2008 – Albin Michel – 385 p. – 23,50 €
C’est en s’interrogeant sur les facteurs d’endormissement dans la vie quotidienne que Richard Moss a pris conscience que le mental, en quittant l’instant présent, « se rendait immanquablement dans quatre endroits ». C’est la représentation graphique de ces endroits, qui font un carré dans un cercle, qui est à l’origine de ce nom : mandala de l’Etre. Passé, futur, moi (sujet), tu (objet), dessinent la carte de l’oubli. Et, au centre du cercle de la vie identifiée à ces quatre lieux, se trouve le présent, retour à notre nature originelle, non conditionnée. « La direction qu’emprunte de préférence notre esprit quand il fuit le présent détermine la nature spécifique de notre souffrance ». Ainsi la vanité est-elle la direction de fuite dans le « moi-je », la colère ou la jalousie la direction de fuite vers l’autre (ce qu’il a fait, ou n’a pas fait, causes de nos plaintes), la peur celle vers le futur, et la culpabilité vers le passé. L’observation des pensées mène ainsi à voir la façon dont la carte de l’oubli se dessine en chacun de nous, à mettre au jour nos « sentiments-racine » (fondateurs de l’aspect conditionné de la personnalité), et à s’en désidentifier. Mais ceci implique un nécessaire retour au présent, lequel passe par un retour au corps, toujours enraciné dans le présent. C’est le moyen de briser l’enchaînement de l’identification à nos émotions négatives, à la pensée-mémoire, à « la personnalité de survie ». Nous ne sommes pas les rôles que la vie nous amène à endosser. Vivre dans le présent, « c’est retourner à la source. Nous avons une capacité plus grande d’attention et de conscience. Cela nous permet automatiquement de nous regarder avec plus d’objectivité et de moins nous identifier avec nos vieilles histoires ». Un livre qui repose sur une expérience concrète des processus intérieurs, et aussi de la pédagogie de l’enseignement.
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