le Professeur Gabriel Monod-Herzen : Le racisme


12 May 2010

(Revue Panharmonie. No 196. Octobre 1983)

Qu’est-ce que le racisme ? J’ai posé la question à plusieurs reprises. J’ai pas mal voyagé, j’ai vu pas mal de choses et je me suis aperçu que ce n’était pas la même chose pour tout le monde.

J’ai eu différentes réponses :

— Une répulsion pour les gens de couleur ? Non le nazisme était un racisme et les nazis étaient de la même couleur que ceux qu’ils persécutaient.

— Est-ce simplement se croire supérieur à ceux qui ne croient pas comme vous ?

— Est-ce contre les étrangers pris comme boucs émissaires ?

Toutes ces réponses s’adressent aux causes, mais non à la signification du mot « racisme ».

— Dans racisme il y a le mot « race ».

Si on parle de cela à un biologiste il vous répondra qu’il n’y a qu’une seule race humaine, parce qu’au point de vue de l’histoire naturelle, c’est parfaitement défini : Tous les êtres qui peuvent se reproduire entre eux sont de même race. Il n’y a qu’une seule race, car n’importe quel être humain peut avoir des enfants avec n’importe quel autre du sexe opposé, quelles que soient les différences de couleur, de religion, etc.

Le mot « racisme » est donc erroné.

Il y a une chose bien plus grave : j’ai constaté dans la plupart des pays où j’ai vécu, que les gens qui étaient dans les meilleures situations matérielles, se considéraient comme supérieurs aux autres.

En résumé, les Juifs persécutés sont blancs. En Irlande les Protestants et les Catholiques s’entretuent et pourtant ils sont tous nés sur le même territoire, ils sont blancs, mais ils ne peuvent pas se supporter, chacun croyant posséder la seule vérité.

Allez demander aux gens du Levant ce qu’ils pensent des Catholiques romains ! Suivant la personne à laquelle vous vous adresserez, vous aurez une réponse très différente.

A la suite de tout ce que j’ai vu, j’ai d’abord constaté une chose : le racisme se produit dans tous les sens. Les blancs que j’ai rencontrés en Afrique se considèrent comme très supérieurs et les noirs, eux, ne trouvent pas du tout que les blancs leur sont supérieurs, il y en a même qui les jugent comme nettement inférieurs et d’aucuns disent : « Voyons vous êtes dans mon pays, il y a une grande forêt ici dans laquelle nous allons chasser et nous nourrir de son produit. Si blancs et noirs restent là pendant deux mois, le blanc est mort de faim et le noir s’est parfaitement défendu. Lequel est-il supérieur à l’autre ? ». Pensez-vous que les Chinois se sentent inférieurs aux blancs ? Lorsque les Chinois ont reçu la première ambassade anglaise ils ont demandé aux Anglais de se mettre à genoux devant l’Empereur! On peut s’imaginer la consternation de ceux-ci, pour eux les peuples extérieurs au leur étaient moins que rien !

Autrement dit, j’ai vu du racisme dans tous les sens car, pour la plupart des gens il y a une hiérarchie des humains suivant certains caractères extérieurs et suivant les religions. Cela se trouve partout et aussi en Inde avec la conception actuelle des castes qui n’est pas celle de leur origine : Brahmines, Kshatryas, etc, commerçants et serfs. Il en était de même chez nous avec le Clergé, la Noblesse, le Tiers-État, le peuple. Certes, les gens ne sont pas semblables, ils sont différents les uns des autres. Il est très naturel que ceux qui se ressemblent dans leurs intérêts, dans leurs goûts, dans leur sensibilité, s’assemblent. Mais cela ne veut pas dire que les autres soient inférieurs. Et c’est là que commence le racisme.

J’ai eu un ami — je peux dire fraternel — il était aussi noir qu’il est possible de l’être. C’était un garçon d’une culture, d’une sensibilité, d’un cœur absolument merveilleux et qui avait des façons, des habitudes de vivre qui, évidemment, n’étaient pas les miennes. Mais, par contre, si j’avais dû prendre sa place chez lui, je n’aurais su le faire.

