Swami Hridayananda Sarasvati : Raja Yoga 9


22 Apr 2010

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(Revue Panharmonie. No 192. Octobre 1982)

Enseignement donné à l’École Normale de Yoga à ROSCOFF Juillet 1980

Question : On dit souvent que les sages ou saints sont « ignorants ». Cela me semble impossible de devenir sage sans développement de toutes les personnalités de l’homme, mental compris, sans y rester évidemment ?

Mataji : Quand je parle d’ignorance, je veux dire que leurs connaissances universitaires n’ont pas été développées, qu’ils n’ont pas de diplômes. Certains n’ont pas appris l’alphabet et cela ne les a pas empêchés d’être des sages. On peut évoluer spirituellement sans un niveau intellectuel très élevé. L’intellectualité peut donner lieu à beaucoup de doutes. Finalement, il faut désapprendre tout ce qu’on a appris avant de pouvoir transcender le mental.

Nous allons parler des SIX QUALITES qui veulent dire les SIX TRÉSORS, textuellement les Six Richesses, SHAT SAMPAT, Sat = six et Bat = richesse. SAMBAT = la réalisation selon le Vedanta. On dit qu’il faut développer toutes ces qualités avant d’accéder à une certaine compréhension.

1o SAMA : C’est faire en sorte que les organes des sens ne soient pas excités par les objets des sens. Cela peut être réalisé en retirant le mental des organes des sens afin de ne pas être troublé par des objets des sens. En effet, les organes des sens ne peuvent fonctionner seuls, il est nécessaire que le mental s’y attache. C’est la raison pour laquelle dans l’état de sommeil profond, alors que le mental est retiré des organes des sens, ces organes ne fonctionnent pas.

Néanmoins si vous retirez le mental des organes des sens par une décision de votre volonté, en l’imposant au mental, cela pourra avoir un effet pendant quelque temps, mais ne pourra durer. Il faut comprendre encore une fois qu’il est impossible de couper, séparer continuellement le mental des organes des sens, la vie deviendrait très insipide. Ce serait comme une paralysie des organes des sens. Ceux-ci doivent être sains et, s’ils sont en état de bon fonctionnement, il est normal qu’ils réagissent aux objets des sens.

Ce qu’on attend de nous, c’est que, lorsque le mental est agité indûment par le contact des organes des sens avec les objets des sens, il doit se produire automatiquement, spontanément un retrait du mental et non pas à la suite d’une décision volontaire. La réaction aux objets des sens n’est pas en soi une obstruction, mais si le mental est agité et si vos pensées s’attachent continuellement à eux, cette pensée constante devient attachement. S’il y a attachement, cela signifie désir de possession, on n’est pas satisfait de simplement voir un objet, on veut un objet, on veut le posséder et comme cela n’est pas toujours possible cela agite le mental. D’autre part, il se peut que plusieurs personnes convoitent le même objet et s’affrontent pour sa possession et, à ce moment-là on peut en vouloir à la personne qui vous empêche de le posséder et on peut en ressentir de la colère et du ressentiment. Or un mental en colère est en état d’ébullition, si bien qu’il perd complètement toute conscience de l’Ultime qui est son substrat et même avant de parler de la Conscience absolue on perd complètement de vue l’Intelligence cosmique qui n’est qu’harmonie. On fait des choses que l’on n’aurait jamais dites ou faites dans un état normal et cela crée de l’inimitié et toutes sortes de problèmes dans la vie.

Voyez jusqu’où peut mener la simple vue d’un objet ! C’est pourquoi lorsqu’en contemplant un objet des sens on s’aperçoit qu’il crée en nous une agitation du mental qui n’est pas souhaitable, il doit y avoir un retrait automatique du mental, tout comme la tortue qui retire sa tête et ses membres dans sa carapace. Puisqu’on ne peut pas faire cela par une décision volontaire, comment y parvenir ? Il faut à ce moment-là vous rappeler tout ce que nous avons dit à propos du pouvoir de discrimination et du renoncement, de l’équanimité. Il faut aussi avoir sans cesse présent à l’esprit les faiblesses d’être extroverti et, au contraire, tous les avantages, tout ce que l’on peut gagner, en ayant un mental tourné vers l’intérieur. Il faut aussi voir quelle satisfaction l’on peut obtenir de l’entrée en contact des objets avec les sens, savoir, comme je vous l’ai expliqué hier, il faut bien être conscient que la satisfaction n’est pas créée par l’objet lui-même, mais que cette satisfaction vient de vous-même, de votre for intérieur. Et si vous avez bien compris cela, cela vous permettra de retirer votre mental sans aucun effort.

