le docteur Lefebure : Les phosphènes et le mixage phosphénique


07 Oct 2010

ancien externe des hôpitaux de Paris dans les services de neurologie

(Revue Panharmonie. No 200. Octobre 1984)

Depuis vingt ans le Docteur Lefébure s’attache à l’étude des phosphènes et du mixage phosphénique qui provoquent chez celui qui les pratique de véritables améliorations de l’ouverture intellectuelle, de la mémoire et même du comportement social, et qui ont joué un rôle primordial à l’origine de toutes les religions, favorisant les dons prophétiques.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un phosphène ? Le Littré donne la définition suivante : « Toute sensation lumineuse suggestive », c’est-à-dire celles qui ne sont pas directement causées par un rayon lumineux électromagnétique frappant la rétine. Néanmoins il y a différentes catégories de phosphènes qu’il ne faut pas confondre avec les phénomènes lumineux qu’étudie le Docteur. Il est évident que ceux-ci ne peuvent être assimilés à ce qu’on appelle : « les trente-six chandelles », ni aux lueurs apparaissant lorsqu’on appuie dans l’obscurité sur le côté du globe oculaire qui n’ont jamais eu d’influence sur le psychisme. Et c’est précisément à ces effets supranormaux que tendent les expériences et les recherches du Docteur Lefébure.

Le mot « phosphène » a été créé vers 1830, tout d’abord pour désigner un corps chimique phosphorescent dans l’obscurité. En même temps un entomologiste, M. Delorme de Savigny, a donné ce nom à un ver luisant très répandu en France, et un physiologiste, M. Vinzac, a appelé « phosphènes » les phénomènes donc le Docteur a développé les effets.

L’équivalent de ce mot se trouve dans le monde entier : c’est la verte et miraculeuse émeraude chez les Incas ; les Nordiques ont la « pierre verte » ; en Thaïlande se trouve le magnifique temple du Bouddha d’Émeraude ; sans oublier que le sang du Christ est censé avoir été recueilli dans une coupe d’émeraude. La légende du Graal est antérieure au Christianisme et a été christianisée par la suite.

Or la couleur verte de l’émeraude est une couleur fondamentale dans la pratique du phosphénisme. Comment le pratique-t-on ? On utilise une lampe de 60 150 watts de préférence opalisée en ayant soin d’avoir un interrupteur à portée de main. L’intensité de la lumière est inversement proportionnée au carré de la distance. L’idéal est d’être seul dans une pièce totalement obscure, ce qui est rare. Il n’est pas nécessaire de fermer les yeux, le phosphène reste le même, yeux ouverts ou fermés. Puis on se place à une certaine distance de la source lumineuse. Avec un peu d’expérience on se rend compte de la distance et de l’éclairage favorables. Sans bouger les globes on cligne normalement des paupières, afin que la conjonctive ne se dessèche pas. Ne pas s’inquiéter si un picotement se produit.

Il y a deux sortes de phosphènes : le post-phosphène, celui de l’usage le plus courant, et le co-phosphène, associé à l’éclairage. Pour le post-phosphène, fixez la lumière pendant une trentaine de seconde, fermez alors les yeux et vous obtenez pour commencer une obscurité complète qui peu à peu se transforme en une image lumineuse, faite de multiples couleurs qui persistent pendant environ trois minutes.

Avant les recherches du Docteur Lefébure ce phénomène était appelé suivant les auteurs : « image de rémanence, image de persistance, post-image ». La couleur la plus brillante et la première à apparaître après environ une quinzaine de secondes, est un vert tirant sur le jaune. Quelques nuages grisâtres et pâles en sont les signes précurseurs. Puis surgit une belle couleur jaune cerclée de rouge. Le cadre rouge n’est qu’exceptionnellement absent au tout début du phosphène. Elle peut disparaître et réapparaître. Ces irrégularités sont moins nombreuses après une fixation de la lampe de trois minutes. Après une minute et demie environ le phosphène devient entièrement rouge et le cadre devient vert. Puis on observe une lumière blafarde que le Docteur appelle « lueur diffuse ». Celle-ci augmente jusqu’à envahir le champ visuel. C’est le moment où la lumière diffuse passe par son maximum pour ensuite s’amenuiser très lentement.

