swami Hridayananda Sarasvati (mataji) : L’inaction dans l’action et l’action dans l’inaction


07 Jul 2010

(Revue Panharmonie. No 202. Avril 1985)

Comme nous le savons tous, il n’est pas possible de vivre dans ce monde sans agir. Il n’est pas possible d’arrêter le corps pour l’empêcher d’agir.

Nous ne pouvons agir que sur l’aspect extérieur du corps, néanmoins, même en agissant ainsi, notre corps continuera d’être actif.

La raison de toute action se trouve dans le mental. Bien que nous n’en soyons pas conscients, c’est la stimulation des impressions, des empreintes emmagasinées dans notre subconscient qui continuent à agir. Mais cela se passe si rapidement que l’on ne se rend pas compte que les impressions subconscientes ont été stimulées. Nos actions peuvent également être stimulées par des influences mentales qui nous proviennent des autres, de l’extérieur. Mais ces ondes mentales renforcent seulement nos impressions subconscientes. Les actions continueront donc, que nous le voulions ou non. Car, en effet, jusqu’au moment où nous aurons transcendé les trois énergies, les trois énergies qui sont dans l’univers tout entier y compris dans notre mental, jusqu’à ce moment-là nous continuerons à accomplir des actions, ce sont ces énergies qui nous poussent à agir.

Ainsi nos actions dépendent de l’énergie particulière qui est en train d’opérer dans un moment donné. Cela peut être l’énergie la plus grossière, la plus dense, Tamas ; cela peut être l’énergie suivante qui est un peu moins grossière, plus subtile que Tamas, Rajas, ou bien elle peut finalement être due à Sattva, l’énergie la plus subtile. Nos actions dépendent donc des différents types d’énergie.

Lorsque nous sommes sous l’influence de l’énergie la plus dense, nos actions seront très grossières et nous pourrons alors assouvir les désirs les moins avouables, car, à ce moment-là, notre pouvoir de discrimination est réduit au minimum, et alors les actions accomplies peuvent conduire à des conflits, à des complications, parce que, lorsque nous sommes sous l’influence de Tamas, les oscillations mentales sont extrêmement grossières et irrégulières et cela nous empêche de prendre conscience de la Conscience intérieure, parfaite. Or notre pouvoir de discrimination provient essentiellement de cette Conscience-là. C’est pourquoi, lorsque nous n’avons pas le contact avec cette Conscience intérieure, nous perdons notre pouvoir de discrimination et nous agissons de façon irresponsable.

Il est donc nécessaire de savoir sous quelle influence nous sommes lorsque nous agissons, et si nous sommes sous l’influence de Tamas, la meilleure des choses à faire, c’est d’entreprendre aussitôt une activité physique très intense, très rapide. Il est très important d’accomplir des actions physiques, car si l’on se contente d’agir intellectuellement, cela ne suffit pas. Si intelligent que peut être quelqu’un, s’il est sous l’influence de Tamas, son intelligence ne fonctionne pas convenablement et les actions intellectuelles qu’il accomplira ne seront pas correctes. Comme il n’existe pas d’être humain qui n’ait à un certain degré Tamas en lui, il est pour tous extrêmement nécessaire d’accomplir des actions physiques.

Lorsque nous sommes sous l’influence de Rajas, l’énergie est libérée et agitée, et cela nous pousse a des actions, non pas si irresponsables que sous l’influence de Tamas, mais manquant assez d’harmonie. En plus, c’est Rajas qui nous pousse à la colère, à la jalousie. Là il faut alors nous abstenir de bavardages, de médisances, etc. Dans de telles conditions il faudra que nous accomplissions certains types d’actions qui nous permettront de sublimer Rajas et de nous hausser en Sattva. Car, lorsque nous sommes sous l’influence de Sattva, notre pouvoir de discrimination est à son maximum et nos actions seront harmonieuses. Elles seront de nature élevée et, si nous n’agissons pas énormément dans cet état-là, nous serons enclins à méditer et la méditation purifiera notre mental.

