André A. Dumas : Le Rayonnement humain ou « magnétisme »


01 Apr 2017

(Extrait de La Science de l’Âme, 2e édition. Dervy-Livres 1980) 

Ainsi de nouvelles expériences sont nécessaires pour déterminer les lois de l’influence magnétique, mais cette influence elle-même, nous croyons pouvoir l’affirmer hautement, n’est plus une hypothèse, c’est un fait, un fait matériel, positif, précis, que tout le monde peut observer, expérimentable à volonté, remplissant en un mot toutes les conditions d’un fait scientifique.

Émile BOIRAC,

Recteur de l’Académie de Dijon

(La Psychologie Inconnue, 1920)

Depuis l’époque où Mesmer (1734-1815), avec son baquet « accumulateur » donnait une impulsion nouvelle la question du magnétisme humain et provoquait en 1788, la constitution, au sein de la Société Royale de Médecine, d’une Commission d’enquête, bien des controverses ont été soulevées, bien des théories ont vu le jour, bien des faits ont été constatés, bien des tentatives ont été faites pour que ceux-ci soient reconnus. La commission académique avait conclu à l’inexistence de ce qu’on appelait à l’époque le « Magnétisme animal » : « L’imagination sans le magnétisme produit tous les effets du magnétisme et le magnétisme sans l’imagination ne produit rien » (106).

Seul, le naturaliste Laurent de Jussieu s’était élevé contre ces conclusions trop excessives et avait refusé de signer le rapport. Plus tard, d’autres commissions officielles conclurent favorablement, mais la publication de leurs rapports fut refusée ou leurs conclusions repoussées d’une manière ou d’une autre.

Ce sont les faits et non les préjugés qui doivent trancher la question ; examinons donc les faits :

Chaleur ou émanation humaine ?

En 1894, le docteur Luys imagina, pour photographier les effluves humains, d’appliquer sa main vingt minutes sur une plaque vierge immergée dans un bain de révélateur. L’image obtenue portait l’empreinte de la main et tout autour on distinguait une auréole plus ou moins étendue qui était due, selon lui, à la radiation humaine.

Cette communication sensationnelle fut faite en 1897 à la Société de Biologie et à l’Académie des Sciences, mais elle fut vivement critiquée par les physiciens, en particulier par le docteur Guebhard, professeur de physique à l’École de Médecine de Paris, et par M. P. Yvon, qui incriminèrent l’action de la chaleur.

M. Yvon fit agir sur des plaques sensibles une main vivante et une main morte prise à l’amphithéâtre de médecine. Seule la première révéla des effluves. En réchauffant la main morte une température constante de 35o, on obtint l’auréole vitale.

En 1925, le docteur Ménager, à la prière du docteur Osty, étudia la question et parvint aux résultats suivants (109) : En remplaçant les doigts vivants par des doigts de caoutchouc, remplis d’eau plus chaude que le révélateur, le docteur Ménager a obtenu les mêmes empreintes qu’avec un doigt vivant ; si l’eau introduite dans les doigts de caoutchouc est à la même température que le bain révélateur, il n’y aucune empreinte ; enfin si l’eau est glacée, on obtient encore des empreintes, mais tandis qu’avec l’eau chaude elles étaient opaques sur le négatif et claires sur le papier de tirage, les valeurs sont inversées avec l’eau glacée. Le docteur Ménager concluait que les « effluviographies » sont conditionnées par la chaleur agissant en tant que chaleur et comme force motrice. Est-ce à dire que les effluves humains n’existent pas ? Assurément non, écrivait-il, mais c’est à l’aide d’autres procédés qu’il faut chercher à les enregistrer.

* *

La preuve est-elle donc faite qu’en toutes conditions les effluviographies ne peuvent être dues qu’à l’influence calorifique ? Non pas, car le docteur Ménager n’a pas tenu compte des expériences de Gabriel Delanne qui semble avoir éliminé l’action de la chaleur de la main en interposant entre celle-ci et la plaque, une couche, épaisse de 15 millimètres, d’alun, substance adiathermique c’est-à-dire imperméable à la chaleur ; il obtint ainsi des images très nettes. Dans une autre série d’expériences, Delanne se servait de deux plaques de verre de 30 cm x 40 cm, entre lesquelles et suivant leurs bords longitudinaux, étaient intercalées deux bandes de caoutchouc de 1 cm d’épaisseur. A l’une des extrémités et entre les deux plaques aboutissait un tube de caoutchouc par lequel pouvait arriver l’eau.

Les deux plaques, solidement ligaturées et légèrement inclinées, constituaient ainsi un écran d’eau courante froide, laquelle sortait par le côté opposé dans un évier, avec un débit de 1 litre et demi par minute.

Cet écran liquide était alors placé sur une cuvette dans laquelle se trouvait le révélateur. Pour éviter ainsi une action possible de la lumière qui aurait pu être emmagasinée par la main, Delanne avait placé sur la surface supérieure de l’écran une feuille d’étain très mince qui le recouvrait entièrement.

