R. Linssen : La perception globale immédiate


29 Dec 2010

(Revue Être Libre. No 287. Avril-Juin 1981)

Robert Linssen

Les spécialistes des approches dites « abruptes » de l’éveil intérieur évoquent fréquemment la nécessité d’une qualité d’attention parfaitement claire et présente « au Présent ». Il est aisé de donner une adhésion intellectuelle à la formulation d’une telle exigence mais très peu de personnes se donnent la peine d’en comprendre les implications considérables au niveau expérimental.

Trop souvent, les enseignements dits de la « Voie Abrupte » (tels ceux de Krishnamurti, du Ch’an ou Zen véritable) ne sont compris qu’au niveau verbal dont ils ne cessent cependant de dénoncer le caractère superficiel.

Beaucoup de personnes me posent la question « qu’est-ce que la « Voie Abrupte » ? Que signifie ce mot « Abrupte » ? La réponse à cette question permettra déjà de situer exactement les implications de l’Eveil intérieur et par conséquent de la perception globale immédiate.

Les instructeurs de la « Voie Abrupte », tant en Inde qu’en Chine (Ch’an) ou au Tibet (Sentier Sublime très peu connu) font une comparaison entre le rêve et la conscience de veille qui nous est familière d’une part et d’autre part, entre cette conscience de veille familière et l’état d’Eveil intégral et naturel. Lorsqu’une trop grande intensité se produit dans une douleur, une vision de cauchemar ou un plaisir au cours du rêve, le dormeur se réveille en un instant. Il accède sans graduation à l’état de veille.

Pour les instructeurs de la « Voie Abrupte », il existe le même rapport et la même distance d’une part entre le rêve et l’éveil familier qu’il en existe, d’autre part, entre l’éveil normal, familier et l’état d’éveil intégral et naturel. Et c’est d’une même manière qu’une certaine intensité dans l’éveil familier et soi-disant normal délivre instantanément le chercheur des conditionnements de cet éveil familier et lui révèle l’état naturel de l’Eveil intégral. Cette intensité est celle de la perception globale immédiate. Elle est instantanée (ekaksana sanscrit = en un instant).

Les implications de ce qui vient d’être si rapidement et sommairement esquissé sont énormes. Nous allons tenter d’en signaler quelques-unes. Voyons d’abord en quoi et pourquoi nos perceptions ne sont jamais globales et immédiates.

Premièrement pourquoi ne sont-elles jamais immédiates ?

Elles ne sont jamais immédiates parce que les énergies de notre attention ne sont jamais pleinement présentes au présent. Chacun connait la réponse paradoxale qu’un maître Zen donnait aux élèves qui lui demandaient le secret de sa méthode. Il répondit : « quand j’ai faim je mange ». L’instructeur voyant les élèves déçus par sa réponse continua : lorsque vous mangez, où est votre mental ? Est-il là, présent à la circonstance, ou bien pensez-vous à un plaisir ou un ennui passé, ou encore votre imagination anticipe-t-elle en vous projetant dans l’avenir vers tel plaisir ou telle souffrance ?

Le côté immédiat de la perception implique une convergence de toutes les énergies de notre attention dans la momentanéité de chaque instant présent. Notre attention ne réalise jamais une telle convergence. Les énergies de notre attention sont dans un état de distraction constante. D’une part, restant attachées au passé. D’autre part se projetant dans le futur.

Du point de vue pratique il est indispensable de nous rendre compte que nous avons à chaque moment de la vie quotidienne des tas de pensées qui ne sont pas en rapport avec les circonstances que nous vivons. Dans un premier temps, il sera nécessaire de nous surprendre à être distrait. Ceci n’est qu’un premier pas élémentaire auquel nous avons fait allusion fréquemment. Mais le terme « immédiat » implique des significations beaucoup plus profondes.

Nos perceptions ne sont pas immédiates surtout parce que nous ne sommes physiquement et psychologiquement qu’un résultat de processus de mémoires dont les origines se situent lors de la naissance de l’univers. Cette affirmation surprenante de prime abord est cependant conforme à la réalité. Elle était énoncée dans les enseignements anciens (les Prajna paramita Sutras de l’Inde). Elle est entièrement confirmée par la science moderne. (Processus de néguentropie de l’espace-temps psychique, code génétique de la biologie et de l’embryologie 1981).

