Christine Hardy : La pensée en tant que système ouvert


23 Apr 2012

(Revue 3e Millénaire. No7 ancienne série. Mars-Avril 1983)

Christine Hardy est Dr es sciences humaines et ethnologue. Son blog en anglais : http://chris-h-hardy-dna-of-the-gods.blogspot.fr/. Dernier livre publié en Français : La Prédiction de Jung : La métamorphose de la Terre. Dervy, 2012. En anglais : DNA of the Gods: The Anunnaki Creation of Eve and the Alien Battle for Humanity, Bear & Co., USA & Canada, mars 2014. À Lire aussi son interview dans le numéro 104 de 3e Millénaire.

La compréhension que la pensée est un réseau d’interrelations amène à la dimension du mental collectif de l’humanité, formant une conscience collective globale.

DANS notre article paru dans le n° 6 du 3e Millénaire, nous avons défini la pensée comme une énergie universelle que tout être (animal, végétal ou humain) capterait à son niveau au moyen de récepteurs différenciés, et émettrait ensuite après lui avoir fait subir une modification.

Ce faisant, nous avons introduit l’hypothèse que tout être existe dans différents niveaux énergétiques ou dans différents états de cette énergie universelle, ces états correspondant à ce que l’on nomme le physique, le sensible, les sentiments, le mental, etc. Ainsi l’homme possède autant de consciences autonomes que de niveaux dans lesquels il agit en tant que récepteur-émetteur. En général l’homme est conscient sur quatre à six niveaux, tandis que la plante, par exemple, ne sera active que sur deux niveaux, et l’animal généralement sur trois.

Le conscient de l’homme représente donc l’intégration d’un nombre déterminé de niveaux, il est donc variable selon les individus. Bertalanffy fait d’ailleurs remarquer que « la stratification » est un élément essentiel du vivant, du biologique, et que rien d’autre ne peut permettre d’expliquer de façon satisfaisante les perturbations psychiatriques : « Dans le cerveau aussi bien que dans la fonction mentale, la centralisation et l’ordre hiérarchique sont obtenus par stratification, c’est-à-dire par superposition de « couches » plus élevées qui jouent le rôle de parties dominantes. » (TGS, p. 218) (Ludwig von Bertalanffy, Théorie générale des systèmes, Ed. Dunod.).

Une approche biologique et systémique

Depuis l’homme-système-d’horlogerie de Descartes à l’homme-machine-cybernétique, nous n’avons fait que complexifier le modèle mécaniste de l’homme. Le cerveau en tant qu’ordinateur est un exemple de ce type qui laisse de côté bien des caractéristiques du biologique et du psychique.

Être en quête d’une approche biologique et systémique, c’est prendre conscience que le tissu vivant qu’est notre cerveau est de nature infiniment plus complexe que toutes les machines qui reproduisent au fil du temps notre compréhension parcellaire de ce qui nous entoure. C’est donc avant tout rendre compte des interrelations dynamiques et des échanges d’énergie entre les êtres. C’est aussi donner sa place à la capacité qu’a l’homme d’accroître son information et de devenir plus connaissant. C’est enfin reconnaître que le tout est plus que la somme des parties, ce qui permet d’intégrer les niveaux les plus subtils de la conscience, tels que la création et l’autodétermination, niveaux qui justement révèlent un « sens » à l’évolution, un « projet cosmique » comme le note Etienne Guillé (Etienne Guillé et Christine Hardy : L’Alchimie de la vie, Éditions du Rocher).

La compréhension que la pensée, comme tout le vivant, est un réseau d’interrelations nous amène à la dimension du mental collectif de l’humanité comme un réseau énergétique en mouvement et vibrations permanentes, formant une conscience collective globale d’une qualité particulière.

Si nous imaginions que la pensée d’un homme peut être isolée de la pensée des autres, c’est-à-dire, à un niveau très grossier, que cette pensée individuelle peut être isolée de la culture, ou encore qu’il n’existe aucune interaction entre les pensées de différents individus, nous pourrions conclure que la pensée est un système fermé. Mais ces niveaux très simples nous montrent déjà l’aberration d’une telle conception (l’apprentissage n’est-il pas aussi une interaction ?).

Ces quelques concepts suffiraient à poser un modèle de la pensée en tant que système ouvert. Si nous nous en référons à Bertalanffy : « Nous appelons « fermé » un système, si aucune matière n’y entre ou n’en sort ; il est appelé « ouvert » s’il y a importation ou exportation de matière. » (…) « L’organisme (…) est un système ouvert, en état (quasi) stable, dont les relations de masse restent constantes au cours d’une variation continue des composants en matière et en énergie, dans lequel la matière vient continuellement de l’environnement extérieur et y retourne. » (TGS, p. 125).

