le docteur Maud Cousin : Le système nerveux


06 May 2010

(Revue Panharmonie. No 196. Octobre 1983)

On distingue deux grandes parties dans le système nerveux :

— Le système cérébro-spinal qui correspond au système nerveux.

— le système vago-sympathique qui est le système inconscient.

Le système cérébro-spinal comprend le cerveau, la moelle épinière et tous les nerfs. C’est par lui que nous pouvons nous mouvoir, sentir et penser.

Le système vago-sympathique correspondant au sympathique, est une chaîne avec toutes sortes de ganglions qui donnent des plexus et qui viennent innerver tous nos organes profonds (cœur, poumons, rate, pancréas organes génitaux). Tous ces organes sont aussi innervés par le nerf vague qui est représenté par le pneumo gastrique, un grand nerf qui part du bulbe et qui donne un filet à chacun de ces organes du tronc, à la tête et à la région génitale.

Le deuxième système est inconscient et fait tout le travail sans que nous ayons à savoir comment digérer nos aliments, comment faire circuler le sang. Ce n’est que quand nous sommes en mauvais état (neurasthénie) que nous commençons à sentir tout ce qui se passe à l’intérieur, parce que le système inconscient pénètre dans le conscient. Normalement nous ne percevons pas du tout le fonctionnement de notre sympathique et de notre parasympathique.

Le Système cérébro-spinale

Il comprend une grosse masse qui est le cerveau et une sorte de petite queue, la moelle, et des tas de petits fils qui vont partout jusqu’aux extrémités et qui donc nous permettent d’avoir toutes les sensations dont nous avons besoin car il y a des filets qui sont moteurs et d’autres qui sont sensitifs.

La moelle se présente comme un H avec deux cornes motrices et deux cornes sensitives, c’est-à-dire les filets sensitifs vont de la périphérie vers le centre pour amener les sensations jusque-là et les filets moteurs vont dans l’autre sens, descendant jusqu’à la périphérie pour faire mouvoir les muscles ou les glandes. C’est ce qui commence à se développer en premier chez l’embryon. L’embryon est d’abord constitué par une cellule, puis deux, puis quatre et, ensuite, se forment des foyers et puis un canal dans le sens de la longueur, le canal médullaire. L’extrémité, du côté de la tête va se renfler, puis former un, puis deux, puis trois masses qui vont se replier sur elles-mêmes. La base du cerveau va vers la continuité de la moelle et là il y a toute la partie inconsciente, la partie neurovégétative, les centres de commande du sommeil, de l’appétit, de da croissance.

Le cerveau prend beaucoup de place, il faudrait une tête très allongée si on voulait le garder sous forme de canal. Alors il est replié, ce qui fait grossir la boîte crânienne. A la base il y a cette partie inconsciente, mais capitale, qui est prolongée par le bulbe et par la moelle.

D’après Steiner il y a une partie en évolution et une partie en régression. Au début c’est un canal qui est à peu près égal partout, c’est un système nerveux très allongé, comme par exemple dans les serpents. Or l’évolution fait que la partie antérieure s’est beaucoup développée et la moelle a tendance à se rétracter.

Si on regarde la colonne vertébrale on voit des vertèbres qui s’empilent les unes sur les autres et forment un canal qui descend plus bas que la moelle. Steiner dit que dans l’évolution la moelle est restée à un stade primitif. Le cerveau est de la moelle qui s’est développée et qui a permis l’éveil de la conscience. La moelle a une certaine conscience. Quand on se brûle on retire sa main; c’est un réflexe court qui se fait au niveau de la moelle.

C’est grâce au cerveau que nous avons la conscience éveillée. Steiner dit qu’à la base et à l’intérieur du cerveau se trouve le reliquat de la moelle ancienne et c’est elle qui est en vie pendant le sommeil. Pendant le sommeil nous avons un peu l’équivalent de ce qui se passe avec les images ou les actes qui ne sont pas moteurs mais qui sont donnés et pour lesquels on réagit sans pouvoir consciemment faire quelque chose : c’est le rêve de l’ancienne moelle qui est encore dans le système nerveux.

