Swami Hridayananda Sarasvati : Raja Yoga 11


23 Apr 2010

Aller au texte précédent de la sérieAller au texte suivant de la série

(Revue Panharmonie. No 194. Avril 1983)

Enseignement donné à l’École Normale de Yoga Roscoff, Juillet 1980

SUKSHMA SHARIRA : Le Corps Subtil

La présentation du Vedanta est un sujet immense et il est pratiquement impossible de le faire en six conférences. Il faut donc que j’aille très vite. Aujourd’hui nous devons nous occuper du Corps Subtil, mais avant cela il serait bon de voir ce tableau qui éclairera les choses.

Vous pouvez vous poser la question : « A quoi bon tous ces détails ? Qu’est-ce que cela a à voir avec la méditation ? » Nous avons parlé de VIVEKA et VAIRAGYA, discrimination et équanimité et, si vous voulez développer ces qualités en vous, il faut que vous sachiez exactement de quoi se compose le monde. Il est très facile de dire que la Conscience Divine est en toute chose, mais il est très difficile de l’éprouver d’une façon tangible. Donc, une fois que vous avez compris comment tous les tissus de la Conscience Divine originelle ont été créés peu à peu, il est plus facile d’accepter cette notion.

C’est mon but. Néanmoins il ne s’agit pas pour vous de garder en mémoire tous ces détails, tout ce qui est écrit ici, mais simplement d’avoir bien compris et d’avoir une vue d’ensemble.

Voyons ce tableau : Pour commencer nous partons du Parabrahman ou Paramâtman, c’est ce que je veux dire quand je parle de Conscience Absolue ou de Conscience Ultime ou de Conscience Divine.

Juste avant la Création il y a Mulaprakriti ou la « Cause Primordiale » ou encore la « Matière Primordiale », et toute la Création est considérée par le Vedanta comme une sorte d’illusion. Il peut y avoir deux sortes d’illusions :

1) La première des illusions est que rien n’existe, mais que vous vous imaginez que quelque chose existe. Il y a des malades mentaux qui voient ou entendent des choses qui n’existent pas. Mais ici le pouvoir d’illusion est le pouvoir de la Conscience Absolue elle-même. Car il n’y a rien en dehors de cette Conscience, tout se produit à l’intérieur de cette Conscience Divine ou Absolue. Il faut que cela soit bien clair si vous voulez comprendre le reste. La Création a lieu au sein de cette Conscience et lorsque la dissolution ou résorption a lieu, elle a également lieu à l’intérieur de cette Conscience. Cette Conscience Absolue ne s’accroît en rien par la Création et n’est diminuée en rien par l’absorption.

Je vais essayer de vous en donner des exemples, c’est très difficile : Imaginez des braises rougies par la lumière. La braise n’est pas différente de la lumière. Ou essayez de visualiser un globe avec à l’intérieur des choses qui se produisent, sans pour cela qu’il n’augmente ou ne diminue.

Prenons l’exemple de l’eau en imaginant que sa masse ne change pas avec la chaleur. Lorsqu’elle commence à bouillir il y a toutes sortes de petites bulles qui se forment à l’intérieur du récipient. Cela se produit à l’intérieur de l’eau et non pas à l’extérieur. Il y a toutes sortes de phénomènes, forme, couleur, mais tout cela se produit à l’intérieur de l’eau. C’est vraiment le seul exemple auquel je puisse penser !

Donc tout cela se produit grâce à un pouvoir, à une force que nous appelons Maya. En général on dit que Maya est le pouvoir d’illusion, mais je pense qu’il serait plus correct de dire que c’est une force, un pouvoir, qui dissimule la réalité et qui projette l’irréalité. Mais rappelez-vous bien ce que je vous ai dit à propos de l’irréel et du réel. Je vous ai dit qu’était réel ce qui n’a ni début, ni fin, qui n’apparaît pas à un moment donnée pour disparaître à un autre, ce qui n’est soumis à aucun changement, ce qui est éternel. Et c’est la nature ultime de tout ce qui existe dans l’univers, parce que la Conscience Absolue est de cette nature et c’est cela la réalité.

