Léo-Georges Barry : Le fondement génétique de la langue naturelle


14 Apr 2012

(Revue Epignosis. No2 Cahier 2. Octobre 1983)

Les lois et la structure du vivant se prêtent à une analyse qui se focalise sur un centre d’intérêt dont l’importance théorique fondamentale scientifique, épistémologique, éthique et économique ne cesse de croître depuis la mise en évidence du code génétique et des phénomènes qui y sont attachés. Il devient presque banal de dire que la grande révolution scientifique qui s’annonce aura pour base la compréhension du phénomène vivant dans sa globalité. Dans cette perspective, le code génétique, par son universalité (vérifiable de la bactérie à l’homme), permet un approfondissement difficile car devant le tableau du code génétique les scientifiques se trouvent dans une situation analogue à celle dans laquelle se trouvaient les chimistes devant le tableau de la classification périodique des éléments de Mendeleieff avant que la structure de l’atome ne soit élucidée. En effet, une classification peut apporter un ordre nouveau qui se manifeste par une nouvelle lecture ; ordonner les éléments suivant leur masse atomique conduisit à faire apparaître la périodicité des propriétés chimiques que la théorie atomique clarifie aisément. Or, le code génétique est fondé sur une hypothèse toute simple : Gamow avait proposé l’idée fondamentale de combinaisons de triplets constitués par les 4 bases puriques et pyrimidiques. L’exigence de la présence de 20 acides aminés, dont les combinaisons constituent les peptides et les protéines, fixa le tableau du code génétique en prenant en compte cette redondance : il y a 64 codons (soit 43) pour 20 acides aminés d’où l’affectation de un ou plusieurs triplets par acide aminé : les biochimistes parlèrent de dégénérescence du code, ce terme péjoratif ne fit pas l’accord des scientifiques et, à la lumière des travaux proposés par cette étude, il semble, au contraire, en fonction d’une nouvelle lecture du code génétique que la compréhension du problème de l’affectation des codons aux acides aminés n’est pas celui de la dégénérescence, mais plutôt celui d’un ordre plus riche, plus structuré et surtout signifiant. Dans une note à l’Académie des Sciences un principe d’organisation logarithmique du code fut communiqué par P. Gavaudan à partir d’une étude sur la redondance du code fondée sur la considération suivante : le premier nombre étant celui des acides aminés et le second celui des triplets, ces derniers sont dénombrés en les groupant de la manière suivante selon une suite 2 x 1, 9 x 2, 1 x 3, 5 x 4, 0 x 5, 3 x 6 triplets par groupe codant un même acide aminé. Cette distribution n’est pas quelconque, c’est ce qu’il faut retenir, car une nouvelle lecture du code s’impose alors. Considérons le tableau devenu classique : la lecture habituelle se fait horizontalement pour lire les codons : par exemple, nous lirons les deux codons qui correspondent à la phénylalanine UUU, puis UUC. Or, je propose une lecture globale (U+U+U) + (U+U+C) notée U5C1 en additionnant les bases respectives; nous appelons le lecton de la phénylalanine cette notation, (1,5) étant les indices lectoniques.

 

Le code génétique

 

La colonne de gauche montre le nucléotide en 5′ (1er), la ligne du haut le nucléotide du milieu (2e), et la colonne de droite la base en 3’0H (3′).

ASPN = asparagine   GLUN = glutamine

    ASP = acide aspartique  GLU = acide glutamique

 

Par exemple :

Tryptophane    – lecton = U1G2

Valine              – lecton =U5G5A1C1

Glycine            – lecton = G9C1U1A1

etc… Le lecton caractérisant de façon numérique les acides aminés.

 

Première remarque : les indices lectoniques utilisés dans le code sont : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, où 7 est absent ; de plus nous avons la possibilité de les considérer comme des diviseurs de 360, ce qui autorise d’autres développements. Une remarque importante est que la somme des indices lectoniques d’un lecton d’acide aminé est de la forme 3P avec P = 1, 2, 3, 4, 6 (au maximum 3P = 18) ; cette multiplicité suggère un ordre lié à des états moléculaires au sein de l’ADN où chacune des bases du triplet a une orientation dans l’espace et des interactions sur les deux autres, au fur et à mesure qu’augmente le nombre d’interactions. Les physiciens ont déjà rencontré une situation comparable, dans la théorie atomique, avec les nombres quantiques qui caractérisent des degrés de liberté. Je propose, sur cette base, une vision analogue à celle de la théorie physique dans laquelle des états et des niveaux d’énergie sont à prendre en considération.

