le R.P. Bruckberger : Les entrailles de Marie lieu du miracle des miracles


09 Apr 2015

(Revue 3e Millénaire. Ancienne série. No 13. Mars-Avril 1984)

Le R.P. Bruckberger (1907-1998) est un moine dominicain. Animé d’une foi inébranlable il a néanmoins beau­coup dérangé sa hiérarchie par son indépendance d’esprit. Missionnaire dans la ville, le père Bruck, comme l’appellent affectueusement ses amis, a voulu se mêler à la vie publique la plus moderne et la plus païenne aussi. Scénariste de cinéma et de théâtre, il porte la parole en des lieux où elle est rarement reçue. Il y a quelques semaines, nous avons pu voir à la télévision « Le dialogue des Carmélites » dont il a écrit les dialogues (en collaboration avec Philippe Agostini) d’après l’œuvre de son ami Georges Bernanos. De temps à autre, le père Bruck écrit des chroniques dans le « Figaro Magazine », chroniques de la même verve pamphlétaire que celles qu’il signait, il y a quelques années, dans « l’Auro­re ». Homme de la vie, turbulent et dérangeant, accroché à une brûlante foi en Dieu, foi qu’il tente depuis longtemps de communiquer à ceux qui ont des oreilles mais qui entendent si peu. Sa connaissance profonde de la théologie et des évangiles le désignait très particulièrement à aborder ici le sacré et la femme dans la pensée catholique.

Jamais au cours de toute l’évolution, il n’y aura eu de communion plus intime, plus concrète et plus char­nelle entre le Sacré et l’espèce humaine.

La mystique est à la mode. Qu’est la mystique sinon l’ensemble des rap­ports de l’homme avec le divin ? Thomas d’Aquin définissait en deux mots la vie mystique et ses effets : pati divina. Subir dans son être, dans son âme et parfois jusque dans son corps, l’empreinte des choses divines. Une telle empreinte ne peut que laisser des traces qui changent jusqu’à la signification de la matière où elle s’inscrit. Une pièce d’or à l’effigie de Charles-Quint ou de Louis XIV a une tout autre signification que la même quantité d’or brut : c’est une monnaie, une valeur d’échange, de telle nationalité, de telle épo­que, sans compter sa beauté, sa valeur de collection et de témoin de l’histoire. De même, un homme ou une femme qui ont subi l’empreinte de Dieu prennent une autre signification supplémentaire : cette em­preinte en eux témoigne directement de Dieu.

Donc la mystique est à la mode. Mais la manière dont on en parle n’est pas toujours éclairante du phénomène mystique. Person­nellement, je suis très attiré par l’étude de ce phénomène mystique. Hélas ! Il m’arrive très souvent d’être déçu par le discours des savants qui en parlent. J’ai le sentiment d’un discours sur la photographie, où il ne serait jamais question de la lumière. On peut très bien concevoir un discours érudit et très subtil sur l’appareil photographique, son fonctionnement, ses perfectionnements techniques, aujourd’hui assez prodigieux, mais qui ferait totalement abstraction de la lumière. C’est exactement l’effet que me font certaines études sur la mystique, qui font néanmoins abstraction de l’élément principal et déterminant, c’est-à-dire de Dieu, le Dieu vivant et vrai. D’une manière générale, la philosophie moderne et les sciences dites « humaines » s’acharnent à définir l’homme hors de sa finalité suprême et déterminante qui est Dieu, le vrai Dieu. C’est parler de l’appareil photographique sans mentionner la lumière.

En définitive, le phénomène photographi­que se réduit à ce qu’exprime sans équivoque l’étymologie du mot : c’est une inscription de la lumière sur une plaque, ou sur une pellicule, ou sur un film et finalement sur du papier. Parler d’une « inscription », en refusant de savoir ce qui est inscrit, me paraît un discours futile. La littérature sur la mystique est immense ; la plus grande partie de cette littérature est futile, car elle ne veut rien savoir du seul Dieu vivant et vrai sans lequel il n’y aurait pas de mystique, pas plus qu’il n’y aurait photographie sans la lumière.

Qu’est-ce que le sacré ?

