Roland de Miller : L’écologie une science devenue une culture


23 Oct 2010

(Revue CoEvolution. No 8-9. Printemps-Été 1982)

Le problème des limites est posé par l’écologie, dans son objet, comme dans sa nature. Roland de Miller, auteur de « Nature mon amour, écologie et spiritualité » (Ed. Debard, Diffusion Alternative, 1980) a amorcé depuis 1977 une réflexion en profondeur, trop souvent négligée par les milieux écologistes, qui concerne l’historique, l’éthique et la pratique culturelle de l’écologisme. Il explore ici les rapports entre ces différentes dimensions.

G. B.

L’écologie est par sa définition d’origine le secteur de la biologie qui étudie les rapports des êtres vivants (micro-organismes, végétaux et animaux) avec le milieu organique et inorganique dans lequel ils vivent. La solidarité de l’être vivant et de son milieu est une notion récente. L’écologie tend même à envisager tout le monde vivant comme un seul être vivant possédant une régulation thermique, énergétique, climatique [1]. En effet la biosphère ou écosphère est l’écosystème planétaire, c’est-à-dire l’ensemble de la mince enveloppe extérieure de la sphère terrestre où se manifeste la vie : la biosphère comprend le fond des océans, les mers et les étendues d’eau douce (hydrosphère), les continents, leurs plantes et leurs animaux, les sols et la partie inférieure de l’atmosphère.

Analyse et synthèse

La biologie classique procédait par analyse. L’écologie procède aussi par analyse, mais elle a le mérite de tendre dès le départ vers la synthèse [2]. L’écologie en tant que discipline scientifique comprend :

1°) l’analyse des conditions du milieu (aquatique, terrestre, aérien),

2°) l’étude du comportement, des préférences, des relations des êtres vivants vis-à-vis des facteurs du milieu (facteurs climatiques), édaphiques (= liés au sol), topographiques et biotiques, rayonnement de l’énergie solaire et cosmique, etc… et ceci à deux niveaux : celui d’un individu ou d’une espèce (autoécologie) et celui des populations (synécologie).

L’écologie est en quelque sorte à la fois une économie et une sociologie de la nature. Sociologie parce qu’elle s’intéresse aux rapports qui existent entre les êtres vivants et à la coordination des phénomènes biologiques ; économie parce qu’elle s’efforce de quantifier ces rapports et d’appliquer à l’étude des écosystèmes les notions de productivité, de rentabilité… A ce double titre, cette nouvelle approche de la vie dans sa totalité est appelée à jouer un rôle fondamental dans toute procédure d’aménagement du territoire ou de développement économique (études d’impact). L’incompréhension des équilibres naturels dans notre civilisation industrielle a été telle jusqu’à présent que ce rôle peut et doit aller jusqu’à remettre radicalement en cause les fondements, les critères et les objectifs de l’aménagement du territoire, du développement économique et du progrès social. Contrairement au préjugé défavorable et ridicule (d’essence anthropocentrique) qui prévaut à l’égard des naturalistes, les écologistes ne s’occupent pas que de petites bêtes, mais ils s’occupent aussi des grosses et en particulier de l’homme. Ceci implique automatiquement que l’écologie n’est plus seulement une science de « naturaliste », mais que des disciplines aussi variées que le droit, l’économie, la sociologie, etc… doivent être incluses dans son champ d’investigation. L’écologie intègre (progressivement et sous la pression de la crise de l’environnement et de la société) les connaissances de nombreuses spécialités des sciences naturelles et des sciences humaines. Elle exige un travail d’équipe pour pouvoir englober le corps de doctrine qui concerne les implications politiques des méfaits de la technologie et de la civilisation industrielles sur les ressources et sur les personnes.

Une science subversive ?

Aux États-Unis depuis 1967 et depuis 1972 en France, l’écologie représente une constellation d’idées qui dépassent de loin le cadre de la définition scientifique.

Certes l’écologie est l’étude des interrelations, elle est donc devenue une approche mi-science, mi-art, des communications, du tout, de la nature dans sa globalité, une étude de la biosphère (y compris l’homme), une étude de l’univers, du cosmos. Ainsi « écologique » signifie non seulement relatif à la science des interrelations, mais également « du cadre de vie », « de la terre », « de la biosphère », « cosmique ».

