Salim Michaël : Le but est dans le présent


07 Apr 2010

Extrait de « Pratique spirituelle et Eveil intérieur par Edouard Salim Michael» p. 151-152 édition Trédaniel

Bien que, dans une voie spirituelle, il soit souvent nécessaire de parler d’un but à atteindre pour tenter, inadéquatement, d’expliquer l’inexplicable, un chercheur sérieux doit toutefois se rappeler que, en ce qui concerne ses pratiques spirituelles, le but se situe toujours dans le présent.

On peut, d’une certaine manière, dire que, une fois qu’il s’est engagé sur le Sentier, il ne peut s’agir pour lui de toucher un jour un but final et qu’ensuite tout s’arrêterait là — comme il en est des choses ordinaires ou des activités de ce monde —, car cela signifierait que le but serait une “fin” dans une sorte de mort éternelle et qu’après il n’y aurait plus rien !

Dans un travail spirituel, le but et le présent sont, en réalité, indissociables ; pour l’aspirant, chaque instant doit devenir le but, sinon, il risque de se donner toutes sortes de justifications, de rêver d’un but situé dans un futur éloigné et, entre-temps, de n’effectuer, sans en avoir conscience, qu’une pratique spirituelle tiède qui n’aboutirait à rien.

Lorsqu’il n’y a pas de renouvellement continuel dans le travail spirituel du chercheur, la stagnation s’installe, et sa pratique devient pareille à l’eau d’une flaque qui croupit dans une rivière à sec. Chaque instant doit être nouveau pour lui.

Afin d’être davantage aidé dans son cheminement spirituel, il lui faut garder à l’esprit que le but est toujours dans l’instant présent. S’il comprend réellement cela, il accomplira ses pratiques de méditation et ses divers exercices de concentration sans jamais se préoccuper des résultats.

Le but se répète chaque fois que ce mouvement de retour vers soi-même ou d’introversion particulière se produit en l’aspirant, même si ce n’est que pour un court instant. C’est le niveau de son être ainsi que l’intensité de cet état de présence en lui qui déterminent le niveau du but atteint.

D’une certaine manière, il ne peut y avoir de fin pour le but, mais une sorte d’étrange pèlerinage ou d’aventure toujours renouvelée.

Si le chercheur souhaite ne pas fausser son approche de cette quête inhabituelle, il lui faut sans cesse se rappeler que le but est un renouvellement perpétuel, toujours dans le présent, et non un état spécial qu’il pourrait gagner dans le futur et dans lequel il s’installerait à jamais.

Edouard Salim Michaël est né en Angleterre, à Manchester  en 1921 et mort près de Nice  en 2006. Compositeur de musique symphonique, il est également l’auteur d’ouvrages sur la spiritualité et la méditation. Il se regarde comme bouddhiste, cependant son enseignement étant basé sur son expérience directe, il n’hésite pas à citer des mystiques chrétiens, hindous ou soufis.

Publications :

* La Voie de la Vigilance Intérieure – The Way of Inner Vigilance – (traduit de l’anglais par Michèle Michaël)

* Pratique Spirituelle et Eveil Intérieur réédition janvier 2010

* La Quête Suprême 1991, (ISBN 978-2857074663)

* Les obstacles à l’Illumination et à la Libération

* Les Fruits du chemin de l’Éveil

* S’éveiller, une question de vie ou de mort

* Dans le silence de l’Insondable

* Du fond des Brumes (ouvrage posthume, publié après la mort de l’auteur), Guy Trédaniel 2008, (ISBN 978-2844459145)

* Traduction du Dhammapada

Tous ses ouvrages sont publiés aux Editions Guy Trédaniel

En anglais :

* The Law of attention, Nada Yoga and the way of inner vigilance, réédition chez Inner Tradition

Sur E. Salim Michaël et son œuvre voir http://fr.edwardsalim-michael.org/ ainsi que http://fr.wikipedia.org/wiki/Edouard_Salim_Michael