J.L. Jazarin : Le Judo voie de la souplesse


09 Jun 2010

(Revue Énergie Vitale. No 9. Janvier-Février 1982)

« Soyez comme le fruit du manguier,

ferme comme le noyau, en vous-même, tendre

comme la pulpe pour les autres ».

Le Bouddha

« Utilisation efficace de l’énergie, la nôtre et celle de l’adversaire. » — « Pour utiliser efficacement cette énergie, savoir intelligemment céder avec souplesse et opportunité. » — « Avoir enfin pour but, non seulement notre réussite, mais aussi celle de « l’autre), qui d’adversaire devient notre véritable ami. » — Voilà les principes essentiels du Judo. Trois principes inséparables qui n’en font en réalité qu’un seul.

C’est en quoi l’illustre Jigoro Kano a fait une découverte exceptionnelle. Avoir reconnu que le principe de toute action efficace et rationnelle consistait à savoir utiliser avec souplesse l’énergie qui s’opposait à nous, était déjà très remarquable, mais constater que l’apparente opposition des êtres humains, devait se fondre en une œuvre commune et engendrer la prospérité de chacun était vraiment génial. Transformer une apparente opposition d’intérêts et le conflit qui en résulte, en bienfait réciproque et en amitié, c’est comme l’auraient dit les anciens alchimistes, réaliser le « grand œuvre », la transmutation des éléments, et transformer le plomb vulgaire en or pur, au moyen de la pierre philosophale.

La « Pierre philosophale » magique, c’est ici le principe Judo. Sa compréhension complète c’est le « grand œuvre » qui transforme « l’agressivité » en « amitié ».

C’est en effet « l’amitié » qui est le but de tout le Judo et c’est parce que l’amitié est son but réel, que le Judo est noble et qu’il est un humanisme.

Enlevons l’amitié du Judo, que reste-t-il ? Rien qu’une technique efficace au service de l’égoïsme avec comme résultat : la vanité, les disputes, les conflits, l’animosité, la division, la haine, la cupidité, etc.

S’il n’y a pas comme intention, comme but, l’amitié, ce n’est plus du Judo, c’est n’importe quoi, ce n’est plus rien. Donc la clef de voûte du principe Judo, c’est l’amitié, sans elle il ne reste qu’une technique sans âme.

Comme le disait Montaigne, et avant lui Rabelais : « Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme » et ajoutons, n’est que ruine tout court !

Maître Jigoro Kano a choisi d’enseigner le principe qu’il avait découvert, par les exercices psychologiques de Randori[1] et de Kata[2], parce qu’ils étaient efficaces pour l’étude du principe et avaient le mérite de faire participer le corps à la transformation générale de l’individu, impliqué dans une recherche totale.

Il y a en effet, une très grande différence entre une recherche théorique et une recherche effective. Une étude théorique nous reste extérieure, en quelque sorte étrangère. Elle n’est ni ressentie, ni vécue. Or, il n’y a que ce qui a été vraiment éprouvé qui peut être réellement connu. Ce qui est connu intellectuellement peut transformer notre manière de voir et de concevoir, mais la connaissance, ne sera réelle que lorsque nous aurons vécu et éprouvé sensiblement ce que nous avons intellectuellement compris.

Randoris et Katas

Maître Jigoro Kano, insistait sur la nécessité de l’étude du principe dans toute sa généralité. Il indiquait même que la compréhension du principe dans sa totalité facilitait grandement ses applications particulières.

Il ne suffit donc pas de pratiquer les exercices de randori et de kata, mais il faut les méditer, en rechercher le sens profond.

C’est déjà très, très difficile d’exécuter un kata convenablement, de comprendre et de sentir les déséquilibres, l’exactitude et la logique des mouvements. C’est encore plus difficile de vivre avec le partenaire, de sentir instantanément l’état, la situation de l’autre en même temps que la sienne propre.

Pratiquer le Randori, c’est essayer dans la pratique ce que l’on a compris des techniques des Katas.