L’important est que passe à travers ce mot la notion d’interdépendance, d’interrelations et de fragilité des écosystèmes en même temps que de globalité. Dans un sens large l’écologie est « la mesure et le respect des besoins et des droits de tout être vivant ». Je sais bien que derrière ce mot écologie on peut mettre tout et n’importe quoi — et beaucoup s’en servent effectivement comme d’un emballage passe-partout sans trop savoir ce qu’il recouvre — mais il n’est pas raisonnable non plus de nier la profonde signification humaine de l’écologie et sa pratique culturelle.

Mais d’une autre manière, peu importe l’acception officielle, étroite, du terme ; la vie et le langage débordent et nient les cadres rigides qu’on entend leur imposer. Il n’y a pas de raison pour que le sens d’un mot reste figé à tout jamais. Les marginaux de la contre-culture balaient déjà ce genre de tabou intellectuel.

L’écologie, mise à part l’étude scientifique, est aussi devenue la lutte écologique, le combat pour la protection de la nature et de l’environnement, les réalisations embryonnaires et le projet d’une société écologique et décentralisée. Il faut être sensible à cette évolution d’une contre-culture, d’une culture parallèle en opposition avec la culture du mâle-blanc-occidental-industrialisé-rationnel-scientiste, et aux implications culturelles, éthiques, spirituelles du mouvement écologique. La science du milieu vital a logiquement apporté une subversion radicale et globale. C’est une révolution à part entière qui vaut bien celle des socialistes ou d’autres.

Les écologistes (scientifiques) ont apporté un enseignement d’une importance telle pour l’avenir et la survie de l’homme et de la nature sur le vaisseau spatial Terre que leur message (qui n’est pas seulement un cri d’alarme, mais surtout un nouveau mode de pensée) commence à envahir toutes les sphères de la pensée humaine. L’écologie, au sens large, est devenue une manière de voir, une attitude, une culture. Le mouvement écologique, qui ne peut que s’amplifier et se radicaliser, est un mouvement culturel, au sens plein du terme. D’ailleurs le titre du recueil américain publié sous la direction de Paul Shepard et Daniel McKinley : « The subversive Science – Essays toward and ecology of man » [3] montre bien que l’écologie est non seulement une science de synthèse mais également une discipline d’action subversive. L’écologie fournit en effet une approche globale de la réalité, de la nature et de la société qui aboutit à une amorce de vie différente, à un style de vie « écologique », à une libération et à un épanouissement des individus et à une mise en cause radicale des systèmes politiques et économiques. Le sentiment de la nature peut et doit inspirer une révolution encore bien plus profonde que celle que Jean-Jacques Rousseau en a tiré.

Ainsi donc l’écologie n’est pas un domaine mineur de la recherche scientifique, doté d’un intérêt et d’une utilité limités. Au contraire, considérée sérieusement comme un instrument de bien-être pour l’humanité, l’écologie doit remettre en cause le système des valeurs et les pratiques couramment admises par la société moderne. Parce qu’elle fournit les bases scientifiques de la conservation de l’environnement et une assise conceptuelle solide permettant la critique de toute la société industrielle et urbaine, l’écologie constitue le commencement d’une direction de recherche et d’action entièrement nouvelle dans la philosophie, la religion et les sciences politiques et économiques. L’écologie est à la base d’un nouvel humanisme, étant bien entendu qu’il ne s’agit pas d’une érudition statique, prétendument « apolitique «, et indifférente à l’égard des luttes sociales, mais qu’il s’agit d’un humanisme révolutionnaire.

Contre la civilisation de puissance

En fait, aucun mouvement n’est plus révolutionnaire, plus contestataire, plus radical et plus menaçant pour les dogmes de la civilisation industrielle que le mouvement écologique. Comme tel, il est notre seul espoir. Une meilleure connaissance de la nature, de ses équilibres subtils et dynamiques et des déséquilibres apportés par l’homme dans sa rage d’exploitation inconséquente, apportera un enseignement indubitablement plus solide à ceux des sociologues et des urbanistes qui ont entrepris une tâche de changement politique vers une société plus humaine.