L’obscurité complète étant faite, la plaque sensible était glissée dans la cuvette ; le sujet posait sa main pendant une demi-heure sur la feuille d’étain. Dans ces conditions, Delanne a obtenu de très nettes effluviographies.

Il réalisa en outre des contre-épreuves, dans lesquelles la main était remplacée par un verre sans pied, entouré d’ouate et contenant de l’eau à la température de 40o centigrades maintenue constante par un siphonage. Le verre ainsi placé dans les mêmes conditions et pendant le même temps que la main, il ne se produisit aucune action sur la plaque.

Le docteur Moner, directeur du Médecin Français, considère ces dernières expériences de Delanne comme inattaquables (110, p. 15).

On est donc en présence de résultats contradictoires, et la discussion risquerait fort de s’éterniser s’il n’existait pas des preuves décisives d’une émanation énergétique humaine autre que les effluviographies. Il semble donc légitime de penser que celles-ci sont dues à la chaleur en même temps qu’au rayonnement humain, lorsque la discrimination de ces deux éléments n’est pas réalisée par les conditions de l’expérience.

Les Détecteurs du fluide

A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, se sont multipliés les dispositifs imaginés pour mettre en évidence l’existence du « fluide magnétique » ; ces dispositifs, dont on trouve une description détaillée accompagnée de nombreux croquis, dans l’ouvrage documenté de Raoul Montandon (111), étaient basés sur le fait suivant : si l’on approche les mains de petits cylindres en papier, pivotant sur une tige, le papier se met en mouvement ; de droite à gauche si l’on approche la main droite, de gauche à droite si l’on approche la main gauche. Ce dispositif initial, inventé par le Comte de Tromelin et dénommé par lui « moteur à fluide » a été perfectionné jusqu’à devenir une aiguille rigide et légère pivotant sur une tige verticale au-dessus d’un cadran gradué, le tout étant recouvert par une cloche de verre, comme le magnétomètre de Fortin et le sthénomètre de Joire.

Dès 1908, MM. Warcollier et Archat contestaient l’intervention d’une cause étrangère au rayonnement calorifique dans le fonctionnement de ces appareils. M. Warcollier démontrait qu’il suffisait d’élever ou d’abaisser la température d’une très petite quantité, moins de 1 degré centigrade, pour que l’appareil se mette à tourner dans un sens ou dans l’autre, et en concluait que la chaleur de la main pouvait être suffisante pour créer un courant d’air susceptible de déterminer la rotation. M. Archat, en remplaçant le corps de l’expérimentateur par un petit calorifère à pétrole, établissait que les sens opposés du mouvement, selon la présentation de la main droite ou de la main gauche, provenaient, non d’une « polarité magnétique » du corps humain, mais simplement de la direction du courant d’air en rapport avec la position respective du moteur et des objets qui l’avoisinent, corps et main de l’expérimentateur ou autres sources de chaleur.

Un ingénieur chimiste, M. E. Clément-Martin, avait perfectionné les appareils à aiguilles et, en 1925, avait convoqué le docteur Osty pour visiter son installation de recherches sur l’émanation humaine ; le docteur Osty a expliqué (112, p. 3) comment il découvrit que ces appareils n’étaient que de très sensibles réacteurs à la différence de température existant entre le poignet et l’extrémité des doigts en constatant que l’approche de sa main gauche déviait l’aiguille de l’appareil le plus perfectionné, puis que l’approche de sa main droite la laissait inerte ; or, sa main gauche était au préalable à l’air libre, donc plus chaude au poignet qu’au bout des doigts, d’où potentiel thermique ; sa main droite sortait de sa poche et était uniformément chaude. Tous les essais ultérieurs confirmèrent l’explication trouvée.

Le docteur Osty proposa à M. Clément-Martin de construire une petite cuve en croissant, imitant la forme de la main incurvée, de la diviser en trois loges par deux cloisons ; de mettre dans une, celle figurant l’arrière-main, de l’eau à 36o, dans l’autre de l’eau à 30o, la loge du milieu restant vide afin que se maintienne l’écart des températures ; puis de fabriquer une autre cuve : une servant de main gauche, l’autre de main droite. Si les choses se passaient comme avec les mains, la question serait résolue. Si, cloisons enlevées et les cuves contenant partout de l’eau à 36o, l’aiguille restait inerte, une fausse preuve aurait été éliminée.

Les essais avec cuves donnèrent des résultats conformes à ces prévisions, et M. Clément-Martin les a exposés dans la Revue Métapsychique (1926, no 2, mars-avril).

Mais M. Raoul Montandon (111, pp. 351-352) a objecté à ces conclusions négatives qu’une expérience cruciale a été négligée : elle devrait consister à faire opérer simultanément dans des conditions absolument identiques, et avec deux appareils semblables, sur l’un : des personnes n’ayant jamais rien obtenu qui puisse être attribué à une action « magnétique » ; sur l’autre : des personnes ayant obtenu des effets attribués à une telle action : guérisons, cicatrisations de plaies, momifications, etc., ce qui permettrait de conclure facilement « s’il y a action calorifique seule ou intervention d’une force secondaire ».

