Quand la pensée gouverne l’atome : Les « Sujets-à-Métaux », un reportage de Joël André


18 Nov 2013

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(Revue Psi International. No 5. Mai-Juin 1978)

Des lévitations de tables aux lancers de dés, de l’activation des graines à la stabili­sation des bactéries, des déviations d’atomes, de photons ou d’aiguilles magné­tiques aux torsions de cuillers et de barres d’acier, des milliers d’observations ont été faites depuis le début du siècle pour mettre en évidence une éventuelle action de l’esprit sur la matière, dite « psychokinèse ».

Bien inutilement, dirait-on, puisqu’au terme de l’émission « Au-delà du naturel » (TF1, lundi 20 mars 1978), quelques personnalités scientifiques ont déclaré péremptoi­rement : « Tout cela n’existe pas ».

À tout prendre, c’est presque bon signe. L’histoire des sciences regorge en effet de verdicts de ce genre, condamnant sans appel des « impossibilités » telles que l’atome, les micro-organismes, les météorites, les ondes hertziennes ou les trans­mutations nucléaires et des découvertes aussi peu réelles que le chemin de fer, l’avion ou la télévision.

Ce qui est important, c’est donc de rétablir l’équilibre en opposant aux déclarations récemment entendues un propos objectif et approfondi sur la psychokinèse, der­nière victime de la censure rationaliste.

C’est ce que nous faisons en donnant la parole au Professeur John Hasted, Docteur en physique et directeur du laboratoire de physique au Birbeck College de Londres. Sous la direction du Professeur Hasted, cette institution scientifique s’est notam­ment signalée, vers les années cinquante, en devançant les meilleurs laboratoires américains sur d’importantes questions de physique atomique.

Alliant la rigueur des méthodes expérimentales à l’inventivité que bien des savants sclérosés et dogmatiques ont perdue, connaisseur de l’illusionnisme mais sachant préserver la spontanéité inhérente aux phénomènes PSI, le Professeur Hasted nous a paru l’interlocuteur idéal pour répondre aux détracteurs du phénomène psycho­kinétique, également baptisé « effet PK ».

Le Professeur Hasted n’ignore pas les réticences dont certains de ses confrères font preuve à l’encontre de ses recherches actuelles. Lorsqu’il parle de la commu­nauté scientifique, de ses préjugés et de ses lois, on peut comprendre l’indifférence, le scepticisme ou la prudence de certains savants.

Ce qui est moins admissible, c’est que des personnalités comme celles qui se sont exprimées lors de l’émission mentionnée ci-dessus attaquent publiquement des tra­vaux dont ils reconnaissent, en privé, le bien-fondé. Peut-être ces résistances d’arrière-garde sont-elles le signe d’une prochaine validation officielle des recherches sur la psychokinèse. Une question de temps…

Joël André : Professeur Hasted, vous dirigez le Département de Physique d’une prestigieuse institution scien­tifique, le Birkbeck College de Londres. Et puis vous organisez des expériences minutieuses sur la torsion psychique des métaux. Comment conciliez-vous votre carrière de physicien « clas­sique » et vos recherches avancées sur les phé­nomènes paranormaux ?

Professeur HASTED : Il s’agit effectivement de faire coexister deux aspects que la science actuelle a tendance à opposer. J’ai commencé ma carrière scientifique en étudiant quelques problèmes liés aux radars, puis je me suis dirigé vers la physique atomique, notamment lors de recherches au laboratoire d’Oxford. Voilà pour le physicien « classique » que j’ai été et que je continue d’être.

Avant d’arriver à Birkbeck College, j’étais, comme beaucoup de physiciens, très embarrassé par certains paradoxes issus de la physique quantique. On arrivait à des interprétations stu­péfiantes. De même, à Birkbeck College, la phy­sique quantique, telle que l’enseigne David Bohm, mène à des conceptions extrêmement avancées mais aussi très troublantes pour nous autres, physiciens de laboratoire. Ce n’est pas un cas isolé. Eugen Wigner, un grand physicien (qui a d’ailleurs reçu le prix Nobel pour des travaux du même genre) a sug­géré à tous les chercheurs de prêter attention aux phénomènes Psi. Car l’essentiel, pour la science avancée, est de mettre en évidence le rôle de la conscience et de l’esprit dans les processus que l’on définissait jusqu’ici en termes purement physiques.

Le fait que ces idées soient exprimées par des théoriciens dont personne ne peut nier l’en­vergure scientifique était déjà une incitation à considérer les phénomènes paranormaux d’une façon plus ouverte. Je me suis aperçu qu’en Cali­fornie, par exemple, où le nombre de travaux d’avant-garde est impressionnant, cette attitude positive à l’égard du paranormal était largement répandue. Cela m’a donné envie d’en savoir plus, et quelques chercheurs américains sont venus à Birkbeck College pour nous parler de leurs idées et de leurs travaux. Parmi eux se trouvait Fred Woolf, de l’Université de San Diego. C’est lui qui m’a parlé d’Uri Geller et des extraordinaires expériences en cours au Stanford Research Ins­titute, en Californie.

Le fait qu’un organisme scientifique aussi presti­gieux ait entrepris des travaux parapsycholo­iques selon des méthodes très rigoureuses, était vraiment très encourageant. Nous avons donc contacté Geller et nous l’avons rencontré, David Bohm et moi, lors de son passage à Londres pour une émission télévisée.

J’avais préparé et « marqué » très soigneuse­ment des spécimens métalliques. Sous stricte surveillance, Geller a effectué devant nous un pliage de métal très réussi. Je vous passe les détails mais je précise d’avance qu’il n’était pas question de substitution, d’illusionnisme, etc. Donc nous étions satisfaits de ce que nous avions vu, et en ce qui me concerne, cela m’a permis de me décider à étudier ces phénomènes scientifi­quement. Les faits Psi sont des faits d’observation, donc ils sont conciliables avec les méthodes de la physique expérimentale.

