas de l’ingénieur Cromwell Varley, membre de la Royal Society (10, p. 164). Au cours d’études sur la faïence, les vapeurs d’acide fluorhydrique, qu’il avait largement employé, lui avaient causé des spasmes de la glotte. Il lui arrivait fréquemment d’être réveillé par une attaque spasmodique. Il se soulageait en respirant de l’éther sulfurique, mais l’odeur lui en était si désagréable qu’il adopta le chloroforme. Quand l’insensibilité se produisait, il retombait sur le dos en laissant retomber l’éponge. Mais, une nuit, il retomba dans son lit en retenant l’éponge imbibée, qui resta appliquée sur sa bouche.

Mme Varley, nourrissant son enfant malade, était dans la chambre au-dessus de la sienne. Au bout de quelques instants, il redevint conscient ; il se voyait lui-même couché sur le dos, avec l’éponge sur la bouche, incapable de faire aucun mouvement. Il voyait aussi sa femme, en haut, et par sa volonté, il chercha à faire pénétrer en elle la notion du danger qu’il courait. Elle se leva, comme sous le coup d’une vive alarme, descendit et se hâta d’enlever l’éponge. Il s’efforça alors de lui suggérer de lui rappeler le lendemain matin la manière dont le fait s’était produit, de manière à provoquer en lui le souvenir de cette scène.

Ernest Bozzano (149, p. 63) a reproduit un cas analogue, relaté par l’ingénieur Joseph Costa dans son ouvrage Di la della Vita (L’Au-delà de la Vie) : celui-ci, surmené par la préparation intense aux examens de la licence, se laissa tomber une nuit, évanoui plutôt qu’endormi, sur son lit, sans éteindre une lampe à pétrole qui continuait de brûler sur la table de nuit. Un mouvement inconscient du bras, probablement, renversa entre la table et le lit la lampe qui ne s’éteignit pas, mais fit une fumée épaisse, remplissant la chambre d’un nuage noir de gaz irrespirables. Il eut soudain la sensation nette et précise de se trouver avec son seul « moi » pensant, au milieu de la chambre, complètement séparé du corps qu’il voyait allongé sur le lit, Il éprouvait d’extraordinaires sensations de légèreté et de liberté, en même temps qu’une grande angoisse. Il tenta de soulever la lampe, puis d’ouvrir la fenêtre, mais en vain. Il ne parvenait pas non plus à remuer, par la volonté, les membres de son corps gisant immobile. Il pensa alors à sa mère, qui dormait dans la chambre à coté, il la vit, à travers le mur, descendre précipitamment du lit, courir à sa fenêtre, l’ouvrir, comme si elle exécutait la pensée qu’il avait eue avant de l’appeler mentalement, puis sortir de la chambre, tourner dans le corridor et pénétrer à tâtons dans la chambre enfumée. Il lui sembla que le contact de sa mère fit rentrer son « moi » dans son corps, et il se réveilla, la gorge sèche, des coups de marteau aux tempes, la respiration haletante, le cœur battant violemment dans la poitrine.

Telle est la curieuse aventure éprouvée par Costa, qui le détermina à s’occuper des phénomènes supranormaux, des expériences médiumniques et du spiritisme, toutes choses qui étaient entièrement étrangères jusque-là à cet esprit positif.

La mère de Costa n’a pas vu le « double » de son fils, pas plus que Mme Varley n’a vu celui de son mari, mais toutes deux ont accompli des actes sauveteurs par suite d’une action télépathique, dont l’origine était le « moi » de l’accidenté, « moi » qui, localisé en dehors de l’organisme, était en même temps doué d’une sensorialité étendue lui permettant de voir ces actes sauveteurs.

Or, il y a une parenté évidente entre ces phénomènes et celui de Frédéric apparaissant à Goethe, probablement aussi par une action télépathique, mais de type visuel. De même que Varley a vu sa femme, que Costa a vu sa mère, agir conformément à l’action télépathique exercée, de même, Frédéric a entendu les paroles prononcées par Goethe prouvant la vision. Sous leur diversité apparente, ces phénomènes sont de même ordre.

