Alfred Herrmann : Le mystérieux subconscient


10 Feb 2009

Le mystérieux subconscient par Alfred Herrmann

(Revue Être Libre. Numéro 250, Janvier-Mars 1972)

« L’homme est un microcosme », c’est-à-dire un petit univers.
Cette phrase n’est pas extraite d’un ouvrage philosophique, religieux, ésotérique mais du « Traité de Composition Musicale » de Vincent d’Indy, écrit vers le début de notre siècle.

Vincent d’Indy, ce grand musicien, était également un grand penseur et, en présence de la complexité de la composition musicale, il avait entrevu la complexité de la constitution même de l’homme. L’être humain, en effet, est un inconcevable enchevêtrement d’éléments matériels, psychiques, parapsychiques, inertes, animés ainsi que d’éléments dont la nature nous est inconnue.

Il est composé — pour ne considérer qu’un seul aspect de sa constitution — de milliards de myriades de cellules ; chaque cellule est un petit être vivant et conscient : vivant, car la cellule est capable d’exécuter n’importe quel mouvement et de penser, la pensée étant la faculté d’exécuter des « choix entre les choses » et des computations. Nous entendons par computation l’exécution, sans aucun instrument matériel et sans aucune matérialisation, des opérations logiques les plus nombreuses et compliquées (calculs, solutions de probabilités, résolution de problèmes différentiels ou intégraux), et — conscient, car la cellule, aussi primitive ou élémentaire soit-elle, est capable de recueillir des informations du milieu où elle se trouve et de réagir à la perception de ces informations en effectuant une computation. Le processus information-perception — computation-réaction est caractéristique de l’animation et de la vie même si le circuit en question est réduit à sa plus simple expression. Les myriades de cellules sont reliées entre elles par des connexions d’espèces les plus diverses ; elles sont associées en groupes cellulaires selon leur nature et leurs fonctions, ces groupes étant à leur tour associés ou non en complexes cellulaires et en organes et, finalement, matières, organes et éléments physiques, chimiques et psychiques forment l’inconcevable synthèse complexe de l’homme.

Ce complexe, en effet, est inconcevable et l’imagination la plus fertile est incapable de saisir ne fut-ce qu’une fraction de l’ensemble de ses mécanismes.

Dès lors, que faire lorsqu’on se trouve en présence d’un élément aussi compliqué et imbriqué ? Deux seules choses : faire montre d’une grande modestie en se contentant d’une analyse très élémentaire et schématisée ne comprenant qu’un nombre restreint de tous les aspects qu’elle comporte ; ensuite, ayant arrêté un schéma de référence ne comportant que les aspects les plus accessibles, les plus intéressants et les plus essentiels, décomposer le complexe en ses parties essentielles selon leur nature et leurs fonctions. Cette décomposition est évidemment toute théorique car toutes les composantes de l’être humain, aussi microscopiques soient-elles sont interconnectées et ne peuvent être isolées que par la pensée.

Toutefois, le processus ainsi défini est celui qui est d’usage courant lorsque l’on désire comprendre le fonctionnement d’un élément complexe. Si, par exemple cet élément est un avion, on le décomposera par la pensée en fuselage, ailes, train d’atterrissage, commandes, dispositifs pneumatiques, électriques, électroniques, etc… Et si l’on comprend quelque chose à ces différents organes, si l’on comprend également, dans leurs grandes lignes les corrélations entre ces éléments, on aura déjà déblayé le chemin d’une compréhension meilleure de l’élément considéré.

C’est en effet de cette manière que nous nous efforcerons de procéder en ce qui concerne l’homme : le décomposer théoriquement et par la pensée en quelques parties essentielles selon leur nature et leurs fonctions ; rechercher ensuite quelques corrélations d’espèces connues, entre ces parties.

***

Maintes philosophies ou religions, se sont efforcées de définir les parties constitutives de la personne humaine. Ces tentatives et les dogmes qui en ont été déduits n’ont apporté que des résultats exagérément simplistes ; ou bien, en appliquant cette méthode, le problème n’a été résolu que d’un seul point de vue, souvent subjectif.

La partition en un corps matériel et une âme immortelle, par exemple, est trop élémentaire.
Les partitions effectuées par différentes théories spiritualistes d’origine chinoise, hindoue, arabe, les concepts chrétiens, théosophiques et j’en oublie, comprennent beaucoup d’aspects positifs mais n’envisagent jamais l’ensemble du problème.

Sans avoir la prétention de résoudre celui-ci, nous nous efforcerons toutefois d’en réaliser une approche meilleure et plus complète en nous basant sur une comparaison à une œuvre humaine connue de tout le monde : une grande expédition spatiale, par exemple l’une des expéditions « Apollo » au cours de laquelle l’homme a foulé le sol lunaire.

Une expédition « Apollo » est constituée, dans ses grandes lignes, par 4 éléments principaux :
L’ensemble de l’expédition, sa conception, son planning, son organisation, sa réalisation, les calculs, la programmation, les maquettes, les mock-up, les essais, le choix de l’équipage et son entraînement, etc., en un mot une véritable individualité de l’expédition.
— La cabine spatiale avec le module.

Par-dessus la cabine et le module, leur équipage qui dirige les opérations.
— Les postes terrestres de Houston, Cap Kennedy, etc…, en liaison permanente avec la cabine, le module et leur équipage.

Cette composition (par la pensée bien entendu) de l’expédition lunaire trouve sa réplique dans celle de l’être humain et, en général de toutes les créatures vivantes.

— L’ensemble de l’expédition trouve sa réplique dans ce que nous pouvons appeler le « facteur d’individualité ». Ce facteur conditionne la personnalité humaine du point de vue matériel, psychique et transcendantal. Il conditionne surtout l’exécution des programmes de la formation d’un individu à partir des semences germinales et en particulier la réplication et l’équilibre des différentes cellules et groupes de cellules. Ces mécanismes de l’exécution des programmes issus des germes et de la réplication des cellules diffèrent d’un individu à l’autre, la preuve en étant fournie, entre autres, par la difficulté d’opérer des greffes d’organes d’un individu sur un autre. Le même processus apparaît dans l’ensemble de l’expédition « Apollo ». Les plans, les pièces, les appareils, l’équipage ne peuvent pas être utilisés pour une autre expédition même similaire.

— La cabine et son module trouvent leur réplique dans le conscient de l’homme. A l’équipage correspond ce que l’on peut appeler la « personnalité profonde » qui est une sorte de « commande supérieure et transcendantale » de la personne humaine. La « personnalité profonde », souvent appelée (improprement d’ailleurs) « l’âme » possède une existence à la fois dans les plans matériel et psychique et dans les plans transcendantaux inconnus au complexe mental de l’homme. Elle est également étudiée dans différents domaines philosophiques et religieux, par exemple dans le cadre du « nirvana » ou du « satori » des religions bouddhistes (les concepts du « nirvana » et du « satori » sont décrits et expliqués avec beaucoup de clarté dans plusieurs ouvrages de Monsieur R. LINSSEN, notamment dans la « Spiritualité de la Matière »).

— Les postes terrestres de Houston, Cap Kennedy, etc. trouvent leur réplique dans le subconscient de l’homme.

