Alfred Herrmann : La Conscience et la Vie


13 Feb 2009

(Revue Etre Libre. Numéro 268, Juillet-Septembre 1976)

PREMIERE PARTIE : LE SUPRAPSYCHISME

« Je ne puis m’empêcher d’émettre l’hypothèse qu’il existe une organisation ou un dessein derrière toute vie, qui se situe au-delà de la sélection naturelle, du hasard, de la causalité et même de la survie complète d’une personnalité. »
« Je conclus qu’il y a « quelque chose » dans le vide.  Appelez-le « Dieu », si vous voulez.»

(Histoire naturelle de la Vie Eternelle par LYALL WATSON (Albin Michel)

« In Wahrheit ist unser heutiges wissenschaftliches Weltbild — anerkanntermassen — weit von einer Erfassung der ungeheueren komplexen Wirklichkeit unseres Kosmos entfernt. »
(Weltbild im Wandel par JACQUES HUSE — « Esotera » 5 de Mai 1976)

I. — LE SUPRAPSYCHISME

1. — Généralités.

Dans la plupart des ouvrages scientifiques parus ces temps derniers, il n’est question que de deux éléments majeurs qui conditionneraient seuls l’existence, l’organisation et la marche du Grand Cosmos : la matière et le psychisme.

L’élément primordial, qui se trouve à la base de toute l’organisation, de tout le monde, de l’existence même de l’univers est passé sous silence ou alors qualifié de psychisme pur. Les savants les plus évolués s’efforcent de trouver des explications purement matérielles ou psychiques aux phénomènes les plus insolites.

Pourtant, les religions et les cultes ont admis de tous les temps l’existence d’un « Maitre Suprême » qui aurait tout créé, tout inventé et tout organisé, mais ils ont « anthropomorphisé » à tel point ce Maître (rien qu’en l’assimilant à une entité unique, à un être) qu’ils l’ont presque ridiculisé et en ont éloigné tous les hommes épris d’une pensée libre et sincère.

Heureusement, les idées et les mœurs ont évolué. Malheureusement, toutefois, les actes et les « dictats » autoritaires et abusifs d’autrefois, dictés soi-disant par un « Dieu Souverain » anthropomorphe ont produit tout d’abord une réaction trop hâtive et brutale vers un matérialisme irréductible et entêté qui, devenant une véritable superstition, n’avait rien à envier à la crédulité aveugle des temps révolus.

Pendant un grand nombre d’années, le fanatisme religieux, d’une part, l’exaltation matérialiste et athée d’autre part, se sont combattus sans chercher à résoudre, ou du moins d’approcher le problème crucial de la nature de cet élément suprême à qui l’on est en droit d’imputer l’existence de toutes les lois naturelles, de toutes les programmations, de toutes les manifestations de la conscience et de la vie, de toute l’organisation et de la marche du Grand Cosmos.

Cependant, dans cet ordre d’idées, l’homme contemporain est bien obligé d’admettre deux vérités fondamentales :

1. L’entité ou les entités qui se trouvent à la tête de l’existence (réelle ou apparente) du Grand Cosmos, de son organisation et de sa marche ne sont pas constituées par un être unique (un « Dieu » comme le prétendent un grand nombre de religions), mais par un complexe de facteurs divers et mystérieux, incompréhensibles et inconcevables par l’intellect humain.

2. Ce complexe possède, entre autres, (et très partiellement) des caractères qui ressemblent (assez vaguement d’ailleurs) à celles du psychisme des hommes très évolués.

C’est la raison pour laquelle nous avons préféré, aux appellations anthropomorphes de « Dieu », « Allah », « Jéhovah » etc. celle du « Suprapsychisme » réduite parfois à la simple désignation : « la Nature ».

2. — Mécanismes du Suprapsychisme.

Nous avons lu, récemment, entre autres documents, deux livres et un article très intéressants concernant l’ésotérisme et la nouvelle « Weltanschauung ». Il s’agit du livre : « The Romeo Error, a matter of life and death » par LYALL WATSON, du livre : « Fantastiques Recherches Parapsychiques en U.R.S.S. » par Sheila Ostrander et Lynn Schroeder et de l’article n° 5 de mai 1976 d’Esotera.

Ces livres et cet article passionnants font état d’une science et d’une philosophie nouvelles qui, en plus des connaissances merveilleuses acquises par l’humanité depuis la nuit des temps, admettent aujourd’hui l’existence d’un grand nombre de phénomènes autrefois ignorés ou tabous, tels que la cohabitation de plusieurs corps distincts dans l’homme, la dématérialisation et la rematérialisation, l’existence du PSI et du PK, des concepts nouveaux et bouleversants de l’énergie, de l’espace et du temps, la réalité de fantômes et de phantasmes, la parapsychologie, la psychotronique et beaucoup d’autres phénomènes considérés autrefois comme étant paranormaux ou imaginaires.

Tous ces phénomènes et processus sont « expliqués » et « justifiés scientifiquement » à l’aide d’arguments très savants et logiques mais qui ne font intervenir que les seuls éléments matériels et psychiques sans aucune référence à l’existence, l’opportunité, la subtilité, l’ingéniosité et la haute valeur des facteurs qui ont imaginé, créé, adapté et appliqué les interventions et les mécanismes qui permettent la présence et le fonctionnement des procédés qui conditionnent les phénomènes et processus les plus normaux comme les plus insolites et mystérieux.

Les lois et mécanismes qui maintiennent l’organisation, l’équilibre et la marche parfaite du Grand Cosmos, même d’un Cosmos tel qu’il nous est présenté imparfaitement par notre complexe mental, sont trop divers, multiples, ingénieux, audacieux et précis pour avoir été conçus par un psychisme comparable au faible psychisme de l’homme. L’élément conceptuel de ces lois et mécanismes ne peut être que d’un caractère notablement supérieur et inaccessible à l’intellect humain, irreprésentable par cet intellect.

L’entendement humain est à peine capable de trouver un nom ou une qualification pour cet élément qui, en réalité, doit être un complexe d’éléments de natures très diverses et partiellement inconnues.
Prenons un autre exemple des explications générales mais qui passent sous silence l’élément organisateur principal, de phénomènes inexplicables et inexpliqués :

La naissance, la multiplication et les groupements des cellules qui constituent le corps humain et lui confèrent la possibilité de vivre et d’agir, d’obéir aux ordres de toutes les programmations que le Suprapsychisme a concentrées en lui.

Ces cellules sont capables, entre autres choses, d’agir, de s’alimenter, se reproduire et de remplir les fonctions qui leur sont assignées.

L’évolution tout entière (la vie) de l’homme, depuis sa conception jusqu’à sa mort, est fonction d’un très grand nombre de processus, parfaitement explicables et expliqués du point de vue matériel et psychique en appliquant des lois naturelles de caractère matériel, psychique ou les deux à la fois, mais en passant sous silence les éléments qui ont donné naissance à ces processus.

Pourtant, si tous ces processus, en nombre presque infini et d’une subtilité dépassant l’entendement humain, sont expliqués du point de vue scientifique, matériel et psychique, rien n’en est expliqué du point de vue cosmique, du point de vue de l’origine des phénomènes qui se produisent, des lois qui les conditionnent, du point de vue des impulsions qui obligent les matières et les psychismes à se soumettre à des comportements qui conditionnent la vie et l’évolution d’une créature, en un mot : de la conduite de l’évolution du cosmos et des corpuscules qui se meuvent dans l’univers.

Tous ces comportements et toutes ces réalisations échappent à l’entendement humain et néanmoins celles-ci représentent la fondation qui supporte l’édifice tout entier du Cosmos, de toutes les créatures et unités vivantes depuis les cristaux, végétaux, insectes, animaux jusqu’à l’homme.

Citons encore un dernier exemple, moins scientifique et plus « sentimental » de l’intervention du Suprapsychisme : Ecoutons une belle musique, une symphonie de Beethoven, un concerto de Scriabine, admirons un tableau de maître, lisons des poèmes d’Alfred de Musset ou de Verlaine : les auteurs en sont des hommes exceptionnels, merveilleusement doués; toutefois, c’est le Suprapsychisme qui les a rendus capables de créer des œuvres d’une telle élévation et c’est encore le Suprapsychisme qui a créé en nous-mêmes la faculté d’apprécier ces œuvres en les écoutant ou les voyant, de sentir à ce moment un rapprochement naître avec le Suprapsychisme, avec des facultés supérieures qui flottent dans le Cosmos et qui ne peuvent être éprouvées que par ceux qui ont confiance et la foi dans les niveaux les plus élevés de ce grand Cosmos. Seul, un sens énigmatique et inexplicable, prêté à l’homme par de mystérieuses ramifications du Suprapsychisme, lui permet de percevoir tout ce qui dépasse le simple niveau objectif et scientifique de la matière et du psychisme, le niveau médian accessible à tout homme de bonne volonté.

Par ailleurs, des éléments tels que la justice, la bonté, la méchanceté, la valeur artistique, l’éthique, la morale ne peuvent être mesurés ni même classés dans le cadre d’un simple matérialisme, d’un simple psychisme.

