le docteur Maud Cousin : L’élimination


04 May 2010

(Revue Panharmonie. No 195. Juillet 1983)

La circulation et la respiration sont les éléments moteurs qui permettent la vie. Nous avons déjà parlé de l’entrée des aliments dans l’organisme et la combustion qui se fait avec la digestion. Une fois que les produits sont absorbés, ils sont amenés dans les différents tissus où finalement les substances respiratoires et digestives sortent des vaisseaux pour aller jusqu’au contact de toutes nos cellules. La vie dans notre organisme c’est la vie de toutes nos cellules. Elles vivent au contact d’un milieu intérieur qui est un peu liquide et dans lequel vont pénétrer les globules blancs qui sont les défenses contre les microbes et parasites. Et pour nourrir les cellules l’oxygène et les différents produits qui proviennent du plasma, passent à travers les parois des capillaires. Une fois la nutrition accomplie il faut éliminer les déchets qui sont de plusieurs natures : l’oxygène qui va brûler produit du gaz carbonique, repris par les globules rouges. Ceux-ci qui avaient drainé l’oxygène dans le sang, vont rapporter ce gaz dans les poumons qui deviennent alors un organe d’élimination.

Pour Steiner cette élimination n’est pas passive, c’est un travail actif. Toutes les fois qu’il y a sécrétion il y a une sorte de prise de conscience de la personne.

Les produits gazeux entrent et sortent par la voie respiratoire. Sans air on ne pourrait pas vivre. On absorbe environ 15 kg d’air et on en rejette à peu près autant. D’autres choses encore peuvent s’éliminer par les poumons. Il a été démontré que les poumons sont un organe qui décompose pas mal de produits, brûle les matières grasses, décompose certaines hormones et certains médicaments. Il a donc toute une fonction endocrinienne qui n’est pas une fonction d’élimination, mais une fonction de transformation.

L’eau est éliminée par la peau (transpiration), par la voie respiratoire et l’air rejeté est saturé d’humidité, par les reins. Dans les selles il y a un peu d’eau. Lorsqu’elles sont desséchées il y a constipation et si on ne récupère pas toute l’eau qui est dans le tube digestif, on a de la diarrhée et on se déshydrate. Notre organisme contient deux tiers d’eau. Les reins en éliminent la plus grosse quantité, mais pas tout. Quand on a du diabète on a un excès d’élimination d’eau, le sucre irritant les reins, et les diabétiques boivent plus.

Le milieu intestinal : Ce n’est pas un milieu sans vie, l’intestin contient toujours des microbes. Les antibiotiques les éliminent, mais alors la flore intestinale est aussi détruite. On a stérilisé des animaux afin qu’il n’entre plus de microbes dans leur intestin. Cela les a empêchés de bien se développer, car les microbes de l’intestin ont un rôle utile de transformation de certaines choses afin de maintenir un équilibre nécessaire. Nous avons des colibacilles (microbes du côlon), des entérocoques (microbes de l’intestin grêle) et quelquefois des staphylocoques, des amibes, des parasites de tous ordres. Chacun a ses colibacilles, et si ceux-ci ne restent pas dans une proportion honnête, ils vont coloniser d’autres régions, les reins, la vessie, la vésicule biliaire. Ces colibacilles ne sont plus alors des hôtes normaux de notre organisme, mais des hôtes pathogènes.

Le rôle des intestins est d’éliminer les déchets. Au niveau de l’intestin grêle il y a d’abord le duodénum qui reçoit l’albumine et les sucs de l’estomac. Après l’intestin grêle (7 à 8 mètres de long), l’iléon et le gros intestin il y a le côlon qui forme un M, puis le rectum qui est une poche de retenue. Toutes les fois qu’il y a des substances continues dans leur progression il y a un réservoir : la bile est stockée dans la vésicule biliaire, le liquide séminal dans la vésicule séminale. Le transit intestinal est variable, il dure de 24 à 72 heures. L’appendice est un petit organe très riche en tissus lymphoïdes, comme les amygdales et les végétations, il a un rôle anti-infectieux. Ces tissus lymphoïdes fabriquent des globules blancs qui détruisent les microbes. L’appendice n’est pas nécessaire pour survivre, mais c’est une défense.

La motricité de ce passage dans l’intestin est liée aux muscles qui sont dans le sens de la longueur (reptation qui fait avancer les produits) ou dans le sens de la largeur (qui freinent et provoquent la constipation et des crispations de colite). Pour soigner l’intestin il faut tâcher de trouver des stimulants naturels. La cellulose est un composant essentiel pour que le transit s’effectue correctement. On a essayé de nourrir des souris avec des oligo-éléments, des vitamines, etc., mais sans cellulose. Elles mouraient de constipation et si on ajoutait du papier-filtre, elles vivaient. La viande qui se décompose presque entièrement constipe, alors que les légumes,  le son, ainsi que les algues qui n’ont pas de valeur nutritive mais qui se gonflent, font du volume et permettent le bon transit intestinal.