Joël André : Le monde scientifique est radicalement divisé sur le problème de la psychokinèse. Après l’échec de Jean-Pierre Girard et du jeune Stephen North, que vous aviez amené devant les caméras de la Télévision française à Grenoble, certains univer­sitaires ont eu des propos très durs à l’égard de la parapsychologie. Voulez-vous user de votre droit de réponse ?

Professeur HASTED : Volontiers. D’abord je tiens à signaler que je n’aime guère travailler dans les conditions qui nous ont été imposées. Je n’ai accepté d’amener Stephen à Grenoble qu’à la requête d’un physi­cien français de mes amis. Je ne sais pas com­ment cela s’est passé pour Girard, mais pour Stephen, c’étaient vraiment des conditions défa­vorables. Toutes les cinq minutes, les techniciens interrompaient l’expérience pour modifier les éclairages, faire changer Stephen de place ou de position, le remaquiller, etc. Lorsqu’on connaît l’influence du contexte psychologique sur les phénomènes Psi, on imagine à quel point Stephen a pu être perturbé. À la fin, il ne savait même plus pourquoi il était là !

Parce que deux expériences ont échoué, certains voudraient condamner l’ensemble des travaux et des résultats obtenus précédemment ! C’est une attitude irréaliste et antiscientifique. Met-on en doute un exploit sportif sous prétexte qu’on n’y a pas assisté soi-même ? Et conteste-t-on un record du monde parce que l’athlète ne peut pas tous les jours reproduire sa performance ?

Joël André : C’est la question cruciale de la « répétabilité » expérimentale, et l’argument le plus fréquent que l’on oppose aux phénomènes Psi.

Professeur HASTED : Il est insensé de prétendre à la répétabilité absolue pour des expériences aussi délicates. Nous essayons au maximum de limiter les influences défavorables mais la simple présence d’une personne hostile diminue les facultés du sujet PK. Et même en admettant qu’un sujet réussisse à chaque expérience dans n’importe quelles conditions, il n’y aura pas pour autant répétabilité absolue : un jour ou l’autre, le sujet perd ses dons PK et tout est à refaire avec un nouveau sujet.

L’argument de la répétabilité absolue est d’ail­leurs un peu puéril, un peu désuet. Parce que, même en physique tout à fait « orthodoxe », il existe des expériences si délicates que le simple fait de changer de cravate ou de déplacer un objet dans une pièce empêche de reproduire le résultat initial.

Joël André : De ce point de vue, considérez-vous les phéno­mènes PK comme aussi aisés à reproduire ou à étudier que les phénomènes extra-sensoriels ?

Professeur HASTED : Ils sont peut-être moins courants. On peut étu­dier les faits de télépathie ou de clairvoyance d’un point de vue psychologique. Les phéno­mènes de psychokinèse, eux, relèvent des méthodes de la physique. On doit donc faire appel à des instruments de mesure, et les effets que nous devons détecter sont d’une telle subti­lité, parfois, qu’il est bien rare de les enregistrer en grand nombre !

Joël André : Dans le champ de la psychokinèse, quelles rela­tions peut-on établir entre la télékinésie, le pol­tergeist, les « apports » et autres matérialisa­tions ?

Professeur HASTED : En tant que physicien, je distingue surtout les phénomènes observés sous contrôle strict et les faits spontanés, anarchiques, qui caractérisent le poltergeist.

En laboratoire, on peut utiliser par exemple un petit mobile en forme de losange, suspendu à un fil à l’intérieur d’un globe de verre scellé. Le mobile est recouvert d’un miroir sur lequel on dirige un rayon laser. Le miroir prend alors une certaine orientation. Le sujet PK doit essayer à distance de modifier cette orientation. Bien entendu, on élimine l’intervention de facteurs bien connus en physique tels que les effets ther­miques, acoustiques, électromagnétiques, etc. Voilà un fait PK contrôlable dans de bonnes conditions expérimentales.

D’autre part, il y a les phénomènes spontanés. Le poltergeist produit une série d’événements bizarres, raps, téléportations, apports, etc. Tout cela, le plus souvent, dans une atmosphère de trouble, d’excitation.

Lors de la première visite de Uri Geller à mon domicile, ma femme lui expliqua qu’elle ne croyait pas aux phénomènes PK. À ce moment-là, il s’est produit dans toute la maison un tel poltergeist qu’elle a très vite changé d’avis ! C’est un bon exemple de psychokinèse « sau­vage », imprévisible. Tout comme les pannes de récepteurs TV qui se produisent par centaines lors d’émissions consacrées à Uri Geller. J’étais sceptique mais le phénomène s’est produit chez moi.

Cela dit, il existe des relations entre les faits constatés en laboratoire et le poltergeist. Nous avons les tracés de signaux obtenus par de jeunes sujets sur une jauge de contrainte fixée à un spécimen métallique. Les sujets ne pouvaient pas toucher le dispositif, bien entendu. Eh bien, les tracés enregistrés sont caractéristiques des ondes physiques qu’on aurait obtenu en frappant le spécimen avec un objet dur ! Vous voyez qu’il y a là une analogie avec les « raps », les coups frappés produits par certains médiums ainsi que dans de nombreux poltergeists.

Joël André : Qu’il s’agisse des prestations de Geller, de Mat­thew Manning ou de J.-P. Girard, l’accusation portée par les milieux rationalistes est la même : fraude et illusionnisme. Comment réfuter cet argument si tenace ?

