André A. Dumas : Influences psychiques sur l’organisme


04 Feb 2017

(Extrait de La Science de l’Âme, 2e édition. Dervy-Livres 1980)

L’Esprit est l’ouvrier de sa demeure. Voyez comme il travaille la figure humaine dans laquelle il est enfermé, comme il imprime la physionomie, comme il en forme et déforme les traits ; il creuse l’œil de méditations, d’expérience et de douleurs, il laboure le front de rides et de pensées, les os mêmes, la puissante charpente du corps, il la plie et la courbe au mouvement de la vie intérieure.

Jules MICHELET

(Éclaircissements au tome III de l’Histoire de France)

Méfaits et bienfaits de l’action psychique

L’influence de l’état moral sur l’équilibre physique est indéniable : elle est à peu près universellement admise sur la base de constantes observations ; le médecin expérimenté ne la méconnaît pas, et il s’enquiert toujours auprès du malade si « le moral est bon ».

Des expériences ont montré que les émotions, les frayeurs suscitées sur un groupe de lapins mettaient ceux-ci dans un état très net de non-résistance aux infections, et en 1937, une communication au Congrès Dentaire Américain a indiqué que la carie dentaire peut être due à des causes mentales, et que des enfants, soumis à un régime alimentaire parfaitement satisfaisant, peuvent néanmoins souffrir de dents gâtées, si leur existence, a la maison ou à l’école, laisse à désirer par quelque côté et sont soumis à une tension mentale (45, p. 305).

Ces faits sont à rapprocher des travaux et des conclusions d’un savant américain, Elmer Gates, professeur de psycho-physique à l’Institut Smithson de Washington, qui, dès 1879, démontrait l’influence des divers sentiments, joie, colère ou chagrin, sur la composition chimique des produits volatils de la respiration humaine, et, en particulier, la formation de composés toxiques par les sentiments déprimants et violents (46, p. 48).

En étudiant les divers domaines dans lesquels s’exerce la suggestion spontanée, on constate que l’on peut établir une gradation des phénomènes allant de « l’action de l’esprit sur lui-même à l’action de l’esprit sur le corps » (47), c’est-à-dire à des modifications physiologiques, telles qu’états nerveux, modifications fonctionnelles et organiques, maladies et guérisons.

Si le fait de concentrer l’attention sur autre chose, peut provoquer la disparition de la souffrance, et parfois la disparition de la maladie elle-même, comme dans certaines cures réalisées par la secte de la Christian Science qui nie l’existence du mal, par contre, la concentration de l’attention sur l’idée de la maladie, entretient et aggrave celle-ci, la prolonge même au-delà de la cause physique qui était à l’origine. Un exemple rapporté par le docteur René Fauvel (48, pp. 80-81) est bien caractéristique à cet égard : « Chez le malade qui présente des lésions organiques, écrit-il, nous trouvons toujours un élément psychique. Le malade s’hypnotise sur la lésion et souvent, alors que celle-ci a disparu, les troubles fonctionnels demeurent. C’est ainsi qu’un hémiplégique — hémiplégie due à une congestion cérébrale — peut rester paralysé toute son existence alors que le caillot s’est résorbé et qu’anatomiquement tout est rentré dans l’ordre. Dans ce cas, le malade reste paralysé parce qu’il est persuadé que sa paralysie ne disparaîtra qu’avec la vie. Le trouble fonctionnel, la paralysie, ne se maintiendra que par l’effet d’une autosuggestion. 

Tel était le cas de cet homme, que l’on m’amenait voici quelques mois, paralysé depuis deux ans d’une moitié du corps (hémiplégie). Après une seule séance de suggestion, le malade qui était arrivé soutenu à droite par un de ses voisins, à gauche par une grosse canne, put repartir par ses propres moyens, me laissant son gourdin en ex-voto.

C’est le cas type de la paralysie organique guérie physiquement, mais dont les symptômes se prolongent par le fait d’une fâcheuse autosuggestion. »

Le docteur Grégorio Maranon, professeur à la Faculté de Médecine de Madrid, illustre spécialiste de l’Hormonothérapie, écrivait en 1938 que sauf l’exception presque exclusive des extraits thyroïdiens, de l’adrénaline et de certains extraits de la rétrohypophyse, « tout ce qu’on attribuait aux innombrables extraits desséchés ou glycérinés de glandules génitales, de pancréas, de foie et de rate, de thymus, de surrénales, du lobe antérieur de l’hypophyse, étaient des effets illusoires, soit exclusivement subjectifs, soit objectifs, mais déterminés par un mécanisme psychogène ; le plus communément, par préalable suggestion des cliniciens eux-mêmes, qui, eux aussi, avaient accepté la certitude de toutes ces actions bienfaisantes, à la chaleur d’une brillante théorie récemment éclose ».