L’assèchement des zones humides en Europe illustre particulièrement bien les aberrations actuelles. Les marais jouent dans les campagnes un rôle biologique capital comme relais sur les voies de migration des oiseaux d’eau, comme facteur de maintien du niveau des nappes d’eau souterraine, et comme facteur de fertilisation des terres agricoles avoisinantes. Malgré toute leur richesse faunistique et floristique et leur valeur irremplaçable en tant que milieu naturel sauvage, le cas est fréquent où l’on sacrifie délibérément un marais pour en faire un champ de betteraves, quitte plus tard à ce que les conseillers généraux qui ont voté une subvention pour l’assèchement du marais votent une autre subvention pour soutenir artificiellement la culture de betteraves dont, somme toute, personne n’avait besoin.

La compréhension des principes écologiques obligera les sociétés occidentales à opérer des changements économiques et politiques fondamentaux. Mais est-ce par l’État ou par l’individu que le cours des choses changera ? Sans le contrôle de l’individu, de tous les individus, — un préalable essentiel — ces forces nouvelles peuvent s’acoquiner avec le plus beau des totalitarismes. Il y a là une menace permanente « d’écofascisme ».

A la simplification grossière de la nature de manière à pouvoir la gérer, correspond aujourd’hui une complexification gigantesque de l’économie et de l’administration : petit à petit, l’État remplace complètement la nature. Le mouvement écologique est précisément une révolte contre cette logique implacable : il revendique la décentralisation et l’autogestion. II a fait sienne l’aspiration de divers mouvements sociaux pré-existants à une société libérée ou les causes ancestrales d’injustice seront enfin éliminées. Les écrits du sociologue libertaire américain Murray Bookchin [4] sont particulièrement instructifs à cet égard et constituent les meilleures analyses du pouvoir subversif de la lutte écologique.

L’écologique doit s’ancrer dans le plus vrai, le plus profond de la personne individuelle, du corps social et de la vie quotidienne, de la manière la plus concrète et la plus spontanée. De plus en plus de personnes venues d’horizons variés entreprennent de faire cette démarche de mutants. Les militants piétinent et les écologistes sont agaçants quand ils oublient les sources et les fondements de la pensée écologique, libertaire et non-violente.

Il existe un conflit fondamental entre la notion traditionnelle de croissance économique et la protection de l’environnement et des ressources naturelles. Les principes écologiques doivent révolutionner la planification économique. Les ressources naturelles, dont certaines sont renouvelables et d’autres ne le sont pas, sont quantitativement limitées et ne supporteront pas indéfiniment la croissance démographique et industrielle. Notre société poursuit de faux besoins. Avant d’être une protestation contre les pollutions, la lutte écologique doit être une lutte anti-expansion. Nous devons rechercher un équilibre économique, démographique et énergétique à la lumière des strictes exigences écologiques. Nous devons refuser d’être des consommateurs-producteurs passifs dans l’escalade d’une expansion suicidaire, nous devons désamorcer le système monstrueux qui veut faire des milliards d’êtres humains des pions anonymes sur l’échiquier des impérialismes.

Je songe ainsi aux deux grandes répressions de la civilisation de puissance : l’interdit sexuel et le service militaire obligatoire ; « tu restreindras ta jouissance dans ton rapport au monde » et « tu te sacrifieras pour la patrie, en pleine jeunesse ». Il est urgent de liquider cette névrose de destruction des forces de vie, de qualité, de bonheur. Il faut d’abord définir la société qui doit mourir : prédation, production, consommation, excrétion : son rythme même la condamne. Ensuite concevoir la société qui doit lui succéder : informationnelle (animus) et gnostique (anima) ; ses rythmes énergétiques lents seront accordés au cosmos.

Les faits parlent, de plus en plus cruellement. Chaque jour, la finitude de nos réserves énergétiques est de moins en moins un concept, pour devenir de plus en plus une réalité avec laquelle il faut bien gouverner. Il est maintenant bien certain qu’afin de survivre à des désastres écologiques imminents, le monde développé va devoir s’imposer des sacrifices : on devra sensiblement diminuer notre niveau de vie, notre niveau de consommation et de gaspillage des ressources et de l’énergie [5] simultanément il va falloir améliorer le niveau et la qualité de vie dans le Tiers monde selon des modèles de développement humain global entièrement nouveaux, modèles qui devront strictement respecter un certain nombre de principes directeurs en matière d’écologie et de conservation de la nature.

L’écodéveloppement, prôné en France surtout par Ignacy Sachs [6] constitue une nouvelle approche au développement, s’attachant à harmoniser les objectifs économiques et sociaux avec une gestion saine de l’environnement. Les problèmes d’environnement dans le Tiers-monde sont liés à ceux des pays industriels et l’Europe devrait être à la pointe de cette prise de conscience de l’interdépendance et des responsabilités.