Ainsi que l’exprime Krishnamurti, nous ne sommes que des « paquets de mémoires ». Nous avons commenté ailleurs les implications de cet énoncé lapidaire qui nous semble souvent de prime abord déconcertant. Nous ne répéterons pas les détails de nos commentaires. Rappelons simplement que nous portons en nous sous une forme intégrée, résumée, la somme de toutes les mémoires de tous les événements qui ont illustré l’histoire de l’univers. Le cerveau humain constitue d’ailleurs la cristallisation, la condensation et la matérialisation de toutes les énergies de temps, de mémoires. Il n’est en réalité qu’un hologramme reflétant les informations de l’espace-temps psychique intimement lié à l’holomouvement. Nous avons commenté ceci dans un ouvrage récent (la Mutation spirituelle du IIIe millénaire et les œuvres de David Bohm et Karl Pribram en ont mis en évidence le bien-fondé.

En bref, sans le savoir et sans nous en rendre compte, nous sommes tous des milliardaires du temps et de la mémoire. « Le Vieil homme » dont parlent les Ecritures est un milliardaire de mémoires. Il a traversé des milliards de naissances, d’épanouissements, de morts, de réussites, d’échecs, de joies, de souffrances. Il va de soi qu’un tel processus, dont l’existence remonte à douze ou quatorze milliards d’années, ne cesse pas instantanément. Bien au contraire.

La manifestation la plus évidente des forces d’inertie énormes de cette habitude de mémoires symbolisée par le Vieil homme est l’agitation mentale. En bref, la force d’inertie des habitudes du passé se continue et se projette dans chaque instant présent. L’entièreté du problème peut se résumer en cela : d’une part, les niveaux physiques et psychiques de la constitution humaine sont entièrement sous l’emprise du passé dont ils sont la matérialisation. D’autre part, le niveau du Réel, ou niveau spirituel, est un Présent toujours renouvelé.

Le passé et ses condensations en l’être humain est mécanique, répétitif, habituel, conflictuel. La réalité ultime de l’être humain, de nature spirituelle est non mécanique, non répétitive, intemporelle, a-causale.

Signalons ici que la plus haute mystique se trouve ici entièrement confirmée par la plus haute physique (aussi appelée physique gnostique en opposition à la physique rationaliste dite physique « fossile »).

Le résumé qui vient d’être exposé a « contre lui » un aspect uniquement spéculatif, intellectuel et métaphysique. Nous tenterons maintenant d’en montrer les conséquences pratiques et évidentes telles que chacun pourra le constater en accordant plus d’attention aux processus de sa propre pensée, de ses actes, de ses motivations profondes. En résumé, nos perceptions ne sont pas immédiates parce qu’elles sont véritablement envoûtées par la force d’inertie des mémoires du passé.

La perception immédiate implique une disponibilité parfaite au Présent. Elle nous demande d’être « neufs dans l’instant neuf » car chaque instant, au niveau le plus réel est neuf. Elle exige la réalisation d’une transparence intérieure, d’une agilité de l’esprit, d’un ordre, d’une clarté et d’un silence intérieur très éloignés du vacarme permanent des pensées.

Nous avons montré ailleurs que la pensée n’est que mémoire. Il n’y a pas de pensée sans un mot ou plusieurs mots, conscients ou inconscients. Il n’y a pas de pensée sans une image ou plusieurs images, claires ou vagues, conscientes ou inconscientes. Ces mots et images ont été enregistrés antérieurement dans nos neurones cérébraux. Ils ne sont que mémoires. La pensée fonctionne de façon entièrement mécanique : par déduction ou par induction.

Telles sont les raisons pour lesquelles Krishnamurti n’hésite pas à faire cette déclaration qui scandalisera ceux qui ont déifié la pensée : « la pensée n’est pas l’intelligence ». Du point de vue pratique, nous sommes la plupart enfermés dans le processus de la pensée, de la mémoire. Ainsi que l’exprime Krishnamurti, « notre vie intérieure n’est qu’une marche stérile qui va du « connu » au « connu ».

