Bernard This : L’haptonomie


05 Oct 2011

(Revue CoÉvolution. No 12. Printemps 1983)

L’haptonomie a été inventée aux Pays-Bas par Franz Veldman qui a fondé l’Institut d’Haptonomie et de Kinésionomie. Médecin, psychiatre et psychanalyste, Bernard This est cofondateur avec Françoise Dolto de la Maison verte, lieu d’accueil pour les enfants et leurs parents. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Le père, acte de naissance (Point Essais, 1991) et La bientraitance au soir de la vie avec Danielle Rapoport (Belin, 2009).

Qu’est-ce que l’haptonomie par rapport au fœtus ?

Bernard This. Il est important de bien préciser que vous faites un numéro sur la naissance et que, de nos jours, ce signifiant a été mis en circulation, on s’en sert comme s’il voulait dire l’accouchement. Une fois de plus la spécificité du fait de naître, qui concerne l’enfant seul, a été évacuée. Cela ne veut pas dire qu’on se moque du père ou de la mère, de leur souffrance, de leur plaisir, de leurs joies. Mais peut-on penser que l’enfant vive quelque chose de spécifique ? Cette capture du mot dans notre civilisation, ramené au seul acte de la mère, montre bien la volonté de ne pas prendre conscience que le fœtus est un être humain. C’est pour cela que j’ai réagi et employé le mot enfant au lieu de fœtus. On veut bien qu’il ait un comportement que nous pouvons décrire, mais cela reste du domaine des réflexes. Et la vie affective ? Il est sous-entendu qu’elle n’a pas d’importance, car le fœtus n’a pas de mémoire puisque deux jours après il ne peut pas vous raconter ce qu’il a vécu. Or, c’est tout simplement engrammé dans la mémoire affective (qualifions-la pour aller vite de sous-corticale), qu’on peut facilement faire revivre dans certaines circonstances. C’est inscrit, même si cela semble une idée folle. Mais s’il est vrai que l’enfant dans le ventre de la mère est un être humain sensible qui perçoit, entend, quel changement dans notre civilisation !

C’est ce que l’on est en train de découvrir.

Oui mais bien difficilement, et avec répugnance.

Nous aimerions bien que cette idée émerge, clairement et nettement.

Oui, car on ne fait rien pour étudier le problème sous cet angle alors qu’il passionne tous les humains. Pourtant, scandaleusement, c’est ce dont on va parler le moins. Cette question nous remue beaucoup trop. On en parle à partir du moment où on a été touché dans sa propre vie, comme Leboyer qui a revécu quelque chose — pas forcément sa naissance parce que toute son expérience d’adulte s’y était rajoutée. Sa conclusion a été de dire « si l’enfant est très sensible, faisons tout pour diminuer ces violences, n’en rajoutez pas inutilement, prenez conscience de la nécessité d’accueillir l’enfant ». Et il a centré son effort sur l’accueil. Franz Veldman, lui, a bien montré que l’accueil ne commence pas le jour où l’enfant est né, mais bien avant.

En quoi consiste-t-il ? Comment accueillir l’enfant ?

Quelle place va-t-on lui faire dans les signifiants alors qu’il n’est même pas conçu ? Il faut prendre conscience qu’il est déjà déterminé. Les signifiants nous déterminent à notre insu, sans nous attendre. C’est comme un aimant placé sous une feuille de papier : avant d’avoir jeté la limaille, vous savez déjà comment elle va s’orienter, le champ magnétique est déjà présent. Vous bougez l’aimant, vous bougez la disposition des grains de limaille. Il ne faut pas réduire l’inconscient à une dimension historique personnelle, il faut faire de lui cette constellation signifiante qui plane au-dessus de nous dans le lignage familial. C’est cela qui permet de comprendre qu’un enfant naît le 12 juin, date anniversaire de la mort du grand-père, qui lui-même était né le… Vous verrez des lignages entiers marqués par un chiffre qui se répète pendant dix générations. Ce qui nous montre bien une détermination qui n’a rien d’héréditaire au sens génétique mais qui est congénitale, inscrite dans cet inconscient familial.

