Charles Burniaux : L’énergie primordiale


13 Feb 2011

(Revue Être Libre. No 300. Juillet-Septembre 1984)

La profonde unité qui règne dans l’univers a pour origine la substance primordiale : le Ki ou le Chi (Litt. : souffle, énergie.).

« Dans l’immensité de l’espace, il existe une énergie essentielle, primitive qui donne naissance à tous les éléments et s’y intègre » (So Ouenn in La Médecine Chinoise, p. 54).

Le Ki est à la base de tout ce qui existe. Sans le mentionner, les anciens Chinois admettaient, bien avant EINSTEIN, l’identité de l’énergie et de la matière, toutes deux n’étant que la forme diversifiée d’une seule et même substance, l’une pouvant se transformer en l’autre et vice-versa.

Chez les êtres vivants, cette énergie est une force essentielle à la vie, elle circule de manière ininterrompue selon un cycle immuable dans les différents organes dûment codifiés et appelés « méridiens » par analogie avec les lignes imaginaires du globe terrestre.

Il faut d’ailleurs souligner l’invisibilité de ces méridiens qui n’ont aucun rapport avec les réseaux circulatoire ou nerveux du corps humain.

Selon la doctrine chinoise, chaque être humain naît avec une énergie originelle, un potentiel vital qui lui est propre.

Le Ki est communiqué à l’instant de la conception, dès la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule et ne cessera qu’avec la mort (FAUBERT, p. 110).

Chaque être humain possède donc la destinée vitale qui lui est propre. Tout au long de l’existence, cette énergie décroit, marquant ainsi le vieillissement biologique.

Il s’avère impossible d’accroître l’énergie potentielle, la seule possibilité pour un individu de se maintenir en parfaite santé consiste à observer une décroissance physiologique normale.

L’hérédité d’un individu est inscrite dans son Ki : c’est sa destinée et non sa maladie. Ainsi, nous sommes pareils à une bougie — de dimensions variables selon chaque individu — allumée dès la naissance et qui ne s’éteindra qu’à la mort.

Il semble que la psychologie moderne confirme ces concepts issus de la pensée chinoise, car le Docteur P. SIVADON dit ceci : « Une énergie, sans doute d’origine solaire, se trouve incorporée dans le vivant auquel elle confère une impulsion créatrice. C’est ce que Von Manakow nomme la HORME (signifiant en grec, impulsion, mise en mouvement) et qu’il définit comme la tendance propulsive de l’être vivant avec toutes ses potentialités acquises par l’hérédité vers l’avenir » (Traité de psychologie médicale, t. I, p. 70).

Cette énergie, symboliquement présentée comme une émanation du souffle originel, n’en a pas pour autant une connotation métaphysique, en fait, elle provient de l’association :

a) de l’énergie prénatale, dite énergie ancestrale, transmise héréditairement par les cellules sexuelles, porteuses de tous les acquis physiques et mentaux de la lignée.

b) de l’énergie puisée dans l’atmosphère par la respiration (PRANA chez les Hindous).

c) de l’énergie alimentaire élaborée et conservée par le métabolisme de l’individu.

Ces concepts mettent en évidence que les phénomènes dus aux champs énergétiques étaient connus par les Chinois depuis des millénaires. Ils semblent donc être les premiers à avoir consigné et exposé les principes de la bio-énergie.

Toutefois, il y a lieu de mentionner la similitude existant entre le principe de YIN et du YANG et la pensée égyptienne avec la dualité ISIS et OSIRIS.

De plus, certains indices laissent à penser que les Grecs avaient connaissance des processus énergétiques de la matière car HIPPOCRATE mentionnait dans ses écrits l’influence des facteurs cosmiques sur la maladie.

Cependant, la première tentative en vue d’une explication rationnelle des systèmes vivants doit être portée au crédit de NEWTON (dont les écrits font mention d’un « milieu subtil, vibratoire, électrique et élastique » (Les énergies du corps vivant, p. 189), laissent présager les théories des champs électrostatiques et électromagnétiques de FARADAY et MAXWELL).

Pour Anton MESMER (1779), certains individus ont la particularité d’en influencer d’autres grâce à l’existence d’un fluide qu’il baptisa le MAGNETISME ANIMAL. Afin de capter ce fluide et de l’utiliser de manière curative, Mesmer créa ainsi son fameux « baquet » consistant en une sorte de cuve remplie d’eau et de tessons de bouteilles immergés d’où sortaient des tiges de fer que les « patients » prenaient en main. Très rationaliste, Mesmer refusera toujours de voir dans cette action fluidique autre chose que l’expression d’un courant de matière physique.