A chaque instant, des pensées se présentent dans le champ de notre esprit. Elles se présentent sous forme de mots, d’images. Très souvent, ces pensées n’ont pas été choisies de propos délibéré pour répondre adéquatement aux circonstances. Ce sont les pensées que S. Freud et St. Zweig appelaient les pensées « intruses ». En bref, elles sont là. Elles sont là comme autant d’échos constants, automatiques, rapides du passé dont l’ombre portée masque la clarté du Présent, ainsi que l’exprimait admirablement notre ami René Fouéré.

Nous approchons maintenant de l’essentiel du sujet. Pour quelles raisons se produit constamment et avec la rapidité de l’éclair ce surgissement de pensées, de mots, d’images ? Quelle est l’origine de ce processus (nommé processus de verbalisation par Krishnamurti) qui, au centième de seconde, nomme tout ce que nous voyons, tout ce que nous entendons, tout ce que nous sentons, nos propres émotions, nos peurs nos colères, nos plaisirs ?

Si nous répondons à cette question nous sommes en mesure d’éclairer le problème de l’absence de perception immédiate. L’origine de ce processus est toujours la même : la mémoire. L’énorme réseau de mémoires dont nous sommes l’aboutissement a fait de nous des vieillards de douze ou quatorze milliards d’années. Ce processus de mémoires fonctionne selon une certaine habitude de durée, de continuité. Et cette habitude ne veut pas cesser. Ce réseau d’habitude s’est pris pour une entité. Cette entité ne veut pas abdiquer. Elle veut continuer. Elle a horreur du silence intérieur car le silence intérieur met ses jours en danger.

Le « Vieil homme » sait très bien que la conscience n’est pas continue. Il sait qu’il existe des moments de silence entre les pensées. Mais il sait que le silence intérieur véritable mettrait fin à son règne. Et cela, il l’évite à tous prix. En d’autres termes, l’agitation mentale, la rapidité extrême de nos processus de verbalisation ne sont rien d’autre que des réflexes d’auto défense du « Vieil homme » ou de l’Ego, pour sauvegarder son règne, sa continuité.

Rien n’est plus normal par le fait que l’instinct de conservation des espèces illustre toute l’histoire de l’évolution. Il est normal que tout ayant été mémorisé, le réseau de mémoires formant le « Vieil homme » (ou l’inconscient profond) soit empreint d’un instinct de conservation, ou désir de durée, ou peur de se perdre. Sa stratégie commande que nous nous sentions à l’aise et que nous avancions dans la vie muni du bouclier de nos certitudes, du « connu » du « déjà vu ». L’inconscient profond aussi bien que le conscient  ont horreur de l’inconnu.

De ce fait, tout ce que nous voyons, sentons est immédiatement nommé, mis en catégorie, comparé, évalué en fonction du « connu » des expériences passées. Nous nous enfermons ainsi sans nous en rendre compte dans le cercle vicieux de l’habitude, de la mécanicité, de la durée, de la continuité, du temps. En bref, ce sont là aux yeux des Eveillés, les éléments de notre rêve. En fait, nous « sommes rêvés et agis » par les énergies accumulées du passé.

Krishnamurti nous demande souvent : croyez-vous qu’il soit absolument nécessaire de nommer « rose » une rose ? Il nous suggère la réalisation d’une attitude d’attention dans laquelle n’interviennent plus nos jugements de valeurs nos comparaisons, nos choix, nos préférences, nos répulsions.

Il déclare : (Au seuil du silence p. 210).

« La perception sans paroles, autrement dit sans pensées est un phénomène des plus étranges. Cette perception est plus acérée, non seulement dans le cerveau mais dans tous nos sens. Elle n’est pas une particularité fragmentaire du mental ni une manifestation des émotions. On peut lui donner le nom de perception totale .

Percevoir sans qu’existe le percevant dans la méditation c’est communier avec toute la hauteur et la profondeur de l’immensité ».

La méditation cependant peut exister alors que les yeux sont ouverts et que l’on est entouré d’objets de toute sorte. Mais ces objets sont sans importance aucune. On les voit mais il n’y a aucun processus de reconnaissance ».