Mais cet inconscient familial existe-t-il ? De quoi est-il fait ?

Je ne veux pas étudier ce problème sous l’angle génétique. C’est beaucoup plus global. Revenons à l’accueil de l’enfant. Si l’accueil est purement verbal, il faut se demander à partir de quand il peut entendre. On discute déjà : 8 mois ? 7 mois ? Des expériences japonaises nous prouvent que l’audition a déjà de l’importance vers 5-6 mois. Quand un Boeing passe au-dessus du toit des maisons de l’île d’Osaka pour atterrir, les enfants dont les mères ont toujours vécu sur l’île ne se réveillent pas. C’est statistiquement prouvé. Tandis qu’un enfant dont la mère est venue dans l’île une fois enceinte de 5 mois va se réveiller. Vous me direz que ce n’est pas la preuve qu’il entend : c’est la mère qui n’est pas encore habituée au bruit qui réagit. Mais manifestement l’audition se développe vers le sixième mois pour les sons aigus et graves. Cependant, les chercheurs n’ont étudié que les sons qu’ils entendaient eux-mêmes. Il faut examiner aussi les effets des infra-sons. Rien ne nous dit que l’enfant ne les entend pas ; par exemple en sophrologie, ils permettent des conditionnements bien plus importants que les sons perceptibles par l’oreille adulte.

Un pédiatre de Roubaix, Titran, a bien montré l’importance de l’endroit où l’on met le micro dans l’utérus. Près du placenta, vous entendez un bruit de chaudière, un souffle, c’est tout. C’est incroyable comme le placenta est sonore. Beaucoup plus bas, au niveau du col de l’utérus, les bruits sont tout à fait différents. En tout cas on a bien montré que la voix grave passe avec le minimum de distorsion tandis que les mots prononcés par les femmes sont moins reconnaissables (rien qu’à l’enregistrement d’un appareil). Cela ne veut pas pour autant dire que l’enfant entend comme l’appareil qu’on a introduit à l’intérieur, selon ses périodes d’éveil.

Ces observations permettent de comprendre l’importance de la musique tsigane. On ne sera jamais le roi du violon si on n’a pas entendu le roi du violon quand on était bébé dans le ventre de sa mère. Cela recoupe les expériences de chefs d’orchestre comme Brott. Vous entendez Beethoven et vous reconnaissez l’œuvre tout de suite alors que vous pouvez avoir une hésitation sur des mots mal articulés. La musique procède d’un mode musical, c’est de la musique avant toute chose. Avant même que les mots aient un sens, l’enfant est bercé par les sons qui parviennent à son oreille et le font jubiler.

Quelles différences y a-t-il entre la voix du père et la voix de la mère ?

On ne peut pas échapper à ce problème ! Tomatis a mis en avant l’importance de la voix maternelle à la suite de conversations qu’il avait eues avec Françoise Dolto et moi-même il y a une quinzaine d’années. Nous lui avions expliqué que nous prenions une voix pointue pour faire sourire les bébés. J’avais noté que les femmes organistes enceintes disaient que l’enfant bougeait plus aux aigus qu’aux graves. Ce fut l’erreur de ma vie ! J’ai pris un fait et je l’ai interprété hâtivement. Je ne m’étais pas rendu compte que si l’enfant ne bougeait pas, ce n’était pas faute de les entendre, mais parce qu’ils réveillaient une sécurité encore plus ancienne. Faildieu et d’autres m’ont montré l’erreur en se servant du thème du basson de Pierre et le Loup. Cette phrase musicale présentée trois fois de suite : 1 minute, 3 minutes, 6 minutes après que la mère se soit allongée et détendue, associait un mouvement de l’enfant et un son, pendant une dizaine de séances. Il suffisait ensuite de faire entendre le basson, courte séquence de 11 secondes, pour qu’immédiatement, l’enfant ait un comportement très significatif, cesse de crier, respire calmement, ouvre les yeux. Bien après la naissance, il a toutes les manifestations du sourire, il rampe vers l’enceinte d’où vient le son, donne son jouet à la personne qui lui fait entendre ces sons qu’il avait perçus in utero et jamais depuis. Son comportement montre manifestement la trace d’une empreinte. L’importance de l’empreinte auditive avait été décrite uniquement pour les poules (cf. travaux de Léonard à Rennes) et pas chez les mammifères. Lorenz s’était centré sur la vision postnatale que l’humanité avait découverte depuis longtemps. L’Hymne au créateur d’Amenothep IV (avant la Bible) contient déjà une description de la poule qui, dans son amour maternel, pépie aux petits poussins encore dans leur coquille qui lui répondent. Elle leur parle et l’amour de Dieu est comparé à cette relation. C’est donc une très vieille observation.