Professeur HASTED : Il faut d’abord savoir qu’il existe chez tout sujet Psi, aussi sincère qu’il soit, de puissantes moti­vations pour « forcer » le phénomène lorsque celui-ci tarde à se produire. Il faut donc que l’ex­périence elle-même dissuade le sujet de tricher, même inconsciemment. C’est pourquoi, en labo­ratoire, nous lui demandons d’obtenir des trans­formations structurales du métal, sans qu’il sache le moins du monde comment on obtient cela par la voie normale. Ainsi le résultat ne peut être, s’il survient, que d’origine paranormale. Dans une prestation publique, le sujet a ten­dance à exagérer l’effet PK, à vouloir le rendre plus visible, plus évident. Geller et Girard ont reconnu s’y être laissés aller. Mais vous pensez bien que nos méthodes d’expérimentation ne laissent aucune place à la manipulation et à l’il­lusionnisme.

Joël André : Précisément, les adversaires les plus acharnés des recherches PK se recrutent dans le clan des prestidigitateurs professionnels. Selon eux, le chercheur scientifique se laisse berner par des tours, des « trucs » qu’eux seuls pourraient déjouer.

Professeur HASTED : Pourquoi un scientifique ne pourrait-il pas apprendre l’illusionnisme ? Non seulement nous travaillons avec des professionnels de la presti­digitation, mais je la pratique moi-même depuis mon adolescence. Mon père l’avait lui-même apprise en Inde, pays réputé pour ce genre de talents. Geller a essayé de me jouer un tour lors d’expé­riences de télépathie avec des dessins. Je lui ai dit : « Excusez-moi, ça ne prend pas… » Après cela, il n’a plus recommencé. Girard m’a montré deux ou trois tours mais il n’est pas aussi fort que Geller.

Le prestidigitateur professionnel James Randy, qui est réputé dans le monde entier et qui est violemment hostile aux travaux sur la psycho­kinèse, a essayé de me convaincre que je m’étais laissé duper. Dans ce même bureau, il a exécuté des tours fantastiques, bien meilleurs que ceux de Geller. Mais il n’a pas réussi à m’illusionner. Alors je veux bien que l’on soit sceptique sur les résultats que nous obtenons tant qu’on ne les a pas vérifiés par soi-même. C’est l’attitude du Pr Dreyfuss, mais il se comporte en véritable physicien car il reconnaît que le protocole de nos expériences est correct. Tout expliquer par des fils invisibles, des substitutions ou des manipulations sous la table, c’est de la mauvaise foi.

Joël André : À quoi attribuez-vous cette hostilité, qui dépasse souvent les limites de la simple prudence scien­tifique ?

Professeur HASTED : Chez les magiciens professionnels, il s’agit d’une réaction de caste. La science les a déjà privés d’une partie de leur prestige en démystifiant la magie. Les sujets PK enlèvent aux illusionnistes le sentiment d’être des initiés, d’appartenir à une élite.

Quant aux scientifiques, le doute systématique est chez eux une habitude de pensée. Mais il existe aussi entre les différents secteurs de recherche des divergences d’intérêt. Si la réalité de la psychokinèse est prouvée, les subventions à la recherche sur les hautes énergies (dans les grands centres à accélérateurs de particules notamment) diminueront sensiblement. Aux États-Unis, une cinquantaine de savants se sont groupés autour du directeur d’une grande revue scientifique pour empêcher l’attribution de cré­dits à la recherche sur la psychokinèse !

Le crépuscule dogmatique

« Pourquoi un scientifique ne pourrait-il pas apprendre l’illusionnisme ? » L’émission « Au-delà du naturel », où s’exprimèrent récemment les censeurs de la parapsycho­logie, rappelle fâcheusement une campagne du même style orchestrée par la radio autrichienne voici une quinzaine d’années. Les mêmes ingré­dients : quelques scientifiques auréolés d’un prestige universitaire plus ou moins récent, un il­lusionniste réduisant toute investigation sé­rieuse à quelques tours de passe-passe, le tout ponctué de jugements hâtifs et méprisants sur l’ensemble des phénomènes Psi. La même fausse objectivité, les prétendues expériences en forme de traquenards, bref tout ce qu’une infor­mation tronquée et manipulée se permet d’utili­ser pour « enterrer » des faits nouveaux ou des idées naissantes. Il fallut, rappelle le Pr Bender, les vigoureuses protestations de plusieurs scien­tifiques pour que l’on revienne à un ton plus nor­mal.

Puisque la Télévision Française semble vouloir adopter ce genre de procédés, il nous paraît per­tinent de revenir sur les propos tenus le 20 mars à TF1 afin d’en éclairer quelques aspects sur lesquels l’interview du Pr Hasted incite à ré­fléchir.

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Pr Louis Néel : « Si des phénomènes de ce genre s’avéraient exacts, je vous assure que la science officielle s’y intéresserait beaucoup. »

Il existe en fait deux versants de ladite « science officielle ». Ce que l’on veut bien en dire au pu­blic, par l’intermédiaire de quelques porte-paroles bien choisis. Et ce qu’on « laisse igno­rer »; ce qui ne filtre que par le jeu des rumeurs et des démentis. Peut-on croire, par exemple, qu’après l’expérience réussie de télépathie d’une capsule spatiale à la terre (Mission Apollo 14), la NASA s’en soit tenu là dans ses recherches sur l’ESP ? Et pourtant le public n’en entend plus mot. L’astronaute concerné, Edgar Mitchell, dirige pourtant à l’heure actuelle un important Institut de Recherches sur les Phénomènes noé­tiques, c’est-à-dire sur les faits relevant de la conscience et des états psychiques dérivés. La « science officielle » et la NASA peuvent tirer leur épingle du jeu puisque l’institution dirigée par Edgar Mitchell est strictement privée !