Sans faire intervenir le Suprapsychisme, le conquérant qui a fait torturer et massacrer des milliers d’êtres humains et le missionnaire qui a sauvé de la maladie et du désespoir des centaines de lépreux se trouveraient placés à égalité du point de vue éthique et sentimental puisque tous deux mourraient avec plus ou moins de remords ou de satisfaction morale, ces sentiments étant à jamais effacés par la mort.

Sans la reconnaissance de l’existence d’un Suprapsychisme, seule la peu efficiente et souvent fallacieuse peur du gendarme guiderait les actes de la plupart des hommes.

Le Suprapsychisme est le seul représentant d’un facteur qui devrait guider le comportement de l’homme sur cette terre et l’évolution de toute civilisation : I’ETHIQUE COSMIQUE.

LES PROPRIETES PRINCIPALES ET CONNAISSABLES DU SUPRAPSYCHISME.

Nous connaissons mal le Suprapsychisme et la connaissance de la plupart de ses propriétés et pouvoirs est interdite à notre complexe mental. Voici, toutefois, quelques-unes de ses propriétés qu’il nous est possible de percevoir et de caractériser (d’une manière rudimentaire, bien entendu) :

—  Maîtrise absolue du temps, des espaces et d’autres éléments cosmiques que nous ignorons.
—  Connaissance parfaite, des points de vue matériel et psychique, de tous les éléments divisionnaires et apparemment individuels du cosmos, aussi gigantesques ou aussi microscopiques qu’ils puissent être ou paraître, depuis les galaxies jusqu’aux microcosmes les plus subquantiques.

C’est ainsi que le Suprapsychisme connaît parfaitement les caractéristiques, les qualités et les défauts de nature physique, psychique et éthique de chaque individualité soi-disant « inerte » ou animée : minérale, végétale cristalline, animale ou humaine, Dans le langage symbolique religieux, on dirait : « Dieu s’occupe de chaque parcelle matérielle ou psychique, de chaque individu ».

Le Suprapsychisme est capable de maîtriser toute complication aussi multiple et imbriquée qu’elle puisse être. Résoudre, par exemple, un problème qui comporte, pour les hommes, quelques millions d’équations à quelques millions d’inconnues, s’accomplit instantanément. D’ailleurs, les méthodes de calcul humaines, même celles qui comportent de gros travaux d’ordinateurs, ne sont, pour le Suprapsychisme, que de méprisables artifices, que l’ignorance des hommes est obligée d’adopter. Pour prendre un exemple, le Suprapsychisme établira instantanément les dimensions et la résistance matérielle nécessaire d’une branche d’arbre en faisant intervenir tous les facteurs présents et à venir qui se présentent ou se présenteront dans le domaine de la résistance nécessaire de la branche : poids des branchettes, des feuilles, des fruits, espace et emplacement permis, conditions climatiques, atmosphériques, vents, tempêtes probables, températures, durées des saisons, conditions physiques, chimiques, magnétisme terrestre etc. etc.

Le calcul d’une simple branche d’arbre et des matériaux disponibles qu’elle requiert demanderait des semaines de travail à des équipes de calculateurs, de mécaniciens, de physiciens, de chimistes, disposant du matériel et des ordinateurs les plus perfectionnés. En outre, on peut considérer les cellules comme étant de minuscules ouvriers pouvant recevoir des instructions, se procurer les approvisionnements nécessaires et exécuter les travaux ordonnés avec une initiative permanente. Or, le Suprapsychisme est capable de créer et de rassembler les cellules (ouvriers), de leur donner les instructions nécessaires, d’organiser leur collaboration, leurs travaux, leur cohésion, en un mot : d’organiser toutes les parties matérielles, psychiques et éthiques de leur travail.

Autrement dit : la croissance et la survie d’une simple branche d’arbre exige des myriades de milliards d’instructions et d’opérations dont nos équipes les plus savantes et les plus entraînées, même celles qui ont réalisé les voyages vers la lune, seraient incapables.

Le Suprapsychisme part sans doute d’un point de vue selon lequel la solution de tout problème nécessitant un calcul, un raisonnement, une évaluation, est un élément PRE-EXISTANT qui ne demande aucune opération raisonnée ou non, mais une simple APPLICATION par l’introduction de normes naturelles connues anticipativement depuis la nuit des temps.

— Le Suprapsychisme possède une mémoire infinie, absolue et omnisciente qui n’a besoin ni de calculer ni de créer, mais seulement d’APPLIQUER ce qui existe et a existé de tous les temps.

II. — L’ORGANISATION, L’ORDRE ET L’EQUILIBRE DU COSMOS

Le Suprapsychisme, désireux de maintenir l’ordre et l’équilibre dans le cosmos, dispose de moyens connus des hommes et d’autres qui ne sont pas à la portée de notre intellect. Ce sont :

1. — L’application des lois naturelles.
2. — La programmation globale du comportement des gigantesques, grands, moyens, petits et infiniment petits composants du grand Cosmos.
3. — La création d’unités et de complexes CONSCIENTS et VIVANTS.

1. — Application des lois naturelles.

Selon toutes les probabilités, ces lois ne sont pas fixes dans tout l’univers, mais variables selon les emplacements spatiaux et chronologiques.

L’application des lois naturelles comporte toujours deux éléments majeurs : un élément déclencheur et un élément récepteur.

Prenons un exemple : Lorsque, sur notre terre, une bille d’un certain poids rencontre une bille d’un autre poids, (la rencontre = l’élément déclencheur), les deux billes continueront leurs déplacements selon des trajectoires à des vitesses régies par des lois universelles, en fonction de leurs poids et de leurs vitesses initiales, des conditions de leur rencontre, etc. Les deux billes constituent les éléments récepteurs.

Les lois « universelles » qui ont conditionné la rencontre des billes et les suites qu’elle comporte, ne sont nullement, comme on le pensait jusqu’à présent, des lois immuables et applicables, dans leur intégralité, dans l’univers tout entier, mais des facteurs variables selon les conditions spatiales et chronologiques de l’endroit où elles trouvent leur application. Tout semble prouver, en effet, que sur une galaxie lointaine, les deux billes auraient adopté, après leur impact, des trajectoires différentes de celles qu’elles ont adopté sur notre terre et en supposant même que les poids, les dimensions et les conditions de la rencontre soient identiques sur notre terre et sur la galaxie.

Peu importe, d’ailleurs, car le fait qui vaut la peine d’être mis en évidence est que tout événement se produisant dans le grand univers et quelle qu’en soit la nature, est toujours subordonné à une loi universelle qu’il est d’ailleurs presque toujours possible de connaître d’avance, ne fût-ce qu’entre certaines limites.

Toutes les lois naturelles sont déterminées logiquement et connues par le Suprapsychisme qui détient de cette manière un élément majeur de l’organisation et de la marche du grand univers. Elles sont conçues avec une précision et selon des précognitions absolues.

En dehors des lois universelles et d’ordre absolu et général, il existe encore des lois, ou plutôt des « tendances légiférantes » qui semblent planer au-dessus des lois universelles dans les cas de répétitions un très grand nombre de fois, dans des conditions identiques.

Ainsi, lorsqu’on lance, un très grand nombre de fois, une bille sur la roulette de Monte-Carlo, cette bille a une tendance à venir se placer un nombre égal de fois dans chaque case. Plus le nombre de jets est élevé et plus les nombres des retombées dans les différentes cases ont une tendance à s’égaler alors que, normalement, ces nombres devraient être conditionnés par le seul hasard.

Un autre exemple est celui des gènes prédominant les sexes dont les éjections, au cours des conceptions, semblent n’être régies que par un pur hasard. On constate cependant que le nombre de mâles et de femelles, chez les animaux comme chez les hommes, sont à peu près égaux ou, du moins, proportionnés à la vie épisodique de chaque espèce.

Beaucoup de lois nucléaires peuvent être considérées comme représentant une véritable légifération du hasard et des grands nombres.

Sans aucun doute, l’application de ces lois qui légifèrent même les processus qui semblent être abandonnés aux seuls effets du hasard, est déterminée et imposée par le Suprapsychisme.

1.    — Programmation du comportement des grandes masses cosmiques.

Le comportement des grandes masses cosmiques, composées de myriades de milliards d’éléments (galaxies, nuages de matières incandescentes, ionisées, quasars, pulsars, étoiles, etc.) se déroule selon des programmations et la plupart de ces programmations dépassent l’entendement humain.

En principe, nous sommes en état d’observer, grâce à nos télescopes géants, une fraction du Grand Cosmos comprise entre 0 et environ 1 milliard d’années-lumière et cette observation devient de plus en plus rudimentaire que l’on s’éloigne de notre terre. Toutefois, le peu d’observations que l’on est en état d’effectuer à des distances relativement réduites conduisent déjà à des conclusions qui outrepassent l’entendement et les possibilités conceptuelles de l’homme : vitesses dépassant de loin la vitesse maximale présumée de la lumière, déterminée par les sciences humaines, énergies d’une ampleur inconcevable, quasars, étoiles à neutrons, et « trous noirs » hypothétiques, etc.