Ce qui est grave, c’est de faire d’une différence une différence de qualité, parce que cela s’oppose à l’idéal de l’unité humaine. Et c’est cela que nous recherchons. Cela ne se fera, hélas, pas tout de suite, il suffit de regarder autour de soi pour s’en rendre compte. Et pourtant, c’est à cela qu’il faut arriver.

Posons la question dans le domaine religieux : en Inde c’est facile pour deux raisons, il n’y a pas d’église hiérarchique, il y a un nombre de sectes énorme, mais chacune d’elles reconnaît que les autres aussi ont leur place.

Rien qu’au Japon il y a quatre religions principales et chacune d’elles estime qu’elle est la meilleure pour celui qui la pratique, mais cela ne veut pas dire que les autres ne valent rien.

Chez les Hindous et chez les Bouddhistes les plus évolués, l’idée de base est que la meilleure religion est celle qui va vers l’unité humaine. Il y a donc à priori aucune espèce de supériorité. Il y a des supériorités dans un certain sens et à conditions qu’on dispose de certains moyens ; parce que le blanc, nous l’avons vu plus haut, lorsqu’il est privé de certains moyens matériels n’est pas grand-chose ! Ne nous faisons pas d’illusion, nous pouvons avoir une supériorité dans un domaine dans lequel nous avons été spécialement formés, mais cela n’est en aucun cas une supériorité absolue et cela nous empêche d’atteindre l’idéal de l’unité humaine.

Donc, il y a incontestablement unité humaine. Il n’y a que des différences extérieures.

En Inde j’ai posé la question à quelques Hindous et à quelques Bouddhistes dont l’idéal de l’unité humaine avait eu un commencement d’existence dans leur conscience. Je leur ai dit: « Vous avez depuis des siècles des gens qui se battent pour des questions religieuses » et je me suis fait répondre des choses auxquelles je n’avais pas pensé : « Cher Monsieur, vous êtes européen, votre foi était jadis païenne, y a-t-il jamais eu une guerre religieuse chez les païens ? Jamais ! Les Romains ont envahi la Gaule, on s’est battu, on s’est tué… jamais pour des motifs religieux ».

En Inde il y a des Bouddhistes qui subsistent. Il y en a eu beaucoup autrefois. Ils ne se sont jamais battus entre eux. J’ai fini par trouver un cas où il y avait un commando hindou qui avait accueilli un petit groupe de Bouddhistes à la suite de quelque chose qui s’était passé il y a je ne sais combien de siècles. J’ai voulu savoir l’origine de cette unité, en voilà l’explication en langage moderne : Il y a un Dieu unique transcendant. C’est déjà écrit dans le Rig-Véda : Indra, le Seigneur unique, le monde lui donne des noms divers, mais le Réel est Un. Le Dieu unique se manifeste par des milliers de divinités qui sont des expressions spécialisées, personnalisées des possibilités illimitées du Divin, chacune prenant une certaine forme dans la manifestation des Dieux. Personne dans l’Inde ne confondra Brahman avec une divinité quelconque, Brahman est quelque chose qui dépasse tout ce qu’on peut en dire, tout ce qu’on peut en penser, c’est l’Absolu. Il est l’unique Réalité, c’est-à-dire illimité dans le temps et dans l’espace ; l’existence la conscience et la félicité : Satchitananda.

Alors dans la manifestation le Divin, ayant devant Lui une humanité infiniment variée, a donné à chaque groupe humain une manière, une voie pour s’approcher de Lui, pour communier avec Lui qui, pour chaque groupe a une forme différente, de façon à donner à chacun ce qu’il peut comprendre pour Le suivre. Car ce n’est pas la peine d’enseigner la métaphysique ou la théologie à des êtres qui leur sont imperméables. A ce moment-là on leur donne un rite, une certaine mythologie qui est à sa portée. Ainsi tous les groupes, toutes les religions sont équivalentes. Il est donc vain d’en changer.

