Maud Cousin : La science de l’occulte de Steiner 6


15 Apr 2010

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(Revue Panharmonie. No 189. Janvier 1982)

Quand Rudolph Steiner parle du peuple hindou, il parle d’une période extrêmement ancienne qui n’est connue par aucun document. La civilisation de l’antique peuple indien a fleuri lors d’une première période post-atlantéenne, suivie d’une deuxième période que nous nommons « Perse ancienne ». Plus tard, pendant une troisième période, se développe la civilisation égypto-chaldéenne. Et pendant tout ce temps l’Inde passa par un second et un troisième stade, et c’est à ce dernier que s’applique ce que l’on désigne communément comme l’Inde Antique, qui n’est pas celle dont nous parlons ici.

Descendant directement des Atlantes qui appartenaient à différentes sortes d’êtres humains, les Jupitériens, les Saturniens, les Martiens, etc., les habitants de l’Inde comprenaient, d’après les enseignements de leurs instructeurs, qu’une âme ne s’incarnait pas par hasard dans telle ou telle catégorie, mais qu’elle y était prédestinée. Ce fut l’origine des castes.

A la suite de cela beaucoup d’Indiens eurent une fausse conception de la réincarnation, dont seuls les initiés avaient pu acquérir, grâce aux enseignements des Grands Instructeurs, la juste compréhension. Mais certains initiés s’étant écartés du droit chemin pendant l’ère atlantéenne, ceux-ci avaient communiqué ce secret à des humains, n’ayant pas la maturité nécessaire, et qui confondirent la véritable idée avec une idée erronée. Ces hommes possédaient encore une vague clairvoyance et, tandis que les Atlantes pénétraient dans le monde spirituel pendant leur sommeil, leurs descendants faisaient des expériences analogues, mais dans des états anormaux, intermédiaires entre la veille et le sommeil. Une image d’une ancienne époque, vécue par leurs aïeux, s’éveillait alors en eux, qu’ils prenaient à tort pour des réincarnations.

Le peuple perse dont nous parlons ici et ceux qui lui sont apparentés, sont issus d’une population qui s’était établie en Asie Mineure, lors des nombreuses migrations qui suivirent la catastrophe atlantéenne. Ce sont les très anciens ancêtres du peuple perse actuel qui fondèrent la seconde des grandes civilisations. Contrairement aux Hindous, leurs goûts ne tendaient pas seulement vers le monde suprasensible, mais ils étaient également adaptés au monde physique. Ils apprenaient ce que la terre pouvait leur offrir et risquaient ainsi de perdre tout contact avec le monde suprasensible et ses oracles, qui, suivant le même chemin, maîtrisèrent dès lors certaines formes dégénérées de ce monde au service des intérêts personnels de l’homme. Le fait de manier ces forces naturelles donnaient à ces hommes une grande puissance sur le feu et d’autres éléments. On les appelle les « Mages », mais leurs pouvoirs et les connaissances suprasensibles dont ils avaient hérité des temps anciens, se réduisirent à peu de choses, en comparaison de ce que pouvait l’homme dans un passé infiniment ancien. Et cet héritage qui revêtait toutes sortes de formes, depuis les arts les plus nobles, jusqu’aux pratiques les plus condamnables. Ces hommes subissaient tout particulièrement l’influence luciférienne. Pour la contrebalancer, le Gardien des Mystères de l’Oracle solaire leur envoya un Guide, c’est-à-dire Zoroastre, non pas celui dont l’histoire nous parle et qui n’est qu’un successeur du grand Zoroastre. Ce Guide devait faire prendre conscience à son peuple que l’univers physique n’est pas seulement ce monde vide d’esprit, sous l’influence exclusive de Lucifer auquel il est redevable de son autonomie et de sa liberté ; mais que son action doit s’harmoniser en lui avec celle des Êtres Spirituels qui leur est opposée. Zoroastre, tenait du gardien des Mystères Solaires une intuition lui permettant de recevoir les révélations des Êtres Solaires. Il savait que le Guide de ces Esprits Solaires dirige l’évolution de l’humanité, mais qu’il ne pouvait quitter l’espace cosmique et descendre sur la terre que lorsque le corps astral d’un être humain lui donnerait asile, afin d’y vivre et d’y agir comme il le faisait dans le corps éthérique depuis l’intervention luciférienne. Pour cela il fallait que naisse un homme qui, revenant en quelque sorte en arrière dans l’évolution, élevât son corps astral jusqu’au niveau qu’il eut atteint sans l’impact luciférien, dès le milieu de la période atlantéenne.

