Maud Cousin : Le corps et l’eau


02 Mar 2010

(Revue Panharmonie. No 174. Novembre 1978)

Le titre est de 3e Millénaire

Compte rendu de la rencontre du 1.6.1978

Suivant Steiner, nous avons parlé de nos différents corps. Les éléments minéraux, matériels de notre corps physique correspondent à la pierre, à la matière dont nous sommes bâtis, la glaise. Mais ensuite il y a toute la partie croissance, vie. Or on peut dire que l’élément de base de la vie, c’est l’eau. Aucune vie — en tant que vie active — n’est pratiquement possible sans eau, c’est une substance absolument vitale : tous nos échanges se font dans un milieu aqueux, que ce soit dans nos cellules, entre elles, dans notre sang, la lymphe, nos absorptions. Sans eau, on ne peut vivre que quelques jours. L’eau entre pour 67 % dans le poids de notre corps. La salive, les sucs digestifs, l’urine, sont composés d’eau à 99 %.

Lautié a écrit dans « L’eau que nous buvons », que l’eau, malgré sa formule simple H2O, était en fait un mélange très complexe avec des molécules simples polymérisées (avec un mélange très divers de substances). Sa densité maximum est à + 4°, ce qui explique la flottaison de la glace, phénomène extraordinaire, car si les Iceberg et autres glaces tombaient au fond de l’eau, tout ce qui y vit ne pourrait survivre. Il n’y a qu’une forme de cristallisation parmi les nombreuses qui est plus lourde que l’eau et qui y tomberait. En général, au moment de la cristallisation, l’eau se dilate en glace. Les cristaux de neige ont une forme variée et complexe.

L’eau devrait être pratiquement en état de gaz. Bien que sa formule soit plus simple que celle de l’alcool éthylique (qui bout à 64°), du propanol (97°), du butanol (117°), elle part en vapeur bien moins facilement que prévue. Autrement dit, grâce à ses particularités on a de l’eau et non du gaz. De plus elle se décompose partiellement en une certaine quantité de ions O, H et H, ce qui fait qu’elle est toujours polarisée à la fois avec des ions plus et des ions moins. Cette ionisation permet la vie, presque toutes nos réactions chimiques se faisant dans l’eau.

L’eau pure est agressive : elle dissout les roches précisément grâce aux ions. C’est un solvant des choses minérales et aussi des alcools et, entre autres, du pétrole.

On dit que le pétrole en Bretagne est en train de tomber au fond de l’eau. C’est ennuyeux, les plantes, les animaux vont en absorber, ce qui n’arrange rien. Cette ionisation permet le passage de l’eau à travers les membranes cellulaires. La température intervient aussi. L’eau est d’une viscosité relativement élevée par rapport à celle des carbures. Cette viscosité permet à l’eau d’avoir une force d’absorption très grande dans les plantes où la sève monte par les capillaires.

La glace a besoin de beaucoup de calories pour se transformer en eau, ce qui permet de régulariser la température. Il faut de même beaucoup de calories à l’eau pour se vaporiser. Finalement l’eau constitue un tampon très très important, autrement dit, c’est un liquide extraordinaire dont il est difficile de connaître les réactions avant de les avoir expérimentées. L’eau lourde, contenant de l’hydrogène deux fois plus lourd — se trouve dans toutes les eaux normales. En petit dose, il semble qu’il ne faille pas la retirer, car c’est un stimulant.

L’eau a modelé notre globe terrestre par les orages, ouragans, raz de marées, par les effets mécaniques de la masse, du poids, par les glaciers qui apportent aussi une forme d’érosion. Tout notre entourage, de même que notre intérieur, sont façonnés par l’eau. Notre cellule est pleine d’eau comme tout ce que nous mangeons : abricots 80 % ; dates 24 à 33 % ; ananas 75 % ; banane 57 à 71 % ; figue fraîche 84 % ; figue sèche 1 ou 2 %. Si donc nous mangeons beaucoup de fruits, nous n’avons pratiquement pas besoin de boire. L’eau de ces fruits, comme notre eau intérieure n’est pas à base d’eau pure. L’eau distillée ferait presque éclater ce qu’il y a dedans. Lors d’injections de sérum isotonique, il faut mettre 7 g de sel pour mille. Actuellement l’eau de mer est plus concentrée que notre milieu intérieur, parce que nous sommes sortis du milieu marin depuis un certain temps.