J’espère que tout le monde se rappelle ce que nous avons dit à propos du bonheur, de la satisfaction qui ne vient pas de l’extérieur. Que, lorsqu’on éprouve une jouissance, un plaisir, que, lorsqu’on a assouvi un désir, cela vient de nous-mêmes et non pas d’une source extérieure.

Avant de posséder un objet, il y a d’abord un désir pour cet objet. Lorsque vous désirez quelque chose, le mental entre dans un état d’agitation et un mental agité, troublé est ce qu’on appelle un mental sans paix. L’agitation peut être agréable ou désagréable, mais de toute façon c’est toujours une agitation. Et toute agitation produit dans le mental des fluctuations et des vagues irrégulières et grossières. C’est cela qui vous empêche de prendre conscience de la Conscience parfaite qui est en chacun de nous. C’est-à-dire que cela vous dissimule le Royaume des Cieux, si bien que, lorsque nous sommes dans un état d’agitation, nous sommes dans un état anormal. Notre état naturel, normal, c’est la perfection et la félicité. Donc l’agitation n’est pas un état normal et aucune partie de notre corps souhaite être dans un état anormal. Nous nous efforçons à chaque instant d’être dans un état normal. Par exemple, si une poussière entre dans notre œil, il y aura un effort constant de la part de notre œil pour éliminer cette poussière. Et si une épine pénètre dans un endroit quelconque de notre corps, là aussi, nous n’aurons qu’un désir, celui de l’enlever. Si vous avez une petite blessure, un aphte à la langue, vous le ressentez tant que cela ne sera pas parti. Péchez un poisson dans l’eau, si vous donnez à ce poisson un très bon lit dans une chambre agréable, un lit moelleux, de la musique et tout ce que vous pouvez faire, le poisson ne sera pas du tout à l’aise et ne cessera de frétiller jusqu’à ce qu’il ait retrouvé l’eau qui est son élément naturel.

Chacun veut être dans un état naturel, donc ces désirs constituent un état non-naturel et cette lutte que nous menons pour posséder l’objet de notre désir est un effort que nous faisons pour retourner à notre état naturel. Car au moment où nous avons satisfait notre désir, nous éprouvons un sentiment de calme, de paix, de satisfaction, du moins pendant quelque temps. Donc tout au moins pendant un laps de temps très court nous avons conscience de notre nature véritable.

C’est donc cela que nous éprouvons comme venant de l’extérieur, tandis que cela vient de nous-mêmes. Le mental s’extériorise sans cesse à travers les organes des sens et cela le met dans un état anormal.

En réfléchissant souvent à cela, le mental finira par se détacher spontanément et non à force de volonté, ou de compréhension intellectuelle, car lorsqu’on a bien compris l’exactitude de ce mécanisme du mental, celui-ci se détache spontanément des objets des sens. Avez-vous des questions à me poser à ce sujet avant d’aller plus loin ?

Question : Pour comprendre ce mécanisme du mental, il faut d’abord avoir atteint un certain état de conscience. Comment un enfant peut-il l’atteindre ?

Mataji : Le but ce n’est pas de devenir adulte tout d’un coup. Il faut d’abord qu’un enfant soit un enfant et passe par l’état de conscience d’un enfant avant de devenir adulte. Il doit commencer à jouer avec des jouets. Puis, à un moment donné, il va penser que la poupée n’a qu’une valeur de poupée et il va passer à autre chose spontanément. Mais il aura commencé à attacher de la valeur à la poupée.

Nous arrivons maintenant à la Deuxième Richesse, DAMA :

Nous avons appris que nous devons isoler le mental des objets des sens et, comme je vous l’ai expliqué au début, cela n’est pas possible tout le temps, nous ne pouvons pas marcher sur terre avec une paralysie de tous nos organes des sens ! Mais ce que nous pouvons faire, c’est de ne pas les mettre en contact avec des objets qui les excitent indûment. Bien sûr, nous devons entrer en contact avec toutes sortes d’objets, mais malheureusement l’homme se force en quelque sorte à entrer en contact avec des objets qui ne sont pas nécessaires et qui l’agitent considérablement. Car, en effet, il y a en l’homme un désir inné de ressentir une excitation, il a l’impression que sans excitation sa vie est anormale. Il ne comprend pas tout ce qu’il peut gagner en gardant le mental tout à fait calme.