Donc le pouvoir d’illusion dissimule, obnubile la réalité et fait que nous ne sommes plus conscients de cette réalité et alors, cette force projette l’irréel. L’irréel étant ce qui a un début et une fin, ce qui est soumis au changement, ce qui est périssable un jour ou l’autre. Cela concerne tout dans l’univers, que ce soit la lune, le soleil, les montagnes, tout ce que vous pouvez penser, car tout change et périt et un jour cela disparaît. Donc tout cela peut être considéré comme irréel, tout ce qui peut être saisi par nos sens est irréel de ce point de vue là.

Réponse à une question : Je ne parle de l’espace et du temps qu’en ce qui concerne la Création. Dans la Création il y a le temps et l’espace. Dans l’irréel il y a le temps et l’espace irréels. D’un point de vue ultime, tout cela, le temps, l’espace, sont irréels. Ils se trouvent inclus dans le processus de la création. Tout ce qui a une cause, qui comprend le temps et l’espace, est irréel. Tout ce qui a un début et une fin, qui est soumis au changement, qui périra un jour ou l’autre, c’est tout cela qui est la Création. Nous appelons irréel ce qui a été créé.

Question : Oui, mais c’est aussi une question de vocabulaire qui est différemment compris.

Réponse : Bien sûr ! Par exemple si j’utilise le mot « douleur », vous ne saurez pas ce que c’est si vous n’éprouvez pas vous-même de douleurs. Si vous n’avez jamais eu une migraine ou une rage de dents, à moins de l’avoir éprouvée vous-même, vous ne saurez pas à quoi cela correspond. Il y a certaines choses qui sont incommunicables par l’intellect ou par des mots. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de donner une idée approximative. Il faut que vous essayiez de dépasser les mots et ce que je dis, sinon vous ne pourrez jamais progresser.

Ici l’irréel n’est pas aussi irréel que le mot semble le faire croire, car, en effet, derrière tout irréel il y a la réalité, le réel. Rien de ce que nous appelons irréel ne peut exister si le réel n’est pas là comme substrat. De même que l’ombre et lumière ne forment des images que lorsqu’il y a un écran sur lequel elles se projettent, donc il faut qu’il y ait un écran, la Conscience Ultime, pour que l’irréel puisse apparaître. Sur l’écran qui lui, est en dehors du temps, l’irréel qui comprend le temps, est projeté.

Essayez de ne pas laisser fonctionner votre intellect pour tâcher d’aller un peu plus loin. Vous n’arrivez pas à entrer en communion avec ce que je dis pendant que je parle, parce que vous laissez votre mental fonctionner et dire « cela n’est pas possible… » etc. Ainsi vous n’arrivez pas à saisir ce que je vous dis. Nous parlons de choses qui transcendent le matériel physique. Moi, je vous parle de quelque chose dont j’ai fait l’expérience, et à moins d’entrer en communion avec moi, vous ne le saisirez pas. Il faut accepter certaines choses, tout ne peut pas être résolu intellectuellement.

Prenez un morceau de pierre, même dans cette pierre il y a cette Conscience Divine qui est au-delà du temps, au-delà de l’espace, qui est impérissable et qui est immuable. C’est très difficile de concevoir cela, mais la science est venue à notre secours, elle a prouvé que la pierre n’est pas inerte et qu’à l’intérieur de cette pierre il y a une énergie active. Au niveau ultime elle contient cette force, mais extérieurement on ne peut pas saisir cette force active de la pierre, car le médium est si épais que cela donne l’impression de l’inertie. Si devant une lumière vous mettez un verre blanc, vous voyez nettement la lumière le traverser, elle sera un peu tamisée, mais néanmoins cela sera de la lumière blanche. Si vous mettez un verre rouge foncé, l’éclat de la lumière diminuera, se ternira et la lumière sera rouge. Et si vous mettez un verre très épais et foncé, il n’y aura pour ainsi dire pas de lumière qui le traversera ; néanmoins à l’intérieur de ce verre épais et foncé il y a la même lumière éclatante, mais elle ne passe pas. Dans la pierre il y a cette Conscience Divine, mais Tamas fait une obstruction très forte, très épaisse, nous empêchant de prendre conscience de la présence de la Conscience Divine dans la pierre.

La science a montré que dans tout objet, aussi inerte qu’il paraisse, il y a de l’énergie. Or grâce à l’intuition nous savons que c’est en fait quelque chose de plus subtil que de l’énergie qui se trouve en tout objet créé et ce quelque chose, c’est la Conscience Divine.

