Reynold Welvaert : L’effort et le non-effort


11 Jan 2010

(Revue Etre Libre. Numéro : 278, Janvier-Mars 1979)

Physiquement, la discipline corporelle nécessite l’effort constant. Spirituellement, l’état sans égo est sans effort. C’est en la conjugaison des deux que réside la difficulté.
Sam Tchen Kham PA

Rien n’est possible sans exercices, sans efforts et sans directives, telle est la conception courante que l’on a de la méditation.

Ce point de vue correspond à des habitudes de penser et d’agir transmises de générations en générations.
Il amène l’homme à imiter à se discipliner spirituellement suivant un modèle (proposé ou imposé) afin de réaliser un état de bonheur permanent.

Sans une compréhension sérieuse de nous-mêmes et la découverte de nos mobiles profonds d’action, notre activité mentale, au cours de la méditation, demeure au niveau des recherches intellectuelles et des spéculations stériles prisonnières des concepts.

Il est nécessaire de découvrir par soi-même le champ d’activité de la pensée. Ce sont là les premiers pas pouvant conduire l’homme à quitter le « connu » (c’est-à-dire à se libérer de l’emprise de la mémoire).

La lecture de livres, les spéculations de la pensée et les conseils d’autrui peuvent nous informer de ce qu’il y a lieu de faire. Cependant, c’est à nous qu’il importe de faire les premiers pas en vue d’une prise de conscience de l’énorme accumulation d’habitudes et de mémoires. Celles-ci conditionnent nos pensées, nos actions conscientes et inconscientes. Cette découverte permet l’éveil de l’Intelligence.

La compréhension de l’activité mentale constitue la base de la véritable méditation. Celle-ci permet au mental de se libérer de son contenu (d’auto-identifications). Dès lors, la porte est ouverte à l’accès d’un nouvel état de conscience totalement libéré du « connu ».

Le mental prisonnier de son conditionnement ne peut comprendre cette méditation.

Il n’y a pas de « voie » à suivre ni de « guru » à écouter pour que se réalise cette prise de conscience du contenu psychologique du « moi ».

Tout y est inconnu et inconnaissable (à la façon dont nous connaissons généralement les choses). L’éveil de l’intelligence à cette Réalité constitue la méditation.