Si vous allez voir un film dans un sex-shop et qu’ensuite vous dites que vous voulez isoler votre mental des objets des sens, vous imaginez bien que cela ne sera pas possible. C’est un exemple qu’on peut donner. Mais était-ce nécessaire de voir ce film ? C’est ainsi qu’il y a beaucoup de choses qu’on peut éviter, car il ne faut pas oublier que tout ce que l’on voit forme une empreinte au niveau du subconscient et vous ne savez pas quand cette empreinte sera stimulée et vous poussera à répéter l’action. La plupart des actions sont la résultante finale des empreintes emmagasinées au niveau du subconscient par des actions ou des sentiments précédents. Cela évidemment ne veut pas dire que vous deviez cesser d’entreprendre toute activité, que vous devez cesser d’éprouver tout plaisir en cette vie.

En effet, en toute chose on peut agir de façon extrême ou modérée. J’ai rencontré un homme en Inde qui était censé être très évolué spirituellement. Il l’était autant qu’il le pouvait. Il avait une très belle maison et de très beaux objets dans son salon, mais tout était couvert de housses blanches. Quand nous sommes allés chez lui, nous avons été très surpris de voir que tout était recouvert de housses et nous lui avons demandé pourquoi il faisait cela ? Il nous a répondu que c’était tout simplement pour empêcher des formations d’empreintes dans son subconscient. Ceci, c’est vraiment aller à l’extrême !

Donc, il faut que partout et toujours nous équilibrions notre bon sens, afin d’agir comme il convient. Cela c’est DAMA. Y a-t-il des questions à ce sujet ?

Question : Ne peut-on aller partout sans en être touché ?

Mataji : Mais quel avantage trouvez-vous à éprouver cette agitation sensorielle qui n’est pas nécessaire ? Quel en est le gain ? En agitant le mental, vous ne créez par d’harmonie, au contraire. J’ai dit très clairement qu’il ne s’agissait pas de s’isoler des autres, mais d’éviter les excitations qui ne sont pas nécessaires.

Les critères varient selon les individus, il n’y a pas de critères généraux. Il faut simplement observer son mental et voir ce qui peut l’agiter et ce qui vous agite dépend de votre degré d’évolution et varie d’un individu à l’autre. Si vous êtes très évolué rien ne vous agitera, vous pourrez effectivement aller partout et voir n’importe quoi. Mais au début, vous devez bien vous rendre compte du degré d’évolution auquel vous vous trouvez. Vous devez pouvoir apprécier les situations qui ne sont pas recommandables à votre degré d’évolution actuel.

Prenons un exemple très concret : vous allez voir un film pornographique et votre ami éprouve une excitation sensuelle pour une autre femme. Alors votre plaisir s’arrête là ! Ce sont des exemples que je n’invente pas et qui m’ont été racontés : un couple est allé voir un spectacle. C’était des gens d’un certain âge. La jeune femme qui était l’actrice était très belle et l’homme voulait avoir des relations sexuelles avec elle. C’est alors qu’ont commencé les ennuis dans le couple et cela s’est terminé par un divorce. Et quand la femme a demandé à son mari : « Mais pourquoi tout cela, je suis ta femme ? », il était dans un tel état d’excitation qu’il lui a répondu : « Va te regarder dans une glace et vois ton visage ! » C’est une histoire vraie ! Donc, quand les anciens ont exprimé toutes ces règles de conduite, tous ces conseils, ils n’étaient pas si stupides que cela !

Un autre exemple : si deux personnes se disputent sans que cela ne vous concerne et que vous vous en mêliez en prenant parti pour l’un d’eux, cela vous agitera. Finalement, vous vous trouvez mêlé à la dispute et au lieu de deux personnes qui se querellent il y en a trois et vous en sortez avec un mental très agité. Est-ce que cela en valait la peine ?

Question : L’agitation ne peut-elle être quelque fois nécessaire et bénéfique ?

Mataji : Peut-être. Mais votre nature vous entraîne souvent et vous pouvez alors faire des expériences amères. Il faut peut-être passer par là, par ces expériences désagréables pour comprendre la nécessité de SAMA et DAMA. Si un enfant veut mettre son doigt dans le feu, vous pouvez lui dire : « Attention, tu vas te brûler, cela va te faire mal ! » Mais peut-être ne le croira-t-il qu’au moment où il se sera brûlé. Est-il vraiment nécessaire de se brûler ? Puisque nous sommes des êtres doués d’intelligence et de discrimination, il vaudrait mieux comprendre les dégâts que peut causer l’agitation mentale, que d’être ballottés par la vie et de faire des expériences extrêmement désagréables pour arriver à la conclusion qu’il faut éviter tout cela.