D’autre part, M. Montandon estime que certains faits ne permettent pas de généraliser l’explication de la chaleur à tous les « moteurs à fluide ».

Ainsi, avec l’appareil à cylindre métallique de M. Fayol, il n’y avait pas de mouvements lorsque l’opérateur était fatigué, et il y en avait de nouveau lorsqu’il se retrouvait dans un état normal ; dans d’autres cas, des mouvements se produisant en sens inverse coïncidaient avec la maladie de l’opérateur. De même, il y avait inversion des rotations du cylindre pour un opérateur gaucher ; ces circonstances ne semblent pas pouvoir s’expliquer par une action calorifique. Cependant, le rapport de M. Marcel Mangin sur l’appareil Fayol, reproduit par M. Montandon (111, pp. 328-337) ne laisse pas l’impression que toutes les précautions nécessaires ont été prises pour éliminer complètement les conclusions formulées par M. Archat après son étude expérimentale sur les « moteurs Tromelin ».

L’Anthropoflux R de Müller

A la suite d’études sur certains cas d’électrocution, l’ingénieur Müller, de Zurich, s’est livré à de nombreuses expériences qui l’ont amené à admettre que le corps humain émet à intervalles fréquents, mais irréguliers, un agent physiologico-physique, autre que la chaleur, la lumière, etc., mais produisant des variations analogues de la conductibilité électrique de certaines substances, telles que l’air, la soie, le mica, etc., dont les propriétés isolantes diminuent sous l’influence de l’« émanation ». A celle-ci, il a donné le nom d’« anthropoflux R », R correspondant à ses deux caractéristiques essentielles : « Rayonnement » et « Résistivité modifiée ».

Les recherches de Müller, dont l’ingénieur J.-F. Farny (113) a beaucoup contribué à faire connaître les résultats, ont été reprises en France par l’ingénieur Givelet qui a contrôlé et poursuivi les travaux de l’ingénieur suisse ; l’appareil de Muller se compose, en principe, d’un galvanomètre très sensible à miroir, intercalé dans un circuit électrique, lequel est coupé par un condensateur constitué par deux lames de métal, séparées par une mince feuille isolante de mica. Dans ces conditions, le galvanomètre donnait une déviation très faible, le mica offrant un obstacle presque absolu au passage du courant continu. L’influence de l’émanation provoque une ionisation et le mica devient conducteur ; le courant électrique passe alors d’une lamelle à l’autre fermant le circuit et le miroir du galvanomètre dévie, réfléchissant un rayon lumineux sur une échelle graduée. Un autre détecteur a été employé par Müller à la place du condensateur à mica : c’est une bobine de bakélite sur laquelle sont enroulés parallèlement deux fils isolés à la soie, recouverts d’un vernis à la gomme laque (pour éviter des effets dus à l’humidité). Les spires de ces deux fils sont serrés les unes contre les autres. Le courant entrant par un fil doit sortir par l’autre fil qui lui est parallèle, donc traverser la soie, pour arriver au galvanomètre.

Les conditions des expériences ne permettaient pas à la chaleur, aux courants d’air ou aux influences électriques d’intervenir dans les résultats. D’après les travaux de Müller, cette émanation dont les effets s’apparentent à ceux de la radioactivité, sort des phalangettes de la main plus particulièrement, a son siège dans le sang, et son intensité est fonction de la quantité de sang se trouvant à l’endroit où se produit l’émanation car celle-ci est plus abondante dans des états congestifs, l’exercice en plein air et l’augmentation de l’oxygène du sang la renforcent. Cette énergie se trouverait également dans l’haleine et dans l’urine.

L’émanation est plus abondante le matin après un bon sommeil et après un bain rafraîchissant et fortifiant ; la contraction volontaire des muscles est une cause d’extériorisation plus abondante.

Fait important, Müller a constaté qu’une volonté énergique et concentrée favorise l’intensité de l’émanation. Cette action de la volonté s’oppose évidemment à l’hypothèse de l’action de la chaleur ou de l’humidité.

Recherches du docteur Moner

Le docteur Moner, directeur du Médecin Français, a réalisé les mêmes détecteurs que Müller, mais au lieu de se servir d’un galvanomètre à miroir, il a utilisé certaines propriétés des lampes à trois électrodes. Ses expériences (110, pp. 20-21) ont entièrement confirmé les résultats publiés par Müller, en particulier ce fait, déjà constaté pour la ouate avec l’appareil Fayol (ce qui est conforme à l’expérience des magnétiseurs-thérapeutes) : certaines substances absorbent et conservent plus ou moins l’émanation.

