Jacques Rauffet : Les remèdes floraux du docteur Edward Bach


01 Jul 2013

(Revue Question De. No 42. Mai 1981)

Question De remercie les Éditions C.W. Daniel de Saffron Walden en Angleterre pour leur avoir permis de puiser les informations nécessaires à cette présentation des « Bach Flower Remedies » dans les textes du Dr Bach lui-même « Heal Thyself » et « The Twelve Healers and Other Remedies » réunis en 1972 par les Éditions du Courrier du Livre à Paris sous le titre « La guérison par les fleurs » dans une traduction due à Albuisse – ainsi que dans « The Medical Discoveries of Edward Bach, Physician » par Nora Weeks et dans « Handbook of the Bach Flower Remedies » par Philip M. Chancellor.

Docteur, voyons… ne rêvez pas !

« La maladie est par essence le fruit d’un conflit entre l’Âme et le Mental ». Cette affirmation nous est-elle proposée par un philosophe ? Non, cette phrase a été écrite en 1930 par un médecin britannique, le Dr Edward Bach, dans un petit livre intitulé « Heal Thyself », qui marquait une étape capitale dans la carrière de ce chercheur connu jusqu’alors du monde médical pour de très remarquables travaux de… bacté­riologie.

Qu’il fasse rage au plan conscient ou soit enfoui dans l’inconscient, le combat livré par le mental à l’âme, véhi­cule de notre Soi supérieur, qui lui participe du Divin, est à l’origine de tous nos maux et, au plan physique, de nos maladies et troubles de santé divers. Dans ce combat l’âme souffre ; elle souffre une « passion », ou plusieurs à la fois. Si le combat dure trop longtemps – et surtout si l’âme le perd – l’équilibre physiologique est rompu à son tour par une sorte d’incarnation de l’erreur mentale qui cause le trouble de l’âme.

Freud, certes, Jung surtout ou – mieux –, et les « entités viscérales » de la médecine chinoise nous ont familiarisés avec l’idée que nos troubles de santé tout physiologiques qu’ils soient, insomnie, asthme, ulcère d’estomac, etc., ont une cause réelle profonde non dans les seules agres­sions physiques, matérielles, volontaires ou non, qui assaillent notre organisme mais dans notre esprit, depuis l’énervement fortuit, mais violent, qui bloque la digestion d’un repas jusqu’au conflit « complexe » ancien et pro­fond qui ravage notre mental conscient, en l’obsédant, ou notre inconscient, en y drainant le plus clair de nos énergies. E. Bach fera rendre à cette vérité un son d’une étonnante générosité illuminée par un authentique mys­ticisme : pour être bien portant, l’homme doit être heu­reux, ou plus exactement, ceci ayant pour effet cela, de « bonne » humeur, de cette humeur irradiante de Joie et pleine de notre appartenance, même par un fil ténu, au Divin. E. Bach déchiffrera un vieux secret alchimique : recouvrer, ou affermir, la santé par une modification subtile de nos « humeurs ».

Oui, c’est un médecin qui parle

En 1913, dès le début de sa carrière médicale, E. Bach fut vite dépité par les limites des thérapeutiques clas­siques et il déplorait que les médecins soient trop occupés à considérer la maladie elle-même, et à s’assurer les moyens immédiats de la juguler, pour s’intéresser à l’être humain qui se cache derrière chaque malade ; E. Bach discernait la nécessité d’un traitement adapté à la personnalité de chaque malade alors que tout l’appareil de recherche médicale ne rêvait – déjà ! – que de traitements standards. Cherchant une issue hors des sentiers battus, il s’orienta vers les travaux de l’Immunity School et il devint assistant de bactériologie au University College Hospital à Londres. Un premier résultat ne se fit pas attendre : E. Bach découvrit que certains germes présents dans l’intestin, mais tenus jusqu’alors pour être sans grande importance, avaient, par les toxines qu’ils génèrent, un rapport étroit avec des maladies chroniques rebelles à tout traitement ; il imagina de préparer un vaccin à partir de ces bactéries pour débarrasser les humeurs des fâcheuses toxines. Les succès thérapeutiques dépassèrent les espérances d’E. Bach : les vaccins, injec­tés directement dans le sang, amélioraient rapidement, et de manière spectaculaire, des malades qui retrouvaient une « forme » oubliée depuis longtemps ; les troubles chroniques, arthrites, rhumatismes, maux de tête, etc., cédaient comme par enchantement. Mais des réactions secondaires douloureuses accompagnaient les injections et E. Bach répugnait à infliger un traitement pénible. Il s’aperçut d’ailleurs qu’il n’était pas nécessaire de re­nouveler le vaccin avant que l’effet de la dernière injec­tion soit épuisé. L’inutilité de répéter un remède tant que persiste l’amélioration qu’il a produite est un prin­cipe de la posologie homéopathique posé par Hahnemann.

Allons la mort, vous reviendrez plus tard !