Réponse à une question : Il faut partir du rationnel pour arriver à l’intuition. Dans le Vedanta on dit qu’il faut d’abord entendre, ensuite il y a la rationalisation, l’intellectualisation et finalement la méditation. C’est cela le processus du Vedanta : écouter, apprendre, réfléchir et ensuite méditer : Shravan qui veut dire entendre ; Manan, réfléchir, rationaliser et Nidhi-Dhyasan, méditer.

En Inde on adore des pierres dans certains temples, nous comprenons qu’en fait la pierre est le médium qui nous empêche de prendre conscience, de voir la Conscience Divine qui est présente en tout, même dans la pierre. Certains se moquent de nous, disant que nous adorons une pierre. Par la répétition de mantras très puissants, répétés par des gens qui ont atteint un niveau d’évolution tel, qu’ils ont des pouvoirs et qui arrivent à agir sur le médium et le rendre en quelque sorte transparent, la Conscience Divine peut agir à travers.

Bien sûr la pierre ne devient pas transparente aux yeux de tous, mais le Rajas et le Tamas de la pierre s’effacent pour laisser la place au Sattva. Si bien que la Conscience Divine peut alors être ressentie, éprouvée et on dit que l’on a développé le CHAITANYA, la Conscience Divine.

G. Monod-Herzen : Cela est ressenti par les Musulmans à la Mecque où se trouve la Pierre Noire.

Mataji : La cause ou la nature primordiale ou la matière, est presque comme une épure et c’est dans cette nature primordiale que tout se dissout tout ce qui a été créé au moment de la résorption. Tout le monde matériel se dissout, retourne aux éléments primitifs, aux éléments universels, et les empreintes inconscientes et subconscientes restent en latence dans cette sorte de matrice. Et, lorsque la Création se produit à nouveau tout cela surgit à partir de cette cause primordiale.

Imaginez que 20 % de personnes, 20 % d’empreintes retournent à cette nature primordiale. Chaque Création ne part pas de zéro. Si on donne comme exemple 20 % qui sont résorbés, ces 20 % sont recréés et, dans la matière primordiale, les trois Gunas ou les trois énergies qui composent la Maya, sont en équilibre. Les trois énergies, à savoir Sattva l’énergie la plus subtils, l’énergie plus grossières c’est Rajas et l’énergie encore plus grossière, c’est Tamas.

Dans Mulaprakriti les trois énergies sont en équilibre, mais lorsque la Création commence, l’équilibre est rompu et Maya se divise alors en trois aspects :

— La Maya Universelle ou pouvoir d’illusion qu’on appelle Maya,

— L’aspect individuel opposé à l’universel de Maya, c’est cela que nous appelons AVIDYA ou nescience ou ignorance,

— Puis le troisième aspect de Maya, nous l’appelons TAMASI.

Bien que j’aie dit qu’il y avait trois énergies, aucune de celles-ci ne demeure dans sa forme tout à fait pure. Chaque énergie comprend un petit peu des deux autres énergies. C’est-à-dire que Sattva, l’énergie la plus pure inclut un peu de Rajas et un peu de Tamas. De même si je dis Rajas, Rajas n’est pas à l’état pur, mais contient un peu de Sattva et un peu de Tannas. La même chose pour Tamas qui contient un peu de Sattva et un peu de Rajas.

La Maya pure dans sa portion sattvique forme ce que nous appelons VISHNU. La portion Rajasique forme ce que nous appelons BRAHMA et la portion tamasique forme ce que nous appelons RUDRA ou SIVA. Ces trois formations ont des rôles différents dans l’univers. La différenciation de l’univers a Brahma pour cause, la préservation de la Création a pour cause Vishnu et la résorption finale a pour cause Rudra.

La deuxième énergie, Rajas, forme les âmes individuelles, 84 « lacs » ou 8 400 000 espèces différentes. Avant de devenir des êtres humains nous sommes passés par toutes ces naissances. C’est pourquoi on considère la naissance humaine comme étant si importante, si haute dans la hiérarchie.