Différents effets peuvent se produire dans les couleurs.

Le co-phosphène n’avait jamais été décrit ni même signalé avant les travaux du Docteur. Il le nomme co-phosphène parce que l’éclairage et le phosphène coexistent simultanément. C’est donc pendant la fixation de la lampe, en clignant des paupières mais sans bouger les globes, qu’entre la quinzième et la trentième seconde apparaît le plus souvent une coloration bleutée en périphérie de la lampe principalement et la débordant. Cette coloration est rarement verdâtre, mais elle est toujours pâle. Parfois on y perçoit une agitation. Après une minute et demie apparaissent quelques petites taches roses, puis subitement le phosphène devient tout rose. Vers la troisième minute de fixation de l’éclairage la teinte rouge disparaît et la lampe redevient blanche.

En pédagogie, adaptées à des enfants, ces pratiques ont un effet très positif. Ainsi un enfant nul en calcul est devenu normal en quinze jours et après trois mois d’autres élèves nuls en orthographe avaient comme notes en cette matière : 13, 14, 16 sur 20. Des tests ont été faits sur de jeunes enfants auxquels on avait demandé de faire un dessin pour illustrer une phrase donnée. Or ceux des enfants qui avaient au préalable observé des phosphènes qu’ils avaient provoqués, présentaient des illustrations beaucoup plus précises et détaillées que ceux qui n’avaient pas vu de phosphènes.

En répétant régulièrement cette méthode on constate chez les enfants un développement du cerveau au-dessus de la moyenne.

Mais les applications pédagogiques du phosphène sont basées surtout sur des effets de mélange qu’on appelle « Mixage phosphénique ». Comme exemple nous prendrons un enfant qui désire se familiariser avec une carte géographique. Il commencera à l’étudier dans son livre, puis il fixera la lampe pendant trente secondes, il éteindra la lumière et, lorsqu’apparaîtra le phosphène, il remémorera la carte dans tous ses détails successivement et mélangera sa pensée au phosphène. Il s’apercevra consécutivement que sa pensée a pris une densité, une solidité inhabituelles et qu’elle reste gravée dans sa mémoire.

La présence du phosphène provoque un dégagement d’énergie qui amène un afflux d’idées, d’associations d’idées, signe d’intelligence, si au moment du phosphène on se concentre sur des idées. Mais lorsqu’il s’agit de fixer un objet, un son ou une pensée dans sa mémoire, il faut l’avoir choisi avant, afin que le dégagement d’énergie se concentre sur la chose en question. Le mixage phosphénique favorise aussi l’esprit d’initiative. Pratiqué avant le sommeil, il rend celui-ci plus facile et les rêves plus lumineux. Il a aussi la faculté d’améliorer les contacts sociaux.

Les phosphènes peuvent aussi être provoqués par la drogue mais, chose curieuse, les effets des drogues sont toujours à l’opposé et exactement symétriques. Il y a probablement à cela des raisons chimiques.

Dans tous les organes des sens on trouve l’équivalent du phosphène. Il y a dans le cerveau cinq noyaux gris et chaque noyau correspond à un des organes des sens. Si l’on excite un de ces centres gris, cela se répercute sur tous les autres.

De tout temps il y a eu des gens qui sont arrivés à des pouvoirs par la fixation du soleil. Certains le faisaient d’instinct, correctement, ayant commencé très jeunes.

Toutes les personnes en bonne santé voient à peu près les mêmes teintes.