E. Bach, isolé à l’époque du contexte homéopathique, redécouvrait cette loi… Étonnons-nous, en aparté, que la médecine officielle, en France ou ailleurs, n’ait jamais tenu grand compte de cette loi d’aggravation par la répé­tition excessive des remèdes, les vaccins par exemple, ces substances mortifères, que l’on administre à tout propos et parfois aussi hors de propos. Avant la dernière guerre, les homéopathes français, le Dr Paul Chavanon en tête, avaient acquis la certitude que les causes principales du cancer sont l’empreinte subtile des gonocoques (la « sycose ») et… le vaccin antivariolique. Devant la multiplicité des vaccinations pratiquées de nos jours, il y a lieu de frémir pour la santé publique présente et future. En Norvège, par exemple, les statistiques publiées récemment montrent une augmentation de l’indice cancer de 78 % en un quart de siècle. La situation est-elle bien différente en France ?

Lorsque la Grande Guerre éclata en 1914, E. Bach, quoi qu’il en prétendît, ne fut pas reconnu apte à servir au front ; son état de santé était alors déficient ; il usa pourtant à tel point de ses forces au département mili­taire de l’hôpital, qu’un beau jour de juillet 1917 il eut une grave hémorragie et s’évanouit ; on dut l’opérer sans qu’il ait repris connaissance ; il survécut mais le pronostic était sans espoir et on lui déclara qu’il avait au plus quelques mois à vivre… Investi par une détermina­tion d’airain, E. Bach se traîna jusqu’à son laboratoire dès qu’il en eut la force, décidé à mettre en forme les fragments de son œuvre si une mort prochaine devait l’empêcher de la poursuivre. Des semaines de travail acharné passèrent, dans la fièvre d’une quête ardente ; des semaines, puis des mois. Un miracle avait eu lieu ; la vie continuait. E. Bach médita sur les causes de cette surprenante guérison ; il se rendit compte qu’un intérêt exclusif, une passion, un but précis, vers lequel toute son énergie était tendue, l’avaient tiré de son extrême débilité. E. Bach devait retenir de cette épreuve que c’est le désir de vivre et d’accomplir notre destin terrestre qui est le plus sûr garant de notre santé physique.

La rencontre avec l’homéopathie

Fin 1918 un coup de théâtre allait orienter E. Bach vers sa véritable voie. La direction de l’hôpital avait décidé d’interdire à ses médecins tout exercice en clientèle pri­vée ; E. Bach ne balança pas, opta pour son cabinet et quitta l’établissement. Mais peu après un poste devint vacant dans un autre hôpital, le London Homoeopathic Hospital ; E. Bach le postula et fut nommé. Peu après son entrée, on lui donna un jour à lire l’Organon de Hahne­mann ; E. Bach ouvrit le livre mais il avait un doute ; la première page le lui ôta tout net et il passa la nuit à lire ce maître-livre de bout en bout, captivé par la simi­litude entre ses propres recherches et les idées avancées par Hahnemann un siècle plus tôt. Par exemple la rela­tion entre les toxines intestinales et certaines maladies chroniques n’était-elle pas à la base de la notion de psore formulée par Hahnemann ?

Adoptant le principe fondamental en homéopathie de la dynamisation des remèdes par la dilution et la succussion, E. Bach prépara désormais dans son laboratoire des atténuations des vaccins tirés des germes intestinaux parmi lesquels il distingue sept groupes. E. Bach mit ainsi au point une série de sept « nosodes » qui firent merveille dans des cas chroniques jusqu’alors rebelles. Or l’homéopathie fonde l’indication des remèdes sur le psychisme du malade, son caractère, son type ; dans l’enthousiasme de cette découverte, E. Bach s’attacha à mettre en évidence les caractéristiques mentales propres à chacun des sept nosodes, c’est-à-dire celles des malades chez lesquels on notait, à l’analyse en laboratoire, la prédominance de tel ou tel groupe de bactéries. Passant à l’application, E. Bach déduisait du comportement du malade, des traits de son caractère, son appartenance à l’un des sept groupes de bactéries et le nosode corres­pondant l’améliorait. L’usage des nosodes de Bach se répandit très largement dans tout le Royaume-Uni où ils sont toujours utilisés, ainsi qu’aux États-Unis et en Allemagne ; en France ou devait malheureusement frapper d’interdiction la plupart d’entre eux…

C’est un médecin qui parle… et c’est un psychologue

E. Bach était maintenant convaincu qu’un médecin doit choisir le ou les remèdes d’après les caractéristiques propres au malade et non uniquement d’après la nature du mal. La prédominance du psychisme sur les autres caractéristiques du malade, lorsqu’il faut choisir un remède, se faisait jour dans l’esprit de E. Bach qui avait un don inné de la psychologie humaine.

E. Bach n’ignorait pas que les sept nosodes qu’il avait mis au point ne traitaient pas toutes les maladies chro­niques mais seulement celles qu’Hahnemann avait ran­gées dans le groupe psorique. Dans sa quête de nouveaux remèdes, un rêve hantait E. Bach : préparer des remèdes sans recourir à des substances toxiques et les tirer du règne végétal. Mais ses recherches de remèdes végétaux se heurtaient à une difficulté qui ne serait résolue par E. Bach que près de deux ans plus tard : les remèdes préparés à partir de bactéries avaient une polarité néga­tive ; E. Bach y voyait la raison de leur efficacité théra­peutique alors que les remèdes végétaux qu’il avait essayé de préparer comme simillimum avaient une pola­rité positive.