Pourrait-on pratiquer les Katas et les Randoris seul ? Non, il nous faut un partenaire passionné comme nous dans cette recherche. Il faut que, mutuellement, nous ayons la patience, le courage, la ténacité voulus. Il faut aussi que nous nous soutenions l’un l’autre dans nos défaillances, que nous corrigions mutuellement nos erreurs. Le regard fixé sur l’enseignement des Maîtres qualifiés, c’est ensemble que nous travaillons et que nous devons prospérer. Pour faire des Randoris convenables, il faut d’innombrables butsukaris et uchikomis, des centaines, des milliers d’entrées de mouvements que notre partenaire doit subir comme Uké et que nous devons subir à notre tour pour lui permettre de se perfectionner aussi.

C’est ce travail et cette recherche en commun, ces joies ou déceptions vécues ensemble qui sont le pain quotidien et la matière première de l’amitié.

Dans l’effort commun, on exprime et on discipline aussi les tendances du caractère, les différences sociales purement artificielles et conventionnelles s’effacent devant les valeurs profondes de la personnalité réelle. La compréhension et l’estime réciproques résultent de ce travail et de cette recherche de l’essentiel.

Savoir céder

L’atmosphère du Dojo, la courtoisie de l’étiquette, l’ambiance de respect général, favorisent le respect mutuel, une camaraderie de bon aloi et finalement l’amitié, qui est le but réel de toute cette recherche. Car l’amitié suppose non seulement le respect, l’estime, mais aussi les concessions réciproques.

Une ancienne histoire du folklore russe raconte que deux vieux amis qui vivaient ensemble, ne s’étaient jamais disputés. Ils s’avisèrent un jour qu’il faudrait combler cette lacune, mais ils ne savaient pas comment s’y prendre. L’un d’eux proposa alors la technique suivante : « Voilà, dit-il, c’est très simple, il suffit que tu dises que ce plat, dont nous nous servons tous les jours, est à toi. Je répondrai qu’il est à moi, et tu verras qu’au bout d’un moment nous arriverons à nous disputer. » Fait comme dit, les deux amis jouèrent le jeu, mais au bout de quelques affirmations : c’est à moi ! non c’est à moi!… l’un d’eux s’écria : eh bien, puisque tu le veux, garde-le ! Ils ne purent se disputer. L’amitié était la plus forte. Le titre de cette fable est « Céder » ou plutôt : « le penchant à Céder ». N’est-ce pas du Judo? C’est-à-dire la technique de l’amitié ?

Un Maître oriental enseignait à ses disciples : Soyez fermes, en vous-même, comme le roc, sur les principes essentiels, mais cédez constamment aux autres pour les choses de peu de valeur.

Cette fermeté, c’est notre résolution de devenir un homme, notre volonté d’éliminer les faiblesses de l’égoïsme et de la vanité. Cette douceur extérieure résulte de notre absence de peur et de notre compréhension amicale de l’autre. Cela est obtenu par une recherche profonde du Judo avec notre, avec nos partenaires. Dans notre comportement, nous commettons d’innombrables erreurs, nous aimons qu’on soit pour nous indulgent et compréhensif. L’habitude du Judo nous rend compréhensif et indulgent aux erreurs de nos partenaires dans la vie.

Maître Jigoro Kano, qui avait longuement médité le Judo qui était toute sa vie, ne voulait pas que l’on fasse de championnats. Dans sa Sagesse, il avait bien vu que dès que l’on sortait du caractère de travail et de recherche du Judo à l’intérieur et dans l’intimité du Dojo, on risquait de voir l’avidité et l’orgueil l’emporter sur l’humble et patiente recherche et aussi sur l’amitié.

Autant il est légitime de vouloir vérifier si l’on a fait des progrès dans son habileté en Judo dans la compréhension exacte de la technique et de l’efficacité, autant il est pernicieux de prétendre sans cesse être le plus fort, le champion.

Le Sport, qui est un spectacle, et qui vise à faire des champions, devient fatalement, inexorablement, la proie de passions de plus en plus exigeantes, intéressées, brutales et vulgaires. Le Judo, conçu seulement comme un sport de compétition, avec la victoire comme seul but, est exactement à l’opposé du Judo conçu par Jigoro Kano.

Dans le Judo « sport », le but essentiel est de vaincre, voire d’écraser l’adversaire à tout prix.

Dans le Judo « principe », le Judo traditionnel, le but est de se vaincre soi-même, d’apprendre l’endurance, la patience, la maîtrise, d’apprendre à souffrir physiquement ou moralement, de subir même l’injustice sans broncher et sans rancœur, et d’aider nos partenaires à en faire autant afin que les deux prospèrent ensemble et atteignent aux sommets de l’amitié.