Le conscient et le subconscient sont deux entités bien distinctes quoique réunis en une seule et même « individualité ». La cabine Apollo et les postes terrestres ont une importance à peu près égale, toutefois les postes terrestres possèdent un volume et une extension beaucoup plus élevés que la cabine. De même, chez l’homme, le conscient et le subconscient jouent des rôles d’importance à peu près égale ; toutefois le subconscient possède un volume d’éléments les plus divers et une extension supérieure à ceux du conscient et nous lui accorderons la priorité dans la description, qui va suivre, de ces deux éléments essentiels de la personnalité humaine.

LE SUBCONSCIENT

Les différentes fonctions du subconscient (délimitées également par la pensée seulement) peuvent être classées de la manière suivante :

1) Commande, programmée par les informations génétique des mécanismes essentiels du soma et du psychisme de l’homme :
a) naissance, réplication, mort des cellules des différentes espèces, équilibre cellulaire. Corollaires : santé physique et psychique, croissance, vieillissement.
b) Commande du métabolisme – réactions chimiques créant les énergies nécessaires au fonctionnement de la motilité et de la pensée, des organes : cœur, foie, etc., circulation du sang, etc.
c) interventions fortuites et stratégies en cas d’attaques par des agents intérieurs ou extérieurs, programmées et computées tout à la fois ; par exemple : réparation de tissus si nous sommes blessés, « réparation » de membres cassés, défense en cas d’infection, formation d’anticorps, etc.

2) Formation de nos « archives mnésiques » (mémorisation d’images, d’actes, de souvenirs, etc. en provenance de notre propre vie) ; accès à certaines « archives mnésiques » en provenance des parents, des ancêtres, d’un grand nombre d’individus (subconscient collectif de Jung). — Accès aux « archives cosmiques », c’est-à-dire à un nombre pratiquement illimité d’informations de caractère quasi omniscient, en provenance de générations présentes et antérieures et même du cosmos tout entier (vraisemblablement aussi en provenance des civilisations, logiquement en nombre infini qui peuplent l’univers) ; accès à des informations et « archives » originaires d’autres plans cosmiques inaccessibles à notre complexe pensant.

Cette accumulation pratiquement infinie d’informations mémorisées ou potentielles, cet accès à un nombre quasi « infini » d’informations de toutes provenances, confère au subconscient le volume et cette envergure gigantesque sur lesquels nous avons déjà mis l’accent. Les propriétés, ainsi décrites, rapprochent la nature du subconscient de celle des postes terrestres de Houston, etc. qui sont en relation avec des postes semblables répartis dans toute l’Amérique et avec des observatoires disséminés dans le monde entier (par exemple les observatoires de Jodrell Bank, Bochum, etc.)

3) Archives paranormales. — Le subconscient possède des informations qualifiées de « ésotériques », parapsychiques, paranormales, etc. capables de donner naissance à des manifestations telles que la télépathie, la prémonition, la prédiction de l’avenir, les miracles, les guérisons miraculeuses, le spiritisme, les magies blanche et noire, etc.

Nous ne désirons exprimer aucune opinion précise au sujet de ces diverses manifestations dont l’étude sort du cadre du présent article, mais nous avons le droit d’affirmer qu’aucune de ces manifestations — réelles ou illusoires — ne peut être réalisée sans l’intervention du subconscient et de son stock d’informations les plus diverses.

La plupart de ces informations, les programmations, les diverses activités du subconscient sont apportées au subconscient par la voie génétique, ainsi que par une mystérieuse « voie cosmique », méiose, conception, etc. Le subconscient contient un grand nombre d’informations accessibles au conscient mais aussi d’informations inaccessibles au conscient. Étant donné que le transfert d’une fraction importante de ces informations inaccessibles s’opère par la voie génétique, il ne faut pas s’étonner du fait que nous possédons, dans notre subconscient, des myriades d’éléments et d’informations dont nous ne sommes nullement conscients, que nous ignorons et qui pourtant influencent notre comportement et notre vie quotidienne. Ce processus constitue même un des plus grands mystères de l’activité et du comportement humains. Les relations entre le conscient et le subconscient, la possibilité ou l’impossibilité d’extraire des informations du subconscient feront l’objet d’une analyse ultérieure ; néanmoins, avant d’aborder cette question, il y a lieu de définir, tout d’abord, les caractéristiques principales de la nature et des fonctions du conscient.

LE CONSCIENT

Le conscient — du moins en apparence — possède un nombre d’activités moindre que le subconscient, mais ces activités s’exercent dans des domaines différents et parfois très élevés. On peut les résumer comme suit :

1) Du point de vue matériel et psychique : commandes de la motilité et de la pensée, c’est-à-dire des activités conscientes de l’homme. Ces activités s’exercent dans des plans de référence très différents de ceux du subconscient : plans social, humain, éthique, artistique, plans transcendantaux. Les activités du conscient — le nom l’indique — sont d’une nature essentiellement consciente mais d’une conscience d’un degré supérieur à celui de la conscience de la cellule, des végétaux, des animaux (v. précédemment) Ces activités sont capables de juger consciemment les consciences (information-perception — computation — réaction) telles que les possèdent les éléments animés inférieurs. En réalité, il s’agit bien d’une « conscience de 1a conscience » propre à l’homme, qui place ce dernier à un niveau plus élevé de l’évolution cosmique.

2) Une activité qui possède le même caractère « conscient du conscient » est la faculté d’agir selon un certain libre arbitre. Le concept du libre-arbitre, propre à l’homme puisque lui seul possède « la conscience de la conscience », a été souvent mal défini, décrit et expliqué par les philosophies et les religions. Aussi est-il nécessaire de le caractériser d’une manière à la fois simple et compréhensible :
Le libre arbitre comprend deux propriétés bien distinctes dont chacune possède une grande importance :
a) Le libre arbitre signifie l’indépendance absolue de toute programmation naturelle, cosmique et de tout conditionnement par la Nature ou les hommes. De toute l’échelle des créatures vivantes, l’homme seul possède cette faculté. Chez les animaux, par exemple, tout fonctionnement conscient est programmé et prisonnier de ce programme. C’est cette liberté d’action relative consciente mais prisonnière d’un cadre de programmes transmis par voie génétique, que l’on a désignée par le terme assez ambigu d’instinct.

Les pensées et les actes de l’homme sont partiellement programmés mais aussi partiellement libres de toute programmation, de tout conditionnement.

b) Le libre arbitre de l’homme n’est jamais illimité, mais compris entre certaines limites imposées par les intérêts des autres hommes, de la société, du cosmos tout entier. Nous caractériserons ces limitations d’une manière simple et compréhensible en procédant une fois de plus, à une comparaison avec certaines activités et fonctions des organes et mécanismes de l’expédition lunaire « Apollo ».
L’équipage de la cabine (le conscient) est libre de manœuvrer celle-ci à sa guise, de la diriger dans n’importe quelle direction, de la tourner, la retourner, lui faire suivre n’importe quelle trajectoire.

Cette liberté absolue de manœuvrer est, selon beaucoup de concepts philosophiques et religieux, celle qui serait attribuée au libre arbitre. Ce concept est totalement erroné car le libre arbitre est toujours conditionné, limité et restreint par les milieux, les circonstances et les domaines où il est en état de s’exercer.

Les manœuvres de la cabine « Apollo » ne peuvent pas être quelconques. Certes, elles pourront être empreintes d’une certaine fantaisie, d’une certaine imagination (par exemple la faculté de retourner la cabine afin d’admirer un effet de lumière) mais elles ne peuvent jamais être arbitraires, sinon la trajectoire de la cabine pourrait se trouver modifiée dans le mauvais sens et l’expédition tout entière, y compris la vie des pilotes, serait menacée.

