N. Sri Ram : L’expansion sans profondeur


25 Jun 2011

(Revue Le Lotus Bleu. No 1. Janvier-Février 1966)

On a remarqué qu’une des caractéristiques de plus en plus accentuée de la vie moderne est l’ennui qui pèse sur tant de contemporains. Il y a évidemment de la stimulation et des excitations de toutes sortes, en bien plus grand nombre que jadis, mais l’appétit qu’on en a est aussi plus grand. On ouvre fiévreusement les journaux du matin pour y puiser sa ration de sensationnel. Certains s’y sont tellement habitués qu’ils éprouvent un malaise si le café et le journal ont du retard. D’une manière consciente ou non, nous cherchons presque tous une stimulation qui anime la monotonie de l’existence. Mais toute stimulation entraîne une réaction compensatrice, la dépression qui suit un excès, quel qu’il soit. En outre, il faut noter une diminution de la capacité de jouir d’un plaisir trop habituel. Tout stimulant perd, à l’usage, de son mordant. Et on recherche des jouissances de plus en plus intenses à mesure que la vie semble s’arrêter en leur absence. C’est un phénomène que chacun peut constater en observant sa propre vie.

Chercher le bonheur ne procure jamais le bonheur. L’image mentale vers laquelle on tend est rarement, ou jamais, atteinte. La recherche, à son début, vient d’un manque en nous. Le bonheur peut venir, mais pour quelle raison se met-on à sa recherche ? A cause d’un vide ressenti, et qui n’est du reste pas comblé par l’obtention de ce qu’on cherche. Plus intense est le désir d’une chose, moins son obtention a de chance d’apporter la satisfaction.

L’existence ne satisfait pas, même dans les sociétés d’abondance, comme la Suède et les Etats-Unis, parce qu’elle est superficielle. Il m’est arrivé de demander à un ami pourquoi il y a tant de suicides en Suède, alors que cet Etat bien organisé veille à tous les besoins de chaque citoyen, du berceau à la tombe. La base de l’économie est l’entreprise privée, mais le profit s’y associe au socialisme et au « bien-êtrisme » (si on me permet ce néologisme). La réponse : « Si on a tout ce dont on a besoin, pourquoi vit-on ? » dans son allure paradoxale, éclairait le problème. Il semble qu’on ait besoin de vivre pour quelque chose qu’on n’a pas, sinon la vie se met au point mort. Celui qui voit satisfaits tous ses besoins et qui n’a plus qu’à se laisser vivre n’éprouve plus l’éveil de l’intérêt et c’est l’ennui et le malheur qui s’installent.

En Inde, nous voyons des foules d’individus en haillons qui n’ont peut-être qu’un maigre repas par jour, et nous pouvons penser que l’idéal serait l’état socialiste que nous prêchent les politiciens. Mais on peut prédire qu’il ne sera pas le millénium qu’on imagine, car il aura en lui ses travers et ses difficultés.

Une des choses essentielles à comprendre pour les théosophes, est l’importance de ne pas se laisser entraîner par le courant de l’opinion, en reflétant les réactions et jugements d’autrui, ainsi qu’on est machinalement porté à le faire. La pensée de la majorité de notre entourage entraîne la nôtre et nous nous en faisons l’écho, même si nous ne hurlons pas ses slogans. Mais le progrès bien compris est si individuel qu’il ne peut s’instaurer qu’en se libérant de la tendance d’une pensée conformiste. Cette liberté seule permet la découverte de la vérité. Il ne faut pas chercher à faire bonne impression, à être bien vu et approuvé par notre milieu. Un Maître a dit: « Sortez de votre monde et venez dans le nôtre ». Pour entrer dans le monde des Maîtres il nous faut une mentalité acceptant d’être seul ce qui ne veut pas dire qu’il faille aller contre les conventions simplement pour être différent, ni s’appliquer de façon ostentatoire et méthodique à se singulariser.