Être fort et maître de soi, pouvoir se mettre aussi à la place de l’autre, être souple, savoir céder sur ce qui n’est pas essentiel et avant tout atteindre à l’amitié et savoir la conserver, voilà qui vaut l’effort.

Cela ne peut être obtenu que par une éducation tenace, un courage incessant, l’utilisation intelligente de l’énergie, la nôtre et celle des autres. Le but est de cesser d’être des animaux à face humaine, si faibles dans leurs instincts dominés par la peur, qu’ils veulent toujours se prouver à eux et aux autres qu’ils sont les plus forts.

Alors que, seul est le plus fort, celui qui a triomphé de sa peur et de sa vanité. Seul est fort, celui qui a surmonté ses faiblesses et ses avidités. Celui-là seul est libre, a compris le Judo, qui s’est dépassé, qui a rendu son corps, son cœur et son esprit souples et disponibles.

L’INSIGNE DU COLLEGE DES CEINTURES NOIRES par J. L. JAZARIN

(Revue Énergie Vitale. No 9. Janvier-Février 1982)

Un symbole est un langage complet à lui seul. L’interpréter en langage ordinaire est déjà une trahison, car cette interprétation fait descendre le symbole sur un plan analytique qui n’est pas exactement le sien. C’est un peu comme si pour faire comprendre le sens du mot, on se mettait à en épeler les lettres. Le symbole est en quelque sorte comme les idéogrammes chinois ou japonais qui, traduits en caractères latins et en phrases grammaticalement construites, perdent leur signification subtile, et leur parfum. Pour pénétrer le sens d’un idéogramme comme celui d’un symbole, il faut le méditer, c’est- à-dire le vivre. Un enfant chinois ou même japonais apprend ensemble : la vie, le son qui est lié à chaque expérience et le signe qui en est la représentation, d’où la possibilité d’une pénétration profonde du sens global d’un idéogramme. Le langage d’un symbole exprime lui aussi une même profondeur vitale. Ce n’est pas seulement l’expression d’une pensée, mais de toute une conception de vie et de l’ensemble d’une manière de vivre, en même temps que le thème d’un approfondissement sans limites.

L’octogone représente toujours le miroir dans le symbolisme oriental. Ce miroir est la conscience du Judoka qui doit être claire, parfaitement objective et sincère.

Il n’est pas question ici de conscience au sens moral du terme, mais de conscience tout court, du fait d’être conscient, éveillé.

Cette conscience, pour bien remplir sa fonction, ne doit pas être ternie ni opacifiée par ce qui lui est étranger. Comme le miroir peut être terni par la poussière, les buées, la conscience peut être obscurcie par l’ignorance, la paresse, les préjugés, les passions. La première tâche est donc de maintenir si pour faire la conscience en état de lucidité et de transparence, par le rejet de tout ce qui voudrait s’installer à demeure en elle. Le miroir reflète ce qui est, quel que soit l’objet qui se présente. Il ne choisit et ni ne préfère les images. Sa fonction est la fidélité. Il ne garde rien, ne conserve aucune forme, et il est toujours disponible. Bien que tout puisse être vu en lui, il n’est rien par lui-même.

C’est cette vacuité et cette sorte de souple disponibilité instantanée, qui en fait la valeur. De même la conscience doit être humble, sans possession, ouverte à toutes les formes de la réalité, elle doit révéler sans cesse le réel.

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Mais le Judoka doit avant tout utiliser le miroir de sa conscience sincère, lucide et fidèle, pour s’examiner soigneusement et s’observer sans cesse lui-même, objectivement, comme s’il était « un autre », sans parti pris ni dans un sens ni dans l’autre.

Par cette observation constante, dans le miroir d’une conscience lucide, il peut corriger, redresser progressivement sa nature. Cette discipline de l’attention éveillée fait partie de la recherche du Judoka qui veut, peut et doit se connaître.

La technique du miroir n’est pas si facile qu’elle en a l’air, comme toutes les techniques. Il faut beaucoup travailler, d’abord pour que l’œil soit clair et lucide, ensuite pour s’habituer à voir sans troubles tout ce qui est à voir, et enfin clairement vu, pour agir en conformité avec cette vision.

Au centre de ce miroir se trouve une figure bien connue dans toute l’Asie et au Japon. Ce symbole a été popularisé sous le nom banal de Yin-Yang.

