Evelyn De Smedt : L’astrologie


11 Jun 2015

(Revue Question De. No 55. Janvier-Février-Mars 1984)

Affinités, correspondances, analogies, entre­mêlements d’un rythme céleste et d’un ryth­me terrestre… Tremblement de myriades d’étoiles, dessins et formes, silence vibrant de la nuit… Chinois, Chaldéens, Grecs, Égyp­tiens, Aztèques ou Mayas, Arabes et Juifs, croyaient à l’influence des astres sur le destin des hommes et des événements. Du haut de leurs tours ou de leurs montagnes, ils avaient essayé de déchiffrer les mouvements et les signes du ciel noc­turne. Les luminaires du firmament, ces dieux loin­tains et glacés, suivaient leur propre et implacable logique mathématique et les hommes qui s’agitent sur notre terre, créatures dérisoires face au cosmos, devaient leur être soumis. Par l’observation de ce qui est en bas comme de ce qui est en haut, les mages décou­vrirent une science initiatique, la plus vieille de toutes, l’astrologie, ou discours sur les astres.

Aujourd’hui en Inde, on échange encore avant de se marier, des horoscopes qui tiennent lieu de bulletin de naissance, car on se méfie, plus que de l’humeur, des in­compatibilités du destin.

Aujourd’hui, les journaux occidentaux à grands tirages ont tous leurs pages astrales. Les gens qui s’intéressent à ces pages ont l’impression en les lisant de se sentir soutenus, comme si, en ces quelques lignes, celui ou celle qui est né sous tel ou tel signe recevait un message du ciel : attention, le 18 est mauvais pour vos amours ; le 12, ennuis d’argent, mais un être cher (ou un inconnu) vous consolera (ou secourra) ; le 24, ennuis intestinaux, mais le 26 vous ferez de grands projets ; le 27, dispute, mais le 30 la chance est là.

POUR UNE COSMOBIOLOGIE

Aujourd’hui, la cosmobiologie nous apprend que l’uni­vers est régi par un vaste champ électromagnétique, que la gravitation lunaire provoque les marées, que le cer­veau humain et le système nerveux sont des semi-conduc­teurs, de vrais transistors. Le professeur américain Lie­ber dit : « Je pense que nous allons finir par montrer que tout organisme (humain, animal, végétal ou minéral) est une parcelle intégrante de l’univers et réagit à des modifications telles que les variations du cycle solaire et du cycle humain. » Ce même savant fait remarquer que le corps humain et la croûte terrestre sont compa­rables par leur composition : 80 % d’eau et 20 % de minéraux. Quoi d’étonnant alors à ce que l’être humain soit soumis aux mêmes lois que son environnement cosmique ?

Qu’en est-il de l’astrologie dans tout cela ? Supercherie ? Oui, dans la façon dont elle se trouve répandue. Lan­gage symbolique qui codifie une réalité de chaque ins­tant ? Oui, si elle est bien comprise ; car finalement, issue de la projection des terriens sur le canevas mou­vant mais rythmique des astres, l’astrologie appartient aux archétypes originels de l’humanité.

Moins que jamais, nous n’avons le droit de rejeter le legs du passé ; il nous faut nous en servir, en trouver les vérités et les aberrations, adapter ce savoir à celui du temps présent et à venir, en visant avant toute chose, une synthèse permanente qui nous permettrait d’aller de l’avant, de comprendre et de connaître plus…

Un thème astral ou carte du ciel est une représentation graphique, élaborée au moyen de calculs complexes et minutieux, des composantes astronomiques et astrologi­ques qui avaient cours lors de cet instant et à ce lieu précis : la situation du vaisseau spatial Terre par rap­port aux planètes de notre système solaire et par rap­port au zodiaque.

Le zodiaque se retrouve dans presque toutes les tradi­tions du monde, c’est le symbole le plus universellement répandu, la grande roue de la vie (du grec zoe : vie, et diacos : roue). On le retrouve dans l’image du serpent se mordant la queue. Méditer sur le zodiaque (Voir : le Zodiaque de Senard, Ed. Traditionnelles) est une pratique inépuisable, car il représente les multiples fa­cettes que l’on peut découvrir dans les personnalités humaines. À l’instar de la science l’astrologie considère, en un autre langage, les astres comme des « centres d’énergie radiants » qui influencent le milieu du macro­cosme au microcosme : ainsi a-t-on pu établir une loi des correspondances universelles et des relations entre les divers et multiples éléments constituant le tout. La pulsation de la naissance et de la mort, de l’évolution et de l’involution, fonde le rythme du cours des choses ; tous les êtres se trouvent aussi soumis à la dualité : lutte entre volonté consciente et forces obscures incons­cientes, lutte entre désir et destin.

Les fluctuations sidérales inscrites dans la roue du zodia­que indiquent un schéma qui peut s’appliquer aussi bien à l’histoire de l’évolution humaine qu’à la destinée par­ticulière de chaque être.

COMPRENDRE LE DESSIN DE LA VIE

Comme l’année solaire avec ses jours et ses mois, le zo­diaque est divisé en 360 degrés, et douze signes. Les li­gnes de rayonnement qui tracent les divisions de la roue du zodiaque représenteraient le courant des énergies et le trajet des forces créatrices ou destructrices de la vie. Les « signes » placés autour de cette roue symbolisent les caractéristiques des douze énergies essentielles. Les quatre premiers signes correspondraient à une naissance à la vie physique, les quatre suivants à l’émergence de la personnalité et de la pensée-volonté, et les quatre derniers à la naissance de l’intuition-identification à la réa­lité. Du Bélier aux Poissons le cycle tourne…

D’ailleurs, à l’intérieur de chaque journée, comme de chaque année, est inscrite la succession des douze si­gnes, la rotation complète de la Roue de la Vie : chacun ressent, expérimente et exprime à sa façon l’intégralité de la rosace : s’il en prend conscience, chance lui est donnée de se libérer des déterminismes aveugles qui fe­raient de son existence un destin soumis à une loi exté­rieure et contraignante. Une pratique et une étude appro­fondie de l’astrologie, sans but ni esprit de profit, peut être un premier pas dans le chemin de la recherche inté­rieure. « Un horoscope, lorsqu’il est bien lu, donne la possibilité à chacun de comprendre le dessin de sa vie. Il instruira mieux un homme du fait que son existence personnelle obéit aux mêmes lois rythmiques, cycliques, que les autres phénomènes naturels » (Henry Miller).