Ananda Coomaraswamy : Image de l’homme et du monde


15 Oct 2010

(Revue Aurores. No 45. Juillet-Août 1984)

Cet article est extrait d’un texte publié sous le titre «le Kandarya Mahadeo», paru à la fois dans «Art in America» (XXXV 1947) et dans «Silpi», II 1947. C’était une contribution de A.K. Coomaraswamy au numéro spécial de la revue américaine consacrée à «L’Art en tant que symbole».

L’ESSENTIEL dans le temple hindou est symbolisé par l’autel où des offrandes peuvent être faites à une présence invisible représentée ou non iconographiquement. Les anciens types de sanctuaires sont les «Tables de pierre» [1] des cultes mégalithiques et les autels de pierre de l’Arbre ou du pilier [2]; le sanctuaire peut aussi être un foyer où l’offrande consumée est transmise aux dieux par la fumée du feu, Agni, agissant comme prêtre officiant. Dans tous les cas, même enclos d’un mur ou d’une palissade, le sanctuaire est ouvert vers le ciel [3]. Construit seulement pour un usage temporaire, cet enclos est un endroit «à part» où les dieux se rendent et où le Sacrificateur revêtu de «l’habit d’initiation et d’ardeur» s’endort «devenant, d’une certaine manière, l’un d’entre eux»; pour un temps; il devient en fait embryon et renaît de l’enclos sacré comme d’une matrice [4]. Ce sanctuaire est un microcosme dont les angles sont appelés «les quatre quartiers» [5].

Qu’il s’agisse de hutte ou de palais, aucune distinction fondamentale ne saurait être faite entre la maison des dieux et les habitations des hommes; le chef de famille hindou officie lui-même en tant que prêtre de la maison, accomplissant chaque jour l’Agnihôtra dans le cercle domestique.

En Inde, comme ailleurs, ce ne sont pas seulement les temples qui sont à l’image de l’univers: l’homme lui-même est un microcosme, un «temple sacré» [6] ou une «cité de Dieu» (Brahmapûra) [7].

L’homme, le temple et l’univers étant analogues, le culte extérieur et visible peut aussi se célébrer dans l’intimité de l’être; le rituel n’est en fait qu’un instrument, un support de contemplation dont l’extériorité a, comme autrefois en Grèce, «pour fin et pour terme, la Connaissance de Celui qui Est, le Seigneur et l’Intelligible» [8] en tant qu’invisible dans ce qui est visible. «Toute le terre est divine», c’est-à-dire qu’elle est un autel virtuel, mais la place choisie et préparée pour y célébrer un sacrifice n’a de valeur que par l’art sacerdotal qui s’y déroule; un tel emplacement se trouve toujours à la fois être un lieu élevé et le centre ou «nombril» de la terre, orienté vers l’Est; car c’est «d’Est en Ouest que les dieux viennent à l’homme» [9].

Le sacrifice est donc une opération qui doit être accomplie à la fois intérieurement et extérieurement. Il est offert «par la totalité du corps et de l’âme» du Sacrifiant. Celui-ci est comme vidé de lui-même et lui-même est la véritable victime [10]. L’Agnihotra ou Sacrifice du Feu, par exemple, peut être le sacrifice de soi-même dans lequel le cœur est l’autel, l’homme extérieur l’offrande faite au Feu du Soi [11].

Les différentes parties constituant le Temple correspondent à celles du corps humain autant qu’à celles de l’univers lui-même [12]. Toutes ces formes sont des «maisons» habitées et remplies d’une Présence invisible qui peut se manifester dans le temps et dans l’espace. Leur raison d’être est, précisément, que cette présence puisse être connue. En fait, ce Principe unifiant et constructif, Esprit et Soi de tous les êtres n’est qu’en apparence contenu, dans ces habitations qui, semblables à «d’autres images», ne servent que de support à la contemplation dans le but de se libérer de toutes sortes d’entraves.