Le système cérébro-spinal est à l’intérieur des os, le cerveau est dans la boîte crânienne et la moelle est dans la colonne vertébrale. La colonne et le crâne sont mobiles. Dans le crâne il y a des sutures qui semblent ne pas bouger, mais qui sont nécessaires pour entretenir une bonne circulation. Il y a un certain rythme dans tout cela et quand il est trop lent les fonctions spirituelles se ralentissent, de même que les fonctions d’intelligence. Ce mouvement peut se bloquer. Pour le débloquer on fait redresser le pied, cela fait monter la pression dans le liquide céphalo-rachidien qui fait alors bouger les os du crâne. La partie basse, la partie végétative qui est capitale pour notre vie n’irait pas tellement bien si elle n’était pas entourée d’eau, si elle ne flottait pas dans du liquide. Ce système cérébro-spinal est vraiment très protégé parce qu’il est entièrement enfermé, il faut que tous ces nerfs sortent par des cavités. Le système cérébro-spinal est en contact avec tous nos sens, c’est lui qui permet de voir, d’entendre, de goûter, de sentir, de toucher. Pour Steiner il n’y a pas que cinq sens, mais douze. Il y aurait le sens de l’équilibre, de la chaleur, du temps, de l’espace…

La vision

La vue c’est la réception d’énergies qu’on capte par les yeux et les yeux sont une projection du système nerveux. Depuis les yeux un trajet passe par la base du cerveau où il y a analyse qui permet de comprendre ce que l’on a vu.

Un souvenir est quelque chose qui s’est imprégné plus profondément. La première sensation, les sentiments dépendent de l’astral. Pour qu’une sensation devienne un souvenir il faut qu’elle ait un rapport avec l’éthérique. Il semble que par l’intermédiaire du sang les filets nerveux accompagnent les vaisseaux. Dans toute la circulation il y a des éléments éthériques qui s’imprègnent et qui imprègnent le sang. Tous ces courants remontent et vont se concentrer à la base du système nerveux entre l’épiphyse (glande pinéale) et l’hypophyse. Tous ces courants éthériques se concentrent, les uns venant de l’inconscient de notre organisme et les autres du conscient, à savoir tous nos sens (nez, yeux, etc.). Ces deux glandes, l’épiphyse et l’hypophyse, sont les deux centres qui permettent la représentation et la mémoire, elles se sont condensées matériellement pour passer de l’éthérique dans la matière, parce que des confluences d’énergies engendrent de la matière.

L’épiphyse est donc une glande importante pour la mémoire et la représentation, parce que c’est une condensation de l’éthérique qui s’est chargé de l’astral, des impressions ou des sensations et qui permet donc le souvenir. L’épiphyse est en rapport avec le cérébro-spinal, l’hypophyse est en rapport avec le sympathique et toute la vie végétative. C’est la glande maîtresse de toutes les glandes, tyroïde, surrénale… Elles sont l’une en face de l’autre et sont absolument capitales pour notre mémoire et notre représentation de l’existence.

Des tas de nerfs vont vers tous les muscles, tous les organes.

Dans l’oreille il y a un gros nerf et beaucoup de petits nerfs qui viennent comme des petites lames avec des longueurs différentes qui permettent d’analyser les sons. Avec 1’œil, au contraire, nous ne pouvons pas analyser, c’est une unité qui reçoit une couleur que nous ne pouvons pas décomposer comme le fait le spectre.

Les Systèmes Sympathique et Parasympathique

Ils commandent tous les fonctionnements de nos organes. Un filet les active ou les ralentit. Tous cet équilibre se fait suivant des réflexes. Le cœur joue un rôle important, il a beaucoup de terminaisons nerveuses qui lui permettent d’intégrer tout ce qui arrive dans le sang par le foie, la rate, les reins, la vésicule biliaire, le pancréas, tous les organes nécessaires à la digestion.