Le Centre de Recherches sur les OVNI. d’Evanston (Illinois) est aujourd’hui célèbre dans le monde entier. Or, qui trouvons-nous à la tête de cet important organisme, non moins privé, dont l’existence n’engage donc aucune responsabilité du côté de la science officielle ? Le Dr Alan J. Hynek, un des meilleurs astronomes américains, particulièrement impliqué dans les grandes réalisations spatiales de la NASA et démissionnaire de la fameuse commission « Pro­jet Blue Book », censée établir ou réfuter définitivement l’existence des OVNI. Là encore, on le voit, la main droite ignore ce que fait la main gauche.

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Ne revenons pas sur les sempiternelles facéties de l’illusionniste Randy, qui vient tordre devant les caméras, une clé et une cuiller « travaillées » plusieurs heures à l’avance, selon un procédé bien connu !

Remarquons seulement la discrétion du même Randy sur la façon dont il s’est fait « pincer » par le Pr Hasted en essayant ses truquages devant lui. Et puisque Randy reproche aux scientifiques leur méconnaissance de l’illusionnisme, conseil­lons à ce même Randy de s’informer sur les re­cherches expérimentales en cours. Exiger fière­ment « deux caméras vidéo » pour que l’expé­rience soit correcte, alors que ce protocole a été respecté des centaines de fois, relève d’une ignorance ingénue, pour ne pas dire plus.

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La mesure est comble quand le Pr Gastaut « s’in­quiète » de l’intérêt actuel pour les phénomènes Psi. « Cette fuite du rationnel, ce plongeon dans l’irrationnel, va finir par partager le monde en deux groupes : un petit nombre d’élus rationalis­tes qui domineront, exploiteront la masse… ». Un siècle et demi de civilisation industrielle n’a-t-il pas suffisamment démontré que ce rêve de domination est précisément celui de l’« élite », scientiste ? Et encore s’agit-il bien d’une élite réelle ?

De fait, quels que soient leurs titres et privilèges, les « rationalistes » sont les grands perdants de la nouvelle pensée scientifique. La logique et la sémantique, les mathématiques et la physique théorique, tous les domaines avancés de la connaissance sont aujourd’hui engagés dans des voies paradoxales et multivalentes que nos car­tésiens envisagent avec angoisse. Leur ré­sistance, leur refus d’évoluer, tiennent avant tout à leur peur de ne plus rien comprendre.

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La question du trucage est reposée au moment de l’expérience avec Jean-Pierre Girard. Si l’on avait posé le problème en termes de « motiva­tion à truquer », l’occasion aurait été trop belle de parler des fraudes dans le champ de la science officielle.

A-t-on oublié le livre d’Arthur Koestler, « L’é­treinte du crapaud », qui rappelle la spectacu­laire tricherie d’un biologiste soviétique ? Ce dernier n’avait pas hésité à marquer les pattes d’un crapaud à l’encre de Chine pour prouver l’hérédité des caractères acquis ! Il est vrai que la thèse de Lamarck était à l’honneur du côté de la science officielle (encore elle) en U.R.S.S. ! Aux États-Unis, un scandale du même genre eut lieu vers 1970. Les deux principaux responsa­bles d’un prestigieux institut de recherches se risquèrent à truquer des expériences de généti­que. Il s’agissait, en faisant état de résultats fal­sifiés, d’obtenir des crédits importants qui ris­quaient d’être attribués à un organisme scientifi­que rival.

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Le physicien Yves Farge : « Beaucoup de nos collègues américains ont fait des expériences poussées, ont passé beaucoup de temps, ont dé­pensé beaucoup d’argent pour vérifier de telles expériences. Chaque fois que l’expérience a été faite dans les conditions les plus rigoureuses, il n’y a jamais eu de résultat positif. »

Ce que dit le Pr Hasted des expériences de Rus­sell Targ avec Geller est en soi un démenti. D’autre part, à combien M. Farge estime-t-il les dépenses engagées dans les gigantesques accé­lérateurs de particules et les non moins gigan­tesques radiotélescopes pour identifier d’hypo­thétiques particules élémentaires ou d’éventuels messages venus du fin fond de l’Univers ? Des experts ont déposé des rapports sévères sur la ruineuse inutilité de ces colossales installations qui n’ont jusqu’ici permis que des confirmations secondaires de choses que l’on avait supposées « sur le papier » depuis des années. Il a fallu trente ans avant de repérer en laboratoire le méson Pi, particule prévue par le physicien Yukawa uniquement par le raisonnement mathématique. On n’a toujours pas identifié le fameux « quark»

», cette particule aux propriétés particulièrement irrationnelles (« charme », « étrangeté », etc.) imaginée par le physicien Murray Gell-Mann pour résoudre certaines difficultés rencontrées en physique moderne. Va-t-on pour autant reti­rer au Dr Gell-Mann le Prix Nobel que lui ont valu ses travaux ?

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Un réel débat sur la parapsychologie aurait pu mettre en évidence ce que nous venons d’évoquer brièvement. Mais c’était s’exposer à une conclusion fort indésirable.

Une conclusion mettant en cause la recherche atomique, la physique quantique, les travaux sur les hautes énergies et les très basses températures. Dans tous ces domaines, on constate des comportements de la matière que la science matérialiste n’explique pas. De même les phéno­mènes Psi rendent-ils insuffisantes et incertaines la médecine et la neurophysiologie, la cybernétique et l’information, bref l’ensemble des sciences sur lesquelles reposent la civilisation industrielle.