J’ai enregistré moi-même un cas du même ordre que celui de Goethe-Frédéric et que Gurney aurait classé dans le chapitre de la « Télépathie réciproque ».

Le samedi 6 juillet 1940, immédiatement après l’invasion et l’armistice, une séance expérimentale de clairvoyance avait lieu au siège de l’Union Spirite Française, à Paris. Le sujet, Mme Dartès, dit : « Il y a ici J… ! (elle donnait le nom de famille entier). Cela intéresse-t-il quelqu’un ? » Elle répéta sa question et comme personne ne répondait, ma mère et moi, pensant à notre ami Léon J…, qui avait évacué Paris avec son unité le 13 juin et dont nous n’avions évidemment aucune nouvelle, demandâmes : « Que dit-il ? » — « Il dit qu’il va bien et va donner bientôt de ses nouvelles. »

Nous pensâmes qu’il avait dû arriver quelque chose à notre ami ; lorsque les communications postales avec la « zone libre » furent rétablies, je reçus du Puy (Haute-Loire) une carte de Léon J… qui nous rassurait sur son sort. Je lui donnai immédiatement des nouvelles en ajoutant cette simple question : « Que faisiez-vous le samedi 6 juillet, vers 15 h 30 ? »

C’est seulement le 14 septembre, date de son retour Paris, qu’il put m’expliquer que, à cette date, il était à Ibos, dans les Hautes-Pyrénées. Il faisait la sieste, avec ses camarades, sur la paille d’une écurie, et s’était endormi, vers 15 heures, puis avait fait un rêve, au cours duquel il se vit au siège du l’U.S.F., dans une réunion habituelle : les auditeurs lui apparaissaient comme dans un brouillard ; il voyait très nettement Mme Dartès et n’avait aucune conscience de la présence de toute autre personne connue. Il se voyait légèrement penché et comme flottant au-dessus du sol. Mme Dartès le regardait, lui semblait-il, et il lui dit : « C’est moi, J… », puis après un moment : « Je vais bien et je vais vous donner de mes nouvelles bientôt. »

Puis ce rêve fut suivi d’un réveil brutal, sans cause extérieure apparente, car tout était calme. Mais son corps était baigné de sueur, au point qu’il alla passer sa tête et son torse sous l’eau fraîche de la pompe de la ferme.

Léon J… trouva ridicule ce rêve et ne comprenait pas pourquoi il avait rêvé à Mme Dartès plutôt qu’à ma mère ou à moi, en raison de notre intimité beaucoup plus grande et avait d’ailleurs, les jours précédents, songé aux moyens de nous donner de ses nouvelles. De plus, il lui paraissait impossible qu’une réunion pût se tenir a Paris, aux premiers jours de l’occupation allemande.

* *

Voici un fait relaté par une institutrice soviétique et recueilli par L.-L. Vassiliev (75, pp. 27-28) :

En automne 1942, mon mari se trouvait à Chadrinsk, à l’École militaire des Instructeurs Politiques. Je savais qu’il serait envoyé au front après le mois de mai. Je travaillais alors au Comité des Écoles Primaires et Secondaires, en qualité de Présidente. Une fois, au mois de mars, je suis rentrée chez moi très fatiguée. J’habitais très loin du centre et je devais faire tout le trajet à pied. Je me souviens de m’être assise dans un fauteuil de la salle à manger et de m’être endormie aussitôt. Soudain, j’ai eu une vision : je reçois de mon mari un télégramme ainsi libellé : « Je pars aujourd’hui pour Sverdlovsk — Partons pour le front — Je t’embrasse — Georges. » Je me levai brusquement mais pas de télégramme ! Pourtant, j’en avais eu la vision très nette et j’étais persuadée qu’on devait me remettre ce télégramme. Sans même prendre le temps de manger, je me précipitai en ville. Je fis les démarches nécessaires pour obtenir un laissez-passer disant que mon mari partait pour le front et qu’il m’avait envoyé un télégramme. Je pris le premier train pour Sverdlovsk, à 5 heures du matin. Ma fille, mariée à un agent du N.K.V.D., habitait cette ville. Arrivée chez elle, je lui parlai du télégramme reçu en rêve. Mon billet de chemin de fer était valable pour aller jusqu’à Chadrinsk et je devais le faire composter à la gare. Nous nous habillâmes, mais nous ne pûmes quitter la maison qu’au bout d’une heure. Nous restions là à bavarder, nos pelisses sur le dos, attendant on ne sait quoi. Soudain, quelqu’un s’est mis à tambouriner fortement à la porte. Ma fille s’est précipitée pour l’ouvrir : mon mari se trouvait sur le seuil. « Maman est là ? » fut sa première question. « Oui, elle est ici », répondit Rita. « Je le savais ! » Il avait en effet écrit un télégramme, mais ne l’avait pas envoyé, bien qu’il eût essayé plusieurs fois de le faire, se demandant si je pourrais le recevoir ou si cela ne servirait qu’à m’inquiéter davantage. J’avais « reçu » ce télégramme non envoyé. Le convoi militaire de mon mari s’était arrêté pour deux heures à Sverdlovsk et je pus voyager avec mon mari pour le reconduire sur le front.