Pour les Chinois, c’est par l’intermédiaire de la rate que nous assimilons le maximum d’énergie matérielle. Penser et imaginer la fatiguent et la font travailler. Car pour penser il faut de la matière et le cerveau est de la matière presque morte qu’il faut nourrir soit avec du sucre, du calcium, du phosphore, des sels minéraux, etc. Grâce à la digestion et à la rate qui humanise les produits de la digestion nous arrivons à entretenir la vie nécessaire au niveau du cerveau.

Le plexus solaire

Il se trouve au niveau de l’estomac et nous avons là des fonctions capitales : les trois réchauffeurs de l’acupuncture. Le réchauffeur supérieur envoie l’énergie vers les poumons et le cœur, le moyen vers la rate et le pancréas, donc vers l’assimilation, et l’inférieur a une fonction d’élimination.

Un peu plus haut se trouve le plexus précordial qui est très important par rapport aux sentiments. C’est le seul point, où se fait un contact assez étroit entre le conscient et l’inconscient. C’est pour cela que tout ce qui touche à la respiration est aussi important. Ce plexus se bloque facilement. C’est un point central à la hauteur des mamelons, il répartit l’énergie entre le cœur, les poumons, le foie, la rate et l’estomac. On peut le masser pour le décontracter.

Le Plexus laryngé

Il va avec la voix. Dans l’avenir il aura un rôle encore plus important, car il sera très créateur. Nous deviendrons créateurs par la parole et non par les organes génitaux.

Le plexus coronal

Il correspond au troisième œil (le lotus au cent pétales). Il est un des chakras des Indiens, c’est une concentration d’énergie, de lumière condensée. Certains plexus voient cette lumière plus ou moins forte.

Le plexus génital

Il correspond à la rate. Celle-ci n’est pas très importante en tant qu’organe, mais en tant que fonction. Elle a la fonction de transformer les aliments d’origine animale, végétale, en des éléments de nature humaine.

Steiner dit que si nous voulons aller plus loin dans notre connaissance intérieure, nous devons supprimer le contact avec les filets nerveux et le sang, pour pouvoir recontacter la partie intérieure de notre organisme. C’est ce qui se passe en méditation : on revoit les choses par l’intérieur et non plus par l’extérieur.

(Revue Panharmonie. No 198. Avril 1984)

La prochaine fois nous verrons le cancer qui est l’évolution ultime de notre époque. Un médecin, disciple de Steiner, a écrit dans un article, que dans les asiles d’aliénés on trouvait moins de cancers qu’ailleurs et qu’il semblerait que c’étaient là les deux évolutions vers lesquelles tendait le monde actuel : les détériorations physiques ou les détériorations psychiques. Cela correspond à l’idée que le physique, la partie matérielle, est celle qui est absolument nécessaire pour le développement du moi et de la personnalité, qu’il faut quelque chose de dur, un obstacle important pour que nous prenions conscience de notre corps. Si nous avons un corps rebelle, c’est que cette prise de conscience de notre personnalité et de notre individualité, n’a pas été réalisée.

C’est cela l’évolution actuelle : il faut passer par un stade de matérialisme pour s’individualiser et pour se développer, afin de dominer son corps et d’aller vers la liberté de la personne, laquelle alors, peut se prendre en charge complètement et remonter vers la spiritualité.

L’évolution, d’après Steiner, s’est faite dans des mondes successifs avec une densification progressive :

— Le monde de Saturne, monde de chaleur, est l’ébauche de la personne que nous sommes, de ce qui deviendra le corps physique qui n’était alors que chaleur, tandis que les autres parties qui nous constituent, n’étaient pas encore incarnées, elles agissaient de l’extérieur.