La liberté de manœuvrer la cabine est limitée à quelques mouvements bien précis. Les autres manœuvres sont subordonnées à des directives imposées par les postes terrestres (le subconscient) ou par des systèmes de calculs, d’observation ou d’ordinateurs, opérant soit dans la cabine, soit incorporées dans les postes terrestres.

Il en est de même du conscient : l’homme possède un libre arbitre ; il peut se livrer à n’importe quelle activité, commander à sa guise ses mouvements, ses actes, sa pensée ; seul de toute l’échelle des créatures vivantes, il est capable d’agir consciemment d’une manière autonome, libre de toute programmation, de tout conditionnement ; toutefois son libre arbitre est volontairement cadré ; en fonction des appréciations du libre arbitre même, l’homme est en état de classer les actes et les pensées en activités positives selon un cadre de référence personnel, social, cosmique ou transcendantal et ceux qui sont négatifs selon les mêmes critères ; il s’efforcera toujours d’orienter ses actes et ses pensées dans le sens positif, même si ce sens n’est positif qu’à son appréciation et négatif pour d’autres ; les commandements du libre arbitre sont influencés, entre autres, par des informations en provenance du subconscient et de la personnalité profonde. Tel est le libre arbitre, conçu d’une manière objectivée, apanage du seul conscient humain. L’absence de libre arbitre chez les animaux peut être comparée aux expéditions spatiales dirigées exclusivement à partir de la terre, telles certaines expéditions lunaires soviétiques. Chez les animaux, la presque totalité des actes et des pensées est programmée ou alors conditionnée par une intervention humaine : réflexes conditionnés, le principe n’est pas absolu puisque les espèces supérieures possèdent quand même une certaine fraction — à vrai dire insignifiante — de libre arbitre ; vis-à-vis des commandes programmées ou conditionnées, ce fragment de libre arbitre est pourtant négligeable.

3) Les relations avec le subconscient : échanges d’informations, commandes partagées : cœur, foie, circulation du sang, état somatique ou psychique, etc. Ces relations seront analysées avec plus de détails dans la suite de notre étude.

4) Relations avec la personnalité profonde. — Entre cette dernière et le conscient s’établit un échange permanent d’informations dont le mécanisme déborde le cadre de notre étude.

Les échanges en question font l’objet de croyances et de dogmes arrêtés et même parfois imposés par la plupart des philosophies et des religions suggérant, entre autres, les concepts de l’âme, du nirvana, du satori, du karma. Parmi les analyses les plus compréhensibles et objectives des relations (dans les deux sens) entre le conscient et la personnalité profonde, il y a lieu de mettre l’accent sur certains passages d’études écrites par Monsieur R. LINSSEN : « Spiritualité de la Matière », « Le Bouddhisme Zen », « L’Éveil Suprême », etc. Entre autres choses, Monsieur Linssen décrit les mécanismes des actes conscients potentialisés par la personnalité profonde et de l’inverse : potentialisation dans la personnalité profonde — actualisation par le conscient et le subconscient. Selon des concepts hindous et extrême-orientaux très anciens et aussi selon les conceptions de certains philosophes et sages plus modernes, en se plaçant dans un cadre de référence éthique, les actes dictés par le libre arbitre (non programmés et non conditionnés) du conscient de l’homme sont potentialisés dans la personnalité profonde dont ils constituent une certaine forme de « karma » et agiraient ainsi sur l’équilibre positif-négatif, dans un cadre éthique référentiel, de cette personnalité profonde. Nous ne mentionnons cette théorie qu’à titre documentaire car ces considérations, une fois de plus, débordent le cadre de notre étude. Nous n’en retiendrons que l’existence d’une activité incontestable du subconscient ; l’influence qu’il est capable d’exercer sur la personnalité profonde notamment dans les cadres de référence de l’éthique et de la transcendance.

— Inversement, le conscient subit l’influence de la personnalité profonde et du subconscient ainsi que de tous les éléments que contient ce dernier dans les domaines somatiques, psychiques„ paranormaux et transcendantaux, éléments de provenance non seulement dans l’individu lui-même, mais aussi d’autres individus, de la société, du présent, du passé, du cosmos tout entier

RELATIONS ENTRE LE CONSCIENT ET LE SUBCONSCIENT L’ECRAN TRANSDUCTEUR ET FILTRANT

Entre deux entités de cette importance : le conscient et le subconscient, intimement associés dans un même individu mais constituant néanmoins chacune une véritable individualité autonome, il doit logiquement exister de nombreuses connexions dans les deux sens tout comme elles existent, dans le domaine des expéditions lunaires, entre la cabine et les postes terrestres.

Il existe, en effet, un organe de liaison entre le conscient et le subconscient, à qui est conférée la tâche de réaliser les relations, conditionnées par la Nature et programmées, entre ces deux entités.
Cette tâche est double :

En premier lieu, il y a lieu d’observer que le conscient et le subconscient ne « parlent pas le même langage ». Le conscient parle, agit et pense selon un langage humain tandis que le subconscient s’exprime, pense et agit en utilisant un langage cosmique, un langage immatériel, un langage qui a pour substrat non seulement le plan matériel et psychique, le seul qui soit connu du conscient, mais également d’autres plans cosmiques que le conscient est incapable de concevoir, de percevoir et encore moins de comprendre. Par conséquent, l’organe de liaison doit servir de traducteur ou, puisqu’il ne s’agit pas de mots ou de symboles matériels, de transducteur ; c’est un processus qui ressemble à certains points de vue à celui de l’informatique : des programmations sont imprimées matériellement sur des cartes, des bandes ou des disques et transformées en « langage machine », c’est-à-dire en un langage constitué par des pulses d’électrons (transducteurs). Inversement les computations de l’ordinateur subissent une transduction en chiffres, lettres et symboles matérialisés par des bandes imprimées ou exprimés en langage courant par une machine à écrire qui parait être « tapée par un fantôme ».

En second lieu, les relations entre le conscient et le subconscient ne peuvent pas être quelconques. Le conscient ne doit jamais être en état d’extraire du subconscient, pratiquement omniscient, des informations qui ne se rapportent pas aux seules activités (permises par la Nature) de l’individu, à sa vie, à sa pensée; ses déplacements, son métabolisme, etc. Les activités sont strictement cadrées, limitées et programmées par la Nature et les outrepasser pourrait conduire aux pires catastrophes individuelles, sociales ou cosmiques.

L’écran, dont nous avons démontré l’existence plus haut, a par conséquent pour tâche deuxième de filtrer les échanges d’informations, dans les deux sens, entre le conscient et le subconscient.
Comment est constitué cet « écran transducteur et filtrant » (nous le désignerons, dans la suite, par le simple nom « écran » afin de simplifier notre texte).

Assurément, comme toutes les cellules, complexes de cellules et organes entrant dans la composition de la personnalité humaine, il comprend une fraction matérielle, une fraction psychique et une fraction transcendantale.

Le concept de l’écran étant trop nouveau, il n’a été ni localisé ni étudié par la science officielle sinon d’une manière involontaire et indirecte.

Tout ce que l’on peut affirmer, c’est que la composante matérielle et psychique de l’écran est localisée non seulement dans le cerveau et ses dépendances mais aussi dans le corps humain tout entier.