Chaque maison que nous considérons détermine les six directions de l’espace: le nadir, les quartiers ou angles et le zénith. En vertu de l’analogie entre le temple et l’homme, les pieds sont le sol ou la terre; le corps est l’espace intérieur ou espace atmosphérique et le crâne symbolise le toit ou le ciel. Chaque représentation définit les dimensions respectives de l’homme, du temple et du monde [13].

«LES PORTES DES SENS»

Considérons ici un ou deux aspects particuliers de certaines de ces analogies. Le temple a des ouvertures par lesquelles l’habitant peut regarder dehors et s’éloigner ou, inversement, revenir à lui-même; ces ouvertures correspondent, dans l’homme, aux «portes des sens» par lesquelles on peut «se perdre» ou retourner «au cœur» de soi-même, lorsque les sens sont soustraits de leur objet, dans la concentration. Il y a cependant une autre ouverture, accessible seulement grâce à l’échelle ou à la corde, par laquelle notre être est suspendu et peut émerger de sa structure limitée pour se tenir complètement au-dessus d’elle.

Chez l’homme, cette ouverture est représentée par la fontanelle qui n’est pas encore fermée à la naissance et qui est de nouveau ouverte à la mort, lorsque le crâne est brisé rituellement — bien qu’elle puisse être tenue ouverte tout au long de la vie par des exercices spirituels appropriés. Dans l’hindouisme cette Ouverture de Dieu (Brahmarandra) correspond à «l’œil» ou « point du cœur», la cité microcosmique de Dieu (brahmapura) lieu en nous d’où part l’esprit au moment de la mort [14]. Le Brahmarandra ou fontanelle du crâne humain correspond, en architecture, à l’oculus, au trou de cheminée ou à la lucarne de la maison traditionnelle; dans certains temples occidentaux anciens —et même modernes— l’oculus de la voûte est toujours une fenêtre circulaire ouverte [15]. Dans les maisons anciennes de l’Inde, l’ouverture supérieure est apparemment close par une plaque ou couvercle circulaire autour de laquelle reposent les poutres qui sont disposées comme les rayons d’une roue. Par cette issue, il est dit souvent que «les Parfaits qui se déplacent à volonté, les Arahants et les Voyageurs du Ciel» s’en vont. C’est une porte supérieure» (agga Dvara) [16].

UN PILIER ENTRE CIEL ET TERRE

Dans le monde dont le ciel est la voûte, le Soleil lui-même est la «Janua Coeli», la «Porte de la libération», seule voie par laquelle on puisse s’évader de l’univers manifesté [17].

L’autel, foyer sacrificiel analogue au cœur, et l’oculus de la voûte, symbole du soleil, sont les deux supports immédiats et derniers de l’adorateur. Le temple est là pour qu’il s’y consacre lui-même. L’autel, comme le Foyer sacré, est toujours au centre ou ombilic de la terre et l’œil solaire au centre de la voûte, juste au-dessus; tous deux reliés par un pilier axial unissant et séparant à la fois le sol et le toit tout en supportant ce dernier; «Au commencement, le Créateur sépare le Ciel et la Terre par un pilier» [18]. C’est par cette verticale, car il n’y a pas de sentier latéral dans ce monde [19], que la «dure ascension à la suite d’Agni [20] est entreprise d’en bas vers la porte du Soleil. Cette ascension est symbolisée, dans de nombreux rite par l’escalade du sacrificateur.