L’homme, sans cette influence luciférienne, se serait élevé à cette hauteur bien plus tôt. Mais alors, sans liberté, ni autonomie personnelle. Dans ses extases clairvoyantes, Zoroastre voyait surgir dans l’avenir au milieu de l’humanité, une personnalité qui possédait ce corps astral approprié à cette haute mission. Il savait aussi que le Grand Être Solaire ne pouvait, avant ce moment, habiter sur la terre, mais que le voyant pouvait le découvrir dans l’orbe spirituel du Soleil. Ce Grand Esprit Solaire qu’il annonçait à son peuple, était appelé Ahura-Mazda ou Ormuzd, c’est-à-dire l’aura du Soleil. C’est le Christ avant son apparition sur la terre. Par contre, sous le nom de Ahriman (Angra Mainju) Zoroastre décrivait une puissance qui agit de façon corruptrice sur l’âme humaine quand celle-ci se livre à sa seule influence. Aux entités spirituelles, s’opposaient des tentations qui se révélaient dans ce qui, sous une forme impure, subsistait de l’ancienne clairvoyance atlantéenne. Il fallait enseigner à l’homme comment se comporter pour ne pas être entraîné dans l’abîme et comment l’influence de cet adversaire pouvait être tournée vers le bien, grâce à la puissance du Dieu Lumière.

La troisième Civilisation post-atlantéenne :

Cette civilisation est celle des peuples qui s’étaient finalement rassemblés en Asie Mineure et en Afrique du Nord : les Chaldéens, les Babyloniens, les Assyriens d’une part, et les Égyptiens d’autre part. Leur intérêt pour le monde physique était encore plus marqué que chez les Perses. Ils avaient acquis la faculté de penser, de comprendre, tel que ce fut le cas dans les derniers temps de l’Atlantide. L’humanité post-atlantéenne a, en effet, pour tâche de développer les facultés psychiques par l’éveil des forces intellectuelles et affectives, grâce au fait que l’homme observe le monde physique et le transforme par son travail.

Par contre l’Inde considère encore le monde physique comme illusoire son esprit étant tourné vers le suprasensible.

Chez les peuples de la troisième civilisation, l’âme a perdu en grande partie ses facultés supra-sensorielles. C’est par ses sens qu’elle recherche les manifestations de l’esprit se produisant dans son entourage. Elle poursuit son développement par la découverte et par l’invention de moyens tirés de cet entourage. C’est ainsi que la recherche dans le monde physique a donné naissance aux sciences et que la connaissance et l’utilisation de ce qu’offre ce monde, sont à l’origine de la technique, de la création artistique, de leurs instruments et de leurs procédés.

Pour les Chaldéens et les Babyloniens le monde sensible n’est plus une illusion, mais une révélation par ses règnes naturels, ses montagnes, ses mers, par ses éléments et par les activités de certaines Puissances cachées, dont ils aspiraient à connaître les lois.

Certains Oracles avaient été transplantés d’Atlantide en Égypte, notamment ceux qui avaient pour origine les Mystères de Mercure. Ceux de Vénus y étaient aussi représentés. Un nouveau germe de civilisation fut aussi implanté dans le peuple égyptien, grâce à un Grand Instructeur, réincarnation du grand Zoroastre lui-même, auquel on a donné le nom d’Hermès. Sous son influence les Égyptiens observaient le monde sensible pour y retrouver les lois de l’esprit, tout en n’ayant qu’une vision très limitée du monde spirituel. On ne pouvait donc pas leur présenter celui-ci comme leur étant accessible dès leur vie terrestre. Mais on pouvait leur faire comprendre que dans l’état incorporel qui suit la mort, ils seraient en contact avec ces mêmes Esprits qui, pendant leur vie terrestre, se manifestaient sous des réalités physiques. Et plus les hommes, pendant leur vie terrestre, agiraient conformément aux vues de ces Esprits, plus ils seraient, après leur mort, unis au Grand Esprit Solaire, à Osiris.