Sri Aurobindo disait : « Une conversion c’est un viol psychologique, parce que vous avez reçu et accepté une religion. Donc gardez-là et pratiquez-là parfaitement. Cela ne sert à rien d’en changer. Si votre destin vous a fait naître dans tel milieu, avec telles croyances, il faut les utiliser au mieux, tout en sachant que les autres en ont autant. »

Il y a une grande unité derrière tout cela que l’on ne sent pas directement, mais que l’on doit respecter et avec laquelle on doit sympathiser. Si un prêtre est croyant comme je le suis, si l’un et l’autre nous avons un certain mysticisme, nous pouvons par l’élément affectif en nous, nous rapprocher, nous « sentir » et cela va très loin.

Au Soudan j’ai rendu visite à un Musulman qui était très réputé pour sa spiritualité. C’était un homme très remarquable. Je lui ai demandé : « Que faites-vous en tant que Musulman vivant dans un pays qui ne l’est pas entièrement, faites-vous une propagande ? » — « J’essaye, répondit-il, de bien vivre ma religion et cela suffit ! » Shri Aurobindo insistait beaucoup là-dessus, je l’ai entendu répéter souvent : « Dans l’avenir on peut espérer qu’il y aura de moins en moins de religions séparées et beaucoup de spiritualité commune à tous ! »

Dons toutes les religions on trouve des dogmatiques et des mystiques qui peuvent être pris comme modèles par n’importe qui. Évidemment il y a des protestataires. J’en ai eu un exemple avec mon grand-père qui était austère et qui faisait lire l’Évangile tous les soirs. Je lui ai demandé : « Jésus est né, il a été bébé, il a grandi, et ensuite il est parti avec sa famille. Et puis quand il a grandi qu’a-t-il fait ? On nous dit ce qu’il a fait quand il avait trente ans, mais que s’est-il passé entre les deux ? » Il n’y a rien pour nous éclairer là-dessus et mon grand-père, très malheureux, ne pouvait me répondre.

Pendant la guerre, en Éthiopie — et Dieu sait si les Éthiopiens sont chrétiens — ce sont des Coptes et pour eux Jésus est totalement Dieu. Je leur ai posé la question : « Que pensez-vous, vous, à propos de la jeunesse de Jésus ? » La réponse a été : « Il a voyagé avec sa famille et il est même venu en Éthiopie au bord du beau lac Tana. Toute sa famille s’y est arrêtée et la Mère de Jésus admirant ce splendide paysage, dit à son fils : « Quelle merveille de la Création ! » et Jésus de répondre : « Mère, puisque tu l’aimes tant que cela, je te le donne. » Voilà pourquoi l’Éthiopie est vouée à la Vierge depuis ce temps et jusqu’à maintenant. Et ensuite il est remonté, il est reparti chez lui. Il a fait ce qu’il avait à faire. Il nous a envoyé Saint Etienne au IIe siècle et tout s’est arrangé comme il le fallait ».

Longtemps après, lorsque mon grand-père n’était plus là, j’ai rencontré en Italie un prêtre catholique, Chanoine à Florence. Lui ayant posé la même question, il m’a dit : « J’ai fait la traduction d’un Évangile selon Saint Jacques, évangile non canonique, et j’ai trouvé des renseignements qui peuvent vous servir : Jésus a vécu avec son père qui était charpentier. Il a travaillé avec lui et se sentait bien au milieu de sa famille. Il avait des frères et sœurs, comme il est dit dans l’Évangile et, de temps en temps, comme il faisait de gros travaux, étant l’aîné, il demandait à Saint Joseph de se reposer un peu. Alors il s’amusait avec de la terre glaise à sculpter de petites figurines et notamment de petits oiseaux. Puis il les exposait au soleil pour les faire sécher et l’Évangile ajoute : Et quand personne ne le voyait, il bénissait les images et les oiseaux s’envolaient ».

