Robert Linssen : Le regard Intérieur


04 May 2010

(Être Libre. Sans date)

Textes à lire avec le regard supra-mental du COEUR

Ces textes proviennent des « Voies Abruptes » indiennes, de l’Ad-vaïta, de l’École « Ch-An Tsung » chinoise, de la Para-Bhakti indienne, des Adeptes du « Sentier sublime«  Tibétain, des « Praja-Patis » Seigneurs de l’Être et des Maitres Mongols.

Remise en question de l’égo, de la pensée et du temps

L’opinion est plus ou moins une forme de névrose.

(Gérard Tiry « Connaître le Réel » éd. chronique sociale Lyon 1994 p. 66)

Les processus de la nature présentent une prédominance d’irréversibilité, de création et d’improvisation. Chaque instant présent comporte un patrimoine informationnel absolument unique qui ne se représente plus jamais. Son contenu change constamment.

(Prigogine in Gérard Tiry op. cit. p. 68)

La Pensée est repliée sur elle-même et devient partielle, elle se développe en une rumination sans fin, dans laquelle la mémoire joue le rôle du monde extérieur et se substitue à celui-ci; nous vivons des images et des sentiments que nous avons accumulés dans notre système nerveux. La mémoire est un monstre; si nous faisons le monde qui nous entoure le plus concret possible, celui qui ne nous entoure pas, à un moment donné, se trouve dans notre mémoire, il est totalement abstrait. Nous nous servons à tout moment le l’évocation mentale, l’imaginaire crée ses propres réalités, nous donnons les formes à la matière, ces formes sont élaborées en nous et restent en nous, nous continuons à les manipuler et elles font partie de notre univers propre d’objets, de relations et de sentiments.

(Gérard  Tiry op. cit. p.84)

Prélude au regard intérieur

« Il y a quelque chose de non changeant, de stable d’immobile, solide comme le roc, inattaquable, une masse solide de Pur Etre, conscience, béatitude  » Je n’en suis jamais au dehors » …

(Sri Nisargadatta)

« La Vision Pénétrante ne passe pas par le cerveau »

(Krishnamurti)

 » Nos sens sont portés à des sensations de plus en plus fines, au point que nos pensées elles-mêmes possèdent une sensorialité, donc une corporéité qui s’étend jusqu’à la vision ultime de l’ « homme revêtu de son corps de lumière. Ce corps « est aussi une réalité ultime de la matière »

« Michel Random »

TEXTES DE MEDITATION

DE LA « VUE PENETRANTE » DU REGARD INTÉRIEUR,

DU YOGA VASHISHTA ET DES « SEIGNEURS DE L’ETRE (PRAJA-PATIS)

1- Pendant l’écoute d’un son, avec ton cœur pénètre dans l’espace intérieur de ce son, sans pensée, laisse explorer le regard intérieur du cœur, tu découvriras le Son unique de tous les sons, le regard pénétrant et l’écoute du cœur exploreront en toutes directions, ils transpénétreront l’univers entier, tu seras toi-même le Feu béatifique d’Amour, l’omniprésence sans limite, l’omnipénétration de l’Océan de Claire Lumière.

2- Ressens-toi, dans ce que tu es vraiment au delà de tes pensées, comme champ de conscience PURE, transpénétrante en toutes directions, loin, près, en haut, en bas,. Océan de « Claire-Lumèire-Amour »… Il n’y aura plus de « choses » qui soient proches ou lointaines, ni hautes, ni basses. De l’anéantissement des qualités particulières (gunas) surgit la Plénitude qui les englobe et les domine (Nirguna).

3- En toutes circonstances, te promenant, rêvant, immobile ou engagé dans l’action; connais-toi toi même comme conscience pure, infinie, sans nom, sans forme, Claire Lumière omnipénétrante … Là. ! Tu es libre !… Efficient

4- Non seulement avec les yeux mais avec le regard intérieur de ton cœur, regarde n’importe quel objet avec amour. N’en n’examine pas d’autres. Ici, enlève l’écorce extérieur, pénètre en profondeur, va au milieu, à l’intérieur, vers le « centre » de cet objet, à la frontière, proche de la Source d’ où tout émane… là ! dans l’extraordinaire frémissement se révèlent bénédiction, béatitude, le cœur de l’Univers … ton cœur. Tu es libre ! … Efficient

5- Vers le repos, lorsque tu es calme, détendu, assis ou au lit, que ton être sois dégagé de toute pesanteur, sois libre de la mémoire de ta corporéité physique, n’aie pas peur d’être sans poids, sans nom, sans forme, sans pensée, pure conscience; là…. soudain, le surgissement de l’amour. Tu es libre !… Efficient

6- En été, lorsque tu vois la totalité du ciel dans une insondable clarté, avec le regard intérieur de ton cœur, entre dans cette clarté. Tes profondeurs intérieures et la profondeur du ciel sont une même Plénitude de conscience pure et d’Amour. Là. !… Tu es libre !… et vraiment Efficient !