Le docteur Moner a fait une constatation importante, en discriminant deux actions différentes sur son appareil. L’une fait dévier l’aiguille du micro-ampèremètre vers la droite, et semble en rapport avec la production d’un champ électromagnétique ; l’autre fait dévier l’aiguille vers la gauche, et est imputable à l’émanation.

A la suite d’un grand nombre d’examens sur diverses personnes, le docteur Moner a établi que le champ électromagnétique est inversement proportionnel à l’émanation : chez les personnes sensibles capables de métagnosie, le champ électromagnétique est très intense et l’émanation presque nulle ; au contraire, chez les personnes capables de télékinésie, la production d’émanation est extrêmement importante et le champ électromagnétique presque nul.

Ces deux actions différentes se retrouvent sur les différents objets qui ont été tenus dans les mains par les diverses personnes étudiées. La conservation de l’émanation dans les objets permet de faire un rapprochement avec le phénomène de la métagnosie tactile ; le sujet sensitif entrerait en « rapport psychique » par l’intermédiaire de cette émanation résiduelle avec l’individu ayant touché l’objet. Dans d’autres cas, le sujet entrerait en « rapport psychique » avec la mentalité de telle ou telle personne, par l’intermédiaire, non de la trace laissée dans un objet, mais directement du rayonnement même de la personne.

Action sur les Végétaux

L’action activante de l’émanation humaine sur la croissance des végétaux a donné lieu à de nombreuses expériences dont certaines permettent d’éliminer l’hypothèse de la chaleur, comme celles du magnétiseur Lafontaine et celles du docteur Picard, horticulteur.

Le docteur Picard magnétisa entre autres un rameau de pêcher portant trois fruits. Ce rameau se développa bien plus que les autres et les pêches acquirent un volume bien supérieur à la moyenne tout en mûrissant plus vite (74).

Plus récemment des résultats semblables ont été réalisés par d’autres expérimentateurs, parmi lesquels M. Fabius de Champville, le docteur Gaston Durville, MM. Favre, Bué, etc. (111, pp. 134-141).

Le docteur Bertholet, lauréat de l’Université de Lausanne, s’est appliqué à magnétiser des plantes présentant un retard de croissance très grand vis-à-vis des plantes prises comme témoins. Ainsi, sur deux boutures de romarin, l’une était quatre à cinq fois plus petite que l’autre ; il la magnétisa, et deux mois après le début de l’expérience, la petite pousse magnétisée avait presque rattrapé la vigoureuse bouture témoin, comme il est facile de s’en rendre compte sur les photos publiées par l’auteur.

Devant partir en voyage, le docteur Bertholet dut interrompre l’expérience, mais, écrit-il (114, p. 310), il n’y a aucun doute que si l’expérience avait été poursuivie, le romarin chétif aurait fini par dépasser son partenaire de vigueur initiale beaucoup plus grande.

Il a fait les mêmes expériences, et avec les mêmes résultats, sur des semis de cresson.

Pour éliminer l’action supposée de la chaleur, l’expérimentateur plaçait le pot témoin sur un radiateur ayant une température de 30o c. et cela durant le même temps, c’est-à-dire 20 à 30 minutes par jour qu’il magnétisait l’autre échantillon.

* *

Il faut noter l’existence de personnes dont par suite de leur état de santé, l’émanation a des effets nocifs sur les plantes et sur les êtres vivants en général. Le docteur Bertholet a observé une femme malade dans l’entourage de laquelle les bouquets se fanaient très rapidement, de même que les fleurs qu’elle portait à son corsage (111, p. 149). Je connais une personne dont les essais magnétiques sur des plantes les ont littéralement grillées. Le docteur Mollet a rapporté un cas d’action nocive exercée par une jeune fille de sa connaissance sur un canari qu’elle tenait dans sa main (115).

Il faut probablement attribuer à une influence de ce genre le fait que les perles naturelles — matière organique — perdent leur éclat aux doigts de certaines femmes.

Action sur les Substances organiques et « Momification » des Tissus vivants

L’existence du rayonnement humain est encore confirmée par les expériences de momification réalisées sur des tissus vivants par la seule imposition des mains sans les toucher. A titre de contrôle, ces expériences s’effectuent généralement avec un organe témoin qui se putréfie au bout d’un court laps de temps, tandis que celui qui est soumis à l’émanation rayonnante par l’imposition des mains, se dessèche et prend l’aspect d’un tissu dur et momifié.

Le docteur Clarac et le docteur Llaguet, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, ont étudié scientifiquement, en 1911, le pouvoir « momificateur » d’une dame de cette ville. Celle-ci plaçait ses deux mains au-dessus des objets de l’expérience, à quelques centimètres de distance, et faisait parfois quelques passes avec le bout des doigts ou la paume de la main.