Les Chaldéens et les Babyloniens étaient encore plus centrés sur le monde sensible que les Égyptiens. Ils étudiaient les lois du monde et contemplaient les archétypes spirituels à travers leurs images terrestres. Mais, en général, à l’exception de leurs dirigeants qui arrivaient à une authentique et profonde connaissance des lois du monde suprasensible, la masse s’en tenait au domaine des sens.

Toute autre était la situation dans le sud de l’Europe et de l’Asie Mineure où devait s’épanouir la quatrième civilisation gréco-latine, composée d’émigrants venus de tous les coins du monde et où survivaient des sanctuaires issus des nombreux Oracles de l’Atlantide. Certains hommes, par atavisme, conservaient des restes de l’antique clairvoyance, tandis que d’autres pouvaient la récupérer facilement par une discipline appropriée. Des Instructeurs, successeurs dignes des anciens initiés, possédaient encore les traditions et attiraient à eux des élèves qu’ils guidaient vers les hautes sphères de la clairvoyance spirituelle. Ce peuple était en outre capable de créer des formes sensibles aptes à reproduire dans le monde physique les qualités de l’essence spirituelle. C’est tout l’art grec qui en découle, entre autres, les Temples grecs, « la demeure de l’Esprit ». Leurs architectes rendaient visibles ce que perçoit l’œil du voyant. Les poètes possédaient dans leur âme les trésors de la sagesse antique et les philosophes habillaient d’idées et de concepts les doctrines des initiés. Les Grands Instructeurs hindous, les disciples de Zoroastre et les sectateurs d’Hermès, venus des sanctuaires d’Asie et d’Afrique, recrutaient des élèves parmi eux. Ils fondèrent des sanctuaires et firent revivre les anciennes leçons sous des formes nouvelles. Les sanctuaires grecs les plus importants furent ceux d’Eleusis et des Mystères Orphiques et l’École de Pythagore résumaient toute la sagesse des temps antérieurs.

Pendant l’ère post-atlantéenne, plus l’homme s’attachait à l’univers sensible, plus grande était l’influence d’Ahriman au cours de sa vie terrestre, et sa tyrannie après la mort. Les peuples de l’Inde antique qui considéraient la vie comme une illusion, se libéraient de la puissance d’Ahriman après leur mort, mais il n’en était pas de même pour les Perses qui avaient grand intérêt pour les choses terrestres. Heureusement pour eux, Zoroastre leur avait inculqué la notion du Dieu-Lumière et leur avait fait comprendre que, derrière les choses physiques, se cachait l’univers des Esprits de Clarté. Grâce à cela ils pouvaient échapper aux pièges d’Ahriman, dont l’action, dans le monde terrestre, consiste à considérer le monde sensible comme seul réel, et à amener les êtres à concentrer sur lui-même leurs propres intérêts. Ces hommes, après leur mort, se réincarnaient dotés d’un caractère essentiellement égoïste.

Chez les Égyptiens Hermès préparaient les hommes durant leur vie terrestre à leur communion future avec le Dieu-Lumière. Mais l’homme, étant allé dans une fausse direction, son regard après la mort demeurait trouble et sa perception confuse. Cela est d’autant plus vrai, que les Grecs, ayant cultivé presque exclusivement l’épanouissement harmonieux de l’être physique, leurs âmes étaient condamnées après leur mort à vivre comme des ombres. Les Grecs voyaient en effet l’au-delà comme peuplé d’ombres, ainsi que l’exprimait un de leurs héros : « Mieux vaut être un mendiant sur terre, qu’un roi dans le royaume des ombres ! ». Leurs prières s’adressaient à des images, plutôt qu’à des archétypes spirituels. Cette prise de possession du monde physique à l’époque post-atlantéenne, rendait les hommes étrangers au monde spirituel, car la grandeur dans certains domaines va inévitablement de pair avec une décadence dans un autre.

Néanmoins dans les mystères les initiés, successeurs de ceux des Oracles atlantéens, dans des états de conscience particuliers, ils recevaient des révélations du monde spirituel de ce que Lucifer et Ahriman leur avaient caché, Lucifer cachant à l’homme toutes les forces spirituelles qui, sans son intervention, se seraient déversées dans son corps astral au milieu de la civilisation atlantéenne. Et si le corps éthérique n’avait pas été indépendant du corps physique, l’homme aurait pu percevoir cette partie du monde spirituel comme une expérience intérieure de l’âme. Dans des états de conscience anormaux les entités du monde spirituel lui apparaissaient sous des formes uniquement constituées des éléments supérieurs de la nature humaine.