Qu’appelle-t-on le sacré ? C’est un syno­nyme de saint, dans la signification forte de ce mot. La sainteté est l’appropriation par Dieu d’un lieu, d’une chose, d’un animal ou d’un être humain. Quand Dieu commande à Moïse d’enlever ses sandales, car le lieu qu’il foule est sacré, qu’il est saint, cela veut dire que cette partie du sol appartient à Dieu et n’appartient qu’à lui. De même, quand un taureau, un agneau, étaient « sacrifiés » à Dieu, cela voulait dire que ce taureau, cet agneau – toujours les plus beaux, toujours entiers – étaient donnés à Dieu sans retour : la prise de possession par Dieu était mani­festée par le sacrifice, l’immolation, voire par le feu de l’holocauste. Il fallait que ce qui était consacré à Dieu fût réduit en cendres : de ces cendres jaillissait l’esprit d’une pré­sence écrasante et protectrice, celle du mys­tère. Nous sommes là tout près de la poésie moderne telle que Blaise Cendrars a voulu en exprimer l’essence par le pseudonyme qu’il s’est choisi en 1912 :

En cendres se transmuent

Ce que j’aime et possède

Tout ce que j’aime et que j’étreins

Se transmue aussitôt en cendres.

De ces cendres mêmes naît le poème, à chaque fois nouveau, indestructible.

Il est curieux que, dans beaucoup de religions païennes, la femme ait été associée de très près au sacré, soit par sa virginité (les Vestales, gardiennes du feu de la Cité), soit par la prostitution, dans certains cultes rendus aux déesses de l’amour et de la fécondité. Dans Le Banquet de Platon, c’est à une hétaïre qu’est laissé le soin d’exprimer une sagesse plus haute que celle de Socrate. C’est à la femme, marginale des grandes institutions sociales, qu’on reconnaît généra­lement le don spécial d’accéder ou de faire accéder au sacré, à la sagesse suprême.

À l’intérieur de la tradition hébraïque, notre tradition, c’est par la femme que survient la déchéance originelle et la perte du paradis terrestre. Mais au moment où l’homme et la femme sont chassés de ce paradis, promesse leur est faite qu’un jour une femme écrasera la tête du serpent. En régime judéo-chrétien, la femme gardera toujours cette ambiguïté, elle évoque chez l’homme la nostalgie des paradis perdus et l’espérance que le mal sera un jour vaincu. Cela est très sensible chez un poète comme Blaise Cendrars, peut-être le plus grand poète de ce siècle, dont on vient de publier la biographie. Donc la femme écrasera la tête du serpent, mais l’histoire sera toujours surprenante par rapport à la prophétie.

Avec Abraham, la promesse se concrétise dans un homme et dans sa descendance, sa « semence ». La promesse ira toujours se précisant de manière paradoxale : c’est Is­maël qui naît avant Isaac, mais c’est Isaac qui est l’héritier de la promesse. À la génération suivante, c’est Esaü qui est l’aîné, mais c’est Jacob qui est l’héritier de la promesse. Saül est le premier roi, roi consacré, … du Seigneur, mais c’est le second roi, David, qui sera l’ancêtre du Messie. Dans la descen­dance de David, chaque fille pouvait espérer d’être un jour la mère du Messie, et c’est dans cette espérance que chaque fille de David se mariait pour avoir des enfants. Pourtant, c’est d’une vierge que naîtra Jésus-Christ, celui qui est par excellence l’Oint du Seigneur.

Quatre femmes dans la généalogie du Christ

La généalogie du Christ, telle que nous la rapporte l’Évangéliste Matthieu, qui est construite de manière très artificielle et où bien des chaînons manquent, il y a cependant une surprise de taille en ce qui concerne les femmes. Seuls les hommes sont nommés, ce qui est de tradition dans toute généalogie sémite. Mais pourtant quatre femmes sont introduites dans la généalogie : quelles sont ces femmes ? Toutes des marginales. Tha­mar, dont le fils, ancêtre direct de Jésus-Christ, est né de l’inceste et de la prostitu­tion. Rahab était une chananéenne, prostituée dans la ville de Jéricho. Ruth, grand-mère de David, était une Moabite, une païenne. La mère de Salomon, Bethsabée, fut adultère et ne devint l’épouse de David que par le meurtre abominable de son premier époux. On peut dire que pour le Christ le péché fut vraiment une affaire de famille, autant dans sa lignée paternelle parce que le péché est substantiellement une offense faite à Dieu, que dans la lignée maternelle : il n’avait qu’à se retourner vers ses ancêtres maternels pour savoir ce qu’est le péché. La généalogie de Marie aboutit paradoxalement à la Vierge Marie, qui resta vierge, et dont le mariage avec Joseph ne fut jamais consommé.