Les expérimentateurs ont obtenu ainsi, sous leur surveillance, au cours de séances durant de 15 à 20 minutes, la dessiccation de fleurs en 10 jours, avec conservation des coloris et de l’adhérence à la tige ; la dessiccation du vin, en 11 jours, avec arrêt de la fermentation acétique, alors que les échantillons témoins s’altéraient en 3 jours ; le retardement de la fermentation alcoolique du glucose ; la dessiccation d’huîtres en 13 jours, la conservation de poissons (cyprins) et d’oiseaux (serin et chardonneret morts en cage, non vidés) avec les couleurs naturelles.

Les viscères d’un lapin, rate et foie, cœur et reins — éminemment putrescibles — furent desséchés en 4 à 5 jours, présentant « l’apparence et la consistance de vieux cuir mal noirci ».

Du sang de lapin, 10 centimètres cubes congelés au fond d’un verre, a été liquéfié en 3 jours, est ainsi resté à l’état de liquide vermeil pendant 21 jours, puis est devenu moins fluide jusqu’au 28e jour, où la masse homogène a pris assez brusquement la consistance solide. Pendant toute la durée de l’expérience et jusqu’au dernier jour — alors qu’il était encore possible d’étendre sur une lame de verre une couche uniforme de sang semi-fluide — des examens microscopiques ont « montré d’une façon constante, les globules dans un parfait état de conservation sans manifestation hémolytique dans aucune préparation ».

La putréfaction d’un serin fut arrêtée immédiatement et le cadavre momifié en 5 jours.

Le docteur Gustave Geley a assisté pendant deux semaines à ces expériences, dont les comptes rendus ont été publiés dans les A.S.P. (août et octobre 1912).

Le docteur Gaston Durville a entrepris et réussi, de janvier à mars 1913, avec Mme Raynaud et M. Picot, sous la surveillance d’une commission de contrôle, la momification d’une main de cadavre. Cette main lui fut remise par le docteur Soquet, médecin-légiste, elle sortait du frigorifique de la Morgue, où elle avait séjourné 15 Jours. Elle devait donc se putréfier immédiatement ; et l’expérience poursuivie pendant près de deux mois a raison de trois quarts d’heure par jour eut un résultat absolument net : la main « se déshydrata lentement, d’abord aux doigts et à la section, qui devinrent durs, rouges, raides. La paume et le dos se desséchèrent ensuite ». La main passa d’un poids initial de 410 grammes à celui de 289 grammes (Journal de Magnétisme et de Psychisme expérimental, avril 1913). Aujourd’hui encore, cette main, qui présente une teinte bronzée comme celle des momies égyptiennes, sert de presse-papier au docteur Durville.

Le docteur Bertholet a publié les photographies d’un cœur de veau et de poissons momifiés par imposition des mains durant 3 semaines, par M. et Mme Burnet, et il a momifié lui-même, en 15 jours, un cœur de cabri (114).

Mon regretté maître et ami, Albert Pauchard, doué d’un grand « pouvoir magnétique », avait obtenu des résultats du même ordre dans un temps assez court. D’ailleurs, de nombreuses personnes obtiendraient des momifications et des effets thérapeutiques si elles connaissaient et essayaient leur propre pouvoir.

Quelques échantillons de viande ont été ainsi momifiés, en Juillet 1946, par un de mes proches. Il y a en particulier, un morceau de foie de poulet qui entrait en putréfaction au moment où il fut soumis à l’expérience. Dès la fin de la première séance, le processus de putréfaction fut arrêté, les mouches cessèrent d’affluer sur l’échantillon, et en 9 jours, à raison de 5 à 10 minutes par jour, le foie de poulet présenta progressivement le durcissement caractéristique de la momification. J’ai conservé ces échantillons une dizaine d’années.

Action sur les Microbes

Le docteur Geley, qui a constaté dans les expériences avec la dame de Bordeaux que, même sans éviscération, les animaux un peu gros se conservaient aussi bien que s’ils étaient empaillés et que les parasites microbiens ou autres étaient détruits, pensait que le rayonnement humain n’a pas une action « microbicide » directe, mais indirecte, par renforcement de la résistance des tissus. Autrement dit, l’émanation ne tuerait pas les microbes, mais augmenterait considérablement la résistance des cellules de l’être ou de l’organe vivant qui, ainsi, annihileraient l’action microbienne.

Certaines expériences effectuées sur des cultures microbiennes sembleraient confirmer les vues du docteur Geley : en 1935, des bouillons de culture, préparés par le docteur Belin, directeur de l’Institut Bactériologique de Tours, puis soumis à l’action de diverses personnes douées de pouvoir « magnétique », ont été ensuite reconnus beaucoup plus virulents qu’auparavant.

Cependant, des expériences semblables, réalisées en 1904 par M. Favre (116, pp. 111-116) conduisent à des conclusions contraires. L’imposition de la main gauche semblerait retarder le développement microbien, alors que celle de la main droite semblerait l’activer. Mais, dans les expériences de M. Favre, la main droite était imposée en second lieu, après la main gauche et l’expérimentateur pensait que « l’influence des mains semble ne plus s’exercer activement dès que la culture est franchement partie », et que « les choses se passent comme si les générations successives issues de la semence déposée devenaient, par accommodation, de plus en plus réfractaires à l’action étudiée, à l’antisepsie de l’agent ».