Si je vous dis tout cela, c’est parce que de nombreux aspirants à la vie spirituelle s’imaginent que dès qu’ils sont entrés dans cette voie, ils doivent s’abstenir d’agir et que tout ce qu’ils doivent faire, c’est lire et méditer. Mais il n’est pas possible de méditer si le mental n’est pas purifié. L’action désintéressée, le service sont absolument nécessaires à la purification du mental. Ce n’est qu’en accomplissant des actions que nous entrons véritablement en relation avec les autres. Et, lorsque nous entrons en relation avec les autres et que nous sommes soumis aux critiques, aux obstacles, cela nous permet de connaître quel est notre état et où nous en sommes. Dans les relations avec les autres, lorsque notre ego est stimulé, nous devons être capables de nous maintenir à un niveau élevé. Cela doit nous faire comprendre toute l’importance de l’action.

Le sujet choisi aujourd’hui est : « comment réaliser l’action dans l’inaction et l’inaction dans l’action ? ». Nous pouvons garder notre corps parfaitement immobile, c’est très facile en s’exerçant un peu. Nous pouvons nous efforcer de ne pas être distraits par des choses extérieures et nous pouvons garder notre corps immobile pendant un certain temps, mais cela ne peut s’appeler « inaction ». C’est seulement une action assez extérieure. Car, comme je vous l’ai dit, la racine de l’action se trouve dans le mental. Étant assis, les yeux fermés, vous pouvez mentalement parcourir le monde entier et vous pouvez accomplir toutes sortes d’actions bonnes ou mauvaises. Le résultat est exactement le même. Vous pouvez ainsi accomplir toutes sortes d’actions égoïstes, mais il faut bien comprendre que ce ne sont pas seulement nos actions qui peuvent agir sur les autres. Si nos pensées sont assez fortes, elles peuvent les influencer, leur faire du bien ou du mal. Vous savez bien que si vous vous concentrez fortement en souhaitant du mal à quelqu’un, la personne en question peut effectivement en ressentir les mauvais effets.

C’est là un exemple de l’action dans l’inaction. Le corps semble être dans l’inaction, mais le mental, quant à lui, agit.

Selon la philosophie indienne toute action suscite une réaction égale en qualité. Donc, même si en apparence vous n’agissez pas, l’action mentale provoquera certainement une réaction. Le karma peut être créé à partir d’une action mentale. Cela est très facile à comprendre puisque nous sommes tous réunis par une même Conscience, dans chacun de nous il y a un aspect de cette Conscience Absolue, Infinie, qui nous lie tous les uns et les autres, et les ondes mentales peuvent atteindre leur destination la plus éloignée. Elles provoqueront une réaction chez la personne concernée et ensuite celle-là reviendra à l’émetteur, pouvant le maintenir dans une agitation constante.

Pourquoi cessons-nous d’agir ? Parce que nous voulons être calmes, mais on pourra constater que même en arrêtant d’agir, le mental peut nous maintenir dans une agitation extrême. Ce n’est donc pas la solution idéale. Ce que nous devons apprendre, c’est de trouver l’inaction dans l’action.

Nous venons de décrire l’action dans l’inaction. Extérieurement nous ne sommes pas actifs, mais nous le sommes intérieurement. Il faut à présent que nous apprenions comment on peut trouver l’inaction dans l’action. Puisqu’il n’est pas possible de vivre dans ce monde sans agir, il est nécessaire d’accomplir des actions qui nous purifient. Comment trouver l’inaction tout en accomplissant des actions, et pourquoi est-il nécessaire de réaliser cet état ?

