Hommage à Léon Delpech


17 Dec 2017

(Revue Arkologie. No 2. Février 1987)

Texte rédigé par son épouse et sa fille

Né à Alger le 5 mars 1908. Brillantes études universitai­res à Aix-en-Provence où il aura pour maîtres M. Blondel et J. Paliard avec lesquels il établira des rapports d’amitié et d’échanges intellectuels ; puis à Paris où il suit les cours de Jean Baruzi, Brunschwieg, Lalande, Pierre Janet.

En 1934 il se marie à Paris et un an plus tard naît une petite fille. En 1935 il devient professeur de philosophie : il se lie avec Albert Camus et Jean Grenier ; correspond avec Gaston Bachelard et se montre passionné par les travaux d’Alexis Carrel.

Dès 1930 il avait fait la rencontre de l’écrivain qui le fascinera le plus : André Malraux dont il deviendra l’ami (ce dernier sera son témoin de mariage). Il trouvera chez cet écrivain la dimension tragique de la Destinée humaine : cette angoisse que connais­sent tous les héros de la Condition humaine ainsi que le but de l’action humaine : « la volonté de déité ». Il retrouve cette philosophie du tragique qui l’avait exalté dans les œuvres de Dostoïevski : « les Frères Karamazov » était pour lui un livre très important. (La pensée et la philosophie russe l’ont toujours beaucoup intéressé).

1943. Il devient Directeur du Cen­tre d’Orientation professionnelle de Toulon.

1947. Nommé Chargé de cours aux Facultés d’Aix et Marseille. Il crée à Toulon « La Société méditerranéenne de philosophie ».

1950. Nommé Assistant de Gaston Berger à la Faculté des Lettres d’Aix.

En 1951 fait un rapport au Collo­que international sur les Machines à penser. Écrira une série d’articles sur la Cybernétique et se montrera pré­curseur dans son champ d’application à la psychologie sociale.

En 1956 il est chargé d’enseigne­ment à la Faculté des Lettres d’Alger (Psychologie-Sociologie).

1960. Cours sur C.G. Jung à la radio d’Alger. Durant la guerre il s’était initié à la psychanalyse avec le Professeur D. Lagache. Plus tard il devint l’ami du Dr. Angelo Hesnard qui avait introduit la psychanalyse en France en 1931. Mais il s’opposait à Freud car il critiquait ses théories auxquelles il appliquait le terme de « ter­rorisme idéologique pseudo-scien­tifïque ».

1962. Chargé d’enseignement à la Faculté des Lettres de Caen.

1963. Il crée avec Abraham Moles la Société française de Cybernétique,

1965. Série de conférences au Col­lège de France sur ta psychothérapie : il s’intéresse particulièrement aux tra­vaux de Robert Desoille sur la méthode du « Rêve éveillé dirigé ».

1968, I1 publie un grand article dans l’Encyclopédie Universalis sur « Cybernétique et Art ».

1968, Nommé Maitre-Assistant à la Sorbonne (Paris VII) (Grade corres­pondant à celui de Maître de Conférence).

1972. Publie un livre : « La Cybernétique et ses théoriciens » chez Cas­terman, qui constitue une analyse de l’œuvre des principaux spécialistes de cette science que l’auteur connut en tant que président de la Société de cybernétique, tels Abraham Moles, Louis Couffignal, et P. Vendryes dont il fut l’ami.

Collaborant à différentes revues (Revue des Deux-Mondes, les Études philosophiques…) il a orienté ses recherches dans de nombreuses direc­tions afin d’avoir la vision la plus complète de l’homme dans ses rap­ports avec lui-même et avec l’Univers. Parapsychologie, méthode de psycho­thérapies, Ésotérisme (articles desti­nés à paraître dans un Dictionnaire d’ésotérisme). Projet d’établir une « Anthropologie intégrale » qui puisse aider à cette connaissance. La notion de « Personne » ayant été au centre de ses préoccupations tout au long de sa vie. Pour lui l’univers n’est pas le Fait du « hasard et de la nécessité » au nom même d’arguments scientifiques l’Univers a un sens et de même il a un Créateur.