Pourquoi la réfute-t-on et n’en veut-on pas ?

Parce que pénétrer dans le ventre maternel soulève trop de problèmes, trop de souffrances ou trop de difficultés.

Pourtant en vous écoutant, je me rappelle que les femmes qui entraient en contact avec leur enfant par l’haptonomie avaient cette espèce de sourire, d’illumination….

J’ai parlé de la parole, de la musique. Les sons précèdent l’apparition du sens. Mais je ne m’étais pas rendu compte de l’extraordinaire importance du toucher. On ne touche pas directement l’enfant in utero, on fait une légère pression sur l’ensemble constitué par l’utérus, la poche des eaux (le liquide dans lequel se trouve l’enfant dans l’utérus). Ce n’est pas l’enfant directement que l’on touche mais il répond de façon motrice. Il ne répond pas à un toucher local sur une partie de son corps, mais à une différence de pression perçue qui devient significative. La première fois c’est une manière de réagir, la deuxième ou la troisième fois ce n’est plus un réflexe mais c’est déjà de l’ordre de la relation. Un marxiste dirait qu’on convertit la valeur d’usage en valeur d’échange et c’est là le miracle. On n’attend plus la parole pour parler à l’enfant. C’est le renversement par rapport à la position génétique anglo-saxonne (cf. Spitz).

Lacan pensait que c’est la parole qui nous détermine, qui nous fait en tant qu’être de parole. Ce n’est pas moi qui parle, ça parle à travers moi. Une minute avant, je ne sais pas ce que je vais vous dire, je suis traversé par la parole. C’est de là que vient l’importance de cette perception du toucher : tout toucher va devenir extraordinairement signifiant. Ainsi le signifiant n’est pas forcément vocal, on pourrait l’exprimer sous la forme « ça fait signe dans une relation ».

Il est très important que l’enfant perçoive que ces contacts sont liés à une présence, à des sentiments. Plus on veut être présent, près de l’enfant, plus le toucher doit être léger. Ce n’est pas une palpation médicale du bout des doigts. C’est la paume de la main qui établit une relation perçue par l’enfant et qui modifie son tonus. A huit mois, quand l’enfant tout d’un coup n’a plus envie de se laisser faire, il se pousse et son mouvement devient une relation, une forme d’expression non verbale, qu’il est important de lui donner très tôt. Pour la mère, il est fondamental de découvrir qu’il bouge, qu’il répond. Et elle se réjouit de voir que l’enfant prenne aussi contact avec l’homme, qu’il soit le père, le géniteur ou un copain… J’ai vu beaucoup de cas où la relation entre l’homme et l’enfant avait été transformée ; l’homme avait pris l’habitude de jouer avec l’enfant et d’établir une relation avec lui…

Si on joue à heure régulière, l’enfant conserve cette habitude après la naissance.

Si vous avez pris l’habitude de jouer avec lui à 1 heure du matin, il ne voudra plus dormir, il voudra que vous soyez disponible. C’est pourquoi il faut jouer, le toucher, à une heure où l’on sera disponible pour lui après sa naissance.

Le pédiatre qui a travaillé avec les femmes du Quart Monde à Roubaix — ces femmes enceintes tous les ans, ignorant qui était le père de leur enfant, saoules à chaque consultation, chez qui le taux de prématurés était extrêmement élevé — leur a appris ainsi à jouer avec leur enfant et le taux de prématurés s’est effondré. Il n’en revenait pas de découvrir que ce simple contact ait transformé la vie de ces femmes qui vivaient leur grossesse comme un fardeau.