Le sel est en majorité fait de chlorure de sodium, mais il contient aussi des sels minéraux autres, tel que le magnésium, le fer, l’iode, etc., sous forme d’oligo-éléments. Pour régénérer l’eau, on peut y mettre un tout petit peu de sel afin de la vivifier. L’eau distillée donc pure, manque de sels minéraux et ne désaltère pas. Bombard a fait des essais en tant que naufragé volontaire : trop d’eau de mer nous ferait nous concentrer trop ? Quand on transpire, une partie du sel s’élimine avec l’eau. L’évaporation due au soleil donne la vapeur pure. L’eau de pluie qui n’a pas passé dans une atmosphère trop chargée d’ions, de poussière, de carburant, est pure.

En fin de compte, l’idéal de la santé, ce n’est pas d’avoir une eau très pure. En homéopathie, les dilutions de Korsakoff ont été supprimées parce que jugées pas assez pures. A présent les flacons sont changés après chaque dilution, tandis que dans la méthode précédente on n’utilisait qu’un seul flacon. Biologiquement celle-ci était très valable car la substance devenait de moins en moins matérielle, agissant à la fois sur la partie un peu matérielle du corps, sur la partie fonctionnelle et sur la partie psychique, la moins matérielle. On a re-compris que la vie est quelque chose de complexe !

Je pense que, plutôt que de prendre de l’eau un peu douteuse, il est préférable de manger des fruits et des légumes. Dans les pays chauds où microbes et parasites pullulent, les fruits comme les pastèques, protégés par la peau, pouvant même être mis au frais, sont appréciables. Un fruit nous sustente bien, avec un travail digestif faible pour un rendement proportionnellement fort. La viande nécessite un gros travail de décomposition qui prend une bonne partie de l’énergie qu’elle avait procurée pour la désintoxication. Le bénéfice final n’est pas tellement plus grand. Il faut détruire les éléments pour se les approprier par la digestion, forme de destruction, facilitée parfois par la cuisson des aliments, ce qui est aussi une destruction. Les fruits ont l’avantage d’offrir presque le bénéfice d’une cuisson.

L’eau fraîche se conserve relativement bien, les microbes ne s’y multiplient pas beaucoup, ce qui ne signifie pas qu’il faille boire glacé. L’absorption du liquide ne se fera pas tant qu’il n’aura pas pris les 37° de notre corps. Si nous buvons beaucoup d’eau froide, notre température pourrait baisser, mais nous sommes un animal à sang chaud et tous nos mécanismes régulateurs sont faits pour nous maintenir vers 37°. Nous essayons de nous refroidir par la circulation, la transpiration. Une température trop basse nous ralentit. Des personnes, actuellement envisagent de se faire refroidir pour vivre plus longtemps ou pour revivre plus tard. Les animaux qui se refroidissent ont justement une vie ralentie en hiver. Par là ils n’ont pas besoin de consommer de la nourriture et n’ont pas besoin d’aller en chercher à un moment où elle est rare.

Une boisson chaude désaltère en principe davantage qu’une boisson froide.

Les Américains ont le plus de réformés au service militaire du fait de leur mauvaise santé. Ils boivent très froid et il paraîtrait que trop de choses glacées brûlent l’estomac et favorisent les ulcères, peut-être même à la longue les cancers. L’excès de chaleur ne vaut d’ailleurs pas mieux.