C’est avec Tamas que les choses se compliquent. Tamas est divisé en deux aspects : c’est Tamas qui est la cause du pouvoir d’obnubilation et du pouvoir de projection. AVARANA SHAKTI, c’est la force qui cache, c’est-à-dire qu’elle dissimule la réalité, ce qui fait que nous n’avons pas conscience de cette Conscience Ultime, Divine, qui est en chacun de nous. Le pouvoir de projection, VIKSHEPA SHAKTI, projette devant nous l’univers. Ici aussi Brahma, Vishnu et Rudra ou Siva ont pour cause Maya, mais en fait, ils contrôlent Maya, ils ont conscience de leur nature essentielle, ils sont conscients à tout moment d’être la Conscience Absolue, alors qu’au niveau intellectuel nous croyons que nous sommes simplement ce corps-ci, ce mental, cet intellect. Nous ayons perdu la conscience de notre nature essentielle. Si nous avons cette ignorance de notre nature essentielle, c’est à cause de Avarana Shakti, du pouvoir d’obnubilation de Maya, et c’est à cause de Vikshepa Shakti qui projette devant nous l’univers tel que nous le voyons, tel que nous le concevons.

Les éléments subtils sont des forces, ce sont les cinq éléments subtils, les TANMATRA. Nous avons d’abord la force de l’éther ou de l’espace. Et quelle est cette force ? C’est la force de l’élément AKASHA, c’est le son ou SHABDA. A partir de là il y a un élément plus grossier, moins subtil, c’est l’air subtil et l’air, c’est le médium par lequel on exerce son toucher et qu’on appelle SPARSHA. Le son c’est donc l’éther qui se condense en toucher et, en devenant encore plus grossier, cela devient l’élément subtil du feu. La force du feu c’est ce que l’on peut voir, donc la forme ou RUPA. Le feu et la lumière permettent de distinguer la forme. Puis cela devient encore plus grossier ou moins subtil et cela devient propriété de l’eau subtile, c’est-à-dire le goût ou RASA. L’élément subtil ou Tanmatra de l’eau est appelé goût, car il y a goût que si il y a de l’eau. Si vous avez une fièvre très élevée et que votre langue est complètement desséchée, vous ne pouvez plus percevoir le goût. Et puis cela devient encore plus grossier, c’est l’élément subtil de la terre dont la propriété est de sentir. Des particules infimes, lorsqu’elles entrent en contact avec le nez, vous permettent de sentir. C’est l’odorat ou GANDHA.

Donc ce sont les cinq Tanmatra ou éléments subtils, Shabda : son, éther subtil, Sparsha air subtil, toucher, Rûpa, forme ou feu subtil, Râsâ goût ou eau subtils, Gandha odeur ou terre subtile.

Pour que tout cela soit perçu, apprécié par les êtres humains, un réceptacle est nécessaire. Ce sont alors ces forces qui se condensent et qui deviennent les différents organes des sens. Cela aussi a été prouvé scientifiquement par la science qui dit que si l’on met un animal dans des environnements différents, exceptionnels, l’animal développera une modification des sens afin de pouvoir s’adapter aux nouvelles conditions. En conséquence à travers le son se développe l’oreille, pour le toucher se développe la peau, pour voir la forme se développe 1’œil, pour le goût se développe la langue et pour l’odorat se développe le nez.

Quoique tout cela se développe à partir de Tamas, il ne faut pas oublier que Tamas n’est pas pur et comprend aussi Rajas et Sattva. Ainsi Sattva, l’énergie la plus subtile des cinq éléments, prise collectivement, forme le cœur spirituel et les quatre aspects de l’esprit au sens général que nous appelons « organes internes et matériels ». Cet organe interne que l’on appelle « esprit » (mind en anglais) comprend lui-même quatre aspects. MANAS le plus grossier, c’est ce qui dirige vers le cerveau ce qui a été perçu de l’extérieur par les organes des sens. Puis, de plus en plus subtil BUDDHI qui fait la discrimination à partir des éléments d’information apportés au cerveau par MANAS ou mental. Reliée à la BUDDHI est l’AHANKARA ou sens de l’ego qui discrimine par rapport à l’ego, ceci est bon ou mauvais pour moi, alors que Buddhi discrimine ce qui est bon ou mauvais en général. Le sentiment né de cette discrimination au niveau de l’ego, forme une empreinte au niveau de l’inconscient et du subconscient, nommée CHITTA.