— Le monde gazeux, ce qui deviendra notre corps et qui était chaleur est devenu gaz. A ce moment-là s’est imprégné un deuxième élément, ce qui équivaut à notre corps végétatif actuel.

— Dans un troisième monde, ce qui était gaz est devenu liquide, c’est le corps des sentiments.

—  Dans notre terre actuelle, ce qui est notre corps physique est devenu dense, matériel.

Ce qui était liquide est devenu solide, ce qui était gazeux est devenu liquide et ce qui était chaleur est devenu gazeux, et le moi s’est imprégné de chaleur : Le moi se défend avec la fièvre, avec la température et s’imprègne dans le sang et dans les éléments les plus chauds de notre organisme.

Nous avons donc un corps très vieux, très perfectionné ; un élément végétatif, la vie, qui commande la croissance, la réparation, le fonctionnement des organes, qui est aussi très perfectionné, parce qu’il est assez ancien ; les sentiments eux, sont moins perfectionnés, nous sommes surtout envahis par des sentiments contraires, il y a encore beaucoup à faire pour équilibrer notre corps de sentiments, c’est le corps astral. Et puis, enfin, le moi qui avant n’était pas imprégné, c’était un moi de groupe un moi tribal non individualisé, comme cela en est le cas chez les animaux (il y a une âme-groupe qui les dirige). Et dans notre époque actuelle, nous sommes en train d’individualiser ce moi, chacun se prend en charge et toute une évolution doit se faire dans laquelle notre personnalité, donc notre psychisme, est fortement impliqué.

Cette évolution doit se continuer encore dans d’autres mondes pour refaire le chemin inverse. Nous commençons à remonter de la matière vers l’énergie (avec la bombe atomique on dégage l’énergie de la matière) et nous allons à avoir à repasser par des stades de moins en moins matériels à travers toute l’évolution que nous avons à acquérir et notamment par celle du moment, qui est celle du psychisme et de la personnalité. Dans chaque monde on récapitule ce qui a précédé dans les autres mondes et on progresse. Avant cette époque-ci de la terre nous sommes aussi passés par ces différents degrés d’imprégnation.

— L’Inde Ancienne (de 7 200 à 5 200 av. J.-C.) : L’évolution se faisait beaucoup plus lentement, on était moins matérialisé. Actuellement on vieillit plus vite, l’évolution matérielle se fait beaucoup plus vite et la personne doit se prendre en charge pour évoluer ensuite plus rapidement. Dans l’Inde Ancienne le seuil de maturation psychologique était entre 56 et 49 ans, c’est-à-dire que l’évolution se continuait jusqu’à cet âge-là et ensuite la personne se prenait en charge.

— Dans la Perse Ancienne (5 000 ans av. J.-C.), le seuil était de 49 à 42 ans.

— Dans la Chaldée et l’Égypte, de 42 à 35 ans.

— A l’époque Gréco-Latin, de 35 à 28 ans.

— A l’époque Christique, l’évolution mature au maximum, elle est atteinte à 33 ans.

A cette époque 28 ans était l’âge où il n’y a plus de maturation progressive, il faut alors que la personne se prenne en charge, c’est-à-dire qu’elle évolue consciemment et volontairement.

Question : Cependant on prétend qu’on prolonge actuellement la vie ?

Réponse : Moi, je prétends que non. La moyenne a augmenté jusqu’il y a une dizaine d’années, mais maintenant elle a baissé. C’est vrai qu’on a supprimé la mortalité infantile dans des proportions considérables, mais autrefois il y avait beaucoup plus de centenaires. A l’époque de la Révolution Française, dans le 1er arrondissement, il y avait plus d’une centaine de centenaires. La sélection naturelle était beaucoup plus dure, mais les conditions de la vie étaient sans doute plus naturelles. Le vieillissement précoce que nous avons est sans doute nécessaire, parce qu’il faut ce durcissement pour que nous arrivions à le maîtriser. Nous avons des tas de facteurs de vieillissement précoce : les aliments que nous avons dénaturés, chimiques ; l’air que nous respirons, les stress. On se densifie, on se matérialise de plus en plus et finalement la matière n’est pas tellement vivante, elle est le pôle inverse de la vie. Le cancer serait précisément l’aboutissement de la matière, c’est la matière qui prend le dessus, alors que la fièvre, les maladies infectieuses sont des manifestations de la vie, puisque la vie se traduit par la chaleur. On peut donc dire que dans le temps la partie vivante et active était plus prolongée ; à notre époque les dégradations surviennent beaucoup plus vite, beaucoup d’enfants portent des lunettes, ont de mauvaises dents, etc.