Malgré ce grand nombre d’observations, dont plusieurs dépassent tous les pouvoirs conceptuels de l’homme, le secteur d’univers observable à l’aide de nos télescopes les plus surdimensionnés, ne représente, selon toute vraisemblance, qu’un secteur infiniment petit du Grand Cosmos.

Si nous étions capables d’en observer des secteurs plus étendus, nous y découvririons sans doute des phénomènes, des processus, des états matériels et psychiques en nombre infini dont le caractère insolite et fabuleux dépasserait l’imagination des auteurs de science-fiction les plus audacieux ainsi que l’existence de plans et de secteurs universels dont la conception même nous serait interdite.

Et cependant, tous ces ensembles titanesques possèdent au moins quelques propriétés communes : l’organisation, l’équilibre, l’harmonie et aussi une stabilité relative. Ces propriétés résultent toutes d’un facteur également commun au Grand Cosmos tout entier : la PROGRAMMATION comprenant l’obligation imposée à tout élément appartenant à ce Grand Cosmos d’obéir à cette programmation et de se comporter selon certaines normes, certaines contraintes et certaines lois qui permettent au Suprapsychisme de maintenir l’organisation, l’ordre et l’équilibre dans toutes ces masses d’une amplitude et d’une envergure à peine concevables par l’homme.

Ainsi, dans l’infime secteur qui est à la portée de nos observations, on peut citer de nombreux exemples de programmations organisatrices :

— La formation et l’évolution des étoiles.

De grandes masses gazeuses et hautement incandescentes se forment en masses sphériques isolées qui continuent à entretenir leurs températures titanesques grâce à un processus de fusion nucléaire.

Ensuite, une série de réactions nucléaires successives, tantôt de fission, tantôt de fusion, provoquent à la fois une contraction, une élévation de la température et une accélération de la rotation de l’étoile. Les températures intérieures de plus en plus élevées peuvent ou bien se stabiliser par une émission calorifique externe élevée (si la masse de l’étoile n’est pas trop importante) : dans ce cas, l’étoile deviendra un « soleil » comme le nôtre ou bien une naine blanche, ou bien (si l’étoile possède une grande masse), la température apocalyptique interne déclenchera une explosion titanesque qui lancera la majeure partie de ses composants plus légers vers les quatre coins du ciel (« supernova ») et le restant des composants plus lourds formera, selon les hypothèses les plus vraisemblables, une étoile à neutrons ou même un « trou noir ».

Cette évolution de masses gazeuses ionisées vers différents types d’étoiles est un processus « programmé », surtout par les différentes réactions nucléaires, prévu par le Suprapsychisme qui mène le cosmos et peut par conséquent être assimilé à une programmation réelle.

Les particules qui composent les masses ionisées et les étoiles en formation obéissent à cette programmation et leurs mouvements d’ensemble sont bien conformes aux ordres supérieurs qu’elles reçoivent. L’évolution comporte des milliers de processus fragmentaires, physiques, mécaniques, chimiques, nucléaires, etc. dont l’évolution de l’étoile représente l’élément déclencheur et les particules, atomes, molécules, etc. sont l’élément récepteur qui obéit volontairement à toutes les dispositions des lois de l’évolution cosmique.

Un autre exemple de programmation cosmique évidente est l’évolution de notre globe terrestre, constitué autrefois par une masse sphérique hautement incandescente, entourée d’une atmosphère de gaz toxiques, vers un habitat capable de porter et d’entretenir la vie et le psychisme.

2.    — Création d’unités et de complexes conscients et vivants.

Nous ne disposons, malheureusement, de ce processus, que d’un seul exemplaire observable et expérimentable : notre terre. Toutefois, notre complexe mental est suffisamment évolué pour pouvoir se rendre compte que, dans l’univers, aucun phénomène n’est unique et isolé, mais se reproduit un nombre infini de fois, même si ses différentes apparitions ne diffèrent que d’une parcelle infiniment petite. De ce qui précède, on peut conclure avec une probabilité très élevée, que les corps sidéraux portant la conscience et la vie doivent se trouver en nombre pratiquement infini dans le grand univers, même si la proportion de leur survenance, par grands secteurs de cet univers, est très petite.

La possibilité d’existence de complexes conscients et vivants ne peut se produire que dans quelques endroits privilégiés et relativement très petits du Grand Cosmos. Des milliers de conditions de températures, pressions, radiations, etc. conditions qui ne peuvent être atteintes que grâce à une PROGRAMMATION, sont nécessaires pour permettre l’existence d’une matière suffisamment « ralentie » pour admettre l’assimilation de propriétés de conscience active et autonome et de vie.

La conscience, imprégnée dans des unités matérielles telles que les électrons, noyaux, leptons, etc. semble être destinée principalement à fragmenter des programmations d’ordre général en un très grand nombre de sous-programmations. Un élément conscient : objet, créature, molécule, atome, électron, etc. forme toujours un AGENT DE LIAISON entre cet élément et le milieu dans lequel il se trouve.

La conscience, considérée comme une forme affinée de la programmation, permet à un élément conscient de percevoir certains signaux émis par le milieu dans lequel il se trouve, de les analyser et de réagir en fonction de cette analyse; toutefois, la conscience est toujours strictement limitée à la perception, l’analyse et la réaction à un nombre restreint et bien déterminé de signaux qui intéressent directement l’existence et les activités de l’élément pris en considération.

La conscience et le psychisme des particules élémentaires, depuis l’électron jusqu’aux macromolécules :

Deux grands principes doivent être évoqués à ce sujet :

1. La transformation de l’atmosphère toxique qui entourait la terre incandescente, il y a un certain nombre de milliards d’années, en une atmosphère respirable, capable de promouvoir et d’entretenir la vie, s’est opérée par étapes, successivement. Les principales étapes sont les suivantes :

— Formation, à partir de l’atmosphère primitive composée principalement de gaz élémentaires : hydrogène, oxygène, ammoniaque, méthane, etc. des acides aminés. Selon Melvin Calvin, Stéphane Miller et la plupart des savants américains et d’ailleurs, la formation des acides aminés, tout en étant imposée par une programmation, s’est opérée naturellement et apparemment sans intervention d’un facteur psychique quelconque. Elle peut être réalisée dans les laboratoires des universités prénommées en reconstituant simplement les conditions de températures, pressions, radiations etc. qui régnaient autour du globe terrestre aux époques les plus reculées.

— Formation de macromolécules à partir des acides aminés; celle-ci ne peut s’expliquer par la seule présence des conditions physiques et chimiques requises, la catalyse et l’autocatalyse, mais exige l’intervention d’un certain facteur psychique.

2. Une erreur importante a été commise en ce qui concerne les particules élémentaires (électrons, protons, etc.) qui interviennent dans les processus de la vie.

La science contemporaine attribue à la vie une série entière de processus de caractère ELECTRIQUE : présence de radiations et de champs électriques et magnétiques dans — et à partir — des corps vivants, composition partiellement énergétique-électrique d’un corps vivant, etc. Le transfert de tous les signaux apportés par les sens : lumières, sons, goûts, etc. au cerveau se font par l’intermédiaire de courants électriques; la commande de la motilité, des muscles et de tous les organes permettant des déplacements se fait à l’aide de pulsations électriques et électroniques.

Or, la grande erreur commise par toutes les sciences biologiques a été de considérer les électrons, véhicules des processus psychiques précités comme étant semblables aux électrons déclencheurs de processus matériels tels que la lumière, les tramways, l’allumage des moteurs à explosion, etc.

Pourtant, il se fait que les électrons qui interviennent dans la transmission de signaux sensoriels ou dans tous les processus de la motilité, sont porteurs de MESSAGES PSYCHIQUES. Ainsi, les électrons, transmis par les cellules photo-électriques des yeux sont capables de former, dans le cerveau, des images conscientes; les électrons qui interviennent dans les commandes de la motilité sont porteurs de messages psychiques qui permettent aux organes de cette motilité d’interpréter les messages reçus.

Par conséquent, il y a lieu d’attribuer à tous les électrons (comme à toutes les particules qui interviennent dans les processus de la vie), des caractères à la fois matériels et psychiques; parmi les caractères psychiques, il y a lieu de mentionner une certaine conscience, reconnue d’ailleurs par d’éminents savants tels que le professeur Lawden, dans différents numéros de la revue « Nature », depuis avril 1964.

LA CELLULE

L’unité vivante la plus (relativement) rudimentaire est la cellule qui constitue déjà un complexe, inimaginablement compliqué, de propriétés de conscience imprégnées dans les particules composantes, selon une loi d’intégration pondérée.