 

Dans le tableau suivant :

I                        II

0 0                 n n

0 1                 n n

1 0                 n n

1 1                 n n

1 0 0                n

1 0 1                n

1 1 0                n

1 1 1                n

 

– verticalement, la partie I correspond à la suite des nombres entiers écrits en langage binaire ; la partie II correspond à l’indice lectonique n qui prend les valeurs calculables selon la formule donnée ci-après.

– horizontalement : la lecture des indices tectoniques se fait selon la formule additive, par exemple, pour la première ligne : 0 + 0 + n + n = 3P avec P = 1, 2, 3, 4, 5, 6 successivement (d’où l’on tire la valeur de n).

Exemple 7ème ligne : n = 3P – 2 où P = 1 donc n = l, qui fournit entre autres le lecton de la méthionine, puis P = 2 donne n = 4 qui fournit le lecton de l’asparagine. Les valeurs fractionnaires de P seront écartées, ainsi que 7 et les valeurs de n obtenues supérieures à 9.

Il s’en suit un nouveau tableau du code génétique avec, par exemple, n pour les colonnes et P pour les lignes ; avec des cases qui contiennent les lectons donc les acides aminés correspondants. Ici encore, comme dans le cas de la classification périodique des éléments de Mendeleieff, les propriétés chimiques voisines apparaissent dans les cases (caractères chimiques de chaînes latérales des acides aminés). Mais la première leçon qui découle de la théorie lectonique est que l’affectation de chaque  codon est expliquée : on ne peut plus parler de dégénérescence du code et pour l’avenir il reste encore beaucoup à faire, car nous n’avons donné que l’ordre indifférent des indices lectoniques, la compréhension totale est à l’horizon pour qui viendra achever ce qui est entrepris. Un ordre profond règne dans l’ADN, ordre non seulement numérique et chimique mais encore au niveau du sens suivant des développements possibles que je propose : la parole est à la physique et à la chimie structurale, le problème des orientations des bases dans l’espace au sein de l’ADN devient en 1982 d’un intérêt croissant après les remarquables travaux de Klug (prix Nobel 1982) en cristallographie. A plus ou moins large échéance la pharmacologie des peptides devrait bénéficier de nouveaux modèles moléculaires en vue de la recherche de nouveaux composés biologiquement actifs. Mais l’ouverture vers des sciences apparemment éloignées de la biochimie est très prometteuse : en effet, la théorie lectonique peut enrichir la théorie de la forme ; le fondement de la philosophie comme de la science n’est-il pas à rechercher dans les lois de la perception ?

Je puis affirmer en ne donnant pour ne pas alourdir cet article que quelques clés permettant cependant une compréhension du problème, que la théorie de la forme peut recevoir une base génétique. Ce qui était soupçonné depuis longtemps par la Gestalt-théorie devient lumineux grâce aux lectons ! L’ordre génétique lectonique peut se déduire aisément de l’analyse de la perception de quelques formes prégnantes. Si nous envisageons, par exemple, les signaux du code de la route, il est frappant d’observer que l’heptagone ne figure pas parmi les signaux universellement utilisés et reconnus : ce serait d’ailleurs difficile pour l’œil d’identifier un polygone à 7 côtés par rapport à ceux de 6 et 8 côtés (la nature non plus ne fait que peu de place entre le nid d’abeille et l’octogone). En considérant les fréquences des indices lectoniques dans le code génétique, je puis établir aisément, grâce à l’hypothèse du triangle élémentaire appelé « percepton », unité de perception (forme sur fond), qu’un polygone régulier correspond par le nombre de ses côtés à chaque indice lectonique et qu’il peut recevoir une décomposition en perceptons -triangles, de telle sorte que celle-ci aboutisse à la figure fractale dont nous donnons un exemple pour le pentagone. Règle de génétique fractale : le nombre de perceptons présents dans la forme polygonale prégnante et fractale, est égal à la fréquence de l’indice lectonique qui définit le nombre de côtés de cette forme polygonale.

 

Les polygones obtenus sont ceux correspondant aux indices dont nous savons que ce sont des diviseurs de 360.

 

Nous rejoignons le monde des archétypes et de la numérologie, et les problèmes liés à la connaissance traditionnelle.

Fig. l. Les perceptons de la forme pentagonale

 

Le monde que nous percevons a-t-il organisé notre être biologique en l’informant ou bien le monde perçu n’est-il qu’une image du monde intérieur projetée par nos sens ? Une autre formulation reviendrait à se demander si le monde intérieur ne contient pas le monde extérieur dans sa totalité du point de vue de l’information. Ouvrons une parenthèse sur les ondes de forme la théorie lectonique pourrait fournir une explication des effets comportementaux dus aux formes car le relais biochimique est apporté à partir de la perception par les hormones, médiateurs, transmetteurs chimiques dont on sait que beaucoup sont des peptides qui agissent sur le comportement…

