Hazrat Inayat : Le message prophétique


08 Sep 2012

(Revue La pensée soufie. No 54. 1977)

Conférence Publique du 26 Juillet 1925, ref. 20.604

On demande souvent pourquoi il y avait des Prophètes aux temps hébraïques, qui apportaient un avertissement, un enseignement, une prophétie, une solution au problème du jour. La réponse est que tout ce qui a été est, et que tout ce qui est sera. La pluie tombe, les plantes grandissent et le vent souffle comme il soufflait avant. Si on ne l’entend pas, c’est seulement qu’on ne le regarde pas dans cette lumière; et si on ne le regarde pas dans cette lumière c’est à cause de la tendance de ceux qui veulent garder une secte, une communauté, séparée et dans l’exclusive parce qu’ils appartiennent à une église ou à une religion particulière qui ne permet pas qu’on perturbe les choses, même s’il y a un message prophétique ou une influence prophétique donnés pour le bénéfice de l’humanité. Cette tendance existait avant. Et c’est à cause de cette tendance que le Christ a été crucifié, Moïse torturé et que beaucoup d’autres prophètes d’autrefois sont passés par de grandes difficultés. Il en est de même maintenant et il en sera ainsi. Cependant la possibilité et la nécessité d’une mission prophétique demeure la même.

Maintenant il faut en définir la nature et le caractère. En dépit de tout le matérialisme que nous voyons aujourd’hui, ce qui est appelé spiritualisme se développe continuellement. Ce n’est pas que le matérialisme ne se développe pas, mais le spiritualisme grandit aussi, non pas sous un aspect très élevé mais dans un genre ordinaire, sous l’aspect du spiritisme, Les gens ne tiennent pas à suivre une religion, ni à se mettre à la recherche de Dieu, mais voudraient savoir ce qui est arrivé à ceux qu’ils aimaient et qui ont disparu et comprendre ce qui leur arrivera à eux-mêmes lorsqu’ils quitteront cette terre. Qu’une personne soit matérielle ou pas, elle cherche   à savoir pour elle-même, d’une façon ou d’une autre s’il existe une telle chose que la continuité de la vie. Sans doute, les preuves que l’on en a sont très souvent erronées, mais quelquefois il semble y avoir une part de vérité; autrement le spiritisme ne se serait pas développé si vite dans le monde. Et ceci nous fait croire qu’en dépit des désappointements dans leur attente de messages authentiques, il y a une recherche dans cette voie, quelquefois une consolation et quelquefois une certaine preuve d’une vie dans un autre monde. Et ce ne sont pas seulement les personnes d’un esprit très simple qui font ces recherches, mais aussi les hommes de science comme Sir Oliver Lodge, des écrivains comme Conan-Doyle et beaucoup d’autres qui cherchent des preuves, s’efforcent d’obtenir quelque chose qui, s’il pouvait être trouvé donnerait une preuve de ce qui se cache derrière le voile.

Si on commence par connaitre le mystère de ce qu’on appelle la transmission de pensée, on fait le premier pas dans la compréhension de ce problème. Voici deux personnes qui apparaissent comme des individus séparés: comment la pensée de l’une frappe l’autre, et comment, très souvent cette dernière non seulement connait la pensée, mais se trouve encline à la matérialiser : ceci prouve que l’homme est capable de lire les pensées d’un autre. Et si vous allez plus loin, alors la perception du sentiment vous semble si vivante qu’il ne peut y avoir plus grande preuve de vie. Ceux qui aiment et ceux qui haïssent ne sentent pas seulement leur amour et leur haine dans leur cœur, mais amour et haine peuvent être ressentis à grande distance et ni eau, ni air, ni terre ne peuvent s’interposer. Toute personne sincère peut en avoir la preuve.