Ajit : Il y a aussi des gens qui ne comprennent pas et qui vont d’expériences désagréables en expériences désagréables, sans jamais en sortir.

Mataji : Ces être-là ont un mental particulièrement épais, imperméable à la discrimination.

La Troisième Richesse, UPARATI, est décrite dans de nombreux livres comme étant la cessation de toute activité. Mais je ne suis pas d’accord avec cela. Il est impossible de vivre en ce monde sans agir ; mais pour 99,9 % des gens, les activités dans lesquelles ils s’engagent ont pour but de satisfaire leur ego. Or si vous voulez vous-mêmes satisfaire votre ego, les autres êtres veulent aussi satisfaire le leur et cela se termine par un affrontement entre les différents ego, car en effet, la première question qu’on se pose lorsqu’on veut faire quelque chose est en général : « Quel avantage vais-je en retirer, qu’est-ce que cela va me rapporter ? » Avantages matériels auxquels on pense et non pas aux bénéfices spirituels, même si les bénéfices matériels peuvent être nécessaires.

En effet, même si vous êtes l’homme le plus riche du monde, vous pouvez aussi être le plus malheureux. Il s’agit donc d’agir dans un esprit de désintéressement et pour ce faire il faut comprendre certaines lois :

La première des choses à comprendre est que nous sommes placés dans la vie à une place qui n’est pas le résultat d’un choix personnel, mais qui est l’expression de la Volonté Cosmique. Car la Volonté Cosmique n’est concernée que par le bien de tous et ainsi la situation particulière dans laquelle vous vous trouvez est nécessaire à votre évolution personnelle. Si bien que nous pouvons nous trouver dans certaines situations qui ne sont pas agréables pour nous, mais il faut que nous comprenions que cette situation désagréable est nécessaire pour notre bien et qu’il faut donc l’accepter et faire le maximum pour agir le mieux possible dans cette circonstance. En général, nous ne voulons pas accepter et nous passons notre temps à nous plaindre et à être agités, ce qui est loin de l’améliorer, mais qui, au contraire la rend pire. Donc, faites le mieux possible tant que vous vous trouvez dans cette situation, mais en même temps essayez de vous en sortir.

Je ne veux pas dire que vous deviez accepter une situation désagréable sans essayer de vous en sortir. Ce que je veux dire c’est que ce que nous appelons KARMA veut que nous devions passer par là, c’est-à-dire endurer la situation désagréable tant que le karma n’est pas épuisé. Au moment où il sera épuisé, la situation s’éclaircira d’elle-même. Il faut néanmoins faire un effort personnel, mais cet effort ne pourra porter ses fruits qu’à ce moment-là.

Donc, tout ce que vous avez à faire, faites-le le mieux possible et en même temps efforcez-vous d’améliorer les choses. Quand le moment sera venu, vous vous trouverez dans une situation meilleure. Acceptez, car si vous vous agitez sans cesse, vous gaspillez votre énergie. N’oubliez pas que toute pensée dépense de l’énergie et si vous vous révoltez sans cesse vous gaspillez votre énergie et ce que vous ferez ne pourra jamais être parfait. Car il faut concentrer toute son énergie sur ce que l’on fait, si on la gaspille en pensées, il n’en restera plus pour l’action.

En vous absorbant dans le travail que vous accomplissez, dans votre action, vous aurez l’avantage d’aller dans le sens de votre évolution spirituelle. En effet, lorsque vous vous absorbez complètement dans quelque-chose, votre mental est focalisé entièrement sur cette chose. C’est pourquoi lorsque vous faites quelque chose que vous aimez beaucoup, vous oubliez tout ce qui vous entoure et vous êtes entièrement dans cette action, vous êtes alors dans un état de méditation. Et ensuite, vous allez de plus en plus profond en vous-mêmes, si bien que ce que vous accomplissez, vos pensées, ne sont pas du tout une obstruction, au contraire. Efforcez-vous donc d’agir, de travailler de cette façon.