L’évolution des êtres se fait très lentement. Il y a trois âmes qui se développent avec le moi, avec le psychisme de la personne : celle des sentiments, celle de l’entendement et celle de la conscience. L’âme des sentiments a commencé à se développer à l’époque chaldéenne-égyptienne. La période gréco-latine a vu le commencement du développement de l’âme d’entendement, on commence à voir des philosophes, à raisonner. A partir de la Renaissance l’âme de conscience s’est manifestée, on commence à s’individualiser, à prendre des responsabilités. Tout cela est en évolution et notre individualisme est quelquefois forcené. Autrefois il était commandé par notre atavisme et par la religion, maintenant il est entre deux pôles : cette liberté qui n’est plus soutenue par rien, beaucoup de gens cherchent le sens de la vie et beaucoup s’adonnent aux drogues qui, elles, ne vont pas du tout dans le sens de l’évolution, parce qu’elles permettent à un organe des sens un développement unilatéral, sans la conscience. Le LSD donne des visions, on voit des choses des mondes supérieurs, mais on ne les voit pas consciemment, elles sont données dans l’état de rêve qui était un état antérieur. C’est une régression alors que nous devons retrouver consciemment ces mondes.

Ce serait, dit-on, Jeanne d’Arc qui aurait marqué franchement l’avènement de la conscience. Elle a eu conscience de ce qu’il fallait faire et de ce qu’il ne fallait pas faire, malgré toutes les entraves des autorités. Nous devons donc arriver à nous prendre en charge, afin que le moi puisse développer ses différentes âmes.

Nous vivons sur quatre plans différents : il y a celui du coma, celui du sommeil profond, du sommeil avec rêves (on a là une certaine forme de conscience puisqu’on reçoit des images, mais on les « digère » dans l’inconscient) et enfin la conscience de l’état de veille, celle où nous pouvons nous prendre en charge.

Dans notre évolution future nous devons mettre tous ces niveaux de conscience sous la dépendance du moi. Là peuvent apparaître tous les facteurs pathologiques (les névroses et les psychoses), parce que nous n’arrivons pas a maîtriser le monde extérieur. Nous recevons par nos sens toute une série de nourritures sensorielles que notre moi doit intégrer pour en faire quelque chose d’humain, pour en faire une synthèse qui fera partie de nous et que cela ne soit pas de la matière inerte et sans vie. Steiner insiste beaucoup sur la manière dont on reçoit toutes ces sensations et sur toute l’évolution de la pensée vivante, de même que sur le rôle de l’éducation. Nous avons une éducation stéréotypée, mathématique, rationnelle, qui n’est pas du tout vivante, et dans laquelle la personnalité ne s’intègre pas. Il donne tout un programme qui est développé dans les écoles steinériennes : on essaye de centrer les informations autour d’un thème et de l’intégrer à soi pour pouvoir faire la comparaison entre sa place dans la vie extérieure et comment il se vit intérieurement. Cela devient alors pensée vivante et non quelque chose de catalogué, de mort, qui ne nous sert à rien. Steiner dit que ces névroses sont liées aux stress que nous recevons ; l’organisme n’arrivant pas à les assimiler, cela va descendre dans le métabolisme.