7- Les yeux fermés, explore ton être intérieur avec le regard du cœur, vois, sens, approche de ta nature véritable, efface-toi ! 0 toi qui naît et qui meurt, lâche prise et n’aie pas peur ! laisse agir CELA qui en toi n’est pas né…. Au delà de la vie et de la mort… Amour… Joie… Recréation, Etat Naturel. Là ! tu es « retourné chez TOI » ! Tu es libre… Efficient.

8- Effleure tes yeux avec la douceur d’une plume… ouvre le léger espace entre tes yeux à ton cœur… par ton regard intérieur tu pénétreras l’univers.

9- Laisse en tous moments le champ libre à la « Conscience-amour suprême afin qu’ELLE opère Elle-même les transformations nécessaires et façonne ta vie entière dans les moindres détails. Tu déborderas de bonheur véritable, tu seras libre des noms et des formes; tu ne seras que Flamme Claire jaillissant directement de la Source. Tu es la Source, ne cherche pas à y ajouter quoi que ce soit ! Elle est parfaite et se suffit à Elle-même. Ne fais rien d’inutile ! Ecoute ! Regarde !… Extase et transpénétration spirituelle lumineuse.

Là ! Tu es libre ! … Efficient !

LE REGARD INTERIEUR

A l’intérieur de l’espace familier se trouve un autre espace, une autre dimension, sans limite, sans commencement ni fin, sans direction privilégiée, ni gauche, ni droite, ni haut, ni bas.

A l’intérieur du temps existe un autre temps, une autre dimension, sans commencement ni fin, ni passé, ni avenir, complètement inaccessible à la pensée, entièrement concentré dans la momentanéité de chaque instant, éternellement présent.

Ici, tout effort mental est inutile, vain, interdit.

Les images, les noms, les formes qui donnaient l’illusion que nous connaissions ou comprenions quelque chose doivent s’arrêter. UN SILENCE SE PRODUIT, n’essayons pas d’en sortir, n’ayons pas la moindre inquiétude, soyons rien ! n’attendons rien !

En vivant ce silence, soyons ce silence même de telle façon qu’il n’y ait plus « nous » et le silence.

Une porte intérieure secrète peut s’ouvrir soudain au niveau du cœur. Cette porte est toujours restée fermée. Elle est d’une telle sensibilité que nos agitations, nos avidités intérieures constantes l’effrayent.

A droite du cœur existe cette porte étrange au delà de laquelle brûle en permanence la Flamme créatrice d’un Feu béatifique d’Amour sans limite.

Dans le silence intérieur, cette porte s’ouvre soudain et nous révèle l’émerveillement d’un horizon sans limite, d’une autre dimension toute illuminée par la brillance d’un Soleil intérieur; son rayonnement est source d’un Amour inconnu. Ce Soleil est inséparable du soleil qui nous est familier. Tous deux ne se couchent jamais. Ils brûlent de la même flamme.

Au cœur de tous les êtres humains, au cœur de toutes les choses brûle la même Flamme béatifique, silencieuse dans l’intensité de sa puissance créatrice. Elle nourrit et soutien l’univers, de l’infiniment petit des atomes jusqu’aux lointaines galaxies.

Ce Feu intérieur universel est ce que nous étions avant même que nos parents nous aient conçus, telle est la conséquence de son intemporalité.

Ce Feu nous destine un langage suprême, entièrement libéré de la souillure des noms, des formes, des images et des mémoires résiduelles du passé. Rien ne peut le contaminer.

Il est incomparablement plus authentique, plus vivant, plus illuminateur, plus simple que les complexités et détours du langage familier.

La méditation est la découverte et le vécu de ce flux divin d’Amour béatifique.

C’est la Flamme et la Présence ineffable de ce Feu qui réalise la mort joyeuse et lucide des derniers vestiges de notre imposture égocentrique. A cet instant béni se révèle l’incroyable surprise: nous n’avons jamais cessé d’être l’Océan de la « claire lumière-conscience-amour »

Le Feu béatifique d’Amour doit être considéré comme un regard intérieur étrange, un regard omnipénétrant, un regard sans yeux physique, incomparablement plus pénétrant que les regards de mille yeux physiques: c’est le regard intérieur.

La puissance et la profondeur de ce regard lui donnent la faculté d’omnipénétrabilité et d’omniprésence universelle,  sans limite, sans direction privilégiée. L’instantanéité de son omniprésence le rend plus rapide que la lumière et le délivre de la nécessité de tout déplacement.