Dans cette méditation il y a la plus grande extase, laquelle est sans rapport avec le plaisir. C’est cette extase qui donne aux yeux, au cerveau et au cœur une qualité d’innocence ».

Nous lisons plus loin dans le même ouvrage ce fragment qui éclaire et confirme nos commentaires (p. 213).

« Un curieux aspect de la méditation c’est qu’aucun événement n’est transformé en expérience. Il est là, comme une étoile dans le ciel sans que la mémoire s’en empare ou le saisisse, sans qu’il ne passe par le processus habituel de la reconnaissance et de la réaction en fonction de préférences et d’aversions. Une réaction est toujours répétitive, on la tire de la même banque de la mémoire ». (C’est nous qui soulignons parmi les textes reproduits).

Résumons ce qui vient d’être dit jusqu’à cet endroit : nos perceptions ne sont jamais totalement immédiates à la suite de l’action très importante du réseau des mémoires qui paralyse toute possibilité d’adéquacité au renouveau de chaque circonstance des moments présents. Les manifestations les plus évidentes, visibles et constantes de ce réseau de mémoires ne se limitent pas au processus constant de verbalisations, de reconnaissances, de comparaisons, de choix.

Nous serions incomplets en omettant la présence constante de l’image que chacun a de lui-même ainsi que des êtres et des choses. La rapidité du surgissement de l’image que nous avons des êtres et des choses ainsi que celle du processus de verbalisation résulte d’une cause identique.

Cette rapidité se produit automatiquement en vertu des cheminements privilégiés et des associations qui se sont produits dans l’énorme réseau de nos neurones et de nos mémoires. Dès qu’un événement, un objet ou un être ont été enregistrés par le cerveau, des cheminements privilégiés s’établissent dans l’énorme réseau de mémoires. L’existence de ces cheminements privilégiés contribuent à nous donner des faits nouveaux et actuels une image antérieure conditionnée par la rencontre de ces faits, personnes, objets ou événements dans le passé. En d’autres termes, nous sommes naturellement enclins à voir les choses, êtres, objets, non dans leur actualité présente mais à travers des images que ces faits, objets, personnes ont déterminé en nous dans le passé.

Ceci est la manifestation de l’instinct de conservation du « Vieil homme », le milliardaire des mémoires et du temps qui ne veut pas abdiquer, qui veut se « continuer », qui « résiste » à la pulsation créatrice constituant l’ultime réalité des êtres, des choses dans l’univers (Satan viendrait du vieil arabe Sheit-an je résiste; nous le répétons à dessein).

Indépendamment de tout ce qui vient d’être rappelé, nous ajouterons que la perception non seulement n’est pas immédiate, mais aussi non globale. Pourquoi ?

Parce que nous sommes psychologiquement des êtres divisés, fragmentés Nous ne percevons qu’avec notre cerveau et notre mental. La perception globale implique un état d’attention dans lequel intervient un élément affectif fondamental. Cet élément est étranger à toute sensiblerie sentimentale.

La perception globale implique la réalisation d’un état d’amour profond. Cette qualité d’amour révèle d’une façon directe et supramentale le sens de l’intensité du Présent. L’Eternel présent dont on parle beaucoup n’est qu’un mot. Ce n’est là qu’une hypothèse stérile si le silence intérieur de la pensée ne nous a pas révélé l’intensité de l’état d’amour véritable. A ce niveau se révèle l’exigence d’un vécu authentique. La perception globale immédiate implique un équilibre entre la raison et l’amour. Elle correspond au penser-sentir de Krishnamurti.

L’homme du XXe siècle est malheureusement enclin à donner une suprématie au développement intellectuel. Notre éducation a mis en veilleuse les facultés affectives. Ceci peut aboutir à une situation désastreuse. Nombreux sont les hommes de sciences qui nous rappellent que « la fonction crée l’organe ». Par conséquent, l’abus des fonctions intellectuelles au cours de plusieurs générations d’êtres humains peut aboutir à un développement monstrueux du cerveau.

Ainsi pourrait apparaitre une triste humanité faite de singes savants dont les savoirs encyclopédiques paralyseraient toute connaissance véritable par le fait que cette dernière implique un aspect supérieur de l’amour.

