Marianne Van Caesbroeck : La réflexologie Histoire de la réflexologie


30 Jan 2011

(Revue Être Libre. No 295. Avril-Juin 1983)

Le massage par pression exercée sur des zones déterminées du corps humain était connu et pratiqué depuis plusieurs milliers d’années.

Il connût un certain développement en Orient (Chine, Japon, etc…) ainsi que l’acupuncture qui prit une extension plus importante. (Hwang-Ti, 2698-2598 av. J.C.)

Le massage par pression provient probablement de la même source. Cette thérapie naturelle connût ensuite une période d’oubli. Il est intéressant de noter que dans certaines tribus indiennes, le massage par pression est pratiqué jusqu’aujourd’hui.

En Europe, des ouvrages connus depuis le XVIème siècle donnent des indications sur le traitement des organes par le massage de certains points du corps. (Dr BALL, Dr ADAMUS et Dr A. TATIS). En 1834, Pehr HENRIK LING, Suédois, exposait le rapport entre les organes et certains points.

Le grand essor de cette technique a été plus particulièrement donné par le Dr William FITZGERALD qui peut être considéré comme le fondateur de cette discipline plus connue actuellement sous le nom de réflexologie dans sa forme moderne.

Le Dr FITZGERALD est né aux Etats-Unis en 1895. Il étudia à l’Université de Vermont et travailla pendant deux ans et demi à l’Hôpital de Boston (Connecticut). Après avoir exercé pendant quelque temps dans les cliniques de Vienne, Londres, il s’établit à Hartford comme chef de service dans le département d’Otto-rhino-laryngite. C’est là qu’il présenta ses recherches et expériences à ses collègues.

Après sa mort en 1942, c’est grâce à son élève Eunice Ingham, masseuse et conférencière ainsi qu’à un groupe d’amis que le Dr FITZGERALD avait rassemblé autour de lui que nous avons le privilège de connaître cette méthode féconde de travail.

Nous tenons à leur exprimer notre gratitude.

METHODE DE TRAVAIL DE LA REFLEXOLOGIE

Afin de préciser la façon dont procède la réflexologie, il est préalablement nécessaire d’examiner sommairement les principes de l’acupuncture.

Celle-ci s’éclaire des deux dynamismes fondamentaux du Yin et du Yang. Le Yin et le Yang sont deux manifestations à la fois opposées et complémentaires de l’énergie fondamentale nommée Ch’i. Le terme Ch’i symbolise l’énergie vitale. Il correspond au Prâna des yoguis indiens.

Le Yin et le Yang jouent un rôle fondamental dans l’Univers. L’antique sagesse chinoise les considérait comme les extrêmes d’une totalité unique en perpétuel mouvement créateur.

Ainsi que l’écrit Fr. CAPRA (Le temps du changement, p. 31) : « Rien n’est uniquement Yin ou Yang. Tous les phénomènes naturels sont des manifestations d’une oscillation continue entre ces deux pôles, toute transition s’opérant graduellement et en une progression ininterrompue. L’ordre naturel est l’équilibre dynamique entre le « yin » et le « yang ».

Il est à noter que les dynamismes Yin et Yang ne peuvent être associés à des valeurs morales. Beaucoup de personnes ont tendance à associer le Yin au mal et le Yang au bien. La tradition chinoise associait le Yin à la passivité, la féminité et le Yang à l’activité, la masculinité.

Les fonctions intuitives et synthétiques du cerveau droit mises en évidence par le Prix Nobel Sperry sont Yin tandis que les fonctions analytiques et rationnelles du cerveau gauche sont Yang.

Ch’i est considéré comme l’Etre ou la Réalité fondamentale sous-jacente aux manifestations multiples de l’Univers.

Notre corps doit être considéré comme un « micro-univers » dans lequel les deux manifestations de Ch’i, Yin et Yang sont représentées. Pour l’acupuncture (et donc aussi pour l’Acupressure, précurseur de la réflexologie), les maladies résultent de la rupture d’un équilibre entre les tendances yin et yang.

L’acupuncture et l’acupressure restaurent l’équilibre perdu par le moyen d’aiguilles ou encore par pression sur les méridiens. Ces méridiens forment un ensemble de canaux situés en dessous de la peau des bras, jambes, colonne vertébrale et tronc. Ces canaux ne doivent pas être confondus avec le système circulatoire sanguin et la lymphe.

La médecine actuelle, en Belgique ignore l’existence de ces méridiens quoique celle-ci fasse l’objet d’un intérêt grandissant. Un médecin coréen, le professeur Kim-Bong-Han de l’Université de Pyong-Yang a fait des recherches concernant les méridiens. Il a découvert que la résistance électrique de la peau le long des méridiens (représentés dans les plus anciennes gravures chinoises) est différente des autres parties du corps.

Une différence de la structure des cellules de la peau a été également observée spécialement aux endroits (points d’acupuncture) où s’appliquent généralement les aiguilles. A cet endroit on observe une troisième espèce de cellule du tissu adipeux.

Il est important de signaler que tout récemment (1983) des expériences de laboratoire ont prouvé de façon définitive l’existence des méridiens et les modifications qu’ils apportent dans la circulation électrique.

Les diagnostics de l’acupuncture sont établis par l’observation de douze pouls.

Nous avons examiné sommairement certains principes de l’acupuncture.

Nous vous proposons d’étudier maintenant de façon plus précise, l’acupressure, le do-in et le shiatsu.

La différence entre ces méthodes est très subtile et les opinions varient suivant les auteurs.

Les trois méthodes que nous venons de citer travaillent sur les méridiens de l’acupuncture mais remplacent l’usage des aiguilles par la pression manuelle sur certains points du méridien.

Le diagnostic n’est plus établi par l’observation du pouls mais par l’intensité de la douleur éprouvée lors de la pression effectuée sur certains points du méridien.