Le regard suprême possède le pouvoir de nous conduire en parfaite instantanéité dans l’intériorité ultime de l’Univers, en nous révélant que nous ne l’avons jamais quittée.

A ce niveau ultime, nous sommes (et nous n’avons lamais cessé d’être) un Fleuve immense de Feu, de Lumière et d’amour béatifique. Son flux suprêmement substantiel baigne et transpénètre la totalité des vivants et des choses apparemment inanimées.

Soyons  à l’écoute du Grand Fleuve, sentons le avec le cœur, son flux austère et majestueux est un chant toujours neuf d’harmonies ineffables et inconnues. Les échos de ce chant ineffable résonnent dans nos ultimes profondeurs.

Le regard intérieur est un contact plus réel que tous les contacts sensoriels familiers. Il est plus rapide que l’éclair, sa super vision est instantanée, globale, immédiate, omnidirectionnelle. Il est plus qu’un sentir, plus qu’une émotion, plus qu’une vision. Sans mouvement connu, il concilie en une paradoxale équivalence: stabilité; immobilité, vitesse infinie, créativité… Seul le mental se pose de telles questions. Le logicien est fier de s’en préoccuper. S’y attarder est signe d’aveuglement.

Dans l’unité essentielle, il n’y a plus de temps ni d’espace. Le regard intérieur n’a donc plus de distance à parcourir.

Au niveau de l’océan de « Lumière-Conscience-Amour » il n’y a plus d’instant succédant à d’autres instants liés par l’enchaînement mécanique des événements. Seul explose dans son surgissement créateur l’extase de l’inconnu. A ce niveau ultime, tout est simple, la transparence est de cristal.

Seul vit l’écoulement omnipénétrant du Grand Fleuve béatifique dans un mouvement inconnu.

Sans efforts ni résistances de notre part, il suffit de nous laisser porter par l’immensité de sa bénédiction.

Ce qui reste de nous sera soudainement transfiguré en « pure lumière-conscience-infinie-amour « .

Il semble que chaque battement de notre cœur porte les échos des pulsations étranges se déroulant dans les profondeurs de l’univers, là où se situe notre lumineuse demeure.

Rien n’est plus simple et naturel que le fait de nous sensibiliser à la présence vivante de l’holomouvement. Il est le « battement de cœur de l’Univers » sans la présence duquel nos cœurs ne pourraient battre.

Lâchons prise !

A chaque battement de cœur sentons la présence du fleuve béatifique d’Amour circulant dans nos veines et dans toutes nos cellules depuis les pieds jusqu’à la tête.

Non seulement nous sommes immergés dans le Grand Fleuve, mais nous sommes LUI !

Ne lui donnons, ni corps, ni membre, ni visage, ni couleur, ni forme, ni qualités, ni intentions.

Le spectacle du regard intérieur est bien au-delà des limites du connu et des souvenirs du mirage collectif. Il embrasse la totalité du Vivant et du résiduel mais en son centre, seule brûle la flamme divine du cœur de tous les cœurs. Elle se suffit à elle-même. N’y ajoutons rien !

Laisse ton regard intérieur transpercer les couches successives de ton désordre… aux ultimes profondeurs se révélera l’Ordre Suprême que rien ne peut perturber !

Omniprésence de Lumière et d’Amour..

Là! Tu es libre… Efficient

VISION PENETRANTE ET TRAVAIL ESSENTIEL

Nous sommes CE que nous ne connaissons pas.

Sri Nisargadatta

Ce que nous prétendons savoir n’est que le résultat de la vision ignorante et fragmentaire de l’apparente fixité ou isolement ou solidité d’objets n’ayant aucune fixité, aucune solidité, aucun isolement.

Ces objets ne sont que résidus d’une vision fragmentaire créant des morcellements arbitraires dans l’Unité parfaite du Grand Vivant universel.

Ce que nous voyons et sentons, les couleurs, les odeurs, toutes les images et l’Univers phénoménal dans sa totalité ne sont que constructions de notre système nerveux générateur constant des mémoires.

L’ensemble de ces mémoires-images forme la totalité de ce à quoi nous nous référons. Il est absolument faux de déclarer que nous voyons et sentons l’Univers le monde, les animaux, les plantes  tels qu’ils sont.      En réalité, sans le savoir, nous nous référons continuellement à des images-mémoires, simples résidus de l’action de notre cerveau et du système nerveux. Ce sont ces images et l’ensemble  de nos mémoires qui nous font souffrir ou nous apportent le plaisir.

En réalité, l’énorme réseau de mémoires résiduelles formant notre psychisme se substitue  au monde dans son actualité tel qu’il est. Il s’agit d’un processus frauduleux qu’il importe de dénoncer. Ainsi que l’enseignaient les Eveillés, tels Sankarâchârya, Abhinavagupta ou Nisargadatta, l’Univers et notre monde familier sont une construction de notre mental.