Face aux cloisonnements aberrants des disciplines analytiques et face au rationalisme cartésien ou marxiste, la recherche scientifique en écologie fondamentale et appliquée devra s’affirmer pour obtenir les structures et les crédits nécessaires. L’écologie, en tant que science, garde toute sa valeur, car c’est de ce creuset qu’est né le « mouvement écologique » et celui-ci ne peut nier ses bases scientifiques. Mais il semble bien que les écologistes scientifiques français, dans leur grande majorité, ne soient absolument pas désireux de s’engager dans le mouvement écologique, de participer à un combat politique et de mettre en question la place et le rôle qu’ils occupent en tant que scientifiques, dans la société.

Écologie, écologie politique, écologisme

L’ambiguïté de la définition de l’écologie demeure, et nous achemine probablement vers des tensions croissantes entre des scientistes intransigeants, dogmatiques et réactionnaires, et les marginaux de l’avant-culture.

A coté du protecteur de la nature, apparaît surtout à partir des années 1970 un nouveau type de militant écologiste. Schématiquement il est plus politisé et peut-être moins rigoureux sur le plan scientifique que ses aînés. Sa revendication, plus globale, plus confuse aussi, développe ou introduit des thèmes tels que, la croissance, l’anti-nucléaire, l’autogestion… Plus politisé, il est aussi plus enclin à porter son action sur le terrain électoral. A ce stade, le mot écologie risque de comporter autant de significations qu’il a de thuriféraires.

Se référant essentiellement à des auteurs anglo-saxons, Ivo Rens et Jacques Grinevald, deux historiens des idées, se sont attachés récemment à retracer l’itinéraire de l’écologie politique [7]. Ils ont eu le mérite particulier de distinguer l’écologie (la science du vivant), l’écologie politique (la prise de conscience des implications de la distorsion croissante entre nos sociétés industrielles et la nature, d’une part, le tiers-monde d’autre part) et l’écologisme (la multiforme sensibilité populaire relative à l’environnement et au progrès) [8].

Il y a quelques années Philippe Lebreton affirmait qu’il n’était pas soutenu par la foi de la victoire (qui n’aura pas lieu), mais par la foi de ce qu’il aime : la nature. D’autres militants ont bien souvent un espoir viscéral de victoire en même temps qu’un scepticisme intellectuel quant aux chances de survie de l’homme et de la nature. Si une espèce vivante (l’espèce humaine) doit supprimer toutes les autres, qu’elle crève !

Au début des années 70, quelques brèves amorces d’opinions libertaires étaient vite jugulées par les protecteurs de la nature conservateurs. Nombreux étaient ceux qui pensaient que la contestation de la croissance économique et démographique n’était pas du ressort des naturalistes. Robert Hainard, seul ou presque, s’insurgeait : « Nous ne ferons jamais de protection de la nature avec une machine conçue pour la mettre en valeur »[9].  Aujourd’hui, Hainard n’a pas changé d’avis mais il insiste davantage sur l’écueil de la dilution et du chaos : « Je suis heureux de voir les progrès de l’écologie. Je suis un peu soulagé, mais il s’est mêlé à l’écologie des choses qui n’avaient rien à y faire (…) Quand on mêle à l’écologie la politique, la drogue et l’homosexualité, je ne suis plus d’accord. »

Les personnes qui découvrent maintenant l’écologie nous réclament souvent un plan concerté de propositions pour un futur écologique. Mais il est plus facile de crier casse-cou et d’expliquer pourquoi que d’imaginer un « scénario » de synthèse où tout deviendrait magiquement radieux.

La décentralisation de la population exigera la création de pôles d’attraction culturels en dehors des centres urbains. La réduction de la croissance et de l’agitation dans toutes les directions nous conduira vers une forme de vie plus stable, vers un environnement plus satisfaisant, vers un développement d’une culture en profondeur au lieu de la culture superficielle actuelle, et vers la création d’objets efficaces, durables et esthétiquement plaisants.

Aux élections municipales de mars 77, j’ai constaté que ce qui déconcertait dans la démarche des candidats écologistes vis-à-vis des électeurs, c’était cet acte de confiance en eux-mêmes auquel ils étaient conviés : au lieu d’un bulletin de vote les écologistes demandent d’avoir des idées, et des idées orientées dans l’intérêt général.