Si l’on va encore plus loin, on sent clairement ou confusément les états des disparus. Il n’est pas nécessaire pour cela d’être un spirite ni d’être médium, mais d’être sincère, honnête, affectueux. Celui-là ne pourra pas s’empêcher de sentir une relation avec un disparu et aussi un désir venant de cette personne et aussi un sentiment qui persiste dans cette personne; celui qui est sur terre, relié à elle, le sent. Il est évident que son imagination, ses pensées et ses raisonnements le contrediront toujours et lui diront « N’y pense pas, ce n’est peut-être que ton imagination, ton sentiment, cela peut être faux, c’est peut-être de la folie ». Et il essaye d’oublier. Il y a des personnes qui sont dans cette condition qui se tournent alors vers le spirite, le médium et qui lui demandent d’être mis en rapport avec leurs chers disparus. Très souvent, si jamais ce spirite trouve un contact, c’est à travers eux. En réalité, ils sont le medium, mais ils passent par le spirite. Ils préfèrent entendre avec leurs oreilles les mots du médium et y croire plutôt que de prendre le message directement comme il vient de leur cœur, qui est plus réel, plus vrai. Sans doute, bien des gens ont détraqué leur système nerveux, ont compromis leur condition physique et mentale en poursuivant ces expériences qui demandent de grandes précautions. C’est une recherche qui n’est pas pour tous. Cependant, la vérité demeure : que l’homme est capable de connaitre les pensées et les sentiments et de percevoir la condition de ceux qui sont allés dans l’au-delà.

Il y en a quelques uns qui sont plus intuitifs, plus spirituellement développés, qui peuvent sentir l’atmosphère entière d’une ville, où qu’ils aillent. Ils peuvent aussi connaître les pensées des gens collectivement, ils peuvent expérimenter leurs sentiments et cela leur parvient sous la forme d’une prise de conscience. Et ceci vous explique les saints et les prophètes qui vouaient leur vie au service de l’homme et qui recevaient pour ainsi dire le Message de Dieu et le donnaient à leurs semblables.

Sans doute ces deux choses sont-elles séparés et vous ne pouvez les comparer: la médiumnité et l’inspiration prophétique; l’une est en relation avec la goutte et l’autre avec l’océan. La différence est aussi vaste que de la Terre au Ciel. On pourrait demander: mais comment un individu peut-il recevoir le Message de Dieu? La réponse est celle que Roumi donne: « Il y a des objets que l’homme fabrique pour s’en servir comme instruments et il y a des objets qui lui tombent dans la main et qui ont été faits pour son usage, comme son instrument, par la nature ». Ceci montre qu’il y a des cœurs qui viennent déjà tout prêts à percevoir la condition de l’Esprit Divin. On pourrait demander: « qu’est-ce que l’Esprit Divin? » L’Esprit Divin est la collectivité de l’Esprit, celui de chacun et de tous; mais cependant plus profond que l’esprit de quiconque et plus vaste que tout esprit connu. C’est un Esprit et c’est tous les esprits et c’est le seul Esprit qui soit, qui est l’entrepôt de toute la connaissance du passé, présent et futur; un Esprit qui sait et apprend tout; tout est nouveau pour lui et pour lui tout est ancien. Il est intéressé par toutes choses et désintéressé de tout. Il sent tout et ne sent rien; Il se tient au delà. N’importe quelle définition qu’on pourrait donner au sujet de n’importe quel esprit est la définition de l’Esprit Divin et pourtant il est au-delà des mots employés pour expliquer l’Esprit Divin. Ceux qui peuvent présenter leur cœur à l’Esprit Divin comme une coupe vide, la Connaissance Divine s’y écoule, ils sont emplis par cette connaissance et ils l’expriment comme l’ont fait les Saints du passé par leurs actions bienfaisantes, et ils l’expriment par leurs pouvoirs miraculeux et ils expriment encore cet Esprit Divin par la connaissance, par la sagesse et par la révélation divine. Il y a des cœurs préparés pour cela, il y a des cœurs qui se développent vers cela et il y a des cœurs qui sont déjà prêts pour cela. Comme il y a différentes coupes et vaisseaux utilisés pour certaines choses, ils sont destinés à cela: ils ne peuvent qu’être les véhicules pour l’Esprit Divin qui fonctionne dans ce cœur; et par ce cœur, ce qui vient sous forme de paroles, d’enseignement, de morale ou de conseils devient une symphonie. Dans les temps anciens on appelait cela un Message prophétiques.