Nous venons de dire que nos actions étaient accomplies par le mental et que nos actions extérieures sont une expression de nos actions intérieures. Ainsi, si nous pouvons rendre ce mental silencieux tandis que nous accomplissons des actions, nous commettrons nos actions dans l’inaction. Nous pouvons à ce moment accomplir toutes les actions nécessaires, sauf bien entendu des actions mauvaises. Nous devons accomplir de nombreuses actions bénéfiques aux autres car nous sommes précisément dans ce monde-ci parce que nous avons des actions à accomplir. Ce n’est pas par notre propre choix que nous sommes ici, la Force Cosmique nous a placés dans des situations données, parce qu’il est nécessaire d’agir dans ces situations-là pour que certaines réactions s’accomplissent. Ces actions que nous sommes obligés d’accomplir peuvent ne pas être agréables du tout et en désaccord avec ce que nous voudrions. Elles peuvent même être assez pénibles. Néanmoins il nous faut apprendre à accepter de pareilles situations, en comprenant que ces actions ne nous sont pas imposées par une Force inintelligente et aveugle, mais que nous sommes guidés par une Force intelligente et omnisciente, une Force qui guide chacun de nous et tout ce qu’elle fait est pour notre bien.

Il nous est souvent difficile de comprendre qu’une action qui nous paraît douloureuse est pour notre bien. En effet, avec notre vue limitée nous ne voyons qu’une infime partie de l’univers. Or la Force Omnisciente voit tout et sait pourquoi telle ou telle chose est nécessaire pour notre bien. Nous devons donc accepter ces situations et ne pas chercher à les éviter. Elles sont dues au karma et ce karma nous suivra où que nous allions. Toutes ces expériences dans ce monde, aussi bien les expériences agréables que les expériences désagréables, sont toutes des réactions à des actions que nous avons commises précédemment.

Prenons le cas d’une réaction pénible : pendant que nous subissons cette réaction, notre mental se trouve dans un état d’agitation, parce que nous avons commis quelque chose de mal. Quand je dis : « quelque chose de mal », je veux dire que nous avons agi contrairement à la Volonté Cosmique. Cela peut ne pas s’être produit dans cette vie-ci, mais dans d’autres vies antérieures. Donc, au moment où nous allons à l’encontre de la Loi Cosmique, nous avons créé un obstacle, nous avons freiné, arrêté notre évolution, nous l’avons bloquée et ce blocage doit être effacé par la réaction. C’est la raison pour laquelle se produisent ces réactions et c’est pourquoi on dit que la douleur, la souffrance sont des bénédictions cachées.

En effet, quel est le but ultime que nous recherchons ? C’est de prendre conscience de notre Soi intérieur qui est toute perfection et tout amour. Et si on prend conscience, on atteint l’évolution la plus haute. Donc tout obstacle doit être supprimé afin que nous soyons capables d’atteindre à cet état.

Nous savons maintenant pourquoi cette Force, dans sa bonté, nous inflige pour notre bien une certaine quantité d’épreuves douloureuses. Comprenant tout cela, on doit accepter ces situations. Mais cela ne veut pas dire, ainsi que l’expliquent certaines religions, que nous devions rechercher la douleur, aller au-devant de la douleur ou nous l’infliger nous-mêmes. Au contraire, nous devons faire tout ce qui nous est possible pour surmonter cette peine, non pas en la fuyant, non pas en nous servant de moyens illicites, mais au contraire en employant le chemin de la droiture, de la justice, c’est-à-dire le chemin juste. Il s’agit d’élever notre conscience au-dessus du plan de la conscience terrestre, car action et réaction ont lieu sur le plan terrestre. Or par la méditation nous pouvons transcender ce plan. La réaction pourra se produire par exemple par une maladie ou bien par une perte très pénible et les gens qui nous voient seront pleins de pitié pour nous. Or en fait, intérieurement, nous ne souffrons pas autant que l’on pourrait imaginer, ayant pris conscience de tout cela. Nous ne sommes plus si sensibles aux réactions douloureuses et, lorsque nous sommes en train de les subir et que nous essayons de soulager notre peine, il nous sera néanmoins possible d’entrer dans un état d’inaction, alors que nous agissons et que nous accomplissons toutes les actions quotidiennes nécessaires.

Lorsque nous parlons d’inaction, cela veut dire que nous avons amené notre mental à un état de silence. Ce n’est pas un silence dû à un acte de volonté, il ne s’agit pas de répéter pendant que nous agissons : « tais-toi, sois silencieux ! », bien au contraire il faut apprendre à s’absorber complètement dans ce que l’on fait, peu importe quoi, que ce soit quelque chose que nous aimions faire ou, au contraire, que nous n’aimions pas, l’un et l’autre sont pour notre bien et, en les faisant, nous contribuons à notre progrès spirituel.