Les travaux de Mesmer, bien que violemment réfutés par les milieux médicaux de son époque, auront cependant une répercussion sur l’étude de l’hypnose au siècle dernier, et particulièrement sur les travaux de CHARCOT.

Cependant, ce fut Wilhelm REICH (1925) qui effectua une étude systématique et complète des phénomènes énergétiques de l’être humain. La résultante de son étude conduit à une vision du monde qui perçoit l’univers comme un champ de force d’énergie vitale primaire.

REICH nomma l’énergie dynamique de l’univers « l’océan d’ORGONE cosmique ». Cet océan cosmique qui embrasse totalement l’espace et le temps revêt d’innombrables formes depuis la plus petite particule atomique jusqu’à la plus grande galaxie.

L’atome est de l’énergie cosmique libérée par la matière, tandis que celle-ci est de l’énergie convertie en forme ou structure (Reich in Sexpol, numéro 18-19).

Il s’ensuit que la structure vivante est une expression de l’énergie cosmique, celle-ci guidant de manière permanente tous les processus de croissance de l’univers. Elle se déplace selon ses propres lois, à son propre rythme et s’autorégule.

Ainsi, selon Reich, « l’homme est un fragment spécialement ORGONISE de l’énergie d’orgone cosmique » (Op. Cit).

Aux U.S.A., H.S. BURR (1956) réalisa une étude complète et fouillée sur les énergies vitales des organismes vivants. Selon lui, la faculté d’organisation du vivant au niveau des processus biologiques est sous-jacente à une énergie interne.

BURR a réussi à mettre en évidence et à mesurer le champ électrique d’une plante dont la graine n’était pas encore éclose. Il a montré également que le « champ vital » de l’œuf d’une grenouille prenait déjà la forme de l’organisme futur de la grenouille adulte (in Psi Réalités, numéro 11, p. 52.).

Selon BURR, toute forme de vie est contrôlée et maintenue par un champ qu’il a baptisé champ L (de Life (vie)). D’après sa théorie, ce champ, de nature électromagnétique, serait à l’origine de l’ordonnancement des molécules et des cellules et contribuerait au fonctionnement du corps physique.

Il semble donc établi que tout organisme vivant, même à l’état embryonnaire, possède un champ électromagnétique qui lui est propre et que l’on peut considérer comme une sorte de « modèle » invisible de son évolution ultérieure.

L’organisme est donc soumis à ces champs énergétiques et leurs intersections déterminent un réseau complexe de points sensibles. Il en résulte que le bon fonctionnement de l’organisme dépendra de la répartition de ces champs, ainsi que des charges aux « nœuds » de ce que certains biologistes appellent le « corps bioplasmique ».

Le corps bioplasmique est en quelque sorte un moule du corps physique, mais composé de particules hautement ionisées, qui le diffère des atomes et molécules constituant le corps physique.

Selon le Dr Ynyouchine, le « corps bioplasmique » serait en quelque sorte l’homologue du corps physique constitué de solides, de liquides et de gaz, mais que les particules hautement ionisées qui le constituent diffèrent des atomes, molécules et composés formant le corps physique (Les énergies du corps vivant, p. 38).

Ainsi, l’existence d’un système bio-énergétique caractérisé par un réseau complexe de points sensibles dont la structure fondamentale constitue un « moule » du corps physique, fait en sorte que chaque individu est doté d’un double énergétique, dont l’action se manifeste par une sorte de régulation des processus d’organisation biologique des êtres vivants.

La description du champ L s’apparente étroitement avec ce que de nombreux textes nomment le corps éthérique.

Selon les anciens textes tibétains et chinois, outre les trois grands systèmes circulatoires — sanguin, lymphatique et nerveux — il en existe un quatrième : le système matière-énergie-lumière reliant notre système vital à d’autres niveaux d’évolution (Les énergies du corps vivant, p. 241).

Peut-être l’existence de corps subtils décrits par la tradition ésotérique deviendra-t-elle un jour plus crédible, permettant ainsi au thérapeute de l’avenir, par une connaissance approfondie des structures physiques et éthériques, de rééquilibrer les champs énergétiques de leurs patients leur permettant ainsi de recouvrer la santé.

Charles BURNIAUX


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