Le principe fondamental de la vie est la formation de complexes, en nombre inimaginablement élevé d’unités conscientes (électrons, atomes, molécules, macromolécules, etc.) dont les propriétés individuelles non seulement s’additionnent mais s’amplifient selon une progression géométrique ou à peu près telle. C’est, une fois de plus, un processus qui ressemble quelque peu à celui qui a permis aux équipes de la NASA de réaliser de véritables miracles techniques pour arriver à circuler sur la Lune : une équipe de techniciens, chargée de résoudre l’un ou l’autre problème mécanique développe beaucoup plus d’entendement et de savoir-faire que ceux résultant d’une simple addition arithmétique de chacun des techniciens qui composent l’équipe. Autrefois, les grandes inventions étaient réalisées par des chercheurs isolés, travaillant seuls tandis qu’aujourd’hui, une équipe de techniciens obtiendra des résultats étonnants en effectuant un travail d’ensemble, bien organisé et synchronisé.

C’est en vertu de ce principe que la cellule vivante possède des propriétés mécaniques et psychiques étonnantes. Les facultés mécaniques et psychiques de leurs différents organes sont à peine croyables.

Selon l’opinion de M. Linssen[1], les propriétés psychiques des cellules et de leurs complexes seraient dues à un processus de nature MNEMONIQUE, composé de parcelles infiniment petites de mémoire acquises au cours de millions et de milliards d’années. Le comportement des cellules et groupes de cellule serait par conséquent le résultat de REFLEXES CONDITIONNES. Il est probable que M. Linssen[2] ait raison, toutefois les phénomènes de la création et de la complexification de ces apports de consciences imprégnés dans les particules matérielles restent et resteront toujours un profond mystère inaccessible à l’homme et accessible au seul Suprapsychisme.

La vie, considérée sous l’angle des arguments exposés ci-dessus, restera toujours une PROGRAMMATION imprégnée dans des cellules, mais cette programmation est un complexe de programmations de conscience imprégnées dans un grand nombre d’organes qui sont eux-mêmes d’inextricables complexes de consciences imprégnées dans les particules élémentaires et leurs composés[3].

Les cellules sont très diverses et c’est grâce à leur diversité que le monde vivant : monocellulaires, virus, microbes, insectes, fleurs, animaux, hommes, etc. est lui-même si divers.

Il se produit, dans cet ordre d’idées, un phénomène comparable à celui du psychisme, introduit dans un grand nombre de particules : des milliards de cellules identiques ou même ressemblantes, apportent une propriété qui n’est pas seulement une accumulation simple de propriété, mais une intégrale pondérée de ces propriétés et cette « intégrale pondérée » est capable de fournir, au besoin, des apports d’une grande ampleur et d’une grande efficience, entre autres des activités psychiques et mécaniques.

Caractéristiques élémentaires de la vie : on ne peut pas imaginer l’existence de la conscience et de la vie sans l’intervention d’un Suprapsychisme programmateur et animateur de l’évolution des espèces vivantes. Des myriades de milliards de programmations et de moyens d’exécution de ces programmations, savamment et opportunément imprégnés dans les éléments conscients et vivants, ne sont pas à la portée d’une entité ou d’un complexe d’entités ne possédant que des propriétés matérielles, mentales et psychiques semblables à celles de l’homme, même si ces dernières étaient multipliées par des chiffres très élevés.

En faisant intervenir tout ce qui est conscient et vivant, le Suprapsychisme est en état, d’une part, de modeler un corps sidéral arrivé au stade de notre terre, à sa guise et, d’autre part, de créer des entités qui, à certains points de vue et d’ailleurs très partiels, se rapprochent du Suprapsychisme lui-même.

C’est pourquoi il faut s’attendre à voir le psychisme humain grandir de jour en jour. La partie active de notre cerveau, par exemple, occupe à peine quelque 10 % de la boite crânienne réservés à nos activités matérielles et psychiques. Au cours des siècles futurs, l’homme acquerra, sans doute, certaines facultés réservées jusqu’à présent au Suprapsychisme, telles que les phénomènes parapsychiques et dit paranormaux, la précognition, les guérisons soi-disant miraculeuses, etc.

Il faut toutefois se résigner à bien comprendre que, si l’extension de nos facultés intellectuelles est attribuable, en grande partie, à nos efforts, aux progrès de notre science, au développement de notre cerveau et de nos connaissances, ce développement de notre cerveau et de nos connaissances est strictement déterminé et limité par le Suprapsychisme qui, seul, est en état de décider dans quelles limites l’homme, modeleur-délégué de notre globe terrestre (et sans doute d’autres corps sidéraux habités des espaces infinis du Grand Cosmos) pourra étendre ses propriétés intellectuelles et ses pouvoirs matériels et psychiques.

Par ailleurs, nous sommes bien obligés de nous familiariser avec l’idée que nous ne concevons et connaissons qu’une fraction infiniment petite du Grand Cosmos, celle que le Suprapsychisme nous a autorisé à concevoir, percevoir et explorer.

Les notions d’avant-garde actuelles telles que la connaissance (ou plutôt l’intuition de l’existence) d’autres plans cosmiques, l’antimatière, l’anti-temps, les « élémentons », l’antihasard, les champs de création, la gnose de Princeton, l’intelligence de l’énergie, la spiritualité de la matière etc., etc. ne sont que de petites fenêtres que le Suprapsychisme nous a autorisés d’ouvrir sur l’immense vue synoptique du Grand Cosmos.

C’est le Suprapsychisme qui mène l’univers et les connaissances des humains, aussi géniales qu’elles nous puissent paraître. Elles ont toutes été créées et elles sont toutes soumises à une supervision par ce Suprapsychisme dont nous ignorons tout mais dont nous devons apprendre à reconnaître la présence en toutes choses et à en respecter les décisions et les lois.

(à suivre)

La Conscience et la Vie par Alfred Herrmann

(Revue Etre Libre. Numéro 269, Octobre-Décembre 1976)

DEUXIÈME PARTIE

1. — LES TROIS MATIERES

L’univers, organisé et dirigé par le Suprapsychisme, tel qu’il nous est présenté par notre complexe mental (« mind »), est composé de trois espèces de matières :

1 — Les matières dites « inertes » ou « inorganiques » ;

2 — Les matières « conscientes » et vivantes ;

3 — Les matières, ayant été vivantes, redevenues « inertes », qui sont appelées « matières organiques ».

Les matières inertes ou inorganiques

D’après ce que notre complexe mental nous permet de connaître de l’univers, les matières « inertes » constituent la composante largement majoritaire de l’univers.

Les deux autres catégories ne se rencontrent — pour autant que nous puissions connaître la réalité — que dans quelques régions privilégiées et très clairsemées de l’univers. Pourtant, même dans ces régions privilégiées, les matières « inertes » constituent la base et le substrat majeur des matières vivantes ou autrefois vivantes.

La matière « inerte » n’obéit — du moins en vertu de ce que nous sommes en état de savoir — qu’au seul Suprapsychisme, par le truchement des « lois universelles » ou « lois naturelles ». Ces lois, d’ailleurs, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, ne sont nullement universelles ni cosmiques, mais vraisemblablement variables en fonction du lieu et du temps.

Si nous nous contentons d’une définition rudimentaire de la conscience : faculté de percevoir des informations retirées du milieu extérieur, de les « computer » et de réagir à ces informations en se conformant à une programmation « suprapsychique », la matière « inerte » de l’univers n’est pas totalement dépourvue de conscience, surtout si, logiquement, on compte la soumission aux lois naturelles comme un phénomène — très élémentaire mais incontestable — de CONSCIENCE.

Reprenons, à ce sujet, l’exemple déjà cité, des deux billes de billard, constituées par des matières inertes, qui se rencontrent sur notre terre ou ailleurs. Ces billes sont composées de myriades de milliards de molécules, noyaux, électrons, leptons, corpuscules quantiques et subquantiques (v. les écrits du Prof. Robert Tournaire).

Or, les myriades de trajectoires de ces myriades de corpuscules se trouvent influencées par l’impact de ces deux billes. Si les lois naturelles de l’impact qui, sur notre terre, imposent des trajectoires bien précises aux deux billes après leur rencontre et qui doivent être respectées de la manière la plus stricte, ce qui semble bien être le cas d’après les mesures les plus précises que nos laboratoires sont en état d’effectuer, il doit se produire une certaine « adaptation » du comportement de ces myriades d’éléments qui se déplacent, pour la plupart, à des vitesses folles. Cette « adaptation » démontre l’existence d’une possibilité de « choisir entre les choses », donc de conscience et de psychisme.

Toutefois, l’hypothèse et la nature de l’existence d’une certaine conscience rudimentaire des particules infiniment petites, lors de l’application de grandes lois naturelles est loin de constituer un fait scientifiquement établi avec une certitude absolue, néanmoins la soumission de tous les éléments du grand univers, depuis les masses de matières les plus gigantesques jusqu’aux particules les plus ténues, aux lois naturelles (locales) constitue une preuve irréfutable de l’existence d’une conscience globale et primitive des matières dites « inertes » ainsi que de leur obéissance au Suprapsychisme. On pourrait l’appeler « micro-conscience » ou « conscience inconsciente ».

