Maud Cousin : Le sang, les organes et les planètes


05 Feb 2010

Le titre est de 3e Millénaire

(Revue Panharmonie. No 165. Janvier 1977)

Compte rendu de la réunion du 7-10-1976

Cette réunion fut consacrée à l’étude du sang et à ses rapports avec son environnement. Son milieu est tellement riche et complexe, qu’il faut avant tout se rendre compte de ce qu’il contient ; une partie liquide et une partie solide constituées par des globules rouges et blancs, qui ont chacun leur rôle à jouer. Les globules se forment dans les cellules de la moelle.

Les globules rouges servent à transporter notre oxygène, tandis que les globules blancs nous défendent contre les infections et nous protègent des agressions extérieures.

Le Docteur à l’aide de schémas nous montre l’aspect des globules, et la manière dont ils se transforment suivant les excitations dont ils sont l’objet et comment ils se multiplient, vivent et vieillissent. Il y a dans le sang une vie absolument extraordinaire, rien qu’entre globules rouges et blancs.

Le pus est le reliquat de nos globules blancs lorsque ceux-ci se sont si bien bagarrés contre les microbes, qu’ils en meurent. Les tissus s’éliminent alors par le pus ou se résorbent par l’intérieur et donnent lieu à des abcès internes.

Les globules rouges ont des opposants eux aussi, lorsque par exemple on injecte dans le sang un sang étranger, car l’hémoglobine diffère pour chacun.

Le pigment rouge des globules qui sert à fixer l’oxygène contient du fer. Il est un peu l’équivalent de la chlorophylle chez les plantes, mais chez elles ce pigment contient du cuivre.

Il y a cinq litres de sang dans le corps humain qui contiennent cinq millions de globules rouges par mm3, par contre il ne contient que cinq grammes de fer pour l’ensemble des globules. Ce pigment est si important que l’on donne du fer aux personnes anémiées. Il est inutile d’en donner une forte dose car ce même fer sert et ressert. Quand les cellules se détruisent, l’organisme le récupère. Une bonne thérapeutique consiste à manger des feuilles d’épinards crues, riches en fer, mais souvent les anémiques ne les assimilent pas, le foie le fixant mal. La bonne méthode serait de prendre tous les matins de l’eau dans laquelle aurait macéré une feuille d’épinards.

En mettant le sang en présence d’un certain nombre de sérums différents, sérums de cobras, de vipères, d’abeilles et en le testant, le Docteur Mattei peut voir si un terrain est normal et, si ce n’est pas le cas, le classer en cancérinique ou en tuberculinique. Dans les leucémies, genre de cancers du sang, on étudie les globules après avoir fait une prise de sang.

Le Docteur nous parle alors de groupes sanguins dont certains prédominent dans certaines races. Non négligeable est le facteur rhésus. Si, par exemple une mère est rhésus positif et un père rhésus négatif, cela peut donner des complications au moment de la naissance d’un enfant de rhésus négatif comme le père. Au moment du décollement du placenta, il y a échange entre le sang maternel et le sang de l’enfant et cela peut provoquer des accidents parfois sérieux, tels que des troubles dans le développement du système nerveux ou des enfants inadaptés. D’où la nécessité pendant la grossesse de surveiller le sang de la mère. Certains enfants font à la naissance de très importantes jaunisses. On procède actuellement à des exsanguino-transfusions qui consistent à changer en quelque sorte, fraction par fraction, le sang de l’enfant qui sans cela ne pourrait vivre.

Le sang transporte des éléments nutritifs, mais aussi des éléments de rejets de tous les éléments cellulaires qu’il conduit aux organes d’épuration : les reins pour les choses liquides, les poumons pour les choses gazeuses et plus particulièrement l’intestin pour les solides.

Bien des personnes ont eu des ictères transfusionnels qui ne surviennent qu’après un certain temps. A présent on ne prend plus en principe le sang de quelqu’un qui a été atteint par cette maladie, mais on peut l’avoir sans s’en douter. Lors d’un accident l’organisme tolère mieux une transfusion que dans le cas d’une maladie. Toutes les secondes, trois millions de globules rouges sont fabriqués. Le sang est un milieu intermédiaire qui contient à la fois du liquide, du gaz, l’air fixé sur l’hémoglobine, mais aussi en partie des produits qui sont au fond des minéraux et toute une série d’autres choses. Tout cela est transporté dans les tissus, mais pour le transporter il faut un milieu, le liquide ; le cœur pour le faire circuler ; des vaisseaux un peu souples pour le véhiculer. Pour la progression le cœur la grosse pompe, est l’essentiel, mais les vaisseaux ne sont pas négligeables. Par une forte pression, les artères se dilatent et font progresser le liquide. Des vaisseaux relativement souples nécessitent une pression du cœur moindre que ceux durcis par les années. On peut les comparer à un caoutchouc plus ou moins souple. Les stases circulatoires proviennent justement d’une tenue insuffisante des petits vaisseaux. Les veines contiennent en plus de petites valvules pour empêcher le sang de redescendre. Leurs carences sont cause d’ennuis circulatoires.

De fortes pertes de sang donnent lieu à des syncopes et si les cellules nerveuses extrêmement fragiles ne sont plus irriguées, des lésions irréparables peuvent se produire. Il faut donc les alimenter par des perfusions. L’emploi du sang n’est pas forcément obligatoire, l’eau salée le remplace, on lui additionne parfois des protéines ou des sérums qui retiennent mieux l’eau. Après un accident il faut fermer la soupape et il est même bon à ce moment que la pression ne soit pas trop forte pour permettre à un caillot de se former. Etre dans le coma, enfin dans un état de collapsus avec une circulation ralentie après une forte hémorragie, est peut-être un moyen de défense, mais il ne faut pas que cela dure. Il faut réanimer, empêcher le sang de couler et même injecter du sang malgré les inconvénients que cela comporte.