Ainsi, si nous prenons la pensée comme un système, capable de fournir un travail par les variations constantes de ses éléments (mise en mémoire, processus associatifs et logiques, etc.), variations qui définissent l’état « stable » d’un métabolisme, l’échange continuel de pensées et d’idées avec l’environnement (les autres, media culturels, etc.) constitue l’apport et le don d’énergie.

Cependant, ceci est un premier niveau (symbolique) des processus d’échanges mentaux avec l’environnement, très apparent, mais nous allons découvrir un niveau énergétique d’interrelations de pensée avec les autres et le monde, qui nous permet d’envisager l’hypothèse d’un mental collectif.

Reprenons notre définition du précédent article : la pensée est une énergie universelle, bien que différenciée, qui est manifestée localement par les cerveaux capables de la capter. Nous devons envisager une stratification de cette énergie universelle correspondant à la hiérarchisation que nous avons posée pour l’homme ; en effet, une énergie universelle indifférenciée ne permettrait l’apparition d’aucun des phénomènes de la vie, car la vie manifeste des « états » de l’énergie. Les noms donnés à ces états importent peu (ils diffèrent souvent d’un système à l’autre) ; ce qui est essentiel, c’est la notion de différents niveaux dans tout le vivant. A ce stade, le vivant vient alors englober obligatoirement ce que nous nommions la « matière inerte », de même les lois du vivant engloberont les particularités des lois physiques (comme la géométrie spatiale a englobé la géométrie plane), de même tout système fermé ne sera qu’une particularisation d’un système ouvert qui l’englobe.

Nous obtenons ainsi les strates : physique planétaire, psychisme planétaire, mental planétaire I, mental planétaire II (âme collective), mental planétaire III (spirituel collectif), etc.

Si nous voulons développer une compréhension systémique du monde dans lequel nous vivons, il nous faut tout d’abord comprendre le concept d’hologramme, c’est-à-dire que la partie d’un, système contient l’information du tout. Cette loi est particulièrement évidente en biologie, où chacune de nos trois cents milliards de cellules contient, dans ses chromosomes, l’information génétique de notre individu entier. Dans les formes de vie élémentaires, la partie est encore capable de reproduire le tout : il suffit de citer le ver de terre.

Ainsi, si nous envisageons notre planète comme un système, il paraît probable de trouver en l’homme l’information de cette totalité qui l’englobe. A la lumière de l’hologramme qu’est le vivant, il n’est donc plus étonnant de trouver les mêmes états de l’énergie au niveau de la planète et en l’homme.

Chez l’homme, une série de récepteurs-émetteurs appropriés (les chakras) fonctionnent dans les gammes de fréquences correspondant aux niveaux planétaires. Par exemple, lorsqu’un être a éveillé sa conscience 4, cela veut dire que son centre Psi 4 (le chakra du cœur) fonctionne en tant qu’émetteur-récepteur de la bande de fréquences correspondant au mental 2 humain (Voir article précédent). Cet être est alors en relation avec le plan 4 planétaire, c’est-à-dire qu’il va recevoir des informations (consciemment ou non) du deuxième niveau du mental collectif.

Interrelations énergétiques avec l’environnement

Nous pouvons dire que chaque conscience autonome de l’homme se nourrit dans le réseau collectif de ce même état. Cependant ce processus n’est pas chaotique mais extrêmement sélectif. Il n’entraîne aucune perte d’identité possible dans le collectif car il agit en fonction d’un principe très subtil de différenciation. Il semble en effet que le psychisme et le mental soient soumis à des lois d’harmonie et de résonance. Cette attirance harmonique est évidente dans les rapports humains tels que l’amour et l’amitié, ainsi que dans tous les groupements qui se constituent sur la base d’un choix personnel.