La dernière fois que nous avons vu les deux formes de système nerveux, le système nerveux central avec tous les organes des sens et le système sympathique qui commande toutes nos fonctions végétatives (digestion, etc.) et dont nous n’avons pas conscience. Quand trop de choses n’ont pu être assimilées, les déchets qui en résultent, viennent imprégner notre sympathique et notre niveau inconscient et nous avons alors des organes qui se mettent à être perçus comme des organes des sens, lombalgies, douleurs d’estomac, etc. qui sont des névroses d’organes. Il faut alors soigner la vraie cause qui est généralement un excès de réception de choses non assimilables par un moi qui n’est pas assez fort, et un psychisme qui ne vit pas avec les choses. Tant qu’on n’imprègne pas les éléments de sentiments et de personnalité, ils ne font pas partie de nous et risquent d’abîmer les organes. Si les organes sont trop irrités, ils envoient à leur tour des impulsions dans le psychisme et arrivent à créer des sensations un peu étranges : des visions, des hallucinations, des voix, des brûlures, des picotements. Cela donne alors des psychoses dont le maximum est la schizophrénie qui arrive à créer l’impression qu’on ne sait plus où on est, ce qui est vrai ou non, etc. Ces schizophrènes vivent dans un double monde dans lequel ils sont mal imprégnés. Un bon diagnostic est alors très important afin de savoir si c’est une névrose (ce qui descend dans le métabolisme) ou une psychose (ce qui remonte vers le psychisme), parce que les névroses peuvent être soignées par la psychanalyse qui fait comprendre ce qu’on n’a pas réussi à assimiler, tandis que pour les psychoses, ce sont les organes malades qu’il faut soigner. Il y a de plus en plus de gens qui, sans faire de névroses ou de psychoses, font de la dépression.

Il y a trois causes de dépressions :

— la fatigue qui peut se guérir par le repos ;

— le choc émotionnel ;

— la mélancolie ou bile noire qui est plus grave, parce qu’elle correspond à un tempérament de fond. La bile, c’est le foie, donc la personnalité. Les conditions d’évolutions sont quelquefois très dures. Notre système plus ancré dans la matière est peut-être une nécessité pour que nous arrivions à la dominer, mais cela est très difficile à prendre en charge. Ce sont là des indications sur le but de l’évolution du psychisme qui est de s’individualiser ; autrefois il y avait les grandes familles, le clan, maintenant il y a le couple, même les enfants sont plus vite libérés. A présent que l’on commence à dominer la matière, il faudrait que l’on arrive à la faire évoluer.

A l’heure actuelle on remonte en sens inverse, ce n’est plus l’individu, c’est le groupe, on retrouve les formes de la collectivité. Il faut mobiliser la matière, on soigne encore trop par la matière, c’est l’énergie qui mobilise la matière : l’acupuncture et l’homéopathie sont des médecines qui essaient de libérer les énergies de la matière.

Je vous ai parlé des quatre premiers mondes que nous a décrit Steiner, mais il en a prévu trois autres dans lesquels nous changerons encore de niveau. Chaque vie est comme un jour dans une vie et dans chaque nouveau monde on franchit un niveau de perfection à atteindre. Pour l’instant nous sommes dans une période de changement, l’Apocalypse est en train de se réaliser, nous passons de l’Ère des Poissons à l’Ère du Verseau, celle de la connaissance.

On fait actuellement des recherches sur le déconditionnement des individus qui, par leur conditionnement, sont rendus inertes ou paniqués, plus maîtres d’eux-mêmes. Cela est grave, parce que cela va à l’inverse de l’évolution qui demande à l’homme de se prendre en charge. Il en est de même pour le lavage du cerveau : ceux qui y résistent le moins sont brisés, tandis que ceux qui laissent passer les choses sans qu’ils en soient atteints et qui centrent leur esprit en dehors d’eux-mêmes, par exemple sur une pensée élevée ou une personne chère, n’en sont pas touchés, ayant situé leur mental en dehors d’eux-mêmes.