Un prologue. Le grand saut dans l’avenir

À la fin du mois de septembre de cette même année 1928 E. Bach eut une envie aussi soudaine qu’irrésistible de se rendre au Pays de Galles, terre de ses ancêtres. Obser­vant la fleur mauve pâle de l’Impatience, Impatiens glandulifera, celle d’or de la Muscade, Mimulus guttatus, et celle de la Clématite sauvage, Clematis vitalba, il eut l’idée de préparer des remèdes suivant la même méthode que celle des nosodes et de les administrer à des patients accordés au plan de leur psychisme à l’une ou l’autre des trois plantes dans lesquelles il pensait déchiffrer la signature de l’impatience et de l’irritabilité pour l’Impatience ; de la crainte ou de la timidité pour la Muscade et d’un abandon rêveur pour la Clématite sauvage. Les résultats furent si convaincants qu’au printemps de 1930, à qua­rante-trois ans, E. Bach tirait un trait sur le passé et quittait Londres pour le Pays de Galles un beau matin de mai 1930. Il abandonnait un cabinet important, un laboratoire, un revenu annuel confortable dont il investissait d’ailleurs l’essentiel dans ses recherches. Il partait sans un sou…

Les découvertes

On était au printemps, E. Bach en arriva rapidement à l’idée qu’il trouverait ces plantes seulement lorsque le plein été aurait régné sur la Nature et que les fleurs – ce serait la seule partie qu’il utiliserait – auraient concentré sous l’effet des rayons du soleil toute l’énergie de la plante, sa vie même, dans une quintessence qui en recèle toutes les vertus, avant de donner naissance à la graine, réceptacle de la formule entière de la plante.

Peu après son arrivée au Pays de Galles, E. Bach fut fort déconvenu de découvrir qu’il avait laissé à Londres les pilons et mortiers nécessaires à la préparation des re­mèdes à partir des produits de la cueillette ; or un matin, se promenant de bonne heure à travers champs, son attention fut attirée par le phénomène de la rosée ; en un éclair E. Bach comprit que dans chaque goutte de rosée qui perle sur une fleur s’infuse la vertu de la plante ; le Soleil, par la chaleur qu’il produit dans la petite masse d’eau, extrait, au niveau de concentration des principes actifs qu’est la fleur, la substance active de la plante et la fixe dans le fluide de la rosée. E. Bach rejoignait là la pratique alchimique de la patiente récolte de la rosée…

Cette convergence ne doit pas nous surprendre car E. Bach était parvenu au point où le chercheur a trouvé le Sentier… Il arrêta son plan : il cueillerait des sommités fleuries, les placerait dans un bol d’eau de source qu’il laisserait exposé aux rayons du Soleil pendant plusieurs heures sur les lieux mêmes de la cueillette ; ainsi les énergies subtiles présentes dans la fleur seraient libérées par le Soleil et passeraient dans l’eau. Les fleurs fanèrent en effet, ce qui traduisait bien la réalité de ce transfert. Pour stabiliser cette sorte d’infusion, E. Bach ajouta un volume d’alcool, de préférence de l’eau-de-vie de raisin, plutôt que de l’alcool rectifié, moins naturel. E. Bach acquit la certitude de l’action décisive du Soleil car les gouttes de rosée recueillies dans un endroit où l’ombre s’était étendue rapidement ne contenaient pas les prin­cipes actifs de la plante.

Durant, les dernières années passées à Londres, et encore plus quelques semaines après son arrivée au Pays de Galles, l’intuition et les facultés extra-sensorielles d’E. Bach s’étaient développées de manière spectaculaire, un peu comme lors d’une initiation ; il percevait directement sans le secours d’aucune analyse chimique l’« action gé­nérale » d’une plante ; tenir une fleur dans sa main, la garder quelques instants sur sa langue, lui suffisait pour éprouver l’effet produit par la plante dans l’organisme humain ; rien qu’à ce contact avec quelques pétales, E. Bach savait si la plante causait chez l’homme des vomissements, une éruption ou revitalisait son organisme. De même, E. Bach reconnaissait les vertus psychotro­piques d’une fleur et identifiait la disposition d’esprit négative avec laquelle la plante était en quelque sorte en balance, et qu’en conséquence elle pouvait amender. E. Bach commença par dresser une sorte d’inventaire de ces états d’esprit négatif pour chercher ensuite les fleurs qui leur correspondraient. En cet été 1930 il avait préci­sément tout le loisir de préciser une typologie appropriée, par exemple, en observant les estivants sur la plage ; bien sûr ces estivants n’étaient pas nécessairement des malades et c’est justement une des originalités de sa méthode que d’avoir rangé au nombre des indications d’un remède les éléments positifs du caractère et de la personnalité qui peuvent coexister chez un individu avec des aspects pathologiques. E. Bach recensa toutes les dispositions d’esprit négatives en les considérant en elles-mêmes, indépendamment de tout autre facteur tel que la constitution, l’âge, etc. Puis il en dénombra douze princi­pales : 1. la peur ; 2. la terreur ; 3. la torture mentale ou l’anxiété ; 4. l’indécision ; 5. l’indifférence ou l’ennui ; 6. le doute ou le découragement ; 7. la préoccupation excessive ; 8. la faiblesse ; 9. la méfiance de soi-même ; 10. l’impatience ; 11. l’enthousiasme excessif ; 12. l’or­gueil ou la réserve excessive.