On ne peut pas dire, ajoutait-il, que toutes les opothérapies furent inutiles, puisque la guérison psychogène est aussi une guérison et peut-être la plus complète de toutes ; mais « la période de l’opothérapie, qui remplit la médecine du premier quart du XXe siècle, passera dans l’Histoire comme l’un des exemples les plus intéressants de suggestion collective de l’humanité souffrante, et, plus encore, de toute une classe professionnelle ».

Et l’éminent savant rapporte un fait bien caractéristique de l’action de l’imagination sur le fonctionnement de l’organisme : « La presque totalité des cliniciens était convaincue qu’ils avaient en main des moyens thérapeutiques puissants, et parfois dangereux, jusqu’au point de transmettre à leurs malades, non seulement la foi en l’efficacité de leurs innocents extraits, mais encore la crainte de certains possibles et fantastiques inconvénients ou périls. J’ai vu, par exemple, dans ces années-là, une jeune femme a laquelle son médecin avait prescrit deux comprimés par jour de cinq centigrammes d’extrait sec de thymus qui, à l’époque, se recommandait comme remède des troubles menstruels ; un jour, par distraction, elle répéta deux fois la même dose. Le médecin lui avait de telle sorte fait valoir le danger de la médication, que la malade fut prise d’un accident de dépression angoissante important, avec une grande tachycardie, un état semi-convulsif et presque syncopal, etc. ; il est évident que l’ingestion, en une seule fois, des cent comprimés que contenait le flacon, n’aurait pas été capable de lui occasionner d’autre trouble que, peut-être, une légère indigestion ; quelques paroles suffirent à la tranquilliser et à faire évanouir « le péril de mort » (49).

Le docteur Karl Grüber, professeur de zoologie à 1’École Supérieure Technique de Munich, a rapporté (50) le cas d’un soldat qui, blessé au bras, se figurait avoir le tétanos parce qu’on avait amené près de lui un autre blessé en disant : « C’est peut-être aussi le tétanos ! » Il en eut tous les symptômes jusqu’au jour où une contre-suggestion le remit dans son état normal.

Un autre exemple d’autosuggestion maléfique est celui qu’a rapporté le professeur Charles Richet. Son père devait pratiquer, à l’Hôtel-Dieu, l’opération de la pierre sur un malade, mais celui-ci mourut de peur au moment où le chirurgien venait simplement de tracer avec l’ongle sur la peau la ligne que l’incision devait suivre (51, t : II, p. 289)

Mais nous l’avons vu, l’imagination peut aussi guérir ; c’est la puissance de l’imagination qui constitue la base de la méthode d’Émile Coué qui, avec raison, a pu écrire que « nous possédons en nous une force d’une puissance incalculable qui, lorsque nous la manions d’une façon inconsciente, nous est souvent préjudiciable, mais qui, dirigée consciemment et sagement, peut nous permettre d’aider à soustraire nous-mêmes et les autres de la maladie physique et de la maladie morale ». Coué, puis Schultz et toute la médecine psychosomatique n’ont fait que systématiser, en une doctrine scientifique et cohérente, ce qui est pratiqué empiriquement depuis des milliers d’années, tant chez les Civilisés que chez les Sauvages, sous forme de pratiques magiques et superstitieuses diverses, de « remèdes de bonnes femmes » ou même — rapprochement scientifique n’impliquant aucune intention péjorative — de pèlerinages religieux.

Lieux saints, Reliques et Guérisons

Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, des lieux déterminés, différents selon les religions, mais présentant certains caractères communs, propres à déclencher l’émotion, décor grandiose, grotte sombre, fontaine sacrée, statue miraculeuse, prêtres, pèlerins, rassemblement de croyants, ont été le théâtre de guérisons : le temple d’Esculape à Épidaure, dans la Grèce Antique, la source Zem-Zem de La Mecque, Sainte Fatma au Caucase, Lourdes en France, Bénarès dans l’Inde, et Esquioga au pays basque.

Les croyances qui rassemblent ou rassemblaient les foules de croyants dans ces lieux saints, sont dissemblables ; le Dieu qu’on prie ou qu’on y invoquait est différent, mais la force qui agit — la puissance de l’être psychique subconscient, mobilisée par l’imagination — sur l’organisme, est toujours la même.

L’histoire du suaire de Cadouin en est un exemple caractéristique : depuis le début du XIe siècle, on vénérait à Cadouin, en Dordogne, un suaire qui, croyait-on, avait enveloppé le corps du Christ ; il avait été déclaré authentique par quatorze souverains pontifes, des bulles avaient été publiées à ce sujet ; d’innombrables miracles, des guérisons en grand nombre, furent produits par ce linceul. Mais en 1935 un jésuite, le R.P. Francez, frappé par l’aspect des bandes ornementales tissées dans le suaire, soumit leur photographie à un professeur de langues orientales, M. de Wiet, qui découvrit qu’il s’agissait d’une inscription en coufique stylisé, contenant une invocation à Allah et faisant allusion à un calife d’Égypte qui vivait au Xe siècle : le linceul qui avait guéri tant de Chrétiens était un manteau musulman (Mercure de France, 1-12-1936 ; 52).

