Gabriel Loison : Un temps pour naitre, un temps pour faire naitre


22 Oct 2011

(Revue CoÉvolution. No 12. Printemps 1983)

Que penser d’un cerisier qui donnerait ses fruits en octobre, et d’un pêcher qui donnerait les siens en février ? Les arbres, fruitiers ou non, suivent les cycles de leur nature en correspondance avec ceux des saisons de la terre.

L’Homme se soucie peu de ses cycles. Il féconde, enfante, donne « ses fruits » à n’importe quel moment de sa vie. Mais, est-ce bien raisonnable ? N’a-t-il pas, lui aussi, ses propres saisons ?

Tout est mouvement, tout est cycle

Depuis la nuit des temps, l’Homme a observé en lui tout un ensemble de cycles. A l’image des saisons de la terre, il sait que certains faits, certains troubles, certains ressentis, reviennent tous les ans, tous les mois, voire tous les jours.

Mais, à l’image des saisons de la terre, il s’est senti dépendant de cette terre, et ses faits, ses troubles, ses ressentis, il les a imputés à l’influence du lieu, de la terre, des astres, en oubliant qu’il était lui-même une terre, un cosmos à lui tout seul.

Bien sûr, l’Homme reçoit de multiples influences du milieu, bien sûr, il subit les saisons de la terre et sa vertigineuse ronde cosmique, mais pour entrer en résonance avec le milieu, avec le cosmos, l’Homme possède son propre système énergétique, ses propres cycles.

La tradition, dans sa branche orientale, prône l’Homme énergétique, l’Homme régi par des cycles. La physique actuelle découvre ce que la tradition a toujours révélé. L’univers dynamique des physiciens rejoint l’unité dynamique des opposés polaires du Tao manifesté [1]. De ce fait, la biologie n’a pas voulu être en reste. La relativité biologique a été « redécouverte » par Émile Pinel et la chronobiologie a vu le jour…

L’Homme, aujourd’hui, possède les moyens de vérifier la Tradition, mais s’il sait observer avec ses yeux, son intellect, il a oublié parfois les règles élémentaires de la nature. Il n’écoute pas, ou peu, son monde intérieur…

Le tic-tac des horloges humaines

La première horloge est réglée sur le cycle de l’alternance jour/nuit. Il s’agit du rythme nycthéméral. C’est l’horloge de tout le système endocrinien, le tic-tac des hormones. Où que l’on soit, le mécanisme glandulaire se règle sur l’alternance jour/nuit du lieu.

La Biométrie Énergétique nous démontre qu’il existe un autre type d’horloge. En effet, la loi fondamentale de la Biométrie Énergétique est que chaque être vivant possède une horloge biologique qui lui est propre. Cette horloge s’accorde ou non avec les influences du milieu. Les réactions énergétiques établissent un niveau d’adaptation (ou d’inadaptation) correspondant à un état du comportement psycho-physiologique.

Cette horloge personnelle correspond à l’irrigation des fonctions organiques, délimitée en six grandes étapes sur 24 heures.

— la première étape est traduite par un système d’échange dont l’oxygénation et l’élimination du corps sont les principales fonctions.

— la seconde étape est surtout marquée par la fonction nutritionnelle (absorption et digestion).

— la troisième étape suit la fonction nutritionnelle par l’assimilation, mais se caractérise par la répartition de l’énergie dans le sang.

— la quatrième étape résout les problèmes d’élimination et de régulation corticosurrénale.

— la cinquième étape développe les fonctions de circulation et de protection, ainsi que les fonctions psychiques de la sexualité.

— la sixième étape comprend la distribution d’énergie aux cellules pendant le temps de sommeil.

Cette circulation d’énergie dans le corps est démontrée par la médecine chinoise, depuis que celle-ci existe. D’après ce postulat, tous les individus possèdent cette horloge qui commence son cycle tous les jours à la même heure et pour tous. Ceci était vrai à 80 % des cas, il y a encore quelques années.

En effet, dans ce rythme étaient confondus, puisqu’ils se superposaient exactement, le rythme personnel de l’individu et le rythme nycthéméral. Ils se trouvaient confondus du fait que 80 % des enfants naissaient « au petit matin », c’est-à-dire, entre 3 et 5 heures du matin.

Aujourd’hui, deux raisons majeures perturbent la circulation de l’énergie dans le corps :

— la première est la naissance à « l’heure médicale », c’est-à-dire que l’on avance ou retarde l’accouchement suivant les disponibilités des médecins.

— la deuxième raison est due aux rapides migrations que nous permet notre progrès technique.

Cette perturbation de l’énergie favorise les troubles dans les fonctions et accélère le processus d’usure.

La synchronisation ou désynchronisation des deux horloges fait que nous avons faim à certaines heures, que nous avons un « coup de pompe » à d’autres et explique qu’il y a des gens du soir et des gens du matin.

Les saisons de l’Homme

L’une des découvertes de la Biométrie Énergétique est que l’Homme possède ses propres saisons.