L’idée fondamentale sur la nature de l’Univers est que tout est essentiellement « un », qu’il n’y a pas en réalité de dualités et que la vision de la multiplicité des objets en ce monde est une vision fausse parce que partielle, c’est la vision des apparences. Cela ne veut pas dire que ces apparences sont irréelles mais que par elles on n’a qu’une vision partielle et tronquée du réel. Cette unité fondamentale, ou plus exactement cette non-dualité essentielle, est en soi inexplicable et sans limites, cependant on la symbolise par le cercle, et les anciens Chinois l’appelaient T’ai-Ki, ou encore Tao ; dans l’Inde, ce même concept est appelé Brahman et on peut considérer que le terme Do japonais a le même sens. D’ailleurs l’idéogramme Tao du Tao-Te-King de Lao-Tseu est le même que le Do de Judo.

On traduit souvent l’idéogramme Do par le mot « voie », mais en réalité c’est à la fois la « voie » et le « but ». Ces deux termes ne sont pas ici contradictoires, car en effet rien ne peut exister hors de ce qui est, hors de « l’Un ». Pour accéder à « l’Un » il suffit d’en prendre conscience, car nul n’existe en dehors de l’Unité. Le but est donc aussi la Voie.

C’est ainsi que tout se passe au sein de « l’Un » et l’apparente dualité n’est qu’un aspect, une présentation de l’Unité pour une vision fragmentaire. C’est pourquoi dans le symbole du Tai-Ki-Tou la spirale s’inscrit à l’intérieur du cercle qui symbolise « l’Un ».

Le symbole exprime aussi l’idée de dualité par deux principes, deux pôles fondamentaux : le Yin et le Yang. Ces deux principes engendrent tout ce qui est, dans l’Univers apparent, celui dont nous sommes conscients.

L’étude de ces deux principes et de leur action est donc très importante pour comprendre le monde de notre expédience dualiste.

Le mot « Yin » représente tout ce qui est négatif, tout ce qui est passif, réceptif, inerte, mou, matériel, lourd, ténébreux, féminin ; tandis que le mot « Yang » représente tout ce qui est positif, actif, expansif, mouvant, dur, immatériel, léger, lumineux, masculin.

Vus sous l’angle de « l’énergie électrique », Yin est le signe négatif, Yang le positif. Dans le magnétisme, Yin est le pôle Sud, Yang le pôle Nord. Dans la biologie, Yin est femelle, Yang est mâle. Yin subit le mouvement, Yang l’exécute. Le haut est Yang, le bas est Yin, etc.

On voit quelles perspectives innombrables ouvre cette codification de la réalité dans son aspect double.

Il existe une très profonde science attribuée aussi à Fou-Hi qui semble avoir saisi le fond même et le mécanisme des phénomènes du monde physique et même psychologique. Il condensa ses connaissances du jeu du Yin et du Yang en une représentation simple constituée par huit symboles appelés Koua et dont l’ensemble constitue les Pa-Koua (Pa signifie huit). Ces huit symboles sont la base de toutes les combinaisons possibles.

Ce n’est pas notre propos ici d’étudier, même superficiellement, la vaste science des Pa-Koua. Qu’il suffise de savoir qu’au moyen de cette science appliquée à la cosmologie, un sage et savant Chinois que l’auteur de ces lignes a eu l’honneur de connaître, a pu découvrir une nouvelle planète solaire, encore inconnue des astronomes occidentaux qui en confirmèrent ultérieurement l’existence . Il nomma cette planète Proserpine. Il en a même donné les caractéristiques, plusieurs astronomes ont d’ailleurs déjà confirmé ses données. Il nous a également confié quelques-unes de ses recherches en matière de génétique qui pourraient peut-être apporter de nouvelles clartés en biologie.

Donc ces Koua groupés dans le Ho-T’ou, ou tableau du fleuve, peuvent être réunis dans leur ordre logique de succession par une spirale qui affecte la forme que l’on peut voir sur le symbole du collège. On a toutefois laissé subsister dans la volute négative un point positif et dans la volute positive un point négatif.

Le sens général le plus simple de ce symbole est l’interaction de la force active et passive dont la contradiction apparente se résout dans le mouvement alternatif et circulaire résultant de la souple coopération des contraires apparents.