En septembre 1928, E. Bach avait déjà découvert des plantes pour trois dispositions d’esprit négatives de base :

pour la peur, la crainte, Mimulus guttatus ;

pour l’humeur impatiente, irritable, Impatiens glandulifera ;

pour l’apathie, l’indifférence, Clematis vitalba ; avec cette dernière plante, E. Bach avait fait reprendre rapi­dement connaissance à des personnes qui s’étaient éva­nouies, par simple application de quelques gouttes sur les lèvres, derrière les oreilles, autour des poignets et dans la paume des mains. E. Bach voulait maintenant trouver les neuf autres plantes pour compléter la série des douze principales dispositions d’esprit négatives. Sa quête minutieuse parmi les fleurs des champs entremêlée à l’expérimentation sur les malades auxquels il prodiguait ses soins, avec succès, gratuitement d’ailleurs, devait durer jusqu’à l’été de 1932. E. Bach nomma cette pre­mière série les « Douze Guérisseurs ». Au retour de la belle saison en 1933, E. Bach continua ses recherches pour trouver cette fois des remèdes convenant à des états d’esprit plus rebelles, parce que plus anciens et plus profondément ancrés dans le psychisme. À la fin de l’été de 1934, au bout de six ans de recherche, il avait ainsi rassemblé dix-neuf remèdes mais il estimait que certaines dispositions d’esprit n’avaient pas une place précise dans cette série. Au tout début du printemps de 1935 E. Bach allait reprendre une nouvelle fois ses recherches mais sur un mode différent.

Expériences en série

Pour chaque remède de la première série, E. Bach avait procédé à partir de la définition d’une disposition d’esprit posée en observateur ; puis inventoriant les plantes qu’il connaissait ou découvrait, il discernait par intuition le lien de l’une de ces plantes avec cette disposition d’esprit. Pour chacun des dix-neuf remèdes de la seconde série, E. Bach se trouva lui-même spontanément, sans l’avoir cherché ni prémédité, dans la disposition d’esprit que le remède qu’il allait découvrir pouvait combattre ; ainsi en mars 1935, E. Bach est victime un beau jour d’une forte inflammation des sinus frontaux et il éprouve en outre une douleur atroce dans les pommettes ; il souffre aussi d’une céphalée tenace et si intense que c’est à peine s’il y voit encore ; les douleurs sont si fortes qu’il se sent désespéré et craint que sa raison ne vacille s’il doit continuer à vivre ainsi ; il a comme une envie d’en finir avec la vie ; pourtant il sait que cette cruelle épreuve va le mettre sur la voie d’un nouveau remède ; un jour de bon matin il part à travers champs ; au détour d’un chemin il aperçoit une haie parée des fleurs blanches du Prunus cerasifera, qui fleurit très tôt au printemps ; il prélève quelques branches en fleurs et les rapporte chez lui ; mais la méthode d’infusion solaire est impraticable ; l’astre n’a pas encore assez de force. E. Bach décide de mettre les fleurs à bouillir sur le feu ; puis les laisse frémir pendant une heure ; une fois que la décoction a refroidi il la passe et absorbe quelques gouttes… Presque instantanément sa torture mentale cesse et la douleur physique s’en va aussi ; le lendemain matin il est complè­tement guéri ! E. Bach venait de mettre au point le remède, Prunus cerasifera, des états où le malade est, par désespoir, sur le point de commettre un acte irréparable, de se tuer, ou simplement craint que sa raison ne lâche. Du printemps de 1935 la fin de l’été E. Bach devait vivre dix-neuf fois de suite ce même scénario : une souffrance peu commune pendant quelques jours pour en trouver le remède !

Une série de trente-huit remèdes avait donc été constituée en cinq ans ; en fait E. Bach en avait essayé beaucoup plus, des centaines d’espèces, mais il n’en retint que trente-huit qui représentaient pour lui la gamme complète des tempéraments psychiques humains : de la haine et la dureté du Houx jusqu’à la douce fierté de la Violette d’eau, de la volonté dictatoriale de la Vigne jusqu’à la faiblesse et la soumission de la Centaurée.

Si certaines plantes qu’il avait retenues semblaient autant que E. Bach le sache n’avoir jamais fait l’objet d’un usage médicinal, d’autres avaient été utilisées à des époques anciennes, mais la connaissance de leurs vertus s’était perdue ; d’autres encore figuraient toujours dans la pharmacopée moderne mais leur véritable pouvoir psy­chique n’était plus reconnu bien que leur nom pût parfois témoigner d’une connaissance ancienne de ce pouvoir comme pour Impatiens glandulifera. C’était d’ailleurs la plante entière, soit les racines ou les feuilles qui servaient de base à leur préparation en pharmacie classique, alors que E. Bach utilisait seulement les fleurs.

Les remèdes floraux de Bach agissent-ils ?

E. Bach disait que les remèdes floraux élevaient le seuil de vibration de l’âme et la rattachaient à l’Universel ; « les influx bénéfiques et salvateurs se répandent ainsi dans l’être et guérissent son organisme physique ». Tout cela est bel et bon mais est-ce que ça marche ? Citons quelques observations – dont seul le cadre nécessairement restreint d’un article limite le nombre – empruntées au registre de soins que tenait E. Bach lui-même comme tout médecin le fait habituellement. Dans les cas rapportés ci-après, les remèdes floraux furent la seule médication prescrite.