Toute la tradition d’Israël exalte le Dieu des patriarches comme l’auteur de la vie, créateur du ciel et de la terre, le Dieu vivant par excellence, le Dieu qui parle, par opposi­tion aux dieux des peuplades environnantes, qui sont tous des faux dieux, des dieux morts et muets, qu’on peut renverser et détruire, réduire en poussière, des idoles. Cette pro­priété de la vie et de la parole est la marque du Dieu d’Israël qui est le seul vrai Dieu parmi les nations. Toute la religion d’Israël se résume au commandement d’adorer et d’aimer ce Dieu de toute son âme et de toutes ses forces.

Quant aux femmes, le signe concret que la bénédiction de Dieu est sur elles, c’est la fécondité. La stérilité de la femme est une infamie, le symbole de la déréliction de Dieu. La fécondité de la femme est plus importante que l’abondance de la moisson ou de la vendange. Cependant – et cela me paraît capital –, pour exercer la foi d’Abra­ham, pour la mettre à l’épreuve, le fils de la promesse sera le fruit du miracle : c’est dans leur extrême vieillesse, déjà desséchée, qu’Abraham et Sarah son épouse auront un fils nommé Isaac, dont Dieu changera le nom en Israël. Lui seul héritera de la promesse, à travers l’épreuve supplémentaire d’un holo­causte dont il doit être la victime, mais qui, comme le mariage de la Vierge Marie, ne sera pas consommé, mais qui est l’image prophétique du sacrifice de Jésus sur le bois de la croix.

Comme il domine le temps, Dieu domine tout l’ordre biologique où la femme a un rôle si déterminant. S’il y a une vérité qui sert de leitmotiv à toute l’histoire d’Israël, c’est que ce qui est impossible aux hommes est pos­sible à Dieu. Je m’étonne que mes contem­porains éprouvent encore des réticences devant les miracles de la Bible. Nous savons pourtant très bien que l’irruption d’un ordre supérieur dans l’ordre inférieur est miracle. Le vivant est miracle par rapport à tout l’ordre physico-chimique, la pensée est mi­racle par rapport au règne animal. Comment le divin, le Règne de Dieu, ne serait-il pas miracle par rapport au règne de l’homme ? Mais nous n’acceptons pas volontiers que l’homme ne soit pas suprême et puisse être dominé par un ordre qui le surpasse, capable d’ailleurs de lui être révélé et de le sauver, de le remettre sur orbite. Encore aujourd’hui, le miracle est une dimension constante de l’âme juive. J’ai rencontré en Israël de jeunes Sabras, fiers de leur pays, qui, avec une insolence appuyée, se disaient athées, mais ils ajoutaient, avec une incohérence qui semblait leur échapper : « Pour ce qui concerne Israël, je crois au miracle ! »

Quelles que soient les circonstances, en apparence défavorables à sa réalisation, Dieu est admirablement fidèle à sa pro­messe. Nul ne peut s’attendre à ce qu’une femme très âgée conçoive et enfante un fils, cela adviendra pourtant avec la naissance d’Isaac pour inaugurer l’alliance de Dieu avec Abraham. Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Mais Dieu est aussi admirablement fidèle à son propre style. Pour inaugurer l’ère de la nouvelle alliance, c’est le vieux prêtre Zacharie et la vieille Élisabeth qui sont jugés dignes de donner naissance au dernier prophète d’Israël : Jean-Baptiste est l’enfant de ce miracle.

Mais cette fois-ci, Dieu fera un pas de plus et décisif dans la dialectique du possible et de l’impossible, dans le renversement des va­leurs de chair. Une vierge enfantera un fils, cet enfant sera plus que tous les autres l’enfant du miracle et l’héritier de la pro­messe, il sera la promesse elle-même subs­tantiellement réalisée, il sera la Parole de Dieu donnée jadis à Abraham, intégrale­ment tenue en Jésus-Christ, fils unique de la Vierge Marie et qui n’a d’autre père et géniteur que Dieu, lui-même Dieu le Dieu, lumière de lumière. Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.