En effet, l’Homme est une terre qui, suivant son lieu de naissance, possède un rythme circannuel (365 jours ± 40 jours, suivant les années). Cette périodicité est représentée par un grand temps de charge et un grand temps de décharge.

Le temps de charge, c’est un peu l’hiver, avec la montée de sève dans les arbres, le blé qui germe sous terre, et le printemps avec la manifestation aérienne, l’épanouissement de toute la nature.

Le temps de décharge, c’est un peu l’été avec sa chaleur lourde, ses orages, et l’automne avec la chute des feuilles, la retombée de la sève.

Mais toutes les années n’ont pas la même qualité de saisons, le même temps. Pour l’Homme, c’est similaire et les amplitudes annuelles sont liées aux rythmes sanguins, différents suivant les groupes.

Pour simplifier l’explication, nous dirons qu’une année humaine se divise en quatre saisons, le printemps commençant dans la période d’anniversaire. Toutefois, il faut souligner que cela est très schématique, puisqu’en réalité entre en ligne de compte la loi du temps biologique qui veut que plus l’énergie est forte, plus le temps est court, et inversement.

La femme qui désire concevoir un enfant doit donc tenir compte de ses propres saisons. Afin qu’elle puisse donner une « enveloppe » équilibrée, un corps sain à son enfant, elle devra le porter pendant sa période la plus favorable, c’est-à-dire, concevoir l’enfant dans son « hiver » à elle, pour le « mûrir » pendant son « printemps » et son « été », et donner son fruit dans son « automne ». C’est une loi élémentaire.

Regardons le tableau ci-après. Il est scindé en quatre « grandes saisons » de la mère, et représente l’état physique des enfants à la naissance, enfants conçus dans une des quatre « saisons » du rythme annuel de la mère.

Ces statistiques montrent que, sur cent enfants conçus dans l’« hiver » de la mère, 8 seulement sont nés avant terme, alors que 36 sont nés avant terme chez ceux qui ont été conçus dans l’« été » de la mère. Autrement dit, il semble y avoir rejet prématurément.

Nous constatons, par ailleurs, que 76 % des avortements spontanés se produisent dans l’été et l’automne de la mère. Nous observons aussi que sur les enfants conçus dans la bonne période, 18 % seulement font moins que le poids étalon, fixé à 3 kilos, pour 38 % dans la période opposée. Ces chiffres sont également significatifs pour les maladies et handicaps à la naissance.

Tout cela prouve que notre corps possède ce type de cycle ; un peu comme s’il programmait, dès 1a remontée de l’énergie, la réserve nécessaire pour l’année.

Dans le cas d’une conception dans la bonne période, le corps semble programmer l’énergie pour la mère et l’enfant, alors que dans la période opposée il semble au contraire refuser, rejeter l’intrus.

Le constat est flagrant : une conception faite dans l’« été » de la mère entraîne une faiblesse généralisée et, s’il n’y a pas rejet par le corps, notamment dans la fin de l’« automne » de la mère, il y a complications pour l’enfant ou pour la mère, ou pour les deux à la fois.

La compatibilité énergétique du couple

Si la maman a une responsabilité dans le choix de la date de conception, le père également possède une période plus propice à la conception. Cette période se situe dans l’« été » du père, c’est-à-dire, au moment où il est en toute possession de ses moyens énergétiques.

Or, si le père doit concevoir pendant son « été » et la mère pendant son « hiver », cela veut dire que le rythme annuel du couple se compose de deux rythmes en opposition. Autrement dit, dans l’absolu, sur une année, l’homme et la femme doivent avoir une différence de 6 mois entre leurs anniversaires.

Le couple est fait pour durer et il est donc important qu’il y ait toujours un des membres au maximum de ses moyens, énergétiquement et psychiquement parlant.

Si les deux membres du couple sont nés au même mois, nous disons qu’ils ont le rythme des amants, soit intensité pendant six mois, mais défaillance pendant les six autres mois.

En ce qui concerne une conception par un couple ayant le rythme des amants, soit la mère peut concevoir à sa bonne période et c’est le père qui ne donne pas une « graine » dynamisée ; soit le père donne une « graine » forte et la mère n’a pas un terrain actif, en montée d’énergie.

La charge de parents

Être parents n’est pas si simple. On pense à l’éducation, à bien soigner l’enfant, à bien le nourrir, bien le vêtir, mais la charge parentale commence avant la conception. C’est, avant tout, une prise de conscience de la compatibilité énergétique du couple, de la compatibilité tempéramentale et des prédispositions biologiques.

C’est en parents responsables qu’on doit regarder la nature des deux éléments du couple, en toute conscience, sans se masquer quoi que ce soit. Cela n’empêche rien à l’amour, au contraire.

Le « vouloir faire naître » se prépare et dans le corps et dans l’esprit. Faciliter à un être tout son devenir en lui donnant un corps sain, équilibré, est le premier devoir des parents: Pour cela, il faut préparer le corps de la mère comme on prépare un creuset, un moule, un nid.