Dans le domaine pédagogique la pratique du phosphénisme a des résultats tout à fait probants. Ainsi au Canada il y avait un enfant qui ne lisait que trente-cinq mots à la minute. Après trois semaines de pratique du mixage phosphénique, cet enfant lisait soixante-cinq mots à la minute. Un cas caractériel est celui d’un enfant de douze ans qui se battait à toutes les récréations, qui insultait les professeurs, qui avait un rendement extrêmement faible et qui, pour seule distraction, avait fondé une bande de gangsters avec laquelle il allait casser les vitres et arracher les fleurs chez les voisins. Alors que le psychologue avait échoué dans toutes ses méthodes, après trois semaines de mixage phosphénique, cet enfant empêchait ses anciens complices de faire des bêtises, prenait des livres dans la bibliothèque au lieu de traîner dans les rues, n’insultait plus ses professeurs et avait considérablement amélioré son rendement scolaire. Devant tous ces résultats un professeur à Sherbrooke au Canada emploie cette méthode dans ses cours en faculté. D’autres exemples pourraient être cités, comme celui du Portugal où cette méthode est obligatoire dans les écoles. Il en est de même au Cameroun, en Haute-Volta, etc.

Ne pouvant citer tous les cas, nous renvoyons nos lecteurs aux ouvrages du Docteur Lefébure qui en content de forts intéressants.

L’utilisation du soleil comme source de phosphènes est extrêmement importante et explique beaucoup de faits mystiques et religieux. Mais évidemment on ne peut fixer le soleil sans prendre certaines précautions et ne le faire qu’après un entraînement de quelques mois à l’aide d’une lampe. Il faut aussi boire beaucoup d’eau et ne commencer à fixer le soleil que pendant deux ou trois secondes. L’intensité du soleil peut atteindre trois mille fois l’intensité d’une lampe moyenne. C’est la raison pour laquelle il suffit d’une courte fixation. On peut donc s’exercer en fixant le soleil pendant deux ou trois secondes et alternativement détourner la tête et fermer les yeux pendant trois minutes. Mais surtout il est nécessaire de boire beaucoup d’eau et de ne pas porter de lunettes. Si ces conditions sont remplies, c’est très bon pour la vue.

Quel est l’intérêt de la fixation du soleil dans les règles prescrites ? Toutes nos énergies viennent des énergies de la lumière qui a été captée par les plantes et qui nous est renvoyée sous forme d’oxygène que nous respirons, de carbone que nous mangeons, et c’est leur recombinaison qui libère toutes nos énergies. En fixant le soleil, nous court-circuitons la fonction chlorophyllienne et l’énergie de la lumière se transforme en énergie mentale. Pourquoi a-t-on besoin de phosphènes pour cela ? Voyons ce qui se passe en électricité. Dans le complexe sidérurgique au Canada, l’électricité est sur des lignes de un million de volts, puis à une certaine distance cela tombe à une tension de mille volts et, de transformation en transformation, elle passe en ville à cent-dix volts. Il y a donc haute, moyenne et basse fréquence. L’expérience montre qu’on perdrait beaucoup d’énergie s’il n’y avait pas une moyenne fréquence. Le phosphénisme est la moyenne fréquence entre la matière et la pensée. Supposons que nous fixions la lumière et que pendant ce temps nous émettions une pensée. Déjà une petite partie de l’énergie lumineuse est transformée en pensée. Mais lorsque nous mixons la pensée avec le phosphène, nous avons une bien plus grande quantité d’énergie lumineuse transformée en énergie mentale.

Le cas de Minou DROUET : Minou Drouet était élevée dans un orphelinat et considérée comme légèrement retardée. Sa mère adoptive l’emmena dans une maison au bord de l’Océan où elle prit l’habitude, n’allant pas en classe, de regarder toute la journée le reflet du soleil dans l’eau. Au début, raconte-t-elle, des idées lui venaient et elle acquit un certain degré de voyance. En même temps on s’aperçut qu’elle avait un don qui lui permettait d’agir sur des fauves, et cela à un tel point que le directeur du Cirque d’Hiver voulut l’engager parce qu’il prétendait qu’elle dégageait un fluide qui calmait les animaux. Elle avait, entre autres, fait une expérience avec des escargots : lorsqu’elle concentrait sa pensée sur l’un d’eux pour l’attirer vers elle, ils venaient tous et montaient sur son bras. Elle voyait alors une brume laiteuse entre elle et l’animal, et elle sentait ses vibrations.