Nous éliminons en moyenne 2700 à 2900 cm3 d’eau par jour (selles, urines, sueur). Quand on vous dit de boire beaucoup, c’est en fonction de la composition de votre alimentation et je trouve que si vous mangez bien des fruits et des légumes, vous n’éprouverez pas de soif et il sera préférable de ne pas trop vous forcer à boire. Les médecins recommandent de boire un à deux litres par jour, S’il faut se forcer, ce n’est bon ni pour le cœur, ni pour la circulation, car l’eau entre d’abord dans la voie digestive, puis dans la circulation pour s’éliminer par les reins et fatigue ces organes, même si, moins concentrée dans les reins, elle évite des calculs, elle peut provoquer d’autres ennuis. Il faut boire en fonction de sa soif. Quand vous demandez à un alcoolique ce qu’il boit, il dira qu’il boit de l’eau de Vichy (ce qui signifie qu’il boit de l’alcool et que son foie est en mauvais état, alors que pour lui, l’alcool n’est pas de la boisson). Nous avons de l’alcool dans le corps par la décomposition des sucres, mais trop d’alcool monte au cerveau et est néfaste pour un système nerveux fragile : il tue, en détruisant les cellules. La preuve que l’alcool est contraire à la vie et qu’il tue, c’est qu’on y met les tissus qu’on veut conserver. La cirrhose du foie rend cet organe scléreux, dur et gros, donc mal irrigué.

L’eau potable doit avoir un goût agréable, être aérée et ne pas contenir de particules animales, microbiennes ou de fermentations occasionnées par la putréfaction de produits nuisibles. Lors d’analyses, les nitrates sont signe de décomposition de chair animale et les colibacilles, de la proximité de fosses d’aisance. Il y a toujours un peu de germes en nous, la tolérance est d’un millier. On attribue à l’eau sa lourdeur au fait qu’elle est privée d’air. C’est faux : elle ne perd que le gaz carbonique et un certain nombre de gaz marins qui, avec des produits marins ont occasionné d’autres composés qui eux, sont lourds. Le matin à jeun, un peu d’eau pure est recommandée pour entraîner ce qui a tendance à la constipation. C’est bon aussi avant les repas. Si l’on a une digestion difficile il est mieux ne pas boire pendant les repas, de même que pour maigrir, afin d’éviter que le tube digestif soit noyé dans l’eau. Il est bien d’insaliver les aliments. Les habitants d’une région sont souvent immunisés à une eau qui peut ne pas réussir aux nouveaux venus. Si l’on ajoute du sel, ne pas dépasser 5 g par litre. L’eau courante est jugée préférable du point de vue chimique, mais pas forcément du point de vue microbien. Comme pour les fruits, c’est la qualité qui importe, plus que la durée et les conditions de transports, bien que le plastique et même le verre ne soient pas toujours recommandables. Les Romains avec leurs aqueducs en pierre avaient trouvé ce qu’il y a de mieux.

Les barrages construits sur le Nil sont préjudiciables aux tombeaux et aux momies, car ils ont transformé le climat de ces régions. Tout était déshydraté, donc sans champignons, or il y en a à présent et cette destruction, propre à la vie, engendre un perpétuel renouvellement, bien qu’il y ait une permanence dans la nature. On a dit que rien ne se détruit et que tout se conserve, que tout se dégrade aussi. Ce n’est pas vrai : tout se transforme, car notre énergie vient du soleil qui « re-grade » l’énergie. Il y a tout un cycle de transformations. Il est certain que dans la matière il y a un apport de quelque chose d’inerte. Mais le seul fait que cela bouge prouve une sorte d’énergie. C’est assez subtil, une sorte de magie. Dans l’élection il y a de l’énergie, il y a des forces comme partout. Je ne sais pas si la partie subtile augmente par rapport à la partie matérielle. Dans le monde, en général, on observe des phases de contractions et des phases de dilatation. Du fait de la concentration nous sommes, je crois sur la voie de retour : l’intérêt pour les choses de l’esprit croît, alors que les choses matérielles sont arrivées à leur apogée.