En relation avec ce que je viens de dire, je voudrais vous raconter l’histoire du Prophète de l’Islam. Je tiens à vous raconter cette histoire d’abord parce qu’on a raconté beaucoup d’erreurs pour écarter du Divin Message des chercheurs de la Vérité qui ne se seraient pas souciés de qui Il venait, étant seulement concernés par la vérité, et ensuite, je tiens à vous la raconter parce que c’est le seul Prophète dont on puisse trouver la vie, non comme une tradition, ni une légende, mais comme un fait historique. Et quand vous lirez l’histoire du Prophète, vous trouverez une grande différence entre les deux versions, l’une écrite par ses adversaires et l’autre par ses dévots. Il en a toujours été ainsi et en sera toujours ainsi.

Le Prophète, né orphelin, son père étant mort avant sa naissance et sa mère étant morte peu de temps après, était resté sous la protection de sa nourrice. Les charmantes façons d’être du Maitre gagnaient le cœur de l’âme privilégiée qui prenait soin de lui. La façon de montrer sa dévotion et la façon qu’il avait d’obéir à cette dame l’avaient persuadée qu’il n’était pas un enfant ordinaire. On dit en Orient qu’on peut voir le destin futur d’un enfant en observant ses pieds dans son berceau. L’attrait qu’il avait pour ses camarades et sa manière de les conduire, sa désapprobation des traits de caractère enfantin qui manquaient de sagesse, de justice ou d’honnêteté prouvaient que l’enfant était un chef né. Ensuite, il est confié à la garde de son oncle, et vit dans sa maison de la même vie que les enfants de celui-ci; et il gagne tellement le cœur de son oncle qu’il est choisi de préférence à tout autre pour l’accompagner dans son voyage en Syrie. Comme adolescent, il se révèle serviable et utile à son oncle dans ses affaires. Cela lui donne l’occasion de voir la vie dans sa plénitude, dans une grande ville comme Jérusalem. Il vit ce qui se cachait derrière le dévot, la dégradation de la généralité et il vit la fausseté de la nature humaine. Il vit aussi ce que l’on appelle une culture ou un développement, combien il y a de fausseté en ce qui est développé et devient chose établie. Il avait un don d’observation aigu de la vie, c’était un réceptacle fait pour comprendre la vie humaine et pour pouvoir sympathiser avec elle par la suite. Il revint avec l’expérience acquise; le peu qu’il avait appris en affaire, il le mit au service de Khadidja, une dame qui l’avait employé en vue de l’aider dans son entreprise. Il montra là le sens des responsabilités que l’homme peut avoir. Là, il se révéla ensuite homme d’affaires efficace et sans avidité qui pouvait mener les affaires avec succès tout en respectant les règles de l’honnêteté et le sens de la justice. Il fut le premier à répondre à l’appel du pays lorsqu’il dût défendre le sol natal, le premier à se mettre à la tête des troupes et à risquer sa vie pour la cause de son peuple. C’est cela qui le fit appeler par les gens « l’Homme de Confiance ». Il avait gagné la confiance, l’admiration et l’amour de Khadidja, cette dame pour laquelle il travaillait. Elle eut le privilège de l’épouser et lui considéra cette alliance comme un honneur. Cependant, les habitants des forêts ne sont jamais en repos dans le monde. Avoir un foyer était intéressant mais les lieux libres et sauvages étaient sa nostalgie. Il ne put le cacher; il était né pour quelque chose et ce quelque chose devait être éveillé et ne pouvait l’être que dans la solitude. Il chercha alors la solitude avec le consentement de Khadidja. Il s’asseyait en méditation, communiquait avec la nature pendant des heures et ce n’était jamais assez. Un moment arriva où il perçut une voix, où il entendit une voix. On pourrait croire que cette voix venait de l’extérieur, on pourrait croire que cela était un cri du ciel, qu’un Esprit lui parlait à l’oreille. Non, c’était une voix qui était née de son propre cœur, bien qu’à ce moment il semblât que chaque feuille des arbres disait la même chose l’eau de la rivière et la brise du matin, le vent et le bruissement des feuilles, tout lui disait la même chose. Qu’étaient ces paroles? La première voix qui vint à lui dit:  » Pleure au nom de Dieu ». Que cela voulait-il dire? Cela voulait dire : « Communique uniquement avec Dieu afin d’être en communication directe ». Et ce qu’entendit ensuite le Prophète fut:  » Préviens ton peuple, sers ton peuple, donne-lui sympathie, amour guide-le et conseille le quand il en a besoin ».

