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Numéro 105 - Qu'est-ce que la vie ?

N° 105 - Automne 2012 - Michel de Salzmann, Darpan, Alexis Mari Pietak, Jean-Bouchart d'Orval, Kiran, Karl Renz, Serge Dulac, Jacques Castermane, Henri Bortoft, Claire Carré, Richard Moss, Claudette Vidal, J. G. Fichte, Vimala Thakar

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La vie... nous la percevons avec une évidence le plus souvent inaperçue ; ou plutôt nous l'a-percevons, tant elle échappe à l'intellect forgé à l'exercice des représentations. C'est une aperception qui est la connaissance fondamentale de nous-même évoquée par Jacques Castermane et Darpan dans ce numéro. C'est à partir d'un approfondissement de cette révélation fragile que nous pourrons répondre à la question « Qu'est-ce que la vie ? ». L'impression de vivre, d'être vivant doit être présente à la conscience qui investigue cette question. En l'absence de cette impression originelle, l'intellect s'égare dans le labyrinthe des notions et des représentations captivantes qui nous laissent croire qu'ailleurs – hors de nous-même – on a trouvé, on sait ce qu'est la vie et on comprend comment ça marche...

 

 


 

 105   -   Automne 2012

Thème :   Qu'est-ce que la vie ?

Sommaire

3e millénaire : Un fil d'Ariane vers la vraie vie
Michel de Salzmann : Le commencement de la conscience
Darpan : L'aspiration profonde
3e millénaire : Qu'est-ce que la vie ?
Alexis Mari Pietak : Les résonateurs d'énergie vivante
Jean-Bouchart d'Orval : Les mailles du filet
Kiran : Rien à changer
Karl Renz : La vie ne naît jamais, et tu es Cela
Serge Dulac : Qu'est-ce que la vie ?
Jacques Castermane : La santé fondamentale
Henri Bortoft : La possibilité d'une nouvelle science
Claire Carré : Penser comme un corps
Richard Moss : Revenir au présent
Témoin d'éveil : 
Claudette Vidal : La grâce de l'éveil
Document : 
J. G. Fichte : Le Penser, c'est la Vie
Approches de la Méditation :
Vimala Thakar : Qu'est-ce que la méditation ?

 

 

 

N°105 - Editorial    -   Automne 2012


Qu'est-ce que la vie ? 

 

La vie... nous la percevons avec une évidence le plus souvent inaperçue ; ou plutôt nous l'a-percevons, tant elle échappe à l'intellect forgé à l'exercice des représentations. C'est une aperception qui est la connaissance fondamentale de nous-même évoquée par Jacques Castermane et Darpan dans ce numéro. C'est à partir d'un approfondissement de cette révélation fragile que nous pourrons répondre à la question « Qu'est-ce que la vie ? ». L'impression de vivre, d'être vivant doit être présente à la conscience qui investigue cette question. En l'absence de cette impression originelle, l'intellect s'égare dans le labyrinthe des notions et des représentations captivantes qui nous laissent croire qu'ailleurs – hors de nous-même – on a trouvé, on sait ce qu'est la vie et on comprend comment ça marche...

Regardez, lorsque vous pensez, par exemple : « la vie naît de l'agencement complexe de molécules et de macro-molécules, d'acides aminées arrangées en double hélices, etc. » A ce moment précis, où est passée cette conscience de la vie qui vous touchait, corps et âme, tout à l'heure ? Où en êtes-vous avec cette présence d'être vivant, sans mot, qui se donne à nous dans un éternel maintenant habituellement inaperçu ?...

Réitérons cette expérience du regard intérieur. Je me sens vivant : la réponse s'offre sans mot à la question « Qu'est-ce que la vie ? »... mais la tendance habituelle, ou mécanique, de l'esprit intellectuel – comme l'expose judicieusement Henri Bortoft – forge ses concepts, ses images, ses croyances, comme par exemple : « l'essence de la vie, c'est l'ADN », « le premier être vivant, c'est la cellule », « la vie n'existe qu'à travers des fonctions organiques », etc. Tous ces jugements, je les vois maintenant défiler en mots et en schémas sombres, puis, mieux, je perçois les ombres cérébrales de la machine intellectuelle qui les fabrique. Dans l'étonnement de cette découverte, tout s'arrête – dans la « grâce de l'instant » comme aime à l'exprimer Claudette Vidal –, la vie est là et me saisit dans la totalité de moi-même, corps-âme-esprit. Je réalise alors la nature subtile de la réponse à ma question : la vie est partout ! Je suis dans la Vie.