Retentissement des émotions sur le corps

On connaît de nombreux cas de dermographies spontanées consécutives à une émotion. Le plus souvent, il s’agit d’une personne qui assiste à un accident : par émotion sympathique, l’imagination entre en action, et non seulement cette personne éprouve une douleur, mais de plus, sur son propre corps, apparaît une blessure, ecchymose, plaie ou boursouflure, à un endroit correspondant à l’organe atteint (ou qu’elle croit atteint) chez la personne accidentée.

Un cas typique a été signalé par le Professeur Charles Richet : une jeune mère, occupée à ranger dans une armoire des porcelaines dont elle a les mains pleines, vit soudain, à l’autre extrémité de la pièce, son enfant décrocher, en jouant, la crémaillère du foyer : le rideau de la cheminée menaçait de le guillotiner. Le sang de la mère, impressionnable et nerveuse, « ne fit qu’un tour » et instantanément, il se produisit autour de son propre cou, à l’endroit même où l’enfant allait être atteint, un cercle érythémateux et saillant qui persista plusieurs heures et qui fut constaté par un médecin (53, p. 82).

Même si la sympathie n’y a pas part, l’émotion peut produire des effets de même ordre. Le docteur Bonjour, a cité dans La Presse Médicale de 1923 juillet, l’histoire d’un homme fier de ses belles mains, qui rencontra un jour un malade porteur d’innombrables verrues. Saisi d’horreur, cet homme fut hanté par la crainte du mal et quelques jours après, ses mains furent couvertes de verrues qui se développèrent rapidement.

Action organique de la suggestion hypnotique

La suggestion hypnotique, comme la suggestion spontanée, agit non seulement dans le domaine des sensations ou du comportement, produit non seulement des effets psychologiques, mais aussi des modifications physiologiques.

Le professeur Henri Roger, doyen honoraire de la Faculté de Médecine de Paris et membre de l’Académie de Médecine, a publié une étude sur l’influence du psychisme sur le métabolisme basal ; si une personne à l’état normal est placée dans une chambre froide, une réaction se produit et se traduit par la « chair de poule », le frisson et une consommation plus grande d’oxygène. Opérant dans les mêmes conditions sur un sujet hypnotisé auquel ils suggèrent que la chambre est tiède, Gessier et Mansen ont établi que la « chair de poule » et le frisson ne se produisent pas et que les échanges gazeux restent immuables. Réciproquement, le sujet hypnotisé étant placé dans une chambre chaude, si on lui suggère qu’il a froid, la réaction se produit et la consommation d’oxygène augmente de 30 à 40 % (54).

Le docteur Brémaud faisait boire un verre d’eau à un sujet en hypnose et le persuadait qu’il avait bu 14 verres de bière : le sujet présentait alors tous les signes de l’ivresse. Si l’on met sous le nez d’un sujet un flacon contenant de l’ammoniaque, en lui disant que c’est de l’eau de rose, le sujet aspire l’odeur avec plaisir et ses yeux ne larmoient pas. Si, au contraire, on lui présente de l’eau de rose en disant que c’est de l’ammoniaque, le sujet se met à éternuer et ses yeux pleurent (55, p. 171). La suggestion hypnotique est donc capable d’exercer une influence sur le système vaso-moteur et sur l’activité sécrétoire des glandes.

En suggérant à un homme qu’il fait un dur travail, on produit l’accélération de son pouls, et sa tension artérielle augmente selon la difficulté du travail imaginé.

Si l’on examine, à l’aide des rayons X, une personne à qui on a suggéré l’idée d’un bon repas, on voit l’estomac se soulever, se contracter et la sécrétion gastrique s’en échapper ; au contraire, si on suggère l’arrêt du repas, la sécrétion diminue bientôt et les secrétions prennent fin ; en évoquant l’idée d’un repas composé d’aliments particulièrement gras, la vésicule biliaire se contracte et l’on voit la bile s’écouler.

La Stigmatisation expérimentale et l’Idéoplastie

De nombreuses expériences, effectuées avec des sujets plongés dans l’hypnose, ont mis en évidence le mécanisme des cas spontanés de dermographie et d’idéoplastie (modelage par l’idée), comme ceux cités plus haut d’après le professeur Richet et le docteur Bonjour.

Les docteurs Focachon et Liebault, de Nancy, ayant endormi un sujet, lui suggérèrent qu’ils appliquaient un vésicatoire sur son dos ; tout se passa comme si ce révulsif avait été réellement posé : le derme se souleva, s’emplit d’une sérosité laiteuse et l’escarre apparut. Babinski a vu se développer par suggestion des taches rouges, des boursouflures et des phlyctènes dont il était possible de faire couler l’eau en les piquant.

