Martine Sandor : Pour la psychosynthèse


27 Oct 2010

(Revue CoEvolution. No 8-9. Printemps-Été 1982)

Pas de limites au développement de l’être

• Quelle est mon identité ?

• Dans quelle direction puis-je diriger ma vie ?

• Comment prendre mes décisions ?

• Puis-je trouver un sens à ma vie, une raison d’être à mon existence ?

La psychosynthèse, développée par le Dr R. Assagioli est une approche positive du développement humain basé sur les aspirations de l’homme à croître et à se dépasser lui-même pour pouvoir coopérer avec les processus de vie. Elle cherche à inclure dans un tout dynamique la psychologie des profondeurs et celle des hauteurs.

Gérard Blanc. — Pierro Ferrucci présente la psychosynthèse comme une technique des justes proportions, qui tient compte des limites, inférieures et supérieures, dans toutes les dimensions humaines : ni forme d’entraînement (qui promet la croissance de son énergie, de sa concentration, de sa décontraction, etc.), ni forme de thérapie (qui promet la décroissance de sa dépression, de son anxiété, de sa tension, etc.), ce qui la distingue de la plupart des techniques de psychothérapie et de développement personnel. Qu’en est-il exactement et comment s’est développée la psychosynthèse ?

Martine Sandor. — La psychosynthèse a été développée par le Dr Roberto Assagioli (1888-1974) un psychiatre et sage florentin qui se forma à la psychanalyse au début du siècle et fut considéré par Freud et Jung comme un des représentants de la psychanalyse en Italie. Il aida au développement de celle-ci dans son pays vers les années 1910, pensant qu’il était indispensable que le concept de l’inconscient fut reconnu ; mais en même temps il élabora sa propre approche, multidimensionnelle, qu’il appela psychosynthèse. Il ne la voyait pas en opposition à la psychanalyse, mais comme une ouverture à d’autres dimensions, et en particulier, à la dimension transpersonnelle. Il considérait qu’en plus du processus d’analyse, il était possible de faciliter un processus de synthèse naturel dans l’organisme et le psychisme et qu’on pouvait non seulement désintégrer les cristallisations par l’analyse, mais aussi partir d’une unité sous-jacente qui pousse à sa manifestation.

G.B. — Quelles furent les réactions de Freud et de Jung ?

M.S. —Freud a mentionné la psychosynthèse une fois, je crois, considérant qu’il était dangereux d’essayer de se placer au niveau de la synthèse et que la thérapie devait s’arrêter à l’analyse. Les [coquille dans l’original] jusqu’à la mort de Jung et ils ont entretenu une correspondance suivie jusqu’à la mort de Jung.

G.B. — Comment se place la psychosynthèse par rapport à la psychanalyse freudienne ou jungienne ?

M.S. — La psychosynthèse garde le travail analytique et ce qu’on pourrait appeler la psychologie des profondeurs, mais elle inclut aussi une « psychologie des hauteurs ». Assagioli le décrit très bien en soulignant que « Freud écrivait  dans une lettre : « Une seule chose m’intéresse chez l’individu, c’est le soubassement ». Pour reprendre la même image, on peut dire que la psychosynthèse s’intéresse à l’immeuble entier. Nous essayons de construire un ascenseur qui permette à l’individu d’accéder à tous les niveaux de sa personnalité, car un immeuble est très limité s’il n’a rien d’autre qu’un soubassement. Ce que nous voulons, c’est ouvrir la terrasse de laquelle on peut prendre des bains de soleil ou regarder les étoiles ». [1]

La conception du soi et de la volonté sont différentes de chez Jung ; la psychosynthèse inclut une pratique de méditation visant l’expérience de l’identité profonde et au contact avec la force de cette identité qui cherche une manifestation, force que l’on appelle en psychosynthèse la volonté. Cette approche différente du soi et ce concept de volonté conduisent à une psychothérapie différente de l’analyse jungienne, qui cherche à se couler dans la rivière, alors que la psychosynthèse vise à être la rivière.

G.B. – Et quelle est sa position par rapport à la psychologie humaniste ?