Les parents qui ont eu ce contact avec leur enfant ne sont plus comme ces pères qui n’osent pas toucher un enfant ou ces mères qui n’osent pas le baigner.

C’est extraordinaire de voir ensuite les bébés quand un couple qui a travaillé trois ou quatre fois avant la naissance revient à la Maison Verte 15 jours, ou 2 ou 3 mois après la naissance. Les bébés se réveillent, je leur parle, ils regardent, sourient immédiatement. Ils me reconnaissent même à la télévision, ce qui prouve que cette préparation ne concerne pas simplement la relation de l’enfant avec son père ou sa mère, mais la société toute entière.

Les Dogons disent que la nuit, les paroles du père apportent l’humidité nécessaire au corps en développement, en spirale autour de l’utérus, et pendant la journée, les paroles des hommes de la tribu sont indispensables à la croissance de l’enfant. Certains mythes illustrent ce que nous redécouvrons. La mère de Bouddha jouit de la possibilité de voir son enfant et de s’adresser à lui : c’est virtuellement possible. Certaines femmes savent parfaitement dans quelle position se trouve l’enfant, sans avoir recours au toucher. Quand on appuie sur le fond utérin — à six mois il arrive au niveau de l’ombilic — et que l’enfant ne vient pas, je dis à la mère « prenez votre bébé dans vos bras et portez-le sur votre cœur pour le bercer ». L’enfant se déplace vers le haut. Au bout d’un certain temps il suffit que la mère pense « je mets mon enfant sur mon cœur » pour qu’on le voit remonter.

Ce sont des images qu’il faudrait enregistrer… On ne peut pas enregistrer. Enregistrer, voir, c’est objectif, alors que l’essentiel est de sentir et de participer.

Il est peut-être temps maintenant de définir l’haptonomie ?…

Hapto veut dire « toucher » en grec, mais c’est toucher pour unir. Hippocrate utilise ce mot au sens de toucher médical, qui guérit. C’est l’harmonisation dans le toucher qui fait qu’on est ensemble. Nomos, c’est la loi. Donc l’haptonomie, c’est la loi qui préside au toucher, c’est le développement de la sécurité dans la base.

Que signifie « être en sécurité dans la base » ?

Il faut comprendre que l’enfant adore mettre son sacrum sous la main quand on prend contact avec lui. Quand on le stimule, la naissance se passe très bien. Il a la tête en bas, les fesses en l’air, que demande-t-on à la mère ? Tout simplement de stimuler la colonne vertébrale et le sacrum. L’habitude de pendre l’enfant par les pieds, la tête en bas, à la naissance, est digne des bourreaux des camps de concentration. Dans cette position, tout est tendu, le corps est dans une détresse extraordinaire, comme si on le pendait. Même chose si on le tient sous les aisselles en croyant bien faire, car tout le corps tire sur la colonne vertébrale. C’est comme une balle de tennis sur une pyramide de cubes : comment la faire tenir ? rien de plus facile en tenant la base de la pyramide. Si on prend la balle ou la pyramide par le milieu, tout s’écroule. Dans le cas d’un enfant, les vertèbres ne vont pas tomber à cause des muscles et des ligaments, mais c’est une distension angoissante pour lui. Respecter un enfant, c’est respecter sa sécurité comme l’a développé Françoise Dolto sans très bien la définir. Si l’enfant est bien tenu, quelques heures après sa naissance il se redresse, les épaules s’effacent, il ouvre les yeux, accroche le regard de son entourage, qui ne peut plus se détacher de lui, comme je l’ai vu une fois à Strasbourg. C’était hallucinant !

Donc l’haptonomie, ce n’est pas simplement une moindre souffrance pour la femme, une participation de l’homme, une plus grande sécurité pour l’enfant. Toute l’humanité pourrait en profiter pour améliorer la qualité des relations entre les personnes, car nous vivons dans une civilisation « haptophobe », qui a peur du toucher.