Tous les faits que je rapporte sont connus de tous les membres de ma famille. Mon fils, V.-G. Aguénossov, directeur de l’École Secondaire no 32, se souvient des moindres détails de mes étranges visions.

Le 9 mai 1961,

S. Aguénossova.

Il est évident, bien que ce fait puisse être classé sous la rubrique « Télépathie dans le rêve », qu’il a une signification beaucoup plus importante : deux êtres, liés par un sentiment d’amour mutuel, sont entrés en communication, aussi bien et mieux sans doute que par télégrammes, et ont en fait pris rendez-vous et se sont retrouvés. Tout s’est passé comme si les contingences n’avaient pas eu d’importance décisive, et comme si un accord entre deux esprits avait réglé cette rencontre, par des moyens nettement « extrasensoriels ».

Le cas Wilmot

Le fait qui va être exposé maintenant a été soumis à une sévère enquête par le docteur Richard Hodgson et ses collaborateurs de la S.P.R. et publié avec les divers témoignages recueillis, dans les Proceedings of the S.P.R, (volume VII, 1891).

M. William J. Tait, fils d’un clergyman anglais et bibliothécaire de l’Associated Library, s’était embarqué à Cork, en Irlande, le 2 octobre 1866, sur le paquebot City of Limerick, se rendant à New York ; M. H.-R. Wilmot, industriel américain, dont il avait fait connaissance au cours d’un précédent voyage et avec lequel il avait noué des rapports cordiaux, occupait la même cabine.

Le 10 octobre, vers 10 heures du soir, les deux voyageurs s’étaient couchés dans leur cabine, M. Wilmot dans la couchette inférieure, où il ne tarda pas à s’endormir, M. Tait, tout habillé, dans la couchette supérieure.

La tempête faisait rage depuis deux jours et secouait le navire ; aussi, M. Tait, peu habitué aux traversées maritimes, ne parvenait pas à fermer l’œil ; la cabine était éclairée par une bougie fixée à la paroi et entourée d’un tube de verre. Tout à coup, en tournant les yeux, M. Tait vit à son grand étonnement une jeune dame, habillée dun grand peignoir blanc, qui était entrée là sans qu’il comprît comment, puisque la porte était fermée, et qu’on n’aurait pu l’ouvrir sans bruit. La jeune dame regardait M. Tait d’un air embarrassé, puis elle sembla se décider tout à coup, s’avança vers la couchette inférieure où M. Wilmot était endormi, et déposa un baiser sur le front.

M. Tait, de plus en plus étonné, fit un brusque mouvement pour se mettre sur son séant et, ce faisant, perdit de vue pendant une seconde la mystérieuse visiteuse ; quand il tourna de nouveau le regard vers elle, il n’y avait plus personne : elle ne pouvait pas être sortie et pourtant elle n’était plus là ! M. Tait se demanda tout d’abord s’il n’avait pas rêvé et se convainquit, malgré tout, que pas un instant, il n’avait pu se laisser aller au sommeil.