Il est tout à fait remarquable que le lieu élu entre tous et privilégié du miracle et de la promesse réalisée soit les entrailles d’une femme. La sainte Vierge parle très peu dans l’Évangile, ce n’est pas une femme bavarde. Elle inaugure pourtant toute l’aventure chrétienne par un poème, qui est devenu le chant de gratitude de la chrétienté.

Il a recueilli Israël, son enfant.

Il s’est souvenu de sa miséricorde,

Ainsi qu’il en avait donné sa parole à nos pères,

À Abraham et à sa Semence pour les siècles des siècles.

Les entrailles de la Vierge Marie sont le lieu d’élection du sacré substantiel, le lieu du miracle des miracles, le lieu où ce qui est impossible aux hommes advient de par Dieu. Jusqu’ici, en Israël, la promesse faite à Abraham s’est véhiculée de génération en génération par la semence de l’homme, tout à coup elle s’arrête à demeure dans les entrailles de cette fille d’Abraham et de David, et la promesse s’incarne directement sans le concours d’un mâle. Le phénomène photographique de la révélation du sacré intégral se produit immédiatement, sans in­termédiaire. Les entrailles de cette jeune fille d’Israël sont la pellicule sensible où s’inscrit directement la lumière de Dieu.

Jamais, au cours de toute l’évolution, il n’y a eu et il n’y aura communion plus intime, plus concrète, plus charnelle, entre le sacré et l’espèce humaine, que ce qui s’est passé dans l’organisme vivant de cette femme. Un spermatozoïde venu d’ailleurs que d’une semence d’homme, un spermatozoïde créé tout exprès et miraculeux, a envahi un ovule prédestiné, et l’amorce d’une vie à la fois humaine et divine s’est déclenchée dans les entrailles de cette femme élue entre toutes les femmes, et le fils qui naîtrait d’elle serait très authentiquement fils d’Abraham, mais il serait aussi très authentiquement fils unique de Dieu, Dieu de Dieu, Lumière de Lu­mière, vrai Dieu de vrai Dieu, il serait surabondamment la Parole tenue et la Pro­messe réalisée. Au point que cette toute jeune femme est authentiquement, en toute propriété des termes, « la mère de Dieu » et que le fruit de ses entrailles est le Béni d’Israël. Elle est le lieu étroit et précieux où s’est une fois produit ce phénomène photo­graphique, l’inscription de la Lumière in­créée sur la pellicule vivante d’un organisme féminin fécond. Ce qui était impossible à l’homme, ce qui n’était pas imaginable, est possible à Dieu et il en a été ainsi. Marie est vierge, car jamais puissance virile ne l’a pénétrée. Elle est mère autant que femme au monde peut être mère : son fils, autant et plus qu’Isaac, autant et plus que Jean-Baptiste, est l’enfant du miracle, mais c’est son fils à elle, et, au ciel et sur la terre, il n’a jamais eu d’autre père et géniteur que Dieu.

Certes la personne du Christ est infiniment supérieure à sa mère, comme le ciel est au-dessus de la terre. Le Christ est Dieu en personne. Sa mère, tout élue qu’elle soit entre toutes les femmes, n’est qu’une créa­ture humaine. Mais le Christ, vrai homme certes par la nature humaine qu’il tient de sa mère, n’en est pas moins Dieu en personne, il est en lui-même le sacré par excellence, tout le sacré. En lui, il n’y a pas union avec le sacré, il est le sacré substantiellement, qui habite parmi nous. Dieu s’est humainement concrétisé en Jésus pour que nous puissions devenir nous aussi enfants de Dieu par une nouvelle naissance dans l’eau et dans l’Esprit de Jésus.

Mais la Vierge Marie est une femme, elle est de notre espèce humaine, elle n’est qu’une femme. C’est en elle, beaucoup plus qu’en n’importe quel être humain uni à Dieu, c’est en elle seule que s’est produite à son maximum l’union d’un membre de la famille humaine avec le sacré, et cette union fut aussi une union charnelle. Le Sacré par excellence, le Fils et la Parole de Dieu, s’est inscrit dans les entrailles de cette femme, beaucoup mieux encore que l’image ne s’ins­crit sur la pellicule, ce qui n’est qu’un phénomène physico-chimique. Dans les en­trailles de cette femme, Dieu a directement inscrit son propre code génétique.