Il entendit la première voix avec une grande joie mais la seconde le fit trembler et réfléchir. « Mon peuple en est arrivé à des conditions telles qu’il semble qu’il y ait peu d’espoir de l’améliorer; comment puis-je faire quoi que ce soit pour lui? » et il s’enveloppa d’une couverture afin de ne pas voir son moi limité, car c’est ce moi limité qui vint devant ses pensées et lui fit avoir l’idée « Je ne puis faire cela ». Mais voyez la perfection de l’Esprit Divin qui reçoit le cri de chaque âme et répond en harmonie avec lui. La première personne qui le crut, qui s’enthousiasma et le consola dans son chagrin fut Khadidja sa femme. Elle lui dit: « Si personne au monde n’écoute ton Message, si personne ne t’aide de sa sympathie, je serai la première à le faire. Je crois, j’ai confiance en toi, j’ai foi en toi ».

Personne actuellement ne connaît la situation de l’Arabie à cette époque. Si quelqu’un élevait la voix, un autre brandissait son sabre. Chaque jour, beaucoup d’hommes s’entretuaient; il n’y avait personne pour demander: « Pourquoi as-tu fait cela? » Quand les gens disent que le Prophète portait un sabre je dis: « Qui à cette époque pouvait affronter ces gens sans sabre? » Aujourd’hui, même la police n’a pas besoin d’être armée. C’est une autre époque, les conditions sont différentes. Mais s’il y eut un sabre du Prophète, ce fut le charme de sa personnalité. Quiconque le rencontrait devenait son ami et un ami à jamais. Le seul sabre qu’il possédât qui gagnât quiconque venait devant lui. Sans doute, dans sa tâche de servir le monde, il subit trois fois l’exil, il fut insulté, battu, repoussé. Parmi ses disciples dévoués jusqu’à la mort, plusieurs furent tués dans ces luttes. Renoncèrent-ils à leur dévotion ou leur assistance envers le Prophète? Jamais. D’un côté des milliers de gens s’opposant au Prophète et de l’autre peut-être quatre disciples s’attachant à lui pour s’opposer à la multitude. Et pourquoi? Avaient-ils un désir d’opulence? Voulaient-ils acquérir le pouvoir terrestre? Non ils donnaient leur vie pour la Cause de Dieu, pour la Vérité qu’ils avaient reçue. C’est avec cette force et cette arme que quelques personnes, une poignée d’hommes en comparaison de l’opposition qui leur avait été montre à la Mecque, trouvèrent refuge dans un petit royaume d’Arabie. Beaucoup d’hommes crurent au Prophète et beaucoup s’en allèrent. Mais il y eut toujours des hommes sincères et ils furent victorieux. Mais victorieux en quoi? Non pas victorieux par le massacre. Victorieux en ayant fait leur chemin à travers les foules, à travers les gens, à travers les villes et les cités afin de répandre le Message de Dieu. Le sabre n’était pas censé tuer les gens, mais tracer le chemin et lorsque Mahomet fut victorieux et que des milliers d’ennemis qui avaient tué ses amis ses disciples, sa propre fille lui eurent été amenés, captifs devant lui, le Prophète en situation de victoire aurait pu ordonner leur mort à tous, les faire décapiter pour leurs actions; ils avaient pendant bien des années causé des troubles. Mais de la bouche du Prophète sortirent ces mots: « Vous êtes mes frères, je ne puis que vous pardonner ».