Il y a peut-être un fondement religieux ou autre, plus important qu’on ne le croirait, à refuser un sang qui vous est étranger et qui est caractérisé par une marque personnelle. Des changements de mentalité ont pu être constatés chez le receveur après des transfusions de sang. C’est d’ailleurs un processus analogue à celui du rejet, c’est ce qui nous permet de maintenir notre personnalité.

Le bébé qui reçoit le sang de la mère ou de quelqu’un d’autre, pourra recevoir pendant toute sa vie un sang analogue. Ceci jusqu’à trois mois. Quand il marche son système nerveux est déjà développé.

L’hémoglobine est une chose assez caractéristique de la personne. On ne peut jamais dire que l’enfant est sûrement de quelqu’un, mais on peut dire parfois qu’il n’est pas possible qu’il soit l’enfant d’un tel.

Actuellement on utilise beaucoup les facteurs d’immunité. Le sang, entre autres, est l’endroit où ceux-ci se manifestent. A côté des globules, dans le plasma ou dans le sérum il y a un certain nombre de contenus qui sont souvent les supports de l’immunité.

La lymphe n’est pas le sang, car ce dernier est dans un circuit fini. Chez l’embryon le circuit est unique, tandis que chez l’adulte il y a un cœur droit et un cœur gauche qui sont agglomérés.

Le Docteur nous explique alors les circuits sanguins et comment le liquide et l’oxygène qui ont pu pénétrer les parois des capillaires, forment un liquide intercellulaire. Les cellules baignent dans un milieu liquide qui n’est pas le sang et qui va se retrouver dans les vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux ne sont pas un circuit continu, mais fermé comme un doigt de gant. Quand la pression du liquide est plus forte à l’extérieur qu’à l’intérieur, celui-ci remonte progressivement pour aller se jeter dans les veines. Une compression de la lymphe donne des ganglions.

Le sang circule très vite, en vingt-cinq secondes il fait le tour de l’organisme. Cet univers microscopique contient un univers de défense et d’immunité. S’il n’y a pas immunité toutes les maladies peuvent évoluer ; s’il y en a trop, on arrive à ces autres maladies qu’on appelle auto-immunes. Il y a un certain nombre de maladies auxquelles les gens réagissent tellement fort, que finalement ils se détruisent. Au lieu de réagir normalement, tout à coup, pour des raisons qu’on ignore, ils deviennent leurs propres agresseurs. La sclérose en plaque semble appartenir à ce type de maladies. Dans les allergies aussi il y a mauvaise réaction. Le fait qu’il y en ait beaucoup plus qu’autrefois peut être imputé à tous les produits chimiques que nous introduisons dans nos poumons en respirant et à tous ceux qui se trouvent dans les aliments et qui ne s’éliminent pas bien. Le sang pourtant s’épure. Si son circuit est fini, il est filtré cependant et s’épure dans les reins en raison de quinze litres tous les jours, passant à travers les globules des reins. Le foie, lui, retient, décompose, capte et rejette dans la veine-cave. Il constitue un vrai laboratoire extraordinaire ayant une dizaine de fonctions. La rate joue un rôle important dans la fabrication et aussi la destruction des globules rouges, évitant ainsi les embouteillages. Le « point de côté » quand on court, n’est autre qu’une contraction de la rate qui va pallier l’insuffisance des globules rouges.

Dans la leucémie il y a multiplication des globules blancs qui, normalement sont peu nombreux. Ils sont alors cause de thromboses, bouchant les vaisseaux. On a fait de gros progrès à présent et on guérit de 20 à 30 % de leucémies, alors qu’autrefois elles étaient toutes mortelles.

Le Docteur Verne, récemment décédé, s’occupait, dans son laboratoire, des réactions des terrains contre certaines substances comme le sulfate de cuivre. La vitesse de sédimentation donne également des indications précieuses. Les globules rouges se sédimentent et la vitesse de sédimentation s’accélère lors de maladies infectieuses et arrive à de très grandes vitesses, principalement dans le cas d’un cancer.

Question : Y a-t-il un rapport entre le sang et la personnalité ?

Le Docteur : On pourrait effectivement voir des rapports. Le sang correspond au Moi, il est le milieu le plus important. Or penser comporte pas mal de dépense d’énergie, de substance. On se fatigue autant que dans des exercices physiques et les tissus qui servent à penser, ne se régénèrent pas facilement. Le cerveau est un pôle très dense. Le sang a son rôle à jouer. Il est oxygéné, propulsé dans le cœur et dans les poumons. La vie de notre organisme tient dans cette partie-là, sinon nous ne pourrions pas bouger, vivre. Le sang est donc un intermédiaire absolument extraordinaire et qui, finalement incarne nos possibilités.

Nous sommes tous voués à la mort. Le Docteur croit en une résurrection et à l’idée qu’une vie est comme une journée du monde. Nous vivons vraisemblablement beaucoup de vies pour pouvoir évoluer dans le sens de la complétude de notre Moi qui justement s’incarne dans le sang. On ne peut pas changer le sang d’une personne, il est sa partie la plus personnelle.

Puis le Docteur nous parle des rapports des planètes avec les organes et les substances chimiques, d’après Rudolph Steiner et entame sur ce sujet un dialogue intéressant avec François Catala, qui lui, met en parallèle les concepts traditionnels de l’astrologie.