Ce n’est pas seulement que l’investigation Psi puisse s’avérer un jour être déterminante pour l’étude des constituants ultimes et des propriétés quasi-abstraites du monde physique (avec tous les bouleversements de compétences, de prestige personnel et d’intérêts financiers que cela suppose).

C’est aussi (et, pour ne citer que des Prix Nobel de physique, ceci a été mis en évidence par Eugen Wigner, John Wheeler et Brian Josephson), c’est aussi parce que le mythe de la matière est proche de s’effondrer. Sur ce point, la physique
quantique et la Tradition se rejoignent : matière et énergie ne sont pas des réalités ultimes, mais des phénomènes engendrés par des champs beaucoup plus fondamentaux du réel. Et lorsqu’on atteint à ces dimensions de plus en plus épurées, la description mathématique et son in­terprétation impliquent des énoncés qui se trou­vaient déjà à la source des plus hautes métaphy­siques.

En bref : la conscience n’est pas un « accident » de l’évolution universelle. C’est l’univers, au contraire, qui se trouve indéfiniment engendré par un champ abstrait dont les propriétés sont celles de la conscience pure.
Ainsi se trouve renversé le postulat fondamental de la science matérialiste, sur laquelle repose toute la civilisation actuelle. Tant que les implications d’une maîtrise directe de la matière par la conscience n’auront pas été « récupérées » par la technocratie, les instances d’État et leurs organes exécutifs, nous pourrons nous attendre à ce que l’information officielle et la critique universitaire s’en tiennent à des positions dont nous venons de montrer la partialité.

J.A.

Joël André : Après la prestation d’Uri Geller à la Télévision britannique, il y a quelques années, des cen­taines d’enfants ont affirmé qu’ils détenaient les mêmes pouvoirs. Pourquoi des enfants ?

Professeur HASTED : D’une part, ils sont moins inhibés que les adultes, ils craignent moins le ridicule ou le qu’en-dira-t-on. Ensuite, les pouvoirs PK cessent généralement passé un certain âge, donc les adultes qui les possèdent sont beaucoup plus rares que les jeunes sujets. Ceux-ci perdent d’ailleurs leurs dons vers 16 ou 17 ans.

D’ailleurs si Geller ou quelqu’un de la même envergure ne fait pas prochainement une nou­velle émission télévisée, nous allons manquer de sujets PK ! Comme vous le savez, après l’émis­sion d’Uri Geller, les spectateurs téléphonent pour signaler que leur montre s’est tordue ou arrêtée, que le tube cathodique de leur récepteur s’est détraqué, que des ampoules se sont dévissées toutes seules, etc. Il y a là une sorte d’induction à distance, dont les enfants se font les relais. En voulant faire « comme Uri Geller », ils favorisent, en quelque sorte, l’effet Geller. La même chose s’est produite pour Felicia Parisi, qui travaille au Maïmonides Center de New York. Elle a vu un film sur le sujet PK soviétique Kulagina et elle a voulu en faire autant. Et c’est ce qui est arrivé.

Joël André : Et comment Geller lui-même a-t-il découvert ses pouvoirs ?

Professeur HASTED : Il était assis avec ses parents pour le dîner. En commençant son potage, il plonge la cuiller dans son assiette et la ressort complètement tordue. Exclamation de surprise du jeune Geller, qui montre la cuiller à ses parents. Sa mère lui a répondu : « Oh, ça devait être une mauvaise cuil­ler ! »

Joël André : Et vos propres sujets, c’est-à-dire une douzaine d’enfants entre huit et quinze ans, comment les avez-vous sélectionnés ?

Professeur HASTED : Je rends d’abord visite aux familles qui m’ont contacté. Il se peut que l’enfant produise dès ce moment quelques effets PK spontanés. Sinon, je lui propose de faire un essai avec la jauge de contrainte. Même si les signaux sont faibles, c’est encourageant. Cette première tentative n’est d’ailleurs pas faite pour disqualifier l’en­fant. En discutant avec la famille, on en apprend beaucoup plus sur ses capacités réelles. En effet, certains enfants ne réussissent pas avec la jauge, du fait de la distance, mais obtiennent des téléportations d’objets familiers ou des torsions impressionnantes à condition qu’on les laisse « caresser » le métal.

Joël André : Avez-vous constaté un « profil d’ensemble » des familles à sujets PK ? Et quelle est en général l’attitude des parents à l’égard du phénomène ?

Professeur HASTED : Les enfants qui se signalent à notre attention appartiennent à différents milieux. Nous avons donc affaire à des réactions extrêmement diverses, allant du naïf désir de publicité à la curiosité scientifique en passant par la suspicion ou l’incrédulité.

Il est important de connaître les motivations de la famille. Si les parents sont avides de publicité pour leur enfant, il faut éviter qu’ils assistent aux expériences. D’autres considèrent les facul­tés PK comme un handicap ou comme une tare. Ils coopèrent avec le scientifique par souci du bien-être de leur enfant, espérant que les recherches permettront d’expliquer et de « gué­rir » les manifestations PK. Enfin il y a des familles pour lesquelles PK est un jeu, auquel tout le monde participe. Chez les North, nous discutons tranquillement en attendant que les signaux se produisent et c’est une très grande joie pour tout le monde lorsque le détecteur enre­gistre l’effet PK.

Un autre avantage lorsque les parents sont coo­pératifs, c’est que l’enfant accepte mieux d’être surveillé par eux que par un étranger. S’il a ten­dance à tricher, ses parents peuvent plus facilement l’en dissuader.

Joël André : Comment maintenir la rigueur expérimentale sans inhiber la spontanéité nécessaire à l’effet Psi, surtout avec de jeunes sujets ?