En effet, si chaque conscience et son récepteur fonctionnent sur une bande de fréquences spécifiques, à l’intérieur de cette bande il existe des milliers de fréquences différentes que l’on peut utiliser et qui vont sélectionner des énergies de fréquences harmoniques. Un extraordinaire échange d’informations constant avec l’environnement prend donc place, extrêmement sélectif dans son fonctionnement. Cet échange d’informations est, bien sûr, presque totalement inconscient. Au niveau physique, cet échange inconscient peut se traduire immédiatement par un désir qui va accaparer le conscient. Il se manifeste donc spontanément bien que l’être ne se rende pas compte qu’un échange a précédé « son » désir. De même le sentiment naît souvent d’une réponse de l’autre perçue inconsciemment. Nous avons par contre bien plus de mal à admettre, à cause de nos préjugés, que nos pensées puissent être modifiées par notre environnement et notre entourage ; et pourtant un conférencier ou un musicien reconnaîtrait aisément que l’auditoire va influer non seulement sur leur capacité à s’exprimer mais aussi sur la qualité mentale et psychique de leur performance.

Toutes les consciences actives d’un être vont donc simultanément échanger de l’information avec l’environnement. Bien qu’une sélection harmonique ait lieu, on se rend compte que chaque moment doit amener au cerveau une telle somme d’informations que le conscient opère obligatoirement un barrage par sa propre concentration sélective sur ses zones d’intérêts.

Nos récepteurs captent donc des énergies porteuses d’informations, celles-ci sont transmises sous forme codée au cerveau qui garde leur empreinte énergétique. Par une même loi énergétique de résonance, un travail mental conscient d’une certaine teneur va faire émerger les informations mnémoniques de même teneur et le cerveau va traduire ces informations codées en idées conscientes ; c’est une partie de ce que nous appelons le processus associatif.

Le propre système de réalité (ou système de croyances) du mental conscient va limiter le décodage de ces informations à sa propre rationalité, de façon à garder son homogénéité, c’est pourquoi très peu d’informations que nous jugerions de nature télépathique arrivent à notre conscient. Mais nous voyons dans ce processus que l’échange d’information à distance constitue la base même du fonctionnement de nos sens, de nos sentiments et de nos pensées. C’est uniquement notre conscient qui fait barrage à l’émergence de ce type d’informations. Nous avons utilisé le terme système de croyances, plutôt que celui de système de références car cela implique la reconnaissance que toute idée, et même toute perception, ne peut être détachée de l’ensemble de notre référentiel culturel et individuel. Ainsi que le note Kuhn (La Structure des révolutions scientifiques) : « quelque chose comme un paradigme préfigure nécessairement la perception elle-même. » De ce fait découle le barrage imposé par notre référentiel à toute information contradictoire qui le remettrait en question. C’est ce qui explique que dans d’autres cultures qui ne refusent pas ces phénomènes (Afrique Noire, Inde, peuples animistes) la télépathie soit un fait relativement courant.

Une déduction intéressante est que nos paroles et nos gestes, parallèlement au niveau symbolique culturel qu’ils expriment directement, vont véhiculer une somme difficilement imaginable d’informations sur le plan énergétique. De même, en touchant un objet, nous allons laisser sur lui une empreinte énergétique riche d’informations.

Nous pouvons aussi remarquer, du fait que c’est le même être qui existe dans différents états de l’énergie, que toute altération ou mouvement intervenant sur un plan quelconque se transmet à l’ensemble des reflets ou consciences. Ce principe rend parfaitement compte des observations médicales qui montrent que certaines maladies psychiques ont une contrepartie physique et vice versa.

Nous avons donc deux passages privilégiés d’informations, l’un qui se passe entre toutes les consciences identiques (par exemple entre tous les psychismes humains et le psychisme collectif), et l’autre qui prend place entre les différents reflets ou niveaux d’un même être.

Le cerveau : un décodeur de l’énergie-pensée

L’énergie-pensée devient manifeste lorsqu’un récepteur ou un résonateur la capte. Nous sommes donc amenés à faire la distinction entre l’énergie qui emplit l’univers et qui peut prendre différents états (dont l’un ou plusieurs seraient ce que nous nommons la pensée), les récepteurs qui la captent et le cerveau qui la décode ou la transforme. En ce qui concerne l’homme, l’énergie en tant qu’information et potentiel d’action est donc reçue par des récepteurs différenciés. Chaque état de l’énergie ayant ses caractéristiques propres (dont un spectre de fréquences) est capté par un récepteur accordé sur ce même spectre de fréquences. Bien sûr, les états de l’énergie universelle que nous pouvons capter sont limités de ce fait par les fréquences de réception de nos récepteurs.