Il n’y a pas de choses, d’objets, d’entités fixes. Il n’y a que des milliards de processus se profilant sur la toile de fond UNIQUE du Grand Fleuve d’amour Lumière, Holomouvement-Conscience. Ce Témoin de Pure béatitude n’est nullement affecté par les événements qui nous concernent et ne sont à SES yeux que mirages enfantés par notre ignorance.

Nous devons abandonner notre identification excessive avec le corps et ses mémoires. Ces mémoires forment le principal obstacle à la découverte de la Réalité ultime que nous sommes.

A droite de notre cœur, au niveau psychique, se trouve un Soleil intérieur qui ne se couche jamais. Ayant écouté les informations de la Vision holistique, évitons toute agitation, tout attachement aux mémoires habituelles. Grâce à notre transparence , le Soleil intérieur accordera Sa lumière béatifique à l’improviste.

Ce n’est ni par le mental, ni par les yeux physiques, ni par l’imagination, ni par l’effort, ni par la volonté que la lumière et la Pure conscience du Soleil intérieur se manifestent.

Vous disposez d’un regard intérieur mille fois plus pénétrant que mille yeux physiques. Il ne vient pas du cerveau mais du cœur. Laissez-le agir. La chaleur d’une Flamme éblouissante de clarté VOUS révèlera la présence d’un Feu irrésistible, mystérieux, sans origine, sans support, sans direction, hors du temps.

L’exploration du regard intérieur vous révélera l’omniprésence de ce Feu béatifique intensément Vivant. Par son toucher, le regard intérieur vous transportera au cœur des êtres, des choses, des étoiles, des galaxies. Dans une explosion extatique vous découvrirez que vous êtes le cœur de l’Univers. Il n’y aura plus « vous » et l’Univers. Si vous comprenez et sentez correctement ce qui vient d’être énoncé par des mots (mais surgit d’une Source non-verbale et supra-mentale) vous serez à jamais libre du mirage dans lequel vous étiez identifié.

Vous êtes réellement sans limites, sans barrière. Là ! vous êtes libre.

L’holomouvement-lumière-conscience-amour s’imposera de Lui-même à ce qui reste de vous au niveau phénoménal des apparences. Cela sera réalisé sans effort, spontanément, car « vous » ne serez plu là.

Les horizons que vous révèlent le regard et l’écoute intérieurs vous imposent le silence complet. Lui seul est éloquence suprême. Tel est le sens merveilleux du Sacré.

Il arrive que le méditant ferme les yeux pour laisser opérer en lui les richesses de CE qui ne peut être dit. Délivré à jamais de l’identification  aux images extérieures et intérieures, lorsqu’il rouvrira les yeux, le méditant sera un être réellement efficient par le rayonnement des énergies de la Source ultime.

Il effectue le seul vrai Travail avec un grand T : celui de l’énergie divine dont il et l’instrument  d’expression.

Son action ne sera plus la « sienne » parce qu’au niveau de la Plénitude de « Conscience-Lumière-Amour »  toute dualité est inexistante.

Textes de la Sagesse Ultime

(Sankarâchârya — Abhinavagupta)

L’absence de nous-même se réfère encore à notre présence. L’Eveil parfait se situe au delà de la présence et de l’absence de nous-même.

Nous saluons cette double absence.

« En pleine liberté vous vous révélez comme un acteur jouant votre propre role: en marchant , en révant ou en dormant profondément.. Mais en réalité, vous ne jouez aucun rôle !

Abhinavagupta

(vous êtes libre de l’identification au mirage)

 » Rien n’apparait, ni ne disparait. Libéré de la succession des événements du monde, se révélant sous de multiples expressions, seule existe l’énergie ultime vibrante.

Dire que des choses apparaissent et disparaissent n’est qu’une commodité du langage, une métaphore.

Ksemaraja

A quelqu’endroit que vous vous trouviez n’allez ni vers l’extérieur ni à l’intérieur. Laissez opérer la radiance de la Pure conscience dans la dissipation des variations infinies du devenir..

Abhinavagupta.

« Comment peut on parler de libération lorsqu’il n’y a aucun lien, aucune servitude, ni liberté! Cela ne peut être déclaré qu’en contraste avec des états antérieurs ou par comparaison avec d’autres sujets que le mental conditionné déclare être dans la nécessité d’être libre »

Abhinavagupta.

En Vous j’atteins sérénité et apaisement!

En Vous apparait la Réalité ultime de tous les objets irradiés de la lumière d’une conscience infinie. L’Univers est immergé dans le suprême nectar du SOI.


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