L’écran — au même titre que le conscient et le subconscient — appartient à l’individualité d’une créature. Il caractérise non seulement l’individualité mais aussi l’espèce. Les écrans d’un insecte, d’un poisson, d’un oiseau, d’un mammifère, d’un homme sont très différents puisque la nature des informations que leurs conscients sont capables d’extraire de leurs subconscients diffèrent et sont spécifiques de l’espèce à laquelle la créature appartient. De plus, les écrans d’une même espèce, les écrans de deux hommes diffèrent et caractérisent, tout comme les conscients et les subconscients, l’équilibre cellulaire, la motilité, le métabolisme, la pensée, en un mot l’individualité. L’écran d’un même individu varie d’un jour à l’autre, d’un âge à l’autre puisque la partie matérielle des écrans, fonction des équilibres cellulaires, se modifie à chaque instant.

Tout comme le conscient et le subconscient, la nature, la constitution et les fonctions cadrées de l’écran se transmettent, au travers des générations d’individus, partiellement par la génétique, partiellement par des voies cosmiques peu connues. La fraction matérielle et psychique de l’écran est contenue dans les cellules germinales.

MECANISMES DE L’ECRAN TRANSDUCTEUR ET FILTRANT

Chez les créatures inférieures : virus, microbes, cellules, végétaux, coquillages, insectes, etc., le conscient est fort réduit au point d’être insignifiant tandis que le subconscient est fort développé. Les activités du conscient se réduisent à un certain automatisme qui, toutefois est conscient puisqu’il comprend toujours le mécanisme : information-perception-computation-réaction. Le « range » (le champ d’action) si peu étendu du conscient, réduit l’activité de ce dernier à une simple action du genre « pousse-bouton » tout comme le mécanisme de l’ascenseur où l’on pousse un bouton, un complexe électronique programmé faisant le reste : priorités, distribution des arrêts et des démarrages, etc., etc.

Prenons un exemple de créature très primitive, un virus : Celui-ci, par des organes sensoriels mystérieux mais très élémentaires, néanmoins, perçoit « consciemment » la présence d’un microbe. Après une « computation », il décide de l’attaquer et pousse sur le bouton « attaque du microbe » de son subconscient. Ce dernier possède les moyens de déclencher une véritable stratégie exécutée par des moyens aussi peu connus qu’énigmatiques : localisation du microbe, introduction d’une minuscule « seringue de Pravaz » contenant l’ADN du virus (et ainsi de suite) jusqu’à la mort du microbe, éventré par les petits virus éclos de l’ADN.

Chez les insectes, les exploits du subconscient sont encore plus étonnants : piqûre d’une larve au micron près, tissage des toiles de l’araignée, recherche du miel par les abeilles, organisation des fourmilières et des termitières.

Certains poissons, certaines tortues sont capables d’effectuer des migrations au travers des océans, sur des milliers de kilomètres. Les oiseaux migrateurs trouvent leur chemin sous la dictée de leur subconscient qui réussit même à les guider d’après les positions du soleil et des étoiles.

Chez les hommes, enfin, le fonctionnement de l’écran conditionne, entre autres, l’activité tout entière de leur pensée et de leur intelligence.

L’homme le plus intelligent, le plus génial « n’invente » jamais son œuvre : il l’extrait des « archives cosmiques » de son subconscient. Ce processus ne diminue d’ailleurs en rien son mérite : les méthodes qu’il emploie, les efforts qu’il fait sont aussi pénibles que ceux qui seraient requis pour une exploration fonctionnelle de sa pensée, son intelligence, son cerveau.

Nous avons déjà écrit plus haut que deux individus ne possédaient jamais le même « écran ». Leurs écrans possèdent des degrés de « filtrage » différents selon les propriétés matérielles, psychiques, d’intelligence et transcendantales des individus.

Tel individu extrait plus facilement des informations de son subconscient dans tel domaine et plus difficilement dans d’autres. Cet état de choses s’exprime d’une manière courante par l’existence de « dons » dans les domaines des arts, des lettres, de la musique, des mathématiques, des sciences, etc.

A l’appui du principe énoncé, nous citerons deux exemples :
Le calculateur-phénomène Inaudy effectuait des opérations mathématiques à une cadence supérieure à celle de certains ordinateurs (écran ouvert dans le domaine des calculs). Le même Inaudy n’a jamais été capable d’apprendre à lire et à écrire (écran fermé dans le domaine de l’écriture).

— Le guérisseur américain Cayce dictait les techniques à appliquer et les remèdes à faire prendre, pour n’importe quel malade, avant d’avoir appris les rudiments de la médecine.

(A suivre).

Le mystérieux subconscient par Alfred Herrmann

(Revue Être Libre. Numéro 250, Janvier-Mars 1972)

RESUMONS CE QUI PRECEDE

On peut affirmer que chaque espèce animale, chaque genre humain et même chaque homme sont caractérisés, dans le cadre de leur individualité, par la nature et les mécanismes de leur « écran » transducteur et filtrant, au même titre qu’ils le sont par la nature et les mécanismes de leur conscient et leur subconscient. Deux créatures animées, deux êtres humains, n’ont jamais le même écran ; ils ne possèdent pas la même manière d’établir des communications entre leurs conscients et leurs subconscients. Les formations, la nature et les fonctions de leur écran, sont transmis au travers des générations, en majeure partie par la voie génétique mais aussi en partie par les voies mystérieuses et immatérielles des transferts cosmiques.

Le mécanisme d’écran transducteur et filtrant possède sa réplique dans certains mécanismes des expéditions lunaires :

— Effet transducteur : la voix des pilotes de la cabine est transformée en pulses d’ondes hertziennes (transduction) ; les ondes hertziennes, arrivées sur la terre, sont retransformées en paroles par des récepteurs et les haut-parleurs (transducteurs) des postes terrestres. Le même processus inverse permet aux ingénieurs de Houston de se faire entendre par les pilotes de la cabine.
— Effet filtrant : dans les deux-sens, des dispositifs ne laissent passer que des pulses photoniques émis sur une certaine longueur d’onde, éliminant tous les autres.
Le parallélisme, une fois de plus, est étonnant !

Modifications possibles de l’écran transducteur et filtrant.

L’écran transducteur et filtrant n’est pas un élément fixe. Nous avons déjà exprimé l’opinion selon laquelle la partie matérielle et psychique de l’écran, fonction de l’équilibre cellulaire et neuronique, subissait des modifications continues. L’écran d’un enfant est très différent de l’écran de ce même enfant devenu adulte ou vieillard.

L’homme — à l’exclusion des animaux et des créatures inférieures, — grâce au mécanisme dont il dispose afin d’agir « consciemment » sur son conscient et son subconscient est également en état d’agir sur son écran.

Nous analyserons l’examen des divers états de l’écran et des possibilités d’agir sur ce dernier en les réduisant à trois cas fondamentaux :

1) Individus qui possèdent un écran normal et procédés normaux utilisés pour agir sur sa constitution et son fonctionnement.
2) Individus anormaux dont l’écran est affecté d’anomalies et moyens anormaux utilisés pour agir sur l’écran.
3) Cas spéciaux : prophètes, mystiques, « saints », « éveillés », jivanmuktas yogis, etc. Moyens paranormaux et transcendantaux utilisés pour agir sur l’écran.

1)    INDIVIDUS NORMAUX ET MOYENS NORMAUX.

