Marie-Joséphine Grojean : Naissance à une autre culture


14 Oct 2011

(Revue CoÉvolution. No 12. Printemps 1983)

Rencontre avec un shaman indien

C’est par une fraîche journée d’été que je suis née au langage du vent, de la pierre et de l’arbre tel que les Indiens des Amériques le parlent et le vivent. Soudain le monde est devenu magique. En Occident, des siècles de civilisation nous ont coupés de la magie du monde et de son symbolisme profond et actif. En nous pleurent des continents perdus. Le contact avec les cultures traditionnelles est un chemin de renaissance à la totalité de nous-mêmes.

Naître à l’autre en soi-même, comment cela se fait donc ?

Soudain être perdu(e) dans un inconnu cependant familier ; intégrer en même temps des forces nouvelles et des connaissances que l’on portait en soi. Toucher à l’universel, puis, nourri(e) de l’origine, repartir sur sa trajectoire comme les étincelles d’un feu sacré jailli du grand tout et qui retourne au néant de la séparation.

Les formes sociales n’ont que très peu de rapports avec ce dont il est question ici et pourtant l’universel renvoie au particulier, nécessairement, et les indiens des Amériques nous disent clairement que la conscience spirituelle est la forme la plus élevée de la politique et que leur politique est un mode de vie.

En chacun de nous sommeillent les continents intérieurs où se reflètent les continents de la surface de la terre. Les Atlantides que l’on dit perdues ne demandent qu’à naître à notre conscience.

L’écho du nord et celui du sud, celui de l’est et celui de l’ouest est une porte qui ouvre sur un monde nouveau.

A Chamarande, sur la grande pelouse devant le château, nous avons construit une roue de médecine sacrée selon la tradition des indiens Cherokees. Un cheval, crinière au vent, s’approcha en galopant.

« Ho ! Le cheval est entré dans la roue par le sud, il a traversé et il est ressorti par le nord. Il est venu nous dire qu’à partir de l’innocence et de la confiance au sud, on peut atteindre la sagesse de la philosophie humaine au nord. Ho ! Wakantanka ». Swiftdeer se prend la tête entre les mains d’enthousiasme et remercie le grand esprit.

Puis Évelyne est entrée dans le cercle. Elle s’est accroupie devant Swiftdeer qui lui a montré l’éventail de plumes d’aigle et l’éventail de plumes de condor de part et d’autre du tapis. Elle a passé l’un et l’autre autour de sa tête et de ses bras. Le chaman lui a tendu un petit sac contenant de la farine de maïs. Elle en a pris une pincée et s’est dirigée vers le centre du cercle. Elle a porté un peu de maïs à ses lèvres et à son cœur, en a déposé un peu sur le sommet de son crâne et a dispersé le reste au vent en adressant une prière aux ancêtres. Chacun de nous a fait de même.

C’est ainsi que commença mon initiation à la culture des indiens d’Amérique du Nord. Swiftdeer, Daim Rapide, sorcier et guérisseur était venu de Californie avec sa tribu pour l’été. Il nous ouvrit quelques secrets de la tradition.

Dans la cosmogonie indienne

« Ho ! Autour de vous, les arbres sacrés, les animaux, grand-mère Terre et grand-père Soleil sont en harmonie avec Wakatanka le Grand Esprit et vous faites partie de cette harmonie et vous allez mourir. Mais la mort n’est qu’un changement et le changement n’est que du mouvement, et un guerrier sait danser avec le mouvement et le changement. C’est ce que l’on appelle la limite. Un guerrier cherche la limite pour pouvoir la dépasser et expérimenter davantage. Un guerrier se crée des situations limites sans cesse. Il n’a aucune peur ; il est constamment prêt à mourir et à changer, plus ça va vite mieux c’est, car de manière, il reste en permanence dans un espace de haute énergie. »

Pendant une semaine, « Daim Rapide » va nous initier aux pouvoirs décrits dans les livres de Castaneda [1] : voyager dans le Nagual, percevoir les auras, travailler avec les roues sacrées, apprendre à parler aux pierres, utiliser des boucliers. Nous allons vivre dans un autre niveau de réalité, participant à des cérémonies magiques qui, vues de l’extérieur, sont assez exotiques mais qui ont, dans leur culture d’origine, un symbolisme actif. Accepter et intégrer ce symbolisme sera tout notre travail. Mais quel travail !