En 1932 E. Bach soigna une jeune fille de dix-huit ans à laquelle on avait enlevé de larges kystes thyroïdiens six mois auparavant ; ils se reformaient et ses médecins lui annonçaient une nouvelle ablation des kystes quand ils auraient repris un volume suffisant ; la jeune fille était du type rêveur et très préoccupée de son état. E. Bach prescrivit Clematis vit., le remède de l’humeur rêveuse, à raison de trois prises quotidiennes. En quinze jours les kystes se résorbèrent et il n’y eut pas de rechute ulté­rieure. Le remède, bien choisi, s’était montré actif contre une affection lésionnelle de la thyroïde mais il n’avait pas été prescrit parce qu’il aurait été le remède de la thyroïde ; il l’avait été d’après le trait psychique domi­nant de la malade, l’humeur rêveuse.

Vers la même époque, avec le même remède, Clematis vit., E. Bach guérit également une autre malade dont le trait psychique dominant était aussi l’humeur rêveuse ; il s’agissait d’une jeune femme de trente-six ans, asthma­tique depuis toujours. Sept ans avant l’époque où elle consulta E. Bach elle avait perdu un enfant et elle demeurait de longs moments assise à pleurer devant la photographie de l’enfant. Clematis vit. que E. Bach choisit pour cette tendance apparemment invincible à s’évader dans le rêve fit merveille : un premier flacon la débarrassa des crises d’asthme ; le second flacon ter­miné, elle reprit goût à la vie et s’intéressa à nouveau à son ménage ; E. Bach devait la revoir trois ans plus tard ; elle n’avait pas fait de rechute.

Ces cas font bien apparaître l’idée maîtresse de E. Bach : un remède agira s’il est prescrit non d’après la nature du mal mais d’après la disposition d’esprit du malade. Une même humeur appelle le même remède pour des troubles différents ; un même mal appelle des remèdes différents pour des malades différents.

Ainsi l’asthme de la jeune femme au caractère rêveur avait cédé à Clematis vit., celui d’un petit garçon de huit ans dont les parents consultèrent E. Bach à la même époque céda à Agrimonia eupat., l’Aigremoine, car l’enfant était plein de vie, gai, enjoué, vif, s’intéres­sant à tout et s’efforçait de sourire et de plaisanter durant ses crises alors même qu’il cherchait son souffle. Cette volonté de nier son mal était caractéristique du remède. L’enfant qui était asthmatique de naissance et qui, d’après les médecins que ses parents avaient consultés, devait souffrir de cet asthme toute sa vie, n’eut au cours du premier mois où il prit Agrimonia eupat. que trois crises de faible intensité, puis plus aucun trouble ; neuf ans après le traitement aucune rechute n’était survenue.

Dans certains cas tout se passe comme si les remèdes floraux de Bach avaient une action locale :

Un homme au caractère jovial était porteur d’une verrue sur le front ; il n’était jamais aussi heureux que lorsqu’il avait plusieurs personnes autour de lui auxquelles il pou­vait parler pour raconter à loisir tout ce qui concernait ses affaires et sa santé ; ce comportement était une indi­cation de Calluna vuig., la Bruyère ; des applications locales de ce remède firent disparaître en trois semaines la verrue qui ne laissa aucune cicatrice ni marque quel­conque.

Et dans un cas aigu ?…

Un jour de 1932, un garçonnet de huit ans s’était blessé le pied gauche, au gros orteil. Un petit abcès s’était formé puis avait guéri rapidement. Une semaine plus tard une glande dans le pli de l’aine enfla ; l’enfant n’était pas bien du tout, un médecin fut appelé à son chevet : l’enfant resterait couché et on lui ferait des compresses. Trois jours après, l’état de l’enfant s’aggrava soudain. Le méde­cin appelé une nouvelle fois voulait faire transporter l’enfant dans un hôpital où on l’opérerait. C’est alors que les parents allèrent quérir E. Bach ; ce dernier consta­ta dans le pli de l’aine une grosseur de quelque sept centimètres de diamètre ; la peau était bleuâtre-rouge ; l’enfant avait de la fièvre, un pouls rapide, le regard vide ; manifestement il s’agissait d’un cas grave ; l’enfant était agité, irritable ; il voulait que sa mère demeurât constamment auprès de lui ; le temps pressait ; il y avait urgence à agir. E. Bach prescrivit trois remèdes : Agri­monia eupat. pour l’agitation ; Cichorium int., la Chicorée sauvage, pour l’irritabilité et le désir d’avoir sa mère auprès de lui ; Helianthemum num., l’Hélianthème, eu égard à la gravité du cas et à la nécessité d’obtenir au plus vite une réaction de l’organisme ; les remèdes devaient être administrés toutes les demi-heures. Il était huit heures du matin un mercredi ; à dix heures du soir l’enfant commença à délirer ; on continua les remèdes ; à trois heures du matin l’enfant s’endormit ; son sommeil dura quatre heures ; au matin du jeudi il y avait un léger mieux dans l’état général et l’enflure dans le pli de l’aine était un peu moins sensible et un peu moins rouge ; tenant compte du délire de la nuit précédente E. Bach ajouta Clematis vit. aux trois premiers remèdes ; l’ensemble des quatre remèdes fut administré toute la journée du jeudi. Le jeudi soir il y avait un mieux et l’enfant dormit dix heures. Le vendredi matin l’amélioration était nette, tant au plan général que localement au pli inguinal. D’une part le danger s’éloignait et d’autre part l’enfant n’était plus irritable ; Helianthemum num. et Cichorium int. n’étaient plus indiqués ; l’enfant était toujours agité, visiblement faible et déprimé ; on continua à lui admi­nistrer Agrimonia eupat. pour l’agitation ; Cichorium int. et Helianthemum num. furent remplacés par Centaurium umb., la Centaurée, pour la faiblesse et Gentiana amarella, la Gentiane automnale, pour l’humeur déprimée. Le sa­medi matin l’état était redevenu presque normal ; il y avait encore un peu d’agitation et un peu de faiblesse ; E. Bach prescrivit de continuer Agrimonia eupat. et Cen­taurium umb. Le dimanche, l’enfant passa la journée dehors ; le lundi il était sur la plage, courant en tous sens et lançant un cerf-volant.