M. Wilmot s’étant réveillé en sursaut après un violent coup de roulis, M. Tait, en riant, fit allusion aux jolies dames que son compagnon recevait pendant son sommeil.

M. Wilmot, un peu gêné, sourit, et demanda : « Ai-je parlé en dormant ? Je viens de rêver que Mme Wilmot est venue me voir et qu’elle m’a embrassé. »

C’est alors que M. Tait raconta à son compagnon de voyage, la scène dont il avait été le témoin stupéfié. Il la rapporta aussi le lendemain matin à plusieurs autres passagers, dont quelques-uns ont apporté plus tard leur témoignage à l’enquête de la S.P.R.

Après son débarquement à New York, M. Wilmot se rendit par le train chez lui, à Watertown (Connecticut), où il retrouva sa femme et ses deux enfants.

Lorsqu’ils furent seuls, une des premières questions que Mme Wilmot posa à son mari fut celle-ci : « Avez-vous reçu ma visite, mardi dernier ? »

M. Wilmot fit l’étonné, éluda sa réponse afin de ne pas influencer sa femme et amena habilement celle-ci à exposer ce qui lui était arrivé.

Mme Wilmot lui raconta alors que, par suite de la violente tempête qui venait, d’après les journaux, de causer la perte de vapeur Afrika, elle avait été très anxieuse quant au sort du City of Limerick ; le soir du 10 octobre, se trouvant seule dans sa chambre, assise dans son fauteuil et habillée de son peignoir blanc, il lui sembla qu’elle allait chercher son mari ; après avoir parcouru une vaste étendue de mer en tempête, elle avisa enfin un vapeur bas, peint en noir, dans lequel elle pénétra : descendant sous le pont du navire, elle traversa le salon commun et entra dans la cabine de son mari. À ce point de son récit, Mme Wilmot demanda : « Y a-t-il donc des cabines dont la couchette supérieure s’étend au-delà de celle inférieure ? Un homme se tenait dans la couchette d’en haut et me regardait fixement ; j’en ai été troublée durant un petit moment ; mais ensuite j’ai été a votre oreiller et je vous ai embrassé, après quoi je me suis retirée. »

La description du navire par Mme Wilmot, quoique elle ne l’eût jamais vu, était correcte en tous points ; la couchette occupée par M. Tait s’étendait exceptionnellement au-delà de celle de M. Wilmot, la cabine qu’ils occupaient étant placée tout à fait à la poupe du navire, dont elle empruntait la forme courbe.

Il faut noter que, de son côté, Mme Wilmot avait parlé de son étrange rêve à des personnes de son entourage dont le témoignage fut aussi recueilli.

On a tenté de réduire ce cas, comme les autres du même ordre, à la télépathie ; Mme Henry Sidgwick s’efforça, à l’époque de sa publication, de l’expliquer par une triple transmission mentale combinée : une de Mme Wilmot à son mari qui l’aurait perçue en rêve ; une autre, de M. Wilmot à sa femme, lui fournissant ainsi la connaissance de certains détails relatifs au navire et à la cabine ; enfin, une transmission mentale de M. Wilmot à M. Tait, provoquant chez celui-ci une hallucination télépathique.

Cette explication, très complexe, est artificielle, car elle suppose une parfaite coordination et une parfaite simultanéité de ces transmissions, l’absence de toute déformation, conditions qui, nous l’avons vu, sont loin de correspondre aux modalités établies par l’expérimentation en télépathie. Et, malgré tout, cette thèse ne parvient pas à expliquer comment Mme Wilmot a pu voir M. Tait la regarder fixement, ce qui correspondait bien à la réalité.

Que conclure ?