« Lorsqu’on veut conquérir la mort, on doit accepter que son corps meure si c’est nécessaire, mais on a toujours peur d’être blessé et cette peur bloque le corps et sa capacité naturelle à se protéger. Pendant cette semaine, on va vous apprendre à vous battre, à vaincre votre peur. Si vous deviez mourir à cet instant même, il faudrait que ce soit votre instant le plus extraordinaire. Si vous ne dansez pas votre vie ainsi, vous n’êtes pas un guerrier. Ho ! »

L’indien ponctue ses phrases de « Ho ! Hého ! Haho ! » qui sont des mots de pouvoir. Il a une drôle de voix éraillée qui sait faire toutes sortes de bruits bizarres. Quand il chante une incantation au grand esprit, Wakan, j’entends nettement sa voix se dédoubler. Un spécialiste du son m’explique que tous les chamans ont cette voix, que ce soit au Tibet ou en Sibérie. Ils font résonner les harmoniques de la zone frontale, c’est ce qui leur permet entre autre de soigner avec la voix.

Il nous entraîne dans la cosmogonie indienne, le vol de l’aigle, le serpent qui se mord la queue, la grande roue de l’univers. Qu’est-ce qu’un être humain ? Une danse ininterrompue sur 10 roues qui essaie de s’harmoniser sur la grande roue sacrée de l’univers. C’est pourquoi les indiens vivent en cercle, pensent en cercle et ont des maisons rondes, les Tipis, qui abritent des chambres sacrées rondes et souterraines, les Kivas. Dans le monde indien, les symboles se transmettent par les chiffres qui sont notés comme les signes du Yi King. Quatre directions auxquelles on se réfère sans cesse. Quatre saisons. Quatre stades dans la vie. Quatre univers. Quatre ennemis. Quatre boucliers. Quatre orgasmes. Et dix roues. Dix mondes dans la réalité du sorcier et dix lois pour le magicien qui doit connaître les secrets du 7. En parlant d’un être humain, les grands-pères Cherokees ou Navajos disent : « Un 4 plus 1. Un 4 plus 7 plus 1, c’est ici et maintenant, c’est un bouddha, un gardien de l’univers. »

« Un guerrier peut tout transformer autour de lui. Il peut faire écran de ce qui le gêne. Il doit aller au-delà de tous ces bruits. Comment ? Écouter avec votre attention du sud. Il y a quatre attentions. Avec la première attention, vous vous concentrez sur la respiration au niveau du nombril qui vous permet d’agrandir votre espace de perception. Avec la deuxième attention vous poussez vos oreilles telles des antennes dans cet espace jusqu’à sélectionner l’émetteur. Avec la troisième attention vous entrez en contact avec votre Hockshida, votre moi magique. Avec la quatrième… »

Castaneda parle pendant des pages et des pages de l’attention du guerrier, en particulier de l’attention seconde qui met en contact avec le rêve. De Castaneda, on parle très peu. Bien que Swiftdeer ait eu le même Maître, il ne le connaissait pratiquement pas. Il l’avait rencontré à une cérémonie du Peyotl. Il raconte qu’à la parution de chacun de ses livres, Mexico était rempli de gens qui cherchaient Don Juan [2] sur toutes les places. « Tout ce que raconte Carlos (Castaneda) s’est passé aux États-Unis. Don Juan, comme Don Genero, sont des indiens américains. »

Nous apprenons à agrandir notre espace de perception, à nous faire pousser des antennes, à utiliser notre ventre, et à sentir notre moi magique, notre Hockshida.