Il faut vivre l’être quand il est en formation et ce par les deux parents et savoir déjà qui il est pour qu’il se développe dans son identité. Ensuite, dès que l’enfant naît, la charge parentale est d’autant plus lourde qu’elle demande à ne pas développer cette machine humaine à contresens mais à canaliser l’être dans sa véritable fonction.

Le pourquoi de cet être sur terre…

L’abeille travaille sans véritablement connaître son rôle sur terre. Elle s’active à ramasser du pollen, afin de faire le miel pour toute la communauté. Elle pense que c’est là sa vocation. Or, par cette activité, elle va permettre de donner la vie, d’engendrer fleurs et fruits, mais çà, elle ne le sait pas.

Les parents doivent connaître l’orientation à donner à l’enfant pour qu’il fasse son miel, mais également pour qu’il trouve par lui-même le véritable but de son évolution.

Pitié ! qu’on n’oblige pas les abeilles à jouer les bousiers…

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Choisir de naître …

La naissance est-elle un choix délibéré ? Sans aucun doute ? Les parents ne sont alors que des géniteurs et non des créateurs…

A son premier bol d’air, l’être se lance dans son devenir. Il va grandir dans un monde, un temps, un espace, jalonnés de joies et de souffrances.

Mais qui est-il, là, à l’instant précis de la première respiration ? Peut-il être quelque chose, puisqu’il vit sa première minute hors du monde aquatique où il a pris forme humaine pendant neuf mois ? Oui, il porte déjà en lui toute la mémoire du monde avec, pour différence par rapport aux autres êtres, son propre tempérament.

Tempérament vient du latin temperamentum qui signifie « juste proportion ». Juste proportion ? Juste proportion de quoi ?

En fait, l’être possède un équilibre entre des proportions immanentes et des proportions transcendantes.

Les proportions immanentes représentent toute la part visible, mesurable, palpable, donnée par hérédité. Autrement dit toute l’enveloppe physique et énergétique composant la « machine humaine ». C’est le potentiel essentiel légué par les parents, les grands-parents, les arrières grands-parents, suivant les lois mendéliennes.

La « machine » sera forte, équilibrée, avec des structures sans faille ou, au contraire, faible, handicapée, suivant les actes responsables et conscients, ou irresponsables et inconscients, des géniteurs.

Les proportions transcendantes représentent toutes les forces vives qui permettent à l’être de vivre et d’évoluer dans sa véritable dimension, dans le pourquoi de sa vie d’humain. C’est l’apport des éléments atomiques et des influences vibratoires du milieu cosmique.

Et c’est là que l’Homme possède une richesse considérable : il est le fruit de l’arbre généalogique qui l’a procréé mais sa nature est modelée, riche, différente, de par les influences ioniques et cosmiques qu’il a subies pendant sa formation intra-utérine et à l’instant de sa naissance.

Quelles sont les proportions exactes qui composent chaque individu ? Est-ce que les goûts, les aversions, les aptitudes et les inaptitudes viennent de la structure héréditaire ou des proportions transcendantes ?

choisir de naître différent …

Le jeu des combinaisons tempéramentales est illimité pour les mêmes composants générateurs. On le constate par les différences de tempéraments des enfants d’une même famille.

Les proportions transcendantes se divisent en deux catégories bien distinctes, semble-t-il, mais créant l’une et l’autre une synergie évolutive dans l’être et de l’être.

• La première a trait à la continuité ionique des énergies immortelles que je nomme « antériorité noétique ».

• La seconde a trait à l’influence des énergies cosmiques à l’instant de naissance que je nomme « bain cosmique ».

Ces deux constituants apportent au potentiel vital essentiel la vie au niveau mental, la conscience et l’éventail des goûts.

L’Énergie est l’essence de toute vie. L’Énergie est immortelle. L’Énergie qui compose l’Homme a donc vécu depuis le commencement du monde.

Postulat troublant qui permet une meilleure compréhension de l’Homme dans ses structures mentales, dans ses réactions pulsatives, dans son devenir. L’Homme est dans un cycle d’incarnation et de réincarnation. Le cycle de vie alterne entre la mort du monde du dehors, d’où naissance au monde du dehors.

La vie est une permanence infinie.

Toute mort est une naissance, toute naissance est une mort.

Or, chaque renaissance dans notre monde (monde du dehors) signifie pour l’être réincarné : antériorité à dépasser, nature à sublimer. Et c’est là la raison qui lui a fait choisir ses parents.

L’Homme vit une suite de pulsions énergétiques dues aux retentissements des vécus antérieurs et subit volontairement une escalade synergétique d’ordre spirituel, de par son choix dans l’espace et dans le temps.

Dès la naissance, la difficulté pour l’être est d’affronter son milieu sans vouloir faire plier l’essentiel sous les rites illusoires de l’existence. Pour cela, il lui faut choisir des parents conscients de la dimension de l’Homme…

Gabriel Loison

Gabriel Loison, psychologue, concepteur de la Biométrie Énergétique et de la Psychologie Spagyrique


[1] Cf. Fritjof Capra, le tao de la physique, Ed. Tchou.