Professeur HASTED : Tout d’abord, il faut que l’enfant soit motivé. Il ne faut pas hésiter à le complimenter. « Oh, quelle belle torsion de cuiller tu as faite, aujour­d’hui ! » Et puis quand il est fatigué de travailler les torsions, on passe aux « signaux » avec jauge. Si l’enfant commence à se désintéresser de l’expérience, c’est qu’il est fatigué. Il se détend avec un goûter et une tasse de thé, nous discutons de sa journée, de l’école, de ses jeux, etc. Au bout d’un moment son attention est ramenée sur l’expérience en cours.

Différentes méthodes psychologiques favorisent l’apparition et le nombre des signaux PK. Mais la meilleure motivation est la curiosité. C’est souvent le cas : l’enfant se pose des questions : pourquoi ces pouvoirs, pourquoi lui et pas les autres, etc.

Alors, on lui dit : « Eh bien nos recherches l’ex­pliqueront peut-être un jour. » Dans ces conditions, l’enfant se montre très coopératif et les phénomènes obtenus sont importants. Trois de mes meilleurs sujets sont dans ce cas.

Cela dit, il est exact que les exigences de l’obser­vation nuisent à la spontanéité de la psychokinèse. Si vous mettez l’enfant devant des caméras vidéo, il devient nerveux et perd ses moyens. C’est ce qui est arrivé à Stephen avec la Télévi­sion française. Les Américains ont été plus patients et au bout de 6 heures, le phénomène s’est produit.

Nous utilisons différentes méthodes pour que la surveillance soit stricte sans être trop appa­rente. Si l’enfant, qui ne se sent alors pas observé, essaie de toucher le dispositif, on lui fait remarquer gentiment, presque négligemment : « Ne sois pas nerveux, n’essaye pas d’y arri­ver comme cela. Tu peux le faire sans aucun contact. » Et on place l’objet à distance, sur un support mobile, etc. Quant aux méthodes elles-mêmes, je préfère ne pas en parler, cela pourrait compromettre des expériences ultérieures.

De toute façon, les phénomènes spontanés doi­vent également être pris en compte et enregistrés chaque fois que c’est possible. Chez Stephen, nous avons installé une caméra vidéo qu’il sait mettre en marche. Dès qu’il a l’impression que « quelque chose va se passer », il déclenche la caméra. Nous avons ainsi de très bons films, où Stephen réalise des phénomènes d’une grande force et excluant toute tricherie. Des fractures plastiques de métaux, par exemple.

Joël André : En dehors des torsions et pliages, devenus si j’ose dire « classiques », quels sont les phéno­mènes qui vous paraissent les plus remar­quables ?

Professeur HASTED : J’ai un film où l’on voit la tête d’une cuiller deve­nir complètement molle et osciller lentement sur son manche, d’avant en arrière.

L’action simultanée sur plusieurs spécimens métalliques disposés à divers endroits du labora­toire est une des choses les plus intéressantes. Si l’on met dix détecteurs sur un même morceau de métal, on obtient, disons, une centaine de signaux. Si ensuite on divise le métal en trois parties, le sujet obtiendra à peu près dix signaux sur chaque morceau de métal au même instant, ce qui prouve que la dispersion des cibles atténue la force de l’effet PK. Si l’on dispose ces morceaux de façon significative, le nombre de signaux augmente : la configuration spatiale joue donc un grand rôle en psychokinèse.

Il y a aussi les phénomènes D/R, c’est-à-dire de disparitions/réapparitions.

Joël André : Lors du Congrès de Reims, vous disiez en avoir deux exemples parfaitement contrôlés en labo­ratoire…

Professeur HASTED : Oui, en laboratoire, nous avons réussi deux fois à « faire entrer » un objet dans une sphère de verre fermée. Mais je connais plus de cinquante exemples de D/ R spontanés, la plupart étant liés à Uri Geller. De petits objets, des bibelots, des statues, des crayons, traversaient les murs ou plutôt disparaissaient de la pièce où ils étaient et réapparaissaient dans celle où je me trou­vais (la direction scientifique de « PSI INTERNATIONAL » appelle l’attention des lecteurs sur le fait que les phénomènes d’« apport » observés autrefois restent très discutés dans les milieux parapsychologiques. Il ne s’agit pas, bien entendu, de mettre en doute les propos du Professeur Hasted, mais de souligner que les faits relatés par lui ne se réfèrent qu’à son expérience personnelle).

Joël André : En avez-vous des exemples ici même ?

Professeur HASTED : Je possède des centaines d’objets qui ont été téléportés d’une pièce à l’autre par un jeune garçon sous les yeux de toute sa famille.

Je vais vous montrer un objet qui s’est matéria­lisé dans mon bureau ici même. Il s’agit d’un objet mexicain, une épingle à cheveux en argent. Sur le moment, je ne voyais pas le rapport entre le Mexique et mon bureau. Trois semaines après, Geller a fait un voyage au Mexique.

Je possède également un chapelet qui s’est matérialisé à mon domicile et dont personne ne pouvait s’expliquer l’apparition puisqu’il portait l’inscription « Souvenir de Lourdes ». Ce n’est que trois mois plus tard que ma fille, au cours d’un voyage en France, est passée par Lourdes.

Joël André : En tant que physicien, comment justifiez-vous ces téléportations et apports, tous ces déplace­ments d’objets par-delà murs et obstacles sans la moindre impulsion, sans la moindre résis­tance ?

Professeur HASTED : Vous savez qu’en physique quantique, on a cons­taté qu’une particule pouvait passer par deux trous d’un écran simultanément. D’autre part, elle peut franchir une barrière d’énergie même si son énergie propre est infime par rapport à celle de l’obstacle. Les objets qui se situent à l’échelle macroscopique, c’est-à-dire celle de notre monde visible, n’ont pas ces possibilités. Toutefois, dans le cas des phénomènes D/R. il semble que cer­tains objets macroscopiques se comportent comme les particules élémentaires à l’échelle quantique.