Le moment le plus favorable pour aller à la selle, c’est le matin à jeun ou après le petit déjeuner. Le jeûne est thérapeutique et repose l’intestin.

Les reins : 15 litres de sang passent tous les jours dans les reins. Les vaisseaux amènent les produits dans une coupe qui les filtre, de manière à ce que tout ce qui est dans le sang (sauf les globules) aille dans le tube urinaire. Dans ce tube l’organisme récupère les sucres, les albumines, l’eau. En cas de diabète insipide nous perdons cette eau, parce que les hormones rénales ne la récupèrent pas. On élimine un litre à un litre et demi habituellement, mais si les reins ne fonctionnent pas bien, ils commencent à éliminer davantage et ensuite les urines diminuent.

On devrait choisir le moment pour boire. Au moment des repas les sucs digestifs sont trop dilués par la boisson, il vaut donc mieux boire entre les repas. Le matin, un verre d’eau est stimulant contre la constipation, mais il ne faut pas exagérer l’absorption d’eau sous peine de provoquer des douleurs rhumatismales. L’excès de boisson se traduit souvent par des maux dans la région de la nuque, à l’endroit du « palaus du vent » des Chinois, région d’entrée du froid et de l’humidité. L’eau qu’on absorbe passe par le tube digestif, par la circulation et les reins. Beaucoup de liquide est mauvais pour le cœur, les veines et les varices.

Les reins éliminent essentiellement les produits solubles. S’ils n’éliminent pas bien il y a risque de néphrite. Un mauvais fonctionnement des reins provoque souvent de l’albumine. Outre leur fonction d’élimination ils ont une fonction d’humanisation des albumines, ils transforment les albumines animales en albumines humaines.

La peau : Elle est aussi un organe important d’élimination. Le vieillissement provient d’un encrassement dans l’organisme des produits qui ne s’éliminent pas. Le sauna permet un bon désencrassement : c’est une gymnastique des capillaires. La fatigue, lorsque l’on transpire et que l’eau dégouline, est due à la perte de sel. Mais si la transpiration s’évapore par la peau, l’organisme récupère le sel restant sous la peau. Beaucoup transpirer fait moins uriner, l’élimination est orientée selon les besoins.

Certains font des parallèles entre les organes et les planètes :

Cœur — l’Or, le Soleil.

Reins — Vénus (la Balance)

Foie — Jupiter, l’étain

Bile — Mars, le fer.

Rate — Saturne, le plomb.

Je n’ai pas beaucoup mentionné le foie, ni la bile, ni la rate, parce que ce sont des éléments intermédiaires dans la digestion. Le foie a un rôle mixte : il aide à la digestion grâce à la bile qui émulsionne les produits gras. Ensuite, quand l’organisme a à récupéré les matières par l’intermédiaire de la veine-porte, cela retourne à nouveau dans le foie. Les sucres stagnent dans le foie et forment du glycogène qu’on utilise suivant les besoins.

Le système sympathique qui est dans le domaine inconscient, coordonne tout cela.

Il est intéressant de savoir quelle partie ne fonctionne pas bien dans l’organisme. Il y a des points qui sont l’équivalent des points d’acupuncture. Quand ces points sont sensibles cela prouve que l’organisme correspondant ne va pas très bien.

Pour l’estomac c’est à droite, dans la partie du tiers interne de la clavicule.

Pour le côlon, c’est sur le sternum au niveau du troisième espace intercostal.

Pour le pancréas, c’est sur la ligne axillaire au niveau des mamelons.

Pour le duodénum c’est sous l’épine iliaque antérieure à droite.

Pour l’intestin grêle c’est au neuvième espace intercostal gauche.

Pour le caecum (première partie du côlon), c’est sur la face externe de la cuisse, à deux travers de mains du genou.

Pour le rectum c’est à deux travers de doigt au-dessus du coude. Pour le foie c’est entre le gros orteil et le deuxième orteil.

Pour les reins, c’est au-dessous de la malléole, au niveau du calcanéum.

Rapports entre les différentes régions du tube digestif et les différentes glandes. Quand il y a un cancer dans le tube digestif il faut donner à dose homéopathique ou sous une autre forme l’anti-glande qui commande cette région-là.

La surrénale    correspond      au côlon

L’aldostérone              »          à l’intestin grêle et au pancréas

La thyroïde                 »          au cæcum, c’est-à-dire au début du côlon

La parathyroïde          »          au milieu du côlon

La progestérone          »          au côlon descendant

La folliculine              »          à la partie suivante du côlon descendant

Le cholestérone          »          au rectum.