Tous demandèrent qu’il fût le roi du pays afin de les gouverner, de les guider comme leur souverain. Le Prophète dit; « Non, je ne suis pas venu ici avec un glaive pour conquérir le territoire. Non. Je suis venu ici pour donner le Message de Dieu ». Il demanda à ses hommes, à ceux qui l’avaient accompagné pour tracer le chemin: « Etes-vous venus ici avec l’ambition de conquérir des terres? » « Jamais! » répondirent-ils  » c’est pour la Cause, pour Dieu, pour le Prophète que nous donnions notre vie. Nous ne voulons rien de ce monde, nous voulons notre Prophète. Le Prophète répliqua: « Je viendrai avec vous, resterai dans votre pays et y mourrai ».

C’est une telle personnalité qui sympathise avec l’homme, qui a traversé toutes les difficultés de la vie, qui sait ce qu’est un foyer, qui a couru les champs de bataille et a connu ce qu’il en était, qui a vu ce que signifiait l’exil, qui a senti ce que c’est d’être orphelin, qui a expérimenté l’abandon comme enfant à une nourrice, qui a vu ce que c’est d’avoir ses meilleurs amis qui tournent le dos; et qui a vu aussi les meilleurs côtés de la nature humaine. Ceux qui s’attachaient avec dévotion au Prophète considéraient que lui sacrifier leur vie était la moindre des choses. D’ailleurs, un tyran peut s’attirer du succès pendant un temps, mais un tyran ne laissera jamais cette impression d’amour et de sympathie, une impression qui dure encore, gravée dans le Ciel, que la terre conserve et qui crée une atmosphère; des milliers d’hommes qui au simple nom du Prophète ne peuvent s’empêcher de verser des larmes. Ainsi est le phénomène du Message Prophétique. Quelle que soit l’époque où il arriva ou arrivera, il fera son impression et laissera la marque vivante du Verbe Divin.

 

APHORISMES par

HAZRAT INAYAT

La beauté est le désir de Dieu accompli dans le monde objectif.

A quoi mène l’amour de Dieu? Il mène à cette paix et à cette tranquillité que l’on peut voir dans la vie de l’arbre: il fleurit et fructifie pour les autres et ne demande pas de réciproque.

Il n’y a rien dans ce monde qui ne parle pas. Chaque chose et chaque être crie continuellement sa nature, son caractère et son secret; et plus le sens intérieur est ouvert, plus il devient capable d’entendre la voix de toute chose.

 

SURAS des onze bénédictions du GAYAN

Béni celui qui dans sa vie a trouvé le but de sa vie.

Béni celui qui repose dans la demeure de son âme.

Béni celui qui entend l’appel du minaret de son cœur.

Béni celui qui voit l’étoile de son âme comme on voit de la mer la lumière dans le port.

Bénis sont les innocents qui croient et ont confiance.

Bénis sont ceux qui luttent patiemment pour la cause de la vérité, et ne se lassent pas.

Bénis sont ceux qui craignent de faire aux autres le moindre mal en pensées paroles ou actions.

Bénis sont les amis désintéressés et ceux dont la devise dans la vie est: constance.

Bénis sont ceux qui couvrent les cicatrices des autres même à leurs propres yeux.