Dès lors, les phénomènes de disparition/réappa­rition pourraient relever d’un processus que les physiciens connaissent sous le nom d’« effet Tunnel ». Cela suppose évidemment que les lois de la physique quantique se vérifient parfois dans des systèmes macroscopiques, à grande échelle si vous préférez. Et l’on connaît des cas de ce genre, en physique des très basses tempé­ratures, par exemple.

Joël André : La physique avancée a effectivement des affinités de pensée avec le domaine paranormal leur le plan expérimental ?

Professeur HASTED : Nous utilisons des instruments qui sont employés dans les laboratoires modernes. La jauge de contrainte, par exemple. (On s’en sert dans l’industrie aéronautique pour mesurer les con­traintes dynamiques.) C’est une petite pellicule de plastique sur laquelle on vaporise des métaux spéciaux. Elle change de résistance électrique quand elle subit une contrainte en extension. Les signaux ainsi obtenus sont amplifiés et transmis à un dispositif d’enregistrement.

On peut monter de nombreuses jauges de ce type sur un même morceau de métal, ou sur plusieurs spécimens répartis à divers endroits du labora­toire. On peut ainsi préciser si deux morceaux de métal ont été tordus au même instant.

Il existe d’autres méthodes qu’il est parfois utile d’employer en même temps que la jauge. Ainsi, on est sûr que les effets de contrainte affectent bien le métal lui-même, et n’agissent pas sur la jauge directement.

L’important est que le système de détection soit ultra-sensible et que les signaux soient nette­ment de nature paranormale. C’est-à-dire différents des bruits électromagnétiques, acoustiques, thermiques, etc. Une dizaine de laboratoires dans le monde utilisent la même méthode pour l’investigation des effets PK.

Joël André : Depuis les expériences du Stanford Research Institute, que devient la recherche sur la psycho­kinèse aux États-Unis ?

Professeur HASTED : Comme vous le savez, le grand chercheur améri­cain Russell Targ a hésité à publier les résultats de ses expériences avec Uri Geller. On a dit : « Si Targ ne publie rien, c’est parce qu’il s’est aperçu que Geller était un imposteur. » Or, Targ a obtenu des résultats stupéfiants avec Geller. Les bandes vidéo qu’il a montrées à ses confrères sont saisissantes. On y voit, entre autres, l’« ap­port » d’une montre, de façon indiscutablement paranormale.

Targ pense que le phénomène est réel et cherche à l’expliquer par une synthèse de la physique et de la Théorie de l’Information. Il aimerait expé­rimenter avec d’autres sujets mais il n’y a pas aux États-Unis, de sujets capables de tordre le métal par effet PK.

Joël André : Même chez les enfants ?

Professeur HASTED : Le show télévisé de Geller a échoué aux États-Unis. L’induction des facultés PK qui s’est pro­duite en Angleterre n’a pas eu lieu là-bas. La presse et les scientifiques ont été très sévères pour Geller, et personne n’a fait l’effort de trou­ver les sujets qui manquaient pour des expé­riences supplémentaires. On a découvert un sujet PK récemment mais son nom est tenu secret. Il a obtenu à distance des signaux identiques aux émissions acoustiques que produisent certaines dislocations de structures atomiques. Une très belle expérience, très raffinée !

Joël André : Quels sont, selon vous, les chercheurs qui obtien­nent des résultats significatifs ?

Professeur HASTED : Pour la Grande-Bretagne, je citerais Ted Bastin, de Cambridge, Julian Isaacs, de Warwick et Arthur Ellison à Londres. En France, je pense que les noms les plus représentatifs sont ceux de Charles Crussard, Jean Bouvaist, O. Costa de Beauregard et Wolkowski. Au Danemark, Richard Mattuck, en Suisse, Welti, de Berne ; pour l’Allemagne Betz, de Munich, et le Profes­seur Bender. Au Canada, citons Georges Owen, de Toronto, et aux États-Unis Bonald Hawke (Livermore Laboratories), E. Rauschen (Berke­ley). Eldon Byrd (U.S. Navy Laboratories), Wil­bur Franklin (Kent State University). N’oublions pas les importantes expériences réussies au Japon avec un sujet PK à effets très puissants, le jeune Masuaka. Et surtout les expériences de Kromessky, de Bratislava. J’y ai assisté person­nellement, c’était impressionnant. Je m’en suis d’ailleurs inspiré pour expérimenter avec mes jeunes sujets à Londres.

Joël André : Avec la multiplication des recherches dans le monde, la psychokinèse ne devrait-elle pas faire bientôt partie des réalités scientifiques reconnues ?

Professeur HASTED : À ceci près qu’un mathématicien a montré, à propos des expériences de Schmidt, que plus grand est le nombre de personnes informées des résultats de l’expérience, plus faibles sont ces mêmes résultats. C’est pourquoi on ne peut pas se contenter des faits de laboratoire, il faut tenir compte de tous les phénomènes spontanés qui ont lieu au-dehors.

Joël André : C’est sans doute l’avantage de votre méthode de validation, que vous appelez la méthode des « actions impossibles ».

Professeur HASTED : Exactement. Si l’on veut enregistrer les meil­leurs phénomènes produits par un sujet, il faut rester avec lui 24 h sur 24. Ma paresse naturelle se révolte contre cette solution ! Mais on peut laisser au sujet des objets à déformer « à la mai­son », à condition d’être sûr qu’en aucun cas il ne peut obtenir en trichant l’effet demandé.

Le procédé le plus certain est la torsion de métaux enfermés dans des sphères et des tubes de verre. On peut très facilement vérifier qu’il n’y a eu ni substitution ni effraction.