Mais c’est essentiellement sur le plan des recherches sur le langage que la théorie lectonique rencontre un domaine de prédilection car le problème du non-arbitraire du sens pourrait recevoir sa résolution grâce au livre intérieur dévoilé par 1a connaissance des lectons. Déjà Platon s’interrogeait sur le fait que le mot « cheval » ne correspondait pas à l’animal cheval et que l’on aurait pu lui affecter un autre animal ou objet sans inconvénient pourvu qu’il y ait accord avec la signification. Nous sommes à l’aube d’un accord portant cette fois sur le sens que permet de restituer la nouvelle lecture du code génétique. La langue naturelle, celle qui vient du corps par imitation des bruits et des cris d’animaux est la langue du sens, la langue juste, non arbitraire, qui fait la transition entre les sensations et le substrat biochimique. Notre corps est un « livre intérieur » où est inscrite la loi de la vie sur les chaînes d’ADN à la manière d’un livre ou d’un comptage. Les phénomènes qui en sont l’émission sonore obéissent à la loi du sens : la langue hébraïque grâce à sa structure en est une clé (Voir l’Appendice 1).

Présentons, à l’aide d’un exemple, le mécanisme de l’émergence du sens : lorsque l’homme adamique entendit le son du bruissement des ailes du papillon il reproduisit le son FR-FR qu’il associa à celui d’un tissu de soie que l’on froisse. Le support génétique de la perception et le système de codage que nous venons de décrire avec les lectons donne la solution, dans cet exemple : FR-FR est l’expression de la séquence lectonique 6-3- 6-3 du lecton de la sérine C6 A3 U6 G3, acide aminé qui a reçu ce nom en rapport avec la soie car il est présent dans d’énormes proportions dans les fibres de la soie (il ne s’agit pas d’une coïncidence ou d’un codage arbitraire si le lecteur nous a bien suivi jusqu’ici). Au moyen d’une grille alphabétique, à la manière dont opèrent les numérologues et suivant laquelle se faisait le comptage dans l’antiquité, chaque lettre de l’alphabet étant dotée d’une valeur numérique (cas des alphabets hébraïque, arabe, phénicien, grec, sanskrit…), chacun des 20 acides aminés reçoit un sens spécifique issu du comptage lectonique et qui s’exprime et se lit en hébreu[1] : il existe 20 x 20 = 400 dipeptides théoriques qui ont chacun leur spécificité biologique, 203 = 8000 tripeptides théoriques que le chimiste peut tenter de construire et qui portent une ou plusieurs significations selon les associations d’indices lectoniques. Avec les protéines, la complexité croit, car il s’agit de séquences de centaines d’acides aminés, mais ici le sens intervient encore par une double lecture le long de la chaîne moléculaire : la présence de symétries lectoniques invisibles à la lecture de la simple séquence en acides aminés, recoupe ce que nous savons sur l’emplacement de certains sites actifs des enzymes au sein de la séquence. (L’ordinateur a été utilisé pour cette recherche). D’autre part, outre la mise au point du code peptidique, le sens peptidique a été vérifié pour près de deux cents molécules connues[2].

 

TABLEAU DE DECODAGE DES LECTONS

 

 

 

Soit l’acide glutamique : le lecton est A3 G3, la correspondance est RR qui en hébreu signifie « hypophyse » dont on connaît l’importance pour les études de biochimie qu’elle suscite. La compréhension du comportement passe par l’endocrinologie, et dans le domaine des interactions entre le comportement et le système endocrinien les effets du langage autant que sa genèse peuvent être étudiés : l’alimentation protéique symbolisée par le pain devient dans ce contexte lectonique la manducation de la parole ; la puissance de la méditation et de la prière peuvent être ainsi vérifiées dans leurs effets spécifiques (je pense par exemple aux mantras, sons répétés inlassablement des centaines ou des milliers de fois par jour par ceux qui les utilisent) (Voir l’Appendice 3). Le décodage peptidique entrepris par les biochimistes peut recevoir le nouveau décodage sans rupture épistémologique : car il s’agit du sens ! Des paroles de vie, de force, d’apaisement, de joie, de bien-être et d’intelligence créatrice sont offertes à notre compréhension par ce système de codage.

 

Note A :

Soit i l’indice lectonique, la lettre hébraïque correspondante est donnée par la règle 360 valeur du nombre que l’on rencontre dans le code donné par Raymond Abellio et qui est fondé sur la division polygonale du cercle… Le facteur n/pi caractérise la théorie quantique ; l’inverse 2pi/ n  caractériserait le sens lectonique.

Note B :

A propos de la perception de l’octogone, la fréquence de l’indice lectonique est égale à un : cette figure serait une des formes de perception de l’Unité, constituant une exception à la règle donnée.