Retour en arrière après avoir entraperçu cette incroyable évidence... Poétiquement je veux bien concevoir que « la vie est partout », mais scientifiquement !? c'est une hérésie ! La vie, je l'ai appris – avec ma tête s'entend – elle ne peut être que dans les êtres vivants ; c'est quelque chose qui est en eux et que l'on ne voit pas a priori. En cela, le « mythe des gènes », comme le dénonce Alexis Mari Pietak est devenu très séduisant ; il explique ce que nous ne voyons pas, mais que nous pouvons nous représenter : c'est du concret !

Retour au présent. La vie, je le perçois, c'est la présence. Elle est partout. Je sais bien que si elle est dans les plantes du jardin, elle n'est pas dans les pierres de rocaille, ou dans les pavés du chemin qui longent la haie vivante de verdure. Mais au-delà de ce savoir, je vois que les pierres, et tout le monde minéral est dans la vie ; le non-vivant n'est pas en vie, certes, mais il est baigné par le « champ vital » que je perçois comme une évidence première. Les physiciens nous ont habitué à envisager l'existence des champs électromagnétiques qui parcourent le monde, tandis que les biologistes nous en ont privés ! Nous sommes intellectuellement privés de l'idée d'un « champ vital » qui est cependant ce que nous ressentons dans les moments où nous vivons le plus, où nous vibrons d'existence. C'est un comble d'ignorance !

Investiguons cette vivante présence – la vie pure – qui s'éveille en nous en réponse à la question « Qu'est-ce que la vie ? ».

A ressentir subtilement la vie maintenant, à respirer la vie, à goûter la vie pure qui me ravit, une dimension nouvelle se lève transfigurant les trois dimensions de l'espace observable. Darpan le souligne, c'est « la pleine dimension d'une présence « océanique » ». Elle émerge comme une quatrième dimension. La vie... ? Serait-ce le temps ?! Ce temps qui jusque-là n'avait été qu'un concept mort : une quatrième dimension justifiant l'existence tridimensionnelle de l'espace. La découverte est immense : la vie n'est plus un concept, c'est la quatrième dimension vécue, source de toute métamorphose au cœur des vivants. Désormais, l'intellect peut se former des concepts nouveaux ou retourner à ses anciennes opinions ; ce processus d'un retour en arrière demeure un simulacre de connaissance qui consiste, comme le dit Jean Bouchart d'Orval, à s'accrocher « aux grilles que nous avons dans le cerveau pour voir le monde ». Très sérieusement, ce processus n'est plus crédible, et je vois bien que ce processus du savoir n'a d'existence que parce qu'il est porté par une énergie vitale qui le transcende. L'observation de ce fait me ramène à l'ouverture d'esprit qu'est la vie elle-même non dissimulée sous les formes d'emprunts des savoirs. La conscience de la vie m'échappait parce que, comme le fait remarquer Richard Moss, nous avons peur de ne rien savoir, et nous sommes habitués, lorsqu'il s'agit de parler de la vie, à recevoir et à concevoir des représentations réductrices. Les croyances mécanicistes sont tenaces ; elles bercent les esprits européens depuis presque trois cents ans ; et, il faut le reconnaître, les progrès prodigieux de la biochimie séduisent désormais l'humanité sur tous les continents. Comme l'indique Henri Bortoft, il n'est pourtant pas question ici d'opposer les « sciences dures », nées avec la chimie moderne, à l'approche vivante de la globalité de la vie que ce numéro de 3e millénaire essaie d'esquisser. Toutefois, nous pouvons rapprocher les témoignages d'éveil, tel celui de Claudette Vidal, les enseignements de la non-dualité, tel celui de Karl Renz et les thérapies holistiques menées par Richard Moss ou Darpan, de la nouvelle science de la globalité initiée par Goethe.

Cette « nouvelle science » de la globalité de la vie repose sur l'évidence d'être vivant et non sur les représentations mentales qu'on se fait de la vie des êtres vivants. Cette évidence d'être vivant est la meilleure des approches car elle ne nous coupe pas de notre être, elle élève celui-ci à un niveau de connaissance jusque-là inconscient. Nous découvrons que la vie est grande ouverte sur le monde ; que c'est une dimension dans laquelle l'univers a toujours baigné. Cette ouverture, cette dimension de la présence vivante, nous conduit à l'évidence inouïe que la vie ne peut pas se réduire à des processus physico-chimiques aussi complexes soient-ils. Les notions de monde éthérique et de forces vitales ou forces formatrices développés par Rudolf Steiner et les chercheurs anthroposophes [1] semblent répondre à l'approche phénoménologique présentée ici. Dans – et par – une imagination vivante, qui, comme le souligne Jean Bouchart d'Orval, « n'est pas l'imagination comme nous la connaissons, où nous déroulons des images artificielles », nous découvrons, de tout notre être, la vie vibrante d'énergie consciente. Ce n'est plus l'expérience d'un objet qui nous est extérieur qui reste à connaître et dont nous ignorions l'existence ; c'est nous-même au plus proche de nous, c'est notre être qui s'éveille à sa nature primordiale. Nous n'en avions aucune connaissance, parce que comme le dit Michel de Salzmann : « Nous croyons que nous sommes ce que nous pensons que nous sommes ; c'est là notre première erreur, notre première illusion. » Ce que nous sommes réellement est beaucoup plus merveilleux que les images ratatinées que nous en avons et auxquelles nous tenons comme à la prunelle de nos yeux aveugles. Claire Carré exprime ce lien sacré en relation à la Nature : « Lorsque nous parlons de nous relier à la Nature, souvenons-nous que la Nature la plus proche est notre être même, corps et âme ».