M:S: — Dans le mouvement du potentiel humain américain, la psychosynthèse a pris sa place comme approche permettant de garder l’ouverture à l’expérience, au vivant et à l’émotionnel et de conduire à une structuration qui n’aurait pas les limites des structures parentales pré-existantes. Le concept de l’identité permet de continuer là où s’arrête la psychologie humaniste et de répondre à la question « qu’est-ce qu’on fait, une fois qu’on est libre ? »

G.B. – Et par rapport à la psychologie transpersonnelle ?

M:S: — La psychosynthèse est un des systèmes cohérents qui inclut la psychologie transpersonnelle en même temps que la psychologie traditionnelle. Elle n’est pas un système de croyances fixes, elle est un système ouvert et en ce sens, se sépare de la religion. Elle ne présuppose ni n’exclut aucune appartenance ésotérique ou religieuse, ni aucun lien particulier avec un maitre.

G.B. — Jusque là nous avons décrit la psychosynthèse par rapport aux autres approches psychologiques. Pourrais-tu en donner un aperçu qui permette de la saisir en elle-même ?

M.S. — La psychosynthèse n’est pas un système de pensée ou un système de techniques, mais elle se définit uniquement par une vision ou un esprit qui peut être appliqué à la psychothérapie, à l’éducation, à la pratique du droit ou de la médecine, etc. Elle voit une totalité qui cherche manifestation et regarde tout symptôme comme un blocage à cette vie qui pousse en nous et qui cherche la création d’une forme. La première tâche du psychothérapeute en psychosynthèse est de saisir ce qui cherche à émerger, qui est alors du domaine du transpersonnel. Ce n’est pas nécessairement un état mystique, une ouverture de lumière, ce peut être simplement la construction d’une structure du moi, véhicule d’expression nécessaire sans laquelle la totalité est impuissante et le patient peut très bien savoir que le résultat qu’il recherche est de pouvoir dire bonjour au boucher. Le thérapeute n’est pas seul à chercher à s’ouvrir intuitivement à ce qui cherche manifestation ; le patient aussi peut, avec l’aide du thérapeute, s’ouvrir à son vouloir, à ce que sa volonté pousse à manifester. C’est alors une véritable coopération entre patient et thérapeute, et le travail analytique se fait lorsqu’il est nécessaire pour permettre la manifestation du soi.

G.B. — Comment la psychosynthèse pourrait-elle aborder la question des limites ?

M.S. — La psychosynthèse utilise souvent des modèles. Il me semble que l’un d’entre eux pourrait être utile à notre discussion sur les limites. Avant d’exposer le modèle j’ai besoin de mettre en garde : la carte n’est pas le territoire, il ne s’agit que d’un modèle, qui n’a de valeur que dans son utilité, mais qui ne peut en aucun cas saisir toute la vérité. La psychosynthèse parle de deux dimensions du développement qu’elle place sur un graphique :

La dimension horizontale est celle du développement de la forme, des véhicules d’expression, la structuration du moi, le développement d’une personnalité, l’incarnation dans la matière. C’est la direction privilégiée par la société occidentale et qui conduit souvent au développement du mental, ou en tous cas, d’une rationalité concrète.

La dimension verticale est spirituelle, mystique ; c’est la capacité d’ouverture à l’énergie, à d’autres espaces, à l’esprit, au souffle. C’est la tradition qu’avait conservée le monde oriental et qui conduit souvent au développement de l’émotionnel.

Un développement harmonieux a lieu dans les deux dimensions. Le Soi n’est pas la propriété de la dimension verticale. Ce schéma permet de définir une « psychopathologie du sublime » à l’intérieur de laquelle je vais pouvoir revenir à la question des limites.

Lorsque la dimension privilégiée est la dimension horizontale de la forme ou de l’avoir, et que la dimension verticale est réprimée (« répression du sublime »), la personne peut arriver à une crise ou une dépression existentielle : plus rien n’a de sens, « à quoi ça sert tout ça ? », un grand bof qu’il serait dangereux de ne voir que comme une dépression névrotique à ramener à une expérience de la petite enfance. Dans la crise existentielle l’homme est limité par son attachement à la matière, par son identification à ses structures, par sa peur de l’inconnu, par sa peur de mourir et de n’être plus rien s’il n’est pas cette forme qu’il a créée.