René Sudre (74) repousse la théorie hallucinatoire des « fantômes des vivants »,,qu’il estime devoir être classés en général parmi les phénomènes physiques, c’est-à-dire comme projections idéoplastiques à grandes distances. En fait, si les fantômes de vivants ont un caractère objectif, l’idéoplastie y joue certainement un rôle, qui ne serait qu’une extension de celui que les faits révèlent dans les « créations matérialisées de la pensée ». Si chaque individu porte dans son subconscient une image de soi, celle-ci doit comporter notre apparence complète, c’est-à-dire aussi l’image de nos vêtements, de sorte que, considérés « de l’extérieur », les fantômes de vivants peuvent être interprétés comme des projections idéoplastiques de l’« image de soi » subconsciente.

Mais, si on les considère « de l’intérieur », c’est-à-dire si l’on n’oublie pas les perceptions télésthétiques qui en accompagnent un certain nombre, la solution n’est pas si simple.

Comparons les cas précédents avec celui de l’exploratrice Edith Archdale qui, étendue dans un fauteuil et soumise à l’action du chloroforme, fit des réflexions au dentiste et au médecin sur la tenue des personnes passant dans la rue, avec des détails caractéristiques qu’ils ne purent vérifier qu’en se penchant au balcon (chapitre IV). Elle éprouva d’ailleurs, à cette occasion, des impressions de dilatation spirituelle rappelant celles de Costa, il lui semblait « posséder des connaissances s’étendant à des siècles ». Ici, il n’y a eu que télésthésie, c’est-à-dire déplacement du « moi » et perception à distance sans le secours de sens matériels, tandis que le « moi » extériorisé de Varley, non seulement a vu sa femme à l’étage supérieur mais aussi a exercé une action volontaire sur son esprit, et que l’ingénieur Costa, dans des conditions semblables, a exercé une action analogue sur sa mère endormie.

Entre ces deux derniers faits, et, d’une part, le rêve de Frédéric coïncidant avec la vision de Goethe, d’autre part, le cas de mon ami Léon J…, il y a, outre le déplacement du « moi », un autre élément commun, l’action d’une pensée accompagnée de la conscience de cette action : Frédéric rêve qu’il va sur la route de Weimar au-devant de Goethe, qui le voit effectivement ; Varley et Costa projettent leur volonté Pour que la femme de l’un, la mère de l’autre, viennent respectivement à leur secours ; celles-ci n’ont rien vu, mais, dans l’un et l’autre cas, elles ont obéi à une impulsion soudaine, comme des somnambules obéissent à une suggestion mentale ; Mme Dartès non plus, n’a pas vu Léon J., mais elle a entendu son message.

On peut donc considérer la télésthésie du type du cas Archdale, c’est-à-dire accompagnée de l’inertie du corps physique, comme une des premières phases de la métapsychorragie, comme le commencement de la formation d’un « double », phase consistant en l’extériorisation hors de l’organisme, de la conscience et des facultés de perception, sans que la forme personnelle soit rendue visible.

Mais, s’il est légitime de concevoir la télésthésie sous cet angle, la connaissance supranormale à l’état de veille, la « clairvoyance », peut être considérée comme un degré encore moins accentué du même phénomène fondamental, consistant dans le seul élargissement de l’aire d’activité des facultés de perception, sans extériorisation du « moi ».

Nous sommes ainsi en présence d’une gamme complète, ou plutôt de deux gammes de phénomènes se fondant en une seule : d’une part, extension, au-delà des possibilités corporelles, de 1activité des facultés de perception, c’est-à-dire du sens psychique (voir chapitre VI), sans déplacement de la conscience : c’est la clairvoyance ; extériorisation du sens psychique avec déplacement et localisation du « moi » hors de l’organisme physique endormi, sans manifestation fantasmale visible ou objective de quelque manière : c’est la télesthésie (cas Archdale) ; puis, extériorisation du « moi » et du sens psychique, sans manifestation fantasmale visible, mais accompagnée d’une action volontaire sur l’esprit d’un tiers (cas Varley et Costa).

D’autre part, manifestations fantasmales, présentant des modalités variées, mais sans extension et extériorisation concomitantes du sens psychique et de la conscience apparitions dites télépathiques, « doubles » du type Sir Carne Raschse, perçus par plusieurs témoins, doubles autoscopiques, où le sujet voit lui-même sa propre image, vue aussi dans quelques cas par d’autres témoins.