La voix, dit encore le Docteur, est un symbole sexuel, donc la gorge et le Verbe. Steiner considère que l’évolution vers laquelle actuellement tend la sexualité la diminuera progressivement en faveur du Verbe qui la remplacera. Le Verbe uniquement sera créateur.

Compte rendu de la réunion du 4-11-1976

Ce que nous a dit le Docteur Cousin fut si dense qu’un résumé ne peut qu’en suggérer des idées.

Elle aborde le rythme biologique des différents groupes sanguins dont elle a trouvé la durée exacte. On distingue trois rythmes ; physique d’une durée de vingt et un jours ; psychique de vingt-neuf jours et intellectuel de trente-trois jours. Ces trois rythmes font des oscillations régulières qui démarrent à la naissance. Leurs courbes se chevauchent selon la date de naissance. Positifs, ils sont un facteur de défense et donnent de l’énergie à revendre. Dans la phase négative on est en réserve. C’est vrai pour tous les domaines. Souvent on est fatigué sans savoir pourquoi, c’est une question de cycles rythmiques biologiques. Les moments les plus délicats seraient ceux d’inversion de cycles et il est alors conseillé de ne pas se faire opérer dans ces périodes-là ou de ne prendre aucune décision. Les recherches de Pinel portent sur le rythme des globules blancs et permettent de déceler des instants favorables particulièrement actifs. Ainsi une thérapeutique entreprise dans un moment défavorable, peut-elle être de 40 % moins efficace que si elle était appliquée dans un moment favorable.

Steiner, qui envisage les actions et réactions sous l’angle de l’anthroposophie, voit le Moi, siège de la personnalité qu’il assimile au cœur, correspondre au soleil. Le sang correspondrait à Mars. Pour Steiner, l’être avant de s’incarner passerait par un certain nombre d’influences astrales, à commencer par Saturne, puis Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Le centre serait le soleil. Les planètes vont par couples, la première avec la dernière, la deuxième avec l’avant-dernière, puis les deux encadrant le soleil. Elles sont chaque fois couplées par oppositions dans les deux sens. Il est intéressant de voir comment on peut déterminer la santé et les insuffisances ou les excès de l’une à l’autre. Dès la  naissance on va vers la mort. La naissance n’est pas tout à fait la fin de l’incarnation puisque l’être se forme encore pendant un certain temps, en particulier son système nerveux. A chaque stade il y a ce dont il a besoin. Ce qui est bon quand on est jeune ne l’est plus quand on vieillit.

Le Docteur Cousin donne alors à François Catala lecture des indications données à ce sujet par Steiner. Nous ne pouvons entrer dans ces considérations très compliquées pour des néophytes. Il faudrait avoir des notions assez poussées d’anatomie, de biologie et de médecine et de même être au courant de l’astrologie prise sous cet angle. Nous nous contenterons de donner ici quelques indications d’ordre plus général.

Le premier couple est Saturne-Lune. Saturne symbolise le plomb, c’est la densification, alors que la Lune est la reproduction, la multiplication. Il y a va-et-vient des deux courants, celui positif de condensation et l’autre négatif d’élimination. Saturne, la partie la plus matérialiste intensifie l’être au maximum mais, en même temps se produit un mouvement inverse qui essaye d’aller vers le futur et, au contraire, de former la vie. On peut donc dire que le squelette est une image morte du Moi qui met en rapport avec le passé et que, par contre le sang, également sous l’influence de Saturne, est un instrument vivant du moi qui nous conduit vers le futur. L’un nous permet de vivre et l’autre d’aller vers l’avant.

La rate, dite cimetière des globules, équilibre les deux courants. Saturne joue beaucoup durant le sommeil, par un « sommeil de plomb », la mémoire aussi en dépend. La tête est la partie la plus dense de l’organisme et la moins vivante dans le sens physique et les cellules nerveuses ne se régénèrent pas ou peu. C’est un pôle qui se sclérose, se durcit et ne peut pas bouger beaucoup. La mémoire va avec le passé, le plomb, la volonté va vers l’avenir, avec le sang, c’est donc la vie. La rate joue beaucoup pour le saturnisme, la destruction, elle va de pair avec l’enthousiasme. Son contraire est l’hypocondrie que les Grecs attribuaient à cet organe. Les Anglais l’appellent le spleen. Celui qui n’a plus de rate, n’a pas de point de côté, il peut courir comme un « dératé ».

Le 2e courant de Saturne contribue à donner de la fièvre et aussi de la décalcification. Au contraire de Saturne, la Lune est la multiplication, mais une multiplication qui reproduirait indéfiniment la même chose. Elle favorise donc la régénération des tissus, la croissance, mais déchaîne aussi le cancer. C’est le processus no 1. La Lune correspond à l’argent. Le courant 2 est un arrêt pour que la différenciation limite la multiplication. Tout le processus va de la Lune, de l’état inconscient lunaire qui est celui de la  potentialité, de virtualité, à l’état solaire qui est l’état élaboré et le plus différencié. Le cerveau est un organe typiquement lunaire, formé à partir de l’ectoderme. Le courant lunaire 2 s’est manifesté si intensément que toute possibilité de régénération des tissus nerveux a disparu au profit d’un haut degré de différenciation.

Saturne donne des enfants à petite tête, au faciès vieillot, à intellectualité précoce, alors que la Lune donne des enfants à grosse tête avec des figures en pleine Lune, un peu rêveurs, à imagination créatrice, à prolifération sur le plan de la pensée. Quand cela va trop loin dans l’incarnation, Saturne donne la sécheresse, la sclérose, l’artériose sclérose, etc. Alors que la Lune donnerait des leucémies.