La vocation spirituelle de cette femme a consisté à se montrer digne de sa maternité. Quand Jésus dit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique », il ne ravale pas sa mère, il l’exalte au contraire. Il suffisait à Marie d’être une bonne mère, attentive au fruit de ses entrailles, pour être à l’écoute de la Parole de Dieu et pour la pratiquer. Elle fut la mère par excellence, et son cœur non plus ne fut pas partagé, car elle était vierge. Le miracle de cette virginité féconde et parturiente de la Parole créatrice a véritable­ment enchanté le Moyen Âge, et plus encore sans doute les hommes que les femmes. Des poètes comme Villon, des soldats comme les chevaliers, des architectes comme les bâtis­seurs des cathédrales, ont exulté de louanges pour cette femme singulière.

Sait-on que dans la France du nord et jusque sur le Rhin, la situation géographique des cathédrales gothiques dédiées à Notre-Dame reproduit sur la terre la disposition des étoiles à l’intérieur de la constellation de la Vierge ? Qui oserait dire que la dévotion de ces hommes à la Vierge Marie était une dévotion mièvre et débile ? En comparaison d’un tel haut fait architectural, toutes nos élucubrations rationnelles sur les rapports de la femme avec le sacré sont d’une barbarie grossière, privée de toute intelligence. Quant aux femmes chrétiennes, elles sa­vent désormais que, de même qu’Eve avait fermé le paradis terrestre derrière elle, c’est encore une femme, la Vierge Marie qui ouvre à tous le Paradis éternel. C’est elle qui écrase la tête du Serpent. C’est elle qui enfante le Soleil de Justice. Désormais l’analogie vivante entre la femme et le rayonnement du sacré est indestructible par le pouvoir sur nous de la femme, « pareil à celui de la grâce » selon l’expression de Claudel.

Dans l’évangile, la mère de Jésus apparaît peu. Mais d’autres femmes occupent une place immense, comme la Samaritaine et cette Marie-Madeleine dont on a tout lieu de croire qu’elle fut « la pécheresse dans la cité » qui fut délivrée de sept démons, et qui fut le premier témoin de la résurrection du Sauveur. C’est à ces deux marginales, plus encore qu’aux apôtres, que Jésus a confié tout de go la révélation fondamentale. Du moins à elles, il a confié cette révélation plus amoureusement, plus directement, sans se munir de preuves et de précautions comme il le fait avec les hommes.

Les femmes auraient bien tort de se plaindre de n’avoir pas accès au sacerdoce. Le sacerdoce est essentiellement de l’ordre du service et de l’instrumentation. Par leur nature même et par leur vocation propre, il semble que les femmes, tout au long de l’Évangile, aient un accès plus direct que les hommes à ce qui est l’essence de la souverai­neté, au sein de la nouvelle alliance : l’amour.

BIBLIOGRAPHIE DU R.P. BRUCKBERGER

Les œuvres publiées par le R.P. Bruckberger sont très nombreuses (plus d’une vingtaine d’ouvrages). En voici quelques-uns :

Marie-Madeleine (1952) La Jeune Parque (1975) Albin Michel.

L’histoire de Jésus-Christ (1965) Grasset et le livre de poche.

Dieu et la politique (1972) Plon.

L’Évangile (1976) Albin Michel (traduction et com­mentaires du R.P. Bruckberger et Simonne Fabien). Toute l’Église en clameurs (1977) Flammarion.

Lettre à Jean-Paul II, pape de l’an 2000, Stock.

Ce que je crois (1982) Grasset.

Le capitalisme, mais c’est la vie (1983) Plon.

La révélation de Jésus-Christ (1983) Grasset.

Oui à la peine de mort, Plon, 1985.

Au diable le père Bruck, Plon, 1986.

Bernanos vivant, Albin Michel, 1988.

À l’heure où les ombres s’allongent, Albin Michel, 1989.

Marie, mère de Jésus-Christ, Albin Michel, 1991.


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