Maud Cousin : La digestion


23 Apr 2010

(Revue Panharmonie. No 194. Avril 1983)

Dans la respiration on absorbe environ 15 kg d’air par jour et on en rejette presque autant. Dans la digestion on absorbe 3 kg d’aliments et on en rejette presque autant, puisque notre poids doit rester stable.

La digestion est un travail. Un proverbe dit que l’on se sent malade en mangeant et que l’on guérit en digérant. Un jeûne de quelques jours supprime la fatigue. Autrefois les religions prescrivaient un jour de jeûne par semaine, c’était un repos pour le tube digestif. En France on mange trop bien.

Un travail digestif consiste à faire entrer un certain nombre de calories et un certain nombre de qualités d’aliments dans l’organisme. Les calories ont eu une grande vogue pendant quelques temps. On a calculé qu’on en dépense en énergie un certain nombre et combien chaque aliment en dégage pour compenser cette dépense. Les hydrates de carbone, les sucres et les farineux dégagent quatre calories au gramme. Les protéines, les corps azotés (viandes, œufs, fruits poissons) quatre calories au gramme, les graisses (les lipides) huit calories au gramme. Puis on s’est aperçu que si pour les calories c’était une question de quantités, pour la digestion il s’agissait aussi de la qualité. Certaines substances qui n’ont pas de valeur calorique sont aussi importantes : les vitamines et les oligo-éléments. Le manque de vitamines produit des déficiences dans l’organisme. Il est donc nécessaire d’avoir une alimentation variée. Les cosses de nos céréales qui sont enlevées contiennent toute la série des vitamines B et c’est dommage de les supprimer.

Les oligo-éléments, en dehors de l’hydrogène, du carbone, du souffre, du calcium qui existent dans notre corps, contiennent aussi des éléments qui sont assimilés à très petites doses : du cuivre, du fer (15 gr dans tout l’organisme), du manganèse, du magnésium. En général on en trouve dans nos aliments, mais surtout dans la culture biodynamique ou naturelle, car maintenant on pousse la culture avec des tas d’engrais qui donnent des produits déséquilibrés, manquant précisément de ces oligo-éléments et ne se conservant pas bien, ce qui implique l’usage de produits de conservation artificiels pour éviter la putréfaction et qui sont nuisibles à l’organisme.

Dans la digestion il y a un fait physiologique très classique qui est valable même à titre ésotérique, car elle contient une partie très chimique, à savoir que, jusque dans l’intestin grêle, il se fait une vraie petite cuisine. On absorbe dans la bouche des aliments que l’on broie, que l’on mastique, on les réduit en bouillie. Les sucs digestifs, dont le premier est la salive, doivent se mêler aux aliments qu’il faut donc bien mastiquer et bien imprégner de salive. Se méfier des potages et des purées lesquels, n’étant pas bien imprégnés de salive, peuvent causer des troubles digestifs.

Les femmes indigènes, lorsqu’elles préparent leurs repas, crachent dedans pour déféquer la farine ou le manioc. Les farineux commencent à se scinder dans la salive. C’est ce qu’on faisait pour les farines maltées des bébés (le malt commençait à se prédigérer). Dans le pain on a enlevé le germe qui permet la bonne digestion de la farine, le germe pompant le contenu de la graine dans la croissance. Préférons donc le pain complet ou de son.

La vie moderne est fatigante, les gens s’usent nerveusement et si l’alimentation ne répare pas l’organisme parce qu’elle ne contient plus les aliments de base dont on a besoin, ils ont envie de ne rien faire parce qu’ils n’ont plus la résistance voulue, leur alimentation ne leur apportant pas ce dont ils ont besoin et les fatigue par surcroît.

Actuellement également beaucoup de gens sont fatigués parce qu’ils sont trop sédentaires, ils ne respirent pas assez et le diaphragme étant le grand moteur de l’intestin, ils ont tendance à l’astase intestinale. Le son, la cellulose, ce qui n’est pas résorbable, fait usage de balais mécanique. On a fait des expériences sur des souris auxquelles on a donné tous les aliments de base et les vitamines sous forme de pilules, mais en enlevant la cellulose. Les souris mouraient de constipation. Lorsqu’on rajoutait du papier filtre, donc de la cellulose, elles vivaient très bien. Il faut un certain volume pour que le bol intestinal, c’est-à-dire les matières fécales, puissent être mobilisées.