C’est d’après leur description dans l’Atharva Veda X, 7 et 8, que peuvent être le mieux comprises la nature et la pleine signification du Pilier cosmique (Skambha) [21], l’Axis Mundi ; Dans les termes de la doctrine islamique, c’est le Qutb auquel l’Homme parfait est identifié et autour duquel toutes choses tournent. Dans les Sadas védiques, il est représenté par le poinçon de comble que le sacrificateur lui-même érige et qui représente le souffle médian [22], et dans l’homme, le principe axial de sa vie et de son être[23]. Dans l’autel du Feu védique construit à l’image de l’univers, c’est aussi le principe axial qui passe à travers les trois briques trouées dont celle du dessus est la Porte du Soleil; c’est un axe qui, comme l’échelle de Jacob, est «la Voie vers le haut et la Voie vers le bas parcourant ces mondes». En visitant la Divinité dont l’image ou le symbole a été déposé dans la matrice du Temple, l’adorateur retourne au cœur et au centre de son être propre, pour accomplir un acte de dévotion qui préfigure sa résurrection et sa régénération ultimes après le dernier sacrifice accompli sur le bûcher funéraire.

UN MICROCOSME A L’IMAGE DU MONDE

Remarquons que le symbolisme architectural brièvement esquissé n’est en aucune façon particulier ou exclusif à l’Inde mais au contraire universel. Par exemple, l’idée que la structure sacrée est un microcosme à l’image du monde, est parfaitement explicite chez les indiens d’Amérique: «…chez les Indiens Huichol, le pilier central du temple est le bâton du Grand Esprit dont une extrémité repose sur la Terre, et l’autre, touche la main de l’Être Suprême assis sur son trône» [24].

L’intérieur obscur du temple est occupé par une image ou un symbole de l’Esprit, tandis qu’extérieurement, les murs sont couverts des représentations des puissances divines dans toute leur multiplicité manifestée. En visitant le sanctuaire, on procède de l’extérieur vers l’intérieur, de la multiplicité vers l’unité, exactement comme dans la contemplation on voit les formes innombrables qu’assume, dans sa joyeuse activité, l’Unique Voyant. Cette distinction entre le monde extérieur et le sanctuaire intérieur du Temple hindou dans lequel on entre «comme pour naître à nouveau de sa matrice sombre» [25], est celle que fait Plotin lorsqu’il observe que Celui qui voit le Dieu Suprême, étant un avec sa vision «est semblable à celui qui, ayant pénétré dans le sanctuaire intérieur, laisse derrière lui les images du Temple, même si elles doivent être l’objet de son premier regard lorsqu’il quitte le Saint Lieu: là, il n’y avait en lui ni image ni vestige mais la Vérité elle-même.» [26]

La Divinité qui revêt des formes innombrables et qui n’est limitée par aucune, est l’Unique et Identique Purusha; l’adorer conduit à la même libération: «Quelle que soit la manière dont les hommes m’approchent, Je les accueille toujours» [27]. Un rituel, comme l’antique Sacrifice Védique, est une démarche intérieure dont les formes extérieures ne sont qu’un support indispensable pour ceux qui sont sur le chemin. Aussi il ne peut y avoir de plus grand danger ni de plus grand obstacle que l’iconoclasme prématuré de ceux qui confondent encore leur propre existence avec leur être propre et ne connaissent pas encore le Soi: Ceux-là sont la grande majorité et pour eux le Temple et toutes ses figurations sont les flèches du Chemin.

A.K. Coomaraswamy


[1] Cf. J. Layard «Stone Men of Malekula» (Londres 1942) pp. 625, 701, sur les dolmens utilisés comme autels et comme sièges.

[2] Cf. Coomaraswamy «Yaksas» I 1928, p. 17.

[3] Cf. «Early indian architecture, II bodhigharas» (1930) par Coomaraswamy. Le mot grec, lorsqu’il s’applique aux Cyniques et aux Gymnopédistes, correspond à abhokâsika, lorsqu’il s’applique aux moines boudhistes; cf. vivattacado (dont le toit a été ouvert) concernant un Bouddha.

[4] SB. iii. i. i. 8, iii. i. 28; TS. VI. I. I., VI. 2. 5. 5.

[5] TS. VI. I. I. I., avec le commentaire de Keith, HOS XIX 483 n 4

[6] Cor. 3. 16, 17

[7] AV. 10. 2. 30; CU. VIII, I. 1-5

[8] Plutarque, Moralia 352  a.