Si nous étions capables de calculer des « intégrales pondérées » des micro-consciences des corpuscules qui constituent une grande masse sidérale ou une très grosse étoile, nous arriverions sans doute à des chiffres non négligeables et il est probable que c’est ce processus qui confère au Suprapsychisme la possibilité d’exercer une certaine mainmise bénéfique sur les grandes masses de l’univers, en dehors de la simple application des lois naturelles et d’éviter, entre autres, que de grands impacts catastrophiques ne prennent une ampleur qui mettrait en danger l’équilibre d’un secteur entier du grand univers ou même d’un système solaire tel que le nôtre.

Les diverses espèces et les gradations de la conscience.

En principe, la conscience permet non seulement aux éléments dotés de conscience de percevoir des signaux et des informations en provenance du milieu qui les entoure (même si ce milieu est constitué exclusivement par des éléments identiques) mais elle permet également à ces éléments d’analyser et de « computer » ces signaux et informations et d’opérer un « choix entre les choses » (de nature indubitablement psychique), ce choix aboutissant à des réactions matérielles, psychiques ou les deux à la fois et les choix étant opérés en conformité avec une programmation imprégnée par le Suprapsychisme dans les organes et les commandes de l’élément « conscient ». En ce qui concerne les corpuscules des matières « inertes », les facultés précitées sont inconscientes et on peut les appeler « consciences élémentaires et inconscientes ». La représentation mentale de ces consciences élémentaires est difficile à concevoir et à comprendre par le « mind » humain car notre « conscience » est d’une tout autre nature et d’un degré plus élevé puisqu’elle inclut une véritable « compréhension » (très partielle, évidemment) de notre univers, de tout ce qui s’y passe et de notre situation dans cet univers.

C’est notre conscience d’un degré déjà élevé qui a faussé notre possibilité d’envisager et de comprendre les concepts des consciences de degrés inférieurs des matières inertes et des créatures primitives.

Les consciences, encore primitives, mais d’un degré déjà un peu plus élevé, sont celles des créatures inférieures : cellules, créatures unicellulaires, insectes, plantes. Elles ressemblent à celle que l’on pourrait attribuer erronément à un robot conçu pour réagir automatiquement à des « signaux » d’un milieu extérieur. Cependant, à la différence du robot, les signaux perçus par les créatures primitives sont avant tout d’abord enregistrées et computées. (Et pas nécessairement par un organe assimilable à un cerveau.) Ce n’est qu’à la suite de cette computation, effectuée selon une programmation, imprégnée dans la créature par le Suprapsychisme, que cette créature peut avoir une réaction aux signaux perçus (ou ne pas l’avoir). La computation (comprenant entre autres choses une très minime possibilité de CHOISIR), est un processus incontestablement psychique, même si la créature en question est totalement ignorante de cette faculté et est par conséquent inconsciente à ce point de vue, de même qu’elle est inconsciente de la programmation qui lui est imposée. Il s’agit, une fois de plus, d’une « conscience élémentaire et inconsciente ».

Cette « conscience inconsciente » est néanmoins capable d’opérer de véritables miracles et d’organiser des mouvements d’ensemble computées et intelligents. Il s’agit en quelque sorte d’une intelligence et d’un psychisme inconscients presque infaillibles dont les créatures inférieures n’ont aucune perception ni conscience propres. Nous citerons, entre autres, la faculté que possèdent certains insectes de piquer des larves pour les faire entrer en léthargie, l’endroit de la piqûre étant toujours exact, à une fraction de dixième de millimètre près. La faculté que possèdent des colonies d’abeilles, de fourmis, de termites de construire et d’organiser des habitats collectifs aérés, maintenus à une certaine température, capables de produire des aliments divers nécessaires à la vie de la colonie.

Tous les éléments psychiques prénommés ne sont pas exclusivement des réactions programmées à des signaux extérieurs mais sont très souvent les résultats de facteurs en provenance de « raisonnements inconscients » (également programmés) intérieurs de la créature douée de conscience élémentaire. La faculté d’effectuer des « raisonnements inconscients » et des « computations inconscientes » exige parfois (pas toujours) la présence d’un organe pensant matériel, c’est-à-dire d’un cerveau, aussi primitif qu’il puisse être. Le cerveau est même apparemment absent chez les plantes et chez tous les organismes « vivants » inférieurs à la plante. Chez ces derniers, un certain organe matériel, décelable dans les noyaux des cellules qui composent ces plantes et créatures inférieures, est destiné à assumer, d’une manière très primitive, il est vrai, les activités réservées aux cerveaux des créatures d’une espèce plus élevée.

Chez les insectes vivant en colonies, le cerveau matériel est souvent remplacé par une certaine substance (matérielle également) qui est capable d’effectuer certaines opérations de nature psychique telles que des computations et des raisonnements très élémentaires et cette substance est distribuée aux « ouvrières » grâce à un certain léchage par la reine de la colonie.

On ne peut pas comparer la « conscience inconsciente » des éléments animés ou non, depuis les corpuscules subquantiques jusqu’aux unicellulaires, plantes et insectes, à la conscience humaine et l’erreur, commise par les hommes, est de l’avoir fait. Les deux consciences ont pourtant des points communs : la faculté de percevoir des signaux extérieurs, de les analyser et les computer, consciemment ou inconsciemment, mais toujours selon des programmations imprégnées dans ces éléments, puis de réagir en concordance avec les computations programmées.

Seule, la conscience humaine (et peut-être celle de quelques animaux supérieurs), possède une faculté de plus que les consciences des degrés inférieurs : c’est celle qui leur permet d’effectuer des computations, des raisonnements et des programmations même, tout à fait indépendants de la programmation qui leur a été « imprégnée » par le Suprapsychisme.

Les « consciences inconscientes » et primitives des matières inertes et des créatures inférieures sont souvent difficilement décelables et ne peuvent être perçues que lorsqu’elles sont accumulées par « intégrales pondérées » de myriades de milliards d’éléments unitaires.

Elles prouvent néanmoins que tout, dans la nature, est doté de conscience (parfois très élémentaire), donc d’un certain psychisme dirigé par le Suprapsychisme. Voilà des faits qui étayent d’une manière étrange les théories, développées d’une manière géniale par Mr LINS-SEN, notamment dans son livre sur la « Spiritualité de la Matière ».

De plus, les faits précités prouvent la soumission, à des degrés divers, des matières et créatures aux ordres du Suprapsychisme. Seul, l’homme semble posséder une certaine faculté de constituer lui-même des computations, des raisonnements et des programmations indépendants des programmations du Suprapsychisme, ce qui pourrait être qualifié, dans une certaine mesure, de « libre arbitre ». Mais ce « libre arbitre » lui-même, qui lui a été accordé par le Suprapsychisme, n’est-il point, à un certain point de vue, également le résultat d’une « programmation » ?

3.    — LES MATIERES CONSCIENTES ET VIVANTES

Dans le chapitre qui suit, nous entendrons par « matières conscientes » celles qui sont dotées d’une conscience consciente et non pas d’une « conscience inconsciente » telle que celle des matières « inertes ». Certaines matières dotées de « conscience consciente » comme celle des macromolécules, des unicellulaires et des plantes — nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire — ne peuvent exister que dans des endroits privilégiés et rares de l’univers, là où le Suprapsychisme, grâce à une programmation savante, une « mégaprogrammation » — disons même un « téléguidage » — a pu créer des conditions de températures, pressions, radiations etc. permettant l’existence de matières dotées d’une conscience consciente ou conscience perceptible. La terre est-elle le seul endroit de l’univers où cette programmation a été appliquée ? Cette question sera débattue ailleurs.

Quelle est donc la barrière qui sépare les matières vivables seulement dans des endroits privilégiés, tels que notre terre, des matières vivables à la fois sur notre terre et dans tous les endroits de l’univers ?

A notre avis, le critère, adopté à ce sujet n’est pas très clair ni exact car on a défini ce critère comme étant la présence de macromolécules et de l’élément « carbone ». La présence de ces deux éléments constitue certes une condition nécessaire, mais point une condition suffisante !

La condition nécessaire est déduite du fait que la structure atomique du carbone lui permet d’entrer dans la combinaison d’une gamme de matières qui possèdent presque toutes les propriétés imaginables : physiques, chimiques, mécaniques, plastiques, de résistance, odorantes etc. etc., possédant les constitutions les plus diverses des densités, depuis les gaz légers jusqu’aux solides les plus durs, les facultés nécessaires pour former les molécules à la fois les plus élémentaires, les plus complexes, les plus insolites.

Toutefois, cette condition n’est pas SUFFISANTE car il existe, dans l’univers, de nombreuses matières totalement « inertes » mais contenant des molécules et des atomes de carbone. Pour trouver une condition SUFFISANTE, il faut analyser, même d’une façon rudimentaire, le phénomène de la VIE.