Jupiter-Mercure : Jupiter en principe donne le modelage des formes. Il y a toujours là aussi les deux phases, celle qui modèle et celle qui donne le mouvement, celle qui fige et l’autre, au contraire, qui dématérialise un peu. Elles sont  à l’opposé non plus pour le système nerveux, mais plutôt pour les muscles, la partie motrice, celle qui modèle. Trop de formation durcit avec un certain rhumatisme et trop de mouvement dématérialise avec des crampes. Jupiter c’est le foie, les cartilages et les muscles ; Mercure est surtout le poumon. Un courant trop fort primaire va aux cirrhoses, aux raideurs articulaires, goutte, arthrose, glaucome. On observe aussi raideurs de la pensée, dogmatisme, entêtement, orgueil et au maximum peur de la vie, dit Steiner.

Docteur Cousin : Mercure est le mouvement en soi. Dans le mouvement des liquides, du sang, de la lymphe, il augmente les échanges, l’habileté de la pensée et de l’humeur, favorise le mouvement. En deuxième partie, c’est la structuration des organes creux (végétations, indurations) pouvant aller jusqu’au manque de contact.

Mars-Vénus : Mars est le sang, la force de la vésicule biliaire. On donne comme image le lanceur de javelot. Dans le courant 1, ils sont deux forces antagonistes, l’une d’extériorisation, l’autre d’intériorisation. En inversant, Vénus devient l’extériorisation, l’excrétion, l’élimination. Elle a sous sa dépendance les reins, les veines, la circulation qui élimine. Au contraire Mars deviendrait l’intériorisation : c’est l’activité dirigée vers l’intérieur, toute la chimie, toutes les transformations et tous les sons. La voix, le son, les réactions chimiques ont le même genre d’action. Quand cela ne va pas bien, il y a enrouement, bégaiement, les néphroses, soit les anémies par manque d’intériorisation. Quand Mars est en insuffisance, il y a l’agressivité du faible, la peur de la vie, les dépressions, la paralysie de la volonté, l’aboulie.

Le Soleil, le cœur, lui, est tout seul au centre, donne la matérialisation et la spiritualisation. Celui qui a un fort Soleil est robuste ; il aime bien les activités alors que celui qui est un peu déficient, pâle, sans envie de bouger, en manque. Il est angoissé, a des vertiges, des palpitations, des absences. Les troubles du cœur apparaissent aussi bien dans l’excès — hypertension — que dans l’insuffisance — anémie.

L’anthroposophie voit dans la naissance comme l’équivalent d’une machine pointeuse : on arrive à l’usine à telle heure et telle autre est celle du départ. Ce n’est au fond qu’un moment dans l’évolution, un passage. Ce n’est pas l’heure de la naissance qui est en cause, il fallait qu’elle arrive à cette heure-là. Tout a été préparé à cette heure-là pour déclencher le processus. Pour Steiner, l’être se forme bien avant sa naissance en s’imprégnant des différentes énergies émanant des planètes et qui forment le Moi. La seule chose permanente est le Moi qui s’incarne dans le sang et donc dans la chaleur et dans l’énergie. L’influence astrale serait plus ou moins influencée par sa durée, son imprégnation de ce que le Moi a pu capter.

Après la mort, Steiner voit l’être passer par ces différents stades, monter avant de redescendre. Autrement dit, il se purifie. S’il doit encore se purifier, il laisse ce corps à tel endroit, dans telle planète, et monte encore dans une autre planète, et ceci jusqu’à la plus haute pour reprendre sa plénitude. Il est alors entièrement purifié. Puis il se réincarne : c’est la partie de la descente afin d’acquérir la plénitude à laquelle il est voué, après bien des incarnations où il doit profiter de ses expériences en développant ses capacités créatrices.

Il y a un moment où meurt l’être physique et justement à ce moment-là il y a libération des autres parties de l’organisme. Je ne pense pas qu’on puisse concevoir que des êtres aussi perfectionnés que l’homme, puissent n’avoir qu’une vie matérielle pendant x temps et que tout ce qui a été appris, utilisé, parte en fumée et ne serve à rien ni à personne, dit le Docteur Cousin. Je crois que nous payons les pots cassés des absurdités parce que si nous sommes libres de faire des bêtises, nous sommes bien placés pour récolter ce que nous avons semé. Je pense que nous sommes sur cette terre pour apprendre un certain nombre de choses à nos dépens si nous n’avons pas compris.

Mme Langevin : On peut aussi dire que chaque chose qui doit être vraiment réalisée, nécessite un gros effort et que tout le monde ne veut pas le faire. On est obligé de renoncer à quelque chose pour faire autre chose.

Dr Cousin : Tout est un choix dans l’existence, parce que vous ne pouvez pas tout faire. Les choix doivent être positifs.

Ce que je trouve intéressant c’est l’idée de Steiner du Moi qui est l’étincelle divine en nous, l’élément personnel qui doit se former et ne le fait que dans l’incarnation et la réincarnation. Nous sommes donc responsables de A à Z.

La discussion tourne autour du macrocosme, du microcosme, du jour et de la nuit de Brahman, puis autour des eaux primordiales. Faute de place nous ne pouvons pas en donner la teneur.

Autrefois, dit encore le Docteur Cousin, les initiations étaient réservées à un groupe d’êtres de qualité morale suffisante, si non, gare au choc en retour.

Les épreuves sont une manière d’affirmer quelque chose qui n’existe pas. On ne possède vraiment que ce qu’on a cru perdre et qu’on n’a pas su garder.

François Catala : … qu’on croyait qu’on allait perdre et qu’en perdant affectivement on retrouve par quelque chose de nettement supérieur.