On regroupe ensemble MANAS et CHITTA, car dès qu’un sentiment, une pensée, une émotion a été générée, elle forme une empreinte au niveau du subconscient et, de même, on relie BUDDHI et AHANKARA, car dès qu’il y a une discrimination, un jugement porté : ceci est bon, ceci est mauvais, on le rapporte à l’ego. Donc ce sont deux groupes de jumeaux, MANAS et CHITTA, BUDDHI et AHANKARA.

L’aspect individuel de la partie à dominance sattvique des cinq éléments subtils forme ce que l’on appelle les cinq JNANENDRIYA ou organes de la connaissance. L’énergie subtile de l’éther forme le sens subtil de l’ouïe, le sens subtil de l’air, c’est la peau ou le sens du toucher, le sens subtil du feu c’est la vue, de l’eau c’est le goût et de l’élément terre, l’odorat.

Nous arrivons maintenant à la partie rajasique plus grossière des TANMATRA. En fait il faudrait pour cela plusieurs conférences, je mets tout cela en même temps, car nous avons très peu de conférences sur un sujet aussi vaste.

Donc la partie plus grossière ou rajasique des éléments subtils ou TANMATRA, si on les réunit, forme les cinq PRANAS, soit VYANA, PRANA, APANA, SAMANA et UDANA, qui ont des fonctions différentes.

Et si nous prenons l’aspect individuel de cette énergie plus grossière des TANMATRA ou les éléments subtils, ceux-ci forment les cinq KARMA ENDRIYAS, c’est-à-dire les organes d’action. Pour l’éther c’est la parole ou l’élocution, pour l’air la main ou préhension, à partir du feu le pied ou la locomotion, à partir de l’eau la génération ou reproduction et à partir de la terre l’excrétion.

Maintenant nous arrivons à Tamas, l’énergie la plus grossière, tamasique des éléments subtils ou Tanmatra. C’est encore plus compliqué, car chaque élément retient pour la moitié sa qualité propre. Prenons l’exemple de l’élément éther : pour moitié il reste SHABDA, le son et l’autre moitié se divise en quatre, ce qui donne un huitième pour chacun des éléments restants. C’est ce qu’on appelle « Quintuplication » et Quintuple mixtion ou PANCHI-KRITA.

C’est comme cela que sont formés les éléments grossiers et tout l’univers, y compris notre propre corps, est formé à partir de ces éléments grossiers. Tous les sept plans de conscience, il y en a quatorze en tout, ils sont en fait sept plus grossiers que la Terre, six plus subtils, BHU, la terre, BHUVAH le monde astral, les paradis, SUVAH, MAHAH, JANAH, TAPAH et le septième, SATYA, le paradis le plus haut. SUVAH, c’est le paradis inférieur. Il y a d’autres paradis ou ciels, MAHAH, JANAH et TAPAH. A partir du deuxième plan il n’y a plus de corps humains. On peut naître là avec un corps subtil seulement (BHUVAH). Mais jusqu’au troisième inclus vous pouvez devoir renaître sur le plan terrestre, car si vous avez atteint ce plan de conscience supérieur grâce à des actions méritoires, mais avec une motivation égoïste, avec le désir d’atteindre le bonheur paradisiaque, vous revenez sur le plan terrestre (BHU). Si donc vous avez aimé les autres, si vous avez été charitable, si vous avez construit des hôpitaux, aidé par exemple des inadaptés, vous atteignez un plan de conscience supérieur proportionnellement aux actions que vous avez accomplies quoique en espérant une récompense ; vous retrouverez un corps physique et reviendrez sur terre. Mais si vous atteignez un de ces plans supérieurs grâce aux mérites de votre méditation et non pas par des actions généreuses intéressées, vous pouvez ne pas reprendre de corps physique et ne pas revenir sur le plan terrestre.

Il y a cinq types d’êtres qui naissent à partir des éléments grossiers :

1) MANASIJAM, né d’un esprit, ils n’ont pas de corps humain-physique, ce sont des êtres célestes,

2) JARAYUJAM ou Vivipares, nés d’une matrice,

3) ANDAJAM ou Ovipares, nés d’un œuf,

4) SVEDAJAM ou né de la chaleur humide, les poux, les punaises, mais pas tous les insectes,

5) UDBHIJJAM ou germinipares, les plantes, etc. Sur le tableau en IV ce sont tous les autres objets que vous pouvez voir, percevoir dans l’univers.

Question : Je suis un peu gêné de voir apparaître APANA, excrétoire dans la colonne « feu » et PAYU, excrétion dans la colonne « terre ».