Plus vous vous absorbez dans votre travail, plus vous comprenez que c’est pour votre bien. Car, en effet, un mental qui aime ou qui n’aime pas, est dans la dualité. Il y a des ondes de plaisir et des ondes de déplaisir, et ces ondes s’entrechoquent. Donc, si vous pouvez vous absorber complètement dans ce que vous faites, le mental sera entièrement concentré, focalisé, et il n’ira pas s’égarer dans toutes sortes de directions. Un mental focalisé est un mental silencieux et alors, même si vous agissez extérieurement, vous êtes intérieurement presque dans un état de méditation. Ceci est valable pour toutes les actions, sans pour autant les choisir. C’est très difficile, mais avec un certain entraînement beaucoup de choses peuvent être réalisées. Ne vous découragez pas si vous avez des échecs, un échec est une marche vers le succès. Et si vous vous rendez compte que vous avez échoué, vous irez vers le succès.

Dans tout ce que nous faisons nous pensons à l’avenir et au succès escompté, et toutes sortes de pensées nous viennent à l’esprit : « Lorsque j’aurai fait cela, j’obtiendrai cela… », et aussitôt surgit la peur : « Et si je ne réussissais pas ? ». Et cette anxiété consomme une partie de notre énergie. De la même façon, si nous pensons à l’avenir, à ce qui se passera ou ne se passera pas, nous usons notre énergie. Car toute pensée consomme de l’énergie. De même, si nous pensons à un échec possible et à nos succès passés, nous usons notre énergie. Et ce faisant, en même temps que nous accomplissons une action, notre mental se disperse dans différentes directions.

Quand on dit : « Vivez dans le présent… » — évidemment nous sommes tous dans le présent — cela signifie : soyez complètement présents à vous-mêmes et ne pensez ni au passé, ni à l’avenir. Et lorsque toute votre énergie est concentrée sur le travail que vous êtes en train de faire, vous réalisez l’action dans l’inaction. Sans gaspiller votre énergie, vous récoltez vraiment le fruit de votre travail. Sinon vous ferez des erreurs, vous gaspillerez votre énergie et, en même temps, vous empêchez d’arriver au succès que vous escomptez. Lorsque toute votre énergie est utilisée pour la tâche à accomplir, vous êtes dans un état d’inaction, c’est-à-dire que le mental est dans un état méditatif, donc le résultat sera bon, et vous jouirez d’un état d’équilibre complet.

C’est la dualité qui est cause de rupture d’équilibre. Au moment où vous pensez au plaisir que vous apportera le succès ou, au contraire, à la tristesse causée par un échec, le mental n’est pas équilibré, il n’est pas serein. Le mental déséquilibré n’agit pas correctement et s’affaiblit. Et si à ce moment-là quelqu’un vient vous demander ce que vous faites, vous répondrez de façon brutale. C’est comme si une personne tout à fait bien et juste jouait au théâtre un rôle déplaisant, vilain, qu’elle en épouse la forme, qu’elle investisse toute son énergie dans son jeu, et qu’elle incarne parfaitement le rôle d’un être mauvais, tandis que dans sa vie personnelle elle est toute différente. Mais le public la prend vraiment pour un monstre et réagit en conséquence, se mettant à l’injurier. Or l’acteur sait très bien qu’il n’est pas intérieurement le vilain personnage qu’il représente, il reste parfaitement équilibré et il se dit : « J’ai dû bien jouer mon personnage pour que le public réagisse ainsi ». Il est donc tout à fait possible de garder sa sérénité, tout en étant complètement absorbé dans ce que nous faisons, et alors cela nous met dans une espèce d’état de méditation, de calme intérieur.

La seule chose que nous ayons à faire et à apprendre, c’est la méditation. Il faut orienter votre intelligence uniquement sur les principes fondamentaux de la vie spirituelle. Pourquoi les gens ne sont-ils pas capables de méditer ? Parce que sans cesse leur mental est dispersé et agité. Remplir son mental de toutes sortes de choses variées ne mène pas à la spiritualité.