Enfin, au sommet et au point de rencontre de ces deux séries de phénomènes, nous trouvons les cas définis par un déplacement, une localisation du « moi » et du sens psychique hors de l’organisme physique, avec manifestation d’une forme fantasmale visible pour un (cas Goethe-Frédéric) ou plusieurs témoins, et agissante, avec souvenir de l’action (cas Wilmot).

* *

D’autre part, la clairvoyance se manifeste à l’état de veille chez de nombreux sujets pour lesquels l’exercice de cette faculté n’exige qu’un certain état de passivité, de calme mental ; et son étude ne nous a pas amené à conclure dans le sens d’un déplacement spatial, d’une « extériorisation », d’une « sortie », si faible soitelle, de l’esprit hors du corps, mais bien plutôt d’une déviation de l’attention, d’une orientation différente des facultés de perception.

La difficulté de comprendre à la fois les phénomènes de télesthésie et les manifestations objectives de vivants à distance, ne provient-elle pas de l’antique conception de l’esprit enfermé dans le corps ? Ne devrait-on pas plutôt, au contraire, et la notion de subconscient collectif suggérée par d’autres faits nous y aide, considérer que la fraction d’espace occupée par le corps est minime en regard de celle qu’occupe 1esprit ? Si l’on se représente le corps comme l’expression matérielle d’une fraction seulement d’un élément psycho-dynamique dont les possibilités perceptives et efficientes sont spatialement beaucoup plus étendues, on peut éviter de faire appel aux conceptions et au langage de l’homme paléolithique que Myers déplorait d’être obligé d’employer pour exposer et interpréter ces phénomènes dits de psychorragie ou de « bilocation ». Myers ne pensait pas qu’il y eut sortie, hors du corps, du principe entier de la vie, mais plutôt d’un élément psychique « définissable surtout par son pouvoir de produire dans une partie de l’espace un fantasme perceptible par une ou plusieurs personnes ».

Il n’y aurait pas, selon l’hypothèse que nous suggèrent les faits, « sortie » spirituelle hors du corps, à proprement parler, car il y a déjà, tout autour de lui, « présence » spirituelle dans un espace très étendu. Il n’y aurait que déviation de l’attention, extension de la perception, pour la métagnomie ; décentralisation de l’activité dynamique pour la bilocation.

L’hypothèse du « double »

Une des plus anciennes théories imaginées pour expliquer les apparitions de vivants et de décédés, lesquelles ont été notées par l’humanité dès l’aube de l’histoire, probablement même à l’époque préhistorique, et constituent, de nos jours encore, une des bases des croyances spiritualistes des peuples sauvages (voir chapitre XVIII), est celle d’un « double éthéré » qui s’échappe du corps, d’une manière définitive au moment de la mort, et qui peut parfois se rendre visible.

Cette conception, qui a revêtu des formes diverses à travers l’histoire et suivant les peuples, se retrouve plus ou moins modernisée, dans les théories de l’occultisme, du spiritisme et de la théosophie. La théorie du double « fluidique », corps astral des occultistes et des théosophes, perisprit d’Allan Kardec et des spirites latins, corps éthérique des spirites anglo-saxons, s’appuie sur un certain nombre d’arguments d’ordre psychologique, biologique et surtout métapsychique, en particulier sur les « fantômes de vivants » et les phénomènes de « bilocation » sur lesquels Gabriel Delanne et Ernest Bozzano ont publié d’importantes études (148, 149). Bozzano a rattaché aux phénomènes de bilocation les sensations d’intégrité chez les amputés, dont les membres absents leur font mal. On sait que ces faits auxquels le docteur Weir Mitchell, William James (76, pp. 27-42) et la doctoresse Pelletier ont consacré d’intéressantes enquêtes, sont généralement expliqués par la théorie des sensations périphériques, selon laquelle les extrémités coupées des nerfs aboutissant au moignon seraient excitées par divers éléments extérieurs, et cette excitation donnerait naissance à l’autre bout des nerfs, dans le cerveau, à un ensemble de sensations qui feraient naître l’illusion que le membre amputé est encore là.