Cette observation d’un cas aigu et grave, rapportée parmi de nombreux autres, que E. Bach traita au moyen des seuls remèdes floraux, montre bien que ces derniers, si utiles dans les cas chroniques, le sont tout autant dans les cas aigus.

Une thérapeutique en avance sur son temps et encore sur le nôtre

Les remèdes floraux de Bach ne dispensent pas de recou­rir aux traitements chirurgicaux quand ces derniers s’im­posent et ils peuvent être superposés à des traitements médicaux classiques sans entraver l’action de ces derniers et sans que ceux-ci empêchent la leur.

L’innocuité des remèdes de Bach : à la différence des remèdes allopathiques, homéopathiques, phytothéra­piques, spagyriques, les remèdes floraux de Bach n’ont pas d’action directe sur l’organisme ; leur emploi ne peut donc se heurter à aucune contre-indication et ils ne peuvent pas produire un résultat thérapeutique intermé­diaire ou secondaire non désiré. Cette innocuité absolue des remèdes de Bach est propre à nous faire réfléchir si on songe que de nombreux malades – dans la proportion de un sur quatre en Angleterre – souffrent de troubles iatrogènes, c’est-à-dire induits par la thérapeu­tique qui leur a été administrée pour des troubles anté­rieurs.

Leur simplicité : leur indication est facile à reconnaître ; il suffit d’un peu d’entraînement pour juger avec exactitude de la dispo­sition d’esprit d’un patient et en discerner les traits saillants, ce qui revient à choisir un ou plusieurs re­mèdes : six remèdes est en règle générale un maximum à ne pas dépasser ; le préalable traditionnel, un certain niveau de connais­sances médicales est ici inutile ; point n’est besoin de savoir assez d’anatomie, de physiologie, de pathologie humaine pour poser un diagnostic, puisque ce diagnostic même est superflu ; il n’y a qu’à considérer l’état d’esprit du malade, au moment du choix des remèdes, sans s’occuper de la maladie elle-même ; le traitement institué sera de même adapté avec la plus grande facilité à l’évolution de l’état du malade puisqu’il suffira de tenir compte de la persistance ou de la modi­fication de la disposition d’esprit initiale pour continuer les mêmes remèdes ou en changer ; en fait cette thérapeutique peut être mise en œuvre par toute personne de bonne volonté ; c’est une ressource laïque de l’art de guérir. Nous touchons là un sujet délicat en France où l’Ordre des médecins et les pouvoirs publics ont le légitime souci de ne pas laisser les malades, surtout lorsqu’il y a urgence, piétiner dans une immense thérapeutique où les auraient engagés des mains inexpertes ou irresponsables ; mais il faut bien reconnaître aussi qu’on n’a pas toujours, surtout pour les cas cou­rants des affections communes et sans pronostic grave, un médecin compétent sous la main ; et enfin, même dans les cas graves, on peut être isolé et point n’est besoin d’être investi d’une fonction officielle pour retirer de l’eau quelqu’un qui est en train de s’y noyer…

Leur action psychique profonde : Une fois que les remèdes qu’on a choisis dans un premier temps commencent à agir, la disposition d’esprit du malade évolue et on « découvre » des états d’esprits plus profonds qui n’étaient pas manifestes au début du trai­tement, un peu à la manière dont les couches successives de peintures qui avaient été appliquées pour protéger une surface doivent être dégagées l’une après l’autre si on veut retrouver la matière qu’elles recouvraient. Ainsi, l’absence de « résultat » thérapeutique apparent – les troubles physiologiques persistent – ne doit pas décourager le patient ni son médecin ; le traitement doit être poursuivi en adaptant le choix des remèdes à l’évolution de l’état d’esprit du patient ; quand ce dernier aura touché le fond de son problème, la « guérison » sur­viendra.

Leur pouvoir prophylactique : Les signes avant-coureurs d’une maladie peuvent souvent être décelés dans l’évolution même de l’humeur et de l’état d’esprit ; on peut ainsi entreprendre un traitement préventif dès qu’on n’est plus tout à fait bien dans sa peau mais en proie à un déséquilibre, même léger, affectif ou mental.