En toutes choses, il nous faut chercher une compréhension propre, indépendante et authentique. « Indépendante » n’est peut-être pas le terme exact, parce que lorsqu’on vise à l’indépendance on ne diffère qu’en surface. Il arrive que des gens cherchent l’originalité afin de se sentir individuellement ou en groupe, supérieurs aux autres. Mais l’authenticité de compréhension, qui est la compréhension libre et propre, est le seul terrain solide où on puisse se tenir et avancer.

Ce caractère superficiel si général de la vie actuelle est la cause de notre mécontentement et de bien des difficultés. Certes, le mécontentement a dû habiter l’homme depuis les origines, mais les conditions présentes permettent une facile évasion en sautant d’une chose à l’autre. La raison réelle pour laquelle rien ne nous satisfait vient de l’effleurement de surface que nous font les choses, ne laissant à rien le temps de pénétrer très profondément notre être et notre entendement. La stimulation de surface nous suffit. C’est comme une eau chaude qui serait versée sur nous, les vaisseaux sanguins se dilatent et la sensation est agréable, mais cela ne suffit pas pour extirper les causes de trouble intérieur. Même dans l’Inde, on peut voir cette superficialité croissante et ce mécontentement, bien qu’ils soient moins marqués qu’en certains autres pays.

Il y a certaines tendances rattachées aux développements récents qui affectent tous les aspects de la vie humaine, c’est la raison pour laquelle les conditions existant aux Etats-Unis, par exemple, apparaissent bientôt dans les autres pays. Quoi que nous en pensions, les facteurs en action ne sont ni Américains, ni Européens, mais appartiennent aux conditions modernes et aux adaptations qui en dérivent. On sait que les sociétés primitives connaissent généralement la placidité, la stagnation et la monotonie (que nous éprouvons aussi), elles présentent rarement l’agitation qu’on trouve dans la vie moderne. Les primitifs peuvent mener une vie qu’on peut appeler bovine, mais ils n’ont pas la fièvre qui brûle le sang de tant de contemporains. Notre habitude d’activité est si puissante qu’elle nous rend incapables de rester tranquillement assis pendant dix ou quinze minutes. L’ennui nous prend si vite que nous voulons faire quelque chose d’autre. Presque rien ne nous satisfait, nous sommes toujours en mouvement. Comme le capitaine du Vaisseau Fantôme de la légende, nous ne pouvons trouver le repos nulle part.

Les biens de ce monde, souvent appelés « les bonnes choses de la vie » — (ce qui caractérise les valeurs courantes)  —, ne procurent pas toujours le bonheur si nécessaires qu’ils puissent être jusqu’à un certain point. Sans adopter un ascétisme de surface, on peut comprendre l’utilité d’une bonne santé, et de l’aptitude physique, puisque leur privation nous retire la base nécessaire à la vie dans ce monde. Mais en soi, la « bonne vie » ne peut créer le bonheur. Le croire est une illusion trop fréquente. A bien des reprises, nous croyons qu’une chose nous rendra heureux, mais elle ne le fait pas, et malgré la répétition de cette déception nous ne semblons jamais comprendre la vérité de ce fait.

Tous les luxes et les artifices mis à notre portée ne nous permettent pas d’éprouver la joie de vivre qu’on trouve chez l’animal dans son état naturel. Vivre, courir, voler, semble donner à cette créature, dans la mesure où nous en pouvons juger, une joie que nous ne goûtons pas. On perçoit dans chacun de ses mouvements la joie qui jaillit du simple fait de vivre dans un état naturel, dans lequel les moyens sont parfaitement adaptés aux fins.

Le cœur de la question est que l’époque actuelle est celle d’une expansion extraordinaire mais limitée à une certaine surface. Nous avons couvert le globe de notre activité et agrandissons les connaissances. De jour en jour, les découvertes et inventions en grossissent le stock, les encyclopédies s’enflent en volume et en détails et les questions qu’on traite deviennent plus nombreuses. Les limites du savoir, — limites de notre ignorance —, reculent constamment. Et cette expansion multidirectionnelle fait proliférer les techniques. Jadis on avait la mécanique comme spécialité ; maintenant, on est spécialisé dans une toute petite division de la mécanique et cela suffit à occuper temps et efforts. Dans le domaine médical, la spécialisation est outrancière, et on verra des gens spécialisés dans le durcissement des artères ou même dans l’étude d’un des facteurs de ce durcissement. Partout, ce sont des divisions et des subdivisions. La revue des produits synthétiques à l’usage courant nous donne une petite idée de toute la recherche qu’il a fallu pour les découvrir et les fabriquer. H.P. Blavatsky l’avait clairement prévu en écrivant que la Chimie et la Physiologie seraient les magiciennes de notre siècle.