Voici encore deux exemples de personnes arrivées à des pouvoirs supra-mentaux : A Berck-Plage il y avait un pêcheur qui était à la retraite et qui avait un don de voyance incroyable. Il avait fait une quarantaine de lectures de pensées et de prophéties, toutes parfaitement exactes. Il ne parlait que par voyance. Au début, le Docteur était encore très jeune, il croyait qu’il y avait un facteur occulte là-dessous. Mais pas du tout, si ses facultés s’étaient développées, c’est parce qu’il récitait une petite prière à saint Cosme et à saint Damien, qui étaient des saints primitifs du Christianisme, particulièrement puissants. Et le pêcheur racontait que, comme au Moyen-âge, il priait en travaillant et, comme il était toujours penché sur l’eau pour retirer ses filets, il priait en regardant le reflet du soleil dans l’eau.

Un jour une dame sujette à des accès de voyance vint voir le Docteur Lefébure. Elle avait ces accès comme d’autres, des crises d’épilepsie. Les Grecs appelaient l’épilepsie « le mal sacré ». Elle raconte que dès l’âge de six ans elle faisait peur à sa famille parce qu’elle annonçait des événements qui se réalisaient quelques jours plus tard. Or, entre trois et six ans, elle habitait près d’Alger, et souffrant d’une atteinte rachitique des membres inférieurs, on la mettait sur la plage des journées entières. Mais, au lieu de jouer avec sa poupée, elle trouvait plus agréable de regarder les reflets du soleil sur la mer.

Chez les bergers également on trouve de ces pouvoirs car, étant obligés de regarder l’horizon et arrivant avec leurs troupeaux à l’étoile du matin un peu avant le lever du soleil, ils prenaient l’habitude de prier en regardant le soleil levant, même sans conviction religieuse. Un ancien berger d’une intelligence supérieure — il est à présent professeur de mathématiques à la Faculté de Poitiers — fixait le soleil pendant des journées entières. Et comme c’était un intellectuel, il le faisait en pensant à des tas de choses !

Il y a une région dans le monde où on est allé beaucoup plus loin dans ce domaine. Tous les pays à un certain stade ont eu comme religion ce qu’on appelle à tort « l’adoration au soleil ». En réalité il ne s’agissait pas uniquement de réciter des prières au soleil. Les Zoroastriens, à l’heure actuelle, prient encore en fixant le soleil. La première religion, paraît-il, était celle des sorciers Pygmées qui fixaient une flamme pour voir à quel endroit se trouvait le gibier. Ils le font encore et il arrive fréquemment qu’un explorateur, se trouvant à côté d’eux, ait la même vision au même moment. C’est de la voyance et tout ce qui est phosphénique est retransmissible par télépathie. Or la région du monde qui connaissait le feu des milliers d’années avant nous, c’est la région irano-caucasienne, parce que le pétrole coulait à tel point à flot, qu’on le répandait sur la mer pour l’enflammer. Il s’est alors formé une souche de la population qui a été influencée par cela et qui a transmis ce qu’ils avaient acquis. Car lorsque, depuis des milliers d’années, des populations avaient l’habitude de prier en fixant le soleil, quelque chose se modifiait dans leur cerveau et elles ont acquis, sans le savoir, des facultés mentales en rapport avec le phosphénisme.

Les religions solaires :

La plus connue fut probablement celle fondée par Zarathoustra. Dans les temples zoroastriens les fidèles viennent les uns après les autres, chaque matin, prier devant une flamme. Cette tradition se continue avec toutes les suites qui en découlent. Un ami du Docteur a rencontré un Zoroastrien qui lui a imposé les mains, à la suite de quoi cet ami est passé par des états de conscience extraordinaires. Il ne s’agit pas d’une science, mais c’est une force qu’on peut acquérir après en avoir compris le mécanisme. Or comment s’appellent les prêtres zoroastriens ? Des « Mages », c’est-à-dire des hommes qui possédaient des dons de magie. Et qui étaient présents à la naissance du Christ ? Les Bergers et les Mages. Qui a été appelé par le Christ pour le suivre ? Les pêcheurs de Tibériade, et beaucoup de commentateurs pensent qu’à peu près tous les Apôtres étaient des pêcheurs.