Les résultats d’expériences concernant les effets de l’émanation humaine sur les microbes sont donc contradictoires. D’autre part, le docteur Geley a constaté que « quand le cadavre contient des parasites, tels que des larves de mouches, ces parasites semblent ne plus pouvoir vivre dans leur milieu d’élection. Dès les premières séances, on voit les larves abandonner à la hâte leur proie et venir autour d’elle où elles menrent rapidement, pendant que cette dernière se momifie ».

Il est probable que l’émanation humaine — que le docteur Moner considère comme une énergie oscillante, est constituée, comme la lumière, par des radiations de différentes fréquences, dont les unes ou les autres seraient plus ou moins prédominantes suivant les objets d’expérience. Lorsqu’il y a « résonance » entre la fréquence dominante de l’émanation et l’objet soumis à son influence, la vitalité serait augmentée et dans le cas contraire diminuée : ce qui expliquerait les différences constatées dans les expériences sur des cultures microbiennes, la fuite des parasites — et la mort — hors du cadavre soumis à l’action « momificatrice », et l’action nocive de certaines personnes sur les plantes.

Cela signifierait aussi que chez l’être humain, le « terrain » propice aux maladies est constitué par une diminution de l’émanation magnétique ou par une modification de sa fréquence normale, qui ne s’opposerait plus à la vitalité microbienne.

Action sur l’Organisme vivant

En 1840, un chirurgien anglais, James Braid, ayant assisté à une séance du magnétiseur français Lafontaine, entreprit des recherches sur les causes des phénomènes produits.

Au moyen d’un objet brillant : scalpel, miroir, col de bouteille, etc., sur lequel il faisait fixer le regard d’une personne qu’il désirait mettre en état d’hypnose, il obtint les mêmes effets que ceux produits par Lafontaine; l’hypnotisme proprement dit était découvert. Braid déclara alors que « tous les phénomènes dépendent de l’état physique et psychique du patient et non de la volonté de l’opérateur ou des passes faites par celui-ci en projetant un fluide magnétique ou en mettant en activité quelque agent mystique ».

C’est cette doctrine de Braid, assimilant le magnétisme à l’hypnotisme, qui a encore généralement cours, tant dans les milieux médicaux que dans le grand public ; pourtant les faits que je viens d’exposer le démontrent, cette généralisation excessive est une erreur. Braid lui-même avait reconnu, dans sa Neurhypnology, que les procédés hypnotiques ne déterminent pas tous les phénomènes produits par les magnétiseurs. En effet, si l’état second, déterminé par le magnétisme humain, ressemble à l’hypnose, il en diffère cependant essentiellement ; on observe dans le somnambulisme magnétique des phénomènes d’autoscopie interne et de connaissance extra-sensorielle auxquels les procédés purement hypnotiques ne donnent jamais lieu (107, p. 25).

L’action de la suggestion et de l’autosuggestion est certaine, mais on ne peut leur attribuer les effets thérapeutiques obtenus par les procédés dits « magnétiques », surtout lorsque ces effets sont observés chez des animaux et sur des enfants en bas âge.

M. Théo Matthys a obtenu, par passes magnétiques, la guérison d’un chien berger flamand ; celui-ci avait l’os du genou fendu, la patte très enflée et les muscles de l’arrière-train paralysés. Le chien, dont le lustre de la robe avait disparu, refusait toute nourriture. Il était condamné par le vétérinaire. Or, après 4 semaines de magnétisation, le chien courait sur ses quatre pattes (117).

De tels cas, et ils sont moins rares qu’on serait tenté de le croire, mettent en évidence l’action biologique reconstitutive de l’émanation magnétique. On est en quelque sorte en présence d’une extériorisation, d’une transfusion de la puissance réparatrice de l’organisme, la vis médicatrix des Anciens que les procédés de la Médecine ont pour mission d’aider.

Les expériences qui ont été tentées sur de tout jeunes enfants mènent à la même conclusion : frappé des résultats obtenus par le docteur Longprets, de Liége, qui guérissait par simple application des mains, des enfants à la mamelle, le docteur Liébault lui-même, créateur à la Faculté de Médecine de Nancy de l’école suggestionniste et négateur de l’émanation, fit une série d’expériences sur des enfants en bas âge de quelques mois à quatre ans ; la suggestion ne pouvait intervenir ici. Or les petits malades, dont certains avaient moins d’un an, manifestèrent tous les bons effets du magnétisme, et le docteur Liébault arriva à la conclusion que l’émanation magnétique agissait comme un agent physique transmis de l’operateur au sujet.

On peut donc affirmer qu’il y a plusieurs facteurs de guérison, souvent entremêlés, particulièrement dans l’espèce humaine, où les ressources thérapeutiques de la pensée et de l’imagination sont vastes et multiples. Mais parmi ces facteurs on doit reconnaître l’existence du rayonnement magnétique.