Tout individu normal est animé du désir bien légitime, de développer ses connaissances dans tous les domaines, d’améliorer son état de santé somatique et psychique, d’étendre ses moyens d’exploration des domaines matériels, psychiques, transcendantaux et cosmiques.

Ainsi que nous l’avons déjà exprimé il existe, pour arriver à ce résultat, des méthodes normales, utilisées de tous les temps mais que l’homme appliquait sans connaître l’existence de son écran et sans être animé du désir d’agir sur celle-ci ; il procédait un peu à la manière de Monsieur Jourdain qui « parlait en prose ».

En ce qui concerne l’extension de nos connaissances, les méthodes utilisées à ces fins sont classiques, connues de tout le monde et appliquées avec une infinité de variantes ; lectures études, voyages, méditations, etc. Toutes ces méthodes sont capables d’agir directement ou indirectement sur la constitution cellulaire — matérielle et psychique (l’une est intimement liée à l’autre) — de l’écran.

Un domaine très important à explorer dans cet ordre d’idées est celui de l’état de santé somatique et psychique des individus et des méthodes normales à utiliser afin de faire agir leur conscient sur leur subconscient et inversement grâce à certaines techniques à appliquer à « l’écran ».

Beaucoup de personnes se trouvent dans un état somatique ; psychique ou les deux à la fois, qui laisse à désirer, victimes d’influences réelles ou imaginaires, d’interprétations souvent erronées ou exagérées d’événements ou de situations dans lesquelles elles se trouvent impliquées.

En agissant sur « l’écran », il est possible de remédier à ces anomalies, d’améliorer l’état du conscient en faisant agir le subconscient et inversement.

Un exemple d’états somatiques ou psychiques anormaux et souvent défectueux est l’effet, vrai ou « exagéré » du vieillissement.

Une fois de plus, cet effet peut être combattu et atténué par une action exercée sur le subconscient par l’intermédiaire de l’écran. D’autre part, on ne peut pas nier l’action bienfaisante que possèdent certains médicaments et surtout une médicamentation rationnelle et bien comprise qui auront parfois des répercussions bénéfiques sur des états de santé physiques et psychiques défaillants. Toutefois, l’abus de produits chimiques, de plantes, de thés, de remèdes cueillis dans les livres de « spécialités », dont la société contemporaine a une tendance d’user sans discernement, ne peut exercer que des influences néfastes sur les états de santé somatique et psychique affaiblis de l’homme.

Une des rares méthodes les plus logiques et efficientes pour agir sur le subconscient via l’écran est celle utilisée par les yogas — méthode physique et psychique — inventée et pratiquée sous les appellations les plus diverses, depuis des siècles et peut-être des millénaires, par certains peuples d’Orient et d’Extrême-Orient Beaucoup de yogis de l’Inde et du Tibet sont capables de produire de véritables miracles : guérisons de cas désespérés, rajeunissement, acquisition de pouvoirs parapsychiques, etc. Les méthodes yoguiques que ne doivent pas obligatoirement être accompagnées d’exercices physiques sont en état d’améliorer sensiblement les états somatiques et psychiques des individus, de guérir un grand nombre de maladies et d’états dépressifs, de retarder le vieillissement et d’en atténuer les effets.

Nous rappelons — une fois de plus — que les méthodes yoguiques constituent en majeure partie des moyens d’agir sur l’écran dont l’existence a toujours été intuitivement comprise par les peuples d’Orient et d’Extrême-Orient.

2)    INDIVIDUS ANORMAUX DONT LECRAN EST AFFECTE D’ANOMALIES ET MOYENS ANORMAUX D’AGIR SUR L’ECRAN.

Les individus peuvent être anormaux, dans un sens positif ou négatif, dans le sens du bien ou du mal [1]. On admet généralement, dans un cadre de référence éthique basé sur le bien-être de l’individu et de la société, l’avancement des connaissances dans tous les domaines et les intérêts de l’évolution cosmique (l’on peut adopter d’autres cadres de référence) que les individus anormaux, dans le sens positif sont les génies, les voyants, les guérisseurs, les médiums, et aussi tous ceux qui pratiquent la magie blanche [2].

Les individus anormaux, dans le sens négatif défini plus haut comprennent essentiellement les grands dictateurs, les grands criminels, les simples d’esprit, les fous, les maniaques, les magiciens noirs, les sorciers.

Les uns comme les autres doivent leur anomalie soit à une constitution insolite de leur « écran » soit à un « écran » rendu anormal par des pratiques mal utilisées ou diaboliques, ou encore par des moyens artificiels, mal adaptés ou nocifs : tranquillisants, hallucinogènes, drogues, etc. ou bien encore par le simple abus d’excitants tels que l’alcool, le tabac, etc.

« L’écran » des individus anormaux est souvent normal dans certains domaines, anormal dans d’autres (cas d’Inaudy déjà cité, cas de fous ou maniaques qui paraissent normaux sauf dans certaines circonstances).

Étant donné qu’il est toujours possible d’agir matériellement et psychologiquement sur les cadres, beaucoup d’anomalies négatives sont guérissables. Il n’en est pas de même lorsque l’anomalie est provoquée par des pratiques « magiques » et paranormales, même si les intentions de l’opérateur de ces procédés sont bonnes. Il existe un grand nombre de pratiques paranormales. Leur usage est toujours délicat et il n’y a que de très grands initiés qui soient en état de s’en servir impunément ou bien de les enseigner à d’autres sans les exposer à certains dangers. On nous a cité le cas d’un jeune homme désireux de s’initier à la magie blanche, tombé entre les mains d’un « sorcier » bienveillant mais maladroit, qui n’a pu être sauvé de la folie qu’en toute dernière extrémité grâce à un séjour forcé dans une clinique américaine spécialisée dans ce domaine.

***

Le désir majeur d’un très grand nombre d’hommes — désir conscient ou inconscient — est de se mettre en état d’acquérir une dose maximale de connaissances ignorées par leurs concitoyens. Pour arriver à ce résultat, ils n’hésiteront pas à adopter les méthodes les plus insolites, les plus dangereuses (pour eux-mêmes ou les autres) et souvent les plus absurdes. Les méthodes sont, pour la plupart, celles qui agissent sur le « cadre », l’élargissant dans certaines branches, et permettent aux individus d’améliorer dans les branches considérées, leurs relations, dans les deux sens, entre le conscient et le subconscient. Le fait que ces individus ignorent ou feignent d’ignorer, est que la grande majorité de ces méthodes, si elles permettent parfois d’extraire réellement du subconscient des informations inédites, dans certains domaines, sont capables, non seulement de rétrécir l’effet filtrant du subconscient dans d’autres domaines, mais en paralysant ou en détruisant un grand nombre d’éléments du complexe cellulaire, déforment ou rendent apocryphes les informations « inédites » recueillies. C’est un peu comme si l’individu, introduisant la programmation d’un problème extrêmement compliqué dans un ordinateur, donnait un coup de marteau dans l’un des complexes électroniques de cet appareil : les réponses de l’ordinateur seront ensuite déformées ou fantaisistes. A part les pratiques paranormales, les méthodes destinées à élargir artificiellement — du moins en partie — et dans certains domaines, les voies d’accès du conscient au subconscient et inversement, peuvent être classées en deux catégories principales :

a) à l’aide d’hallucinogènes : champignons et produits du type LSD.
b) à l’aide de drogues (haschisch, chanvre indien, héroïne, etc.)