Le sang, les organes et les planètes par MAUD COUSIN

(Revue Panharmonie. No 165. Janvier 1977)

Compte rendu de la réunion du 7-10-1976

Cette réunion fut consacrée à l’étude du sang et à ses rapports avec son environnement. Son milieu est tellement riche et complexe, qu’il faut avant tout se rendre compte de ce qu’il contient ; une partie liquide et une partie solide constituées par des globules rouges et blancs, qui ont chacun leur rôle à jouer. Les globules se forment dans les cellules de la moelle.

Les globules rouges servent à transporter notre oxygène, tandis que les globules blancs nous défendent contre les infections et nous protègent des agressions extérieures.

Le Docteur à l’aide de schémas nous montre l’aspect des globules, et la manière dont ils se transforment suivant les excitations dont ils sont l’objet et comment ils se multiplient, vivent et vieillissent. Il y a dans le sang une vie absolument extraordinaire, rien qu’entre globules rouges et blancs.

Le pus est le reliquat de nos globules blancs lorsque ceux-ci se sont si bien bagarrés contre les microbes, qu’ils en meurent. Les tissus s’éliminent alors par le pus ou se résorbent par l’intérieur et donnent lieu à des abcès internes.

Les globules rouges ont des opposants eux aussi, lorsque par exemple on injecte dans le sang un sang étranger, car l’hémoglobine diffère pour chacun.

Le pigment rouge des globules qui sert à fixer l’oxygène contient du fer. Il est un peu l’équivalent de la chlorophylle chez les plantes, mais chez elles ce pigment contient du cuivre.

Il y a cinq litres de sang dans le corps humain qui contiennent cinq millions de globules rouges par mm3, par contre il ne contient que cinq grammes de fer pour l’ensemble des globules. Ce pigment est si important que l’on donne du fer aux personnes anémiées. Il est inutile d’en donner une forte dose car ce même fer sert et ressert. Quand les cellules se détruisent, l’organisme le récupère. Une bonne thérapeutique consiste à manger des feuilles d’épinards crues, riches en fer, mais souvent les anémiques ne les assimilent pas, le foie le fixant mal. La bonne méthode serait de prendre tous les matins de l’eau dans laquelle aurait macéré une feuille d’épinards.

En mettant le sang en présence d’un certain nombre de sérums différents, sérums de cobras, de vipères, d’abeilles et en le testant, le Docteur Mattei peut voir si un terrain est normal et, si ce n’est pas le cas, le classer en cancérinique ou en tuberculinique. Dans les leucémies, genre de cancers du sang, on étudie les globules après avoir fait une prise de sang.

Le Docteur nous parle alors de groupes sanguins dont certains prédominent dans certaines races. Non négligeable est le facteur rhésus. Si, par exemple une mère est rhésus positif et un père rhésus négatif, cela peut donner des complications au moment de la naissance d’un enfant de rhésus négatif comme le père. Au moment du décollement du placenta, il y a échange entre le sang maternel et le sang de l’enfant et cela peut provoquer des accidents parfois sérieux, tels que des troubles dans le développement du système nerveux ou des enfants inadaptés. D’où la nécessité pendant la grossesse de surveiller le sang de la mère. Certains enfants font à la naissance de très importantes jaunisses. On procède actuellement à des exsanguino-transfusions qui consistent à changer en quelque sorte, fraction par fraction, le sang de l’enfant qui sans cela ne pourrait vivre.

Le sang transporte des éléments nutritifs, mais aussi des éléments de rejets de tous les éléments cellulaires qu’il conduit aux organes d’épuration : les reins pour les choses liquides, les poumons pour les choses gazeuses et plus particulièrement l’intestin pour les solides.

Bien des personnes ont eu des ictères transfusionnels qui ne surviennent qu’après un certain temps. A présent on ne prend plus en principe le sang de quelqu’un qui a été atteint par cette maladie, mais on peut l’avoir sans s’en douter. Lors d’un accident l’organisme tolère mieux une transfusion que dans le cas d’une maladie. Toutes les secondes, trois millions de globules rouges sont fabriqués. Le sang est un milieu intermédiaire qui contient à la fois du liquide, du gaz, l’air fixé sur l’hémoglobine, mais aussi en partie des produits qui sont au fond des minéraux et toute une série d’autres choses. Tout cela est transporté dans les tissus, mais pour le transporter il faut un milieu, le liquide ; le cœur pour le faire circuler ; des vaisseaux un peu souples pour le véhiculer. Pour la progression le cœur la grosse pompe, est l’essentiel, mais les vaisseaux ne sont pas négligeables. Par une forte pression, les artères se dilatent et font progresser le liquide. Des vaisseaux relativement souples nécessitent une pression du cœur moindre que ceux durcis par les années. On peut les comparer à un caoutchouc plus ou moins souple. Les stases circulatoires proviennent justement d’une tenue insuffisante des petits vaisseaux. Les veines contiennent en plus de petites valvules pour empêcher le sang de redescendre. Leurs carences sont cause d’ennuis circulatoires.

De fortes pertes de sang donnent lieu à des syncopes et si les cellules nerveuses extrêmement fragiles ne sont plus irriguées, des lésions irréparables peuvent se produire. Il faut donc les alimenter par des perfusions. L’emploi du sang n’est pas forcément obligatoire, l’eau salée le remplace, on lui additionne parfois des protéines ou des sérums qui retiennent mieux l’eau. Après un accident il faut fermer la soupape et il est même bon à ce moment que la pression ne soit pas trop forte pour permettre à un caillot de se former. Etre dans le coma, enfin dans un état de collapsus avec une circulation ralentie après une forte hémorragie, est peut-être un moyen de défense, mais il ne faut pas que cela dure. Il faut réanimer, empêcher le sang de couler et même injecter du sang malgré les inconvénients que cela comporte.