Réponse : APANA est une force et PAYU est un organe. Ils sont formés d’éléments différents.

Réponse à une autre question : Un animal, un chien par exemple, a un mental, mais pas de pouvoir de discrimination, Manas, mais pas Buddhi.

Mataji insiste sur le fait que les explications qu’elle nous donne, ne sont pas des créations mentales, mais des informations qui ont été révélées.

Question sur la Kabbale et le Vedanta.

Réponse : Si je connaissais bien la Kabbale, je pense que je pourrais faire la synthèse. On peut croire que le Vedanta et la Bible sont complètement différents, mais en fait, ils ne le sont pas. L’expression peut être différente, mais l’essence est certainement la même. L’explication intellectuelle peut différer, mais l’essence est la même. Il ne peut y avoir deux vérités.

Réponse à une autre question : La science ne peut nous amener au niveau ultime, mais seulement à un certain niveau intellectuel. C’est cela qu’en occident on a tant de mal à comprendre, parce qu’on ne peut pas aller plus loin que le mental. Nous orientaux nous avons transcendé le mental et l’intellect. Nous parlons à ce niveau-là, mais si vous vous arrêtez au mental et à l’intellect, on ne peut vous donner que certains éléments pour que vous entrepreniez votre recherche personnelle. Tandis que si vous voulez bien aller plus loin que votre mental et votre intellect, vous trouverez la même chose vous-même. C’est la raison pour laquelle nous méditons. C’est justement là le problème, car l’intellect est destructeur. Un jour vous disparaîtrez tous par une bombe atomique. Je pense qu’il faut se servir de l’intellect et ensuite le transcender.

Il y a un dicton en Inde qui dit : On comprend mieux ce qu’est la moutarde en en mangeant une graine qu’en voyant passer des cargaisons entières de moutarde ! Si vous n’avez jamais eu le goût du sucré dans votre vie et que moi, l’ayant eu, je cherche à vous l’expliquer, pourrez-vous le comprendre ?

La valeur de l’intellect c’est comme l’histoire du serviteur qui voyage avec un homme riche, en pèlerinage. Toutes les nuits ils s’arrêtent dans un endroit pour dormir et le matin, lorsque l’homme pauvre va faire ses ablutions, il trouve en revenant l’homme riche entrain de compter des paquets de billets de banque. Alors il se demande pourquoi cet homme possède tant d’argent : « Il faudrait que j’en prenne un peu pour devenir indépendant ! » Et puis son intellect se met à fonctionner et la fois suivante, lorsque l’homme riche s’éloigne lui aussi pour faire ses ablutions, le mental de l’homme se met à marcher de plus bel : « Où a-t-il bien pu cacher son argent, cela doit être sous le tapis ou sous le lit, sous son oreiller, dans sa valise, dans les poches de son manteau… » Il s’imagine tout ce que son intellect peut lui suggérer. Impossible de trouver cet argent et cela se poursuit pendant des jours entiers. Mais un jour il vient à la conclusion que c’était mal de sa part de vouloir voler cet argent et qu’il valait mieux renoncer. Néanmoins, par curiosité intellectuelle, il veut au moins savoir où l’argent est caché. Il va donc se confesser à l’homme riche : « Pendant des jours et des jours j’ai cherché à savoir où vous avez caché votre argent. Je comprends que c’est mal agir, je n’ai plus l’intention de voler, mais au moins dites-moi quelle est votre cachette ? » Et l’homme riche de répondre : « Je l’ai mis dans un endroit où ton intellect ne pouvait le trouver, sous ton propre oreiller. Tu as dormi sur cet argent nuit après nuit ! »

Question sur les éléments et les énergies.

Réponse : Ces trois énergies se manifestent dans la vie. Il y a des moments où on est complètement déprimé. A partir de ces trois éléments il y a bien sûr, des combinaisons innombrables. Tout est énergie. On peut accepter cette classification de base des trois énergies différentes, du plus grossier au plus subtil. Je ne dis pas qu’il n’y ait que trois énergies et même pour les éléments il y en a des milliers. Mais ils proviennent de ces cinq éléments de base. Je n’ai pas le temps de vous donner des détails, je suis obligée de vous donner une vue d’ensemble.

Aller au texte précédent de la sérieAller au texte suivant de la série