La VIE est un complexe de consciences et de réactions résultant de ces consciences. Elle est caractérisée par une « conscience des consciences », élémentaire ou complexe et une faculté d’analyser et de computer CONSCIEMMENT des signaux venant de l’extérieur et d’opérer — ou non — mais consciemment, les réactions qu’ils imposent, qui sont dictées par les programmations que le Suprapsychisme a imprégnées dans les éléments vivants. L’inconscience et l’automatisme des réactions, même si elles sont conformes à des programmations imprégnées dans des unités, sont remplacés par une certaine conscience autonome. Pourtant, cette conscience n’est que celle d’exister et de percevoir le monde extérieur selon une programmation imposée. Néanmoins, cette conscience n’atteint pas le niveau de la conscience qui permet d’agir selon des programmations ni la conscience de l’existence même des programmations. Jusqu’à l’homme (ou peut-être même quelques animaux des espèces supérieures), les réactions, computées selon des programmations, aux signaux extérieurs, sont toujours inconscientes de ces programmations et plus ou moins automatiques. Chez les animaux, les programmations précitées ont reçu le nom « d’instinct ». Chez la plupart des animaux d’espèces supérieures, même les facultés de se lier d’amitié avec d’autres animaux ou avec l’homme, sont des effets d’une programmation, donc de leur « instinct ».

Une autre condition nécessaire mais non point suffisante pour l’existence de la vie, est la présence, dans les éléments « vivants », de matières formées grâce à l’intervention d’un certain psychisme, entre autres la présence de macromolécules.

Nous avons vu que dans l’univers sidéral, la formation des matières les plus diverses est conditionnée par des facteurs et des énergies dépourvus de toute propriété psychique (du moins pour autant que nous soyons capables de trancher cette question) : températures, pressions, radiations etc.

Ces espèces de matières sidérales, comprenant même des molécules élémentaires, vont jusque et non compris les acides aminés. Toutefois, les macromolécules, pour pouvoir se former, exigent déjà l’intervention d’un certain psychisme, ne fût-ce que celui qui est nécessaire pour rassembler « sur place » les molécules et les matières capables d’opérer des catalyses, des autocatalyses et d’autres facteurs nécessaires pour synthétiser une macromolécule.

Une deuxième condition, nécessaire pour la création de matières vivantes est la présence de l’élément moléculaire adapté à la vie la plus simple : la macromolécule. Toutefois, il ne s’agit pas encore d’une condition nécessaire et suffisante. Cette condition nécessaire et suffisante est la présence de CELLULES VIVANTES.

La cellule vivante est l’élément le plus simple et aussi le plus indispensable à l’existence de quelque chose de vivant. On peut affirmer que la cellule est la brique qui permet d’édifier n’importe quelle matière ou créature vivante. La cellule est un microcosme complet et autonome, capable de réaliser la plupart des processus qui caractérisent la vie. La plupart des processus caractéristiques de la vie sont rassemblés dans trois catégories : la MOTILITE qui permet le déplacement dans les trois directions de l’espace, l’ALIMENTATION qui permet à un élément de se maintenir en vie et la FACULTE DE SE REPRODUIRE.

La cellule est déjà un complexe effroyablement compliqué et diversifié, de milliers de groupes de myriades de molécules et de macromolécules, rassemblées, selon leurs fonctions, en réseaux dont l’intégration pondérée permettrait de déterminer une FONCTION.

La partie essentielle d’une cellule est le NOYAU qui est en état, non seulement d’assurer la commande de toutes les fonctions qui assurent les déplacements, l’alimentation et la réplication, donc la VIE de la cellule, mais également la commande de toutes les fonctions qui commandent la vie et les activités de l’organe, de la fraction d’organe ou de la créature auxquels est incorporée la cellule.

Le plus grand mystère réside dans les grands mouvements d’ensemble et intelligents des cellules lorsqu’elles synthétisent une matière vivante, un organe ou une créature, comprenant non seulement une synthèse de toutes les propriétés matérielles imposées, mais également de toutes les propriétés psychiques inhérentes à la matière, l’organe ou la créature vivants.

Le processus le plus mystérieux autant qu’inexplicable dans l’état actuel des sciences, est celui de la « germination ». Les myriades de milliards d’informations et d’instructions, nécessaires pour assurer la synthèse de tout élément vivant, sont contenues dans un petit complexe de macromolécules et de cellules, appelé « germe » et qui est presque toujours une combinaison d’un germe masculin et d’un germe féminin.

Les savants Crick et Watson ont découvert, il y a quelques années déjà, une substance (le « ADN ») formée de macromolécules contenant des milliers d’atomes et de molécules dont les configurations constituent une sorte de « code » fournissant des informations et des instructions au sujet de la créature à « bâtir ». Pourtant, la découverte de l’ADN et d’un certain nombre de substances similaires, quoique très importante, est loin d’élucider tous les mystères qui obscurcissent le secteur des germinations. C’est un peu comme si l’on avait trouvé toutes les pièces d’un puzzle mais que, ces pièces n’étant recouvertes d’aucune image, on n’était pas en état de composer une figure quelque peu sensée.

Le nombre d’informations matérielles et psychiques à appliquer pour former une créature aussi primitive qu’elle puisse être, est fantastique. On estime à 1032 le nombre d’instructions nécessaires pour constituer un ver de terre. Aussi ces informations, en nombre si élevé, concentrées dans un élément matériel aussi microscopique et possédant tant de propriétés matérielles et psychiques, donnent-elles à penser que le phénomène de la germination ne connaît ni l’espace ni le temps. Par ailleurs, le phénomène de la germination démontre que les cellules possèdent une intelligence, consciente ou non, dépassant de loin celle des hommes. Aucune équipe d’ouvriers humains ne serait capable d’exécuter ne fût-ce qu’une fraction infime des « constructions » selon les instructions contenues dans un germe. De plus, les cellules sont capables de doter des particules, des atomes, des molécules, des organes, des membres ou des créatures, d’éléments de nature psychique, depuis les réactions élémentaires programmées jusqu’aux complexes qui composent les raisonnements, les sentiments, le caractère des créatures, y compris des programmes caractériels entiers avec leurs variantes les plus subtiles.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, Monsieur LINSSEN, avec beaucoup de logique et de raison, attribue l’intelligence, apparente ou réelle, des cellules, à un phénomène de MEMORISATION, au cours d’activités exercées depuis des myriades d’années, sur notre terre ou ailleurs dans l’univers.

Quant à Lyall Watson (nous avons également eu l’occasion d’en parler dans la première partie de notre article), il classe les cellules en trois groupes :

—  Le premier groupe est capable de s’assimiler et d’appliquer les informations et instructions contenues dans un germe et de former un organe ou une créature, y compris tout ce qui est du domaine PSYCHIQUE : ce sont les cellules VIVANTES.

—  Le deuxième groupe ne suit plus les instructions contenues dans un germe ou un autre élément d’information vivant, mais s’efforce, à la suite de migrations et de processus qui ne sont pas expliqués jusqu’à l’heure présente, de constituer un élément matériel dont elles suivront les instructions, même absurdes ou néfastes (p. ex. un cancer) : c’est un groupe de cellules appelé « goth » par Lyall Watson.

Ce sont probablement aussi des groupes semblables qui forment les parasites de plantes et les excroissances de certains êtres vivants. Il existe des insectes qui, par leur piqûre, injectent des germes parasites à des plantes, provoquant, entre autres, la formation des noix de galle sur des feuilles de chêne.

—  Les cellules et groupes de cellules MORTES qui forment la troisième espèce de matières issues de la vie constituent la matière dite « organique ».

(A suivre.)

La Conscience et la Vie par Alfred HERRMANN, Ingénieur (Physique nucléaire)

(Revue Etre Libre. Numéro 270, Janvier-Mars 1977)   (suite et fin)

3. Les matières ORGANIQUES constituées par des cellules mortes qui ont été vivantes un jour.

Ces matières occupent une place importante dans la vie des plantes, des créatures animales et des hommes, non seulement dans le domaine de l’alimentation, mais aussi dans celui de la vie quotidienne.

L’alimentation de toutes les matières ou créatures animées ne peut être assurée qu’à l’aide de matières VIVANTES ou qui ONT ETE VIVANTES un jour (matières « organiques »).

Aucune matière « inorganique » n’est capable d’alimenter à 100 % les matières et créatures vivantes et si celles-ci absorbent toujours des matières ou combinaisons de matières « inorganiques », c’est uniquement à titre de catalyseurs ou d’adjuvants. La présence de certaines matières inorganiques telles que le sel, le potassium, l’azote, le phosphore, le fer, le cuivre — et j’en oublie — est même indispensable à la réalisation de réactions chimiques nécessaires à la vie des matières et créatures vivantes.

Les matières autrefois vivantes ne jouent pas seulement un rôle important dans l’alimentation des matières et créatures vivantes, mais aussi dans d’autres domaines tels que les constructions et tous les phénomènes énergétiques. Citons le marbre, le bois, le charbon, le PETROLE. Dans quelles proportions ces matières ont-elles été formées « naturellement » grâce à la présence de certaines conditions de températures, de pressions, de radiations, d’interventions de catalyse et d’autocatalyse, et non pas « artificiellement » grâce à une intervention de caractère psychique ou d’une programmation, est une question qui est loin d’être élucidée.