A) La plus ancienne de ces méthodes, employées autrefois par les chefs politiques et spirituels, les prêtres, les sorciers, etc. réside dans l’utilisation de sucs de champignons et d’autres parasites végétaux dont un alcaloïde extrait de l’ergot du seigle, champignon parasite des céréales. Les premiers ont été pratiqués principalement en Amérique centrale et du Sud par les souverains et les prêtres des « civilisations » Maya, pré-Inca et Inca tandis que les produits extraits de l’ergot du seigle ont été utilisés à profusion en Eurasie et par les souverains et prêtres des civilisations anciennes de l’Asie centrale, orientale et mésopotamienne.

— Les hallucinogènes américaines sont extraits de champignons assez peu abondants dont le « psiloybe mexicana et le « psiloybe zoapoteca ».

Tous les hallucinogènes, y compris le LSD et ses dérivés bien connus de nos jours, sont capables d’élargir dans une certaine mesure les voies libres de l’écran, mais par contre ils détruisent l’équilibre cellulaire de l’individu, principalement dans les régions cervicales. En d’autres termes, si l’individu est en état de bénéficier de certaines « hallucinations » parfois positives, par contre l’équilibre cellulaire de son cerveau et de ses dépendances est perturbé — la destruction complète ou du moins le bon fonctionnement de son complexe pensant sont compromis; il devient un halluciné et un dément. Le processus est quelque peu comparable à une belle forêt dans laquelle on détruirait une espèce animale et qui deviendra tôt ou tard un désert par l’effet de la rupture d’un équilibre naturel de la flore et de la faune. Seuls quelques hallucinés encore peu atteints peuvent être sauvés à l’aide de traitements énergiques.

En analysant des ouvrages consacrés à l’histoire des peuples qui ont vécu autrefois en Amérique centrale et en Amérique du sud, notamment des Mayas et des Incas des zones environnant le lac Titicaca et des hauts-plateaux de la Cordillère des Andes[3], nous sommes arrivé à la conviction (exception faite de la prime-histoire qui se rapporte à des populations mystérieuses et très peu connues ayant vécu à des époques très reculées : plus de 8.000 années avant l’ère chrétienne), que les populations de ces territoires étaient gouvernées par des souverains et menées par des prêtres qui tous étaient des drogués par des substances extraites des champignons hallucinogènes tandis que la population se droguait en mâchant des feuilles de coca (elle le fait encore de nos jours). Il en est résulté que les dirigeants étaient sujets à des visions insolites et recueillaient parfois des informations étonnantes. Il y a tout lieu de croire qu’entre autres, ils possédaient des secrets permettant de déplacer, à l’aide de forces psychiques ou antigravitationnelles, des blocs de pierre pesant plusieurs tonnes que l’on trouve jusqu’à une altitude de 5.000 mètres et de connaître (sans doute par extraction de leurs subconscients) des informations étonnantes concernant, entre autres, l’astronomie et l’architecture.

Par ailleurs, toutefois, ces souverains et prêtres étaient des déments et ce qui plus est, des déments sanguinaires. On emmenait dans des temples, bâtis à une altitude très élevée, des jeunes gens et des jeunes filles que l’on égorgeait pour les sacrifier à la « déesse des neiges »; lorsqu’on érigeait des monuments à Tihuanaco, on creusait des trous autour de ceux-ci dans lesquels on jetait des cadavres de victimes égorgées en grande pompe. Des massacres de centaines de malheureux, sacrifiés pour « contenter » des dieux imaginaires, étaient organisés pour fêter certains événements religieux et politiques. En Amérique centrale, on jetait des jeunes filles dans des cavités rocheuses remplies d’eau et la population d’un village assistait à leur agonie comme aujourd’hui nous assistons à une représentation de théâtre ou de cinéma.

Les faits authentiques précités ne peuvent être attribuables qu’à l’intervention de dirigeants et de chefs culturels déments et sanguinaires par l’absorption d’hallucinogènes.

Des démences analogues ont peut-être été suscitées, au cours de l’histoire et de la préhistoire, par d’autres substances hallucinogènes, notamment par le suc extrait de l’ergot du seigle : les Scythes massacraient, en grande cérémonie, des centaines de prisonniers ; les Phéniciens imaginaient l’existence de dieux féroces tels Moloch et jetaient dans des fournaises des temples de petits enfants brûlés vifs. Les Byzantins crevaient les yeux à 1.500 prisonniers bulgares. On peut difficilement attribuer de pareils forfaits à des hommes normaux, aussi féroces eussent-ils pu être.

De nos jours, on assiste à une recrudescence d’abus hallucinogènes du type LSD. Les effets en sont aussi nocifs. Les hallucinés apportent peu d’informations inédites, utiles à l’humanité mais deviennent tôt ou tard des criminels et des déments incurables.

B) Les drogues.
La consommation des drogues est aussi ancienne que cella des hallucinogènes. Comme ce fut le cas pour les hallucinogènes, les drogues ont été utilisées par des souverains et des chefs religieux ainsi que par des « sorciers » à des fins politiques ou du moins intéressées. Cependant, étant plus accessibles et moins difficiles à se procurer, certaines drogues, telles que les substances extraites de feuilles de coca en Amérique, le chanvre indien et les sucs du pavot, en Asie et en Europe orientale, ont été absorbés par des populations entières qui ont été abêties, réduites à un niveau de robots ou de bêtes et parfois même décimées par les effets de ces drogues.

Celles-ci s’attaquent à l’équilibre cellulaire, à la fois du cerveau et du corps tout entier. Le drogué non seulement devient un dément mais, par une décomposition lente de l’équilibre cellulaire de son corps tout entier, finit par mourir après une longue agonie ou par le suicide. De plus, sa descendance est menacée des pires malformations, des pires monstruosités.

Les drogues ont été souvent répandues dans des buts politiques, même de nos jours. Ce fut le cas lorsque Guillaume II fit distribuer par ses agents de la cocaïne, de la morphine et de l’héroïne dans les milieux diplomatiques et dirigeants des pays qu’il se proposait d’attaquer. Hitler, avant la dernière guerre, fit de même, mais sur une échelle beaucoup plus grande.

Aujourd’hui, des soldats envoyés sur les champs de bataille d’Orient et d’Extrême-Orient sont drogués « officiellement » avant d’aller au combat. Des individus, par ailleurs normaux et paisibles, sous l’effet de drogues, se livrent à des génocides et des exactions dignes des Vandales ou des Huns.

L’abus des drogues frappe des grandes masses de la jeunesse des pays les plus civilisés, tels que le USA, l’Angleterre, la France, la Hollande, la Belgique, et j’en oublie.

Bien davantage que les hallucinogènes qui, malgré leurs effets nocifs, apportent parfois des informations inédites, les drogues n’apportent que des informations faussées et apocryphes — les déformations sont dues à l’effet destructif de l’équilibre cellulaire, non seulement du cerveau, mais du corps tout entier, donc également de « l’écran ». D’ailleurs, les drogués recherchent davantage une certaine euphorie, des rêves « colorés » que des informations inédites ou paranormales.

L’envahissement de la jeunesse par les drogues représente, davantage que les guerres et la criminalité, un des plus grands dangers qui menacent l’humanité contemporaine. Si l’on ne réussit pas à l’enrayer, nous risquerons d’ici peu d’être gouvernés par des fous et des monstres.