Une boisson chaude s’assimile plus facilement qu’une boisson froide. Les boissons glacées dans les pays chauds peuvent occasionner des troubles digestifs. Les populations de ces pays boivent du thé chaud avec des parfums forts : jasmin, menthe, etc. qui sont de bons désinfectants du tube digestif.

L’œsophage conduit les aliments, on peut digérer la tête en bas. Dans tout le tube digestif il y a un mouvement qui consiste en une contraction suivant une dilatation et qui provoque un genre de respiration. Tout le système digestif est réglé et sous la dépendance du système végétatif (sympathique et parasympathique) qui est un système inconscient, bien réglé par les centres nerveux de la base du cerveau.

Dans l’estomac se produit la coagulation du lait : les bébés recrachent leur lait caillé. C’est dû à la présure dans leur estomac. En Amérique les trois quarts des adultes ont encore de la présure dans leurs estomacs parce qu’ils prennent du lait à tous les repas. En France les trois quarts des gens n’en ont plus et digèrent très mal le lait. Les laits caillés, yaourts, fromages, etc. sont très bons pour la nutrition et bien équilibrés, sauf en fer.

Les acides : La salive qui est alcalisée ne fonctionne plus quand elle entre dans l’estomac. Les acides dissolvent certaines substances et commencent à digérer les protéines (poisson, œufs, viande).

Au point de vue dentition et appareil digestif on est plutôt frugivore. En effet, nous n’avons pas de canines très puissantes pour déchirer la viande et dans l’estomac nous n’avons pas un liquide très acide pour dissoudre les os, comme le font les carnivores. Et, par rapport à eux notre intestin est relativement long et nous n’éliminons pas comme eux très vite les déchets. Or si la viande stagne trop longtemps dans le tube digestif, on résorbe des toxines, celles-ci provenant soit de la mort de la bête, par l’angoisse qu’elle ressent et par la peur, soit de la conservation, la viande fraiche étant trop dure elle doit se décomposer pour être comestible. Les gens à tendances arthritique dont le tube digestif garde trop de choses, qui prennent du poids, qui ont du mal à se lever le matin parce qu’il y a surcharge alimentaire dans la nuit, se trouveront mieux à ne pas manger de la viande ou très peu.

Les vaches qui sont herbivores ont un double estomac et un intestin très long. Elles ont donc le temps de récupérer ce que l’herbe leur apporte.

Nous nous sommes faits pour manger surtout des fruits, bananes, oranges, tomates, concombres, etc…, des racines, carottes, radis, salsifis, des tiges, asperges, des feuilles, salades.

Après le pilore les aliments continuent à se digérer dans le duodénum, dans lequel se déversent les canaux biliaires venant du foie. La bile a pour rôle d’émulsionner les matières grasses.

Le pancréas donne un suc qui va aider à déférer tous les aliments, albumines, sucres, graisses. L’intestin grêle secrète aussi des sucs digestifs. Les matériaux de base vont être résorbés dans l’organisme, grâce aux villosités intestinales, sortes de petits plis dans les replis de l’intestin. Les aliments sont devenus alors tout à fait liquides et selon les matériaux qu’ils contiennent ils vont suivre des voies différentes. Les matières grasses vont être résorbées par le centre de la villosité et vont aller, par les voies lymphatiques vers les poumons pour être brûlés et puis retournent à la circulation générale.

Les albumines et les sucres vont passer par la voie sanguine et par la veine forte. Ils vont se retrouver dans le foie. Celui-ci va stocker les sucres sous forme de glycogènes qui deviennent du glucose et de la glycémie dans le sang. Le taux de la glycémie doit rester stable, environ 1 gramme. Les gens qui ont un coup de pompe vers onze heures du matin ou cinq heures de l’après-midi, ne digèrent pas bien les sucres. Le foie les a trop laissé passer dans le sang et par réaction il y a une descente trop importante. Si les personnes mangent moins de sucre au petit déjeuner, la différence est moins sensible et ils n’auront donc pas de coups de pompe. Prenez donc plutôt des céréales.

Si un élément mauvais est dans la bouche ou l’estomac et l’intestin, il peut s’éliminer par la diarrhée, parce qu’il n’est pas vraiment entré dans l’organisme. La vraie assimilation se produit quand il est passé à travers la paroi intestinale et qu’il entre dans les chélicères ou dans les vaisseaux, puis dans l’ensemble de la circulation. Cela se passe essentiellement la nuit, à 2 heures ou 3 heures du matin. C’est l’heure du travail maximum du colon et du foie.