Ceci, c’est une chose qu’un Hindou accepterait avec joie, il le comprendrait parfaitement. Il y a dans ce récit une question d’humilité : il était chez son père, chacun dans la famille, devait rester à sa place pour que tout aille bien.

Dans l’Ashram que je connais bien, le racisme était considéré comme le plus grand obstacle à la vie spirituelle, comme une véritable maladie de la sensibilité qui finit par subdiviser les êtres. J’ai vu maintes fois des gens pratiquant la méditation de façon très réelle, sérieuse, obtenir des résultats intéressants, des commencements d’élargissement de la conscience, être tout à coup stoppés par une sorte de racisme, se considérant supérieurs à leur entourage.

Ce qui m’a frappé lorsque j’ai rencontré des êtres ayant dépassé ce stade là, chez les Hindous aussi bien que chez certains Chrétiens, de me trouver en face d’êtres ayant une unité humaine chez lesquels la différence extérieure n’existait pas. L’autre pouvait être grand, petit, brun, roux, en bonne santé ou non, riche, pauvre ; seul valait l’intérieur. La Réalité qui est derrière les êtres est unique, il n’y en a pas plusieurs, il n’y en a qu’une. Cette Réalité, c’est le Divin. Ou bien on est Tout et on est Un, ou bien on n’est pas Tout et on n’est rien ! Les Hindous étant unitaires, c’est chez eux un dogme admis quasi par tout le monde, il n’y a pas de dualisme, par conséquent, il y a une totalité pour nous tous, pour les autres, quels qu’ils soient.

En rentrant en Europe j’ai trouvé, chez Jung exactement la même idée. Pour lui il y a une dimension humaine collective dans laquelle chacun de nous, selon ses possibilités, découpe « son » petit subconscient. Et pourquoi le croit-il « sien » ? Parce qu’il est inconscient du reste, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas. On ne voit pas l’électricité en soi, et cependant elle existe. Tâcher de sentir cela est un des buts de la méditation. Il est fondamental d’accepter tous les autres sans exception, d’avoir avec eux non seulement des rapports extérieurs, mais des rapports intérieurs, comme par exemple des rapports d’affection. On peut aimer un animal, un animal peut vous aimer et parfois se laisser mourir de faim sur votre tombe. Bien peu d’humains en seraient capables.

Donc, malgré toutes ces apparences extérieures, le racisme est une erreur fondamentale qui divise les groupes et même quelque fois les individus d’une même famille. C’est presqu’une maladie de la sensibilité puisqu’elle rend incapable de sentir chez d’autres êtres des choses qui existent et qui nous sont accessibles.

J’ai rencontré des individus qui ont une conscience plus développée. C’est ainsi qu’un ami photographe, stricte végétarien (je ne sais pas si cela a joué un rôle là-dedans, je le signale parce que c’est un fait), auquel un éditeur de Paris dit : « I1 y a des biches et des chevreuils dans les bois aux alentours de Paris. Vous êtes un photographe. Si vous pouviez me rapporter quelques photos inédites de ces animaux, cela m’intéresserait, je les prendrais ». I1 s’est alors fait conduire en voiture dans la forêt et a demandé à des paysans quel était l’endroit où se trouvaient des chevreuils. Il s’y est rendu et non seulement les chevreuils ne se sont pas enfuis, mais chose extraordinaire et presque unique, il a vu une chevrette accoucher devant lui. Il a pu ainsi faire des tas de photos sensationnelles. Un jour il est passé à Karachi où il y a un très beau jardin zoologique et où il y a une panthère noire magnifique en cage. Défense absolue de photographier. Mais, ayant glissé un billet dans la main du gardien et l’assurant qu’il prenait toute la responsabilité sur lui, il s’avança jusqu’à la cage, passa sa main à l’intérieur et caressa la tête de la bête qui s’est mise à ronronner. Puis il est reparti la photo étant prise. Mon ami est convaincu de notre fraternité à tous et cela agit autour de lui.