***

Nous résumerons ce qui précède en affirmant qu’il existe un grand nombre de méthodes naturelles pour élargir « l’écran » et pour ouvrir son effet de filtrage sur des domaines inédits utiles à l’individu et à l’humanité tout entière. Parmi ces méthodes, celles qui ont une origine lointaine dans la sagesse de peuples orientaux et extrême-orientaux, notamment les méthodes de yoga physiques, psychiques ou les deux à la fois — sont particulièrement recommandables.

Tous les artifices, destinés à la recherche d’un élargissement de l’écran, tels que l’utilisation d’hallucinogènes, de drogues ou bien le recours à des pratiques occultes, ne peuvent conduire qu’à la formation d’hommes et de sociétés décadents, déments ou monstrueux.

3)    CAS SPECIAUX.

Il a existé, à toutes les époques de l’histoire de l’humanité des personnages dont « l’écran » était naturellement ouvert, non seulement à des connaissances inédites contenues dans leur propre subconscient, mais encore à de mystérieuses informations en provenance d’autres subconscients, du passé, du présent et peut-être du futur, du cosmos tout entier, d’autres plans cosmiques que notre plan matériel-psychique, ouvert aux effets de certaines énergies énigmatiques, au captage de messages transmis, dictés et peut-être même imposés par des entités supérieures, transcendantales.
Un grand nombre de ces personnages ont été connus, ont eu leurs noms inscrits dans les livres religieux et d’histoire : Kon-Fou-Tseu, Lao-Tzeu, Moise, Gautama-le-Bouddha, les grands philosophes grecs du siècle de Périclès, le Christ et ses disciples, Mahomet, les grands saints, les grands mystiques — et j’en oublie.

D’autres, par contre, sont restés dans l’ombre. On ne les a presque jamais aperçus, ils n’ont jamais décliné leurs noms, révélé leur identité à qui que ce soit. Et cependant leur influence sur le cours de l’histoire de l’humanité n’en a pas été moindre.

Par ailleurs et de tous les temps — à notre époque également — beaucoup de grands souverains, de conquérants, de chefs spirituels et même de prophètes ont été doublés, si pas dominés, par des « éminences grises » dont les noms sont ignorés. Beaucoup de pays, de nations, de civilisations ont été conditionnés, dirigés et gouvernés par des personnages mystérieux et occultes. D’autres personnages de moindre envergure : des mystiques, des « initiés », des mages, des jivanmuktas, des yogis ont exercé des pouvoirs peu connus, ésotériques, occultes, transcendantaux sur leur entourage, sur des sociétés, sur des contrées entières.

Tous ces hommes — parfois même toutes ces femmes — ont possédé ou possèdent des « écrans » dotés d’ouvertures mystérieuses, paranormales et fortuites, non seulement sur leurs propres subconscients mais encore sur d’autres subconscients, sur des plans transcendantaux et parfois sur le cosmos tout entier.

Ces « ouvertures » peuvent être naturelles ou bien avoir été provoquées ou tout au moins agrandies par des techniques d’initiation secrètes, énigmatiques, hermétiques, en provenance de traditions orales ou de connaissances occultes. Cependant, aucune de ces techniques de caractère exclusivement religieux ou d’initiation, n’attaquera le soma, la psyché, l’équilibre cellulaire de l’individu ; il ne sera jamais exposé à devenir un malade ou un dément ; ces techniques ne sont jamais basées sur l’utilisation de produits stupéfiants, de drogues néfastes.

CONCLUSIONS

Toute créature vivante, et l’homme en particulier, est formée de trois composantes essentielles qui constituent son individualité : le subconscient, réservoir inépuisable d’un nombre pratiquement infini d’informations de toutes les espèces y compris les informations de caractère parapsychologique, paranormal et transcendantal. Le conscient qui représente le « haut commandement » du comportement de l’individu et enfin « l’écran transducteur et filtrant » qui règle les questions les plus essentielles concernant l’individualité : réplication des cellules, formation des organes et de l’espèce, caractéristiques matérielles et psychiques et surtout relations, dans les deux sens, entre le conscient et le subconscient. Chez l’homme — et chez l’homme seul — le conscient, subordonné, caractérisé et actualisé par une « personnalité profonde » de caractère transcendantal, possède une nature « consciente de la conscience » et probablement « consciente de la conscience de la conscience… » en série limitée ou illimitée ; il possède également un certain libre arbitre.

Le souci majeur de tout homme est d’ouvrir certaines « vannes » de son « écran » afin d’avoir accès à des connaissances inédites et de plus en plus profondes. Les « vannes » peuvent être élargies par des moyens naturels ou artificiels. Parmi les moyens naturels, il y a lieu d’accorder une importance toute particulière à ceux qui, tels les pratiques yogis, sont capables d’agir sur des fonctions qui dépendent à la fois du conscient et subconscient : respiration, métabolisme, cœur, foie, voies digestives, équilibre cellulaire, développement matériel et psychique de l’individu, état de santé somatique, psychique, transcendantal et encore beaucoup d’autres.

Les méthodes artificielles (drogues, hallucinogènes, stupéfiants, pratiques magiques « blanches » ou « noires ») n’apportent que l’illusion d’un « écran » élargi et, en détruisant l’équilibre métabolique et cellulaire, ont pour conséquence un afflux d’informations d’apparence inédite et transcendantale mais qui, en réalité sont déformées et souvent apocryphes à cause de la destruction de plusieurs complexes cellulaires dont l’anéantissement conduira tôt ou tard l’individu vers la démence ou la mort.

Les pratiques naturelles et saines destinées à « élargir l’écran », les techniques physiques ou psychiques courantes, des techniques nouvelles à découvrir encore et ne comportant l’utilisation d’aucune drogue ni d’aucune action « magique », des techniques anciennes mais élaborées par des « initiés » (grands chefs spirituels, prêtres authentiques, savants sincères, jivanmuktas, etc.) sont et seront toujours capables d’ouvrir des perspectives de l’humanité sur des horizons nouveaux, lui apporteront des connaissances inconcevablement élargies.

Par ailleurs, il résulte des derniers travaux scientifiques effectués dans un domaine encore nouveau, qu’une fraction de 10 % seulement du cerveau humain est en activité et peut fonctionner d’une manière régulière tandis qu’une fraction de 90 % du cerveau est, si pas totalement inactive, du moins insuffisamment meublée d’activité.

A l’époque où le cerveau tout entier pourra être mis en état de fonctionner selon des activités à 100 % — et cela ne sera possible qu’en élargissant « l’écran » — nous serons en mesure d’explorer non seulement le plan matériel qui nous est déjà familier, mais d’autres plans cosmiques et transcendantaux et d’acquérir des connaissances nouvelles — sur tous les plans — à côté desquelles nos connaissances actuelles, aussi étonnantes qu’elles puissent paraître, ne sont que jeux d’enfants.

POST-SCRIPTUM

Au cours de l’une des inestimables réunions qui se tiennent chez la Comtesse A. de Limburg Stirum, nous avons écouté une conférence sur la « psychologie du Zen » donnée par Mr. Jacques Castermanne, collaborateur et disciple du Comte K. Von DURCKHEIM.