Il y a peut-être un fondement religieux ou autre, plus important qu’on ne le croirait, à refuser un sang qui vous est étranger et qui est caractérisé par une marque personnelle. Des changements de mentalité ont pu être constatés chez le receveur après des transfusions de sang. C’est d’ailleurs un processus analogue à celui du rejet, c’est ce qui nous permet de maintenir notre personnalité.

Le bébé qui reçoit le sang de la mère ou de quelqu’un d’autre, pourra recevoir pendant toute sa vie un sang analogue. Ceci jusqu’à trois mois. Quand il marche son système nerveux est déjà développé.

L’hémoglobine est une chose assez caractéristique de la personne. On ne peut jamais dire que l’enfant est sûrement de quelqu’un, mais on peut dire parfois qu’il n’est pas possible qu’il soit l’enfant d’un tel.

Actuellement on utilise beaucoup les facteurs d’immunité. Le sang, entre autres, est l’endroit où ceux-ci se manifestent. A côté des globules, dans le plasma ou dans le sérum il y a un certain nombre de contenus qui sont souvent les supports de l’immunité.

La lymphe n’est pas le sang, car ce dernier est dans un circuit fini. Chez l’embryon le circuit est unique, tandis que chez l’adulte il y a un cœur droit et un cœur gauche qui sont agglomérés.

Le Docteur nous explique alors les circuits sanguins et comment le liquide et l’oxygène qui ont pu pénétrer les parois des capillaires, forment un liquide intercellulaire. Les cellules baignent dans un milieu liquide qui n’est pas le sang et qui va se retrouver dans les vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux ne sont pas un circuit continu, mais fermé comme un doigt de gant. Quand la pression du liquide est plus forte à l’extérieur qu’à l’intérieur, celui-ci remonte progressivement pour aller se jeter dans les veines. Une compression de la lymphe donne des ganglions.

Le sang circule très vite, en vingt-cinq secondes il fait le tour de l’organisme. Cet univers microscopique contient un univers de défense et d’immunité. S’il n’y a pas immunité toutes les maladies peuvent évoluer ; s’il y en a trop, on arrive à ces autres maladies qu’on appelle auto-immunes. Il y a un certain nombre de maladies auxquelles les gens réagissent tellement fort, que finalement ils se détruisent. Au lieu de réagir normalement, tout à coup, pour des raisons qu’on ignore, ils deviennent leurs propres agresseurs. La sclérose en plaque semble appartenir à ce type de maladies. Dans les allergies aussi il y a mauvaise réaction. Le fait qu’il y en ait beaucoup plus qu’autrefois peut être imputé à tous les produits chimiques que nous introduisons dans nos poumons en respirant et à tous ceux qui se trouvent dans les aliments et qui ne s’éliminent pas bien. Le sang pourtant s’épure. Si son circuit est fini, il est filtré cependant et s’épure dans les reins en raison de quinze litres tous les jours, passant à travers les globules des reins. Le foie, lui, retient, décompose, capte et rejette dans la veine-cave. Il constitue un vrai laboratoire extraordinaire ayant une dizaine de fonctions. La rate joue un rôle important dans la fabrication et aussi la destruction des globules rouges, évitant ainsi les embouteillages. Le « point de côté » quand on court, n’est autre qu’une contraction de la rate qui va pallier l’insuffisance des globules rouges.

Dans la leucémie il y a multiplication des globules blancs qui, normalement sont peu nombreux. Ils sont alors cause de thromboses, bouchant les vaisseaux. On a fait de gros progrès à présent et on guérit de 20 à 30 % de leucémies, alors qu’autrefois elles étaient toutes mortelles.

Le Docteur Verne, récemment décédé, s’occupait, dans son laboratoire, des réactions des terrains contre certaines substances comme le sulfate de cuivre. La vitesse de sédimentation donne également des indications précieuses. Les globules rouges se sédimentent et la vitesse de sédimentation s’accélère lors de maladies infectieuses et arrive à de très grandes vitesses, principalement dans le cas d’un cancer.

Question : Y a-t-il un rapport entre le sang et la personnalité ?

Le Docteur : On pourrait effectivement voir des rapports. Le sang correspond au Moi, il est le milieu le plus important. Or penser comporte pas mal de dépense d’énergie, de substance. On se fatigue autant que dans des exercices physiques et les tissus qui servent à penser, ne se régénèrent pas facilement. Le cerveau est un pôle très dense. Le sang a son rôle à jouer. Il est oxygéné, propulsé dans le cœur et dans les poumons. La vie de notre organisme tient dans cette partie-là, sinon nous ne pourrions pas bouger, vivre. Le sang est donc un intermédiaire absolument extraordinaire et qui, finalement incarne nos possibilités.

Nous sommes tous voués à la mort. Le Docteur croit en une résurrection et à l’idée qu’une vie est comme une journée du monde. Nous vivons vraisemblablement beaucoup de vies pour pouvoir évoluer dans le sens de la complétude de notre Moi qui justement s’incarne dans le sang. On ne peut pas changer le sang d’une personne, il est sa partie la plus personnelle.

Puis le Docteur nous parle des rapports des planètes avec les organes et les substances chimiques, d’après Rudolph Steiner et entame sur ce sujet un dialogue intéressant avec François Catala, qui lui, met en parallèle les concepts traditionnels de l’astrologie.