Jusqu’il y a peu de temps, toute chaleur et toute énergie nécessaires au maintien et au développement humain étaient fournies par le CHARBON (nous exceptons les applications de la chaleur solaire, encore peu connues et auteur indirect, d’ailleurs de la formation des combustibles dits « fossiles »). Le charbon a été remplacé ensuite par le pétrole. A l’heure présente, une tendance se dessine, à son tour, de remplacer l’énergie, fournie par le pétrole, par une énergie « nucléaire », fournie par des éléments « uraniens » tels que l’uranium et le thorium, que l’on trouve à l’état naturels dans la nature et dont la consommation sera encore fortement réduite si l’on met au point les « surgénérateurs » ou « breeders ».

On aurait tendance à affirmer que tous les produits naturels qui nous ont fourni l’énergie jusqu’à présent, se seraient formés grâce à une « programmation » du Suprapsychisme de même que l’on pourrait prétendre que par exemple l’ozone des couches supérieures de l’atmosphère terrestre, qui nous empêche d’être brûlés vifs par les rayonnements du soleil serait également le résultat d’une programmation du Suprapsychisme. D’autres que nous s’efforceront de trancher cette question. Puisque notre terre, boule incandescente entourée d’une atmosphère toxique est devenue un habitat opportun pour les matières et créatures vivantes, l’hypothèse précitée d’une même programmation n’a rien d’absurde.

En résumé, les matières autrefois vivantes et redevenues « inertes » (matières « organiques ») constituent une catégorie de matières très importantes pour notre terre. Pourtant, ces matières, si essentielles pour l’entretien et l’extension de la vie sur notre terre, n’existent pas (pour autant que nous puissions le savoir) dans le grand univers, pas davantage d’ailleurs que les matières « vivantes », si ce n’est qu’en quelques endroits rares et privilégiés, constitués par une programmation naturelle.

TROISIEME PARTIE
LE SUPRAPSYCHISME ET L’EVOLUTION DE L’UNIVERS

« Aussi inquiétante que puisse être l’idée — la perspective est presque une certitude — que notre terre et les civilisations qu’elle porte avons déjà été découverts (par d’autres civilisations du Cosmos, supérieures à la nôtre).
(« Das grosste Puzzle der Menschheit » par Ulrich DOPATKA — « ESOTERA » du 10 octobre 1976 — p. 913.)

Au lieu de l’expression « évolution de l’univers », nous aurions la tendance d’écrire : « l’avenir de l’univers ». Toutefois, les concepts du passé, du présent et du futur sont purement anthropomorphes et il ne peut être question d’en user dans une étude psychotronique objective. La seule chose que l’on puisse affirmer, c’est que l’univers se modifie à chaque instant et cette modification, parfois prévisible et ordonnée, parfois imprévisible et attribuable au seul hasard, est un processus incontestable et objectif.

Grâce à nos télescope les plus gigantesques et les plus perfectionnés, nous sommes en état de suivre (très rudimentairement, il est vrai), l’évolution apparente de l’univers, depuis quelques milliards d’années. Il ne s’agit, évidemment, que d’un secteur vraisemblablement infime de l’univers : celui qui tombe dans le champ visuel de nos télescopes.

Cependant, au fur et à mesure qu’on s’éloigne de notre terre (c’est-à-dire qu’on recule dans l’échelle du temps), les informations apportées par nos appareillages et complexes destinés à explorer le ciel deviennent de moins en moins nombreuses et de plus en plus vagues.

On a émis, au sujet d’une soi-disant « évolution » de l’univers, de nombreuses hypothèses et on s’est livré à de nombreuses spéculations, mais on n’a jamais été en état de formuler les principes d’une véritable EVOLUTION vraisemblable et consistante. Les seuls processus d’évolution qu’on a pu établir se rapportent à de minimes fractions de l’univers : galaxies, masses gazeuses, nébuleuses, étoiles, encore que les états finals de ces éléments d’univers soient très vagues et contestables (étoiles à neutrons, trous noirs, etc.).

La seule évolution que l’on ait été en état de suivre d’une manière presque incontestable, est celle de notre terre qui pourtant ne représente qu’à peine un grain de poussière dans l’immensité des masses sidérales. L’évolution de notre globe terrestre s’étend toutefois sur un espace de temps de plus de quatre milliards d’années et a démontré l’existence d’une PROGRAMMATION, c’est-à-dire d’une certaine CONSCIENCE et d’un certain PSYCHISME des grandes masses de matière. Cette programmation démontre également une mainmise du Suprapsychisme sur de grandes masses matérielles. Cette mainmise s’étend-elle à l’univers tout entier ? Tout porte à le croire mais aucune preuve certaine n’en existe. Il est probable que l’évolution (dans le sens étroit de transformation en fonction du temps) est réelle, mais personne ne peut en deviner le sens, le mécanisme ni les objectifs, ces derniers facteurs étant d’ailleurs plus anthropomorphes que cosmiques.

***

Etant dans l’impossibilité d’établir l’avenir le plus probable de notre planète en nous basant sur ce qui nous est possible d’observer au sein du grand univers, nous devrons nous contenter d’émettre certaines hypothèses, d’ailleurs contestables étant donné le peu d’éléments certains que notre complexe pensant est en état de percevoir et l’ignorance de la plupart des plans cosmiques et facteurs qui doivent exister mais que nous ne sommes mêmes pas en état de concevoir (zone du « black-out » de notre complexe mental).

Au sujet de l’avenir de notre terre, deux hypothèses, seulement, peuvent être formulées sans risque de se tromper :

1. Ou bien notre terre serait le seul monde habité de tout l’univers.
2. Ou bien il y aurait, dans l’univers, une infinité de mondes habités.

1. Notre monde serait le seul endroit habité de l’univers.

Supposition puérile et invraisemblable mais à formuler obligatoirement si l’on veut rester objectifs, tant qu’on n’aura pas prouvé scientifiquement l’existence d’autres mondes habités dans l’univers.

Depuis le début du processus de sa transformation programmée en monde habitable, notre terre a subi maints assauts venant des espaces environnants et, si elle n’avait pas été protégée par une atmosphère (également programmée), toute vie y aurait été anéantie depuis longtemps.

Les envois récents d’engins spatiaux vers notre satellite, la lune, vers Mars, Vénus, Mercure, ont prouvé que tous ces corps sidéraux étaient piqués de tous les côtés par des météorites de toutes dimensions, plantées sur leur surface ou enfouies dans des cratères de dimensions souvent impressionnantes.

Notre terre elle-même a subi à plusieurs reprises des impacts de météorites de dimensions parfois respectables dont certaines ont laissé des traces encore visibles à l’heure présente.

Des corps célestes ont frôlé notre terre d’assez près et y ont provoqué, sans aucun doute, des dégâts importants au sein de la flore, la faune et peut-être un début d’humanité de l’époque. Des « supernovae » lointaines ont pu exercer une influence bénéfique ou maléfique sur les conditions atmosphériques et climatologiques de notre globe.

On ne sait pas grand chose sur le passé sidéral de notre habitat terrestre mais on peut affirmer que de nombreuses catastrophes cosmiques ont pu mettre en danger, à plusieurs reprises, tout ce qui était vivant à sa surface et que ce danger se représentera encore quelque fois dans l’avenir. Le moins que l’on puisse dire est que dans certaines fouilles archéologiques, on a souvent mis au grand jour des vestiges représentatifs de degrés d’états de civilisation très différents les uns des autres ce qui semble prouver que des civilisations très avancées ont parfois dû être anéanties, à quelques survivants près, ces derniers ayant pu, dès lors, transmettre leurs connaissances à des populations se trouvant, sans doute, dans des états de barbarie complète. Sans vouloir aucunement prendre position dans la question de l’existence, hypothétique de grandes civilisations matériellement très avancées, sur les hauts-plateaux et dans les plaines de l’Amérique du Sud et Central ni dans celle de l’existence et de la destruction de grandes civilisations dans des terres ou des îles complètement disparues dans le fond des océans (Atlantide, Lémurie, Terre de Mû, etc.), on peut néanmoins affirmer que de telles civilisations ont existé puisqu’on en a retrouvé des traces et ces civilisations ont été anéanties puisque les populations qui les ont suivies étaient retombées dans une barbarie presque totale tout en possédant certaines connaissances et disposant d’inventions mécaniques parfois étonnantes.

Nous ne sommes pas à l’abri de telles catastrophes futures, provoquées soit par des perturbations de nature sidérale, soit par des guerres intérieures. Nous ne sommes pas davantage à l’abri d’un anéantissement de toute forme de vie ou de psychisme vivant sur notre planète, redevenue inhabitable. Toutefois, la programmation, par le Suprapsychisme, de l’évolution (dans le sens du perfectionnement) de la vie sur notre globe terrestre confère un aspect plus rassurant à un tableau incontestablement décourageant et sinistre.