[9] SB. I. I. 2. 23 III. I. I. I,4

[10] SB. II.4. 1.2., III. 3, 4, 21., III. 8, 1, 2., IX. 5, 1, 53.

[11] SB. X. 4, 2, 31., X. 4, 3, 24

[12] SA. X; SB X. 5, 3, 12; S. I. 169.

[13] Cf. Stella Kramrish, The Hindu Temple (Calcutta, 1946) II, 357-361: «Le Temple

en tant que Purusha».

[14] BU. IV. 4-2; CU VIII I 1-4; Hamsa Up. I 3. Pour la brisure du crâne, consulter Gâruda Purâna, X, 56-59, bhitvâ brahmarandhrakam, correspondant au terme d’architecture, bhitvâ kannika-mandalam (DhA III 66) et, en terme de microcosme, à bhitvâ sûryamandalam, se frayer un passage à travers le disque solaire (MU VI-30) Dans les Purâna, cette «percée» représente explicitement la renaissance du mort hors du feu sacrificiel où son corps est brûlé (cf. JUB III, II, 7).

Pour «l’œil du cœur», cf. J.A. Comenius ‘The labyrinth of the world’ (1631) qui s’appuyait sur ‘Civis christianus’ de J.V. Andrae (trad. Spinka, Chicago 1942) ch. 37, 38, 40: («Dans la voûte de ce qui est ma chambre, une vaste fenêtre ronde, tout en haut», qu’on ne pouvait atteindre qu’au moyen d’échelles. A travers elle, d’un côté, le Christ regardait d’en haut et de l’autre, «il était possible de scruter l’au-delà»).

[15] Par exemple le Panthéon de Rome; cf. les gravures de Piranese, pour le Temple della Tossa. «Même aujourd’hui, ne serait-ce que pour voir les étoiles si lointaines au-dessus de lui (Terminus), les toits du temple ont une ouverture minuscule (exiguum… foramen)», «Les Fastes» de Ovide (II, 667-668). En ce qui concerne l’architecture islamique, cf. Diez dans «Ars Islamica» (V, 1938) 39-45. «L’espace était le problème fondamental; il était traité selon sa relation et sa subordination à l’espace infini au travers de l’opaion largement ouvert au zénith de la Coupole. Cette relation avec l’espace infini était magnifiée par la lanterne transparente au jour de l’architecture occidentale… l’art islamique apparaît comme l’individuation de ses fondements métaphysiques (unendlichen Grund).»

[16] Consulter, de Coomaraswamy, «Le Symbolisme de la Coupole», «Pâli kannika» et «Svayamâtrinna: Janua Coeli»; pour l’agga-dvâra, de Coomaraswamy aussi, «Some sources of Buddhist iconography» (1945, p. 473, n. 12). Pour le départ à travers le toit, cf. l’Odyssée (I. 320), où Athéna quittant la demeure d’Ulysse, s’envola comme un oiseau à travers l’oculus»; Cross et Slover «Ancient Irish Tales» (1936) p. 92: «Et le dieu Mider emporta Etain à travers le trou de fumée de la maison… et l’on vit deux cygnes voler en rond», H. Rink, Tales and traditions of the Eskimo (Londres et Édimbourg 1875, pp. 60-61, «lorsque l’angakok (le chaman) devait s’envoler, il partait à travers une ouverture qui apparaissait de soi-même, dans le toit».

C’est par l’ouverture cosmique que l’Homme, fils de Dieu, regarde vers le bas puis descend (Hermès, Lib. I. 14). Aussi bien que ce kannika est le symbole du samâdhi, «synthèse», le chaperon de pierre grec est: l’Harmonie de tout l’édifice» comme le disait Pausanias (VIII, 8-9 et IX 38,7).