Lorsque la dimension verticale est privilégiée et que la dimension horizontale est méprisée, la personne tend vers une crise de la dualité où tous ses désirs, tous ses efforts, sont consacrés à « monter », dépasser ce monde de la matière et de la forme, voir au-delà. Puis elle retombe car, ne cherchant pas à manifester ses visions, elle rencontre l’impuissance à rester dans ces espaces vers lesquels elle aspire. La personne est limitée par son refus des limites de l’incarnation et de la matière.

G.B. — Le lien entre la reconnaissance de son identité et la reconnaissance de ses limites est une propriété fondamentale des systèmes autonomes comme l’a montré Francisco Varela. Comment la psychosynthèse définit-elle les processus d’identification et de désidentification à partir des limites ?

M.S. — La personne est identifiée à une structure ou un rôle lorsque cette identification est inconsciente et lui tient lieu d’identité comme par exemple quand elle dit « je suis une mère ». Assagioli écrit : « Nous sommes dominés par tout ce à quoi notre moi se laisse identifier. Nous pouvons dominer, diriger et utiliser tout ce dont nous nous désidentifions. » [2]. La désidentification se fait après la prise de conscience de son identification ; il s’agit de faire l’expérience de « je ne suis pas ce rôle : j’ai des enfants, mais je ne suis pas une mère ». Le passage par l’identification est nécessaire, Annick de Souzenelle l’appelle « le passage de l’avoir » [3], mais lorsque la forme n’est plus appropriée à l’expression de soi, il est nécessaire de s’en désidentifier.

Refuser l’identification, c’est se limiter à une expérience sans possibilité de manifestation. Refuser la désidentification, c’est se limiter dans une forme qui se videra peu à peu de son énergie. Il existe enfin un troisième point qui est l’auto-identification, l’identification au Soi, à son identité profonde, à l’expérience de l’être qui est au-delà du processus permanent d’identification et de désidentification nécessaire à la manifestation. Avec l’expérience de l’identité, on atteint une liberté qui accepte les limitations de l’incarnation.

G.B. — Quel est le travail du thérapeute et du patient dans ces processus d’identification et de désidentification ?

M.S. —Une des formes de travail qui s’emploie en psychosynthèse est un travail sur ce qu’on appelle les subpersonnalités, qui sont des petites personnalités qui se constituent à l’intérieur de la personnalité totale autour d’un besoin particulier et qui comportent, chacune, sa propre vision du monde, ses propres moyens d’interagir et ses attitudes pour obtenir satisfaction. Ces subpersonnalités constituent comme autant de paires de lunettes qu’on met pour voir le monde, si bien que ne fait rien pour le sauver, nous risquons une nouvelle guerre mondiale, ce qui me ramène à ma petite enfance… Tant que je ne connaissais pas ma statue de la liberté j’étais identifiée à elle et contrôlée par elle. Les gens me trouvaient un peu hautaine et rigide et je ne comprenais pas de quoi ils parlaient. Le travail thérapeutique a consisté à reconnaître l’existence de cette partie de moi, à accepter le besoin de protection qui m’avait fait la construire très jeune, à travailler la peur sous-jacente pour pouvoir vraiment, non seulement m’en désidentifier, mais aussi m’en dégager.

Le même type de travail peut se faire pour des constellations plus grandes ou bien toute une fonction — le mental, l’émotionnel ou le corps physique —. On peut être identifié à son mental : « je pense, donc je suis ».

Une des bases du travail en psychosynthèse, c’est l’acceptation : les parties doivent être d’abord reconnues ; après avoir été reconnue, la subpersonnalité a besoin d’être acceptée, ce qui certains jours on voit la vie en rose, et d’autres jours, en noir. Par exemple, j’ai une subpersonnalité que j’appelle « la statue de la liberté ». Elle se tient très droite et très rigide et, comme il est écrit sur la statue de la liberté, elle veut faire briller la lumière dans le noir. Elle veut sauver le monde, c’est une fanatique du service au monde, une militante pour l’Amour. Bien sûr, c’est parce qu’elle voit le monde comme mauvais et que si elle permettra à la personne d’accepter la même partie chez les autres. Souvent ce qu’on ne tolère pas chez l’autre, c’est une partie de soi, qu’on ne tolère pas chez soi. L’acceptation est le premier pas vers la transformation.