Toutes les médications qui doivent aider les gens doivent être des thérapeutiques soit par l’art, soit par la rythmique. Elles aident les malades à se refaire une personnalité, ce qui est une vraie réparation des fatigues et des troubles.

La philosophie orientale est très centrée sur l’introspection. Steiner pense que la connaissance du macrocosme par l’intermédiaire de la connaissance du microcosme, c’est se fermer au monde extérieur et que le fait de prendre contact avec le microcosme par l’intermédiaire des organes intérieurs qui sont un microcosme, est une survivance des temps antérieurs et que cela est dangereux pour nous, de civilisation occidentale, parce que des pulsions importantes des sentiments se produisent et que le moi n’est pas sûr de pouvoir les dominer. Donc il ne conseille pas cette forme d’introspection. Je ne dis pas que nous n’y arriverons pas, parce que nous devons arriver à assumer différents niveaux de conscience qui sont encore inconscients. Pour l’instant il faut nous prendre en charge nous-mêmes. Peut-être un jour pourrons-nous orienter la vie des organes qui est pratiquement inconsciente, et avoir des perceptions par des rêves…

Les rêves sont une forme de perception des données du monde cosmique qui viennent à nous. Le cauchemar correspond au physique et aux perturbations physiques. Pendant la nuit notre corps astral et notre moi sortent de l’organisme, se séparent du corps physique et pénètrent dans le cosmos où ils ont certaines perceptions. On peut parfois continuer à avoir ces perceptions au moment où le corps astral et le moi réintègrent le corps physique. Si on a connaissance d’événements futurs par le rêve, cela peut permettre de se prémunir contre certains événements. Mais en règle générale on ne connaît pas son avenir. Et cela est bien, car il est difficile de vivre une vie en sachant ce qui va vous arriver de bien comme de mal. Si nous n’avons pas connaissance de l’avenir ni le souvenir du passé, c’est que nous avons à nous prendre en charge le plus consciemment possible en fonction du moment présent et non pas influencés par des facteurs venant du passé ou par la peur de l’avenir.

D’après Steiner, déjà avant la naissance, entre vie et mort, on récapitule toute la vie que l’on vient de vivre et on essaye de réparer, de maturer, de compenser ce qui a été fait. Puis dans la nouvelle vie qu’on va incarner, les événements vont nous permettre d’améliorer ceux du passé et les épreuves que nous avons à subir, lorsque nous les maîtrisons, nous permettent de monter d’un échelon dans notre évolution. Je pense qu’avant notre naissance nous avons choisi le genre de vie que nous allons avoir, afin d’arriver à un plan supérieur.

Dans la vie on a quelquefois des certitudes intérieures qui doivent être du même ordre. Nous savions, mais nous avons oublié à la naissance, et les choses s’accomplissent.

Je pense que le rêve dans les siècles passés n’était pas identique à celui d’aujourd’hui. Le rêve à l’époque de Jésus-Christ n’avait pas le même degré de conscience, de profondeur, de raisonnement. Nous sommes maintenant dans un monde particulièrement matérialisé et les rêves ne sont plus tellement prémonitoires. Dans la Bible on savait interpréter les songes qui étaient imprégnés de cosmique et donnaient des réponses, maintenant il y a eu une coupure, afin que nous prenions nos responsabilités par notre propre personnalité, par notre propre raisonnement, par notre propre entendement. Mais il y a peut-être des Forces qui nous guident. La vie est l’équivalent d’un tapis roulant : on part d’un point, on doit arriver à l’autre bout, tout n’est pas absolument tracé, mais les grandes lignes le sont.