Il est opportun de rappeler ici ce que Krishnamurti déclarait à ce propos : « un cœur sans amour est semblable à une rivière qui n’a plus d’eau pour abreuver ses rives ». La perception globale immédiate implique donc un élément affectif supérieur qui nous échappe la plupart du temps.

Il est à noter que, au point de vue expérimental, le siège de la conscience est perçu dans le cerveau pour l’immense majorité des êtres humains. Lorsque se réalise un état de perception globale immédiate, la localisation du centre de la conscience totale se déplace vers le plexus solaire. Certaines écoles orientales le situent dans le « Hara » auquel se réfère fréquemment le Zen japonais.

La pratique du Judo, de l’Aïkido surtout, en montre le bien-fondé par la redécouverte d’une sagesse instinctive du corps humain, laquelle a été perdue par suite de notre hyper-intellectualité. Le Comte Von Durckheim a consacré à l’étude du Hara de nombreux ouvrages qui méritent d’être examinés. Ils reflètent un aspect complémentaire de ceux que nous avons sommairement évoqués ici concernant la perception globale immédiate.

Il nous semble cependant opportun de formuler ici une réserve. Le déplacement du centre de la conscience dans le plexus solaire ou dans le « Hara » est une conséquence de l’Eveil intérieur. La pratique d’une conséquence indirecte de l’Eveil intérieur ne peut pas automatiquement apporter un tel Eveil. Le processus est irréversible.

Le Sage poserait immédiatement la question « Qui » pratique « quoi » ? « Qui » veut atteindre « quoi » ? Nous touchons ici à l’un des points les plus fondamentaux de la « pratique » qui permet de préciser la différence d’approche entre la Voie abrupte et les voies progressives.

Il n’est pas question ici de nous perdre dans des querelles absurdes et stériles d’écoles philosophiques. Nous souhaitons simplement que le lecteur prenne lui-même conscience, par lui-même et en lui-même, du processus de sa propre pensée, de l’emprise que les mémoires du passé exercent sur sa conscience présente, et, de ce fait, soit en état de réaliser véritablement la perception globale immédiate avec les richesses inépuisables de force, de lumière intérieure et d’amour qu’elle comporte.

Robert LINSSEN

juin 1981

MEDITATIONS

Lorsque notre regard se pose sur une table, nous voyons une surface lisse. Le bois nous semble immobile, compact, homogène.

La physique nous enseigne qu’une « surface » n’existe pas. La surface est un phénomène interférentiel conditionné par la position d’un observateur et son échelle d’observation. Rien n’est immobile. Tout se meut intensément. Des vides aussi importants que ceux séparant les étoiles (toutes proportions gardées) existent entre les atomes. Alors ?

Par le sens du toucher, ce fragment de marbre semble solide. La physique nous montre que les particules ne sont qu’ondes, rayonnements, sans aucune solidité. Il s’agit d’un phénomène interférentiel, entre un observateur et une échelle d’observation particulière.

Selon la physique gnostique et les travaux de David Bohm, ce que nous concevons comme tangible, solide est une réalité « flou », « évanescent » par rapport à la réalité essentielle du monde matériel. Celle-ci est comparable à un vaste océan de feu, en perpétuel mouvement de création. Elle est suprêmement solide mais d’une solidité différente de celle qui nous est familière. Krishnamurti parle d’une « énorme solidité ». Alors ?

BIBLIOGRAPHIE

— D. BOHM, K. PRIBRAM, Fr. CAPRA, etc. : « Science et Conscience », éd. Stock, Paris 1980.

— Dr. Th. BROSSE : « La Conscience Énergie », éd. Présence.

— R. LINSSEN : « La méditation véritable », Courrier du Livre, Paris 1975.

— R. LINSSEN : « La mutation spirituelle du IIIème millénaire », éd. Courrier du Livre, Paris 1981.

— Fr. CAPRA : « Le Tao de la physique », éd. Tchou, Paris.

— J. KRISHNAMURTI : « Au seuil du silence », éd. Courrier du Livre, Paris.

— Gr. Von DURCKHEIM : « Hara », Courrier du Livre, Paris.

— R. LINSSEN et R. NIRMAYANANDA : « La Divine Féerie », éd. Courrier du livre 1981