Médecine et Magnétisme

En quoi consiste l’action de ce rayonnement humain dans ses applications thérapeutiques ? Voici comment la définit Jagot dans son excellent ouvrage sur cette question (107, p. 30) : « Secourir un organisme en état de misère physiologique, favoriser ses réactions de défense en le saturant de cette forme vitale de l’énergie qu’est la radioactivité humaine, telle est la directive fondamentale du magnétisme curatif. Modérer, calmer les manifestations pathologiques qui se traduisent par une suractivité locale ou générale, excessive, stimuler les manifestations d’atonie, régulariser l’ensemble des fonctions et plus spécialement les fonctions perturbées, diriger prudemment les crises qui traduisent l’effort réactionnel de l’organisme, telles sont les possibilités particulières du magnétisme. »

Des radio-techniciens ont comparé le système nerveux à une antenne, dont le mouvement vibratoire serait diminué par la maladie et que l’énergie « magnétique » remettrait en vibration : « Il y aura un jour, écrit M. Alain Boursin, des « donneurs magnétiques », comme il y a des donneuses de lait et des donneurs de sang » (118).

C’est selon cette heureuse formule qu’une collaboration entre médecins et « magnétiseurs », qui existe déjà, mais dans une mesure très limitée, doit se développer plus largement.

Si la conception braidiste a amené le XIIIe Congrès International de Médecine Légale (Paris, août 1900) à reconnaître l’hypnotisme et le magnétisme, considérés comme synonymes, en tant qu’agents thérapeutiques, mais dont la pratique doit être réservée au corps médical, la reconnaissance de la réalité de l’émanation humaine devra nécessairement faire évoluer la loi et la coutume sur ce dernier point, quant au magnétisme. Les dangers incontestables de l’hypnotisme proprement dit, dont la valeur thérapeutique est d’ailleurs très limitée, justifient amplement le monopole médical.

Quant au magnétisme, dans la mesure où il n’est pas confondu avec l’hypnotisme, c’est le souci de lutter contre les charlatans qui est à l’origine des interdits légaux qui pèsent sur lui. Mais le charlatanisme n’est pas efficacement combattu si l’on rejette dans une même réprobation ceux qui guérissent effectivement leurs semblables et ceux qui-exploitent à la fois les malades et la réputation des premiers. Il faut éclairer l’opinion publique, reconnaître la valeur thérapeutique du magnétisme en tant qu’agent physico-physiologique, substituer à l’état de choses actuel le contrôle médical des traitements « magnétiques » et la collaboration généralisée des médecins et des magnétiseurs.

Pour répandre sur un organisme déficient l’énergie revitalisante dont dispose le magnétiseur, il n’est pas plus nécessaire d’être docteur en médecine que pour donner son sang à un être dont les instants sont comptés. Par contre, il est indispensable que les conditions d’une transfusion de sang soient déterminées médicalement, et ce serait une garantie et pour le malade et pour le magnétiseur, que la transfusion énergétique que constitue l’action du magnétisme humain soit effectuée, comme l’écrit le docteur Oudinot (107, préface), « sous le contrôle strict d’un médecin praticien averti, s’appuyant sur le terrain solide des connaissances acquises à la Faculté, connaissant les possibilités et les déboires de la médecine officielle ».

« Utilisé de cette façon, soit seul, soit combiné à une autre méthode de traitement, le magnétisme, écrit encore le docteur Oudinot, peut rendre des services inestimables. Pratiqué autrement il peut conduire — en empêchant le malade de se soigner par ailleurs — à des désastres lamentables dont le médecin est souvent le témoin impuissant parce que consulté trop tard… Seuls les charlatans prétendent guérir tout et tout le monde. »

Et le docteur Oudinot ajoute : « De fréquents et éclatants succès doivent suffire à conférer au magnétisme quelques titres à l’attention des malades et des médecins. Je l’ai vu réussir dans des cas désespérés, et j’ai encore sous les yeux, le cas tout récent d’un cardiaque hydropique condamné par plusieurs sommités médicales, et qui a guéri en quelques jours, après une seule séance de magnétisme faite sur ma demande, après échec de toutes les thérapeutiques, par un praticien dont je tais le nom pour ne pas blesser sa grande modestie. »

Aux considérations précédentes, j’ajouterai que, en fait, les magnétiseurs sérieux et instruits se font un devoir d’orienter vers un médecin, pour un traitement de base, les malades qui s’adressent à eux, lorsque ce n’est pas après échec de toutes les possibilités de la médecine officielle — ce qui est le cas le plus fréquent — que les malades placent leur espoir dans le magnétisme.