Le docteur Toussaint-Barthelemy a publié jadis une étude très documentée sur les expériences réalisées dans ce domaine. Il y cite, entre autres, celles du docteur Mabille, médecin-chef de l’asile d’aliénés de La Rochelle, qui, avec un stylet mousse, traçait une lettre sur le poignet d’un sujet en hypnose et lui ordonnait de saigner immédiatement.

Il faut noter ici, dans la réalisation d’une des expériences, une « erreur » intéressante : ce ne fut pas la lettre que le docteur Mabille venait de tracer, mais celle qui avait été tracée sur une région voisine l’avant-veille, qui apparut et laissa, suinter le sang. Peut-être la suggestion ne fut-elle pas assez précise, ou l’exécution trop rapprochée du commandement, car c’était la première fois que la suggestion n’était pas faite pour un temps éloigné de quelques heures. En tout cas, nous retrouverons cette particularité de réalisation décalée dans le temps, dans certaines expériences de télépathie expérimentale, ce qui permettra d’établir, avec quelques autres observations, que sous des modalités apparemment fort diverses, on a affaire à des phénomènes qui trouvent leur unité fondamentale dans l’activité du « subconscient ».

Des expériences semblables ont été effectuées, dans son service de la Salpêtrière, par le docteur Pierre Janet, sur des malades hystériques en état d’hypnose. Aucun tracé préalable n’était fait sur la peau du sujet et les résultats plus encore que les faits précédents, mettent en évidence la puissance réalisatrice de l’imagination.

Janet a particulièrement étudié ce qu’il appelle le « sinapisme par suggestion » sur deux de ses sujets : en quelques heures, la peau rougissait fortement à l’endroit désignée, se gonflait et offrait l’apparence d’un sinapisme fortement marqué, dont la trace persistait même bien plus longtemps qu’à l’ordinaire ; ce gonflement de la peau était étroitement en rapport avec la pensée du sujet, il se produisait à l’endroit désigné et non à un autre et présentait la forme que le sujet lui prêtait.

A Pierre Janet, qui s’étonnait que sur la marque gonflée d’un rouge sombre ayant la forme d’un rectangle allongé, aucun angle n’était marqué, le sujet répondit « qu’on coupe toujours les angles des papiers Rigollot pour que les coins ne fassent pas de mal ».

Ainsi, l’idée préconçue de la forme du sinapisme avait déterminé la forme et la dimension de la rougeur, et le docteur Janet en obtint d’autres, en forme d’étoile à six branches, par exemple.

A un autre sujet qui avait un asthme nerveux, Janet suggéra un sinapisme en forme de S sur la poitrine du côté gauche. Cette suggestion guérit parfaitement la malade et fit apparaître sur la poitrine un grand S tout à fait net.

Comme l’a fait remarquer Gabriel Delanne, en commentant ces expériences, l’image mentale du sinapisme s’est objectivée sur l’organisme non seulement quant à sa forme caractéristique, mais aussi quant à ses effets physiologiques et thérapeutiques analogues à ceux qu’aurait produit un véritable sinapisme.

La Stigmatisation des Saints et des Mystiques

Ces observations permettent de mieux comprendre les faits, dits « miraculeux », qui ne pouvaient être considérés comme réels par des esprits positifs avant que les progrès de la psychophysiologie, et en particulier de la connaissance des puissants effets de la suggestion et de la force « plasticisante » de la pensée, permettent de les considérer comme vraisemblables.

Saint François d’Assise (1182-1226) fut le premier des mystiques ayant présenté des stigmates, après une vision de Jésus crucifié qu’il avait eue dans un état d’extase. Il avait, en effet, aux mains et aux pieds les signes des clous, et au côté droit était une plaie, qui semblait avoir été faite par un coup de lance. « Ces plaies s’ouvrirent assez larges aux extrémités et saignèrent. Au milieu s’étaient formés, dans la chair et le tissu cellulaire, des clous semblables à des clous de fer. Ils étaient noirs, durs, avec une tête en haut, et en bas une pointe qui était comme rabattue, de sorte qu’entre eux et la peau on pouvait mettre un doigt. » (56, t. II, pp. 204-205).

Citons, au XIXe siècle, Louise Lateau et Anne-Catherine Emmerich ; plus près de nous Thérèse Neumann, paysanne de Konnersreuth, en Bavière qui, de 1926 à 1939, reproduisait chaque vendredi les phénomènes de la Passion et présentait des excroissances ressemblant à des clous dans la paume de la main ; les plaies stigmatiques n’évoluaient pas, ne se fermaient ni ne s’agrandissaient, ne s’infectaient ni ne se cicatrisaient.