La thérapeutique par les remèdes floraux d’E. Bach aujourd’hui dans le monde

L’œuvre d’E. Bach est vivante au Royaume-Uni où ses fidèles continuateurs, Nora Weeks et Victor Bullen, ont su gérer dans le respect des volontés de son génial fon­dateur, le « Dr. Edward Bach Healing Centre » au Royaume-Uni.

L’homme : qui fut Edward Bach ?

Deux traits se détachent : la passion de guérir et un désintéressement total ; en fait ils sont l’un et l’autre les deux faces d’une compassion intense qui n’a cessé de faire battre, dans un corps fragile, le cœur généreux d’E. Bach durant sa brève existence terrestre. Au service de cet inépuisable amour de son prochain, E. Bach dé­ployait un courage moral et physique peu ordinaire. Par exemple, à propos de l’utilisation de ses remèdes dans des cas aigus graves, personne ne peut imaginer, a écrit sa collaboratrice Nora Weeks, quel courage il fallut à Bach pour traiter, pour la première fois, un malade en danger, avec de simples fleurs… C’est à sa détermination que E. Bach dut d’apporter ainsi la preuve de l’efficacité des remèdes floraux.

Beaucoup pensaient que E. Bach était riche ; il n’en a jamais rien été ; il n’avait le plus souvent que le strict nécessaire pour vivre et il s’en passait même quelquefois pour acheter les fioles et l’eau-de-vie nécessaires à la préparation des remèdes. La vente de ses petits ouvrages était faite au prix le plus bas possible afin que quiconque pût se les procurer ; le faible revenu d’une édition était immédiatement investi dans la suivante. Il donnait au pharmacien les « teintures mères » de ses remèdes et se contentait de lui recommander de vendre les flacons des remèdes eux-mêmes le moins cher possible !

Un esprit supérieur

Outre l’œuvre médicale si originale que nous avons tenté d’évoquer, E. Bach laissait un message lumineux qu’il avait transcrit dans le style simple et direct de son « Guéris-toi toi-même » dont une idée maîtresse, si récon­fortante à notre époque en proie au doute, est la vocation de l’homme au bonheur ; E. Bach affirme que le bonheur est important dans la vie car c’est lui qui révèle à l’individu qu’il vit bien sa propre vie sur Terre, la sienne, sans subir l’influence des autres, et de telle manière qu’il apporte son écot à la communauté humaine. En conclusion à son livre, E. Bach écrivait : « Et ainsi, épa­nouissez-vous, mes frères et sœurs, dans le glorieux Soleil de la reconnaissance de votre Divinité et, avec application et fermeté, mettez-vous à l’œuvre pour tenir votre rôle dans le Grand Dessein d’être heureux et d’irradier la Joie communicative… »

E. Bach s’était toujours dépensé sans compter ; il n’économisait pas ses forces et considérait la mort comme un accident de parcours qui nous fait changer de plan d’activité : des travaux terrestres, humains, nous pouvons passer, emmenés au-delà du voile, sur un autre plan, à une œuvre différente.

Dans son sommeil, une nuit de novembre 1936, l’âme de E. Bach se dépouilla de son enveloppe humaine. Ne doutons pas que du plan où il évolue maintenant, l’esprit supérieur, qui fut un temps sur cette terre l’homme E. Bach, continue à œuvrer pour le véritable progrès de l’humanité : la maîtrise, peu à peu conquise, des passions et le gain de santé morale et physique qui en est la récompense.

Indications essentielles des remedes floraux d’e. bach extraits naturels de fleurs

« The Bach Centre », Mount Vernon, Royaume-Uni

Nom en anglais (nom scientifique, nom courant en français).

1. Agrimony (Agrimonia eupatoria, Aigremoine). Pour ceux qui sont dévorés par une intense torture intérieure qu’ils s’efforcent de dissimuler en faisant montre de gaieté.

2. Aspen (Populus tremula, Tremble). Inquiétude ; crainte de « je ne sais quoi ». Appréhensions. Peur sans savoir de quoi on a peur.

3. Beech (Fagus sylvatica, Hêtre commun). Jamais satisfait des autres et intolérant à leur égard. Arrogant.

4. Centaury (Centaurium umbellatum, Centaurée). Faiblesse de la volonté ; ceux qui se font exploiter ou s’en laissent imposer par autrui et acceptent de devenir esclaves.

5. Cerato (Ceratostigma Willmottiana, Plumbago). Ceux qui ne savent pas faire confiance à leur propre jugement, demandent sans cesse aux autres de les conseiller et se fourvoient souvent.

6. Cherry Plum (Prunus cerasifera, Prunier Myrobolan). Crainte de perdre la raison, de commettre un acte de désespoir ; perd le contrôle de soi.

7. Chestnut Bud (Aesculus hippocastanum, bourgeons de Marronnier). Refus de tirer la leçon des expériences ; répétition continuelle des mêmes erreurs.

8. Chicory (Cichorium intybus, Chicorée sauvage). Ceux qui sont possessifs à l’excès, sont toujours en train de dicter leur conduite aux autres, réclament que leurs proches s’occupent d’eux. S’apitoient d’ordinaire sur eux-mêmes. Martyrs.