Le colon a un rôle de résorption et un rôle de sécrétion de la paroi. Dans le colon droit les produits sont un peu liquides, puis ils se consolident progressivement et lorsqu’ils arrivent à la fin du colon dans l’ampoule anale, sorte de réservoir, ils se consolident de plus en plus.

Dans la mise en route du matin, le petit déjeuner active en général l’élimination. Les gens qui sont constipés ont perdu leur réflexe d’élimination, parce qu’ils n’ont pas le temps ou ne veulent pas aller dans certains cabinets. La qualité du transit intestinal est importante pour l’élimination des déchets par une sécrétion des parois intestinales qui éliminent une partie des substances dont nous n’avons pas besoin.

Voilà le trajet habituel. Ensuite les produits de la digestion vont dans la circulation.

COMMENT STEINER VOIT LA DIGESTION ET L’ASSIMILATION

Pour lui la digestion a pour principal effet de nous transmettre de l’énergie. En démolissant les aliments nous leur prenons leur énergie et nous reconstituons à l’intérieur leur équivalence. Les aliments crus qui sont les plus difficiles à digérer apportent le plus d’énergie. Les aliments cuits sont un peu prédigérés, mais apportent moins d’énergie.

Les aliments ont différents règnes, minéral, végétal, animal. Le minéral est assez loin de la nature subtile de notre personne, nous avons besoin de la transformer en chaleur. Le « moi », la personnalité a pour support le sang et la chaleur. Le sel, le sucre sont assez vite transformés en chaleur par la salive. Le végétal va être transformé en éléments astraux pour soutenir les sentiments. L’animal est plus proche de nous au point de vue digestibilité des substances. Mais les plantes et les animaux ont une personnalité éthérique pour les uns et astrale pour les autres. Si nous ne voulons pas devenir un animal ou une plante nous avons besoin de les décomposer non seulement matériellement, mais aussi d’éliminer l’astralité et l’éthérique de ces substances. C’est le rôle du foie, de la bile et de la rate. La rate a un rôle capital pour transformer l’alimentation qui devient rythmique. Pour que l’organisme vive bien il faut un certain rythme (foie – cœur…). Cependant on peut enlever la rate sans trop perturber l’organisme.

STEINER dit que l’organe est là parce qu’il y a des forces qui ont besoin de travailler. Il y a alors concentration de matière à cet endroit. Le processus et les forces persistent donc même si on enlève l’organe. Un cinquième d’organe suffit en moyenne pour le faire vivre quand il fonctionne bien et quand on vieillit, il ne reste pas toujours un cinquième de l’organe qui soit bon.

Le foie qui est notre plus gros organe ne peut être enlevé parce qu’il a une dizaine de fonctions : il collecte le sucre, décompose les albumines, transforme les albumines en acide urique et en urée, il stocke le fer, il décompose les produits toxiques, il fabrique une partie des globules et la bile. C’est l’organe capital de l’organisme, c’est le plus chaud (40o), c’est le support du « moi », la personnalité ayant pour support la chaleur.

La partie éthérique ou végétative a pour symbole l’eau, la partie astrale avec la sympathie, l’antipathie, la passion, tous les sentiments, correspondent à l’air. Une des bonnes thérapeutiques pour aider le foie à digérer, c’est une bonne bouillotte chaude ou bien une ceinture chaude. Pendant les cures de jeûne on met de la chaleur sur le foie, quoique lorsqu’on jeûne on ne le fasse pas travailler, mais tous les déchets sont dans l’organisme. Quand on est en bonne santé on peut jeûner sans manifestations désagréables, mais les gens qui sont malades ne s’en sentent pas bien, car l’organisme commence à faire un gros travail de nettoyage.

Le Pancréas est une glande dont on ne parle pas beaucoup, mais qui est une glande très importante, parce qu’elle aide à la digestion de tous les aliments. Le sucre avec l’insuline est secrété par le pancréas. Il est un peu en rapport avec le « moi », parce qu’il donne de la chaleur.

Le sucre est stocké par le foie et les gens qui ne sont pas contents d’eux-mêmes ont besoins de manger du sucre, des sucreries, parce qu’ils ont besoin de chaleur.