Enfin, il faut mentionner le cas du Padre Pio (1887-1968), qui a été, jusqu’à présent, le seul prêtre stigmatisé. Il le fut, en pleine chapelle, le 20 septembre 1918, et le resta jusqu’à sa mort, aux mains, aux pieds et au côté gauche. Il portait aussi les stigmates de la flagellation.

Toutes ces plaies ont disparu instantanément, sitôt après la mort du capucin, sans laisser aucune trace.

L’ancien chef de division de la Préfecture du Rhône, Ennemond Boniface, devenu spécialiste des phénomènes mystiques et de la stigmatisation, a écrit sur le Padre Pio une étude très détaillée (Revue Métapsychique, décembre 1968) [1].

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Ces faits démontrent la puissance, déchaînée sur le corps, de l’imagination exaltée par une foi ardente — aussi bien et mieux que par une violente émotion ou une suggestion hypnotique.

Et, si extraordinaires que paraissent ces faits à des esprits positifs, c’est la connaissance de l’Idéoplastie qui permet de les comprendre et d’en admettre la possibilité.

Le « Médium à stigmates »

A l’Institut métapsychique International, à Paris, le docteur Eugène Osty et ses collaborateurs ont étudié, en 1928, le phénomène idéodermographique de Mme Olga Kahl, de nationalité russe, qui commença à se manifester au cours d’une grave maladie (57).

On demandait à celle-ci d’inscrire sur son épiderme une ligne, une croix, un mot, une figure géométrique, une note de musique, et l’image apparaissait, dessinée en rouge par un érythème spontané.

Mais le phénomène idéodermographique se compliquait encore chez Mme Kahl, d’une faculté de connaissance supranormale : de telle sorte que les expérimentateurs pouvaient se contenter de demander mentalement l’image qu’ils désiraient obtenir. Voici quelques faits : Le docteur Jean-Charles Roux, prié de penser à un nom, évoque dans sa pensée le nom d’une petite fille, sa nièce Renée. Le sujet tend son bras, où l’on ne voit rien, et demande au docteur Roux d’appliquer sa main sur l’avant-bras, il l’appuie 30 secondes et l’enlève. Des lignes rouges se forment, et bientôt on voit nettement apparaître un R, puis un E, puis un H et le sujet dit aussitôt : « Renée » ; l’H est la forme du N en russe, ce qui, comme les angles coupés du sinapisme, montre le rôle du psychisme subconscient dans le phénomène.

Le docteur Cuénot réalisa la même expérience, après avoir écrit dans une pièce voisine un nom sur du papier ; on vit se dessiner sur l’avant-bras le nom de Sabine, avec quelques erreurs : SAB NI.

« Autant qu’on puisse en juger, écrit le docteur Jean-Charles Roux, tout se passe comme si le sujet ne savait pas ce qui va se dessiner sur son bras, elle regarde avec autant d’intérêt que nous le dessin apparu, car la pensée subconsciente s’extériorise sur son bras et parvient seulement par cette voie à la conscience » (58).

L’exemple suivant met ce fait en évidence : Mme Kahl propose à Mme S… de faire un essai et de lui tenir la main en pensant un mot. Au bout d’une quinzaine de secondes la lettre Y apparut, occupant près du pli du coude toute la largeur de l’avant-bras. Regardant cette première lettre, Mme Kahl dit : « C’est Yvonne que vous avez pensé », Mme S… ne répondit pas, mais bientôt, sur toute la longueur de l’avant-bras, se traça en rouge bien lisible pour tous : Y LANDE. Mme S… avait pensé Yolande ; la deuxième lettre du mot manquait, mais la place y était « réservée » (59, p. 465).

Comme on le verra en étudiant les phénomènes « télépathiques » et ceux de « clairvoyance » il y a une analogie frappante entre les modalités de ce phénomène idéodermographique (où le sujet ignore ce que son subconscient a perçu, jusqu’au moment ou les lettres se dessinent sur son bras) et celles de la clairvoyance où le sujet ne perçoit ce dont son subconscient a pris connaissance, que lorsque les images, les signes ou les lettres apparaissent dans sa vision interne.

Action de l’Imagination maternelle sur l’embryon

Aux faits de stigmatisation se rattachent intimement les faits qui impliquent une action mentale, généralement subconsciente, de la mère sur le fœtus, pendant la grossesse.

Quelques cas sont devenus classiques, comme le cas rapporte par Liébault (47, p. 59) : Un vigneron ressemblait d’une manière frappante à la statue du saint patron du village, se trouvant dans l’église. La mère, en grossesse, avait été obsédée par l’idée qu’il en serait ainsi.

Mais ce sont les noevi ou « marques de naissance » qui constituent, à l’appui de la thèse d’une action psychique maternelle sur l’être en gestation, les faits les plus nombreux et les plus éloquents : Van Swieten voulut enlever un jour une chenille au cou d’une belle jeune personne, qui le pria en riant de la laisser tranquille ; elle la portait, dit-elle, de tout temps. Un examen plus attentif permit au savant de voir distinctement les vives couleurs et les poils hérissés de la chenille. La mère de la jeune fille, sur ce, raconta qu’étant grosse de cette enfant, il lui était tombé une chenille sur la nuque et qu’elle n’avait pu l’enlever qu’avec peine. (Commentar zu Boerhave, III.)