Je vous donne un exemple : c’est comme si vous vouliez grimper sur une terrasse. Vous prenez une échelle, vous gravissez échelon après échelon et vous atteignez le dernier échelon. Supposez que vous refusiez d’enlever votre pied du dernier échelon, vous resterez sur l’échelle et vous n’atteindrez pas la terrasse. Vous aurez un pied sur le dernier échelon et un pied sur la terrasse. Vous ne serez ni sur l’un, ni sur l’autre. Il faut absolument que vos deux pieds soient sur la terrasse. Pour accéder à la terrasse il est indispensable de gravir le dernier échelon.

Il faut employer votre intelligence pour bien comprendre ces choses. La pratique est très importante. C’est pourquoi mon Maître Swami Sivananda insistait tant et était si attaché au karma yoga. Il avait le souci de donner aux gens des travaux désagréables à faire, parce que le travail est toujours bénéfique, il a toujours son utilité. Tout travail, toute activité, a son propre but. Vous devez entreprendre n’importe quelle sorte de tâche en étant intérieurement inactif. Et cela n’est possible que si vous avez compris sa nécessité, ce n’est qu’à cette condition que vous pourrez focaliser votre mental. Et si vous comprenez cette nécessité, vous remplirez votre tâche avec plaisir, sachant que c’est pour votre bien. Un médicament peut être désagréable au goût, mais si vous vous rendez compte de la nécessité de le prendre, vous l’avalerez avec plaisir, parce que vous savez qu’il vous fera du bien. De même façon vous réussirez à accomplir certaines tâches, même désagréables, en restant calme intérieurement.

On peut donc dire que l’inaction dans l’action est une des choses essentielles de la vie spirituelle. C’est la plus grande purification du mental, c’est la façon la plus radicale de le purifier. Quand je parle de purification du mental, qu’est-ce que cela veut dire ? Lorsque le mental est très calme, on peut dire que le mental est purifié. Quand vous accomplissez une action, tout en étant complètement absorbé par elle, le mental reste calme, il est donc purifié.

C’est cela l’inaction dans l’action.

Question : Il est difficile de travailler en état de méditation.

Réponse : Au contraire, on travaille mieux. Dans « l’état de méditation », le mental n’est pas complètement silencieux comme dans la méditation. Je n’ai pas parlé de « silence du mental », mais plutôt de « focalisation » du mental. Le mental entre alors dans un état sattvique, vous transcendez les deux Gunas, Tamas et Rajas, pour atteindre Sattva.

Question : Il est difficile de maintenir le mental calme.

Réponse : Si vous réalisez que votre mental s’échappe, vous pouvez le ramener au calme. Cela se produit au début, on ne peut pas d’un seul coup atteindre l’état ultime. C’est déjà un grand succès de constater le fait que votre mental s’est évadé. Si vous êtes alors capable de l’endiguer, vous constaterez peu à peu que progressivement, vous pouvez le maintenir plus longtemps. Et, pendant que vous agissez, si, au lieu de laisser le mental en proie aux oscillations non contrôlées, vous produisez vous-même des oscillations mentales puissantes en récitant votre mantra, vous émettrez mentalement toujours le même son et, par conséquence, le même taux d’oscillations sera maintenu. Et si vous n’avez qu’une sorte d’oscillations, votre mental est focalisé. En plus, les ondes mentales que vous produisez par la répétition de votre mantra, étant très puissantes, elles arriveront à neutraliser d’autres oscillations mentales extérieures qui surgissent du subconscient.

Le Maharshi posait toujours la question : « Qui êtes-vous ? Qui est en train de penser en ce moment ? ». Vous dites : « Mon mental ». Mais vous êtes plus que votre corps et plus que votre mental. Il faut que vous compreniez cela et que cela devienne une véritable prise de conscience. C’est le premier pas dans la compréhension spirituelle. Quand le mental cesse de fonctionner, on prend conscience de cela et on est dans une véritable méditation. C’est cela la vie spirituelle.