G.B. — Nous avons parlé des limites, puis de l’identité, ce sont les premiers pas qu’il faut faire, avant de pouvoir commencer à envisager un système qui soit autonome. Comment la psychosynthèse aide-t-elle l’individu à devenir plus autonome, plus libre ?

M.S. — C’est à partir du moment où la personne a une expérience de son identité, au-delà des contenus divers auxquels elle s’identifie, et une expérience de la force de manifestation de cette identité (volonté), qu’elle peut se sentir libre et être autonome. Elle n’est plus réactive à son environnement, mais active et causale dans son environnement.

Deux cas typiques :

• Avocat, 45 ans, père de famille, il est venu me voir pour dépression. Très sarcastique, agressif, en rébellion par principe, il pouvait toujours s’opposer, dire non, exprimer son mécontentement, mais était incapable de dire à quelqu’un qu’il l’aimait bien. Des événements de son passé, son éducation catholique avaient laissé chez lui des traces profondes. Il s’accrochait à sa structure personnelle, s’ennuyait de plus en plus et ne trouvait plus de source d’énergie qui puisse passer dans son métier, dans sa structure. Nous avons surtout travaillé à l’ouverture à l’Amour, aux expériences de sommet cachées dans ses placards (tout français en a en réserve, souvent datant de son adolescence). Ce travail devait toujours se faire avec l’acceptation de la pensée, pour ne pas recréer cette dichotomie entre la pensée et le spirituel qui lui avait été imposé dans sa jeunesse. Bien entendu, au cours de cette thérapie un travail d’analyse sur son passé a été pratiqué, mais toujours dans le but de s’ouvrir à l’Amour et à son identité profonde au-delà de l’identification à sa personnalité défensive.

• Enseignante, la quarantaine, elle m’a été envoyée par une école de yoga. Elle venait parce qu’on lui avait dit qu’elle avait des problèmes personnels et qu’il serait bien, pour un meilleur service au monde, qu’elle fasse de la psychosynthèse. Elle n’avait jamais vécu avec un homme, n’avait pas d’enfant. Elle s’est beaucoup consacrée au yoga et à la méditation, faisait très attention à sa nourriture, à l’ouverture aux autres. Elle avait beaucoup de visions, mais aussi une répression de sa colère, un grand mépris pour le monde et la matière, une grande peur de l’énergie de vie qui risquerait de la « salir », une répression de sa douleur, de ses besoins personnels, de sa petite fille interne et de sa sexualité. Bien entendu, là encore, il a fallu faire l’analyse des raisons, qui lui ont fait (dans son enfance), privilégier la dimension mystique et réprimer ses besoins personnels, mais jamais il ne lui a été dit que ce qu’elle avait développé par ses pratiques de yoga et de méditation n’était qu’une « compensation ». Au contraire cette capacité d’ouverture a été utilisée pour l’apprentissage de l’amour de Soi et l’acceptation de ses besoins et de ses désirs.

G.B. – Tu as prononcé très discrètement le mot « volonté ». Quel sens lui donne-t-on exactement en psychosynthèse ?

M.S. — C’est vrai que j’hésite toujours à parler de la volonté en employant ce nom, parce qu’il a mauvaise réputation. Lorsqu’on parle de volonté en psychosynthèse, il ne s’agit pas de ce que le parent cherche à exprimer lorsqu’il dit à son enfant « tu n’as aucune volonté ». Il s’agit de la fonction qui pousse à l’action, mobilise, règle les différentes autres fonctions de la personnalité. Je n’ai pas dit « domine », mais « pousse à l’action ». Lorsqu’on parle de volonté, on se heurte souvent à des résistances. L’une d’elle vient de la conception victorienne de la volonté qui la voit comme un moyen de contrainte ou d’inhibition des autres fonctions de la personnalité. La volonté n’est pas intrinsèquement à l’opposé des désirs, c’est ce qui permet de changer le cadre de référence dans lequel les désirs opèrent. Mais si, lorsque on a changé ce cadre, aucun désir, aucun sentiment n’est convaincu, la volonté est insuffisante au bout d’un certain temps. Sans gratification, il finira par se produire une grève générale. Une autre résistance à la volonté, en fait plus profonde, vient du refus de vivre et de jouer le jeu. Un choix fondamental c’est de dire oui à la vie ; c’est un chèque en blanc donné à la vie. On n’a aucune bonne ou mauvaise raison de le faire ou de ne pas le faire. Autour de ces questions le thérapeute peut faire sortir le non, la colère vis-à-vis de Dieu, mais cela ne fera pas nécessairement dire oui et le thérapeute doit reconnaître qu’il ne peut rien faire pour que le patient dise oui. C’est ce choix fondamental qui donnera sa vitalité à notre capacité de choix et à notre capacité de mobiliser les désirs vers un but nécessaire à la manifestation de Soi.