Il y a bien là un phénomène de même nature que les stigmates des mystiques, dont la cause ne peut être que l’idéoplastie, c’est-à-dire le pouvoir plasticisant du psychisme humain sur la matière vivante.

Il en est de même pour le fait suivant, rapporté par Ferrière, dans L’Éducation antérieure : Une chauve-souris s’égara un jour dans une salle de bal et les femmes effrayées la chassaient à coups de mouchoir. Elle se posa sur l’épaule de l’une d’elles, enceinte, qui s’évanouit à son contact. Quelque temps après, cette dame donna naissance à une fille qui avait sur l’épaule l’image d’une chauve-souris aux ailes déployées. Rien n’y manquait : le poil gris, les griffes et le museau se détachaient sur la peau blanche, de sorte que la jeune fille, plus tard, dut avoir toujours les épaules couvertes.

Ces faits ne sont pas très rares, et quelquefois le monoïdéisme ne se traduit pas par une impression dermographique, mais par des modifications plastiques ; René Sudre à vu à Sceaux un bébé né avec la même malformation (bras raccourci et contracté) qu’un estropié qui habitait la même maison (74, p. 301). Un cas du meure genre a été rapporté par le docteur Artault (47, p. 59).

Chez les animaux

Ces embryo-stigmates, comme les nomme le docteur Thomas Bret (60), s’observent non seulement dans l’espèce humaine, mais aussi dans le règne animal.

Le cas des deux petits chatons du boulanger de Nice est bien connu ; il a été observé et analysé avec précision. Ces chatons portaient sur leur pelage gris le millésime 1921 surmonté de trois petites taches, gris foncé.

Ces marques étaient la reproduction des chiffres et des trois étoiles inscrits sur des sacs de farine, placés dans l’arrière-boutique du boulanger. La chatte, mère de ces chatons, était restée tapie pendant des heures, guettant une souris, les yeux fixés sur un de ces sacs. Une enquête approfondie eut lieu, dont le rapport a été publié dans La Revue Métapsychique (1922, no 1), avec photographies prises successivement en mai, novembre et décembre 1921, par des enquêteurs différents (61).

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Le phénomène n’est pas nouveau puisque la Bible nous apprend que Jacob utilisait déjà l’idéoplastie pour obtenir des agneaux tachetés et augmenter ainsi son troupeau aux dépens de Laban.

Après avoir convenu avec Laban, dont il gardait les troupeaux, que toutes les chèvres, brebis et agneaux tachetés et picotés seraient pour lui, il prit des verges fraîches de peuplier, de coudrier et de châtaignier, en ôta les écorces par endroits, en découvrant le blanc, puis mit ces verges ainsi pelées devant les troupeaux, dans les auges et dans les abreuvoirs ; ainsi les brebis et les chèvres faisaient des agneaux et des cabris tachetés.

« Et il arrivait que toutes les fois que les brebis hâtives entraient en chaleur, Jacob mettait les verges devant les yeux du troupeau, … mais quand les brebis étaient tardives, il ne les mettait pas ; et les tardives appartenaient à Laban, et les hâtives à Jacob » (Genèse, XXX, 32 à 43).

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Un autre exemple d’embryo-stigmate est celui de l’œuf du Coucou. La femelle rôde préalablement plusieurs jours autour du nid dans lequel elle déposera son œuf parasite. Et cet œuf est toujours de la même coloration et tacheté de la même manière que les œufs de l’espèce choisie comme victime.

Que l’on n’objecte pas que ce mimétisme de l’œuf est inutile, que les oiseaux prennent soin de tous les œufs ou oisillons se trouvant dans le nid, sans distinction de coloration ou de grosseur. Le problème ne réside pas dans l’utilité et l’efficacité, mais dans le processus du phénomène, lequel est de toute évidence idéoplastique.

Le Mimétisme

Le Mimétisme est cette étonnante particularité qu’offrent de nombreux animaux de pouvoir modifier leurs couleurs en imitant le milieu environnant ; c’est le mimétisme temporaire, ou d’être camouflés, en ressemblant extraordinairement à des plantes ou à d’autres animaux, non seulement par leurs colorations (homochromie) mais aussi par leurs formes : c’est le mimétisme proprement dit, permanent.

Il prend une signification particulière si on le compare aux précédentes catégories de faits, à la lumière de la théorie « idéoplastique ».

Le mimétisme a été constaté dans les groupes les plus divers, reptiles, poissons, vers, crustacés, insectes, oiseaux et mammifères.