Un autre niveau de réalité

Il est surprenant de voir à quel point nous entrons vite dans une autre zone de réalité. Nous avons changé de référence. Sans aucune gêne, Alain raconte une de ses visions. Bernard dit que la veille avant de s’endormir, un aigle l’a entraîné à voler. Dès qu’il fut dans le ciel, le vent a retroussé les plumes de l’aigle qui se mirent à étinceler. Chaque visionnaire reçoit de « Daim Rapide » un nom en rapport avec sa vision. A la suite de quoi, en plus de Daim Timide et d’Oiseau Noir, ses deux épouses, de Petit Guerrier son fils, de Cheval Noir et d’Ours Blanc, il a aussi Donneur de Feu et Aigle d’Argent dans sa tribu.

Un jour nous sommes allés parler aux pierres. Pour les indiens, les pierres sont des entités vivantes dont l’apprenti sorcier doit patiemment, amoureusement, découvrir les pouvoirs. C’est alors que j’ai senti comme une réticence. J’hésite. Rationnellement, je me demande avec stupéfaction ce que je fais là. Expérimenter un univers magique et garder en même temps le contrôle de la situation est impossible. Je me trouve bloquée.

« Ces cérémonies ne sont pas des informations, ce sont des instruments de travail. Dans le monde du sorcier, les mots ne sont là que pour transmettre des expériences qu’il faut faire. Si quelqu’un veut écrire ou parler des manières d’être d’un peuple, il est impossible qu’il puisse en faire un compte-rendu véridique s’il reste observateur, parce que la psyché humaine ne voit que ce qu’elle choisit de voir et cela afin de vérifier sa propre existence. La seule chose possible, c’est d’entrer dans le système et d’en faire l’expérience. »

J’eus avec les pierres une rencontre assez rude, mais plus tard, dans les sauvages gorges d’un torrent de montagne, elles me dirent leur secret.

Les expériences les plus extraordinaires avaient lieu dans les sweatlodges, chaque nuit. La sweatlodge, ou chambre de sudation, est le sauna traditionnel des indiens, à la fois lieu de prière, de guérison et de transformation des énergies. C’est une structure ronde de branchages fichés dans la terre selon les 4 directions et d’environ 10 pas de diamètre. Pour être hermétiquement close, elle est recouverte de peaux de bêtes, de plastique ou de feutre. Une petite ouverture à l’Ouest permet à chaque membre de la tribu de s’y glisser l’un après l’autre comme un serpent qui s’enroule le long de la paroi. Au centre se trouve un trou creusé dans la terre pour mettre les pierres qui seront chauffées à blanc et sur lesquelles le chef de la sweatlodge jettera le nombre rituel de tasses d’eau qui transformeront cette petite hutte enfantine en un enfer de vapeur. « Les grands-mères de la tribu restent impassibles dans ces vapeurs brûlantes et jamais personne n’est mort dans une sweatlodge » rassure Swiftdeer.

Guérison chamanique

Dans une clairière, sous une pluie battante, nous avons construit deux sweatlodges, l’une pour la communauté et l’autre, plus petite, une sweatlodge de médecine, destinée à deux guérisons. Chaque soir, huit personnes vont se voir attribuer les pouvoirs sacrés des 8 directions et de leurs symboles afin de diriger toutes les énergies de la création vers les deux personnes à guérir. Nous devons tous, tour à tour, participer à cette guérison chamanique. Penchées sur des cartes routières, Daim Timide et Oiseau Noir essaient de repérer une rivière avec des cascades où l’on pourra trouver de belles pierres résistant au feu. Les deux sorcières partent en expédition dans la Vallée de Chevreuse qu’elles vont passer au crible.

Après le dîner, tard dans la nuit (je ne sais plus l’heure qu’il est, la notion du temps a complètement changé) nous nous dirigeons vers la petite clairière à l’orée du parc. Il a plu toute la journée, l’herbe est mouillée mais les nuages se sont dispersés et l’on voit la lune presque pleine. Chacun de nous est enroulé dans une serviette ou une couverture et nous nous approchons autour du grand feu où cuisent une centaine de pierres depuis le milieu de l’après-midi.