Il poursuivra son travail de recher­che jusqu’au bout, la mort le frap­pera brutalement le 29 août 1986, à sa table de travail.

Compléments donnés par la Fondation ARKALL

L.J. Delpech a rencontré la Fonda­tion ARIC’ALL en 1979. Son enthou­siasme pour les travaux remis par ses chercheurs a été immédiat – et il a adhéré rapidement aux idées dévelop­pées (systèmes non cartésiens – délo­calisation – notions de Global – Fuite des repères, etc…) et présentées pour la première fois dans l’important ouvrage de V, Rosgnilk « l’Émergence de l’Enel ou l’Immergence des Repères », D’ailleurs L.J. Delpech a demandé préfacer cet ouvrage et il a fait un chapitre sur le Docteur Cal­ligaris qu’il a bien connu au début de la guerre, en Italie. Les travaux d’ARK’ALL correspondaient exacte­ment à ce qu’il cherchait, car pas­sionné de parapsychologie à laquelle il s’était intéressé jeune étudiant, il avait senti et trouvé dans l’approche arkalienne, pour la première fois, une cohérence pour la parapsychologie, ce que ne pouvait donner l’approche rationnelle et ses expériences avec statistiques,

Il a bien connu Gilbert Simondon, professeur honoraire à la Sorbonne qui a développé les notions d’Objets Techniques et d’Objets dit mainte­nant « Phénistes », et également Marc Beigbeder, auteur de l’excellent ouvrage « La Clarté des Abysses ou Introduction à la Parapsychologie », M. Beigbeder également membre d’AR’ALL. (M. Beigbeder a écrit en outre le « Contre-Monod » qui est une étude pamphlétaire). De même il rencontrait souvent Bernard Heuvel­mans, dont il était l’ami depuis 30 ans, spécialiste mondial des bêtes dites « ignorées » et le Fondateur de la cryptologie (celle-ci étant la science qui les étudie). La plupart du temps ces apparitions sont traitées avec déri­sion. Heuvelmans a essayé d’intégrer ces phénomènes dans notre descrip­tion scientifique du monde comme des « chaînons manquants » ou des « oublis » parmi les êtres préhistori­ques. Grâce aux concepts élaborés par Ravatin ces êtres incompréhensi­bles deviennent des localisations momentanées ; ils peuvent être par exemple des exhalaisons « fractants » ou encore autre chose dans des pers­pectives de cet ordre. Il était ami à vie de Raymond Abellio (Georges Soulés) qui est mort trois jours avant lui.

L,J. Delpech a réussi à créer et faire accepter de 1973 a 1976 le seul Enseignement de Parapsychologie Officiel d’Études de Sciences Humai­nes Cliniques de l’Université de Paris VII. L’enseignement dura trois ans et fut supprimé car de jeunes irrespon­sables, profitant d’une longue mala­die qu’eut le professeur Delpech à cette époque (double cataracte) cru­rent astucieux d’infiltrer des enseigne­ments occultes fantaisistes par la pré­sentation qu’ils en avaient donné, ce qui, à juste titre, indisposa certains collègues de L. Delpech. Face et ces démarches farfelues, il avait pris des distances en adressant un rapport au Président de l’Unité d’Enseignement et de la Recherche.

Il est regrettable qu’Ambroise Roux, ancien P.D.G. de la C.G.E., n’ait pas été tenu plus au courant des activités de chercheurs comme L, Del­pech ; il n’aurait pas parlé de la néga­tion des cours de parapsychologie dans l’Université française.

L. Delpech reconnaissait le carac­tère et l’étroitesse d’esprit des cher­cheurs dits universitaires ou du C.N.R.S. Il en parlait d’autant mieux qu’il citait son ami Gaston Berger décédé il y a environ 15 ans, ancien directeur de l’Enseignement Supé­rieur, qui lui aussi avait bien jugé la transformation accélérée de l’esprit de chercheur en « position bourgeoise sécurisante », pour beaucoup de gens de ces organismes.

Peut-être son ouvrage et ses articles entrepris seront-ils terminés et publiés ?