L’adaptation homochromique de certains poissons plats au fond sur lequel ils vivent est un fait bien connu : les turbots, les soles, placés sur un fond de sable ou de gravier prennent la même coloration. Mais non seulement la peau du poisson reproduit fidèlement la teinte générale du fond, mais elle est susceptible de répéter des dessins assez compliqués.

Lorsqu’on dessine sur le fond de l’aquarium où se trouvent les turbots, des ronds, des carrés ou des bandes alternativement blanches et noires, on voit se dessiner, sur la peau du poisson, des ronds, des carrés et des bandes.

Or, comme l’a montré Summer, quand on détruit les yeux ou les ganglions optiques du poisson, ou qu’on sectionne les nerfs sympathiques qui se rendent aux cellules pigmentaires de la peau, le poisson ne revêt plus la couleur de son milieu, et sur sa peau ne se dessinent plus les ronds, les carrés ou les lignes tracés sur le fond de l’aquarium ; le fait a été mis en évidence au Palais de la Découverte, à Paris, dans la salle de biologie expérimentale, où on pouvait constater que les poissons aveugles n’adaptaient pas leur coloration à celle du fond de leur aquarium.

Si, chez un turbot « à cheval » sur un fond blanc et noir, on crève l’œil regardant le côté blanc, c’est toute la face dorsale qui devient noire.

Après Pouchet, Summer, Loeb, le naturaliste américain Mast s’est livré à de nombreuses expériences sur les poissons mimétiques qui ont confirmé que ceux-ci s’harmonisaient avec la teinte du fond par un phénomène dont le point de départ est dans les yeux. Ainsi, par exemple, il a fait séjourner un poisson plat (Paralichthys albiguttus) pendant trois heures sur un fond noir et blanc. Mais comme les yeux étaient placés au-dessus de la partie blanche, c’est avec celle-ci que le poisson a harmonisé la coloration de son corps, lequel était pourtant, sauf la tête, au-dessus de la partie noire (62, p. 184).

D’après les recherches de MM. Collin et Florentin, si, pendant le jour, la coloration générale de la Grenouille rousse pâlit dans un entourage clair et s’assombrit sur un fond noir, cela serait dû, respectivement, à une contraction et à une dilatation des cellules pigmentaires de la peau, les mélanophores ; le réflexe est en rapport avec les impressions visuelles, car chez une grenouille aveuglée, les mélanophores se contractent définitivement, comme s’il faisait nuit, et sa peau devient pâle.

Les cellules pigmentaires ne semblent pas recevoir de filets nerveux, mais la communication entre les yeux et la peau est réalisée par la sécrétion interne d’une glande, l’hypophyse, excitée par l’influx nerveux émanant des yeux. Cette hormone, véhiculée dans le sang, agit sur les cellules ; sur fond blanc ou pendant la nuit, la sécrétion glandulaire n’est pas activée, les mélanophores restent donc contractés et la peau garde une teinte claire, l’extirpation de l’hypophyse produit le même résultat.

D’autre part, d’autres glandes conjuguent leur action avec celle de l’hypophyse et c’est leur sécrétion, l’adrénaline, déversée dans le sang, qui fait contracter les mélanophores dilatés (62, p. 182, 183).

L’aspect physiologique et physico-chimique du mécanisme complexe par lequel se réalise l’homochromie ne doit pas masquer, dans notre esprit, ce fait essentiel, mis en évidence par l’examen d’ensemble du problème, que le Mimétisme, comme la stigmatisation accidentelle ou expérimentale, consiste essentiellement en une action psychique qui, par des moyens physico-chimiques appropriés, par un enchaînement anatomique déterminé, s’objective en phénomène physiologique.

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Le Mimétisme permanent est riche aussi en surprises et merveilles : il va de la simple homochromie jusqu’à un véritable mimétisme « organique », comportant des dispositions anatomiques particulières.

Il y a des Oiseaux nocturnes, comme le Nyctibius griseius, vivant dans l’île de la Trinité et nichant dans le creux d’un tronc d’arbre, chez lesquels la couleur, la forme, l’attitude et l’immobilité absolue pendant le jour contribuent à donner l’apparence d’un morceau de branche cassée ; il y a des crabes qui vivent sur des fonds calcaires et dont la ressemblance avec un fragment de roche est étonnante, tant par la coloration générale que par la forme du corps et les aspérités et granulations dont il est recouvert.