La voix, dit encore le Docteur, est un symbole sexuel, donc la gorge et le Verbe. Steiner considère que l’évolution vers laquelle actuellement tend la sexualité la diminuera progressivement en faveur du Verbe qui la remplacera. Le Verbe uniquement sera créateur.

Compte rendu de la réunion du 4-11-1976

Ce que nous a dit le Docteur Cousin fut si dense qu’un résumé ne peut qu’en suggérer des idées.

Elle aborde le rythme biologique des différents groupes sanguins dont elle a trouvé la durée exacte. On distingue trois rythmes ; physique d’une durée de vingt et un jours ; psychique de vingt-neuf jours et intellectuel de trente-trois jours. Ces trois rythmes font des oscillations régulières qui démarrent à la naissance. Leurs courbes se chevauchent selon la date de naissance. Positifs, ils sont un facteur de défense et donnent de l’énergie à revendre. Dans la phase négative on est en réserve. C’est vrai pour tous les domaines. Souvent on est fatigué sans savoir pourquoi, c’est une question de cycles rythmiques biologiques. Les moments les plus délicats seraient ceux d’inversion de cycles et il est alors conseillé de ne pas se faire opérer dans ces périodes-là ou de ne prendre aucune décision. Les recherches de Pinel portent sur le rythme des globules blancs et permettent de déceler des instants favorables particulièrement actifs. Ainsi une thérapeutique entreprise dans un moment défavorable, peut-elle être de 40 % moins efficace que si elle était appliquée dans un moment favorable.

Steiner, qui envisage les actions et réactions sous l’angle de l’anthroposophie, voit le Moi, siège de la personnalité qu’il assimile au cœur, correspondre au soleil. Le sang correspondrait à Mars. Pour Steiner, l’être avant de s’incarner passerait par un certain nombre d’influences astrales, à commencer par Saturne, puis Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Le centre serait le soleil. Les planètes vont par couples, la première avec la dernière, la deuxième avec l’avant-dernière, puis les deux encadrant le soleil. Elles sont chaque fois couplées par oppositions dans les deux sens. Il est intéressant de voir comment on peut déterminer la santé et les insuffisances ou les excès de l’une à l’autre. Dès la naissance on va vers la mort. La naissance n’est pas tout à fait la fin de l’incarnation puisque l’être se forme encore pendant un certain temps, en particulier son système nerveux. A chaque stade il y a ce dont il a besoin. Ce qui est bon quand on est jeune ne l’est plus quand on vieillit.

Le Docteur Cousin donne alors à François Catala lecture des indications données à ce sujet par Steiner. Nous ne pouvons entrer dans ces considérations très compliquées pour des néophytes. Il faudrait avoir des notions assez poussées d’anatomie, de biologie et de médecine et de même être au courant de l’astrologie prise sous cet angle. Nous nous contenterons de donner ici quelques indications d’ordre plus général.

Le premier couple est Saturne-Lune. Saturne symbolise le plomb, c’est la densification, alors que la Lune est la reproduction, la multiplication. Il y a va-et-vient des deux courants, celui positif de condensation et l’autre négatif d’élimination. Saturne, la partie la plus matérialiste intensifie l’être au maximum mais, en même temps se produit un mouvement inverse qui essaye d’aller vers le futur et, au contraire, de former la vie. On peut donc dire que le squelette est une image morte du Moi qui met en rapport avec le passé et que, par contre le sang, également sous l’influence de Saturne, est un instrument vivant du moi qui nous conduit vers le futur. L’un nous permet de vivre et l’autre d’aller vers l’avant.

La rate, dite cimetière des globules, équilibre les deux courants. Saturne joue beaucoup durant le sommeil, par un « sommeil de plomb », la mémoire aussi en dépend. La tête est la partie la plus dense de l’organisme et la moins vivante dans le sens physique et les cellules nerveuses ne se régénèrent pas ou peu. C’est un pôle qui se sclérose, se durcit et ne peut pas bouger beaucoup. La mémoire va avec le passé, le plomb, la volonté va vers l’avenir, avec le sang, c’est donc la vie. La rate joue beaucoup pour le saturnisme, la destruction, elle va de pair avec l’enthousiasme. Son contraire est l’hypocondrie que les Grecs attribuaient à cet organe. Les Anglais l’appellent le spleen. Celui qui n’a plus de rate, n’a pas de point de côté, il peut courir comme un « dératé ».

Le 2e courant de Saturne contribue à donner de la fièvre et aussi de la décalcification. Au contraire de Saturne, la Lune est la multiplication, mais une multiplication qui reproduirait indéfiniment la même chose. Elle favorise donc la régénération des tissus, la croissance, mais déchaîne aussi le cancer. C’est le processus no 1. La Lune correspond à l’argent. Le courant 2 est un arrêt pour que la différenciation limite la multiplication. Tout le processus va de la Lune, de l’état inconscient lunaire qui est celui de la potentialité, de virtualité, à l’état solaire qui est l’état élaboré et le plus différencié. Le cerveau est un organe typiquement lunaire, formé à partir de l’ectoderme. Le courant lunaire 2 s’est manifesté si intensément que toute possibilité de régénération des tissus nerveux a disparu au profit d’un haut degré de différenciation.

Saturne donne des enfants à petite tête, au faciès vieillot, à intellectualité précoce, alors que la Lune donne des enfants à grosse tête avec des figures en pleine Lune, un peu rêveurs, à imagination créatrice, à prolifération sur le plan de la pensée. Quand cela va trop loin dans l’incarnation, Saturne donne la sécheresse, la sclérose, l’artériose sclérose, etc. Alors que la Lune donnerait des leucémies.