Quand j’ai pris ma fille par la base et que je l’ai posée sur moi, non seulement elle a ouvert les yeux, mais elle s’est mise à dodeliner de la tête… Je n’aurais jamais pensé qu’un nouveau-né ait des réactions aussi immédiates…

En plus, le nouveau-né a un énorme besoin de reconnaissance et de communication. Le grand « crime » de la biologie actuelle est de ne pas accueillir cette demande. La présence d’une autre personne que la mère ou le père rompt cette relation. Quand on laisse la mère seule avec son enfant, dans 85 % des cas elle s’adresse à lui en parlant de l’ouverture de ses « petits yeux », d’où l’importance du regard.

Ce n’est pas uniquement dans la relation postnatale que l’haptonomie nous importe. Elle intervient aussi dans la richesse, la qualité des relations entre adultes. Dans notre civilisation une personne en détresse ne peut pas venir en trouver une autre en lui disant « j’ai besoin d’être dans tes bras et d’y rester cinq minutes ». Jamais.

C’est une dimension de la relation absolument  interdite ou inhibée.

Tout de suite on va parler de sexualité, homo ou hétéro…

J’ai eu le cas d’une femme qui s’est précipitée dans mes bras, elle tremblait comme je ne l’avais jamais vu. Elle a trouvé la possibilité de me dire « mon frère a dix mois de plus que moi » et dix minutes après « ma sœur a dix mois de moins que moi. J’étais l’enfant insupportable, je n’ai jamais eu une place pour moi dans la vie ».

Je n’ai rien dit, je n’avais pas besoin de me demander si elle pourrait quitter mes bras, sortir d’elle-même. Elle m’a dit « vous êtes mon père et ma mère de conception » — même pas de naissance, mais de conception. La séance d’après, évidemment, a été extrêmement fructueuse. C’est donc l’analyse elle-même qui est en jeu. Freud disait qu’il faut « exprimer tous les einfellen », ce que nous avons trahi en traduisant « il faut dire toutes ses pensées ». Il ne s’agit pas que des pensées, mais de tout ce qui se vit dans le corps, le cœur et qui peut trouver une expression, y compris en se levant pour aller dans les bras de son analyste. On voit que c’est tout le problème de la formation de l’analyste qui est posé, ainsi que tous les conflits qui tournent autour.

Les enfants vont apporter comme cadeau à l’humanité une autre façon de vivre.

Vous avez cité la Maison Verte. Pouvez-vous préciser de quoi il s’agit ?

C’est le lieu où nous recevons les parents et les bébés in utero. C’est un lieu d’accueil pour les enfants après la naissance. L’équipe a préféré différencier les lieux afin de ne pas confondre l’accueil verbal et social avec l’accueil haptonomique et tactile. C’est une indication de son désaccord avec une partie de mon travail… Quand Franz Veldman a été invité, ils avaient tous autre chose à faire, ce qui montre l’angoisse dans laquelle les analystes peuvent se trouver…

Alors que c’était justement l’occasion de faire un pas en avant…

Il ne faut pas croire que c’est gagné. Les réactions de mes amis me montrent bien que ce n’est pas évident. Seulement les résultats sont là, des symptômes disparaissent à une vitesse extraordinaire. Je ne parle pas de ceux qui sont liés au traumatisme de la naissance, mais de ceux qui viennent du manque d’accueil de l’enfant, par exemple au bout de cinq minutes d’accueil, l’œil s’arrête de couler…

Je ne sais pas comment le public peut réagir à mes propos. La relation haptonomique doit être vécue. Je me demande même s’il ne faudrait pas se taire et laisser les humains se communiquer les choses importantes de bouche à oreille.

C’est le désir de Veldman

La parole peut-elle rendre compte de cela ? Déjà quand je parle, je mets une intention, qui la fait vivre. Mais un écrit ! C’est déjà le signifiant desséché.

Propos recueillis par Dominique Frappat, Marielle Pernin et Nushka Taï