Si le verre a été cassé et ressoudé, cela se détecte immanquablement. Avec certains alliages métal­liques, l’effraction est tout simplement impos­sible, mais le manque de transparence du tube limite alors la confiance du sujet PK et les déformations obtenues sont moins importantes. Le sujet doit pouvoir se « projeter », « entrer » dans le tube ou la sphère par le regard.

Joël André : Le physicien indien Sir Jagadis Chandra Bose avait mis en évidence une sorte de sensibilité dif­fuse chez les métaux. Pensez-vous que la psy­chokinèse soit un message inconscient transmis du sujet au métal par ce que vous avez appelé « la surface d’action » ?

Professeur HASTED : C’est possible, car j’ai remarqué que la sensibi­lité du jeune sujet PK change selon le matériau qu’il essaye de tordre (métal ou bois, par exemple). Et la « surface d’action » est certaine­ment un intermédiaire universel entre toutes les formes d’organisation physique et toutes les formes de sensibilité organique ou psychique. Elle protège aussi bien la main du karateka qui casse une pile de briques que les pieds du mar­cheur sur le feu. Elle intervient dans les expé­riences optiques par lesquelles nous pouvons déceler l’aura ou mesurer la fréquence liée aux centres neuropsychiques (chakram). Elle peut opérer des groupements moléculaires pour pro­duire l’ectoplasme des phénomènes spirites.

L’important est de la repérer et de la diriger aussi aisément que l’on dispose de ses propres mains. Vous savez que beaucoup de chirurgiens ont renoncé à utiliser le laser, car malgré sa pré­cision, on ne le sent pas comme on ressent le corps du patient à travers le scalpel. Dans la chi­rurgie « à mains nues », il n’y a pas incision effective de la peau, ni pénétration des mains dans le corps du malade. C’est la « surface d’ac­tion » qui passe à l’intérieur du corps et agit à la place du scalpel ou du laser. Le morceau de chair « matérialisé » par le guérisseur n’est qu’une « image » de l’information rapportée par la « surface d’action ». Dans le diagnostic para­normal, c’est la même chose. D’ailleurs, certains de mes jeunes sujets « voient » à l’intérieur de leur propre corps et de leurs cellules.

Joël André : Une sorte de « scanner » à l’intérieur de leur propre corps ?

Professeur HASTED : En beaucoup plus raffiné. La « surface d’ac­tion » c’est l’esprit, ou du moins une de ses faces. C’est une sorte de feuille très mince d’in­formation pure, transpatiale. Nous vivons dans des espaces complexes mais nous ne percevons qu’un seul espace. Par la « surface d’action », nous accédons à plusieurs espaces, peut-être même à une infinité d’espaces.

Joël André : Cela rejoint vos considérations sur la théorie des univers simultanés, d’après le modèle d’Everett, Graham et Wheeler.

Professeur HASTED : En effet. Au terme de cette théorie, il y a dans notre espace une infinité d’univers parallèles. Ils ne communiquent pas entre eux pour des raisons dites d’orthogonalité dans un espace hilbertien.

Ces univers sont des modèles mathématiques, des descriptions du réel. La réalité y prend différentes valeurs selon les systèmes dimensionnels. Ces différences, dans la réalité, se retrouvent au niveau du principe d’incertitude de la mécanique quantique.

C’est un modèle très important pour l’élucida­tion des phénomènes Psi. Car, dans cette infinité d’univers, il existe une diversité infinie, donc nécessairement des « monstres » du style OVNI, métaux PK, etc.

Or, même si nous ne voyons pas ces univers, nous vivons dans certains d’entre eux. Car l’es­prit, comme sa « surface d’action », transcende l’espace. Donc, dans d’autres univers, il y a d’autres Hasted, dotés eux aussi d’un esprit. Si je contacte un des Hasted dans un univers où le métal se tord psychiquement, le métal de mon propre univers se tordra aussi. Pour ce contact, il faut être « Psi », comme Geller, qui voit un Gel­ler dans l’univers-où-le-métal-plie. Il voit égale­ment nos « contreparties », les « versions de nous-mêmes » dans l’autre univers. Étant « Psi », il nous met en contact avec ces autres nous-mêmes et nous voyons le métal se tordre. Les enregistrements et les mesures de nos appa­reils confirment que le métal s’est tordu, donc qu’il y a eu communication entre les deux uni­vers. Le contact a pu se faire grâce aux « sur­faces d’action » liées à l’endroit où nous avons vu le métal se tordre.

Joël André : Si l’esprit détermine par la « surface d’action », une ouverture dimensionnelle sur d’autres uni­vers, il peut à fortiori favoriser une transition quantique très improbable.

Professeur HASTED : Wigner, dont nous avons déjà parlé, considère qu’effectivement l’esprit peut influencer une transition quantique.

Nous ne sommes pas loin de démontrer que l’ef­fet PK est un passage d’atomes d’un endroit à un autre par effet Tunnel.

L’énergie venant du sujet peut être très faible, mais alors la probabilité est, elle aussi, très minime. La « chance » qui permet à l’atome (ou à des systèmes physiques plus importants) de réaliser cette transition quantique hautement improbable, c’est l’esprit.

Joël André : Une dernière spéculation. Si nous vivons dans une infinité d’univers ne communiquant qu’exceptionnellement entre eux, d’« autres versions de nous-mêmes » dans d’autres univers sont peut-être déjà mortes à notre insu ?

Professeur HASTED : Une infinité de « nous-mêmes » sont déjà morts dans une infinité d’univers. Une infinité d’autres « nous-mêmes » continuent à vivre dans une infinité d’autres univers.

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