Si les rythmes et les formes du vivant naissent de la totalité comme le suggère directement la vision globale de la vie, la connaissance expérimentale des mécanismes biochimiques, et du fonctionnement très complexe des gènes en cours de déchiffrement, apporte une somme de savoirs non négligeable. Le risque est alors de se leurrer sur la nature de la vie, celle-ci étant alors traduite exclusivement en termes de fonctions chimiques.

La difficulté monumentale tient au fait que nous n'envisageons habituellement la vie qu'à un seul et même niveau : celui de la personnalité pourvue, par nature, d'un corps et d'un psychisme. La vie au niveau spirituel, la vie réelle que révèle la conscience d'être vivant – celle de notre essence – est beaucoup plus rarement évoquée car totalement ignorée par les sciences humaines – la psychologie transpersonnelle ayant les plus grandes difficultés à se faire reconnaître. La personnalité et l'essence – une double idée émise par Gurdjieff et reprise par Michel de Salzmann – voilà bien ce qu'il faut discerner si nous voulons comprendre la vie dans sa totalité : la vie biologique et la vie cosmique ; celle qui n'est comprise qu'à travers les processus complexes internes à la cellule, et celle qui est perçue globalement comme un « champ vital » qui semble s'étendre indistinctement jusqu'aux lointains de l'espace. La vie biologique est celle du chaos cellulaire, la vie globale celle du cosmos. Chacun d'entre nous peut constater ce fait. L'observation de soi fait apparaître, dans un premier temps, le tohu-bohu des pensées, des émotions et des pulsions inextricablement liées et contradictoires : c'est la personnalité constituée de multiples « moi » – c'est la complexité du désordre. Puis, avec plus de profondeur, nous rencontrons l'impossibilité d'observer réellement ce qui est. En effet, au premier abord et sur le mode de l'effort, c'est le désordre qui observe le désordre : c'est la dualité observateur/observé – le domaine du Chaos. A ce moment-là, l'observateur dévoile son rôle réactif de juge suprême ; nous constatons que s'observer, c'est orienter toujours ce que l'on voit, c'est se confronter toujours à l'observé qu'il s'agisse d'un objet de désir ou de crainte, d'un état agréable ou désagréable. L'observateur regarde toujours avec une intention. Par une vision directe, ce constat fort n'amène aucune solution à l'ego en quête de savoir-faire ; et pourtant l'ordre du Cosmos se lève à l'horizon de la conscience d'être. Il ne s'agit pas d'un nouveau commandement sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Cet ordre cosmique est celui de la vraie Vie qui nous englobe et nous traverse. Cette conscience de la vie, qui n'est pas du domaine des savoirs, implique d'apprendre à « être ici » suivant, par exemple, l'approche préconisée par Serge Dulac.

« La vie, c'est la beauté, la douleur, la joie et la confusion. C'est l'arbre, l'oiseau et le reflet de la lune sur les eaux ; c'est le travail, la souffrance et l'espoir. C'est la mort, la poursuite de l'immortalité, c'est croire en même temps que de ne pas croire en l'être suprême. C'est la bonté, la haine et l'envie. C'est l'ambition et la rapacité, l'amour et le manque d'amour. C'est l'imagination et la faculté d'utiliser la machine, c'est l'extase insondable. C'est l'esprit, le méditant et la méditation. La vie est en toute chose. Mais de quelle façon nos esprits étroits et confus appréhendent-ils la vie ? C'est cela qui est important et non pas la description de ce qu'est la vie. Toutes les questions et les réponses dépendent de notre approche de la vie. » Krishnamurti [2]

[1] - Voir par exemple : V. Bott, P. Coroze et E. Marti, Les forces de vie, Triades, 1981 ; G. Adams et O. Whicher, Entre soleil et terre : la plante. Espace et contre-espace, Triades, 1982 ; G. Adams, E. Marti et J. Smit, Le monde éthérique, Triades, 1998.

[2] - Krishnamurti, Commentaires sur la vie (tome 3), Buchet/Chastel, 1976, p. 151.

 

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