Il est malheureux que dans les écoles on n’enseigne pas ces choses. Quand une famille voulait envoyer ses enfants à l’école de l’Ashram, on la prévenait : « Nous ne respecterons aucune des interdictions des castes, tous les élèves sont pareils ». Dans le cours supérieur que j’assumais, j’avais entre autres pour élève une jeune fille indienne, son frère et deux amis. « Que pensez-vous des castes », leur demandai-je. La jeune fille m’a répondu d’une façon que je n’ai jamais oubliée : « Monsieur, les castes, c’est une grande vérité. Je laisse de côté les avantages sociaux qui sont de supprimer la concurrence entre certains métiers et d’éviter que les gens manquent de travail. Il est certain que si quelqu’un fabrique des sandales il est intouchable parce qu’il touche du cuir de vache. Vous, Monsieur, pourquoi êtes-vous venu ici comme professeur ? » « Parce que j’ai un sentiment qui me pousse à rechercher un mode de vie qui puisse développer en moi un côté qui, jusqu’à présent à l’école et ailleurs, ne m’a pas paru le meilleur… » — « Oui, ceci sont les caractères d’une Brahmine, vous êtes à la recherche du Divin. Or vous êtes âgé et marié et il vous faut organiser votre ménage, vos relations avec l’extérieur et ceci, c’est le rôle du Kshatryas, vous êtes le roi de votre petit domaine quelque petit qu’il soit. Et puis, comme professeur, vous gagnez votre vie. Votre femme ne peut pas tout faire et c’est vous qui, en tant qu’homme, devez vérifier les comptes et cela c’est la troisième caste, celle des Vaisyas. Et comme nous ne sommes pas de haute caste, nous sommes tous des « serviteurs », des Soudras. Ils sont en chacun de nous. La grande question c’est de reconstituer une unité en vous de ces quatre aspects. Car non seulement ils ne sont pas opposés, comme ils le sont dans la vie extérieure, mais ils doivent dans la vie intérieure, être parfaitement unis et représenter la totalité des possibilités. Car votre passé vous ne le connaissez pas, en particulier votre vie intérieure, qu’en savez-vous ? Pourquoi alors valoriser et accepter ce que vous êtes, sous prétexte que vous êtes né dans tel milieu, et refuser tout le reste comme inférieur ? Il faut avant tout que vous vous sentiez en harmonie avec tous. Après vous pourrez dire par exemple : « Je suis un commerçant ». C’est vrai extérieurement, mais avant tout vous êtes un homme complet. »

Cela m’a beaucoup touché, en ce pays aux castes, d’entendre dire cela par ces enfants de dix-neuf et vingt ans qui tous se fréquentaient sans aucune espèce de différence, sans racisme aucun. Et plus tard, lorsque l’un d’entre eux partait dans le monde extérieur, il était différent des autres dans ses relations avec ceux qui l’entouraient, parce que il pouvait, quelle qu’ait été la catégorie de son interlocuteur, trouver un point qu’il était capable de comprendre. C’est cela : je respecte votre point de vue intérieur, donc nous pouvons nous comprendre, avoir un contact. Et tout va bien.

Cela nous permet d’espérer que l’idéal de l’unité humaine se développera lentement. Ce ne sera pas facile, mais le fait que nous y pensions est déjà remarquable.

Les Hindous sont très aidés par leur croyance à la réincarnation, parce que tous ceux qu’ils rencontrent sont des êtres comme eux-mêmes. Et cependant tous les hommes sont différents, il n’y a pas deux hommes identiques, mais ils sont tous sur le même plan, ils sont tous Un.

La réalisation de l’harmonie entre le Divin et l’humain dépend de la qualité des êtres humains et je peux affirmer, ayant beaucoup voyagé, qu’il y a des gens très pauvres, qui ne savent presque rien, qui sont en harmonie avec les autres et aussi avec la nature. Il n’y a rien de plus ridicule que de parler de « peuples en voie de développement ». C’est supposer que nous, nous ne le sommes pas ! Je n’ai trouvé la tolérance que chez les êtres qui étaient sortis de notre société, qui avaient eu un contact direct avec le Divin.