Il y a aussi les moines du Mont Athos qui a été déjà cité par Hérodote comme étant un lieu monacal, donc antérieur au Christianisme. Maintenant encore, certains ermites récitent la Bible en fixant le soleil levant et projettent ensuite le phosphène solaire sur leur nombril, tout en continuant à prier. Pourquoi le nombril ? Parce que, lorsqu’un organe a une grande activité chez l’embryon, cet organe continue chez l’adulte à être très actif et, par conséquence, il prend une grande importance au point de vue spirituel.

Il n’y a pas encore longtemps, les moines cisterciens de Versailles devaient prier en fixant une flamme ou un éclairage puissant. Mais ceci n’était pas divulgué !

Jusqu’en 325 le Haut-Clergé comme le peuple considéraient le Christ comme un homme qui avait des pouvoirs magiques et non pas comme un Dieu. Dans la Bible il est dit que nous sommes tous des « Fils de Dieu ». Or en 325 l’Empereur Constantin a réuni le Concile de Nicée et, après six mois de conflits, après avoir déporté les Évêques qui refusaient de signer, l’Empereur a imposé au Concile de croire qu’entre le Christ Divin et nous il y avait une différence de nature. Autrement dit, l’Empereur Constantin a fusionné deux religions : la religion romaine, dans laquelle l’Empereur était une divinité ; et la religion chrétienne, science des phosphènes.

Les Mystères d’Éleusis présentent eux aussi un exemple frappant. Ils comportaient deux grandes initiations. Dans la première on récitait une formule magique le soir en s’endormant pour aider à élever le cœur et l’âme. Actuellement on comprend que ce qui était intéressant dans cette récitation c’était son rythme. Le deuxième grade était l’initiation majeure. On amenait les candidats isolés dans un endroit obscur et on leur mettait un bandeau sur les yeux. Dans cet endroit il y avait un flambeau et alternativement on enlevait et on remettait le bandeau sur les yeux des postulants. C’est ce que le Docteur fait faire à ses élèves. Les traîtres qui divulguaient le secret étaient condamnés à mort, car il fallait que le pouvoir reste dans un même clan. Puis on conduisait les candidats seuls ou en groupes hors de ce tunnel, et on les amenait dans une caverne creusée dans le roc. Là il y avait également des flambeaux qu’on éteignait après les avoir fixés et on disait aux postulants : « Pensez à un épi de blé comme dans le temps obscur », en leur expliquant que la lumière était née pendant ce temps obscur, c’est-à-dire pendant le mixage phosphénique.

Pas loin d’Éleusis, à Delphes, se trouve le temple principal de la religion grecque, dans lequel il y a une pierre ovale qu’on appelle « Omphalos », c’est-à-dire nombril. Dans l’Antiquité elle était considérée être le nombril de la religion grecque. Cela rappelle les moines du Mont Athos !

Il y a environ un an, une jeune fille suisse a commencé à suivre les cours du Docteur Lefébure. A l’aide d’un de ses livres elle avait déjà commencé à pratiquer le phosphénisme. Son père l’avait encouragée dans cette voie parce qu’étant d’origine grecque, son propre père lui avait transmis, comme un secret de famille, que quand on voulait apprendre les mathématiques, on devait se coucher sur le dos, fixer le soleil et, en même temps, penser à la leçon à apprendre.

On pourrait citer le Buisson Ardent de Moïse qui brûlait sans se consumer, le Pharaon Akhenaton qui, ayant remarqué qu’à Héliopolis on priait en regardant le soleil et que cette pratique donnait une grande force intérieure, a voulu instaurer une religion solaire. Nous retrouvons la même chose chez les Incas chez lesquels un chef de tribu a instauré le culte de prier en regardant le soleil et, de ce fait, l’intelligence et la puissance de cette tribu se sont développées au point qu’ils étaient considérés comme supérieurs à d’autres qui se soumettaient à eux. Pendant la période intermédiaire qui a précédé leur dégradation spirituelle, les Incas, descendus vers la côte, ont construit des temples dans lesquels on remplaçait le soleil par un disque d’or. En plus ils avaient fondé un Collège de Prêtres dont la mission était de prier toute la journée en fixant le soleil.