La Quatrième Richesse, TITIKSHA : acceptation sereine des paires d’opposés, c’est garder un équilibre harmonieux en toute circonstance. C’est la suite de ce que je viens de dire, car vous devez comprendre qu’il y a des situations que vous ne pouvez changer. Cela ne veut pas dire que vous ne deviez pas vous efforcer à les changer, mais que vous ne devez pas vous agiter indûment. TITIKSHA, c’est donc la faculté d’endurance, c’est accepter également le succès et la défaite, le gain et la perte, la chaleur et le froid, les conditions favorables et les conditions défavorables. Évidemment, lorsque vous avez trop chaud, vous pouvez ouvrir la fenêtre. Quand le remède peut être appliqué à la situation, employez-le. Mais si vous vous trouvez dans des conditions où vous ne pouvez ouvrir une fenêtre, supportez-le. Ou, au contraire, si pendant l’hiver vous ne pouvez pas avoir de radiateur, il faut supporter le froid. Mais si vous pouvez en avoir un, n’hésitez pas à vous en servir.

Il ne s’agit donc pas de créer des situations désagréables, ni de cultiver l’endurance. Il y a en Inde des gens qui, en hiver, se promènent tous nus en disant qu’ils pratiquent Titiksha et ils tombent malades. Donc cela est tout à fait inutile.

En ce qui concerne TITIKSHA, je pense qu’il n’y a pas tellement de choses à dire. Si vous pratiquez ces différents points, vous resterez équanimes devant toutes les situations. Car rien n’est entièrement entre nos mains. Tout ce que nous pouvons faire, c’est agir de notre mieux. Mais il est nécessaire qu’il y ait coopération avec la Volonté Cosmique. Le mieux que nous puissions faire, c’est de nous efforcer d’agir en harmonie avec Elle. Plus votre mental est calme et plus vous êtes en communion avec la Volonté Cosmique.

La Cinquième Richesse, SRADDHA, c’est la foi. Ce n’est pas la foi aveugle, mais il faut avoir une certaine foi pour continuer dans la Voie Spirituelle. Si vous voulez avoir absolument une preuve pour tout, vous pouvez avoir des doutes, dans la Voie Spirituelle ce n’est pas possible.

Ainsi, comment est-ce possible par exemple, que nous soyons tous un seul dans cette Conscience Universelle, alors que nous sommes tous si différents les uns des autres, que nous pensons de façon différente ? Pour saisir la réalité de cette affirmation, il faut atteindre cet état de conscience par une pratique spirituelle continue. C’est donc impossible à démontrer qu’il en est bien ainsi. Ce n’est qu’avec la pratique spirituelle constante que l’on a atteint un degré de conscience, d’évolution suffisant. Jusque-là il faut bien se fier à l’expérience des autres.

Alors on vous dit : « Si je vous crois sur parole, c’est la foi aveugle ». Pourtant, on peut en donner une preuve parce que la science a prouvé que tous les objets que nous pouvons apercevoir peuvent finalement être réduits à de l’énergie. Alors il n’y a plus qu’une masse uniforme d’énergie, bien que nous apparaissions tout à fait distincts les uns des autres. Cela est prouvé par la science, intellectuellement. Mais l’intellect lui-même est une énergie et il tire son énergie d’une autre source au-delà de l’intellect. Et ce qui est au-delà de l’intellect ne peut être décrit par l’intellect qui ne peut le saisir.

Arrivé à ce point-là, ayant compris cela, on peut imaginer une Conscience Transcendante. Bien sûr, après y avoir réfléchi, il faut en faire l’expérience soi-même.

L’eau est composée d’hydrogène et d’oxygène, mais vous en doutez. Alors le scientifique vous dit : « Faites l’expérience vous-même d’isoler l’hydrogène et l’oxygène ». Vous en faites l’expérience et à ce moment-là vous êtes convaincu. Mais si vous dites : « C’est absolument impossible, je ne vais pas faire l’expérience ! », alors vous ne serez jamais convaincu.

C’est pourquoi nous disons qu’on ne peut progresser dans la Voie Spirituelle qu’à condition d’avoir une foi.

La Sixième Richesse, SAMADHANA, c’est la focalisation de l’esprit et l’équilibre du mental, c’est-à-dire que le mental s’est débarrassé de toutes les oscillations et les agitations inutiles et que vous trouvez alors très facile de concentrer votre mental sur un point, de le guider vers l’état de méditation. Dans la méditation, vous trouverez un état plus grand qui est au-delà du physique et du mental. Ce que nous découvrons alors dans la méditation sera le sujet de notre prochain entretien.

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