Puis, le cerveau a pour fonction de transcrire cette énergie pure, cette information, en idées exprimées en mots et en images. Cette transcription ne peut être séparée de la démarche d’analyse et de la relation avec l’ensemble des références déjà actualisées dans la mémoire et le système de connaissances de ce cerveau. En d’autres termes, la transcription de toute énergie en idée consciente n’est possible que si l’information peut être d’une quelconque façon reliée et intégrée à l’ensemble des données qui constituent le mental conscient de l’être. Dans le cas où aucune relation ne peut être faite, l’énergie-information captée reste imprimée dans la mémoire du cerveau, comme une empreinte énergétique, mais ne peut pas être transcrite ; par contre elle pourra l’être ultérieurement, lorsque le conscient aura développé un nouveau corps de références qui permettra alors cette intégration. Nous voyons ceci très clairement à l’œuvre dans le fait que nous « comprenons » soudain la portée d’un événement ou la signification d’une phrase ou d’un rêve parfois des années après « l’enregistrement ». C’est donc au niveau de l’étendue de la gamme de fréquences de nos récepteurs (différente pour chaque tête) et au niveau de la complexité et de la subtilité de notre système de références (mémoire du cerveau, culture, données acquises par l’apprentissage et l’expérience) que se situe l’extrême individualité du mental d’un individu.

Il serait ainsi plus juste, étant donné cette extrême individualisation du processus, de dire que la pensée individuelle (que nous nommerons idéation pour la distinguer de la pensée en tant qu’énergie) est une expression créative locale de l’énergie-pensée, plutôt que de s’en référer seulement à une « matérialisation ou projection locale dans une dimension particulière ». En effet l’idée de projection ou de matérialisation, bien qu’éclairant ce processus sous un certain angle, ne donne pas l’idée que cet acte de transcription est fondamentalement un acte de création. En effet, toute pensée individuelle implique une modification intelligente de l’énergie captée, dans une direction particulière qui est celle de l’être. L’être humain, en transcrivant cette énergie et en l’intégrant à son système de références ajoute sa propre information à l’information potentielle de l’énergie captée, et, en plus, il lui donne une direction et un sens.

La comparaison n’est pas moins forte que celle d’un musicien qui, compte tenu de la capacité sonore de son instrument (fréquences sonores possibles), crée à partir des mêmes notes une infinité de mélodies chargées de sa propre signification, jusqu’au moment où il désire une plus grande étendue de possibilités sonores et, par exemple, crée un autre instrument (développe un nouveau récepteur) ou perfectionne l’instrument ancien (développe la capacité de réception des récepteurs déjà utilisés).

Le processus de pensée est donc essentiellement créatif en ce sens qu’il ne peut pas ne pas l’être. Même en imaginant quelqu’un qui répèterait une phrase entendue, l’information véhiculée par des mots identiques serait obligatoirement altérée. On peut avancer ainsi que le processus de pensée est une force créative qui détermine des changements d’états de l’énergie universelle. Il y a déjà une interaction évidente entre l’énergie captée et le récepteur, et il y a en plus une modification de cette énergie captée par le système de transcription (le cerveau et son système de références). Mais nous ne faisons pas que capter et transmuter, lorsque nous pensons ; nous avons aussi la capacité d’émettre, et cela de différentes façons. Nous pouvons émettre par le geste ou la parole, mais nous émettons simultanément au niveau des états subtils de l’énergie ; c’est-à-dire que nous émettons de l’énergie-pensée autour de nous, sous forme de vibrations qui ont pris l’information de notre propre état énergétique.

Cette émission prend deux formes : l’une, multidirectionnelle, provient de l’activité permanente de nos centres psi, et l’autre, directionnelle, est l’information véhiculée par tous nos gestes, paroles et perceptions. Cette émission d’énergie-pensée est tout aussi inconsciente, en général, que la réception, et il va sans dire que son information peut être en totale contradiction avec le sens de nos gestes ou de nos paroles puisqu’elle reflète notre être profond. Cette capacité d’émission énergétique met en évidence un fantastique potentiel de création et d’action sur le monde qui est resté jusqu’à présent en majeure partie inconscient.

Des « macroquantas » au niveau humain

Les différentes consciences autonomes, ou états de l’énergie dans l’être humain, impliquent donc une notion de spectre de fréquences. Nous comprendrons plus facilement comment peut fonctionner notre pensée si nous faisons la comparaison avec le mode d’action de nos sens qui sont des récepteurs sur le niveau physique. En effet, chaque sens agit comme récepteur d’une bande de fréquences donnée. Nous n’avons pas encore découvert une émission d’énergie, par les yeux et les oreilles, sur les mêmes fréquences que la réception, et pourtant, c’est une déduction qui peut être faite de ce modèle, dans le sens où, en ce qui concerne l’humain, chaque récepteur fonctionne aussi comme émetteur sur la même bande de fréquences. Entre un état de l’énergie et un autre, au niveau humain, nous avons donc un saut, et un autre récepteur va entrer en action (ce qui correspondrait à un changement de note) ; de même un récepteur peut être transmuté par un travail conscient et fonctionner alors sur un registre plus subtil (ce qui correspondrait à un changement d’octave pour la même note).