En Haute-Volta, jusqu’à ce que cela soit interdit par l’Église sous prétexte de superstition, quand il y avait une calamité dans le village, le « Ministre » prenait un plat rempli d’eau, allait au soleil levant et regardait le reflet du soleil dans ce plat, afin de tâcher d’avoir l’inspiration nécessaire pour faire cesser cette calamité.

Une autre coutume de ce pays veut que la haute muraille en terre battue, qui entoure le village, ait une porte normale et une autre tournée vers l’Ouest et fermée par une latte. On ne l’ouvre que pour les enterrements. Or ceux-ci ont lieu au coucher du soleil. A la levée du corps on s’arrête un moment après avoir franchi la porte et la famille avec des amis récitent des prières en regardant le soleil couchant. C’est à la fois un rite et un symbole.

En Côte-d’Ivoire il y a à peu prés la même chose en ce qui concerne le principe du phosphénisme. Quand quelqu’un a été volé, le sorcier, faisant en quelque sorte de l’initiation par contact, fait regarder à la victime le reflet du soleil dans l’eau d’une calebasse et elle voit apparaître dans l’eau l’image du voleur. Cela peut être évidemment à double-tranchant si le volé a un soupçon inconscient, le phosphène facilitera la transformation de la vision en pensée.

On trouve la même chose chez Nostradamus dont il est dit dans le premier quatrain qu’ « il était assis sur un trépied avec une flamme en face de lui » et aussi : « Il tenait à la main une baguette et de l’onde sur ses jambes ». C’est-à-dire qu’il avait les pieds dans l’eau. Sa baguette était donc comme une baguette de sourcier.

La tradition veut que le temple de Monségur soit un temple solaire. Or les Cathares descendaient idéologiquement des Bogomiles, secte bulgare très dualiste où on retrouve la filiation avec le Zoroastrisme. Les Bogomiles devaient prier sept fois par jour en fixant le soleil. Et il se pourrait fort bien que leurs persécutions cherchaient à empêcher que l’on trouve la pratique du phosphénisme, le vrai sens du Christianisme.

Citons encore Fatima qui met un ensemble de phénomènes phosphéniques que l’on pourrait reproduire détail par détail. Durant dix minutes la foule a vu le soleil présenter des mouvements anormaux. Tout d’abord il s’est mis à trembler, puis il s’est obscurci, a commencé à se balancer dans le ciel, à tournoyer sur lui-même, ses rayons tournant comme des rayons d’une roue, et a paru tomber sur la foule terrorisée, et remonter dans le ciel, tout ceci plusieurs fois de suite. De nombreuses personnes eurent des visions pendant ces dix minutes. Auparavant il pleuvait abondamment, mais après ce prodige la boue du sentier et les vêtements parurent miraculeusement séchés. Un professeur de sciences, qui était à son balcon, dit : « J’ai vu, mais je ne me l’explique pas ! », et un incroyant fut converti.

D’après la théorie du Docteur Lefébure, si la foule a vu ou cru voir des mouvements dans le soleil, c’est parce qu’elle le confond avec son phosphène. Le tremblement du soleil est à un rythme de sixième de seconde, son obscurcissement est dû au phosphène négatif qui se présente dès le début au lieu à la fin à cause de la brutalité du choc lumineux. Le balancement, c’est le rythme de deux secondes du phosphène, le mixage suffit parfois à le déclencher. La plus grande partie de la foule a perçu ces rythmes intensément à cause de leur emballement par résonance télépathique.

Cela ne suppose pas que nous niions l’aspect spirituel de ces faits, considérant le phosphène comme le cordon ombilical qui nous rattache à l’autre monde. Et de même qu’un homme ne peut se manifester à des poissons en profondeur qu’à travers un scaphandre, de même il est possible que des esprits supérieurs ne puissent se manifester à l’homme qu’à travers la substance phosphénique sécrétée par les cerveaux que leur offrent ceux qui prient le soleil en le fixant.

Ce sera notre conclusion.

Francis Lefébure (17 Septembre, 1916 – 19 Mars, 1988) était médecin français connu pour ses travaux sur les phosphènes. Voir http://www.phosphenisme.com/fondateur.html