9. Clematis (Clematis vitalba, Clématite). Le genre rêveur, qui ne fait guère attention à ce qui se passe autour de lui.

10. Crab Apple (Malus pumila, Pommier sauvage). Pour ceux qui ont le sentiment d’être souillés par leurs maux ou en ont honte. « Un détachant. » Dégoût de soi-même, auto-condamnation.

11. Elm (Ulmus procera, Orme champêtre). Pour un senti­ment passager d’insuffisance ; l’accablement par les res­ponsabilités.

12. Gentian (Gentiana amarella, Gentiane amarelle). Senti­ment de découragement et le doute de soi qui en résulte

13. Gorse (Ulex europeus, Ajonc). Désespoir et idée que tout est vain ; extrême abattement.

14. Heather (Calluna vulgaris, Bruyère). Ceux qui ne cessent de penser à leurs propres ennuis ou à ce qui leur arrive et en entretiennent sans cesse les autres. Ne savent pas écouter. Sapent la vitalité des autres.

15. Holly (Ilex aquifolium, Houx). Pour ceux qui sont jaloux, envieux, vindicatifs et méfiants. Ceux qui sont sous l’em­pire de la haine.

16. Honeysuckle (Lonicera caprifolium, Chèvrefeuille). Pour ceux que la nostalgie étreint et qui ressassent le passé. Mal du pays.

17. Hornbeam (Carpinus betulus, Charme commun). Ceux qui manquent de la force nécessaire pour affronter leurs obligations quotidiennes bien qu’ils accomplissent habi­tuellement leurs tâches avec succès. Humeur du « lundi matin ».

18. Impatiens (Impatiens glandulifera, Impatience). Impa­tience, irritabilité.

19. Larch (Larix decidua, Mélèze d’Europe). Abattement par manque de confiance en soi ; s’attend à échouer et laisse passer l’occasion sans tenter l’expérience. Senti­ment d’infériorité.

20. Mimulus (Mimulus guttatus, Muscade). Peur en sachant de quoi on a peur. Nature craintive, timidité.

21. Mustard (Sinapis arvensis, Moutarde sauvage). Tris­tesse profonde qui envahit un être sans qu’il sache pour­quoi et peut se dissiper tout aussi soudainement.

22. Oak (Quercus robur, Chêne pédonculé). Désespère mais continue à lutter. Affronte et se débat malgré son abattement. Les grands travailleurs.

23. Olive (Olea europea, Olivier). Épuisement et complète lassitude. Fatigue à la fois mentale et physique.

24. Pine (Pinus sylvestris, Pin sylvestre). Sentiment de culpabilité. Se reproche de ne savoir, ou de n’avoir su, faire mieux. S’accuse des erreurs d’autrui.

25. Red Chestnut (Aesculus carnea, Marronnier à fleurs rouges). Peur immodérée pour les autres ou inquiétude à leur sujet.

26. Rock Rose (Helianthemum nummularium., Hélianthème). Terreur ; peur extrême ou panique.

27. Rock Water (Eau de roche). Ceux qui se martyrisent eux-mêmes pour atteindre un idéal. Rigoriste et inflexible. Ne s’accorde rien.

28. Scleranthus (Scleranthus annuus, Alène). Hésitation et indécision. Pour ceux qui balancent d’un instant à l’autre entre une chose et son contraire.

29. Star of Bethlehem (Ornithogalum umbellatum, Étoile de Bethléem). Pour les chocs de toute sorte. Réactions consécutives à un traumatisme.

30. Sweet Chestnut (Castanea sativa, Châtaignier com­mun). Le désespoir de ceux qui ont la sensation d’avoir atteint les limites de la résistance humaine.

31. Vervain (Verbena officinalis, Verveine). Enthousiasme excessif ; transgresse les limites de ses forces ; surme­nage. Fanatique et d’une sensibilité extrême. Exaspéré par l’injustice.

32. Vine (Vitis vinifera, Vigne). Aime à dominer, est inflexible, impitoyable ; aspire au pouvoir. Chefs.

33. Walnut (Juglans regia, Noyer commun). Protège contre les influences extérieures et une sensibilité excessive. Aide à rompre les amarres pour passer d’un âge à un autre (par ex. : puberté, ménopause) ou lors des grands change­ments de l’existence.

34. Water Violet (Hottonia palustris, Violette d’eau). Fier, garde ses distances, « est au-dessus de tout cela », peu communicatif. Ne se mêle pas des affaires d’autrui.

35. White Chestnut (Aesculus hippocastanum, Marronnier). Idée fixe qu’on ne peut s’ôter de la tête. Souci ou fait obsédant. Les pensées s’entrechoquent sans trêve.

36. Wild Oat (Bromus ramosus, Folle avoine). Aspirations inassouvies pour n’avoir pas rencontré son destin.

37. Wild Rose (Rosa canina, Églantine). Se résigne, se refuse à l’effort. Apathie.

38. Willow (Salix alba Vitellina, Saule blanc). Ressentiment et amertume. Partial.

39. « Rescue Remedy » (Remède d’urgence). Complexe associant Cherry Plum, Clematis, Impatiens, Rock Rose et Star of Bethlehem. Tout choc physique ou moral ; toute terreur ; bouleversement affectif ; trac ; etc.