Cependant, notre sort final qui est l’anéantissement de toute vie sur notre terre à la suite de l’évolution inéluctable du soleil (selon toute probabilité une incinération de tout ce qui est vivant par des températures de haut-fourneau) ne pourra pas être évité. Notre terre, brûlée par un soleil dont l’émission thermique (et la contraction simultanée) sera multipliée par des chiffres énormes par suite du déclenchement de réactions nucléaires se succédant à des rythmes toujours accélérés, redeviendra un jour — et sans aucun doute possible — le caillou sidéral incandescent d’autrefois, puis un caillou froid et désertique.

L’extinction de toute vie sur notre terre équivaudra-t-elle à l’anéantissement pur et simple de tout ce que l’humanité a trouvé, inventé, souffert, produit ou œuvré ? Ce serait peu vraisemblable et, par ailleurs, contraire à l’éthique cosmique. Ce serait contraire à toute organisation tout équilibre, toute justice et toute éthique.

Pour sauver les apports de millénaires d’existence de l’humanité, deux solutions s’offrent à nous (il s’agit évidemment de solutions concevables pour notre « mind », tandis que d’autres solutions, inconcevables par notre complexe mental, pourraient s’offrir à nous) :

— la première solution serait la possibilité de quitter notre système solaire tant qu’il serait temps encore, et de mettre en sécurité, ailleurs, ce que notre civilisation a produit de meilleur. On appliquerait de cette manière un principe analogue à celui de l’Arche de Noé. Une nouvelle planète, s’il sera possible de l’attendre, constituerait une nouvelle base d’où il serait loisible de naviguer vers d’autres planètes.

Chaque séjour sur une autre planète comporterait évidemment l’acquisition de connaissances nouvelles en même temps que des générations d’êtres de plus en plus intelligents et rapprochés du Suprapsychisme. La matière inerte pourrait se trouver de plus en plus soumise au Suprapsychisme.
Néanmoins, l’hypothèse que nous venons d’esquisser est pleine d’aléas et de points d’interrogation et nous nous contenterons de la formuler sans aucun commentaire.

— La deuxième solution, moins invraisemblable que la première, serait la possibilité de sauver tous les acquis de notre civilisation par des moyens parapsychiques qui nous sont inconnus, par exemple grâce à l’existence d’autres plans cosmiques. Toutefois, il ne s’agit, une fois de plus, que d’une hypothèse que rien ne nous autorise de formuler qu’avec les plus grandes réserves.

Nous voyons donc que, dans l’hypothèse où notre terre serait le seul corps sidéral habité de l’univers, nos chances de survie, au-delà de la vie possible et relativement très réduite de notre système solaire seraient bien maigres et les matérialistes auraient raison d’affirmer que « tout ce que nous faisons est vain ».

***

2. Il y aurait, dans l’univers, une infinité de mondes habités.

Cette alternative est plus vraisemblable que la première. L’existence d’autres corps sidéraux habités, dans le grand Univers, n’est pas encore démontrable. Par ailleurs, pourtant, cette hypothèse est plus facile à traiter que la première étant donné qu’elle transpose un problème singulier dans un domaine de la STATISTIQUE et des grands nombres.

Logiquement, chacune des planètes, portant une autre civilisation, aurait dû faire l’objet d’une PROGRAMMATION par le Suprapsychisme.

Si les mondes vivants existent en nombre pratiquement infini dans l’univers, il existerait sans doute des civilisations très primitives et inférieures à la nôtre et des civilisations très supérieures à la nôtre.

Traité sous un angle statistique, bien d’autres planètes habitées ont pu être en état, dans le passé, de surmonter tous les dangers de nature sidérale qui les menaçaient. De même, un grand nombre de planètes habitées seront en état de faire face à toutes les menaces cosmiques futures.

Il y a pourtant une menace inesquivable et à laquelle succomberont un jour tous les mondes habités de l’univers : C’est la fin de l’étoile (autrement dit du « soleil » qui entretient la vie dans ces mondes).

Tôt ou tard, ce « soleil » disparaîtra ou sera incapable d’entretenir la vie sur ses planètes et le système solaire tout entier deviendra une masse inerte dont la température sera descendue au zéro absolu, jusqu’au moment où quelque catastrophe cosmique l’aurait volatilisé. De toute manière, tout corps sidéral habité finira un jour par devenir inerte ou se désintégrer.

Ici se pose la question de savoir si le Suprapsychisme a conçu l’existence de la vie et des mondes vivants à titre d’un simple incident cosmique ou bien s’II veut s’en servir pour introduire un certain psychisme dans l’univers tout entier ?

Dans ce dernier cas, comme nous l’avons écrit au sujet de la terre, considérée comme seul domaine habitable de l’univers, il faut admettre que tous les efforts que des hommes ont déployés pour acquérir des connaissances, le fruit de toutes les activités de toutes les civilisations de l’univers tout entier pourraient peut-être être sauvegardés, soit par migration vers des mondes habitables, soit par des transmutations vers d’autres plans cosmiques inconnus et inconcevables par nos faibles complexes mentaux.

De toute manière, les questions que nous venons d’esquisser ne sont pas à la portée de notre entendement; elles sont reléguées dans les zones du « black-out » de notre cerveau et essayer d’y répondre sera toujours impossible et vain à moins que le Suprapsychisme ne nous permette d’évoluer vers des mécanismes mentaux (minds) d’une envergure très supérieure à celle de nos faibles facultés mentales d’aujourd’hui.

CONCLUSION GENERALE

Nous nous sommes efforcés de remplacer les concepts anthropomorphes de « Dieu », « les dieux », « les puissances supérieures », etc., ainsi que des noms propres donnés à ces concepts : « Jéhovah », « Allah », « Brahma », etc. par une appellation générale et unique : LE SUPRAPSYCHISME. Le « Suprapsychisme » n’est ni une personnalité, ni une créature, ni aucun élément copié sur la vie et l’imagination des hommes, mais un complexe inconcevable et irreprésentable de facteurs qui sont situés au-delà de toute possibilité de compréhension, de conception et de représentation par le faible entendement (mind) humain. Tout ce qui s’y rapporte est situé dans la zone du « black-out » du cerveau des hommes.

L’acceptation de cette appellation nouvelle n’exige nullement le rejet de tous les concepts anciens; elle ne demande ni l’athéisme, ni le matérialisme ni le reniement des religions et des cultes anciens ou modernes. Le Suprapsychisme ne requiert qu’une seule chose : débarrasser les religions, les cultes, les croyances de toutes les espèces de tout élément anthropomorphe et DE TOUTE SUPERSTITION. Avouer franchement et sans aucune humilité que NOUS NE SAVONS RIEN s’impose, comme l’a d’ailleurs avoué, devant son verre de ciguë, Socrate, le grand penseur et philosophe de l’antiquité.

IL FAUT EPURER LES CONCEPTS DE « DIEU » OU DES DIEUX ET NON PAS LES SUPPRIMER. Il faut respecter et même vénérer les grands hommes qui ont osé approcher le complexe, peu concevable par la moyenne des humains, du SUPRAPSYCHISME, mais il faut « désanthropomorphiser » et conférer un caractère essentiellement symbolique à leurs enseignements et, en général, à tous les écrits, les images, les figures, les peintures et les sculptures de tout ce qui est gardé dans les lieux de cultes, de tout ce qui est enseigné par les officiers de ces cultes.

A l’aide de ces symboles sublimes et de la pensée des grands religieux, de la pensée la plus saine possible des « hommes de bonne volonté », il faut édifier une ETHIQUE, appelée à guider les comportements des hommes, depuis les plus humbles jusqu’aux seigneurs qui occupent les rangs les plus élevés.

Nous ne devons pas oublier que cette éthique, intuitive, de l’âme humaine, est inspirée par le Suprapsychisme, imprégnée avec beaucoup de réalité, dans toutes les fibres, dans tous les noyaux des cellules qui constituent l’être humain.

Les concepts et les représentations des complexes supérieurs qui mènent le Grand Cosmos ne sont pas à notre portée. Faute de mieux, on est en droit de leur substituer des SYMBOLES humains et compréhensibles mais qui respectent la beauté, les pouvoirs et l’éthique imposés par le Suprapsychisme, pourtant il ne faut jamais les remplacer par des superstitions, des inventions, des contes, des imageries fallacieuses, il faut les débarrasser de tout élément purement anthropomorphe, aussi beau, idéal et attirant qu’il puisse paraître.

Alfred HERRMANN Ingénieur (Physique nucléaire).


[1] Spiritualité de la Matière, Science et Spiritualité, Ed. Etre Libre, Bruxelles.

[2] R. Linssen : Spiritualité de la matière, « Courrier du Livre », Paris 1975.

[3] Pour employer, une fois de plus, un langage mathématique qui n’explique rien de plus mais confère à notre exposé un aspect plus scientifique, nous dirons que le psychisme et la conscience d’un organe composé de myriades de molécules, d’atomes et de particules, est l’intégrale pondérée des psychismes et consciences des particules matérielles qui composent cet organe.