En acupuncture, comme en acupressure les malades et organes sont traités par différents points situés sur les méridiens.

On peut relever l’existence de quatre sortes de points :

1) les points qui se trouvent au début et à la fin des méridiens; Ces points sont appelés « points d’harmonisation ».

2) les points qui donnent l’énergie et activent les organes.

3) les points utilisés en cas de crise d’un organe

4) les points qui calment l’hyperactivité des organes.

Il est à noter que la médecine de la Chine antique évoque l’existence d’autres points tandis que la médecine moderne en découvre de nouveaux.

Le but principal de l’acupressure et de l’acupuncture consiste à guérir les maladies en premier lieu tandis que le shiatsu et le do-in mettent d’abord, à titre préventif, l’accent sur l’équilibre du « Ki » et portent leur attention sur la personnalité dans son intégralité.

C’est pour cette raison que le Do-in et le Shiatsu envisagent le massage de la totalité du corps afin de libérer tous les circuits de l’énergie.

« Ki » est un terme japonais correspondant au Ch’i de l’acupuncture qui, lui, est un terme chinois. « Ki » évoque l’existence d’une énergie dont la liberté de circulation conditionne la santé

Cette forme de pression était enseignée, entre autres, dans les ouvrages de Nei-Ching publiés il y a environ 4500 ans.

Nous allons examiner maintenant, de façon plus spécifique, la réflexologie proprement dite.

Ainsi que nous l’avons exposé, William Fitzgerald, fondateur de la réflexologie a divisé le corps humain en dix lignes verticales que l’on pourrait comparer aux méridiens mais qui sont distinctes de ces derniers.

Il est à noter que la réflexologie ne parle pas des méridiens ni des énergies Yin ou Yang ni du Ki des médecines et philosophies orientales. Elle en est cependant la suite et tente de les expliquer scientifiquement.

La réflexologie a sa propre technique d’expression et se réfère à des informations strictement médicales. C’est une « science ouverte » qui fait l’objet de nombreuses théories dont nous allons examiner les aspects les plus valables.

L’opinion prédominante considère actuellement que la réflexologie s’applique à une région correspondant à l’extrémité des nerfs.

Le Dr. Fitzgerald estimait que l’absence de mouvement avait pour conséquence un ramollissement des muscles des pieds. Celui-ci engendre un léger déplacement (de l’ordre du millimètre) d’un ou plusieurs des 26 osselets du pied. Ce déplacement provoque une augmentation de la pression qui s’exerce sur les extrémités des nerfs. Il en résulte une diminution de l’énergie et un ralentissement de la circulation sanguine, à cet endroit précis du pied.

Ceci a pour conséquence immédiate une accumulation de déchets qui se placent autour de l’articulation déplacée. La persistance de cette accumulation de déchets pendant un certain temps engendre des difficultés au niveau de tous les organes et parties du corps qui sont en relation avec les zones-réflexe du pied. La présence d’une accumulation de déchets se révèle par une sensibilité plus grande lors des pressions exercées sur les zones concernées.

Le pourcentage des personnes souffrant de troubles de la circulation est alarmant. Les personnes ayant une mauvaise circulation sanguine ont moins de possibilités d’éliminer les déchets du métabolisme et du système digestif par le foie et les reins.

Ces déchets se fixent autour des extrémités des nerfs de tous les organes jusqu’aux pieds et aux mains. Telles sont les causes des points sensibles et de certaines douleurs.

Le massage et la pression exercés sur ces points précis accélère la circulation sanguine qui élimine peu à peu les déchets. Ceci a pour conséquence l’établissement d’une meilleure circulation dans les organes correspondants.

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Il peut se présenter que certains organes possèdent une faiblesse héréditaire. La faiblesse du fonctionnement de ces organes a pour conséquence une accumulation des déchets en eux-mêmes ainsi qu’aux extrémités des nerfs.

Le déplacement d’une vertèbre de la colonne vertébrale peut entraîner une rupture des circuits énergétiques ainsi qu’un ralentissement de la circulation sanguine. Ceci peut déterminer des effets négatifs dans d’autres points du corps et provoquer une sensibilisation des points réflexes.

Certains auteurs parlent d’une défaillance dans le circuit des énergies (électricité). Cette défaillance peut être remédiée par une pression exercée sur les extrémités des nerfs (zones réflexes). Cette pression transmet un message au cerveau qui débloque la circulation des énergies. Par ce procédé, on fait une fois de plus appel aux mécanismes d’auto-défense de l’organisme.

Nous sommes actuellement au début de nos connaissances sur le cerveau. Nous avons la conviction que le proche avenir confirmera partiellement le bien-fondé de la réflexologie suite aux nouvelles découvertes de la neurophysiologie du cerveau.

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Ainsi que le lecteur l’aura remarqué nous avons fait fréquemment allusion à la circulation sanguine. Le bon fonctionnement de celle-ci est important pour les tissus et les organes. Il est impossible d’être en bonne santé sans une circulation sanguine adéquate. Celle-ci draine les déchets des organes et tissus.

Le sang véhicule également l’oxygène, les vitamines, les hormones, les minéraux et régularise la teneur en eau de l’organisme, la pression osmotique, l’équilibre du rapport acidité-alcalinité ainsi que la température corporelle.

Ceci explique l’importance de la réflexologie dans son rôle d’activation de la circulation sanguine.

Nous pensons que l’ensemble des considérations que nous venons d’exposer démontre clairement la cause des résultats exceptionnels obtenus par la réflexologie.

La réflexologie comprend une synthèse de deux tendances : d’abord celle de la philosophie et de la médecine orientale, complétée par l’approche de la médecine occidentale.

(A suivre)

M. VAN CAESBROECK