Le point positif qui subsiste dans le négatif et vice versa signifie que rien n’est entièrement Yin ni entièrement Yang et que Yin peut engendrer Yang et Yang engendrer Yin.

Lorsque Yang est à son extrême extension, dilatation, il devient Yin. Lorsque Yin est à son extrême concentration réceptive, il se dilate et engendre Yang.

Réfléchissons aux applications du Yin et du Yang dans le Judo. On verra que le Judo est en réalité l’étude à deux de la combinaison harmonieuse du Yin et du Yang dans le mouvement. Chacun étant successivement Yin et Yang. Cette étude révèle l’exactitude de cette science. Elle est, en plus, une construction, un art de l’action efficace et juste par la perception exacte dans le temps des situations respectives Yin et Yang des deux partenaires, et par la solution absolument logique qui doit en découler.

Cette étude appliquée à la perception, l’action, c’est tout le Judo, qui à travers le jeu souple du Yin et du Yang doit conduire le pratiquant au-delà de la dualité vers la réalité de son Etre : T’ai-Ki — le Do.

Il reste à expliquer les pétales stylisés de la fleur de cerisier japonais : Sakura, qui entourent l’octogone (miroir).

On sait que la fleur de Sakura ne produit pas de fruits. Elle n’existe donc pas avec un but utilitaire. Elle ne donne que sa beauté. Les cerisiers du Japon sont si beaux, si somptueux, qu’au printemps les Japonais, silencieux, vont en foule, presque en pèlerinage, admirer leur floraison sur les collines. Après avoir donné ce pur spectacle de beauté gratuite, leurs gracieuses corolles tombent et jonchent le sol telle une neige vivante. Comme la fleur de Sakura, le Judoka doit être désintéressé, sa vie doit être belle et harmonieuse, son action toujours empreinte de beauté jusque dans la mort.

Bibliographie :

(ouvrages de J.-L. Jazarin) L’Esprit du Judo, (Ed. du Pavillon)

Le Judo, école de vie (Ed. du Pavillon).

Sur Jean-Lucien Jazarin voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Lucien_Jazarin d’où nous tirons cet extrait :

Jean-Lucien Jazarin (8 septembre 1900 – 5 juin 1982) fut notamment un des pionniers du Judo français (111e ceinture noire en France), et présida durant 23 ans le Collège des Ceintures Noires.

Élevé dans une famille de commerçants, Jean-Lucien Jazarin porte très tôt un intérêt certain pour l’ésotérisme. Il s’intéresse notamment au spiritisme, à l’hypnose et à la théosophie durant son engagement militaire, entre 1918 et 1920. À partir de 1928, il travaille dans diverses affaires de pièces automobiles, et finit par créer sa propre entreprise en 1935. Parallèlement, il s’engage dans l’action sociale et syndicale. Ses recherches spirituelles s’orientent alors vers la pensée hindoue.

En 1938, il rencontre un Swami avec lequel il se lie d’amitié et qui l’enseignera. À partir de cet enseignement, il donnera une série de conférences sur la Bhagavad-Gîtâ, puis sur le Védanta, et écrira un livre qui sera publié en 1988.

C’est en 1943, à 42 ans, que Jean-Lucien Jazarin découvre le Judo et en commence la pratique à Paris. Il fut notamment l’élève de Mikinosuke Kawaishi et de Shozo Awazu, et passa 35 ans sur les tatamis. Très vite, il devient Vice-président de la Fédération Française de Judo. Puis, en 1953, il commence à présider le Collège des Ceintures Noires pour une période de 23 ans, période durant laquelle il se battit pour faire maintenir, avec les conseils de Haku Michigami, l’enseignement du Judo originel tel qu’enseigné par Jigoro Kano. Il voyait en effet le Judo comme une « Voie » de formation de l’individu, un moyen d’accomplissement et non un but en lui-même. Dans le respect de la tradition, il fut notamment opposé aux compétitions. Sa pratique du Judo s’accompagne d’un intérêt vif pour le bouddhisme zen.

Jean-Lucien Jazarin décèdera le 5 juin 1982, d’un infarctus du myocarde. Alors 6e dan, il est élevé au rang de 7e dan à titre posthume.

Il publia de nombreux articles relatifs au Judo ainsi que trois livres.


[1] Randori : combats amicaux.

[2] Kata : enchaînement de formes.