Robert Linssen : Méditation


15 Dec 2008

Publié sous le nom de R. Nirmayananda Dorje (pseudonyme de R. Linssen)
(Revue Être Libre, Numéro 296, Juillet-Septembre 1983)

Cher ami, Chère amie,

Ce n’est plus seulement un cerveau qui te parle. Un autre monde, un autre corps vont tenter de se révéler à toi, en toi-même, dans tes propres profondeurs, à l’intérieur, très à l’intérieur…

Les paroles qui sont énoncées émanent de la transparence suprême des Grandes profondeurs. A ce niveau, il n’y a plus de distinction, ni de séparation entre « toi » et « moi ». Les paroles que tu entends ne sont plus celles de l’orateur. Ces paroles tentent d’énoncer le langage sans nom de tes propres profondeurs. Il ne s’agit plus seulement de « ta » transparence ni de la mienne, mais de la Lumière unique, souveraine, universelle. Tu n’es pas seulement le corps que tu éprouves par les points de contacts avec !e sol sur lequel tu reposes. Ta chair et ton sang ne sont pas seulement ce que tu as pensé et éprouvé par ta chair et ton sang. Il existe une chair étrange d’un corps de pure lumière.

Au-delà et à l’intérieur de tes cellules, au-delà et à l’intérieur des molécules qui les constituent, au-delà des particules ultimes, réside le Corps de Lumière infiniment plus réel et fondamental que tout ce que tu as connu jusqu’à ce jour. Cette transparence intérieure n’est pas celle du néant. Elle est au contraire Plénitude d’une Présence intensément vivante.

Plénitude de Force, de Lumière, de Conscience pure et d’Amour formant la base unique des êtres et des choses. Là, est ton ultime et merveilleuse demeure, ton être véritable. La, réside le cœur de l’Univers : ton cœur… qui est bien autre chose que le cœur qui te maintient en vie.

Dans la transparence de ta demeure ultime, vibrent les battements du cœur mystérieux d’un géant aux muscles fluides de pure lumière, qui nourrit et soutient toutes choses.

A ce niveau se révèle la grande Unité. Rien n’est séparé, isolé. Le corps de lumière se joue des limites apparentes que dessine la peau de ton corps. Par ton corps de Lumière tu transperces l’apparente solidité des choses et des êtres. La matière se dépouille de son opacité. Au cœur de la matière, ton corps de Lumière est omniprésent, omnipénétrant. Il pénètre toutes choses. Il existe un autre « toucher » que celui de tes sens physiques. Ce toucher spirituel te révèle le « dedans » unique et lumineux qui pénètre l’infinie variété du « dehors » des êtres et des choses.

Le domaine de la transparence intérieure est immense, insondable, sans limite. Il ne peut pas être perçu par le cerveau, ni la pensée. Il ne peut être vécu que par le cœur. C’est là que réside ta véritable demeure, ta véritable patrie, la véritable patrie de tous les êtres.

Si tu la perçois, tu ne seras plus un exilé. L’angoisse ancienne de ton exil cédera la place à l’extase du suprême amour.

A ce niveau se révèle enfin ce que tu étais avant même que tes parents t’aient conçu : ton corps de lumière, sans commencement ni fin.

A ce niveau se situe l’essence même d’une Vie qui est bien au-delà de la vie et la mort biologiques. Cette Vie est celle d’une création toujours renouvelée, éternellement présente.

La transparence suprême est le lieu de la plus haute énergie. Dans son silence réside le secret de la Suprême Activité.

Là, réside ton corps de Lumière, qui n’est pas seulement ton « corps de Lumière », ni le « mien », car à ce niveau, il n’y a plus « toi », ni « moi ».

Telle est la source unique, irremplaçable de Force, de Conscience pure et d’Amour qui ne demande qu’à nous combler de ses richesses.

Si nous faisons vraiment un pas vers Elle, Elle en fera dix vers nous.

Les Maîtres chinois appellent cela : « Retourner chez soi. »

R. NIRMAYANANDA-DORJE.