Mais c’est chez les insectes que l’on trouve les exemples les plus frappants de mimétisme organique, et c’est avec raison que Michelet (L’insecte) pouvait leur faire dire : « Nous sommes toute la nature à nous seuls. Si elle périt, nous en jouerons la comédie, et nous simulerons tous les êtres. Car, si vous voulez des fourrures, nous voici en palatines, telles que n’en porta jamais l’impératrice de Russie ; et, si vous voulez des plumes, nous voici tout emplumés pour défier l’oiseau-mouche ; et, si vous voulez des feuilles, nous sommes feuilles à s’y tromper. Le bois même, toutes les substances, il n’est rien que nous n’imitions. Prenez, je vous prie, cette branche, et tenez… c’est un insecte. »

En effet, posé, les ailes relevées sur le dos, tel papillon ressemble à une feuille morte, comme le Kallima, qui vit à Java : ses ailes inférieures se prolongent en une sorte de queue ressemblant à un pétiole ; des traînées de couleur parcourent les ailes et imitent des nervures. « Il y a même, pour compléter l’illusion, des macules transparentes qui figurent des morsures de chenilles, et jusqu’à des amas d’écailles plus sombres qui figurent des plaques de moisissure ». Tel insecte ressemble à une belle feuille de chêne, verte en été, jaunie à l’automne, comme la Phyllie ; d’autres comme les Phasmes, imitent des rameaux secs, des brindilles, des épines, une feuille de fougère, ou encore comme certains Charançons, un morceau d’écorce recouvert de lichen ; l’Araignée Phrynarachna imite un excrément d’oiseau tombé sur une feuille ; certaines Mantes ont l’aspect de fleurs.

Certains biologistes, comme Jean Rostand et le professeur Etienne Rabaud, ne veulent voir dans le mimétisme que des effets du hasard, de simples coïncidences.

Ce à quoi Lucien Cuénot a répondu qu’il est possible que les extraordinaires imitations de végétaux que sont certains animaux comme les Kallima ou les Phyllies n’aient pas une valeur protectrice supérieure à celle d’une banale homochromie, et « … Qu’on les traite de caprices de fantaisies de la Nature, je le veux bien, écrit-il, mais on aura toujours grande peine à croire qu’elles sont le résultat de hasards superposés sans but. L’homochromie copiante reste une énigme » (62, pp. 185-186).

Si les faits ne sont ni en faveur de la théorie qui voit toujours dans le mimétisme un camouflage protecteur, ni en faveur de celle qui n’y voit que le produit du hasard, ils peuvent tous être interprétés par l’Idéoplastie.

Un des exemples les plus frappants de mimétisme est celui des « sauterelles-feuilles » d’Amérique et de Malaisie, d’ailleurs extrêmement rares, qui ont été étudiées par le professeur Vignon (64), et il ne s’agit pas de vagues ressemblances ; elles imitent, avec une précision extraordinaire, le milieu dans lequel elles vivent et se meuvent ordinairement. Les pattes sont élargies en forme de folioles ou hérissées d’aspérités. Les nervures et les dentelures des ailes sont comparables à celles des feuilles environnantes, sur ces ailes on a constaté le mimétisme de la pourriture ou celui d’une maladie cryptogamique des feuilles : sur un fond roussi apparaît toute la gamme de la maladie, depuis la tache légère, puis accentuée, jusqu’au trou, et le trou est entouré d’un « bordé » de renforcement !

Telle autre espèce, Pterochroza nimia, présente l’imitation de la morsure d une chenille sur l’aile-feuille, telle autre celle d’une fiente d’oiseau ; chez telle autre encore, sur les élytres, une large tache brune mimétise le logis d’une chenille et dans un coin de cette tache, une pigmentation brune imite les excréments de cette chenille. Et, chose extraordinaire, les taches, trous, rognures, échancrures sont symétriques sur les deux ailes!

A un tel degré de perfection, le mimétisme apparaît vraiment, au même titre que la stigmatisation, comme la « matérialisation » d’une image mentale dominante, celle du milieu environnant, comme celle du Dieu mystiquement contemplé.

C’est bien la thèse de l’Idéoplastie qui, sous le nom d’idée organoformatrice, est proposée, pour résoudre le problème du Mimétisme, par le professeur Vignon ; pour lui les insectes mimétiques extériorisent leur « représentation du monde », qui se peint sur leurs ailes et se sculpte dans la substance même de leur corps, comme la vision inspirée de l’artiste se traduit sur la toile ou dans l’argile.

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1 Il n’est pas inutile d’ajouter que la stigmatisation, chez les grands mystiques, est généralement accompagnée de manifestations apparentées aux diverses rubriques de la parapsychologie : Thérèse Neumann parlait quelquefois en araméen, dialecte parlé il y a deux mille ans ; et le Padre Pio présentait des dons de clairvoyance, de prémonition, et même de « bilocation ». Il a effectué des guérisons qui peuvent être qualifiées de « miraculeuses », comme celle de Gemma di Giorgi, aveugle de naissance parce que née sans pupilles.

Enfin, autre phénomène supranormal : le Padre Pio a été vu, deux jours après sa mort, derrière les vitres de sa cellule, par de nombreux témoins, particulièrement par les journalistes Jean Neuvecelle (France-Soir, 27-9-68) et Bernard Noë1, du Figaro, qui ont eu le courage de l’écrire (voir Revue Métapsychique, décembre 1968).