L’enjeu de leurs propos sur l’eau, l’air, le pain ou le vélo, c’est notre pouvoir de maîtriser notre vie quotidienne. Créons donc les conditions où chacun exercera sa part de pouvoir et nous deviendrons tous plus intelligents. Si l’écologie est en quelque sorte une totalité à intégrer dans sa vie, les écologistes eux-mêmes, surtout les scientifiques, ne l’ont pas toujours intégrée, en particulier en ce qui concerne les rythmes du corps et les rythmes de la nature.

L’écologie est ainsi devenue le moyen essentiel de l’élargissement du champ de la conscience collective. Peut-être que ce stade d’évolution de l’humanité s’inscrit lui-même dans un plan d’ensemble de la Terre vue comme planète vivante… et pensante ? [10]


[1] Voir Lynn Margulis et James E. Lovelock, L’Hypothèse Gaia : l’atmosphère est-elle le système circulatoire de la biosphère ? CoEvolution n° 1. Au-delà des mécanismes physiques, chimiques et biologiques qui permettent le maintien de l’équilibre dynamique de la planète, on peut avancer les prémisses d’une philosophie cosmique.

[2] En tant que science, l’écologie pose d’emblée des problèmes de délimitation et de méthode comme le montre Gérard Blanc dans son article « Le raisonnement écologique prélude-t-il à une nouvelle révolution scientifique ? »

« L’écologie se trouve confrontée au double problème de la définition de ce qu’elle veut embrasser et de la délimitation précise de l’emplacement de son objet. Définir les frontières de l’écosystème qu’il étudie est une des tâches les plus difficiles de l’écologiste. Un écosystème s’étend dans l’espace, mais sauf dans de très rares cas (une île, par exemple), il n’y a pas de membrane ou de limite réelle le séparant du reste de la biosphère. La frontière est imaginaire et située où l’observateur le désire. Un écosystème possède un certain caractère d’individualité et doit se présenter comme une entité concrète pouvant être distinguée des autres entités de même nature. (…)

On ne peut pas séparer écologie théorique et écologie appliquée. On ne peut pas étudier les écosystèmes sans tenir compte de l’impact de l’homme et donc sans prendre plus ou moins position pour juger son action. Un écologiste est bel et bien obligé de s’intéresser à des problèmes d’écologie appliquée, au moins pour des raisons de méthode (…) » Silex N 18-19, janvier 1981. « La sensibilité écologique ».

[3] Houghton Mifflin, Boston 1969.

[4] Voir son ouvrage en français : Murray Bookchin, Pour une société écologique. Christian Bourgois, 1976. 235 p. épuisé. Également Écologistes et environnementalistes Tripot N 39 été 1981 p. 69-78. Ed. d’Utovie.

[5] Voir Nicolas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie – Écologie – Économie. Introduction et traduction par Ivo Rens et Jacques Grinevald. Pierre Marcel Favre, éditeur, Lausanne 1979.

[6] Voir Ignacy Sachs, Stratégies de l’écodéveloppement. Éditions ouvrières, Paris 1980. 140 p.

[7] Ivo Rens et Jacques Grinevald. Jalons pour une historiographie de l’écologie politique p. 18.26. Cadmos. Cahiers trimestriels de l’Institut Universitaire d’Études européennes de Genève et du Centre européen de la culture. N° printemps 1979, spécial écologie et politique.

[8] Sur l’histoire du mouvement écologique en France, voir Claude-Marie Vadrot L’Écologie, histoire d’une subversion. Ed. Syros, Paris 1978.

[9] Robert Hainard, Expansion et nature. Une morale à la mesure de notre puissance. Le courrier du Livre. Paris 1972.

[10] Les propos de James E. Lovelock stimulent agréablement la réflexion « Autant que je sache, nous sommes les seules créatures sur cette planète capables de rassembler et d’emmagasiner de l’information, et de l’utiliser. Si nous faisons partie de Gaia, il devient intéressant de se demander jusqu’à quel point notre intelligence collective fait aussi partie de Gaïa. Notre espèce, prise collectivement, constitue-t-elle un système nerveux Gaien et un cerveau capable de prévoir les changements de l’environnement ? » (cité dans CoEvolution, n°1).


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