G.B. – L’harmonisation des volontés individuelles est un des problèmes majeurs de l’économie et de la politique. La psychosynthèse permet l’expérience d’une volonté individuelle. Comment conçoit-elle l’harmonisation de ces volontés individuelles et la manifestation d’une volonté collective ?

M.S. — La volonté comprend plusieurs aspects. Un de ceux-ci est une volonté personnelle qui a pour but l’intégration de la personnalité et qui peut développer un séparatisme. Mais la volonté est aussi transpersonnelle et liée au mouvement et à la direction des processus de vie. Elle permet l’expérience d’un lien fondamental avec la société ainsi qu’avec la totalité de la vie. En ce sens il ne s’agit ni de refuser les limites ni d’en être prisonnier, mais plutôt de dépasser le problème en suivant notre impulsion de vie (non nos instincts) à l’intérieur de nos limites. Lorsqu’on travaille au niveau collectif, on cherche souvent l’annihilation des différences et des individualités. Il s’agirait plutôt d’approfondir l’individualité vers l’identité, de devenir plus individuel, plus séparé, pour trouver son identité, et avec elle son unité propre et l’unité de la collectivité.

Conscience de masse, conscience individuelle et conscience de groupe.

Un des problèmes qui se pose dans notre culture est celui d’un travail en groupe, d’un retour vers une collectivité et une conscience plus humanitaire, plus globale, plus universelle. Une des tendances est de reprendre les vieux modèles de collectivités où chacun se définissait par son appartenance au groupe. C’est ce qu’on pourrait appeler une conscience de masse. Puis s’est développée la conscience de l’existence individuelle, séparée du groupe, de la famille, de la matrice maternelle. Mais avec cette conscience individuelle apparaît un grand séparatisme, une identification à être différent, et une peur de se noyer à nouveau dans la masse. Le besoin actuel est de trouver une conscience de groupe où chacun a conscience de son identité propre, individuelle, mais aussi universelle. Nous avons peu de modèles pour ce nouveau mode, mais il s’agit d’une conscience et non pas nécessairement d’une organisation physique.

Méditation réflexive

Pierro Ferrucci propose comme sujet de méditation réflexive cette pensée de Goethe : « c’est dans la limitation de soi que se manifeste tout d’abord le vrai maître ».

Assagioli parle de trois aspects de la méditation : la méditation réflexive autour d’un thème, comme celle ci-dessus, la méditation réceptive dans le silence qui s’ouvre pour recevoir et la méditation créative qui a pour but de créer les formes les plus appropriées pour la manifestation. La méditation se fait à partir d’un point d’identité et n’est introduite chez les patients que lorsque la structure du moi est solide et qu’un début de conscience au delà du critique commence à se faire jour.

Pour en savoir plus

Votre épanouissement personnel par la psychosynthèse, Pierro Ferrucci, Ed. Retz, 1982.

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Martine Sandor s’est formée à la psychosynthèse en Californie. Elle enseigne la psychologie humaniste et transpersonnelle à l’École des Psychologues praticiens à l’Institut catholique de Paris et coordonne le programme de formation à la psychosynthèse, qu’elle exerce par ailleurs en travail individuel et en groupes de thérapie. (1982)


[1] Un personnage extraordinaire — Roberto Assagioli, par Sam Keen, interview parue dans Psychologie.

[2] De l’arbre de vie au schéma corporel ou le symbolisme du corps humain, Annick de Souzenelle.

[3] Psychosynthèse : principes et techniques, R. Assagioli, Ed. Epi, p. 33.