La pensée moderne est de plus en plus aiguisée, elle accumule des réserves prodigieuses de savoir, et l’organisation sociale qu’elle a produite présente une complexité correspondante. On y voit la preuve d’un progrès et c’est vrai en un sens. Tout récemment, on indiquait qu’il aurait fallu naguère peut-être dix ans pour calculer certaines trajectoires, déterminer l’endroit où une comète deviendrait visible, ou le point de croisement de deux orbites. Maintenant, la machine à calculer à qui on fournit les données voulues répond avec précision en une minute. Mais ce progrès se limite à certaines directions et à certains niveaux. Il ne faut ni minimiser les réussites de la science moderne, ni leur attacher une importance si exagérée qu’elle nous masque les autres aspects de la vie qui sont tout aussi importants, sinon plus.

C’est un mouvement de surface qui se fait toujours avec ses différentiations et ses combinaisons ; phénomène qu’on trouve aussi dans le domaine politique, des masses compactes de territoires naguère coloniaux, ayant éclaté en Etats individuels. Ces Etats cherchent à se combiner en groupe ou fédérations. En science aussi se produit cette fragmentation et refragmentation, puis la tendance de ces fragments à se combiner pour redonner l’ensemble. Il y a les spécialisations et un processus de fertilisation croisée entre elles. Deux chercheurs travaillant dans des domaines absolument indépendants voient souvent leurs travaux se rejoindre en un point et chacun être éclairé par les acquisitions de l’autre.

Mais le mouvement qui se produit manque, à un point remarquable, de profondeur. Tout ce processus ne met guère en jeu que les capacités de surface de l’esprit humain et de la nature. Ce qu’il y a dans la profondeur n’entre pas en action ; et c’est là ce qui provoque le sentiment de stagnation et de vide en soi-même, la recherche de stimulants divers, suivie de déception, et conduit à toutes sortes d’actions non-naturelles. Il y a longtemps, un Adepte parla de la « Compensation » loi universelle. Il nous est possible de saisir la nécessité d’une telle loi dans un univers d’équilibre. Ce que nous appelons Karma réajustement de l’équilibre troublé de la Nature, est une forme de compensation. Qu’il y ait un équilibre fondamental de la Nature se voit dans diverses choses. Par exemple l’idée toute moderne des savants sur « l’anti-matière » qui équilibre la matière : il y a des particules de matières et d’autres qui les neutralisent. Les progrès faits l’ont été aux dépens de certains autres côtés de notre nature.

L’Art moderne est un symptôme de la pensée moderne, au même titre que la science moderne, et l’existentialisme, qui est une philosophie ayant plusieurs variantes. Les développements montrent un mental intelligent qui rassemble une foule de détails, les classe et les utilise, mais qui dans son comportement intérieur donne naissance à des particularités qui semblent presqu’inexplicables. L’existentialisme est reconnu comme une philosophie du désespoir ; ses adeptes ne voient aucune éclaircie à attendre et leur idée est de se concentrer sur le présent, selon l’urgence des besoins.

The Hindu de Madras a publié une citation de Picasso, figure de proue de l’art moderne. Ses tableaux ont été astucieux, embarrassants, grotesques ; mais avant la période de cette production il en a fait d’autres que l’on considérait comme très beaux. Voici ses paroles :

« On ne cherche plus la consolation ou l’inspiration dans l’art. Les gens raffinés, les riches oisifs cherchent le neuf, L’extraordinaire, le scandaleux. En m’amusant à toutes ces bêtises tous ces tableaux énigmes, je suis devenu célèbre. Mais quand je suis seul, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le grand sens du terme, comme au temps de Giotto, Titien, Rembrandt. Je ne suis qu’un amuseur public qui a compris son époque. »