Cinquante personnes nues dans la nuit humide sur la terre mouillée autour d’un grand feu et qui s’apprêtent à guérir une leucémique et un cancéreux. Je ferme la porte à mon mental. Inutile de penser : je suis ici pour expérimenter. Toshiloe, Daim Timide, qui dirige la loge de la communauté, agite sur chacun l’éventail sacré de plumes d’aigles et, après avoir murmuré la formule rituelle, nous entrons à la file dans la caverne obscure. Serrés les uns contre les autres, assis sur la terre mouillée, nous voilà à 50 dans la grande cuillère de soupe de la nuit. Je perds la notion de l’espace et j’entre dans une autre dimension. Le genou de mon voisin me rentre dans le mollet. On ne peut pas bouger, on est serré comme des sardines. Pas un bruit à l’intérieur. Au dehors, on entend le crépitement du feu et le hululement d’un oiseau de nuit.

« Des pierres chaudes », commande Daim Timide. Tel un diable avec sa fourche remplie de pierres incandescentes, Petit Guerrier rentre dans la sweatlodge et glisse avec précaution les pierres dans le trou. Immédiatement il fait plus chaud dans l’antre. « Fermez la porte ! » La porte se rabat. Daim Timide jette de l’eau sur les pierres en invoquant le Grand Esprit. La chaleur monte, plutôt agréable. Premier tour, chacun parle pour soi-même « Ho ! J’ai parlé !» Au suivant.

Deuxième tour. Daim Timide rajoute de l’eau sur les pierres. La chaleur augmente. L’eau dégouline sur les corps. Certaines prières me donnent le fou-rire. Elvira prie pour les voleurs qui ont dévalisé son appartement et pour qu’ils reviennent chercher ce qui reste ; elle sera plus tranquille ainsi sans tous ces fardeaux matériels. Quelqu’un prie pour sa mère qui lui a fait avaler trop d’huile de foie de morue. Fin du deuxième tour.

Troisième tour. On apporte de nouvelles pierres brûlantes. La vapeur monte. On abandonne ses peurs devant la tribu. Ma tête tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Des gens craquent et demandent à sortir. Le dernier tour est silencieux. Daim Timide jette 20 tasses d’eau sur les pierres. La chaleur est intense. Je pense aux vieilles grands-mères indiennes et je me balance un peu pour retrouver mon souffle. Dans la loge de médecine le tambour ponctue les incantations des chamans. Des « Ho ! Hého ! » retentissent. Blackbird, Oiseau Noir, entre en transes. Mon voisin commence à gémir, n’arrive pas à pleurer, hoquette. Fin du dernier quart. Nous sortons en silence à la file indienne. La nuit est fraîche, ma tête tourne. Je m’enroule dans la couverture et m’allonge sur la terre mouillée. Grand silence sous les étoiles, je voyage comme un satellite. Quelqu’un est resté dans la sweatlodge et pique une crise de nerfs qui me tire de mon nirvana. Puis tout s’apaise.

Retour à la réalité dans les salons du château autour d’un feu. Personne n’a sommeil. Bourrés d’énergie, des gens dansent, l’air ailleurs. Les apprentis sorciers donnent des explications. Des gens courent dans les couloirs. On se croirait dans un manoir d’Agatha Christie. Je me demande si c’est moi ou une autre qui suis là.

Un appel à l’Occident

En ouvrant les enseignements de la tradition indienne tenue secrète depuis plusieurs siècles, ce métis indien-irlandais n’accomplit pas seulement une vieille prophétie du livre sacré des Hopis. Il remet aussi en cause bien des comportements de la culture occidentale moderne. Jusqu’en 1979, il était obligatoire aux États-Unis de mentionner sa race sur son passeport, et à l’école les indiens étaient systématiquement placés au fond de la classe et traités d’animaux. Les Indiens d’Amérique du Nord ont découvert qu’eux aussi faisaient partie du Tiers Monde. Lassés par les harcèlements constants des autorités américaines, menacés sur leur territoire d’où ils risquent à tout moment d’être évacués, ils se sont manifestés de manière extraordinaire lors de la conférence internationale des nations indiennes organisée par les Nations-Unies en 1977.