 

Appendice 1

 

Dans le tableau lectonique de décodage, au lecton 1 correspondent les lettres hébraïques Tau, Noun, et Vav. Au lecton 2 correspondent les lettres Shin, Mem, et Hé, etc…

Les lectons étant des diviseurs de 360, le tableau comporte 24 cases correspondant aux 24 diviseurs de ce nombre. D’où trois périodes de lettres hébraïques, commençant par Tau = 360, valeur du code donné par Raymond Abellio. La suite des nombres lectoniques suit donc l’ordre inverse de l’ordre de l’alphabet :

360/Diviseur =  360/360  = 1 qui correspond à Tau

360/180  = 2 qui correspond à Shin

360/120  = 3 qui correspond à Resch

etc…

Dans le code Abellio, Aleph commence l’alphabet avec la valeur 3, car la Manifestation commence avec Trois, auquel correspond le triangle inscriptible dans un cercle, image de la totalité. Les 22 lettres de l’alphabet hébraïque sont ainsi en correspondance avec 22 des 24 diviseurs de 360. (A un et à deux ne correspondent pas de figures polygonales inscriptibles dans un cercle. D’où la présence de deux cases vides dans le tableau lectonique).

 

Dans le cas de l’image pentagonale, nous avons supposé plus haut que les triangles secondaires étant au nombre de 10, ce dernier chiffre est à mettre en rapport avec la fréquence de l’indice lectonique 5, précisément issu de 360/72 (avec 72 = Tzadé dans le code Abellio).

Cinq apparaît dix fois parmi les lectons de plusieurs acides aminés.

 

Appendice 2

 

Décodage d’un peptide :

 

Soit par exemple le peptide Tyr-Arg, formé par l’enchaînement de deux acides aminés, la Tyrosine et l’Arginine. Les codons UAU et UAC de la Tyrosine fournissent, avec la nouvelle lecture, le lecton U3A2C1, ceux de l’Arginine donnent le lecton C5G8A4U1.

Plusieurs lectures sont possibles pour un lecton en prenant tout ou partie des valeurs indiciaires et leurs avatars.

Le code peptidique (non publié) dégage un sens principal pour chaque acide aminé.

 

1) Tyrosine

Tyr –> U3A2Cl –> 3,2, 1 –> Resch, Shin, Tau, soit :

R-SH-T –>  dictionnaire hébraïque –> Sens 1 : forme réticulée

Sens 2 : transmettre, hériter.

 

Interprétation scientifique :

La formation réticulée se trouve dans une zone du cerveau responsable de la vigilance. L’acide aminé Tyrosine intervient par exemple sous forme de alpha-méthyl-para-Tyrosine au niveau du blocage des catécholamines, ce qui modifie la vigilance.

2) Arginine :

Arg –> C5G8A4U–> 5,8,4,1 –> Tzadé, Hâyin, Quoph, Tau –> Tz-Hâ-Q-T –> dictionnaire hébraïque : aiguillon, stimulant.

 

Remarquons que Hâ-Tz est une redondance de Hâyin, Tzadé, Beth : nerf, car Tzadé et Beth ont le même indice lectonique.

 

La traduction finale possible est :

Tyr – Arg –> forme réticulée stimulée

Ou  transmetteur de la stimulation

Ou  neurotransmetteur.

 

Appendice 3

Les mantras :

Voici un aperçu du pouvoir des sons-dans la perspective lectonique : considérons l’Arginine, acide aminé impliqué par exemple dans des peptides, à une position essentielle de leur chaîne pour l’activité biologique (Arg est présente dans des peptides cardioactifs, toxiques, venins de serpent); le lecton fournit Hâ -Q-Tz-T.

 

Il est possible d’observer le jeu des enfants : l’un peut en exciter un autre pour attiser son agressivité. Il émettra un son voisin de Tz-Q-TZ, répété plusieurs fois.

 

Nous avons remarqué que la répétition de ce type de sons entraîne une augmentation du rythme cardiaque, d’où une stimulation de l’activité physique, de la vigilance et de l’agressivité.

 

Il est possible de fonder des études de comportement sur la base lectonique, donc génétique.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

P. Gavaudan, dans : C. R. Acad. Sc. Paris, t. 264 (6 mars 1967), Série D-1311, « Biologie – Sur l’organisation logarithmique du code génétique ».

 

OUVRAGE DE L’AUTEUR

 

Les nombres magiques nucléaires, clé de la Kabbale. Coll. Histoire et Tradition — Dervy (1975)
 


[1] Dans l’exemple cité, le dictionnaire hébraïque fournit : « papillon du ver à soie ».

[2] Des ébauches de phrases peuvent être ainsi décodées selon le schéma : séquence peptidique à lectons (avatars) à racines hébraïques à traduction. Voir l’Appendice 2.