Comme le dit Picasso, on cherche la nouveauté pour attiser un appétit blasé. Dans une forme d’art moderne, l’artiste regarde les gens et les choses sous divers angles, et compose les diverses vues d’une façon bizarre dans d’autres formes, certains effets surprenants sont créés par la couleur, la matière, etc… On paie des sommes fantastiques pour avoir ces tableaux et les exposer chez soi. Mais il ne suffit pas d’être un fantaisiste s’amusant à des tours de passe-passe pour être un artiste. Picasso dit qu’il a été un « amuseur public qui a compris son temps ». L’art véritable n’est pas de l’amusement, qui peut avoir sa place propre, mais ne résout aucun problème de la vie. L’homme qui cherche à être amusé en veut toujours de plus en plus et ça n’a plus de fin. Même parler pour d’autres motifs peut devenir une forme de distraction. Beaucoup de gens continuent à aller écouter des causeries parce que cela les stimule et leur plaît. Si quelqu’un parle avec esprit et fait rire, ajoutant des insinuations allusives, l’auditoire jouit du spectacle. On veut s’amuser, en manière d’évasion.

Toutes nos difficultés de ces temps viennent plus ou moins du fait qu’il n’y a pas de profondeur dans notre façon de vivre. Nous ne restons pas assez longtemps au même endroit pour comprendre ce qu’il offre à notre compréhension, nous voulons partir, nous débarrasser de la chose, si, à première vue, elle ne nous séduit pas. Jadis, lorsqu’il n’y avait pas les possibilités actuelles, les distractions étaient rares et peu nombreux les endroits où l’on pouvait aller. Les gens n’étaient probablement pas meilleurs que nous, — il se peut qu’ils aient été nous, dans des vies antérieures —, mais les conditions étaient différentes et cela joue un rôle énorme dans la façon de penser et le comportement. Par exemple il y avait beaucoup d’Allemands très respectables, dignes, bons citoyens, soumis aux lois, il n’y avait rien à leur reprocher. Pourtant, c’est par millions qu’ils se transformèrent en bourreaux de Hitler et sympathisants. N’est-ce pas très significatif ? En général un homme semble vertueux, ou même l’est véritablement jusqu’à la tentation. C’est celle-ci qui met en évidence la force réelle ou son absence, lorsque des difficultés ou des influences troublantes ainsi que le moyen facile de sortir d’embarras se présentent. C’est l’épreuve qui fait voir la nature profonde.

On demandera : « En quoi consiste cette profondeur ? » Très souvent on emploie des mots sans savoir, sans se soucier de leur sens réel. Il me semble que ce n’est pas dans l’astuce ou la complication qu’on trouve la profondeur. Pour comprendre la profondeur, pour saisir le sens de mots aussi courants que : vertu, humilité, amour, la première chose à faire est de libérer sa pensée des idées fausses qu’on en a. En ce qui concerne ce dont on doit avoir l’expérience, le langage ne peut que difficilement dire ce que c’est, mais il peut aller assez loin pour dire ce que ce n’est pas.

Un homme aux vastes connaissances et au mental compliqué nous incite à penser qu’il est profond; mais la profondeur n’est pas le fait d’une accumulation ou de la complication. La Nature est compliquée, mais elle tend vers une intégration plus étroite de ses processus, c’est-à-dire vers la simplicité au sein de la complexité. L’ordre simplifie toujours. Une salle remplie de choses pêle-mêle offre un aspect déroutant. Mais si les objets sont rangés et classés, la situation devient plus claire. Une fleur est complexe quant à ses composants ; dans sa totalité elle est simple et unifiée. Les processus de la vie sont complexes, mais la vie elle-même est simple.

Quand le mental s’est compliqué, que ses fils sont enchevêtrés et difficiles à démêler, la possibilité d’une action libre et pleine do sens de toutes ses parties est exclue, et ce serait pourtant là qu’on aurait le sentiment de la profondeur. Celle-ci exige d’être libérée des complications, que les nœuds soient déliés. On a dit que défaire les nœuds du cœur procure la libération. Presque tout ce qui existe, tout au moins ce qui es i chargé de beauté et de sens, peut susciter une réaction superficielle ou une réponse profonde. La profondeur réside dans l’accueil ou la réponse de la totalité de l’être.