Quant à l’intervention d’Ahriman, elle eut pour effet de voiler toute cette partie du monde spirituel qui serait apparue derrière la perception extérieure. Si malgré cela tout a été révélé aux initiés, c’est parce que ceux-ci s’étaient exercés à développer dans leurs âmes toutes les facultés acquises par l’homme à un degré beaucoup plus intense qu’il est nécessaire pour la perception sensible. Les forces créatrices qui agissaient dans les règnes inférieurs à l’homme, se révélaient dans les mystères sur Saturne, le Soleil et la Lune. C’était ceux sur lesquels Ahriman avait la haute main.

Quant à ce qui a donné naissance aux « Ames de Sensibilité », « d’entendement et de conscience », on en parlait dans le mystère de seconde catégorie.

Mais ce qui était prophétisé dans les Mystères, c’était l’arrivée future d’un homme doté d’un corps astral dans lequel, en dépit de Lucifer, la lumière de l’Esprit Solaire pouvait devenir consciente par l’intermédiaire de son corps éthérique, sans que l’âme dût passer par des états particuliers. De même cet homme posséderait un corps physique capable de lui révéler tout ce que Ahriman cachait du monde spirituel avant la mort physique. Pour un tel être la mort ne change rien à la vie, elle est sans pouvoir sur celle-ci, car la vie physique est totalement spiritualisée. Les initiés prédisaient ainsi dans le Mystère la venue du Christ.

Le plus remarquable de ces prophètes apparut chez les Hébreux, héritiers des doctrines des peuples de l’Asie Mineure et de l’Égypte, Moïse. Son initiation avait si profondément pénétré dans son âme que l’Être qui réside derrière les forces de la nature, se révélait à lui. Dans l’éclair et le tonnerre il percevait la parole de l’Esprit et voyait le surhumain descendre dans l’humain sous la forme du Moi. Ainsi celui qui devait venir se dévoilait à Moïse comme la plus haute expression du Moi.

Avec le Christ parut sur la terre le Grand Être Solaire lui-même, apportant à l’homme le suprême modèle de la perfection terrestre. Jadis la sagesse des Mystères était d’élever l’homme à un état d’âme lui permettant de contempler le Royaume de l’Esprit Solaire en dehors de l’évolution terrestre. Désormais, la tâche des Mystères fut de préparer l’homme à reconnaître dans le Christ cet être originel, centre de toute sagesse, éclairant le monde de la nature et de l’esprit. Désormais était dispensé à l’évolution humaine la capacité de recevoir la sagesse. Au moment où le mystère du Golgotha s’accomplit, l’humanité reçut l’aptitude de transformer l’influence d’Ahriman en bien. L’homme peut maintenant emporter avec soi au-delà de la mort, ce qui le libère de tout isolement dans le monde spirituel. L’événement de Palestine est le centre de l’évolution humaine, aussi bien dans le monde physique, que dans les autres mondes, dont il fait partie. Lorsque la mort sur la Croix fut achevée, le Christ apparut dans le monde où séjournaient les âmes après la mort, mettant des bornes à la puissance d’Ahriman. Un éclair illumina « le domaine des ombres », projetant la clarté dans le monde spirituel.

Si l’évolution de l’humanité post-atlantéenne portait sur le monde physique et faisait reculer sa perception du monde spirituel, depuis l’avènement du Christ, les hommes qui s’élevaient jusqu’aux Mystères, pouvaient emporter du monde physique ce qu’ils avaient acquis ici-bas et, en se réincarnant ils rapportaient avec eux ce que l’impulsion du Christ était devenue pour eux dans leur existence spirituelle entre la mort et une nouvelle naissance.

Le Christ a planté un germe qui ne peut mûrir que lentement. Seule une partie infinitésimale a pu pénétrer jusqu’à présent dans l’existence physique. Les hommes n’ont pu en intégrer que ce qu’ils étaient capables de recevoir. La première forme de cette sagesse est celle d’un idéal de vie.