Depuis la bombe atomique, l’intérêt est mis sur les forces de la nature. Il semble que dans les électro-encéphalogrammes ou autres ce qui s’inscrit soit dû à la décomposition d’atomes ; signe d’énergies dans la nature. C’est le processus employé en homéopathie ; il mène de plus en plus vers le phénomène de libération et de recharge énergétique. Le tout est de ne pas agir trop violemment pour ne pas tout détruire.

Ce qu’il y a de dangereux dans les centrales à base atomique, ce sont les déchets. Le problème grave est celui de la résorption des déchets.

L’eau potable est purifiée par les ultra-violets, par la verdunisation, par l’eau de javel en petite quantité. L’argent est un bon désinfectant. Des essences comme le thym, le romarin, régénèrent l’eau. Le microbe, être à la limite du visible, peut se manifester sous forme de coque (pneumocoque, etc.) ; il vit sur quelque chose, il a des propriétés résistantes et assez instructives. Pour lui, l’eau pure n’est pas nutritive, mais le lait est un milieu remarquable. Nous avons besoin d’avoir des microbes dans des limites connues, sinon nous sommes la proie de la septicémie, de la colibacillose, etc. Après les antibiotiques, il faut réensemencer le tube digestif. La vie est une perpétuelle défense, heureusement nous avons des défenses naturelles.

Autrefois on construisait les villes le long des rivières qui étaient aussi des moyens de transport. Cela ne remplaçait pas les sources qui jaillissent principalement dans des endroits argileux. C’est évidemment ce qu’on peut avoir de mieux, si les sources ne sont pas polluées.

Ce qui importe actuellement c’est de favoriser la restauration du sol. Quand l’eau manque il y a des épidémies et quand il y a des raz de marées, des tremblements de terre, des tas de gens meurent et bien des choses sont détruites. L’Apocalypse a prévu tout cela, elle est faite de visions qui correspondent à la réalité. La période que nous vivons actuellement est une période de fin des temps où on est en train de tout démolir. Puis il y aura un nouveau départ.

Une participante déplore les abus sexuels de nos jours. Il faudrait apprendre aux gens que la sexualité ne sert pas à vivre, mais à survivre et que pour cela il faut qu’il y ait des enfants, mais pas trop.

Dr Cousin : C’était bien pire autrefois, il y avait encore bien plus d’enfants, mais il se faisait une sélection naturelle, beaucoup ne survivaient pas. Nous, à présent, nous empêchons la sélection naturelle à la suite de laquelle les survivants étaient beaucoup plus solides. Dans les pays pauvres, c’est une joie d’avoir des enfants, ils représentent une richesse, c’est une bénédiction des dieux. Les gens trop bien nourris ne sont pas fertiles. Je dirais même que c’est une défense de la nature que de multiplier les enfants quand les conditions de vie ne sont pas bonnes, pour que, malgré la mortalité élevée, ils puissent se perpétuer. Il ne faudrait pas croire que les gens sont plus malheureux dans le tiers-monde. C’est dans les pays les plus riches qu’il y a le plus de suicides. Exemple, la Suède, pays le plus avancé socialement.

Puis on parle des méfaits de l’alcoolisme, avant de reprendre le thème de l’eau.

Une participante : Est-ce que, actuellement, il y a assez d’eau potable sur le globe pour que chacun puisse avoir au moins une douche par jour et laver ses vêtements ?

Dr Cousin : Pas en ce moment. Dans la nature, en Inde par exemple, où il y a des bassins dans lesquels se baignent les gens, il y a des fontaines partout où ils peuvent se laver et faire leur lessive. Lorsque, après la mousson, l’eau est toute ocre, cela est dû à l’argile, L’argile désinfecte. La sélection naturelle est bien mieux que ce que nous faisons en prolongeant les mourants et en remplissant les hôpitaux.

Une participante : Les gens ont souvent une certaine responsabilité envers leur misère. Alors il faut les aider humainement, plus que par des lois. Car les meilleures lois ne valent rien si les gens n’ont pas des qualités humaines.