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La collaboration généralisée entre médecins et magnétiseurs authentiques non seulement ferait reculer le charlatanisme mais permettrait à la physiologie et à l’art de guérir, d’accomplir de grands progrès et d’acquérir une plus grande efficacité. Les réactions locales accusées par le malade sous l’influence de l’émanation, les sensations caractéristiques éprouvées par le magnétiseur, lorsque ses mains passent au niveau d’un organe déficient, sont des éléments non négligeables pour l’établissement d’un diagnostic. D’autre part, des radiographies prises en cours de traitement permettraient de suivre le processus des réparations organiques accomplies par l’action « magnétique » et de constituer une documentation biologique de grande importance.

Une Expérience de momification à distance

On peut être tenté de penser que l’étude de l’émanation humaine et du magnétisme constitue seulement une branche nouvelle de l’énergétique générale, qu’il s’agit là d’un aspect physico-physiologique, longtemps méconnu, de l’activité organique et que rien n’autorise à rattacher cette question à la Métapsychologie et à l’étude des phénomènes supranormaux.

Mais les faits, précisément, à moins de vouloir systématiquement les ignorer, ne permettent pas de tracer autour de l’étude de l’émanation humaine une démarcation artificielle. J’ai signalé à propos des travaux de l’ingénieur Müller et du docteur Moner, que, dans la « métagnomie » tactile (psychométrie), le « rapport psychique » entre le sensitif et une personne déterminée semble s’établir par l’intermédiaire de l’émanation absorbée par l’objet de l’expérience, et que dans la clairvoyance en général — et on peut bien dire aussi dans la télépathie — le phénomène mental a probablement pour support un phénomène d’ordre physique. On sait que des transmissions de pensée s’opèrent facilement entre un magnétiseur et un sujet en état de somnambulisme magnétique. On est donc conduit à penser que, même dans les expériences de sommeil hypnotique provoqué à grande distance, un élément physique de la nature de l’émanation magnétique sert de support à la suggestion mentale.

Si extraordinaire que cela puisse paraître, l’émanation magnétique peut, dans certains cas, agir à des distances considérables : c’est ce qui ressort de l’expérience suivante, contrôlée par un savant éminent, universellement connu : le professeur Paul Sabatier (1854-1941), membre de l’Académie des Sciences, membre de l’Institut, doyen de la Faculté des Sciences de Toulouse, qui s’est rendu célèbre par ses travaux sur la catalyse, notamment sur l’hydrogénation catalytique des substances organiques (Prix Nobel de Chimie, 1912), auteur d’un ouvrage classique : La Catalyse en Chimie organique (Paris, 1921).

Voici le procès-verbal clair et concis rédigé par l’illustre savant (119, p. 44) :

Procès-verbal d’une expérience de momification d’une côtelette de mouton réalisée par M. Charles Parlange, de Paris, 18, rue Beaujon, à Toulouse, allée des Zéphirs, no 11 (700 kilomètres).

Côtelette achetée dans la journée du 20 novembre 1934, portée à la gare d’Orsay et emportée par le train de 20 h. 20, arrivée à Toulouse 8 h 5 le 21 novembre.

26 novembre, première manifestation apparente de l’action : rétraction de la chair et dessiccation, odeur spéciale.

29 novembre 1934 : dessiccation accentuée.

1er décembre 1934 : dessiccation à peu près complète.

11 décembre 1934 : momification réalisée.

Je soussigné, Membre de l’Académie des Sciences, certifie que pendant la durée de cette expérience, la côtelette susdite est constamment demeurée en ma possession à l’abri de toute intervention étrangère, et que j’ai suivi quotidiennement les modifications survenues.

Toulouse, le 31 décembre 1934

Paul SABATIER

De l’émanation humaine à la « force psychique »

Pour une autre raison encore, l’étude du magnétisme humain à sa place dans la Parapsychologie. Comme la télépathie pour les phénomènes mentaux, pour l’Esthésie, il constitue une introduction à l’Efficience, c’est-à-dire aux phénomènes physiques ; car l’émanation des magnétiseurs et des guérisseurs n’est qu’une forme invisible de la substance, plus dense, mise en œuvre dans les phénomènes de télékinésie (déplacement d’objets sans contact apparent) et d’ectoplasmie (matérialisations).

Le guérisseur Théo Matthys a souvent observé des émanations lumineuses verdâtres qui, partant de son corps, le reliaient au malade (117).

Nous retrouverons ce même courant de force reliant le « médium » soit à l’objet déplacé, soit à une forme matérialisée plus ou moins tangible.

Malgré le caractère inhabituel des faits étudiés par la science nouvelle, la grande loi de continuité s’y manifeste, les relie, entre eux et avec les faits déjà établis, en une puissante unité.

Dès maintenant, à ce point de notre étude, il est légitime d’affirmer qu’il y a dans l’être vivant une forme d’énergie capable de s’extérioriser hors de l’organisme physique et à notre esprit s’impose de nouveau le fait déjà établi par l’étude des phénomènes supranormaux d’ordre mental : les puissances encore méconnues de la personnalité humaine dépassent le cadre des limitations organiques.