Beaucoup de chirurgiens partagent encore « cette opinion simpliste », qui n’est pas celle de Jean Lhermite (21, pp. 169-173) et de son collaborateur Susic (de Zagreb), car « Si le membre fantôme, écrit Lhermitte, était l’expression d’excitations périphériques, comment pourrait-on expliquer que l’amputé établit parfaitement la discrimination des douleurs ou des sensations qu’il perçoit dans son moignon d’avec celles dont le membre fantôme est l’origine ? »

Bozzano voit dans les sensations des amputés un argument en faveur de la théorie du « corps éthérique » tandis que pour Lhermitte, elles sont dues au fait que chacun de nous possède à l’arrière-plan de sa conscience une image très complexe de sa propre personne physique, à laquelle il faudrait rapporter aussi les phénomènes, dits Hallucinations autoscopiques par le docteur Sollier.

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À l’appui de la thèse du « double éthérique » on a invoqué certains faits d’ordre photographique, mais ce qu’on sait sur les possibilités de l’idéographie rend très faible tout argument base exclusivement sur des documents photographiques. On a aussi donné une certaine importance aux expériences de dédoublement » de sujets magnétisés, réalisés par Hector Durville et par Lancelin. Mais, dans ces expériences, les diverses phases d’extériorisation du « double » étaient décrites par les sujets eux-mêmes, de sorte qu’il y a de très fortes présomptions pour que la suggestion inconsciente de leurs idées théoriques sur le « double » ait été transmise à leurs sujets par ces expérimentateurs, auxquels cas ceux-ci devaient nécessairement trouver dans leurs expériences la confirmation de leurs vues ; pour les mêmes raisons, les expériences de De Rochas sur l’« extériorisation de la sensibilité » n’ont pas beaucoup plus de valeur.

Un autre moyen de démonstration avait fait naître beaucoup d’espoir en 1934. Il s’agissait des résultats d’expériences publiées par l’Américain docteur R.-A. Watters qui, dans son livre The Intra-Atomic Quantity, prétendait avoir réussi à photographier le « corps éthérique » de grillons, souris et grenouilles, au moment de leur mort, au moyen de la Chambre Wilson servant à observer et photographier les trajectoires des électrons et autres particules, au cours des expériences de désintégration de la matière. Mais de nouvelles recherches effectuées par le docteur Watters lui-même, ont établi que le « corps éthérique » n’y est pour rien : le nuage observé, différent pour une grenouille ou une sauterelle, est produit par les gaz ionisés dégagés du cadavre (H. Carrington, J. of A.S.P.R., nov. 1939) [1].

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Ce sont, jusqu’à présent, les phénomènes de matérialisation (voir chapitre XIV) qui constituent l’argument le plus sérieux et le plus important pour l’hypothèse d’un organisme dynamique, d’un système anatomique de lignes de force, que je propose de nommer le psychorganisme ; mais il faut se pénétrer de cette idée que ces problèmes ne sont pas simples et que nous ne savons pas grand-chose. Si certains faits nous suggèrent que la notion de « double », de « corps éthérique », de « psychorganisme » correspond à quelque réalité, on ne devra pas se dissimuler que celui-ci n’est peut-être, cependant, pas davantage ce qu’il semble être que la matière qui impressionne nos sens : de même que le physicien contemporain est obligé, par les théories de la mécanique ondulatoire, d’essayer, sans y parvenir, de se représenter quelque chose qui serait à la fois corpuscule et ondulation, de même il faut s’attendre, en approfondissant les problèmes posés par les phénomènes supranormaux, à nous trouver devant des contradictions provenant de l’incapacité humaine d’embrasser à la fois tous les aspects de la réalité.

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1 Cependant, les expériences photo-électroniques des chercheurs soviétiques S. et V. Kirlian, reprises par les investigateurs américains, tendant à établir l’existence d’un champ bio-électrique structurant chez les plantes et les animaux, ouvrent une nouvelle voie de recherches (voir chapitre XVII. Evolution biopsychique, évolution spirituelle, en note).