Si l’on voit un bel objet, la beauté peut atteindre le cœur et imprégner tout l’être, ou bien l’ayant vu un instant l’attention peut se tourner ailleurs. Ce sera le cas si la beauté n’a pas touché ou très peu. La Nature et la Vie sont pleines de beauté et de sens. Mais c’est la superficialité de notre attitude qui les empêche d’entrer en nous. Une réponse superficielle est comme le rebondissement d’une balle lancée contre un mur dont la surface résiste et la renvoie. Mais il peut y avoir une réponse différente lorsque l’être ne résiste pas et n’oppose ni défense ni affirmation de soi. L’impact est perçu, mais s’amortit sans troubler la condition de l’être. Supposons qu’on vous injurie —  (très souvent on voit une insulte imaginaire là où il n’y a pas eu malice) —, et que vous répliquiez; cela montre que l’injure a rencontré en vous une résistance et que sa force a rebondi, renvoyant en retour quelque chose qu’un groupe de mots traduit. S’il n’y a pas de résistance, il ne peut y avoir de sentiment du genre de « m’avoir dit ça à moi ». S’il n’y a pas de « moi » ce sera reçu sans résistance et compris ; toute l’affaire s’éteindra et n’aura pas de suite comme lorsqu’on résiste.

Il peut y avoir une réponse qui ne soit pas une réaction, non seulement à un bel objet, un visage, un arbre, un nuage, mais même à quelque chose comme une injure. Alors la nature vraie de l’homme agit, non en surface, mais avec la plénitude qui lui appartient. Le terme « réponse » évoque souvent l’idée qu’on donne ou qu’on fait quelque chose en retour. Mais la compréhension et le sentiment qui l’accompagne est aussi une réponse. Cette profondeur implique bien des qualités, parmi lesquelles une intimité de connaissance et de compréhension comme s’il y avait union avec cette chose. Cette continuité, cette profondeur et même le caractère absolu de l’expérience, tout cela appartient à la vraie nature de l’homme. Nous ne nous connaissons pas. Nous flottons à la surface de notre être et ne connaissons que les mouvements affectant cette surface. Vivre dans une condition de totalité en nous-même est réellement ce qu’on peut appeler la vie spirituelle, la totalité ne résidant pas en une quelconque condition, repliée en soi, mais en un état de non-division et de liberté sans limites.

N. SRI RAM. Causerie faite à Adyar

(The Theosophist, mai 1965)

A propos de l’auteur :

Nilakanta Sri Ram ou Nilakantha Sri Ram (N. Sri Ram) (15 Décembre 1889 à Thanjavur, Tamil Nadu, en Inde; † 8 avril 1973 à Adyar, Inde) a été franc-maçon, théosophe et président de la Société Théosophique (ST) d’Adyar.

Il est devenu président de la ST en 1953 et est resté dans ce poste jusqu’à sa mort en 1973. Il a également été membre du Droit Humain. Dans ses premières années Sri Ram a travaillé avec Annie Besant, à divers titres. Il a aussi enseigné au Collège Théosophique Besant à Madanapalle, à l’École nationale de Bangalore et à l’Université nationale de l’Inde à Chennai.

Les vingt ans de présidence de N. Sri Ram ont représenté un changement très important dans le travail de la Société Théosophique et dans la perception que les membres avaient de la nature de la Théosophie. Il a réussi à changer l’accent mis sur le côté occulte et sur les phénomènes, et l’a mis plutôt sur l’éthique élevée de la théosophie qui était pour lui le véritable occultisme et sur son rôle dans la transformation de la conscience humaine. N. Sri Ram a été le dernier président de la ST ayant eu des contacts avec le président-fondateur, le colonel Olcott. Il a représenté un lien avec les origines de la Société, non seulement historiquement, mais surtout spirituellement.

Sa fille Radha Burnier est actuellement la présidente de la société Théosophique d’Adyar.