Avant la naissance on a la vision globale de la vie qu’on aura ; à la mort on a une vision rétrospective globale instantanée. Le temps et l’espace n’existent peut-être pas. Le temps de notre globe n’est pas celui d’un autre monde. L’expérience d’Yvonne Duplessis est très intéressante à ce sujet. Elle transmettait d’Amérique où elle se trouvait (même pendant des trajets en avion) à une heure précise des images que recevait Madame Gonnel restée en France. Or un jour celle-ci eut la perception d’une image avant même que Madame Duplessis eut acheté la carte postale sur laquelle figurait cette image. Cela s’appelle de la précognition.

Nous, nous pensons qu’il y a un avant et un après, le temps est relatif ; parfois les choses nous paraissent durer longtemps et parfois elles nous semblent passer très vite.

L’intuition est une forme de connaissance instantanée qui va quelquefois beaucoup plus loin que le raisonnement. Notre éducation, beaucoup trop rationnelle, est cause de psychoses, parce qu’on n’a pas assez développé le moi, c’est-à-dire la personnalité et les sentiments, ce qui fait que, quand il y a des pulsions qui viennent des organes, on n’a pas de quoi les assumer, ce qui entraîne un déséquilibre nerveux. C’est dommage qu’on n’ait pas développé l’intuition, qui est une perception globale. Toutes les grandes découvertes ont été données par intuition. Ensuite intervient le raisonnement qui met en forme et en paroles. Exemple, Newton qui a trouvé la loi de la gravitation universelle en voyant tomber une pomme !

La religion est quelque chose qui relie. Chaque peuple a eu des révélations en fonction de son temps et les a traduites suivant son époque. Mais il arrive un moment où elles deviennent caduques parce qu’il s’est fait une évolution et à ce moment-là elles ne sont plus une aide, mais un blocage. Il y a eu la période de l’entendement et de la rationalité, maintenant il faut que l’on retrouve la personne avec la conscience et que cela soit imprégné d’amour, parce que le moi, la personne, vont avec le lien et l’amour. La vraie religion sera alors une religion d’amour.

Il est important de comprendre le sens de l’évolution, faire la différence entre ce qui est positif et ce qui ne l’est pas.

Dans la tête il y a beaucoup de matière qui permet à l’esprit de réfléchir, grâce à l’énergie vitale qui est transformée et qui permet la réflexion. Or, en quelque sorte la réflexion détruit la vie ; mais la nuit on récupère toute cette énergie qui a été détruite, alors que le corps est imprégné d’énergie par les corps éthérique et astral. Ceci a pour conséquence que, lorsque le moi veut agir, cela passe par l’élément chargé de vie et qui est constructif. Penser détruit, réaliser construit ! C’est un processus rythmique qui régularise, qui maintient la santé. Entre la respiration et le cœur il y a tout l’équilibre de la santé, entre ce qui se détruit complètement et ce qui se construit à la périphérie. Quand les déséquilibres sont trop grands on fait des infarctus, des complications d’essoufflement, d’oppression, parce qu’il y a des blocages dans cet élément de régulation de la santé. Ce n’est pas le psychisme, mais c’est la partie qui équilibre la commande psychologique et la réalisation du vouloir et de la volonté. La volonté c’est la prise de conscience de la personne qui organise et utilise cette énergie dans un sens constructif.

Le cancer est une des formes d’aboutissement de notre vie très matérialisée. Les forces de la personne se retirent, celles qui commandent, mais elles restent forces de vie à l’intérieur. Le cancer est une forme d’évolution qui semble à l’opposé des troubles psychologiques, ce n’est plus l’époque qui va avec les sentiments, où on se consume dans la tuberculose. Le romantisme s’accommodait particulièrement avec la consomption par la tuberculose. Auparavant il y a eu la syphilis, une grande maladie qui touchait le système nerveux. Il y a, semble-t-il, des maladies qui correspondent au niveau d’évolution des gens, où on est plus sensible à certaines affections qu’à d’autres qui sont le reflet d’une époque.

Steiner a montré que pour lutter contre le cancer, une des choses les plus importantes, c’est de faire des individus responsables d’eux-mêmes et qui ne se laissent pas envahir par un tas de choses.