Nous avons vu les conditions dans lesquelles l’humanité s’est développée depuis que la terre s’est repeuplée à l’ère lémurienne et que les hommes remontent par leur ascendance physique à des entités diverses, venues des autres planètes, et qui se sont incarnées dans des enveloppes corporelles des anciens Lémuriens. Les différentes races humaines sont les fruits de cette descendance. Et dans ces âmes réincarnées se sont manifestés, selon leur Karma, les intérêts les plus divers. Il ne pouvait donc y avoir d’idéal commun à toute l’humanité. L’humanité, à l’origine, est issue de l’unité, l’évolution passée l’a conduite à la séparativité. Dans l’image du Christ, un idéal contre cette séparativité nous est donné car, dans l’homme qui porte le nom de Christ, vivent aussi les forces du Grand Être Solaire dans lequel chaque être humain trouve son principe originel.

Les Hébreux considéraient encore l’individu qu’en tant que membre de leur peuple. Et comme Jésus-Christ au début incarnait l’homme idéal placé au-dessus de toutes les causes de séparativité, le Christianisme fut la doctrine de la fraternité universelle, le Moi profond de tout homme ayant la même origine : « Moi et le Père sont un ».

Au IVe, Ve et VIe siècle de notre ère, se prépara une civilisation dont les débuts se situent au XVe siècle et dans laquelle nous vivons encore. C’est celle de la cinquième époque post-atlantéenne. Les peuples qui, après des émigrations et des avatars sans nombre sont devenus les protagonistes de cette époque, étaient des descendants des Atlantes, restés autant que possible à l’écart de l’évolution qui s’était déroulée depuis la ruine de l’Atlantide. Beaucoup d’hommes parmi eux avaient hérité de cette clairvoyance crépusculaire liée à un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. Ils pouvaient décrire ce qui se passe dans les régions spirituelles. C’est ainsi qu’est né tout un monde de légendes, dont l’origine se trouve dans les expériences faites dans le domaine de l’esprit. Car une clairvoyance dans ce genre s’est perpétuée jusqu’à des époques qui ne sont guère éloignées de la nôtre. De même les Oracles atlantéens avaient leurs continuateurs dont la tâche principale consistait à révéler le monde spirituel qu’Ahriman avait tenu caché. Le reste des mystères est conservé dans les mythologies des peuples européens. Ces mythologies continuent sous un aspect plus confus ce que connaissaient les peuples du Midi et de l’Orient. L’Europe avait aussi conscience des entités surhumaines, mais elle les voyait en lutte constante avec les compagnons de Lucifer. Et si l’on annonçait le Dieu-Lumière, c’était sans affirmer qu’il dût un jour triompher de Lucifer. Pourtant la figure du Christ brillait dans ces Mystères.

De ces influences sortit une espèce de dualité, une face tournée vers l’existence physique, l’autre ouverte à la révélation spirituelle. Cette dualité dure encore maintenant. L’âme conserve des anciens temps une aspiration vers le spirituel, mais pas assez forte pour maintenir le contact entre les deux mondes. Ce qu’on appelle aujourd’hui le conflit entre la science et la foi n’est qu’une conséquence de cet état de chose. Les facultés humaines, dont le cerveau est l’instrument, ont été uniquement appliquées à la vie extérieure. Or cette civilisation matérielle ne pouvait naître que chez les peuples européens, car parmi les descendants d’ancêtres atlantéens, ils étaient les seuls à ne pas avoir transformé en facultés intellectuelles leur attrait pour le monde physique, que lorsqu’ils eurent atteint une certaine maturité. Auparavant ils vivaient sur les restes de la clairvoyance antique et sur les communications des initiés. Et lentement mûrissait la capacité de soumettre le monde physique.

A l’heure actuelle l’aube de la sixième époque post-atlantéenne s’annonce déjà. Ce qu’il faut commencer dès maintenant, c’est de découvrir le lien qui doit unir dans le cœur des hommes la civilisation matérielle et le monde des Esprits. Pour ce faire il faut d’une part que les données de la vision spirituelle soient comprises et, d’autre part, que soient reconnus comme des manifestations de l’Esprit, les résultats des observations et des expériences faites dans le monde sensible. La sixième civilisation devra réaliser pleinement l’accord entre ces deux activités de l’âme.

(à suivre)

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