Ainsi nous voyons qu’il existe une discontinuité entre un état de conscience et un autre, entre un état de l’énergie (et ses récepteurs appropriés) et un autre état de l’énergie (et ses propres récepteurs). D’une conscience à l’autre, ou d’un état de l’énergie à l’autre, il s’opère un saut quantique. Toute réalité semble ainsi présenter une nature discontinue (discrète), jusque dans l’humain et le macrocosme. Peut-être serait-il intéressant d’envisager l’hypothèse de « macroquantas » opérant à d’autres niveaux de réalité que le niveau atomique.

Cependant, pour expliquer le passage d’une conscience à celle qui l’englobe, d’un état de l’énergie à un autre, une notion de quantité d’énergie (quantum d’action) est insuffisante, bien qu’elle soit nécessaire. En effet, il faut ajouter, pour rendre compte de ce fait sur le plan humain, un facteur qualité, en ce sens qu’un véritable travail de maturation est nécessaire, non seulement pour amplifier la capacité énergétique d’un centre (quantité d’énergie) mais aussi pour transcrire en nouvelles idées les informations reçues (intégration mentale et psychique de ce niveau d’énergie), et ensuite pour affiner cette conscience, c’est-à-dire pour déplacer l’attention des fréquences les plus basses aux fréquences les plus fines dans le spectre donné de ce récepteur.

Si le monde ne présentait pas une certaine homogénéité dans sa réalité, il paraîtrait anormal de trouver que certaines lois découvertes au niveau atomique puissent s’appliquer à d’autres niveaux de réalité. Fort heureusement, la tendance à l’homogénéité du monde et sa stabilité nous ont permis de découvrir déjà de nombreux isomorphismes entre différentes sciences s’appliquant à différents niveaux de réalité. Comme le fait remarquer Bertalanffy : « le monde (l’ensemble des phénomènes observables) présente une uniformité structurelle qui se manifeste par des traces isomorphiques d’ordre dans ses divers niveaux ou disciplines. » (TGS p. 85). Cependant, une loi déjà découverte n’est pas forcément directement applicable à un autre niveau de réalité, en ce sens que l’observation de ce nouveau plan de réalité peut nous faire percevoir des facteurs additionnels qui peuvent, modifier ou compléter la loi sur ce plan précis.

Conclusion

Dans ce modèle, nous avons montré comment le travail de notre cerveau est indissociable de la réception d’énergie-pensée porteuse d’informations, c’est-à-dire que notre cerveau est alimenté par l’énergie-pensée. De même nos centres psi émettent constamment de l’énergie-pensée ayant pris l’empreinte de l’être et porteuse d’informations « personnalisées ».

Ainsi le processus de pensée fonctionne en système ouvert, étant en interrelation énergétique constante avec l’environnement, et, de plus, c’est un processus créatif puisqu’il modifie cet environnement.

Nous avons fait intervenir dans ce modèle le concept essentiel d’information comme une fonction d’interrelation qui permet l’évolution du mental, c’est-à-dire sa capacité grandissante de connaissance. Bertalanffy fait remarquer que le concept d’information n’a pas été intégré à la théorie des systèmes ouverts. En effet « la théorie cybernétique est fondée sur la rétroaction et l’information », d’autre part « le modèle des systèmes ouverts, dans sa formulation cinétique et thermodynamique ne parle absolument pas d’information » ; cependant, la grandeur « information » est définie grâce à une expression formellement identique à l’entropie négative (TGS p. 154). Il conclut lui-même que « la recherche future devra probablement tenir compte de la thermodynamique irréversible, de l’accumulation de l’information dans le code génétique et des « lois organisationnelles dans ce dernier. » (TGS p. 157).

Nous pensons ainsi que la capacité d’augmenter l’information et l’ordre est une fonction fondamentale de la vie (donc des systèmes ouverts) et que l’évolution de cette « connaissance » n’est pas anarchique ou soumise au hasard, mais est ordonnée elle-même par les niveaux supérieurs ou englobants de l’être, et peut-être même par l’évolution future de l’humanité déjà inscrite dans nos cellules en tant que potentialité et direction.