Josette Brydelnevo : Les planètes de la violence


18 Feb 2015

(Revue Itinérance. No 2. Novembre 1986)

L’astrologie prétend que nous baignons dans les influences cosmiques. Des études statistiques de Michel Gauquelin montrent que la prédominance de la planète Mars est prépondérante dans les thèmes des hommes d’action, sportifs, politiciens, militaires… Le témoignage qui suit expose les relations entre les influences planétaires supposées et le comportement individuel.

La violence est l’expression d’une force instinctive qui existe chez tout individu, mais qui mal maîtrisée peut s’extérioriser par un comportement agressif et conduire à exercer sur les autres toute forme de brutalité, qu’elle soit verbale ou physique.

L’astrologie est un moyen, parmi d’autres, de déterminer le potentiel de violence qui existe chez chaque homme. Il convient tout d’abord de rappeler brièvement ses principes de base. Elle étudie les rapports qui existent entre les « symboles d’en haut », les planètes, et les « symboles d’en bas », les hommes ; les unes étant le reflet des autres. Son langage est symbolique et utilise des termes de correspondance et d’analogie. Le thème natal est le cliché exact de la position des astres dans le ciel au moment du premier « inspir ». Leur emplacement dans tel signe zodiacal, telle maison, leurs aspects (ou rapports angulaires entre planètes) indiqueront les possibilités dont dis­pose l’individu et qu’il sera amené à développer et à concrétiser sa vie durant. Ce cliché n’est pas statique. Les astres, continuant leur course dans le ciel, dynamiseront à chacun de leur passage (ou transit) tel point clef du thème, libérant ainsi l’énergie contenue en germe à la naissance.

Pour lire dans un thème astral la possibilité de violence, il faudra étudier :

la position par signe et par maison de Mars,

les aspects formés avec les autres planètes, notamment :

le Soleil, qui symbolise le pôle masculin, avec une valeur d’extraversion, mais aussi par analogie le père, le patron ;

la Lune, image du pôle féminin et de l’inconscient, associée à la mère et à l’épouse;

Mercure, représentation de l’esprit qui « relie » et donc de la parole, la communication,

mais aussi avec l’Ascendant et le Descendant, axe qui régit les rapports de soi avec les autres.

Mars, planète masculine, yang, maîtrise les signes du bélier et du scor­pion. Mars, dieu de la guerre chez les romains, et que l’on retrouve sous le nom d’Ares dans la mythologie grecque, représente le feu primordial, l’énergie instinctive, brute, indifférenciée. C’est la flamme de la passion, la force indispensable qui permet de vivre, de lutter, de s’imposer face au monde, de s’extérioriser, mais aussi de créer. Mars illustre le capital d’énergie de chaque être humain.

Mars n’est ni bon, ni mauvais en soi. Il est. Il est nécessaire à toute vie humaine. Il possède, comme toute planète, des aspects positifs et des aspects négatifs, suivant la règle de l’ambivalence qui fait qu’un endroit possède toujours son envers et la lumière son ombre.

L’énergie martienne permet de créer, d’agir. En ce sens, elle est donc fondamentale et positive. Elle représente la force qui permet de dominer la matière, mais aussi de prendre conscience de tout ce qui n’est pas « soi ». Par là même, elle rend sensible à tout ce qui s’y oppose. Notions de séparation donc et de dualité qui, en exacerbant le sentiment du « moi » peut engendrer le mécanisme de la violence : passion, désir, peur, suivis d’irritation ou de colère puis d’impulsivité et de réaction brutale vis-à-vis de ce qui est en face : objets ou personnes. Elle peut alors devenir dangereuse, comme toute pulsion mal maîtrisée.

Cette maîtrise plus « difficile » de l’énergie représentée par Mars sera symbolisée par des aspects de carrés, oppositions ou conjonctions avec d’autres planètes. L’individu possédant de tels aspects fera alors preuve d’impulsivité, d’agressivité. Il ne concevra l’action que comme réaction et ses rapports avec les autres seront le plus souvent des rapports de force, la violence s’extériorisant sous forme verbale ou physique. Ce portrait est bien sûr excessif, mais ces tendances sont présentes chez beaucoup d’une façon plus nuancée et donnent lieu à des comportements conflictuels donc douloureux.

Le risque de la violence est latent bien sûr. Il ne prendra une forme exté­rieure qu’à certains moments. Ces périodes seront celles où l’aspect qui les symbolise dans le thème natal sera touché par le passage :

soit de Mars qui parcourt la totalité du zodiaque en 2 ans,

soit de planètes plus lentes comme Uranus ou Pluton. Leurs cycles étant respectivement de 84 et 250 ans, elles ne libéreront ou renforceront cette potentialité que peu de fois dans le cours d’une vie, mais souvent d’une façon d’autant plus marquante.

Il faut noter à cet égard que Pluton, arcane supérieur de Mars, possède des points communs avec lui ; il accroîtra donc, lors de son passage par transit le côté agressif contenu dans Mars et agira en quelque sorte comme un révélateur.

Si ces penchants existent, il est indispensable cependant qu’ils soient extériorisés. En effet, une telle énergie ne peut être refoulée. Si c’était le cas, elle ressortirait sous forme de tension intérieure très forte, origine de bien des accidents, dus à l’imprudence ou à la maladresse, et de nombreuses maladies, de type inflammatoire par exemple. Elle devien­drait alors auto-destructrice. Il convient donc de renverser la situation et de trouver des moyens d’extériorisation et d’expression positifs permettant son intégration.

Plusieurs possibilités sont offertes à l’homme pour cela.

Le courage, la force et la combativité qu’elle implique peuvent trouver leur expression sociale par le choix d’une profession telle que chirurgien, policier, militaire, avocat.

Le goût du risque, le besoin de vaincre, de se démarquer s’adapteront parfaitement à la pratique de sports de compétition, ou de sports comme le rugby, la boxe.

La faculté de créer sera comblée, si le thème s’y prête, par certains arts comme la sculpture ou toute autre activité demandant cette qualité.

On pourrait citer d’autres exemples du même ordre tendant à utiliser d’une façon créative ce trop-plein d’énergie. L’essentiel sera d’intégrer, d’accompagner cette force pour ne plus être dominée par elle. L’être ira alors vers plus d’unité.

Enfin et pour conclure, on ne peut évoquer Mars en astrologie sans l’associer à Vénus. Vénus, symbole de la tendresse, de la féminité, de l’amour, dont le rôle est d’adoucir la brutalité martienne, possède toutes les vertus propres à la pacifier.

L’amour, pris dans son sens le plus large et le plus universel, c’est-à-dire la reconnaissance de soi en l’autre et de l’autre en soi, n’est-il pas en effet la plus belle forme de thérapie et le meilleur remède à la violence ?

Josette Brydelnevo