Pendant les discussions qui ont suivi la conférence, Monsieur Robert LINSSEN a formulé une remarque très juste et pertinente, relative au subconscient :
« Supposons un instant qu’un mille-pattes soit doué de conscience et capable d’agir consciemment sur le mouvement de ses pattes, par exemple sur la séquence des pattes nos 34 et suivantes. Dès lors, il risquerait de se fourvoyer et de ne plus être en état de se déplacer en faisant usage de ses petits membres mobiles, trop nombreux. »

La remarque de Monsieur LINSSEN est très exacte, Seul un mouvement programmé et subconscient est en état de commander, sans aucune défaillance, des mouvements aussi complexes que le déplacement d’un mille-pattes, le vol d’une mouche, la reptation d’un serpent, le saut d’un chat.

Il y a quelques années encore, les ascenseurs, commandés « consciemment » ou par des liftmen mécontentaient à peu près tout le monde, dédaignant les attentes et les priorités. Aujourd’hui, nous poussons sur un bouton et un mécanisme électronique programmé et parfaitement objectif, fait le reste. Grâce à cette programmation bien comprise, toutes les exigences des usagers sont satisfaites dans un minimum de temps.

Toute créature vivante, depuis le virus jusqu’à l’homme, possède un conscient qui agit le plus souvent à la manière « pousse bouton ». L’écran transducteur et filtrant représente le mécanisme électronique qui, comme dans le cas de l’ascenseur, déclenche d’une manière rationnelle l’intervention programmée, précise et dépourvue d’erreurs, du subconscient.

Le mille-pattes, par l’intermédiaire de son « écran », déclenchera le mécanisme programmé et infaillible de son subconscient qui commandera, sans aucune omission, les différents et très nombreux mouvements de son complexe motile.

Remarquons en passant — une fois de plus — que puisqu’il y a « programmation », il y a « auteur de ces programmations » et que cet auteur ne peut être qu’une énergie psychique et transcendantale, des millions de fois supérieure au psychisme de l’homme dont elle a effectué la synthèse et règle les activités.

L’exemple du mille-pattes peut être aisément étendu à l’homme.

Par exemple : Lorsque nous marchons dans la rue, nous avons « appuyé » sur l’une des « touches » qui commandent les milliards d’instructions qui règlent notre mouvement de la marche. Si nous voulons changer de direction, nous « appuierons sur une autre touche ». Les « touches » agissent sur l’un des nombreux mécanismes de notre « écran ». Ce dernier déclenchera, dans notre subconscient, l’entrée en fonction de l’une des myriades de programmations qui conditionnent, presque sans aucune erreur, les myriades de myriades de computations suivies d’instructions suivies elles-mêmes de réactions qui commandent notre marche équilibrée.

La complexité des mécanismes de « l’écran » est infinie et presque inconcevable. Pendant que nous marchons, nous sommes en état de regarder, d’entendre, de déplacer n’importe quelle autre composante de notre corps, de parler, de lire, de penser, d’agir. Chacune de ces opérations, en nombre presqu’illimité, déclenche une nouvelle fois des myriades de myriades de perceptions, de computations, de décisions, de réactions, les unes étant conscientes, les autres semi-conscientes ou subconscientes, la majorité d’entre elles étant programmées.

Le cadre de la présente étude nous empêche de détailler davantage le sujet qui demanderait plusieurs volumes pour être développé.

L’intervention de Monsieur Linssen, outre qu’elle nous a inspiré les raisonnements que nous venons d’exposer, nous permet, en outre, de formuler deux remarques très importantes :

— En premier lieu : notre conscient est faillible tandis que notre subconscient, dans une large mesure, est infaillible. Par conséquent, nous aurons toujours intérêt à faire agir notre subconscient et ses programmations naturelles directes (par les forces psychiques supérieures du cosmos) plutôt que notre conscient.

L’une des caractéristiques de l’affaiblissement des facultés mentales d’un individu, en particulier le déclin dû au vieillissement, est la volonté de remplacer les pensées et les actes subconscients (plus précis mais souvent méprisés « parce que nous n’y sommes pour rien ») par des actes conscients, tenus en haute estime par notre nature orgueilleuse, mesquine et subjective. Les actes conscients — sauf dans les domaines scientifiques — intellectuels et transcendantaux, sont très souvent moins efficients et moins précis que les actes subconscients.

Le grand mérite du yoga est justement la tendance de s’adresser à notre conscient, de le faire agir plus correctement en développant les activités de « l’écran », en subordonnant ce conscient le plus intégralement possible aux influences et aux programmations du subconscient, transmises et traduites par l’écran (programmations naturelles, parfois d’origine cosmique, paranormale, issus d’un « psychisme supérieur ».

— La deuxième remarque est que les disciplines « cartésiennes », « rationalistes », « matérialistes » et analogues s’efforcent toujours de subordonner les critères de notre pensée à une appréciation consciente par notre complexe mental, petit ordinateur instable, peu précis et fallacieux, de vanter les qualités de notre conscient et de mépriser les myriades d’éléments de qualité supérieure et omnisciente qui peuplent notre subconscient.

D’aucuns parlent déjà qu’il sera bientôt nécessaire de nous débarrasser du « carcan cartésien » qui entraverait le progrès de nos connaissances.

Cet argument n’est pas tout à fait exact car il paraîtrait plus opportun d’élargir ce « carcan » — si « carcan » il y a — de faire un usage opportun de tous les éléments scientifiques et précieux, cartésiens ou autres, qui nous ont été légués par nos prédécesseurs mais de nous efforcer d’orienter les connaissances humaines à la fois vers une poursuite de la voie classique, tracée par nos ancêtres et dans une voie qui s’efforcerait de percer tous les mystères du cosmos, y compris ceux de caractère ésotérique, parapsychologique ou paranormal.

Le yoga bien compris et pratiqué dans des domaines à la fois physiques, psychiques et transcendants, constitue déjà un premier pas à effectuer dans cette direction, un pas qui ne demande pas d’efforts surhumains et dont les effets sont très bénéfiques.

A. HERRMANN.

[1] Le sens du bien et du mal a été souvent mal compris et mal défini. Il doit être pris, du point de vue cosmique et éthique, selon un cadre de référence, c’est-à-dire une morale (bonne ou médiocre) que L’on prendra pour base. Le bien est tout ce qui contribue à la bonne interprétation du cadre, le mal est tout ce qui s’y oppose. Il n’existe pas de cadre de référence absolu. Toute éthique, toute philosophie, toute religion a adopté un cadre moral de référence. Les cadres diffèrent souvent essentiellement. Pour notre étude, nous avons adopté pour cadre de référence celui qui est basé sur le bien-être de l’individu et de la société, L’avancement des connaissances dans tous les domaines et les intérêts de L’évolution cosmique.
[2] La magie blanche est celle qui fait usage de processus et de pratiques parapsychiques, paranormales et occultes dans un intérêt collectif (et non pas un intérêt personnel) et dans le sens positif d’un cadre de référence éthique constitué essentiellement par les connaissances et les intérêts supérieurs de L’homme et de la société, par tout ce qui peut contribuer à l’épanouissement du cosmos (dans le plan matériel-psychique ou dans d’autres plans cosmiques). La magie noire est celle qui est exercée en faisant usage des mêmes processus parapsychiques, paranormaux ou occultes, dans un intérêt égoïste ou personnel ou bien dans le sens négatif du cadre de référence éthique décrit plus haut.
[3] Entre autres : TIHUANACO par Simone WAISBARD (Robert Laffont) et TIWANACO par Carlos Ponce Sangines et Gerardo Mogroveyo Perrazas, Publication de l’Académie des Sciences de Bolivie 1970.