A propos du terme agga-dvâra, on peut observer que agga, sommet (— agra, cf. Platon, Phaedre 247b, et Philon, «De officio mundi» 71) est un attribut du Bouddha (A II 17, D III, 147) qui «ouvre les portes de l’immortalité» et qui est de ce point de vue un «Dieu-Portier» comme Agni (AB III 42) et comme le Christ (Jean 10:9; Summa theologica III 49 5), de cette Janua Coeli qui est la Porte que frappent, en se tenant devant elle, les Éveillés — dit-on. (S II 58).

Un autre matériel d’étude très pertinent peut être trouvé dans «Das dach im Volks-glauben» de P. Sartori, Zeit. des Vereins r. Volkskunde, XXV, 1915, 228-241); K. Ramm, revu par V. Ritter von Geramb, ibid. XXVI, 1916; René Guénon, «Le symbolisme du Dôme» Études Traditionnelles X LXIII (19); F.J. Tritsch, «False doors in Tombs», JHS X LXIII (1943) 113-115; dans une optique plus générale, dans «Architecture, Mysticism and Myth», N. York 1892, de W.R. Lethaby.

[17] JUB. I 3, 5, c’est-à-dire «à travers le centre du Soleil», JUB I, 6-1, Janua Coeli JUB IV, 14-5, IV 15-4 et 5, ou The Sundoor de Muvi 30 et Mund. Up. I, 2-11.

[18] RV. passim. En général la colonne axiale de l’univers est un pilier (mita, sthûnâ, vamsa, skambha, etc…) de Feu (RV I 59 1, IV 5, 1, X5,6) ou de Vie (RVX5,6) ou de Lumière solaire (JUB I 10, 10); c’est le souffle ou l’Esprit (ranâh, passim) c’est-à-dire, le Soi (Atman: BU IV 4,22). La séparation primordiale du Ciel et de la Terre est commune aux mythes de création du monde entier.

[19] MU. VI 30

[20] TS V 6, 8; AB IV 20-22

[21] AV X. 7. 3 5 et 8. 2, Le skambha soutient à la fois le ciel et la terre… et a habité toutes les existences… C’est pourquoi cette paire est séparée par un pilier en quoi se tient tout ce qui est doué d’esprit (âtmanvat) tout ce qui respire et qui bat des paupières».

[22] AAIII. I, 4; III. 2. 1; SAVIII; cf. Coomaraswamy, «The Sun-kiss» 1940, p . 5 8, n. 30.

[23] BU II. 2. 1, où, dans le corps subtil et dans le corps grossier des individus «le souffle Médian est le Pilier» (madhyamah prânah sthûnâ).

[24] F.G. Speck, sur la Maison du clan des Indiens Delaware, extrait de «Publications of the Pennsylvania Historical Commission, II (1931), par W. Schmidt, «High Gods in North America (Oxford 193 3) p. 75. F. Schmidt remarque, p. 78, que «Les Delawares sont parfaitement dans leur droit, lorsqu’ils affirment «la fondamentale importance du -Poteau central» et fait remarquer que la même observation est valable pour beaucoup d’autres tribus indiennes chez qui «le pilier central de la hutte des cérémonies a une fonction symbolique tout à fait semblable; il fait donc ainsi partie des plus anciens éléments religieux d’Amérique du Nord».

Au sujet de l’importance du pilier central, consulter aussi J. Strzygowski, «Early Church art in Northern Europe (N. York 1928), p. 141, en rapport avec les églises à mât de Norvège: «Le clocher qui signale l’apex de l’axe perpendiculaire semble bien être une relique d’un temps où la seule forme était celle de l’église à mit». En ce qui concerne la Chine, cf: G. Eke, «Once more Shen-t’ung Ssu and Ling-Yen Ssu», Monumenta serica VII (1942). Cf. les versets

[25] Kramrish, The Hindu Temple, II p. 358

[26] Plotin, Ennéades VI. 9. 11.

[27] BG. IV. 11