Vêtus de plumes et de perles, les indiens traditionnalistes ont lancé un appel au monde occidental dans un texte présenté par la nation iroquoise [3]. Ils y rappelaient l’ancienneté et la continuité de leur culture et expliquaient leur conception de la politique : « notre politique est un mode de vie : nous sommes un peuple spirituel. » C’était la première analyse du monde moderne écrite par une institution officielle d’un peuple indigène. Le texte critiquait la civilisation occidentale qui a « exploité et détruit le monde naturel de manière atroce » et fait état de toutes les violations de territoire et des génocides qui jalonnent l’histoire des relations entre les indiens et les américains désignés sous le nom de colonisateurs : « avant l’arrivée des européens, on dit que les nôtres étaient heureux et prospères. Nos terres pourvoyaient abondamment à nos besoins. Nous étions un peuple riche des dons de notre pays. Pendant tout ce temps nous vivions en paix. »

Depuis 1977, la situation ne s’est pas améliorée. Au contraire, la découverte d’or et d’uranium dans les Black Hills [4] n’a fait qu’aggraver les conflits avec les sociétés minières et beaucoup de jeunes indiens ont organisé la résistance pour s’opposer aux déportations. Les indiens semblent décidés à porter leur problème devant l’opinion mondiale par tous les moyens et à faire sortir leur culture du ghetto.

L’atelier chamanique de Swiftdeer est une des manières de tenter une rencontre des cultures. Rencontre qui ne peut pas ne pas effrayer l’occidental menacé dans son point de vue qui jusqu’alors lui assurait le privilège du pouvoir. Swiftdeer ajouta que selon les prophéties hopis le moment était venu pour tous les peuples de la terre de mêler leur culture afin que soit créée une nouvelle race, les « rainbow people », les gens de l’arc-en-ciel, les métis.

Il y eut d’autres cérémonies, des quêtes de visions, et la nuit de la pleine lune, nous fumâmes la pipe sacrée. Certains eurent des conversations avec les arbres tandis que d’autres entraient en communication avec des cristaux. Quelques-uns accompagnèrent le chaman à Chartres pour une visite à la cathédrale. « Des lieux comme Chartres vont attirer de plus en plus de monde. Les bâtisseurs de cathédrales connaissaient le secret des pierres, des astres et savaient maîtriser une énergie plus subtile que l’énergie atomique » dit quelqu’un.

Chacun rentra chez soi. Quelques jours après, je reçus des nouvelles. May était très troublée par le cristal que lui avait donné l’indien et elle avait eu toutes sortes d’aventures en se promenant avec lui au Jardin du Luxembourg. Elle ne le quittait pas et cherchait à le rendre efficace, mais les notions même d’efficacité avec les cristaux lui semblaient incompréhensibles et elle téléphonait à travers l’Europe pour trouver des réponses. Elvira passait son permis de conduire : « tu comprends, un guerrier qui ne conduit pas, ce n’est pas possible. » Elle sentait qu’elle perdait son moi magique avec le stress de la vie urbaine et s’en attristait.

Karin était repartie dans les Cévennes où elle projetait de construire une sweatlodge, mais les mesures de protection contre les incendies rendaient la chose difficile. Alain relisait Castaneda et louchait plusieurs heures par jour pour s’exercer à voir les auras. Je mis la pierre qui m’avait parlé dans ma voiture et je partis en vacances, bien décidée à poursuivre ce dialogue.

Marie-Joséphine Grojean est journaliste, conférencière et écrivain.


[1] Voir, Les enseignements d’un sorcier yaqui ; Le voyage à Ixtlan ; Histoires de pouvoir ; Le second anneau de pouvoir ; Le don de l’aigle ; Ed. Gallimard, Coll. Témoins

[2] Un des maîtres de Castaneda

[3] Pour un éveil de la conscience, Message des Iroquois au monde occidental, CISIA.

[4] Région des réserves sioux dans le Dakota


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