Quand vous avez trop mangé et que vous avez l’intestin encombré, vous faites une bonne angine ou un blocage respiratoire qui vous enlève l’envie de manger. Puis vient la fièvre qui brûle tout ce qu’il y a en trop. L’organisme surchargé élimine ce qu’il y a en trop, soit en brûlant, soit en éliminant par d’autres voies (eczéma, urticaire, rhume, bronchite). Pour toutes les manifestations arthritiques le grand traitement concerne le tube digestif, principalement par le jeûne.

On pourrait se demander comment on peut enlever la rate puisqu’elle forme le sang. Mais il n’y a pas que la rate, il y a les os et le foie qui forment le sang. La rate fabrique les globules rouges et blancs et quand il y a leucémie la rate est plus grosse, parce qu’elle fabrique beaucoup de globules blancs. Mais ceux-ci sont aussi fabriqués par les ganglions qui gonflent lorsqu’il y a infection afin de sécréter plus de globules blancs pour lutter contre elle.

On parle en général moins d’ennuis de la rate que du foie. En dehors de la digestion il peut y avoir des difficultés de circulation. Quand le cœur ne va pas, le foie est plein de sang, ce qui donne des hépatites, des inflammations du foie qui peut aboutir à la cirrhose, c’est-à-dire à la sclérose du foie. Mais celui-ci est capable de régénération lorsqu’il n’est plus intoxiqué, parce qu’il est un pôle chaud, tandis que le pôle froid, c’est-à-dire la tête, n’est pas capable de régénération.

Dans le pôle neurosensoriel il y a une certaine forme d’alimentation. STEINER insiste sur le fait que les organes des sens sont une sorte d’entrée des aliments d’une certaine forme de nourriture, par les yeux, par le nez, par les oreilles, etc. Il explique que dans l’atmosphère il y a des tonnes de matériaux qui tombent régulièrement du Cosmos sur la Terre : le fer est récupéré en grande partie par la voie respiratoire. Les odeurs et la partie aromatique des plantes fraîches est absolument capitale. On produit des choses qui n’ont plus d’arôme, d’odeur. C’est une grande erreur parce que toute cette partie d’astralité qui est le plus noble de la fleur, est perdue. Le chien a une surface olfactive quatre-vingt fois plus grande que nous. La partie qui est dans le cerveau olfactif de l’animal sert chez nous à la pensée — c’est une transformation.

La digestion est une partie non négligeable de notre nutrition. La nutrition matérielle est moins importante que l’on croit, c’est l’énergie qui compte. L’énergie captée par les organes des sens peut suffire pour nourrir des gens.

Les nerfs sont la transmission de l’astral. Ils choisissent ce dont il a besoin. Dans la digestion il y a l’entrée d’un certain nombre d’aliments, l’eau en particulier, parce qu’on évapore beaucoup plus par l’urine, la transpiration et l’évaporation. Nous sommes constitués par deux tiers d’eau et de gaz (hydrogène, oxygène et azote) dans l’air que nous respirons.

Récemment dans un Congrès de Biothérapie gazeuse, un médecin de Colmar a mis une thérapeutique au point qui emploie à doses homéopathiques des gaz. Le cyanure qui est un poison violent est un élément capital du métabolisme : au moindre mouvement on dégage du cyanure, c’est ce qui permet le mouvement. En s’activant on le neutralise. C’est pourquoi la colère rentrée dégage du cyanure sans le neutraliser. Réprimer cette colère est une véritable intoxication. Par le cyanure à dose homéopathique on neutralise les gens.

Parmi les thérapeutiques nouvelles, celle de Marie-Louise AUCHER est extrêmement intéressante. En effet, Marie-Louise AUCHER qui fut cantatrice, a pu localiser les différentes notes de la gamme le long de la colonne vertébrale et poser ainsi des diagnostiques. Elle cite le cas d’un choriste de l’Opéra qui devait chanter en soliste, mais il avait une note, le fa, qui ne passait pas. Il vint voir Marie-Louise qui, en tâtant la colonne vertébrale tomba sur la zone douloureuse qui, effectivement correspondait au fa. Avec un traitement approprié, le choriste fut à même d’avoir sa promotion de soliste.

Dans notre parole nous avons les vibrations de tout l’organisme. J’ai un confrère acupuncteur qui fait de la « sonothérapie ».

Marie-Louise AUCHER fait chanter les femmes enceintes à la maternité de Pithiviers et en replaçant la voix des gens, et notamment dans des monastères, elle rétablit leur santé.