Jupiter-Mercure : Jupiter en principe donne le modelage des formes. Il y a toujours là aussi les deux phases, celle qui modèle et celle qui donne le mouvement, celle qui fige et l’autre, au contraire, qui dématérialise un peu. Elles sont à l’opposé non plus pour le système nerveux, mais plutôt pour les muscles, la partie motrice, celle qui modèle. Trop de formation durcit avec un certain rhumatisme et trop de mouvement dématérialise avec des crampes. Jupiter c’est le foie, les cartilages et les muscles ; Mercure est surtout le poumon. Un courant trop fort primaire va aux cirrhoses, aux raideurs articulaires, goutte, arthrose, glaucome. On observe aussi raideurs de la pensée, dogmatisme, entêtement, orgueil et au maximum peur de la vie, dit Steiner.

Docteur Cousin : Mercure est le mouvement en soi. Dans le mouvement des liquides, du sang, de la lymphe, il augmente les échanges, l’habileté de la pensée et de l’humeur, favorise le mouvement. En deuxième partie, c’est la structuration des organes creux (végétations, indurations) pouvant aller jusqu’au manque de contact.

Mars-Vénus : Mars est le sang, la force de la vésicule biliaire. On donne comme image le lanceur de javelot. Dans le courant 1, ils sont deux forces antagonistes, l’une d’extériorisation, l’autre d’intériorisation. En inversant, Vénus devient l’extériorisation, l’excrétion, l’élimination. Elle a sous sa dépendance les reins, les veines, la circulation qui élimine. Au contraire Mars deviendrait l’intériorisation : c’est l’activité dirigée vers l’intérieur, toute la chimie, toutes les transformations et tous les sons. La voix, le son, les réactions chimiques ont le même genre d’action. Quand cela ne va pas bien, il y a enrouement, bégaiement, les néphroses, soit les anémies par manque d’intériorisation. Quand Mars est en insuffisance, il y a l’agressivité du faible, la peur de la vie, les dépressions, la paralysie de la volonté, l’aboulie.

Le Soleil, le cœur, lui, est tout seul au centre, donne la matérialisation et la spiritualisation. Celui qui a un fort Soleil est robuste ; il aime bien les activités alors que celui qui est un peu déficient, pâle, sans envie de bouger, en manque. Il est angoissé, a des vertiges, des palpitations, des absences. Les troubles du cœur apparaissent aussi bien dans l’excès — hypertension — que dans l’insuffisance — anémie.

L’anthroposophie voit dans la naissance comme l’équivalent d’une machine pointeuse : on arrive à l’usine à telle heure et telle autre est celle du départ. Ce n’est au fond qu’un moment dans l’évolution, un passage. Ce n’est pas l’heure de la naissance qui est en cause, il fallait qu’elle arrive à cette heure-là. Tout a été préparé à cette heure-là pour déclencher le processus. Pour Steiner, l’être se forme bien avant sa naissance en s’imprégnant des différentes énergies émanant des planètes et qui forment le Moi. La seule chose permanente est le Moi qui s’incarne dans le sang et donc dans la chaleur et dans l’énergie. L’influence astrale serait plus ou moins influencée par sa durée, son imprégnation de ce que le Moi a pu capter.

Après la mort, Steiner voit l’être passer par ces différents stades, monter avant de redescendre. Autrement dit, il se purifie. S’il doit encore se purifier, il laisse ce corps à tel endroit, dans telle planète, et monte encore dans une autre planète, et ceci jusqu’à la plus haute pour reprendre sa plénitude. Il est alors entièrement purifié. Puis il se réincarne : c’est la partie de la descente afin d’acquérir la plénitude à laquelle il est voué, après bien des incarnations où il doit profiter de ses expériences en développant ses capacités créatrices.

Il y a un moment où meurt l’être physique et justement à ce moment-là il y a libération des autres parties de l’organisme. Je ne pense pas qu’on puisse concevoir que des êtres aussi perfectionnés que l’homme, puissent n’avoir qu’une vie matérielle pendant x temps et que tout ce qui a été appris, utilisé, parte en fumée et ne serve à rien ni à personne, dit le Docteur Cousin. Je crois que nous payons les pots cassés des absurdités parce que si nous sommes libres de faire des bêtises, nous sommes bien placés pour récolter ce que nous avons semé. Je pense que nous sommes sur cette terre pour apprendre un certain nombre de choses à nos dépens si nous n’avons pas compris.

Mme Langevin : On peut aussi dire que chaque chose qui doit être vraiment réalisée, nécessite un gros effort et que tout le monde ne veut pas le faire. On est obligé de renoncer à quelque chose pour faire autre chose.

Dr Cousin : Tout est un choix dans l’existence, parce que vous ne pouvez pas tout faire. Les choix doivent être positifs.

Ce que je trouve intéressant c’est l’idée de Steiner du Moi qui est l’étincelle divine en nous, l’élément personnel qui doit se former et ne le fait que dans l’incarnation et la réincarnation. Nous sommes donc responsables de A à Z.

La discussion tourne autour du macrocosme, du microcosme, du jour et de la nuit de Brahman, puis autour des eaux primordiales. Faute de place nous ne pouvons pas en donner la teneur.

Autrefois, dit encore le Docteur Cousin, les initiations étaient réservées à un groupe d’êtres de qualité morale suffisante, si non, gare au choc en retour.

Les épreuves sont une manière d’affirmer quelque chose qui n’existe pas. On ne possède vraiment que ce qu’on a cru perdre et qu’on n’a pas su garder.

François Catala : … qu’on croyait qu’on allait perdre et qu’en perdant affectivement on retrouve par quelque chose de nettement supérieur.